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Full text of "Topographie historique du vieux Paris"

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HISTOIRE GENERALE DE PARIS 



COLLECTION DE DOCUMENTS 



PUBLIEE 



SOUS LES AUSPICES DE L'EDILITE PARISIENNE 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE 



DU 



VIEUX PARIS 



L'Administration municipale laisse à chaque auteur la responsabilité 
des opinions développées dans les ouvrages publiés sous les auspices de la Ville 

de Paris. 



TOUS DROITS RESERVES. 




t r 



HISTOIRE GENERALE DE PARIS 

TOPOGRAPHIE 

HISTORIQUE 

DU VIEUX PARIS 

PAR FEU A. RERTY 



CONTINUEE 

PAR H. LEGRAND 

ARCHITECTE TOPOGRAPHE 

ATTACHÉ AUX TRAVAUX DE LA VILLE DE PARIS 



DEUXIEME EDITION 



RÉGION DU LOUVRE ET DES TUILERIES 

II 





Sceau de la Prévoie des Marchands en i4»3 

PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 

M DCCC LXXXV 



DC 

loi 
1935 



AVANT-PROPOS 

DE LA PREMIÈRE ÉDITION'". 



Dans la séance publique annuelle tenue par l'Académie des Inscriptions L *%%%Z Mt 
et Belles-Lettres, le 7 décembre 1860, M. Alfred Maury, aujourd'hui direc- a p P r&a&^ rin^ut. 
leur général des Archives de l'Empire, dont la compétence en matière d'éru- 
dition est si hautement reconnue, avait ainsi apprécié les premiers travaux 
de topographie ancienne accomplis par M. A. Berty : 

ce Le vieux Paris nous inspire une curiosité qui devient d'autant plus vive 
^ que nous en voyons disparaître aujourd'hui les derniers vestiges. Mais cette 
ce curiosité ne saurait être satisfaite qu'au prix de difficiles et de patientes 
ce recherches. Ce n'est pas chose aisée de rétablir les vieilles rues du moyen 
ce âge, les innombrables églises, les abbayes, les clos, les jardins, les mai- 
sons qui se voyaient, il y a cinq ou six siècles, quand deux ou trois couches 
«de démolitions les recouvrent. Ce n'est plus, en vérité, de l'archéologie, 
Tmais de la géologie qu'il faut faire. Toutefois on a ici des textes que les 
« géologues voudraient bien posséder. 

cf Je sais qu'on a déjà beaucoup écrit sur Paris, mais la majorité des his- 
toriens de la capitale n'ont guère fait que se copier les uns les autres. 
et Sauvai, Félibien n'ont pas tout dit; on s'est même souvent chargé de leur 
«faire dire ce dont ils n'avaient pas parlé. Nous sommes, d'ailleurs, mainte- 
nant plus exigeants; nous tenons à l'exactitude la plus minutieuse; et cette 
ce reconstruction du vieux Paris, quartier par quartier, que d'enquêtes ne 
« demande-t-elle pas ? Un si rude labeur n'a pas effrayé M. A. Berty, qui l'a 
ce abordé résolument. Muni, en guise de pioche et de pelle, de pièces iné- 
cc dites et de témoignages contemporains, il s'est mis à déblayer le sol de la 
ce capitale et à en composer une topographie rétrospective. Nul n'avait encore 
ce porté tant de rigueur et de précision dans les descriptions. Architecte et 
ceérudit, M. Berty refait son ancien Paris avec autant d'ardeur et d'enthou- 
cesiasme que nos pensionnaires de Rome refont la ville éternelle au temps 
« 1868. 



h TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

«d'Auguste ou de Ne'ron. Les chapitres détachés de son grand ouvrage, qu'il 
rrnous soumet, sont dignes de tous vos encouragements. Nous leur décernons 
rr la septième mention très-honorable. Puisse le Gouvernement fournir à 
ce l'auteur les moyens d'achever un livre qui ne laissera plus rien ignorer des 
« transformations qu'a subies notre capitale avant d'arriver à la splendeur 
rrque lui donne le règne nouveau ^!» 

Le vœu exprimé par M. Alfred Maury fut, on le sait, promptement en- 
tendu : à défaut du Gouvernement, la Ville de Paris pensa qu'il lui apparte- 
nait de favoriser un travail à peine commencé et déjà en possession d'une si 
haute estime. Dès le mois de janvier 1861, le Conseil municipal fournissait 
libéralement à M. Berty les moyens de poursuivre son œuvre, et, en 1866, 
paraissait un premier volume, consacré à la Région du Louvre et des Tuileries. 
Celui que nous publions aujourd'hui en est le complément. Malheureusement, 
la mort n'a point laissé à l'auteur le temps d'y mettre la dernière main ; ce 
que nous offrons aujourd'hui au public est donc, en grande partie, une 
œuvre posthume (2) . 

idée générale Chargé de continuer la longue et patiente élaboration qui a été, depuis 

vingt ans, toute la vie de M. Berty (3) , nous avons dû tout d'abord nous 
rendre compte du plan qu'il comptait suivre et de la méthode qu'il avait 
cru devoir adopter, pour mener à bonne fin une entreprise aussi considé- 
rable. En nous livrant à cette première étude, nous avons acquis la con- 
viction que les recherches nécessaires à la composition d'un pareil livre 

(1) Rapport fait à l'Académie des Inscriptions et 3° De l'enceinte dufaubourg septentrional de Paris , 
Belles-Lettres, au nom de la Commission des anti- antérieure à celle de Philippe- Auguste , et de la possi- 
(jiiilés de la France, par M. Alfred Maury, p. 102. bilité d'en retrouver les fragments (Revue arcbéolo- 

(2) M. Berty est décédé le 18 août 1867, quelques gique, année i855). 
mois après la publication du premier volume de cet h° Les enseignes de Paris avant le xvu' siècle. — 
ouvrage. Recherches sur l'origine et la situation du Grand-Pont 

(3) Dans les vingt dernières années de sa vie, uni- de Paris et des ponts aux Changeurs, aux Meuniers 
quement consacrées h la science, M. Berty avait et de Charles le Chauve. — Etudes historiques et 
publié un assez grand nombre de travaux bisto- topographiques sur les Deux Prés-aux-Clercs et la 
riques et arcbéologiques. Nous avons tenu à en Petite-Seine ( Revue arebéologique , année 1 855). 
donner ici la liste aussi complète que possible : 5° Recherches historiques cl topographiques sur 

1 " Dictionnaire de l'architecture du moyen âge , etc. les terrains de la paroisse Saint-Sulpice de Paris , qui 

Paris, Deraclie, 1 865 , in-8°. étaient encore en culture au xvf- siècle (Revue ar- 

2° Vocabulaire archéologique français-anglais et chéologique, aimé i856). 
anglais-français, London, Parker, 1 853, grandin-8". 6° L'École Saint-Thomas du couvent des Jacobins 



de ce volume. 



III 



AVANT-PROPOS. 

doivent aller bien an delà de ce qui su Ait habituellement à une œuvre, 
même savante, où l'auteur appuie ses idées personnelles de quelques docu- 
ments, et cherche simplement à les faire prévaloir. M. Berty, dont l'ambition 
était de produire un ouvrage définitif, avait donc beaucoup plus à faire que 
ses devanciers : après avoir largement exposé, dans le premier volume, ses 
découvertes et les inductions qu'il en tirait, il lui fallait encore rassembler, 
coordonner et expliquer une multitude de documents précieux que recèlent 
les bibliothèques et les archives. C'est là, en effet, que sont enfouies des 
liasses de comptes et de plans dont l'interprétation et l'application au terrain 
présentent, à côté de difficultés très-sérieuses, d'inappréciables avantages 
pour les topographes. 

Notre laborieux prédécesseur a certainement cherché avec une conscien- 
cieuse activité et réuni avec une louable persévérance les éléments écrits 
ainsi que les matériaux graphiques de son ouvrage; il a déployé, pour les 
mettre en œuvre , un zèle infatigable ; mais peut-être a-t-il trop succincte- 



à Paris ( Revue d'architecture, publiée par César 
Daly, année 1 856). 

7 ° L e fanal du cimetière à Chu teau-L archer (Vienne) 
(même recueil, année 1 856). 

8° Le Napoléonium , monographie du Louvre et 
des Tuileries réunis , avec une notice historique et ar- 
chéologique (par A. Berty), Paris, Grimm, in-8°, 
i856. 

(f Les rues de l'Ancien Paris (Revue archéolo- 
gique, année 1857). 

1 o" Sur une croix appartenant au cimetière de la 
Ferté-sous-Jouarre (Revue d'architecture, publiée 
par César Daly, année 1857). 

il" Exposition des beaux-arts de i85y (même 
recueil et même année ). 

12° Les Piliers de l'église Saint-Séverin ; leur style , 
leur agencement (même recueil et même année). 

1 3° Les Androuet Du Cerceau et leur maison du 
Pré-aux-Clercs (1 5 4 0-1 645), Paris, 1857, in-8" 
(Extrait du Bulletin de la Société de l'histoire du 
protestantisme français). 

îli" Trots ilôts de la Cité, compris entre les rues 
de la Licorne, aux Fèves, de la Lanterne, du Haut- 
Moulin et de Glatigny, Paris, 1860, in-8", avec 
deux plans (Extrait de la Revue archéologique). 

i5° Les grands architectes français de la Renais- 
sance: P. Lescot, Pli. de l'Orme, J. Goujon, J. Hui- 



lant, les Du Cerceau, les Métezeau , les Chamhige, etc. 
Paris, Aubry, i86o,in-8°. 

16° La Renaissance monumentale en France , spé- 
cimens de composition et d'ornementation architeclo- 
niques , empruntés aux édifices construits depuis le 
règne de Charles VIII jusqu'à celui de Louis XIV, 
Paris, Gide , puis Morel , 1861-186A, 2 vol. in-£°, 
avec 100 planches sur acier. 

17 La Grande et la Petite Galerie du Louvre, 
Paris, Gide, 1861, in-4°, avec planches (Extrait 
de la Renaissance monumentale). 

18° Annuaire de l'archéologue, du numismate et 
de l'antiquaire , pour l'année 1862 (seule année pu- 
bliée), en collaboration avec M. L. Lacour: Paris. 
Claudin, 1862, ia-12. 

M. Berty a donné en outre de nombreux dessins 
dans la Statistique monumentale de Paris, publiée 
par Albert Lenoir, dans les Monuments anciens et 
modernes, etc. dans l'Architecture du v' au xv 11* siè- 
cle , publiée par J. Gailhabaud, et dans la Renais- 
sance monumentale, dont il a fait le texte. Enûn 
il a inséré quelques articles dans l'Intermédiaire, 
Journal des Chercheurs et des Curieux, ainsi que 
dans le Moniteur des architectes, et dans la Vie mo- 
derne (vieux Paris et Paris moderne; les nouveaux 
noms des vieilles rues), 3o novembre 1859, sous 
le pseudonyme de J. Corrozet. 



IV TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS, 

ment expliqué le parti qu'il espérait en tirer. Quand il a commencé la des- 
cription de la Région du Louvre et des Tuileries, il ne pensait pas assurément 
que la suite de ce travail, entièrement préparée, ne serait point publiée par 
lui. C'est dans un second volume, conduisant le lecteur jusqu'en 1610, date 
de la mort de Henri IV, qu'il se proposait de résumer les enseignements 
tle toute espèce résultant des faits, des révolutions topographiques et autres, 
qui ont transformé le sol du vieux Paris. Les fouilles du Louvre, exécutées 
en 18G6, grâce aux espérances que ses recherches et ses calculs avaient 
fait concevoir, lui donnaient dès lors, pour continuer et développer son 
système d'études, une autorité vraiment incontestable. Aussi comptait-il 
exposer, dans son résumé, les idées qui devaient ramener bien des incré- 
dules et ouvrir de nouveaux horizons aux savants et aux chercheurs. Cette 
tâche, que la mort ne lui a pas permis de remplir, nous est dévolue 
aujourd'hui. 

continnaiiou du travail Nous sommes loin de nous dissimuler l'importance des devoirs que nous 

topographique. 

Difficultés de h tâche, impose la continuation des travaux de M. Berty, et nous aurions reculé 
devant une pareille entreprise, sans les bienveillants encouragements qui 
nous ont été donnés par les membres de la Sous-Commission des Travaux 
historiques de la Ville de Paris. Assurément nos études persévérantes et des 
travaux spéciaux, analogues à ceux de M. Berty, nous permettaient de songer 
à produire un ouvrage du même ordre; toutefois ce n'est point sans une cer- 
taine défiance de nous-même que nous avons accepté une telle mission. 

On comprendra facilement qu'un auteur s'aventure à publier, sous sa 
responsabilité personnelle, un ouvrage utile et consciencieusement fait, parce 
que ses idées hardies, ses erreurs même ne peuvent être attribuées qu'à lui 
seul; mais, ici, nous ne saurions nous dissimuler que l'honneur de continuer, 
pour la Ville, la Topographie historique du sol parisien, nous impose l'obli- 
gation de ne marcher que sur un terrain solide et éprouvé, de n'avancer 
rien qui ne puisse être bien établi ou ne résulte de preuves indirectes, com- 
parées et analysées, enfin de fournir, par nos recherches et nos restitutions, 
des documents graphiques de toute nature, exécutés ou reproduits avec une 
scrupuleuse fidélité. Les études topographiques sont, en effet, le lien commun 



AVANT-PROPOS, v 

et nécessaire qui unit toutes les parties du vaste ensemble historique auquel 
nous collaborons. De ce fait résulte, pour nous, un double devoir : dans 
la préparation du texte, les recherches exigent une exactitude rigoureuse, 
et, dans l'exécution, la perfection de la forme doit être digne d'une œuvre 
publiée par la Ville de Paris. Sous ce double rapport, notre prédécesseur, 
aidé par des collaborateurs dévoués, secondé par d'habiles artistes, a posé 
les bases d'une œuvre véritablement monumentale, et notre plus vif désir est 
de n'en point amoindrir les proportions. 

M. Berty a laissé, entièrement achevé, le texte des deux chapitres qu'on Texte primitif 

et 

trouvera en tête de ce volume. Il se proposait d'y ajouter seulement quelques modification*. 
appendices destinés à justifier ou à éclaircir certains points obscurs; mais les 
résultats si remarquables des fouilles pratiquées, en 1866, dans la cour du 
vieux Louvre, en mettant à découvert la moitié de l'ancien château, avec le 
mur d'enceinte de Philippe-Auguste, l'obligèrent à modifier quelques parties 
de son texte et de ses dessins. Ce dernier travail , qu'il avait fort à cœur, n'a 
pu être élaboré aussi complètement que l'auteur l'aurait voulu. Nous donnons 
la description des fouilles du Louvre, telle que nous l'avons trouvée dans ses 
papiers; quant aux planches, nous avons continué les corrections qu'il avait 
indiquées lui-même, et l'on pourra, par comparaison, constater avec quel 
soin ses recherches étaient dirigées, et ses preuves présentées ou déduites. 
11 nous a paru convenable et respectueux de conserver son œuvre intacte. 
Toutefois, lorsqu'une erreur matérielle, rendue manifeste par des décou- 
vertes ou des vérifications postérieures, s'est glissée dans ses dessins ou dans 
ses écrits, nous avons eu soin de la rectifier dans une note, tout en laissant 
subsister la première expression que l'auteur avait donnée à sa pensée. 

Les plans d'époques, annoncés et préparés par M. Berty, n'ont pu être i>i,„,i, ,,„,,,. 
terminés, ni même amenés à un état suffisant d'exécution. Nous avons dû 
reprendre tout ce travail, en y ajoutant nos propres découvertes, et nous 
nous proposons de le compléter, de manière à en faire ultérieurement un 
résumé général des transformations topographiques et historiques de chaque 
région parisienne. 



in 



„ TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

ihs.ni.ution Pour ne rien changer aux dispositions primitives , nous avons adopté Tordre 

àm 

,- de M roiume, su j vant ^ ans } a SUCC ession des partiesdont se compose le présent volume : 

i° Les deux chapitres qui terminent le texte de M. Berty et conduisent 
le lecteur jusqu'en 1610; 

a Les fouilles du Louvre, notice en deux parties, dont l'une est com- 
posée du texte succinct de M. Berty, et dont l'autre contient une explication 
détaillée des planches gravées relatives aux fouilles, avec un résumé des in- 
ductions topographiques, architecturales et historiques, que les découvertes 
permettent de tirer; 

3° Une série d'appendices, reproduisant des pièces importantes ou cu- 
rieuses, et accompagnées de notes explicatives étendues, qui n'auraient pu 
être intercalées dans le texte de la première partie, sans occasionner de fasti- 
dieuses répétitions; 

U° Une table analytique, comprenant les matières traitées dans les deux 
volumes. 

(onHusioD. Nous ne terminerons pas ce court avant-propos, sans témoigner notre 

reconnaissance à la Sous-Commission des Travaux historiques de la Ville de 
Paris, qui, après nous avoir désigné au choix de M. le Sénateur Préfet de 
la Seine pour continuer une œuvre de cette importance, nous a constam- 
ment soutenu de ses encouragements et aidé de ses conseils. Nous adressons 
en même temps nos profonds et sincères remercîments aux membres du 
Service des Travaux historiques, pour le concours éclairé et bienveillant 
qu'ils nous ont toujours prêté. Enfin nous ne pouvons oublier la constante 
obligeance que nous ont témoignée les érudits préposés à la garde des riches 
collections de la Bibliothèque impériale et des Archives de l'Empire. Cette 
réunion de bons offices nous permettra de continuer et d'achever un ouvrage 
que tous nos efforts tendront à rendre digne du haut patronage sous lequel 
il est publié. 

H. L. 



REGION 



DU LOUVRE ET DES TUILERIES. 



II. 



SOMMAIRES. 



CHAPITRE XI. 

Le Château des Tuileries au temps de Catherine de Médicis. De 1 564 à 1 589. — Catherine de Médicis 
fait démolir le palais des Tournelles (i564). — Elle veut créer le palais des Tuileries et acquiert des 
propriétés dans cette région. — Copie d'un contrat de vente: Le jardin des Cloches (i564). — Acqui- 
sitions sur le terrain des Quinze-Vingts (1 565). — Etablissement d'un bac sur la Seine (mai i564.) — 
Ressources pécuniaires employées pour les travaux des Tuileries (1 565-1 567 ). — Plans adpotés par 
Catherine. — Les écuries (1 568 ). — Description de l'ancien Palais. — L'escalier. — Les architectes. 
Commencements de Philibert de l'Orme. — Philibert de l'Orme à Lyon (i54a). — Il est ingénieur mi- 
litaire, architecte du Roi (i5/i8). — Il est abbé commendataire (1 548). — Ses armoiries. — Sa dis- 
grâce (1559). Plaisanteries de Ronsard. — Jugement porté sur Philibert de l'Orme. — Son livre à! Ar- 
chitecture. — Jean de l'Orme, frère de Philibert , architecte (1 558). — Testament de Philibert de l'Orme. 
— Jean Bullant. — Ses ouvrages. — Il devient architecte des Tuileries (1570). — Sa famille. — Son 
testament. — Les jardins des Tuileries (1571-1578). — Copie d'une lettre de Catherine de Médicis 
(1567). — La Grotte du Parc. — Devis de Bernard Palissy. — Découverte des fours et des moules de 
Bernard Palissy (1 865). — Dépenses pour les travaux des Tuileries. — Comptes relatifs aux travaux 
de la famille Palissy. — Craintes superstitieuses de Catherine de Médicis. Interruption des travaux des 
Tuileries. Hôtel de Soissons (1571-1577). — Henri III abandonne les travaux 1 

CHAPITRE XII. 

Le Louvre et les Tuileries sous Henri IV et Louis XIII. De 1589 à 162 4. — Henri IV reprend les tra- 
vaux du Louvre (i5g4). — Les ressources qu'il crée. — La Grande Galerie. — Le chiffre de Gabrielle 
d'Estrées sur la Galerie (1594-1599). — La Petite Galerie du Louvre. — Les peintures. Traité d'An- 
toine de Laval. — Peintures de la voûte de la Galerie. — Le pavillon de Lesdiguières. — Achèvement 
de la Galerie (1608). — Boileau et Morel; Biart, Prieur et les L'Heureux, sculpteurs. — Du Breul et 
Bunel, peintres. — Plain et Fournier, architectes de la Petite Galerie. — Les architectes de la Grande 
Galerie. La famille Métezeau. — Louis Mélezeau; sa généalogie. — Du Pérac. — La famille Androuet 
Du Cerceau. — Jacques Androuet Du Cerceau. Ses ouvrages. — Généalogie des Du Cerceau. — Les 
entrepreneurs delà Grande Galerie. — Le pavillon de Flore (1608). — Claude Mollet, jardinier des 
Tuileries (1600). — Importance des travaux de Henri IV pour l'achèvement du Louvre et des Tui- 
leries. — Fresque de Fontainebleau : projet de réunion du Louvre et des Tuileries. — Lettres pa- 
tentes de Henri IV relatives à la destination de la Grande Galerie. — L'Orangerie du Louvre sous 
Louis XIII 57 

Résumé de l'histoire monumentale du Louvre et des Tuileries io5 

n. B 



x TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Pages. 

LES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866 109 

NOTICE SUR LES FOUILLES DU LOUVRE, PRÉPARÉE PAR FEU M. A. RERTY. 

Considérations générales sur l'opportunité des fouilles du vieux Louvre. — Eléments de la restitution. — 
Première erreur. — Deuxième erreur. — Comparaison des dimensions données au Louvre. — La Grosse- 
Tour. — Son pont-levis. — Bâtiments du Louvre primitif. — Bâtiments de Charles V. — Le Passage 
au Donjon. — La Grande- Vis. — Aile orientale de Charles V. — Les tours extérieures. — Observation 
sur l'ancien sol du Louvre. — Les portes de l'ancien Louvre. — Les marques de tâcherons. — Les 
courtines ; description. — Les fossés extérieurs. — Le pont-levis oriental. — Le mur d'enceinte de 
Philippe-Auguste. — L'hôtel de Bourbon. — La Tour du Coin. — Conclusion. — Résumé .... 1 1 5 

Tableau des principales dimensions du vieux Louvre i34 

NOTICE COMPLÉMENTAIRE SUR LES FOUILLES DU LOUVRE, PAR M. H. LEGRAND. 

I. 

Description du plan général et des autres planches. — Marques de tâcherons. — Tracé des substruclions 
dans la cour du Louvre. — Restitution du vieux Louvre d'après les fouilles. — Pourquoi cette notice 
supplémentaire. — État primitif du château sous Philippe-Auguste. — La Grosse-Tour. — Pourquoi 
elle avait un fossé si large. — Les origines du terrain sur lequel le Louvre est bâti. — Le pont-levis 
de la Grosse-Tour. — Ses agrandissements au temps de Philippe-Auguste. — Saint Louis. — L'état 
du château à l'avènement de Charles V 1 35 



Charles V fait construire l'aile septentrionale du Louvre. — 11 élève d'un étage certaines parties du châ- 
teau. — Raymond du Temple, architecte. — Le Passage au Donjon. — La Grande- Vis. — La Galerie 
en encorbellement sur la Contrescarpe. — L'état du Louvre sous Charles VI. — François I er rase la 
Grosse-Tour. — Ses projets de reconstruction totale. — Pierre Lescot entreprend la reconstruction du 
Louvre. — Comparaison du plan de Clarac avec le plan réel restitué d'après les fouilles. — Conclu- 
sion 1 53 



APPENDICES. 

Pages. 

I. — Hôtel de Bacqueville 171 

II. — Hôtel de Bourbon 171 

III. — Tombe de Pierre Lescot 175 

IV. — Retable du Palais de Justice 17/1 

V. — Grande Écurie des Tuileries 176 

VI. — Mémoire manuscrit de Philibert de l'Orme, sur sa vie et ses œuvres 179 

VIL — Testament de Philibert de l'Orme 1 85 

VIII. — Censier de Saint-Dems-de-la-Chartre en la cité de Paris, pour l'année i5io 189 

IX. — Provisions de Métezeau 191 

X. — Compte des restes attribués à l'achèvement du Palais des Tuileries 192 

XL — Sommation au trésorier des bâtiments , à propos des travaux de la Grande Galerie du Louvre. 201 

XII. — Extraits des états des gages des officiers des bâtiments royaux, de 1608, 16 j 8 et 162/i. 20^ 

XIII. — Construction des Tuileries 222 

XIV. — Les comptes de Catherine de Médicis 223 

XV. — Marie de Pierrevive, dame du Péron, et les dames comptables 229 

XVI. — Jardin des Tuileries. — Comptes de la Fontaine (1571) 233 



PLANCHES. xi 

Pages. 

XVII. — Comptes de la grotte émaillée du Jardin des Tuileries 206 

XVIII. — Jardins des Tuileries. — Fêtes données dans les Jardins 2 38 

XIX. — Finances de Catherine de Médicis 244 

XX. — Maison de la rue des Poulies, appartenant à Catherine de Médicis 240 

XXI. — Les Terrasses du Palais des Tuileries 252 

XXII. — Note sur la Petite Galerie et le Passage du Louvre 254 

XXIII. — Documents officiels relatifs aux fouilles du Louvre 250 



PLANCHES SUR ACIER. 



I. — Château des Tuileries. Plan du projet primitif d'après Du Cerceau 9 

IL — Plan restitué des 'parties construites par Catherine de Médicis 

et par Henri IV u 

III. — Elévation occidentale du Pavillon central et du Pavillon de 

Bullant, vers 1600 ia 

IV. — Partie centrale, côté de la cour, vers 1600 1 3 

V. — Portrait de Philibert de l'Orme. Fac-similé réduit d'une planche de son traité d'Ar- 
chitecture (Hélioplastie) 2G 

VI. — Projet d'une Grotte rustique pour le Jardin des Tuileries. Fac-similé d'un dessin 

attribué à Bernard Palissy et appartenant à M. Destailleur 4o 

VIL — Fours de Bernard Palissy. Fragments de figures dont les moules ont été trouvés dans 

un des fours, aux Tuileries 45 

VIII. — Fragments de figures et ornements dont les moules ont été 

trouvés dans un des fours, aux Tuileries 40 

IX. — • Plans et coupes , 48 

X. — Château du Louvre. Beslitution de la façade occidentale sous Henri IV 57 

XL — Petite Galerie du Louvre. Elévation orientale sous Louis XIII 62 

XII. — Décoration d'un Trumeau de la Galerie du Boi au Louvre, d'après une gravure de 

Thomas de Leu 00 

XIII. — Grande Galerie du Louvre. Elévation partielle de la façade méridionale. État ancien. . 70 

XIV. — Coupe transversale et plan partiel, coupe des suhslructions. 72 

XV. — Projet pour la Grande Galerie du Louvre, Façade intérieure. Fac-similé d'un dessin 

exécuté sous Henri IV 78 

XVI. — Signature des constructeurs du Louvre et des Tuileries 89 

XVII. — Château des Tuileries. Elévation occidentale du Pavillon d'angle et de l'aile adjacente . 9 1 

XVIII. — Détails du Pavillon d'angle 92 

XIX. — Parterre du petit Jardin des Tuileries au temps de Henri IV g3 

XX. — Les Jardins des Tuileries en 1602, d'après le plan de J. Gomhoust 9 4 

XXI. — Projet de réunion du Louvre aux Tuileries, adopté par Henri IV, d'après une pein- 
ture murale contemporaine découverte au château de Fontainebleau 97 

XXII. — Château du Louvre. Beslitution de la façade méridionale du Louvre sous Henri IV. . . 10.'! 

XXIII. — Le Louvre et l'hôtel de Bourbon. Fac-similé d'un dessin de iGi5 communiqué par 

M. Viollet-le-Duc 1 o4 

XXIV. — Fouilles du Louvre en 18GG. Plan général 111 

XXV. — Coupe longitudinale et transversale des suhslructions . . 1 1 5 

XXVI. — Plan et élévation des contre-forts butant la Contrescarpe 

du Donjon 1 1 8 

XXVII. — Profils des contre-forts de la Contrescarpe 11g 



xii TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Pages. 

XXVIII. — Fouilles du Louvre en 18C6. Partie méridionale de la Contrescarpe 122 

\\I\. — Contrescarpe et Donjon 1 23 

X\\. — Plan et coupe des tours orientales 126 

XXXI. — — Plans et coupes de F avant-corps de l'aile orientale et 

d'une cave voisine de la Tour de la Taillerie 1 27 

XXXII. — Coupes de l'avant-corps de l'aile orientale et de la cave 

voisine de la Tour de la Taillerie. Elévation de la porte 
orientale. Coupe sur le pont-levis et coupe des cani- 
veaux de l'aile orientale 128 

XXXIII. — Plan et élévation de la Tour de l'enceinte de Philippe- 

Auguste. Plan et coupe de la Tour de la Taillerie et 
son carrelage 1 3o 

XXXIV. — ■ Encoignure de l'hôtel de Bourhon. Tour de l'enceinte de 

Philippe-Auguste 1 32 

XXXV. — Vue du Louvre en 1620, d'après un tableau appartenant à la Ville de Paris. (Gravure 

sur bois.) 16/i 

XXXVI. — Plan comparatif du Louvre, d'après les fouilles de 1866 et d'après M. de Clarac. ... 1 65 
XXXVII. — Dalle tumulaire de Pierre Lescot dans l'église Notre-Dame de Paris. Fac-similé réduit 

d'iui ancien dessin 172 

XXXVIII. — Registre des comptes de Catherine de Médicis, première page. Fac-similé héliographkjue. 22^ 



BOIS GRAVÉS. 

1. — Armoiries de Philibert de l'Orme 19 

II. — Chiffre de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées 61 

III. — Armoiries de R. Marquelet 90 

IV. — Chiffre de Henri IV et de Marie de Médicis 93 

V. — Marque de tâcheron du vieux Louvre 1 38 

VI. — Tracé des substructions dans la cour du Louvre 139 

VII. — Signature de Raymond du Temple i54 

VIII. — Plan restitué de la Grande-Vis du Louvre 169 

IX. — Signature de Henri IV et fin d'un registre de 1G08 208 

X. — Plan et coupe de la terrasse du palais des Tuileries, vers le jardin 252 

XI. — Corniche de l'ancien Louvre 26^1 



PLANCHES DU PREMIER VOLUME 

RECTIFIÉES D'APRÈS LES RÉSULTATS DES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866. 

I. — Plan restitué du vieux Louvre 126 

IL — Plan restitué du Louvre de la Renaissance. Rez-de-chaussée 228 

111. — — — — — _ Etage supérieur 229 



TOPOGRAPHIE 

HISTORIQUE 

DU VIEUX PARIS 



RÉGION 
DU LOUVRE ET DES TUILERIES. 



CHAPITRE XL 

LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 

DE 1564 À 1589. 

Sommaire. — Catherine de Me'dicis fait de'molir le palais des Tournclles (i564). — Elle veut 
créer le palais des Tuileries et acquiert des propriétés dans cette région. — Copie d'un contrat 
de vente : Le jardin des Cloches (1 56 4). — Acquisitions sur le terrain des Quinze-Vingts (î 565 ). 

— Établissement d'un bac sur la Seine (mai 1 564). — Ressources pécuniaires employées poul- 
ies travaux des Tuileries (î 565-1 56 7). — Plans adoptés par Catherine. — Les Ecuries (1 568). 

— Description de l'ancien Palais. — L'escalier. — Les architectes. Commencements de Phi- 
libert de l'Orme. — Philibert de l'Orme à Lyon (1 54a ). — Il est ingénieur militaire, architecte 
du Roi (1 548). — Il est abbé commendataire (1 548). Ses armoiries. — Sa disgrâce (1 55g). 
Plaisanteries de Ronsard. — Jugement porté sur Philibert de l'Orme. — Son livre d'Architecture. 

— Jean de l'Orme , frère de Philibert, architecte (1 558). — Testament de Philibert de l'Orme. 

— Jean Rullant. — Ses ouvrages. — Il devient architecte des Tuileries (1570). — Sa famille. 

— Son testament. — Les jardins des Tuileries (1571-1578). — Copie d'une lettre de Ca- 
therine de Médicis (1567). — La grotte du Parc. — Devis de Bernard Palissy. — Découverte 
des fours et des moules de Bernard Palissy (186 5). — Dépenses pour les travaux des Tuileries. 

— Comptes relatifs aux travaux de la famille Palissy. — Craintes superstitieuses de Catherine 
de Médicis. Interruption des travaux des Tuileries. Hôtel de Soissons (1 571-1577). — Henri III 
abandonne les travaux. 



Henri II ayant été blessé mortellement au palais des Tournelles, sa veuve Catherine de Médi. 
sembla prendre cette demeure en aversion, et bientôt après elle résolut de la lepaiaisdes Tourne! 

( i564. ) 

détruire. Elle fit donc publier, le 28 janvier i564 (n. s.), au nom du jeune roi 



Elle veul 

créer les Tuileries 

ei acquiert 

les 

propriétés eontiguës. 



2 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Charles IX, des lettres patentes ordonnant la démolition totale de l'hôtel W. 
A cette époque elle était sur le point de commencer la construction d'un château 
magnifique, dont la grandeur devait effacer celle de toutes les autres résidences 
souveraines, et, si elle ruinait le vieux manoir de Charles VI, c'était pour le rem- 
placer par le palais moderne des Tuileries. 

La maison acquise en 1 5 1 8 par François I er n'avait été donnée à Tiercelin et 
à sa femme que pour en jouir leur vie durant, et non pour la transmettre à leurs 
héritiers. Cette condition fut de nouveau exprimée dans le don de la ce maison 
reappellée les Tuileries r> fait en 1669 ou i55o à Vespasien Calvoisin Vivier, 
«écuyer de l'Ecurie, -n et sans doute aussi dans un troisième don qui eut lieu, au 
mois d'octobre i55o,, en faveur de Scipion Provène (?), premier écuyer du Roi (2) . 
Vers ce temps néanmoins les réparations de la maison étaient à la charge de la 
Couronne, car les comptes des bâtiments pour l'année 1 558-59 indiquent des 
travaux de vitrerie faits par Jean de la Hamée en divers lieux, y compris rrl'hostel 
«des Tuileries, r> lequel probablement ne s'étendait point encore au delà de ses 
anciennes limites. Ces limites, assez restreintes, n'étaient nullement compatibles 
avec les dimensions de l'édifice et du parc que rêvait Catherine; pour disposer du 
vaste espace qui lui était devenu nécessaire, elle fut donc obligée d'acquérir une 
partie considérable des terrains voisins. Or les propriétés environnant l'hôtel des 
Tuileries appartenaient à un grand nombre de particuliers, et conséquemment 
elles ne purent être achetées qu'au moyen d'une suite de transactions isolées, 
consacrées par autant d'actes. Cependant les renseignements sur ces transactions 
sont restés pour nous extrêmement rares, et il ne s'en trouve aucun là où nous 
comptions bien en rencontrer, par exemple dans les archives du fief de l'Evêché, 
dont relevait toute la région. Le seul contrat de vente parvenu jusqu'à nous est 
celui du logis des Cloches, qui fut passé ie 1 5 janvier 1 5 66 (n. s. ou 1 563 v. s.) 
et dont voici la copie ^ : 

Copie ce A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, Anthoine Duprat, chevallier, 

•l'un contrat de vente. . . _ 7 ... . _. - . 1 „., 

ose/,.) ce seigneur de lNantoiilet, de rrecy et Hozay, baron de lhiert et de loury, con- 

lœ jardin des Cloches. -nir» • -il v • i il lll 

et seiller du Koy, nostre sire, gentilhomme ordinaire de sa chambre et garde de la 



' 1J II est dit dans ces lettres qu'une partie des 
sommes provenant de la vente des matériaux et du 
terrain pourrait servir à la construction du Louvre. 

(2) Inv. des Mém. PP et AAA de la Chambre des 
comptes; Arch. de l'Emp. reg. PP 119, p. 37, et 
PP 120, p. 10. — Le compte de l'Argenterie pour 
i55o mentionne simplement le f r sieur Scipion, es- 
'•cuyerd'escuirie du Roy,* et il n'est point non plus 
qualifié de premier écuyer dans d'autres documents 



postérieurs, qui ne portent que le nom de Scipion. 
(1) Cette pièce a été achetée, à la vente des ar- 
chives de Joursanvault, par M. Leber; elle porte le 
numéro 5780 dans le catalogue de sa bibliothèque, 
aujourd'hui réunie à la bibliothèque publique de 
Rouen, où nous l'avons copiée en i858. Elle a 
déjà élé publiée par M. de Monlaiglon dans Y An- 
nuaire du département de la Seine, de M. L. Lacour, 
année 1860, p. 786 et suiv. 



LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS, 3 

rtPrévosté de Paris, salut. Savoir Faisons que pardevant Claude Borcau et Pierre 
«Cayard, notaires jurez du Roy, nostredict seigneur, en son Ghastellet de Paris, 
ff lurent présens en leurs personnes noble homme maistre Jehan Morlet de Mu- 
er seau, conseiller du Roy, nostre sire, en sa court de Parlement, et dame Anne 
«de Museau, femme de messire Jehan de Beaune, chevallier, seigneur de la Tour- 
«d'Argy, conseiller et maistre d'hostei ordinaire de la Royne, auctorisée par justice 
«au reffuz dudict seigneur son mary, frère et scur, et héritiers par bénéfice d'in- 
«ventaire de feue noble dame Marie Briçonnet, en son vivant dame de Charson- 
« ville, leur mère, jadis vefve de feu messire Morlet de Museau, en son vivant 
ce chevallier, conseiller et maistre d'hostei ordinaire du Roy. Lesquelz recongnu- 
frrentet confessèrent, et par ces présentes confessent avoir vendu, ceddé, quicté, 
ff transporté et délaissé du tout, dès maintenant à tousjours, et promectent ga- 
rrrentir de tous troubles et empeschemens générallement quelconques, à très- 
fthaulte et très-excellente princesse Catherine, par la grâce de Dieu Royne de 
fr France, mère du Roy, absente; hault et puissant seigneur messire Anthoine, 
rt comte de Crussol, chevallier de l'ordre du Roy, cappitaine de cinquante hommes 
fr d'armes de ses ordonnances, et chevallier d'honneur de la Magesté de ladicte 
«Dame; noble homme maistre Martin de Beaune, conseiller du Roy, nostre sire, 
fret maistre des requestes ordinaires de son hostel et chancellier de ladicte Dame, 
cr et noble homme maistre Pierre de Picquet, conseiller, trésorier et receveur 
«général des finances de ladicte Dame, es noms et comme stipullans en ceste 
«partie, et eulx faisans et portans fors d'icelle Dame, par laquelle ilz promectent 
«faire ratifier et avoir pour bien agréable le contenu cy-après, dedans deux jours 
«prochainement venans, à ce faire présens et acceptans, achepteurs et acquesteurs 
«pour ladicte Dame, ses hoirs ou aians cause ou temps advenir, ung jardin cloz 
rr de murailles de tous costez, ouquel y a deux pavillons couvertz d'ardoize, faicl: 
«en façon de cloclie. Ledict lieu ainsi qu'il se poursuit et comporte, appelle le Jardin 
«rfes Cloches, qui fut et appartint à ladicte deflunctte daine, Marie Briçonnet, leur 
«dicte mère, et faisant partie du lieu des Tliuilleries, assis hors et près la Porte- 
«Neufve, près les faulxbourgs Sainct-Honoré de ceste ville de Paris. Tenant le- 
«dict jardin, dune part, à ladicte dame Royne, à cause de l'acquisition par elle 
«faicte de Mons. de Villeroy; d'aultre part, aux terres labourables eslans entre 
«les fossez cy-devant faietz pour la fortification de la Ville et le mur dudict jar- 
«din; d'un bout, pardevant, sur le quay ou chaussée de la rivière de Seine. 
«allant de ladicte Porte-Neuve aux Bons-Hommes; d'aultre bout, par derrière. 
« aux terres labourables estans entre lesdietz fauxbourgs Sainct-Honnoré et ledict 
«lieu des Tliuilleries; ausdits vendeurs appartenant par le décez et trespas de 
«leurdicte feue mère; estant en la censive de monseigneur l'Evesque de Paris, et 
«chargé envers luy du cens que ce peult devoir, que lesdietz vendeurs n'ont sceu 
«dire ne déclarer, pour toutes charges; pour en joir par ladite dame Boyne, ses- 



S TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

ffdictz hoirs et aians cause, et en faire et disposer à tousjours comme de sa 
ce propre chose, vray et loyal acquest. Gestz vente, cession et transport faictz à la 
« charge dudict cens seullement, et oultre, moyennant et parmi le pris et somme 
« de six mil cinq cens livres tournoys. Sur laquelle a esté présentement baillé et 
ce payé ausdictz vendeurs, par les mains dudict de Picquet, la somme de quatre 
ce mil cinq cens livres tournoys; laquelle somme leur a esté baillée, payée, conn- 
ectée, nombrée et délivrée en testons du Roy et douzains bons et aians de présent 
<r cours, présens les notaires; dont lesdictz vendeurs se sont tenuz et tiennent pour 
eccontens, et en ont quicté et quictent ladicte dame Royne et tous aultres de la- 
ce dicte somme de quatre mil cinq cens livres tournoys. Et le reste de ladicte 
rt somme, montant deux mil livres tournoys, lesdits sieurs de Crussol, de Beaune 
rr et de Picquet, oudict nom, et encore ledict de Picquet en son propre et privé 
renom, renonçant par lui au bénéfice de division et ordre de discussion, promec- 
rrtent et gaigent bailler et payer ausdictz vendeurs, dedans le jour et feste sainct 
rr Jehan-Baptiste prochainement venant; et, pour seureté du paiement de ladicte 
rr somme de deux mil livres tournois, lesdictz sieurs de Crussol, de Beaune et de 
« Picquet, oudict nom, ont, par exprès et espécial ypothecque, obligé et ypothecqué 
ce envers lesditz vendeurs, ledict lieu présentement vendu, et générallement toutes 
celés aultres terres, seigneuries, héritaiges et biens de ladicte dame Royne, sans ce 
r-que la généralle obligation desroge à l'espécialle, ne l'espécialle à la généralle. 
ce Et, en ce faisant, lesdictz vendeurs ont ceddé, transporté, et par cesdictes pré- 
ce sentes ceddent et transportent à ladicte dame Royne tous les droitz de propriété , 
erfons, saisine, seigneurie et possession, droietz, noms, raisons et actions qu'ilz 
ce avoient et pouvoient avoir ores et pour le temps advenir, en et sur ce que dict est 
ce présentement vendu; et de ce s'en sont desmis, dessaisiz et desvestus du tout 
reès mains desdietz notaires, comme es nostres souveraines pour le Roy nostre dict 
ce seigneur, pour ou nom et au profict de ladicte dame et Royne et de sesdicts 
ce hoirs et aians cause. Voullans, consentans et expressément accordans qu'elle en 
cefeust et soict saisie, vestue, mise et receue en bonne et suffisante saisine et 
ce possession par celluy ou ceulx et ainsi qu'il appartiendra; et d'abondant pour ce 
ce faire voulloir, réquérir et consentir estre faict partout duement et ainsi qu'il ap- 
eeparlient, lesdictz vendeurs ont faict et constitué leur procureur général et certain 
cemessaigier espécial le porteur de cesdictes présentes, auquel ilz ont donné et 
ce donnent pouvoir et puissance de ce faire, et tout ce que au cas appartiendra et 
ce sera nécessaire. Laquelle présente vente, cession, transport, promesses, obliga- 
eetions, garanties, gaigeries, et toutes et chacune les choses susdictes, et en ces- 
ce dictes présentes contenues et escriptes, iesdictes parties èsdietz noms et chacune 
ce d'elles endroict soy, promisdrent et jurèrent par leurs sermens et foy es mains 
ce desdietz notaires, comme en nostres souveraines pour le Roy nostredict seigneur, 
-e avoir et tenir pour bien agréables, fermes et stables à tousjours, sans jamais 



LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MEDICIS. 5 

rr à nul jour, par elles ne l'une d'elles ne par aultres, aucunement y contrevenir, 
ccfustou soict par voye d'erreur, d'ignorance, lézion, circonvention, ne aultrement, 
ff commant que ce soict ou puist estre; ains rendu et paier l'une d'elles à l'aulire à 
rr pur et à plain et sans aucun plaict ou procez tous coustz, fraiz, missions, despens, 
tt dommages et intérestz qui f'aitz, euz, souffertz, soustenuz et encouruz seroient, 
et par deffault de garentie, paiement ou d'aucunes des choses susdictes non faictes, 
rr tenues, entretenues, et non duement accomplies ainsi que dict est; et en ce pour- 
rr chassant et requérant souhz l'obligation de tous et chacuns leurs biens et ceulx de 
r: leurs hoirs, meubles et immeubles présens et advenir qu'ilz, èsdietz noms, mes- 
rr mement icclluy sieur Picquet en son propre cl privé nom, en ont pour ce soubzmis 
cr et soubzmectent du tout à la justice, juridiction et contraincte de ladicte Prévosté 
rrde Paris et de toutes aultres justices et juridictions où trouvez seront; et renon- 
rrcèrent, en ce faisant, expressément lesdictes parties èsdietz noms et chacune 
rr d'elles endroict soy, à toutes choses générallement quelconques à ces lettres con- 
rrtraires, mesmes icelluy de Picquet au bénéfice de division et ordre de discussion, 
rr comme dessus et endroict disant généralle renonciation non valloir. En tesmoing 
rrde ce, nous, à la rellation desdietz notaires, avons faict mectre à cesdictes 
rr présentes le scel de ladicte Prévosté de Paris, qui passées furent tripples, l'an 
rrmil cinq cens soixante-troys, le samedi quinziesme jour de janvier. — Ces 
rr lettres pour ladicte dame Anne de Museau. 

rrP. GaYARD. C. BoREAU.n 

rrLe dimanche treiziesme jour d'aoust, l'an mil cinq cens soixante-quatre, a esté 
rrpayé par noble homme Pierre de Picquet, conseiller, trésorier et receveur ge- 
rmerai des finances de la Royne, mère du Roy, nommé au contrat cy-devant es- 
rrcrit, à noble homme et saige maistre Jehan Morelet de Museau, et dame Anne 
rr de Museau, sa sœur, es qualitez déclarez audict contrat, la somme de deux 
rrmil livres tournois faisant le reste et parpaye de la somme de six mil cinq cens 
rr livres tournois contenue en icelluy contract; dont a esté baillé quictance parti- 
rrcullière audict de Picquet, passée pardevant les notaires soubscriptz les jour 
rret an susdietz, laquelle est ce présent escript et ung autre escript au pied du 
rr semblable contract estant en la possession dudict sieur maistre Jean Morelet de 
rr Museau, ne serviront que pour ung mesme acquict. 

rr R. CONTESSE. B. VlARD. B 

L'emplacement du jardin des Cloches forma l'extrémité occidentale du parc de 
Catherine. Le texte qui précède montre que le clos Le Gendre, attenant au jardin 
des Cloches et distinct des dépendances de la maison des Tuileries, était déjà aux 
mains de la Reine au mois de janvier i56/i, et qu'elle l'avait acheté du seigneur 
de Villeroy. Nous avons cherché sans succès la date de cette transaction ; il est à 



6 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

croire qu'elle fut conclue peu de temps auparavant, parce que les maisons en 
bordure sur la rue Saint-Honoré qui sont dites aboutir aux propriétés de la Reine 
en i56û sont encore dites aboutir à celles de Villeroy en 1 563. 

uqnisuiont En janvier 1 564, les terres de Villeroy et le jardin des Cloches ayant été réunis 

i. ou,.,,, (inJïis au pourpris de l'hôtel des Tuileries, qui, on se le rappelle, faisait le coin du quai 
et du chemin sur les fossés, il ne restait plus, pour atteindre les dimensions que 
Catherine se proposait de donner à son parc, qu'à y annexer une zone de soixante 
et onze toises de large, à prendre sur le clos des Quinze-Vingts, alors morcelé en 
une foule de parcelles. Cette zone était occupée par une quinzaine de maisons 
faisant front sur le chemin des Fossés, et par les jardins ou dépendances de 
celles qui avaient leurs façades sur la grande rue du Faubourg. Nous avons cité 
un titre du 22 février 1 565 , où une de ces maisons est énoncée ee aboutissant par 
ce derrière à demy-arpent dix-sept perches et deux tiers de terre ausdicts ven- 
eedeurs appartenais, et qu'ilz dient la Royne mère avoir faict mesurer pour com- 
te prendre avec les bastimenz qu'elle faict à présent faire, et faisant partie ledict 
relieu du cloz des Quinze-Vingts. •» Ainsi, au commencement de i565, on s'occu- 
pait de l'expropriation de la partie du clos qu'il fallait acquérir, mais l'opération 
n'était point tout à fait consommée. Les archives de l'Hospice ne nous ont point 
appris la date précise à laquelle elle eut lieu définitivement; nous y avons vu sim- 
plement que, le 3o janvier i56o,, les Aveugles reçurent la somme de 19 livres 
8 sous 9 deniers pour te le rachapt de dix-neuf perches deux toises et huit pieds de 
ee terre estans du cloz des Quinze-Vingts, que la Royne mère a avait, eecedict jour, 
ee faict rachapter par ledict maistre Jehan de Verdun, au pris de 200 livres tour- 
renoys l'arpenta; n puis, que le rachat général des droits perçus par les Quinze- 
Vingts sur les parties de leur clos dont s'empara la Reine s'effectua au moyen de 
la constitution, par la Ville, d'un contrat de rente de 37 livres i3 sous tournois, 
transaction passée en présence des notaires Jean Yver et François Ymbert, le 
16 décembre 1567. Dans le compte de l'Hospice pour l'année 1 565-66, les mai- 
sons du clos, situées sur le chemin des fossés, sont mentionnées comme existant 
encore; on n'y voit point d'ailleurs qu'elles appartinssent à la Reine, mais bien 
qu'elles aboutissaient à son palais. Le compte de 1566-67 P or f e : "La Royne a 
trprins la plus grande partie des maisons sur lesquelles les rentes se preignent, et 
eea ordonné rentes sur l'Hôtel de Ville, au lieu des rentes que dévoient les mai- 
re sons estans au cloz. n Enfin, dans le compte de 1567-68, les maisons dont la 
démolition était nécessaire pour la réalisation des projets adoptés sont déclarées 
eeabatues et aplicquées au pallais de la Royne mère.u Quant à des détails sur les 
ventes successives des diverses parcelles, et notamment de la pièce de trois ar- 

(1) La maison dont ce terrain dépendait est celle sur remplacement de lacpielle fut percée la rue du 
Dauphin. (Voir t. I, p. 29/1.) 



LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MEDICIS. 7 

pents et demi enclavée dans les terres de VHleroy, il n'en existe pas même de 
trace dans les anciens inventaires, ce qui est fort singulier. Plusieurs documents 
nous portent à croire que l'acquisition des terrains sur lesquels Catherine de 
Médicis éleva son palais et planta son parc se lit entre les années i563 et 1 5G7 ; 
que la Reine mère acheta d'abord les propriétés de Villeroy, puis le jardin des 
Cloches, et en dernier lieu les dépendances du clos des Quinze-Vingts. 

C'est des carrières de Vaugirard et de Notre-Dame-des-Champs que furent tirées Établissement 

■ 1 1 m -i • 1 c • e l • 1 d'un bae sur la Seine. 

les pierres destinées aux bâtiments des tuileries, et, pour leur laire Irancnir la pi, .56/..) 
rivière au lieu où se trouve actuellement le Pont-Royal, un bac fut établi, qu'on 
donna à bail à la communauté des maîtres passeurs, le \h mai i5G/j. Dans une 
nouvelle concession de ce bac, datée du 29 novembre 1 5q6 , nous lisons : ce Veu la 
ccrequeste à nous présentée par la communaulté des maistres passeurs d'eaue en 
recette ville de Paris, contenant que, pour la commodité du bastiement du pallais 
ce des Thuilleries et.au commencement d'iceluy bastiement, ilz auroyent esté coin- 
ce mis à garder le bac qui fut ordonné et mis audevant ledict lieu des Thuilleries, 
ce pour y passer et rapasser toutes les pierres, matériaulx et aultres choses néces- 
cesaires pour ledict bastiement, et dont bail leur auroyt esté faict tant par dame 
ce Marie de Pierrevive, dame du Pérou et d'Armentières, l'une des dames de la 
ee Chambre de la Royne, commise par la Majesté de ladicte Dame à la construction 
ce du bastiement du pallais des Thuilleries, révérend père en Dieu, messire Phil- 
eebertde l'Orme, conseiller et aulmosnier ordinaire du Roy, abbé de Sainct-Ciergue 
eeet architèque de la Majesté de ladicte dame Royne, que par noble homme Guil- 

eelaume de Marie prevost des marchans le quatorziesme jour de 

rrmay, mil cinq cens soixante-quatre W. r> Ce passage justifie l'opinion commune re- 
lativement à l'époque où fut commencé l'édifice' 2 ), et nous révèle ce fait bizarre 
que les travaux avaient lieu sous la surveillance d'une sorte de commission comp- 
tant parmi ses membres une femme, la dame Du Perron. Aussi bien a-t-on la 
preuve que Catherine confia plusieurs fois à des femmes certaines fonctions qu'on 
a toujours été dans l'habitude de voir exercer par des hommes, et nous retrou- 
verons plus loin la dame Du Perron délivrant des ordres de payement pour les 
ouvrages des Tuileries. 

Pourvoir avec ses seules ressources aux dépenses considérables de la construc- Ressources pécuniaires 
tion de son nouveau palais n'eut point été chose facile pour la Reine, dont les pour les ira™» 
finances étaient sans cesse embarrassées. Le 20, janvier i5G5, elle se fit donc (1565-1567.1 

(1) Arch.de l'Emp. cart. Q 11/17-48. — Pour nous reparlerons avec détails dans l'histoire du fau- 

conduire au bac on ouvrit , dans les terres en culture , bourg Saint-Germain. 

un chemin qui est devenu la rue du Bac, dont la (2) Au mois de mai, suivant Félibien, qui parle 

véritable origine n'est indiquée nulle part, et dont nous ne savons d'après quelle autorité. 



8 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

délivrer par le Roi, son fils, alors à Moulins, des lettres qui furent confirmées le 
t 2 février suivant et enregistrées le 18, lesquelles lettres portaient donation d'une 
somme de 100,000 livres tournois à prendre sur les restes des comptes; cette 
somme devait être remise à k René Lupin, commissaire ordinaire de nos guerres, -n 
dit le Roi, rret par nous commis à tenir compte et faire le payement des frais et 
cr dépenses nécessaires pour la construction des bastimens du pallais que la Royne, 
crnostre très-honorée dame et mère, faict construire et édiffier aux Tuilleries. » Le 
don de 1 00,000 livres était insuffisant; il fut suivi quelques mois après, le 18 no- 
vembre, d'un autre de 1 5 0,0 00 livres, pareillement assigné sur le fonds des restes, 
et comme le recouvrement ne s'en opérait qu'avec lenteur, le banquier Vincent 
Bonnisy proposa d'avancer à Catherine 60,000 livres à compte, devant être ver- 
sées avant le i er avril 1667. L'offre fut approuvée par Charles IX, qui la ratifia 
par lettres patentes données à Saint-Maur-des-Fossés, le 22 novembre i566, et 
enregistrées le h décembre. Le 27 octobre précédent, le Roi avait fait don à sa 
mère de 8,000 livres rrpour emploier en l'achapt de certaines maisons et héri- 
te taiges, qu'elle r> désirait cr recouvrer pour la décoration et acrument de son pallais 
«des Thuilleries. n Cependant la rentrée des sommes allouées à Catherine s'effec- 
tuant avec toutes sortes de difficultés qui menaçaient d'interrompre les travaux, 
le 2 juillet 1567, le Roi, alors à Saint-Germain-en-Laye, lui abandonna pour 
quatre années le fonds entier des restes, et, le 29, Jacques Ligier fut chargé d'en 
faire la recette, en remplacement de Guillaume Le Jars. Des lettres du 2 5 août 
1670 reconnurent ensuite à la Reine le droit de choisir le comptable présidant 
à la perception des restes. Elle dut néanmoins recourir à de nouveaux emprunts, 
et il existe un contrat passé entre elle et le banquier florentin François Sixte, 
par lequel celui-ci s'engage à lui prêter 120,000 livres en deux années, soit 
5,ooo livres par mois, et à déposer un cautionnement de 1 5,ooo livres, qu'il con- 
sent à perdre s'il n'exécute pas fidèlement le traité. La transaction fut conclue à 
Boulogne le 3i janvier 1571, et reçut le jour même l'approbation du Roi; de 
plus, rren considération du notable service libéralement et à propos offert par 
rrledict Sixte, et au temps qu'on estoit en peine de trouver homme qui entrasten 
crparty et fist quelque advence pour empescher la ruyne de ce n qui était rtcom- 
rcmancé audict pallais des Thuilleries, laquelle ruyne v aurait été «en danger de 
«s'ensuivre sans lesdictes offres, n Charles IX gratifia Sixte de 10,000 livres, à 
prendre également sur le fonds des restes, dont il lui fut permis de faire diriger 
la gestion par ses créatures. I^es lettres patentes à ce relatives furent enregistrées 
le 16 février 1571 W. Catherine d'ailleurs continua plus tard à disposer d'une por- 
tion du fonds des restes, sur lequel elle fut autorisée à prendre, le 27 mai 1 575, 

(l) Arch. de l'Emp. Mémoriaux de la Chambre gistres nous ont été obligeamment signalés par 
des comptes, reg. EEE, fol. 255; FFF, fol. 35g: M. Huillard-Bréholles. Voir aux Appendices. 
KKK, fol. 190; LLL, fol. ItU, 46, /17. Ces re- 



LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 9 

29,000 livres, le 19 novembre 1576, 3i,ooo livres, et le 5 décembre suivant, 
35,ooo livres. 



Suivant les plans adoptés par Catherine, et à nous transmis par Du Cerceau W, 
le palais des Tuileries devait être inscrit dans un rectangle d'environ cent trente- 
quatre toises et demie de largeur sur quatre-vingt-trois toises un pied de profon- 
deur (->, dont les plus grands côtés étaient perpendiculaires à la Seine. (Voir la 
planche ci-contre.) Entre les gros pavillons en saillie formant les coins de l'édi- 
fice, les petites ailes, celles du nord et du sud, ne présentaient qu'un avant-corps, 
tandis que les grandes ailes en offraient trois, celui du centre étant plus petil 
que les avant-corps intermédiaires, dont les proportions étaient moindres que 
celles des pavillons d'angle. Intérieurement le palais renfermait une grande cour 
centrale carrée, cantonnée de quatre cours latérales d'une superficie beaucoup 
plus restreinte, séparées entre elles par un bâtiment elliptique, et séparées de la 
grande cour par une aile se dirigeant de l'est à l'ouest. Ainsi disposé, le monu- 
ment était entouré d'un espace limité par quatre murailles : celle de l'occident, 
remarquable par un décrochement, servait de clôture au jardin ou parc; celle 
du midi longeait le quai; celle de l'orient n'était autre que la contrescarpe du 
fossé de la Ville ( 3 ), sur lequel était jeté un petit pont; la muraille du nord était mi- 
toyenne avec des maisons faisant front sur la rue Saint-Honoré, et deux écuries 
s'y appuyaient. Ces écuries se composaient chacune d'un bâtiment de trente toises 
quatre pieds de longueur et de cinq toises six pouces de profondeur, à l'extrémité 
duquel s'élevait un pavillon en retour d'équerre, de cinq toises de profondeur 
sur une longueur de six toises cinq pieds trois pouces. 



Plani 
adouléa par CatheriQi 

pour 

]c Palais îles Toilerie! 



Tel était le projet grandiose dont Catherine caressait la pensée; mais elle n'en 
réalisa qu'une faible partie. Tout ce qu'elle vit s'élever des bâtiments des Tuile- 



l.< a Ecuries. 
(.568.) 



(1) Dans le second volume Des plus excellais bas- 
tmens de France, publié en 1679. La planche de 
Du Cerceau est évidemment très-inexacte dans ses 
détails; mais, comme nous ne sommes point abso- 
lument certain des corrections qu'il conviendrait d'y 
apporter, nous avons préféré la reproduire telle 
qu'elle a été gravée, sauf en ce qui concerne les 
parties réellement bâties. 

(2) On juge mal des dimensions de l'édifice 
projeté par le plan de Du Cerceau, dont l'échelle 
manque de précision; mais on y peut constater 
que les petits côtés devaient avoir identiquement 
la même longueur que les bâtiments construits du 
temps de Catherine, lesquels offraient un déve- 
loppement de quatre-vingt-trois toises un pied. 



Pour avoir le chiffre de la longueur entière des 
grands côtés, à ces quatre-vingt-trois toises un 
pied il faut ajouter deux fois vingt-cinq toises quatre 
pieds pour les pavillons d'angle et les bâtiments par 
lesquels ils se seraient reliés aux pavillons intermé- 
diaires; le total esl de cent trente-quatre toises trois 
pieds. 

(3) Du Cerceau représente les grandes ailes du 
palais comme parallèles entre elles et avec le mur 
d'enceinte de Paris; or ce mur biaisait sensiblement 
par rapport aux bâtiments des Tuileries; il faut donc 
en conclure que le parallélisme eut été impossible 
ii obtenir. On doit encore observer que les plans de 
Du Cerceau comportent un assez grand rétrécisse- 
ment du fossé. 



10 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

ries se borna effectivement à une des écuries, celle de l'ouest, et à un peu plus 
de la moitié des corps de logis en façade sur le jardin. Cette moitié consistait dans 
le pavillon central, les deux galeries contiguës, le pavillon attenant à la galerie 
du midi, lequel ne fut terminé que sous Henri IV, puis les fondations, et peut-être 
l'étage inférieur du pavillon attenant à la galerie du nord. Elle fit plus pour le 
parc, quelle conduisit à peu près à son entier achèvement, à en juger par le plan de 
Du Cerceau, qui, publié en 1 679, est dit représenter le jardin tel qu'il était alors, 
et le château tel qu'il serait. Du reste, nous ne pouvons suivre chronologiquement 
les progrès des travaux des Tuileries, car les historiens n'en disent rien (1) , et le 
seul compte existant encore ne fournit guère de renseignements que sur le parc' 2 '. 
Toutefois nous devons croire que l'écurie était faite en i568^, puisque, dans 
les comptes des Quinze-Vingts pour cette année, la maison de l'Image Notre-Dame 
et celle qui lui était contiguë sont énoncées aboutissant aux ce escuyries du pallais 
«de la Royne mère, a auxquelles nous savons, d'autre part, qu'on travaillait en 
i5yo. En 1572, il est de nouveau question de rd'escurie de la Royne, t> qu'en 
1609 on appelait «TEscurie du Roy, n et que depuis on a nommée la Grande 
Ecurie, pour la distinguer d'autres dépendant pareillement du château. Le ma- 
nège annexé à la Grande Ecurie, et longeant les murs du jardin, remontait à la 
même époque. Dans le compte de l'année 1570-71, il est parlé de cette «carrière 



1 II y a bien, dans le grand ouvrage de de 
l'Orme, publié en 1667, quelques passages où il 
est fait allusion à l'état des travaux des Tuileries; 
mais les conséquences qu'on en peut tirer sont insi- 
gnifiantes; on voit néanmoins qu'au moment où il 
écrivait (1 5G5 ou 1 566 ) on était en train de bâ- 
tir les portes du pavillon central et des galeries. 
De l'Orme dit , en outre , qu'il n'a point encore eu 
à s'occuper des rcomemens et enriebissemens des 
répislyles (architraves), zopbores (frises) et cor- 
« niches ioniques du palais, -n 

' ] Les planches de Du Cerceau ne semblent point 
reproduire tout ce qui était déjà construit lorsque 
parut le volume dont elles font partie, en 1579. 
Du Cerceau ne nous apprend d'ailleurs que peu de 
chose dans sa courte notice, dont voici le texte: rr Ce 
"lieu estoit, n'a pas longtemps, une place aux faulx- 
ct bourgs de Saincl-Honoré , à Paris, du coslé du 
n Louvre , et est costoyé de la rivière de Seine , où il y 
iravoit certaines maisons dédiées à faire les thuilles, 
"et près dïceluy y avoil quelques beaux jardins. La 
"Royne, mère du lloy, ayant trouvé ce lieu bien 
^commode pour faire quelque bastiment plaisant, 
"fist commencer à y bastir, et ordonna prenùère- 
• ment le dessein que vous en ay figuré: avec ce, 



"fist dresser les jardins suyvans, et ainsi que vous 
«les voyez par mes portraicts. Icelle dame ayant 
"bien considéré le premier dessein du plan, ne l'a 
"de guères depuis changé, excepté quelques aug- 
" mentations qu'elle a délibéré y faire. Ce bastiment 
" n'est de petite enlreprinse, ne de petit œuvre; et 
«estant parachevé, ce sera maison vrayment royalle. 
"Une partie des fondemens sont assis il y a jà assez 
"longtemps: mais il n'y aencor qu'un corps double 
"eslevé, portant deux faces, servant iceluy corps de 
"membres de commoditez et d'une gallerie joincts 
"ensemble. En l'une des faces est la gallerie du coslé 
"du jardin; en l'autre sont les commoditez du coslé 
"de la court. Le portail qui est au millieu de ce corps 
"est garny de coulonnes fort enrichies de certains 
"marbres et jaspes. Tout ce qui est basly est faict 
"de bonne matière de pierre de (aille, avec bonne 
"ordonnance et symmétrie; or, d'autant qu'il n'y a 
"élévation que d'un corps, je ne vous en déclare- 
"ray point davantage, et aussi que les élévations 
"etcomniodilez se pourront changer. Tant y a que 
«par le plan et élévation vous pourrez cognoistrece 
"qui y est. r, 

t3) Voir l'Appendice V, Grande Ecurie des Tui- 
leries. 



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LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. I 1 
r-à picquer les chevaulx,?) ainsi que du tertre qu'on fit à l'extrémité; dans un titre 
de 1587, '1 es ^ auss * Tucsti" 1 » de la tr carrière de l'escurie du Roy;n dans un autre 
de 1602, de cr l'académie du Roy, a et sur le plan de Mathieu Mérian on trouve 
enfin employée l'appellation le Manège, qui est restée en usage jusqu'au per- 
cement de la rue de Rivoli, dont remplacement correspond exactement à celui de 
la « carrière, u 

Avant la construction de l'hôtel d'Armagnac, le premier écuyer du Roi logeait 
dans le pavillon en retour d'équerre de la Grande Écurie. « Ce bâtiment, w écrivait 
Sauvai vers 1GG0, ce bien qu'il ne soit que commencé, ne laisse pas de renfermer 
mine écurie où il tient quarante chevaux d'un seul côté; de la clef des croisées 
rt\r ses greniers sortent des têtes de chevaux; au-dessus de la porte est élevée une 
rr figure de cheval, qui n'a plus de tête, et même à qui on a rompu les pieds et 
rr les jambes, ouvrage cependant de maître Ponce, l'un des meilleurs sculpteurs du 
tr siècle passé qui soit venu d'Italie en France. r> Dans la relation de l'ambassadeur 
Lippomano, il est dit que les écuries ressemblaient à un palais somptueux, qu'il y 
avait un appartement pour courir la bague et faire des armes. Les belles planches 
du Manège de Pluvinel ne donnent que des vues médiocrement fidèles et très- 
incomplètes de l'édifice W, qui comprenait deux étages, était orné de bossages, et 
muni de lucarnes arrondies à leur sommet. L'angle que le bâtiment de l'écurie 
faisait avec le pavillon était racheté par une sorte de tourelle à face portant de 
fond et disposée en tour creuse; cette tourelle était coiffée d'un dôme avec fronton 
brisé, sur les rampants duquel s'appuyaient des figures couchées. Le pavillon ressem- 
blait à l'écurie; mais, destiné à être habité, il était percé de plusieurs fenêtres, 
qui ne se répétaient point au bâtiment de l'écurie. La cour située au-devant était 
close par une porte monumentale, dont la baie, en plein cintre, offrait une clef 
ornée d'une tête de cheval sculptée en ronde-bosse (2) . L'ouvrage de Pluvinel ren- 
ferme également des vues de la carrière; on y aperçoit ces ressauts cylindriques 
et rectangulaires du mur séparant la carrière d'avec le jardin, lesquels sont 
indiqués sur le plan de Du Cerceau, et, vus en perspective, figuraient des tours. 

Le palais actuel des Tuileries (#) , considérablement modifié sous Louis XIV, ne Description 
donne plus qu'une idée fausse de ce qu'il était au xvi e siècle. Ainsi qu'on l'observe sur l'ancien 
diverses vues ou plans, et particulièrement sur les élévations de Du Cerceau et de 

(1) Le Maneige royal, par M c Antoine de Pluvi- travaux des Tuileries, fit enlever le bas-relief avec 
net; in-fol. pi. Paris, i6-23. — On ne signale pas grand soin et en décora l'entrée d'un manège qu'il 
d'autres vues de l'Ecurie, malgré l'époque peu éloi- bâtissait rue Saint-Honoré. Le bas-relief en ques- 
gnée où cet édifice a été abattu. lion a disparu à la suite des diverses transforma- 

(2) Callet, attribuant, on ne sait pourquoi, celle tions du manège de Heurtant, connu maintenant 
tête à Germain Pilon, rapporte que, lorsqu'on abat- sous le nom de Salle Valentino. Callet, qui avait pu 
tit la porte, l'architecte Heurtaut, inspecteur des étudier les ornements de l'écurie des Tuileries, parle 

M Ce texte a été rédigé en 1868. (Note de la deuxième édition.) 



«le 

ncii 

Palais dos Tuileries. 



12 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Blondel, les ailes contiguës au pavillon central, semblables entre elles, consistaient 
chacune en un corps de bâtiment auquel était adossée une galerie ou promenoir. 
(Voir les planches ci-jointes.) Les galeries , couvertes d'une terrasse, prenaient jour 
l'une et l'autre par treize arcades ouvertes en plein cintre, dont quatre, munies 
de marches, formaient porte et communiquaient avec le jardin. Ces dernières, un 
peu en ressaut, étaient décorées de colonnes, tandis que les autres étaient séparées 
par de simples pilastres ioniques, à bossages. Des pilastres ioniques (1) marquaient 
aussi les travées du corps de bâtiment, qui offraient toutes une fenêtre rectangulaire, 
vraie ou feinte. Le corps de bâtiment n'avait qu'un étage, de même hauteur que 
celui de la galerie, mais il avait, au lieu de terrasse, un toit élevé, à la naissance 
duquel était disposée une sorte d'attique interrompu par des lucarnes. Vers la 
cour, les deux lucarnes les plus rapprochées du pavillon central étaient réunies 
sous un même fronton. Des figures étaient couchées sur ce fronton et sur quel- 
ques-uns de ceux de l'attique occidental; elles avaient été sculptées par M e Ponce, 
au dire de Sauvai. Dans la décoration des deux façades apparaissaient des écussons 
partis de France et de Médicis, la lettre H couronnée et le chiffre M, dont la pré- 
sence aux Tuileries confirme pleinement ce que nous avons dit, tome I, page 228. 
Le pavillon situé au bout de l'aile se composait de deux ordres superposés, 
et d'un attique interrompu par trois lucarnes. L'ordre de l'étage inférieur était 
ionique, et l'ordre de l'étage supérieur, corinthien; tous deux présentaient en 
élévation dix colonnes cannelées, mais sans bossages; entre ces colonnes étaient 
agencées trois fenêtres et quatre niches. La face de ce pavillon regardant la cour 



aussi (Notice hist. p. 5) d'instruments à l'usage des 
cavaliers, qu'on voyait sculptés sur la façade prin- 
cipale. C'étaient probablement les mêmes que ceux 
qu'on retrouve dans les encadrements d'architecture 
des planches de Grispian de Pas, parmi lesquelles 
plusieurs sont des vues intérieures de l'édifice. 

(l) De l'Orme explique ainsi les raisons qui le 
portèrent à adopter l'ordre ionique aux Tuileries : 
rr Je ne passeray outre sans vous advertir que j'ay 
•rchoisy le présent ordre ionique, entre tous autres, 
crpour orner et illustrer le palais, lequel la Majesté 
«de la Roy ne, mère du très-chrestien roy Charles IX 
rrde ce nom, l'aicl aujourd'buy baslir en ceste ville 

rrde Paris J'ay voulu accommoder le présent or- 

trdre ii sondict palais, pour autant qu'il n'est guères 
rr usité, et qu'encores peu de personnes l'ont mis en 
(fœuvre aux bastimens avec colomnes. Plusieurs en 
ttont bien patrouillé quelque chose en bois pour des 
rr portes, mais ils ne l'ont encores bien cogneu ny 
-représenté. L'autre raison pour quoy j'ai voulu 
"figurer et naturellement représenter ledict ordre 
rr ionique au palais de la Majesté de la Roy ne, c'est 



« pour autant qu'il est féminin et a esté inventé après 
des proportions et ornemens des dames et déesses, 
rr ainsi que le dorique, des hommes, comme m'ont 
rr appris les anciens: car, quand ils vouloient faire 
rrun temple à quelque dieu, ils y emploioient l'ordre 
rr dorique, et à une déesse, le ionique. Toutesfois 
rrlous architectes n'ont pas observé cela, voire par 
«•le récit de Vilruve Je me suis doneques jus- 
ce Lement voulu ayder, au susdict palais de la Majesté 
rrde la Royne, de l'ordre ionique, comme estant 
rr délicat et de plus grande beauté que le dorique, et 
rrplus orné et enrichy de singularilez. » Il dit plus 
loin, à propos des portes du palais: rr Devant que 
rr mettre fin au propos des portes ioniques, je vous 
rradvertiray qu'il s'en faicl a présent trois de mon 
rr ordonnance au palais de la Majesté de la Royne 
rrmère, qui se trouveront fort belles: l'une est dn 
rrcoslé du jardin; l'autre du coslé de la court, et la 
rr troisiesme dans la galleric , desquelles je vous feray 
rrparticipans de bien bon cœur, après qu'elles se- 
rrronl faictes et parfaicles. 11 (Architecture , fol. 1 56 v° 
et 2AC v"). 



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LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 13 

dut subir des modifications importantes dans son ordonnance, lorsqu'on aban- 
donna le plan de Philibert de l'Orme, sous Henri IV. 



Le pavillon central, élargi depuis, se composait d'un ordre ionique W a colonnes, 
surmonté d'un ordre corinthien à pilastres; plus, d'un attique supportant un dôme 
elliptique en projection horizontale, et couronné par une lanterne dont l'amor- 
tissement était une fleur de lis. Deux édicules^, aussi coillés d'un dôme, ra- 



Di n ription 

du grand liei 



(,) Une des colonnes du palais, plus élégante que 
les autres, a été attribuée à Jean Goujon; mais sui- 
vant toute apparence, cet artiste n'en était point 
railleur. ( Félibicn , Entretiens sur les ries des peintres , 
t. II, p. 64.) — De l'Orme donne le modèle des 
colonnes ioniques qu'il avait d'abord l'intention de 
faire aux Tuileries , mais qu'il fut obligé de chan- 
ger, parce qu'elles n'étaient point assez riebes: «Je 
rrvous ay figuré cy-après, dit-il, une colonne de 
ff l'ordre ionique, laquelle j'avois dressée et faicle 
«• expressément pour es tre appliquée au palais de la 
rr Majesté de la Royne mère; mais, comme le bon 
rt vouloir luy a creu de faire sondict palais fort ma- 
rtgnifique et beaucoup plus riche, voire jusques à 
rf faire tailler et insculpter plusieurs sortes d'ou- 
ffvrages et devices ordonnées par Sa Majesté sur 
rflesdictes basses et assiettes qui sont faicles de 
ff marbre, ainsi que vous le pourrez cognoistre par 
«les figures desdictes colonnes, lesquelles je vous 
rrreprésenteray au second tome et volume de nostre 
ff Architecture , où nous descrirons bien au long , Dieu 
ffaydant, ledict palais. d (Fol. 221 r°.) Le second 
volume de l'ouvrage n'a jamais paru. 

(,) Consulter une des vues du Carrousel de Syl- 
vestre. 

Note du continuateur. — Feu A. Berly avait 
commencé à restituer, avec le soin et la prudence 
dont il a donné tant de preuves, les façades du 
palais des Tuileries, sur la cour et sur le jardin, 
pour les faire reparaître dans l'état où avait voulu 
les mettre Philibert de l'Orme. Il le dit lui-même: 
ce travail était d'une grande difficulté à cause des 
contradictions graphiques qu'on peut remarquer 
dans les diverses images qui nous ont été trans- 
mises des différents états de ce palais. Ainsi, pour 
ne parler que des gravures de Du Cerceau, on re- 
marque d'abord, dans le plan du projet général du 
palais , que toutes les baies des croisées ont un me- 
neau au milieu de l'appui, et pourtant, si l'on rap- 
proche ce détail de la figure des élévations, on voit 
que les meneaux sont maigres et paraissent des 



pièces de menuiserie. Cependant, pour rétablir 
l'étal ancien de celle partie du palais, il faut évi- 

< Ici eut rétablir les meneaux en pierre, qui ont 

été démolis plus lard pour obtenir plus de jour, Ce 
mode de division et d'ornementation de la baie de 
croisée était fort en usage h celte époque; il ser- 
vait de transition du fenestrage de l'époque anté- 
rieure à la baie à meneaux simples, fermée de 
châssis en menuiserie, qui devaient servir eux- 
mêmes de transition aux croisées vitrées de petits, 
puis de grands carreaux de vitres. Nous avons donc 
rétabli le meneau simple qu'indique clairement le 
plan de Du Cerceau, sur les deux façades de la 
partie centrale du palais. Le texle explique suffi- 
samment la raison d'être des singuliers symboles 
sculptés qui couvrent les frises des entablements 
et les bagues des colonnes. Dans la façade, vers la 
cour, nous ferons remarquer que les saillies el bos- 
sages, qui existent encore dans les portions con- 
servées de l'édifice, ont été soigneusement relevés 
et mis en place. Dans les vues qui ont été données 
de ce palais à différentes époques el suivant le 
degré d'avancement, M. Berly a pu trouver les 
moyens de rétablir ou de compléter les parties <|ni 
laissaient quelque chose à désirer; c'est en suivant 
la voie qu'il nous avait Iracée (pie nous avons pu 
reconstituer de (ouïes pièces, el dans sa primitive 
homogénéité, un des plus élégants palais de la 
Renaissance française. On y peut voir qu'à celle 
époque les architectes avaient grand souci de l'effel 
perspectif, el cherchaient à bien accuser les masses 
architecturales en les découpant sur l'horizon; ils 
obtenaient ainsi, au moyen des croupes et des sou- 
ches élevées des cheminées, un effet que nous pou- 
vons encore apprécier. C'était (tailleurs la transition 
naturelle des lignes accidentées du moyen âge aux 
lignes majestueuses, mais monotones, du xvn* siècle. 
Nous avons cru devoir adopter, pour la gravure, 
un genre de travail qui pût rendre surtout les ef- 
fets dont nous parlons. Cet ouvrage de topographie 
n'est point de ceux qu'on appelle ouvrages d'arclti- 



H TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

chetaient, du côté occidental, la différence entre le plan curviligne de l'attique 
et le plan rectangulaire du second étage. Le pavillon central renfermait un 
escalier fort célèbre par la hardiesse et la science déployées dans sa construction. 
11 servait à monter à la grande salle haute, et Sauvai le cite comme «le plus 
«vaste, le plus aisé et le plus admirable n qui fût au monde. «Sa cage, dit-il, 
«porte en dedans quatre toises et demie de large sur cinq de long et dix de haut^; 
rr elle est quarrée longue par dehors, mais arrondie par dedans en élipse, avec 
«les marches et les rampes, et entourée de trompes en niches rampantes. Dans 
«cette cage, de l'Orme a renfermé un degré ovale, vuide et sans colonne ni noyau 
«dans le milieu, qui tourne de fond en cime, commence et finit en limace, porte 
«huit pieds de marche et vingt-deux de vuide, et, de plus, bordé d'une balus- 
«trade de bronze. Quatre trompes nommées communément trompes en tour 
« creuse, rampantes et bombées, sont distribuées dans les quatre angles de la cage, 
«et servent d'appui et de fondement aux marches. Ces trompes, au reste, forment 
«une ligne spirale qui forme insensiblement une belle et longue élipse, rejettant 
«de fort bonne grâce la perfection de l'ovale; d'ailleurs, elles sont si plattes et 
«si surbaissées qu'elles ne se voient presque point. Si bien qu'autant de fois 
«qu'on vient à regarder cette pesante masse de pierre et de bronze faite en 
«coquille, qui roule entre deux airs, il semble quelle soit prête à tomber et à 
« ensevelir sous les ruines ceux qui la contemplent. Cependant on y monte en 
«sûreté et commodément par des marches spirales et tournantes, non-seulement 
«basses et aisées, mais distinguées encore par quelques paliers, pour plus de 
« facilité et de bienséance. 

«Cet escalier, en un mot, est si bien entendu et si proprement conduit, sans 
«faire jarret, et tourne insensiblement tout d'une venue, par une ligne qui suit la 
«forme de ce trait, non moins rampante qu'adoucie, que jusqu'à présent il ne 
«s'est encore rien vu de ce genre-là de plus hardi, ni de plus admirable. Les 
«géomètres, néanmoins, y reprennent je ne sais quoi, qui est que le socle ou le 
«soubassement de son appui ne porte point, de haut en bas, une égale hauteur; 
« car c'est par ce petit deffaut qu'ils commencent d'ordinaire la description de ce 
«bel escalier. De l'Orme mourut avant que de l'achever; après sa mort, pas un 



ture, destinés à faire comprendre le Iracé des 
moulures et des profils; le but qu'on s'y propose 
est plutôt de faire juger et d'expliquer, en ce qui 
concerne les monuments, ces grandes lignes, ces 
dispositions d'ensemble qui sont un des principaux 
mérites des artistes de ces époques, et marquent 
en outre les phases successives de l'art. Le parti 
adopté donne aux saillies et aux avant-corps toute 
leur valeur. 

Nous n'avons fait ici que suivre les indications 



de M. Berty. Si ces exemples peuvent faire com- 
prendre suffisamment ce qu'ont été ces édifices, et 
inspirer aux artistes l'étude de ces ensembles disposés 
aussi bien pour la commodité que pour l'agrément, 
et surtout si bien coordonnés dans toutes leurs 
parties et sous tous les aspects , c'est principalement 
à notre regrettable prédécesseur que le mérite en 
devra être attribué. H. L. 

(1) L'escalier conduisait donc jusque dans l'at- 
tique ou tambour du dôme. 



LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 15 

cr architecte du royaume, ni géomètre, n'osa le continuer. Boullet, maistre maçon, 

rr fut le seul qui se vanta d'avoir retrouvé le Irait du deffunt; sur cela Henri IV lui 
«en ayant abandonné la conduite, tout ce qu'il a fait a (''lé de finir de mauvaise 
cr grâce le miracle de la coupe des pierres. Ce merveilleux chef-d'œuvre a donné 
rc lieu à quantités de fables que je laisse là C; tout ce que je puis dire est que, si cet 
cr escalier avoit été fait dans un siècle plus éloigné de nous, on nous feroit accroire 
«que quelque fée ou sorcier l'auroit bâti. 

crll y en a qui prétendent que, si ce grand géomètre (<le l'Orme) eût vécu da- 
vantage, il auroit rehaussé de plus de tours et retours, de plis et replis une élipse 
tr si gentille et si industrieuse, bien loin de la finir ni si court, ni si roide, ni de 
cr si mauvaise grâce; que toutes les marches en eussent été douces et tournantes de 
refond en comble, et, enfin, qu'il l'auroit l'ail régner jusque dans le dôme. D'au- 
fftres, au contraire, veulent que jamais de l'Orme n'auroit continué les marches 
crjusques dans le dôme, qu'il s'en seroit bien donné de garde; qu'autrement l'en- 
te trée auroit été semblable à celle d'une trappe et d'un cabaret borgne®. •» 



Les deux architectes qui dirigèrent la construction des Tuileries, du temps de Le« 

Catherine de Médicis, furent Philibert de l'Orme et Jean Bullant. commencements 

Philibert de l'Orme' 3 ', teLyonnois,n ainsi qu'il se qualifie lui-même, est né en 
1 5 1 5 ou à peu près, car, dans la préface de son traité d'Architecture, publié en 
î 5Gy, il est dit : tr Je vous advertiray que depuis trente-cinq ans en çà et plus, j'ai 
et observé en divers lieux que la meilleure partie de ceux qui ont faict ou faict 



(1) Voici un des récits auxquels Sauvai fait allu- 
sion; nous le trouvons dans le Supplément à l'his- 
toire du Beauvoisis , de Simon (II e part. p. 121): 
ffOn prétend (pie l'un des Vaast (les Vaast étaient 
ffdes architectes deBeauvais), ayant été travailler 
ira Paris, sous Philibert de l'Orme, qui avoit ap- 
«• porté les plus beaux desseins d'Italie, et qui avoit 
«■ entrepris le grand escalier des Thuilleries, en 
« ovale, à noyau vuide de trois toises sur le grand 
cr diamètre, et de deux sur le petit, voyant son maître 
ff embarrassé, il luy montra le moyen d'en venir à 
rrbout, et que le maître fui obligé de lui en aban- 
donner la conduite; ce qui ne fît pas d'honneur au 
rr maître, plusieurs personnes ayant sçu que l'hon- 
irneur étoit dû à l'appareilleur ; et de l'Orme croyant 
« pouvoir s'en passer et achever l'ouvrage sur le 
«dessein que Vaast avoit tracé dans la salle des 
ff Gardes, où il passa une partie de la nuit à effo- 
rcer son trait et se sauva aussitôt, ce qui fut cause 
«que le reste n'approcha pas du premier des- 
<rsein, ny pour la beauté, ny pour la commodité. 
r-Il alla de là faire la belle voûte qui est en l'église 



«de Meignclay.11 On a également attribué l'escalier 
des Tuileries à un des Métezeau. Les haines que 
de l'Orme fil naître par son caractère orgueilleux 
sont peut-être la seule source des bruits mal- 
veillants répandus à l'occasion de l'escalier des Tui- 
leries. 

T. II, p. 54. 
( !) Telle est la véritable orthographe de son nom , 
qu'on a le tort aujourd'hui d'écrire en un seul mot. 
Les ascendants de de l'Orme ne sont pas connus. 
Callet (Notice sur la vie et les ouvrages de quelques 
architectes français) eu fait le fils d'un entrepre- 
neur de travaux publics; c'est une pure inven- 
tion; mais il y a grande apparence que de l'Orme 
appartenait à une famille de constructeurs. Il était 
probablement le parent de Pierre el de Toussainl 
de l'Orme, maîtres maçons qui travaillèrent au 
château de Gaillon, dans les premières années 
du XVI* siècle, et dont les noms figurent dans 1rs 
comptes publiés par M. Deville. A cette époque, In 
même profession se perpétuait fréquemment dans 
les familles. 



16 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

rr faire bastiment, etc. n Ce passage établit que de l'Orme commença ses premières 
études artistiques vers i53o au plus tard. Or, à l'âge de quinze ans, assure-t-il, il 
commandait déjà à trois cents ouvriers W, et certainement alors il ne pouvait être 
qu'à son début dans la carrière. La conclusion forcée, c'est que, comme nous ve- 
nons de le dire, la date de 1 5 1 5 est infailliblement, à quelques mois près, celle 
de sa naissance. 

De l'Orme est authentiquement du nombre de ces artistes français du xvi e siècle 
qui allèrent en Italie étudier les éléments de l'art antique. Il l'affirme en maint 
endroit de ses livres, et dans l'un d'eux il raconte même comment il s'attira, par 
son ardeur au travail, les sympathies d'un puissant prélat : «Estant à Rome, dit- 
rril, du temps de ma grande jeunesse, je mesurois les édifices et antiquitez, selon 
«la toise et pied de roy, ainsi qu'on faict en France. Advint un jour que, mesu- 
re rant l'arc triumphant de Saincte-Marie-Nove, comme plusieurs cardinaux et sei- 
cegneurs, se pourmenans, visitoient les vestiges des antiquitez et passoient par le 
rr lieu où j'estois, le cardinal de Sainte-Croix (lors simple évesque seulement, 
rrmais, depuis, cardinal et pape sous le nom de Marcel, homme très-docte en di- 
ff verses sciences, et mesme en l'architecture, en laquelle pour lors il prenoit grand 
rr plaisir, voire jusqu'à en ordonner et faire desseings et modelles, ainsi que puis 
rr après il me le montra en son palais) dit en son langage romain qu'il me vouloit 
rr cognoistre , pour autant qu'il m'avoit veu et trouvé plusieurs fois mesurant divers 
rr édifices antiques, ainsi que je faisois ordinairement avec grand labeur, frais et 
rrdespens, selon ma petite portée, tant pour les eschelles et cordages que pour 
rr faire fouiller les fondemens à fin de les cognoistre; ce que je ne pouvois faire sans 
rr quelque nombre d'hommes qui me suivoient, les uns pour gagner deux jules ou 
«carlins le jour, les autres pour apprendre, comme estoient ouvriers, menuisiers, 
rrscarpelins ou sculpteurs et semblables, qui désiroient cognoistre comme je faisois 
« et participer du fruict de ce que je mesurois ®. n Marcel Cervino, qui fut élu 

(1) rtCe que je cognois eu moy, qui de jour en tions, fol. 35 r .)' Il répèle l'assertion dans unmé- 

rrjour expérimente, trouve et excogite de nouvelles moire manuscrit où nous puisons divers de'tails de 

rr inventions , m'estant emploie etaddonné, dès ma sa vie. 

n- première jeunesse , à tousjours chercher les plus (2) Architecture, fol. 1 3 1 r". La suite de ce pas- 

rrdocles en géométrie et autres sciences requises à sage n'est pas sans intérêt: rr Laquelle chose donnoit 

tr l'architecture, qui fussent en Europe, et visitant rr plaisir audict seigneur cardinal; voire si grand 

rr les excellentes antiquitez et d'icelles prenant ex- rr qu'il me pria, estant avec un gentilhomme romain 

rr traietz , mesures et proportions , pour l'illustration rr qu'on nommoit misser Vicencio Rolholano , logeant 

rrde l'architecture. En quoy, par la grâce de Dieu, rrpour lors au palais de Saint-Marc, que je les 

rrj'ay tant hien procédé et prospéré que j'ay ordonné rr voulusse aller voir, ce que je leur accorday très 

r-et faict construire temples, chasleaux, palais et «voluntiers. Ledict seigneur Rotholano, homme 

rr maisons par vray art d'architecture en divers lieux, "fort docte aux lettres et en l'architecture, prenoit 

fret tant pour roys, princes, cardinaux qu'autres, rr grandissime plaisir à ce que je faisois, et pour ceste 

nvoire dèsl'eage de quinze ans , auquel temps je com- rrcause me monslroit, comme aussi ledict seigneur 

rrmençay avoir charge et commander tous les jours rr cardinal, grand signe d'amitié. Bref, après avoir 

?à plus de trois cents hommes. •» (Nouvelles inven- rr discouru avec eux de plusieurs choses d'architec- 



LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 17 

pape en 1 555, n'avait été promu à la dignité épiscopale qu'en i53/i, à l'avéne- 
ment du pape Paul III. En i536, il accompagna le cardinal Farnèse, légat du 
Saint-Siège, en France et dans les Pays-Bas, et, lui ayant succédé dans ses fonc- 
tions, il ne revint pas avant i53o, se fixer à Home, où l'attendait le chapeau de 
cardinal au titre de Sainte-Croix de Jérusalem. Sa rencontre avec de l'Orme re- 
monte donc à la fin de 1 536 ou à 1 535. D'après notre calcul, celui-ci avait alors 
une vingtaine d'années; il était ainsi dans sa ta première jeunesse, n ayant néan- 
moins atteint un âge où l'on est apte à faire de sérieuses études, ce qui lui eût 
été impossible s'il fut né vers i52o. Il était même capable de faire plus que des 
études, puisque, entré rrau service du pape Paullc,T> il avait (tune belle charge à 
rc Saint-Martin dello Bosco, à la Callabre,» ainsi qu'il le rapporte dans le curieux 
mémoire dont nous donnons le texte à la fin de ce volume. On sait aussi par lui 
qu'en î 536 il habitait de nouveau sa ville natale; car, parlant de trompes qu'il 
avait fait construire dans la rue de la Juiverie, à Lyon, il dit : rr Je fis faire tel 
« œuvre l'an i536, à mon retour de Rome et voyage d'Italie, lequel j'avois entrepris 
rrpour la poursuite de mes estudes et inventions pour l'architecture (1) . n 



Ce furent Guillaume Du Bellay et son frère Jean, le cardinal, qui, suivant l'ex- 
pression de Pli. de l'Orme, le cr débauchairent r> du service pontifical, et le firent 
revenir en France, où il semble qu'il choisit d'abord Lyon pour résidence. Vers 
1 5 62, il y commença le portail de l'église Saint-Nizier, qu'il n'acheva point, parce 
que, selon d'Argenville, qui ne cite pas d'autorité, le cardinal Du Bellay l'aurait 
attiré à Paris pour lui confier la construction de son château de Saint-Maur. Son 
admission parmi les officiers de la couronne eut lieu sans doute par la même 
influence, mais à une époque que nous ne pouvons exactement fixer. Nous savons 
toutefois que, dans la première moitié de l'année i5/t6( 2) , de l'Orme, chargé de 
visiter «tous les ans par deux foys toute la coste et forteresse de Bretaigne,n sauva 
la ville de Brest d'une attaque imminente des Anglais, exploit dont il fait un court 
récit dans son mémoire. Or cette locution, «je visitoys tous les ans par deux 
<t fois , etc. ri dénote qu'il était commissionné du Boi depuis plusieurs années. On 
observera que ses premières fonctions publiques furent moins celles d'un architecte 
que celles d'un ingénieur et d'un commis aux armements : ainsi aller crveoir des 



Philibert de l'Onni 

à Lyon. ( i51î.) 



* (ure et entendu d'où j'eslois, ils nie prièrent de re- 
r chef de les visiter souvent audict palais, ce que je 
"•fis. Auquel lien ils me conseillèrent, entre autres 
h choses (après avoir cogneu la despense que je fai- 
rrsois pour cerclier les antiquitez et retirer toutes 
it choses rares et exquises en Fart d'architecture), que 
fje ne mesurasse plus lesdicles antiquitez selon le 
f-pied de France, qui estoit le pied de roy. pour au- 
tant qu'il ne se trouverait si à propos que le palme 



rr romain, suyvant lequel on pouvoit fort bien juger 
rrdes anciens édifices, qui avoient esté conduicts 
rravec iceluy plustost que avec autres mesures, et si- 
rrgnamment avec le pied antique; me donnans lors 
fret l'un et l'autre avec les mesures, longueurs et divi- 
r-sions... D'avantage, ils m'enseignèrent les lieux où je 
ries Irouvay insculpées en un marbre fort antique. * 
Architecture, fol. 90 v". 
(2) La paix fut signée au mois de juin 1 546. 

3 



18 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

r galHons que l'on faisoyt au Havre de Grâce, et visiter les navyres qui estoyent 
te à la coste de Normandie, arrester diligemment des vivres comme lardz, sutres et 
ce biscuitz, bray et goteron, cordaiges et aultres équipaiges, pour pourter au camp 
ce de Boulongne W, n ce sont là des services n'ayant rien d'artistique. Au reste, de 
Philibert de rorme l'Orme dit expressément qu'il eut la charge de ce fortifier à la guerre, v et qu'il fut 
ce capitaine en chief et fermé, n c'est-à-dire assiégé, ce plusieurs fois, n II est fâcheux 
qu'il n'indique point si ces derniers épisodes de sa vie s'accomplirent en France ou 
en Italie (2 l Au xvi e siècle, l'Italie était regardée comme le pays le plus savant dans 
l'art poliorcétique, et les architectes y étudiaient volontiers à la fois les ordres 
antiques, la structure des vaisseaux et le tracé des bastions. Cette circonstance et 
les nouveaux procédés de construction qu'il rapportait de ses voyages durent 
être les principales raisons qui recommandèrent de l'Orme, quand il fut préposé 
aux fonctions dont il nous apparaît d'abord revêtu. Il les exerça à Brest, Saint- 
Malo, Goncarneau, Mantes (3) , et en d'autres lieux de Bretagne et de Normandie, où 
il eut l'occasion de signaler les plus scandaleux abus et d'y mettre ordre, non sans 
se créer de nombreux ennemis. Des lettres patentes du 3 février i55fi le nom- 
mèrent cemaistre architecte et conducteur général n des cebastimens et édifices, 
ce ouvraiges et fortifications d du duché de Bretagne ; mais il était alors trop occupé 
pour remplir convenablement ces fonctions, qu'il ne garda que peu de temps. 

Philibert de rorme Un procès-verbal de visite, du 29 janvier i5/i8 (15/19 n - s -)' désigne Phili- 

architecte du Roi. _ . , , . 

(i548.) bert de 1 Orme comme étant alors et architecte du lloy. n Nous ne savons si tel était 
son titre du temps de François I er , mais il le possédait dès le commencement du 
règne de Henri II, qui, à la date du 3 avril i5/i8, par lettres d'office données à 
Fontainebleau (4 ', nomma de l'Orme inspecteur des bâtiments royaux de Fontaine- 
bleau, Saint-Germain, etc. en d'autres termes, surintendant des bâtiments de la 
couronne. Tout montre qu'à partir de ce moment il fut constamment l'architecte 
préféré de Henri II et celui de Diane de Poitiers, pour laquelle il fit d'importants 
travaux. Cette haute protection devait lui valoir et lui valut effectivement une foule 
de faveurs; mais la médisance se plut, dans la suite, à en exagérer beaucoup l'im- 
portance, car elle répandit le bruit que les bénéfices qui avaient été conférés à de 
l'Orme formaient un revenu de vingt mille livres, et ce revenu ne montait qu'à six 
mille, d'après le compte qu'il en donne, à la vérité sans y comprendre les émo- 
luments de certaines charges dont il recueillait des avantages notables. Ses béné- 
fices n'étaient d'ailleurs qu'une juste rémunération de ses travaux, et une indem- 
nité pour les dépenses élevées qui lui incombaient. Il dit à ce propos : crL'on ne 

(1) Ce camp doit être celui du maréchal Du Biez, il ne pouvait être âgé de beaucoup plus de vingt 

qui assiégeait Boulogne en 1 5 A 5 . ans. 

(5) Il serait très-difficile de croire que ce fut en (1) Voir l'appendice VI. 

Italie, puisque, lorsqu'il revint de celle contrée, (,) Comptes des bâtiments royaux , p. 161 et 1 05. 



LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MKDICIS. 



19 



trme donna jamais estai et gaiges, ne pensions, ny aultre don (|iie ce soit; et ay 
rr toujours mené dix ou douze chevaulx, et estoyent ordinairement sur les champs 
«suivant le commandement <|ue me faisoit le feu Roy (Henri II) et ceux qui me 
«commandoyent; et tenoys maison partout où je me trouvoys, tant au\ cappi- 
tttaynes, concierges,. contrerolleurs et m cs maçons, charpentiers <'t aultres; tous 
ccmangeoyent à mon logis, à mes propres despens, sansqu'ilz payassent, ne moings 
trme faire présent de la valleur d'une seule maille. Oultre plus, tous les modelles 
trque je faisoys faire, tant pour le service du Roy (pie de ceulx qui estoient auprès 
rde luy, Ton ne m'en payoit pas ung denier, et si jeu ay faict tel qui a cousté 
rr deux ou troys cens escuz. n 



En 1 5 68 , de l'Orme étaitdéjà conseiller et aumônier ordinaire du Roi; de i 55G 
à î 55-j, il fut aussi pourvu d'un office de maître des comptes W. La première abbaye 
qu'on lui donna en commende fut celle de Généton ®, en Bretagne, dont le revenu 
ne montait qu'à trois cents livres; il eut ensuite celle de Saint-Barthélemy-lez- 
Noyon, qui rapportait mille sept cents livres, et dont il fit prendre possession par 
un nommé Guillaume Longue-Epée, auquel il donna sa procuration pour cela, 
le 21 août i5/i8. En i56o, il soutint contre ses moines un procès au sujet des 
revenus conventuels : il s'opposait à ce qu'on en prît le tiers dans le dessein de 
réédifier les bâtiments du monastère, que le gouverneur de Noyon avait fait entiè- 
rement raser en i55y, afin de mieux défendre la ville. De l'Orme perdit son pro- 
cès, dont les moines lui gardèrent toujours rancune, et, en 1 56 1 , on commença 
à rebâtir l'abbaye, sur un pignon de laquelle ses armes furent sculptées. 



Philibert de l'Orme 
abbé commeodatairc 

(iS'.X.) 
Ses armoiries. 




Le cartulaire de Saint-Barthélémy nous apprend que ces armes étaient d'ar- 
gent à un ovine accompagné de deux tours de sinople, et l'on y fait observer qu elles 
auraient dû être elïacées, attendu que de l'Orme n'avait aucunement contribué 
à la dépense ®. De l'Orme resta jusqu'à sa mort abbé de Saint-Barthélémy, et en 



(1) Inventaire du Mémorial XX de la Chambre 
des comptes, p. sa; Arch. de l'Emp. reg. PP 119. 

;2 > L'abbaye de Généton ou Geneston, dont il 
n'est point question dans le Gallia, était située, dit 
M.B.Fillon. sur les contins de la Bretagne et du Poitou. 



'' Bibl. imp. cart. n" 28A. — Il est probable que 
les armes de Pli. de l'Orme comprenaient une crosse 
en pal , ou autrement: mais, comme ce détail n'est 
point indiqué dans le passage du manuscrit, on n'en 
a pas tenu compte sur le dessin. 

3. 



20 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

outre de Saint-Éloy-lez-Noyon (1) , bénéfice dont il disposait dès 1 555, mais qu'il 
ne mentionne point dans son mémoire manuscrit. Quant à l'abbaye d'Ivry ( 2) , située 
au diocèse d'Évreux, dont le revenu était de treize cents livres par an, il l'obtint 
également en i5/i8, et en rendit hommage au Roi le 6 octobre 1 56g ; il avait 
dû la disputer à un concurrent, le prieur Edmond Maillard, qui fut évincé de 
ses prétentions par sentence du 18 janvier 15/19. D'après le Gallia christiana, 
auquel nous empruntons ces détails (3) , de l'Orme fit faire dans l'église du cou- 
vent des stalles qu'il décora de ses armoiries, et qui malheureusement n'existent 
plus. En 1 553, il vendit la dîme de la forêt d'Ivry, propriété du monastère, à la 
duchesse de Valentinois, et, en 1 5 60, il renonça, en faveur de Jacques de Poitiers, 
frère de cette dernière, à l'abbaye même, sur laquelle il rappelle orgueilleusement, 
en tête des trois premiers livres de son second ouvrage, qu'il avait crnaguèresn 
exercé son autorité. L'abbaye de Saint- Serge -lez -Angers, qui valait deux mille 
sept cents livres de rente, récompensa de l'Orme de sa soumission aux volontés 
de sa puissante protectrice, et le titre d'abbé de Saint-Serge, le dernier qu'il dut 
à la générosité de Henri II, fut celui qu'il se donnait le plus ordinairement dans 
les derniers temps de sa vie. Il en avait un autre encore, car il fut aussi chanoine 
de Notre-Dame de Paris, en compagnie de son célèbre collègue Pierre Lescot. 
Il avait fait signifier au Chapitre ses lettres de collation , émanées du cardinal Jean 
Du Bellay, et demandé à prêter serment, le mercredi 3 septembre i55o, puis 
il avait été installé le vendredi suivant. Dans les procès-verbaux des assemblées 
capitulaires, son nom apparaît pour la première fois^ à la date du 1 2 janvier 
i55o (v. s.), et il figure dans la liste des chanoines du commencement de l'année 
1 55 1 ; mais, chose assez singulière, il ne se trouve plus sur celle de 1 552, ni 
sur les suivantes pendant une dizaine d'années; il revient, au contraire, au bas 
d'une délibération du 1 7 novembre 1 56 1 , et très-souvent après. 

Disgrâce Dans les arts, plus que partout ailleurs, le succès, même légitime, fait naître 

ci. • Philibert de l'Orme. , . i , > V i -Tvl'rv '/ 1 -v r 

(1559.) des envieux, cest-a-dire des ennemis. De 1 Urme n échappa point a cette tata- 

anteries .. , • . r t~i 1 1 1 *'i p i 

de iite m a ses conséquence. Probablement aussi il ne lut point exempt de torts, 

et il mérita qu'on l'accusât de fierté et de morgue. Il laisse voir assez complai- 
samment dans ses ouvrages la haute opinion qu'il avait de son propre mérite; 
on peut croire qu'elle se traduisit plus d'une fois en actes blessants pour ceux 
avec lesquels il était en relation. A propos de la roideur qu'on lui prête, on a 

' La bulle par laquelle de l'Orme fut investi de (2) Le lieu s'appelle maintenant Irry-la-Bataille , 

l'abbaye de Saint-Éloy-lez-Noyon a été retrouvée à cause du combat où, en 1690, Henri IV défit 

par M. L. Delisle; elle est datée du mois de sep- l'armée de la Ligue. 

lembre, ou peut-être du mois d'août i553. De (,) T. VII, col. 8/17 et 1119; t. XI, col. 654. 

l'Orme y est qualifié clerc du diocèse de Lyon et (,) Arcb. de l'Emp. reg. LL 25o, p. 107, 109, 

bachelier en décrets. 200. 



Plaisanter! 

de 

Ronsard 



LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. ï>t 

souvent invoqué l'anecdote suivante, que nous rapporterons dans les termes 
employés par le premier qui l'a racontée, et dont on ne cite jamais que les co- 
pistes : «En une autre satyre, •» dit Binet, dans sa biographie de Ronsard, satire 
que celui-ci ccappeloit la Truelle crossée^, blasmant le Roy de ce que les bénéfices 
rrse donnoient à des maçons et autres plus viles personnes, où particulièrement il 
«taxe un de l'Orme, architecte des Tuilleries, qui avoit obtenu l'abbaye de Livry 
ff(d'Ivry), et duquel se trouve un livre non impertinent d'architecture. Et ne sera 
«hors de propos de remarquer icy la mal-vncillance de cest abbé, qui, pour s'en 
«r venger, fit un jour fermer l'entrée des Tuilleries à Ronsard, qui suivoit la Royne 
et mère; mais Ronsard, qui estoit assez picquant et mordant quand il vouloit, à 
tf l'instant lit crayonner sur la porte, que le sieur de Sarlan lui fit aussitost ouvrir, 
et ces mots en lettres capitales : fort, révèrent, habe. Au retour, la Royne voyant cest 
« escrit, en présence des doctes hommes et de l'abbé de Livry mesme, voulu sça- 
trvoir que c estoit et l'occasion. Ronsard en fut l'interprète, après que de l'Orme 
erse fut plaint que cet escrit le taxoit : car Ronsard lui dit qu'il accordoit que, par 
ce une douce ironie, il prisl cette inscription pour luy, la lisant en françoys; mais 
cr qu'elle luy convenoit encore mieux, la lisant en latin, remarquant par icelle les 
r premiers mots raccourcis d'un épigramme d'Ausone, qui commence Fortunam re- 
«verenter liabe^, le renvoyant pour apprendre à respecter sa première et vile for- 
et tune et ne fermer la bouche aux Muses. La Royne aida Ronsard à se venger, 
«car elle tança aigrement l'abbé de Livry après quelque risée, et dit tout haut 
«que les Tuilleries estoient dédiées aux Muses ®.n Cette anecdote, a-t-on récem- 
ment objecté, doit être réputée d'autant plus suspecte qu'il n'est pas vrai que de 
l'Orme ignorât le latin. S'il est présumable que de l'Orme fut lettré, on n'en peut 
rien conclure quant à l'authenticité de l'anecdote : présentés sous la forme tron- 
quée que leur avait donnée Ronsard, les trois premiers mots du distique d'Au- 
sone n'éveillaient point l'idée d'un texte latin à compléter et à traduire, mais 
ils avaient été choisis pour égarer celui qui chercherait à les interpréter. Les vers 
que nous citons au renvoi établissent subsidiairement, et d'une manière formelle, 



(1) Ce poème n'est point connu et n'a probable- 
ment pas été imprimé. Tout ce que nous avons 
trouvé, dans les écrits de Ronsard, qui ail trait à de 
l'Orme, ce sont les quatre vers suivants, extraits 
d'une épîlre adressée à Charles IX : 

J*ay veu trop de maçons 
Bastir les Tuileries, 
Et en trop de façons 
Faire les momeries. 

(Œuvres inéditei de Ronsard, par P. Blanchemain, p. 139.) 

De l'Orme a été mieux traité par un de ses con- 
temporains, dont l'esprit, certes, valait celui de 
Ronsard. A l'occasion des machines de guerre em- 



ployées par les anciens, Rabelais déclare que le sys- 
tème en était mal compris fdes ingénieux archi- 
tectes disciples de Vitruve, comme nous ha con- 
r fessé, dit-il, messer Philibert de l'Orme, grand 
r architecte du roi Mégisle. » [Pantagruel, liv. IV, 
ch. LXI.) 

,J| Forlunam reverenler habe, quicumqne repente 
Dives ab exili progrediere loco. 

(3) OEuires de Ronsard, édit. de 1600. p. 1 lô.'i. 
L'anecdote de Ronsard a été répétée d'innombrables 
fois, et on la trouve déjà dans les Antiquités de la 
chapelle du Roy, de Guillaume du Peyrat (p. 20A), 
ouvrage publié en i645. 



22 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

le peu de sympathie du poëte pour l'architecte des Tuileries. L'aventure de Ron- 
sard n'est point non plus la seule preuve de l'orgueil qui gonflait le cœur de de 
l'Orme, car, il est impossible de le méconnaître, c'est à lui que Bernard Palissy 
fait allusion, lorsqu'il met dans la bouche de Pracliqite ces paroles : ce Aussy je sçay 
rr qu'il y a eu de nostre temps un architecte françois qui se faisoit quasi appeler 
rr le Dieu des maçons ou architectes, et d'autant qu'il possédoit vint mil en béné- 
rrfices, et qu'il se scavoit bien accomoder à la cour; il advint quelquefois qu'il se 
rr vanta de faire monter l'eau tant haut qu'il voudroit, par le moyen des pompes ou 
rr machines, et par telle jactance incita un grand seigneur à vouloir faire monter 
rr l'eau dune rivière en un haut jardin qu'il avoit près ladite rivière W. n 

La bienveillance de Henri II était le principal appui de de l'Orme et mainte- 
nait en échec ses ennemis; ils ne perdirent point un instant pour assurer le succès 
de leur vengeance, aussitôt que l'occasion s'en offrit. En effet, deux jours seu- 
lement après la mort du Roi, le 12 juillet i55o,, des lettres patentes dépossédè- 
rent de l'Orme de sa charge d'inspecteur des bâtiments royaux au profit du Pri- 
matice ®, qui avait été sans doute l'âme de toutes les intrigues tramées contre lui. 
De l'Orme nous fait connaître les accusations dont il fut l'objet; on ne se borna 
pas à nier son talent, on fit plus, on révoqua en doute sa probité; il fut rr accusé 
rrde plusieurs infamyes dont j'ai esté, dit-il, trouvé innocent, et m'a-t-on fait 

fteouster tout ce que j'avoys jamays acquis d Je fus crdepesché et calom- 

cenié. . . avec une infinité de mensonges voire jusques à estre de telle sorte 

tr rendu suspect, comme si je dérobois les deniers et faisois mon profit de toutes 
ff choses. Mais je ne m'en suis pas beaucoup soucié, m'asseurant qu'il ne m'en 
rr pourroit venir aucun dommage, pour n'avoir jamais manié aucuns deniers, sinon 
rr ceux qu'il a pieu à Dieu me donner, et aussi cognoissant que tel travail m'adve- 
rrnoit par la permission de Dieu et pour les offenses que je fais journellement 
rr contre la saincte divinité ( 3 ), etc. -n De l'Orme s'exprimait ainsi vers i566, à une 
époque où les nuages amoncelés sur sa tête s'étaient dissipés, et où il avait recou- 
vré une partie de son influence. Dans son premier ouvrage, écrit vers i56o, au 
moment où ses contrariétés étaient dans toute leur vivacité, il manifeste encore 
plus d'amertume, et, parlant d'une de ses inventions, il affirme qu'il en démon- 
trera la réalité, rrs'il plaist à Dieu, dit-il, me donner l'esprit plus libre, et me 
rr mettre hors de tous ennuicts et traverses que l'on m'a donné depuis le trespas du 
rrfeu roy Henry, mon très-souverain et bon maistre (4) . ■» Plus loin, dans un accès 
de misanthropie, il s'écrie : Je n'ai rraujourd'huy autre chose en délibération que 

(1) Discours admirables, chap. des Eaux et/on- fait, on le voit, l'écho du bruit relatif aux vingt mille 

laines, p. 1 38 de l'édition de M. Cap. — Les Dis- livres de rente de de l'Orme. 
cours ont été publiés en i58o, et de l'Orme était (2) Comptes des bâtiments royaux, p. 333. 

mort alors ; mais Palissy, qui avait travaillé aux Tui- (i) Architecture, fol. 281 v°. 

leries de son temps, devait bien le connaître. Il se (1) Nouvelles inventions, fol. 35 r" et 38 v°. 



LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 23 

rr cheminer en nia simplicité et nie cacher le plus que je puis des hommes, pour 
ravoir mieux la commodité de poursuivre mes études d'architecture, et signamment 
tcvacquer à l'escriture sainte, à laquelle je me suis du tout addonné.v 

Les sentiments de piété qui animaient de l'Orme atténuèrent peut-être, mais 
n'effacèrent jamais le souvenir des peines qu'on lui avaient suscitées. Ce souvenir 
était sans cesse présent à son esprit lorsqu'il rédigea son traité d'Architecture, 
et lui a inspiré une foule d'allusions. 11 est aisé de reconnaître, par plusieurs pas- 
sages de son livre, que le personnel delà cabale dont il lut victime se composait, 
à ses yeux au moins, d'incapacités présomptueuses et de médiocrités routinières, 
activement soutenues par des commis peu intègres, qui n'aimaient point à voir 
exposer leurs manœuvres au grand jour. De l'Orme signalle les te contrerolleurs, u 
qui exploitaient les ouvriers, tout en trahissant la confiance de leurs maîtres; il 
dévoile ces commissaires qui, craux grandes -eut repriuses qui se l'ont pour les roys, 
rr princes et grands seigneurs. . . promettent sçavoir tout faire et estre les meil- 
rr leurs mesnagers qu'il est possible de penser, mais le plus souvent. . . n'y enlen- 
redent comme rien, n et rr ne cessent de médire des architectes envers les seigneurs, 
«afin qu'ils se fient plustôt à eux que ausdits architectes; n mais il s'attache sur- 
tout, et avec une persistance rancunière, à faire justice des et donneurs de portraits 
ce (plans) et faiseurs de desseins, dont la plupart n'en sçauroit Lien trasser ou 
rr décrire aucun, si ce n'est par l'axyde et moyen des peinctres, qui les sçavcnt plus- 
rr tost bien farder, laver, ombrager et colorer, que bien faire et ordonner avecques 
rr toutes leurs mesures :n abus d'où découle cet autre, rr qu'après que les maistres 
r* maçons ont fait entendre ce qu'ils peuvent aux peintres, pour en faire leurs 
rrportraicts, les dicts peintres se promettent incontinent estre grands architectes . . . 
rr et sont si présumptueux qu'ils veulent entreprendre les œuvres de maçonnerie, 
rr comme aussi font aucuns menuysiers et tailleurs d'image W. u On conçoit sans 
peine que l'homme consommé dans le métier, auquel Le Primatice avait réussi 
à se substituer dans la charge d'inspecteur des bâtiments, ("prouvât une vio- 
lente aversion contre les peintres qui se mêlaient d'architecture, matière sur la- 
quelle, à son avis, ils n'étaient pas plus forts que des notaires'-). De l'Orme les 
haïssait si cordialement, eux et les autres intrus dans son art, que, pour se don- 
ner le plaisir de les bafouer, il oublia sa gravité habituelle et descendit jusqu'à 
la caricature. En opposition au portrait du véritable architecte, il donna la charge 
graphique du faux, qu'il représente sans yeux, sans nez et sans oreilles, mais avec 
r une bouche pour bien babiller et mesdire, et un bonnet de sage, avecques l'ha- 

(I) Architecture, fol. 21 v". r-accoustumé de l'aire, ou bien à quelque peintre , 

!) «Et si par fortune ils (ceux qui voulaient faire «quelque notaire el autres, qui se disent l'oit habiles, 

rr bâtir) demandoient à quelques-uns l'advis de leur r-et le plus souvent n'ont guères meilleur jugement 

rr délibération et entreprinse, c'esloil à un maislre rret conseil que ceux qui le leur demandent.» ( ir~ 

rr maçon ou à un maistre charpentier, comme l'on a chitecture, fol. G r°.) 



24 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

rr bit de mesme, pour contrefaire un grand docteur et tenir bonne mine, n Le faux 
architecte est aussi figuré sans mains, rrpour monstrer que ceux qu'il représente 
rr ne sçauroient rien faire, n et il a l'air effort eschauffé et hasté comme s'il couroit 
rr à grand peine et trouvoit quelques testes de bœuf seiches en son chemin (qui 
rr signifient gros et lourd esprit) avecques plusieurs pierres qui le font chopper 
rr et buissons qui retiennent sa robe W. n La caricature du faux architecte et le 
portrait du vrai, gratifié d'une multiplicité fort anormale d'organes, sont assuré- 
ment l'une des curiosités du traité d'Architecture. 

jugement porté Plus on recueille d'indices sur la vie de Philibert de l'Orme , plus on est convaincu 

Philibert do iOrnic. qu'il avait véritablement la passion de son art. Curieux de ces rr inventions si belles, 
rrqui se treuvent par les mathématicques,n il dépensait force argent à faire des 
modèles, entretenait cinq neveux à étudier l'architecture, et même rr plusieurs 
rr hommes doctes, n qu'il soutenait tant par des bénéfices qu'il leur faisait obtenir 
que de ses propres ressources. Depuis son adolescence jusqu'à sa mort, c'est-à- 
dire pendant une période d'environ quarante années, sa vie ayant été rcaultant 
rrlabourieuse que homme que ayés jamais congneu,n et sa position officielle ai- 
dant, il a dû considérablement bâtir; un catalogue complet de ses œuvres n'en 
est que plus difficile à dresser. Heureusement il désigne lui-même les édifices les 
plus importants dont il fut l'architecte, et en fait connaître un certain nombre, 
d'ordre secondaire, qui furent également élevés sous sa direction. En y joignant 
ceux dont on trouve des mentions éparses, nous avons pu donner ailleurs (2) une 
liste comprenant la très-grande majorité de ses travaux. 

La plupart des édifices bâtis par de l'Orme sont détruits, et l'on n'en a qu'une 
idée insuffisante. Pour ceux qui subsistent encore, ils ont presque tous subi des 
modifications considérables; on ne possède donc pas les moyens de se former, sur 
le talent artistique de de l'Orme, une opinion parfaitement motivée. On en voit 
assez cependant pour reconnaître sans hésitation qu'au point de vue du goût et de 
l'invention, de l'art en un mot, il était inférieur à plusieurs de ses contemporains. 
Ainsi, et sans le comparer aux maîtres si merveilleusement doués de la première 
P»enaissance , sous le rapport de l'imagination, il ne saurait être égalé à Jacques 
Androuet; sous le rapport de la pureté du style, à Pierre Lescot; sous le rapport 
de la science d'agencement, à Jean Bullant et autres. Ayant absolument rompu 
avec la tradition gothique, toujours plein du souvenir des monuments romains 
qu'il avait étudiés en Italie, et qui constituaient pour lui rr la vraye architecture, n 
de l'Orme, visant sans cesse à la majesté, n'atteignit souvent que la lourdeur. D'un 
autre côté, trop préoccupé de la recherche d'une beauté rationnelle qu'il deman- 

(1) Architecture, fol. 280 r°. nous avons publiée le château de Chenonceaux , 

!) Les grands architectes français de la Renais- qui , d'après des documents récemment découverts. 
sance, p. 20 et suiv. Il faut ajouter à la liste que a été en grande partie bàli par de l'Orme. 



LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 25 

dait plutôt au calcul qu'au sentiment, procédé pernicieux <[iii égare nécessaire- 
ment, il ne put éviter les bizarreries et même les gaucheries dans ses conceptions. 

Est-ce donc à dire qu'il soit indigne de la célébrité attachée à son nom? Rien ne 
serait moins vrai. De l'aven du juge le plus illustre, de Jean Goujon, de l'Orme 
lut regardé pendant sa vie connue un architecte éminentW; il méritera toujours 
d'être considéré comme tel, quelles que puissent être les variations du goût, parce 
que, à côté de ses études sur le style et la forme, il en a fait de considérables 
sur la construction, dont il a, le premier, révélé publiquement les principes en 
France. De grands progrès réalisés en technique, voilà le principal fleuron de la 
couronne de Philibert de l'Orme , et c'est sur le terrain de la science qu'il a vraiment 
dominé tous ses rivaux. A ce sujet d'ailleurs on peut se prononcer avec certi- 
tude, puisque les deux traités didactiques écrits par lui sont parvenus jusqu'à 
nous. Voici dans quelles circonstances il lut amené à rédiger le premier. 

Lorsqu'il était surintendant des bâtiments, ayant eu maintes fois l'occasion de 
constater qu'il devenait chaque jour plus dillicile, et partant plus dispendieux, de 
se procurer les énormes pièces de bois auxquelles on avait recours pour construire 
les combles à grande portée, il s'ingénia et réussit à y remédier par l'emploi de 
fermes composées d'une multitude de morceaux bien assemblés et maintenus par 
des clefs et des chevilles. «Sur quoy, raconte-t-il , il m'advint un jour d'en tou- 
ff cher quelque mot à la Majesté du feu Roy Henry, estant à table. Mais quoy? Les 
rf auditeurs et assistans, pour n'avoir ouy parler de si nouvelles choses et si grande 
ff invention, tout a un coup me recullèrent de mon dire, comme si j'eusse voulu 
refaire entendre au Roy quelques menteries. Voiant doneques faire un jugement 
«si soudain de ce qui n'estoit encores entendu, et que la Majesté du Roy pour lors 
cr ne disoit mot, je délibérayne plus rien mettre en avant de tels propos, conmiau- 
crdant de procéder aux bastimens comme l'on avoit accoustumé. Quelques temps 
tr après, la Royne mère délibéra faire couvrir un jeu de palmaille à son chasteau 
«de Monceaux, pour donner plaisir et contentement au Roy. Et voyant qu'on luy 
«en demandoit si grande somme d'argent, cela me feist reparler de ceste inven- 
te tion: et fut ladicte Dame seule cause que je la voulu esprouver. .. Doneques j'en 
«fis l'espreuve au chasteau de la Muette, ainsi que plusieurs ont veu et en autres 
«divers lieux, selon la façon que j'escris en ce présent livre. Laquelle espreuve se 
«trouva si belle et de si grande utilité, que lors chacun délibéra en faire son profit 
«et s'en aider, voire ceux qui l'avoient contredicte, mocquée et débattue. Laquelle 
«chose estant venue jusque aux oreilles de la Majesté dudict feu Roy, qui avoit veu 
«et grandement loué ladicte espreuve, il me commanda eu faire un livre pour estre 
«imprimé, afin que la façon fust intelligible à tous, pour la décoration de son 
tr royaume®, n L'ouvrage dont Henri II avait recommandé la publication ne fut 

(1) On se rappelle <pie, dans son épltre au leclciir (cilée 1. I, p. -jo8), Jean Goujon nomme avec, grand 
éloge de l'Orme en même temps <pie Lescot. — ■"' Nouvelles inventions, dans l'épitre au lecteur. 
h. k 



26 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

entièrement imprimé que plus de deux ans après sa mort, le 3o septembre i5Gi. 
11 est illustré de nombreuses gravures sur bois et divisé en deux livres. En tète 
se trouvent deux épîtres, lune au jeune roi Charles IX, l'autre au lecteur, puis 
une pièce de vers latins sur l'invention due à de l'Orme. Une seconde édition a 
été publiée en 1 676; le titre de la première est ainsi conçu : 

N0WELLES 
Livre de I Architecture 

,ie INVENTIONS POVR BIEN 

Pliiliborl de l'Orme. 

(,56 7 .) BASTIR ET APETITS FRAIZ, TROVVEES 

n'agueres par Philibert de L'orme 
Lyonois, Architecte, Con- 
seiller et Aulnionier ordi- 
naire du feu Roy Henry 
etAbbédeS'Eloy 
lez Noyon. 

APA11IS 

De l'Imprimerie de Federic Morel, rue S. Ieaii 

de Beauuais au franc Meurjer. 

M. D. LXI. 

Avec privilège du Roy. 

Dans le texte de son premier livre, de l'Orme annonça le projet d'un autre 
ouvrage beaucoup plus vaste, car il devait embrasser toutes les brandies de l'art 
de bâtir, et former une sorte d'encyclopédie architecturale rédigée sur un plan 
méthodique analogue à ceux de Vitruve et d'Alberti. Il aurait consisté en deux 
volumes; mais le premier seul, auquel l'auteur travaillait en i565 m , a été im- 
primé; il a paru en îBG^W, sous ce titre : 

LE 

PREMIER 

TOME DE L'AR- 

CIIITECTVRE DE 

PHILIBERT 

DE L'ORME C N - 
S E I L L I E R ET A V M S- 

nier ordinaire du Roy 

et Abbé de S. Serge 

lez Angiers. 

A PARIS 

Chez Federic Morel, rue 

S. Ieaii de Beauuais 

1 5C7 

AVEC PRIVILEGE 
D V 1! Y 

(1) r? Ainsi que nous le voyons en cesle présente année i5G5.n (Architecture , loi. -27.) — * L'impres- 
sion fut achevée le 27 août 1.567 ; quelques exemplaires portent la date de 1 5G8. 



TOPOGRAPHIE HISTORIQVE DV VIEVX PARIS 




A. Berl 



PORTRAIT DE PHILIBERT DE L'ORME 
Fac-similé réduit, d'après son Traité d'Architecture 



T. II, p, 



LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 21 

En 1626, il en a été fait chez Régnault Chaudières, rue Saint-Jacques, à 
L'Ecu-de-Florence , une seconde édition, à laquelle oui été ajoutés les doux livres 
des Nouvelles inventions. Une autre, absolument semblable, a encore été publiée 
à Rouen, en 1 64 8, par le libraire David Ferrand, «tenant sa boutique au bout de 
rrla rue du Bec, prés le palais. u 

Le premier volume de Y Architecture, qui commence par une épître dédicatoire 
à la Heine mère et par une épître aux lecteurs, renferme u\\ grand nombre de 
gravures sur Lois, parmi lesquelles un bon portrait de l'auteur, et se divise en 
neuf livres. Dans le premier, après quelques généralités, il est parlé des maté- 
riaux; dans le second, il est question des fondations; le troisième et le quatrième 
sont consacrés à la coupe des pierres; les cinquième, sixième, septième et hui- 
tième, aux ordres et à leur agencement, cl le neuvième, à la construction des che- 
minées. Comme plusieurs ouvrages contemporains, par exemple ceux de Bu liant et 
de Jean Martin, contiennent divers détails sur les ordres, ce qui offre le plus d'in- 
térêt dans celui de Pli. de l'Orme, et vraisemblablement ce qui eut le plus d'utilité 
lors de son apparition , ce sont les deux livres où il est traité de la coupe des pierres. 
A la fin du moyen âge on avait poussé fort loin la science de la stéréotomie ; mais 
la connaissance des principes de cet art, loin d'être l'objet d'un enseignement 
public, restait le privilège d'un petit nombre de constructeurs, qui n'y voulaient 
initier que leurs apprentis. Il est aussi à supposer qu'à cette époque les procé- 
dés en usage gardaient dans leur allure quelque chose du mystère dont on les 
avait longtemps entourés. De l'Orme, adaptant ses épures aux besoins de l'archi- 
tecture antique renouvelée, s'efforça de communiquer à ces tracés une forme en 
même temps scientifique et simple, qui garantît l'exactitude du résultat et permît 
à sa méthode de se répandre W. Si, malgré l'étude approfondie qu'il fit des ma- 
thématiques et des leçons du fameux Oronce Finée, il n'a pu échapper à quelques 
erreurs de détails, que ses successeurs ont relevées, il a atteint parfaitement 
son but principal; et à lui exclusivement revient la gloire d'avoir popularisé la 
stéréotomie, dont son livre a été pendant près d'un siècle le meilleur et presque 
l'unique traité. Nous le répétons, les progrès que de l'Orme a fait faire dans 
l'art de bâtir, dont il ne dédaignait aucune branche, sont, mieux encore que 
son talent artistique, la véritable base de sa renommée. 

La grande œuvre didactique de Ph. de l'Orme, œuvre qu'il ne convient de juger 



(l) On doit aussi à de l'Orme la découverte du «pas pour faire la circonférence de sa volute... Du 

procédé au moyen duquel les anciens traçaient les rr temps que j étuis à Rome (il y a trente ans), je 

volutes, rrll me souvient, dit-il, d'avoir veu, en un mnonslray ladicte façon à plusieurs qui pour lors 

"d'iceux (chapiteaux ioniques de l'église de Sainte- rrl'ignoroient, et les adverty où je l'avois trouvée et 

rrMarie-de-Translévère, a Rome) qui n'avoit esté « mesurée. Si, depuis, quelques-uns Font faicte im- 

rr achevé, une face qui n'est que équarrie, ayant ir primer et s'en attribuent l'honneur et l'invention, 

rraudessus des volutes les centres à mettre le coin- ràls y penseront." (Architecture , fol. 162 v°.) 



28 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

qu'en se reportant au temps où elle fut entreprise, lui tenait si évidemment au 
cœur, que la mort seule a pu en empêcher l'entier achèvement. Les biographes ne 
s'accordent pas sur l'époque à laquelle le grand architecte mourut; mais nous pou- 
vons la fixer définitivement. Un des registres capitulaires de Notre-Dame nous a 
effectivement appris que de l'Orme mourut à Paris, dans sa maison du cloître, 
le dimanche 8 janvier 1670, vers sept heures du soir; puis que, conformément 
au désir manifesté dans son testament, le Chapitre décida qu'on procéderait à 
ses funérailles avec les cérémonies usitées aux obsèques d'un chanoine, et qu'il 
serait inhumé dans la nef ou dans tout autre partie de la cathédrale que ses exé- 
cuteurs testamentaires jugeraient convenable (1) . A la suite de cette résolution, 
on trouve dans le registre la recommandation adressée au chanoine de Bréda, 
un des exécuteurs testamentaires, de veiller, suivant la requête du procureur de 
la Reine mère, à la conservation de certains plans et modèles qui avaient été 
laissés à la disposition du défunt. Les plans dont on redoutait la perte étaient 
apparemment ceux des Tuileries ou du château de Saint-Maur. Dans ce dernier 
édifice, de l'Orme possédait des meubles, à l'inventaire desquels assista un repré- 
sentant du Chapitre, afin de sauvegarder les intérêts des héritiers Du Bellay. 

Jean de rorme, Philibert de l'Orme avait un frère dont le prénom était Jean, qui, comme lui, 

de Philibert, s'occupait de construction, mais sur lequel on a fort peu de renseignements. Le 

architecte. ..,,. r „ , 1 A / / 1 i n l r» ■ 

(i558.) 2U lévrier 1002, étant alors maître gênerai des œuvres de maçonnerie du noi, 

par lettres patentes données à Saint-Germain-en-Laye, il fut remplacé dans cette 
charge, à laquelle il avait été nommé « naguères, n en succédant à Gilles Le Breton. 
Pour le moment, il se trouvait en Italie, où il avait été envoyé avec le seigneur 
de Termes, lieutenant général en ce pays, afin d'y «faire le service du fait des 
cr fortifïications des places fortes. 11 Ses travaux à Parme, à Sienne et en Corse sont 
rappelés dans les lettres du 12 juin i55/i, par lesquelles il fut substitué à son 
frère comme ce visiteur des places fortes, places et chasteaux, ports et havres n du 
duché de Bretagne, avec 5oo livres d'appointements W. Les comptes de 1 5 58 
énoncent ccMaistre Jean de l'Orme, escuyer, sieur de Saint-Germain, commis- 
saire député par le Boy sur le fait de ses édifices et bastimens,» et lui attribuent 
600 livres de gages par an. Ces 600 livres avaient été cr éclipsez de 1,200 livres 
trde gages appartenans à Jean Bullant,-» suivant les termes des lettres patentes 
données à Blois, le 16 janvier 1 55Q (v. s.), où il est exprimé de plus que, cren 
ce faveur de Maistre Philbert de l'Orme, abbé d'Ivry, ayant lors la charge de super- 
intendant sur tous et chascuns lesdits bastimensn (royaux), le roi Henri II avait 
donné les Go livres comme honoraires <r à Jean de l'Orme, frère dudit abbé d'Ivry, 
et pour ordonner, en son absence, desdits bastimens.-» Dans les lettres patentes 

(1) Arch. de i'Emp. reg. LL 260, p. 278. — (2) Collection de M. Benjamin Fillon. 



LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MEDICIS. 29 

de janvier i564, relatives à la démolition de l'hôtel des Tournelles , il figure aussi 
avec son ancien titre (le maître général des œuvres de maçonnerie du Roi, et 
comme commis à la mission de mesurer les terrains à vendre. 11 survécut à son 
frère, qui, par son testament, daté du 21 décembre i50g, lui légua tous ses 
ce livres d'architecture, desscinetz, stampes et pourtraicts, et, oultre,-» le relieu 

ffde Plaisance, près Paris, v avec une propriété à Fontenay. Le testament de Plii- r«i «1 

libert de l'Orme® contient des donations en laveur de ses deux sœurs, et de deux Philibert de rom* 
enfants naturels dont on éprouve quelque surprise de le voir père, attendu que 
leur naissance eut certainement lieu postérieurement à sa nomination comme cha- 
noine. En i5G(j, effectivement, la fille, Charlotte, était mineure, et le fils, Phili- 
bert, était tellement jeune qu'on ne pouvait encore le placer dans un collège. Une 
autre lille dePh. de l'Orme, Catherine, femme du maître maçon Pierre Girard, esl 
mentionnée, à la date du a8janvier 1 5 57, dans les registres de la paroisse d' Avon, 
près de Fontainebleau. Les deux sœurs de l'architecte des Tuileries avaient nom 
Anne et Jeanne; la première fut femme du contrôleur Martin; la seconde épousa 
Christophe de Burlet, puis « noble homme Olivier Kouillard. n Elle habitait le Dau- 
phiné lorsque mourut son frère. Elle reçut de lui, en héritage, l'hôtel d'Étampes, 
situé rue Saint-Antoine, et la maison que de l'Orme s'était bâtie rue de la Cerisaie®. 



Jean Huilant, certainement originaire de Picardie, naquit on ne sait au juste 
à quelle date, mais, suivant toutes les présomptions, vers 1 5 1 5. De même que 
de l'Orme, il alla en Italie étudier les monuments antiques®. Il ne dit point, 
du reste, quand il s'y rendit; on peut croire qu'il y fut envoyé dans sa jeu- 
nesse par le connétable Anne de Montmorency, dont il demeura toujours l'ar- 
chitecte ordinaire®, et au service duquel il paraît avoir débuté dans la carrière 
où son nom est resté si célèbre. Retiré à Ecouen pendant sa disgrâce, de 1 56 1 
à 15/17, Montmorency eut l'idée de faire rebâtir son château, et en confia la re- 
construction à Bullant, dont cette circonstance commença la réputation. Ayant 
recouvré son influence sous Henri II, le Connétable recommanda probablement 
son protégé à la bienveillance royale: aussi retrouve-t-on, quelques années plus 
tard, Bullant revêtu des fonctions de contrôleur des bâtiments de la couronne, 



Jean Bullant, 
architecte. 



(1) Voir à l'Appendice la copie de ce testament. 

(2) La maison de Philibert de l'Orme, qui est fort 
mutilée, mais dans laquelle on distingue encore 
quelques anciens détails caractéristiques, particu- 
lièrement la grande lucarne, porte actuellement le 
numéro 22. 

(3) Dans sa Règle d'architecture , Bullant dit : 
rr Cinq manières de colonnes que j'ay me- 
surées à l'antique, dedans Rome.» 

(4) Dans la dédicace de son second ouvrage, Bul- 



lant, s'adressent à François de Montmorency, lui 
dit : rr Monseigneur le Connestable, vostre très-cher 
r^et très honoré père, décoré de toute vertu; lequel 
rrm'a tousjours occupé et entretenu aux œuvres de 
rrson chasteau d'Escouen, afin de ne me consommer 
rren oysiveté, d'autant (pie la pluspart du temps me 
rrrestoit sans autre occupation. » ('/est à Ecouen que 
Bullant résidait d'habitude, et c'est également lit 
qu'il mourut. Son influence artistique nous semble 
se révéler dans plusieurs églises des environs. 



30 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

qui lui furent confiées par lettres patentes délivrées à Saint-Gerinain-en-Laye, 
le 22 octobre 1 557. Le 8 juin 1 5 5 g , il reçut la mission de visiter ces bâtiments, 
mais, dès le mois de janvier suivant, il était remplacé dans sa charge par le nommé 
François Sannat (1) . Nous supposons que, atteint d'une disgrâce analogue à celle 
qui frappa de l'Orme après la mort de Henri II, il fut forcé pareillement de se 
retirer devant quelque créature de Catherine de Médicis, dont il était destiné à 
devenir un jour l'architecte officiel. 

On ne voit guère ce que Bullant fit, en matière de construction, de 1 55g à 
1570. Le passage d'un de ses livres, que nous venons de citer en renvoi, laisse 
supposer qu'il n'eut alors que fort peu d'occupation. 11 en profita indubitablement 
pour approfondir la théorie de son art. On sait aussi qu'il tenta des essais de gra- 
vure : on a décrit deux chapiteaux qu'il grava sur cuivre en i566, et qui sont 
signés de lui®; mais c'est à tort que des auteurs ont prétendu que, outre le 
burin, il mania aussi le ciseau, car il n'y a nulle preuve de cela, et les sculptures 
d'Ecouen, à lui attribuées par Alex. Lenoir et Emeric David, sont manifestement 
l'œuvre de Jean Goujon. Quoi qu'il en soit, les loisirs de Bullant lui fournirent 
l'occasion de composer les deux ouvrages qu'il a publiés. Le plus ancien, de 
format in-^°, illustré de nombreuses gravures sur bois, se compose de deux 
parties. La première a paru sous ce titre : 

,, RECVEIL 

Ouvrages 

le Jean Hullanl. 

D'HORLOGIO- 

graphie, contenant la 

DESCRIPTION, FABRI- 
CATION E T V S A G E D E S 

horloges solaires 

PAR 
IEHAN BVLLANT ARC HIT E- 

clc de haut et puissant Seigneur, Monseigneur le duc de 
Montmorancy , Pair et Connétable de Fiance 

Nouuelleiiient imprimé à Paris 

i56i 

AVEC PRIVILEGE 



(l) Comptes des bâtiments royaux, p. 3qo, 33i t. VI,3q-'ii. — Bullant peut avoir exécuté en gra- 

et 3^io. — La commission de Bullant était men- vure d'autres planches de chapiteaux qui nous 

lionne'e dans l'ancien Mémorial XX de la Chambre sont inconnues. Il dit, dans la Règle d'architecture : 

des comptes, ainsi que sa réception dans ladite irVous aurez recours h ceux (des chapiteaux) que 

commission. (Arch. de l'Emp. reg. PP 119.) fr j en av ^ c ^ cn cuivre, estampés non trop nette- 

(S) Robert Dumesnil, Le peintre-graveur français , «ment, mais à la manière seulement, n 



LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 31 

Elle contient une dédicace au Connétable, datée d'Ecouen, i56i, et le texte 
d'un privilège daté du îu janvier i56'o. On lit à la fin de l'opuscule: «Fin de ce 
rr présent Hure, intitulé: Recueil d'Horlogiographie, nouuelleineut imprimé à 
«• Paris par lean Bridier, Imprimeur, et se vendent par Vincent Sertenas, Libraire, 
«demeurant en la rue neuue nostre Dame, à l'enseigne Sainct lean l'Evange- 
cr liste, et au Palais, en la Gallerie par où l'on va en la chancellerie, i56i.n La 
seconde partie de l'ouvrage, <[ui est un petit traité de géométrie spéciale, lut im- 
primée l'année suivante, et réunie à la première, elle forma un volume intitulé: 

PETIT 

TRAIGTE DE 

GEOMETRIE ET D'HO- 

ROLOGIOGRAPHIE 

pratique 

PAR 
IEHAN BVLLANT A R- 

chitecte de haut et puissant seigneur Mon- 
seigneur le Duc de Montmorency , Pair, et 
Conneslable de France. 

A PARIS 

Chez Guillaume Cauellat, à l'enseigne de 

la Poulie-Grasse, devant le collège de 

Chambray. 

t56a 
Avec privilège du Roy 

Il y a eu, du Traité d'Horlogiographie, une édition de 1 5 Gû semblable à celle 
de i5G-2; une autre de 1699, dont le titre est: «Géométrie et Horlogiographie pra- 
rr tique, etc. à Paris, chez la vefve Guillaume Cauellat, au mont Saint-Hilaire, à 
fd'enseigne du Pélican; t> puis, en 1608, une quatrième édition sous ce dernier 
titre, avec addition de Claude Boissière. 

Le second ouvrage de Bullant, de format in-folio, est aussi illustré de gra- 
vures sur bois; on acheva de l'imprimer le 97 mai 1 566. Il contient une épître ainsi 
qu'un avertissement au lecteur, et une dédicace au maréchal François de Mont- 
morency. C'est un traité uniquement conçu au point de vue de la pratique: 
cfMa principale intention en ce mien nouvel œuvre, dit l'auteur, a esté de tra- 
vailler pour les ouvriers, car les hommes doctes en cest art n'ont besoing de 
«mes escripts.n Le livre eut apparemment un grand succès: la première édition, 



32 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

devenue maintenant très-rare, en fut assez vite épuisée pour que, quatre ans après, 
il en parut une nouvelle ; elle porte ce titre : 

REIGLE 

GENERAL LE 

D'ARCHITECTVRE 

des cinq manières de colonnes, à scauoir, 

Tuscane, Dorique, Ionique, Corinthe, 

et Composite : et enrichi de plusieurs 

autres, à l'exemple de l'antique :veu, 

recorrigé et augmente' par l'au- 

cteurde cinq autres ordres de 

colonnes suiuant les rei- 

gles et doctrine de 

Vitruue. 

Au proffit de tousouuriers besongnansau compaset à l'esquierre. 
A Escouën par Iehan Bullant 

A PARIS, 

De l'imprimerie de Hiérosme de Marnef et Guillaume Cauellat 
au mont S. Hilaire, à l'enseigne du Pélican. 

i568. 
Avec priuilege du Roy. 

Le privilège, daté du 9 décembre i5G3, fut transféré à Marnef et Cavellat le 
3i décembre de la même année. En 1619, N. Piloust fit une autre édition de 
la Règle d'architecture, qui fut crreveue et corrigée par Monsieur de Brosse, archi- 
tecte du Roy, -n et l'auteur des plans du Luxembourg. Cette édition fut suivie 
dune dernière, publiée à Rouen, en 1667, par le libraire David Ferrand, qui 
appelle l'ouvrage cr un petit trésor caché depuis quatre-vingts années, n Dans ses 
deux livres, Bullant ne parle de lui-même qu'avec la plus grande modestie. Il 
reconnaît ainsi qu'il n'était point lettré, et dans le Traité d'Horlogiographie , 
s'adressant au Connétable, il lui dit: rr Monseigneur, je vous prie que si trouvez 
cr quelque faute à la lettre et langage, vouloir excuser la rudesse et malaornement 
rrde mondit langage, parce que je ne suis latin; n ailleurs il fait allusion à ce 
(pie «son petit entendement a sç.eu comprendre es livres de Vitruve.n De l'Orme 
ne s'exprimait point d'une façon aussi humble. 

.ioan Buiiani, Les huit dernières années de la vie de Bullant, pendant lesquelles il fut fort 

(i5 7 o.) occupé, ressemblèrent peu aux dix précédentes. Bullant, devenu architecte de 

la Reine mère et surintendant de ses bâtiments, conduisit, à partir de 1670, les 



LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDIUS. 33 

travaux du château des Tuileries. Bientôt après il entreprit la construction de 
1 hôtel dit plus tard de Soissons, dont il ne subsiste que celte puissante colonne 
dorique creuse, imitée de la colonne Trajane, et aujourd'hui attenante à la 
Halle-au-Blé; elle servait d'observatoire à Catherine de Médicis, lorsque celle-ci 
se livrait à ses Toiles observations astrologiques. En même temps, et évidemment 
depuis la mort du Primatice, arrivée en 1070, Huilant était contrôleur des bâti- 
ments royaux, titre qui lui est donné à la date de 1 5 7 5. C'est en vertu de celte 
charge qu'il dirigeait alors les travaux de Fontainebleau, au dire de Félihien, 
et qu'il surveilla l'érection du tombeau des Valois, à Saint-Denis. On le qualifie 
«d'ordonnateur de ladicte sépultures dans les comptes du monument, où il esl 
indiqué que ses trgaiges et appointemens i) montaient à Goo livres par an. Il en 
recevait 5oo en qualité d'architecte des Tuileries, comme nous l'apprend un 
compte que nous analyserons plus loin, et il avait atteint l'apogée de sa fortune 
et de sa gloire (I) . 



(l) M. Dusevcl a trouvé, dans les registres de 
l'échevinage d'Amiens, i°que, l'an i532, un Jean 
Bullant était et niachon de la grande église » (la cathé- 
drale) de celte cité; 2° qu'un individu porteur des 
mêmes noms fut chargé, le 2 h mai 1 5G5, de donner, 
avec Zacharie de Cellers, les dessins d'un bastion 
dont l'ingénieur italien Bellarmato avait marqué 
l'emplacement; 3° qu'en 167/1, étant alors maître 
maçon de la ville d'Amiens cl ayant mission de con- 
duire les travaux du beffroi, il fut menacé d'un pro- 
cès à l'occasion du temps qu'il avait l'ait perdre aux 
ouvriers en leur lisant un certain livre; k° que, 
l'année suivante, il réclama le payement d'honoraires 
ii lui dus en raison d'un arpentage qui, exécuté 
à la boussole, n'eût pu être effectué sans son con- 
cours (a) . Le Jean Bullant d'Amiens serait-il le même 
que celui d'Ecouen? M. Dusevel, avec la circons- 
pection que donne l'expérience, n'a point osé dé- 
cider la question, bien faite pour rendre perplexe, 
(le maître maçon employant la boussole pour des 
opérations géodésiques, et suspendant le travail de 
ses hommes pour leur lire un livre, répond parfai- 
tement à l'idée qu'on se fait de l'auteur de la Règle 
d'architecture , auquel on a d'ailleurs attribué la cons- 
truction de l'église abbatiale de Saint-Jean d'Amiens, 
bâtie avec élégance vers 1 5ho (1 '. Voilà donc bien des 
présomptions en laveur d'une solution affirmative. 



Faut-il, à cause de cela, croire que l'architecte du 
connétable Anne mettait aussi son talent à la dis- 
position des bourgeois d'Amiens? Dans le dessein 
d'éclaircir nos doutes, nous avons voulu avant tout 
vérifier la valeur de l'opinion suivant laquelle l'é- 
glise Saint-Jean aurait été bâtie par Bullant d'E- 
couen. Nous avons constaté que l'opinion émise 
dans les ouvrages de Pages et de Decourl, au com- 
mencement du xviii 8 siècle, se rencontre pour la 
première fois dans le manuscrit de Maurice Dupré, 
qui n'est point antérieur à i6/i3. Or Maurice Dupré 
a' affirme nullement le l'ait d'une manière formelle.; 
il le relaie seulement d'après les traditions, rrArchi- 
trtecturœ ducem fuisse audivimus Johannem Bul- 
n-lant, ciijus nomen vel suis scriptis de archilectura 
«et horologiis orbi notum exslal 1 ''." Ainsi il y a peu 
à arguer de ce qu'on a considéré Bullant d'Ecouen 
comme l'architecte de l'église Saint-Jean, et cela 
s'explique par l'bypolhèse d'une confusion presque 
inévitable. On concevrait également sans peine qu'un 
parent du grand artiste eût eu l'intention de faire 
briller aux veux de ses compatriotes la science de 
l'homme éminent qu'il admirait et dont il portail 
le nom. L'argument tiré de la lecture du livre aux 
ouvriers, la plus forte de toutes les présomptions, 
n'est donc pas concluant; il l'est d'autant moins 
cpie, selon une observation de M. Paul Lacroix, le 



( "' Recherches historique» sur tes ouvrage» exécuté» dans la cille d'Amiens par de» maîtres de l'œuvre, maçons , entaillcurs de pierre, 
peintres, verriers, brodeurs, orfèvres et fondeurs, pendant les mv', IV' et xvi' siècles. Aillions, 1808 , iii-8", p. l3. 

'''' Elie a été détruite en 1597. 

|c; Annales ecclesiœ Sancti Johunnis Baptistœ , ad anuum iGlio , auclorc Maurilio Dupré. Mss. de la t'ilii. tmp. Suppl. latin 
n* 343 , p. 5y. 



Famille 
de Jean Huilant. 



34 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

De toute la famille de Bullant, un seul membre, Charles, avait été signalé (1) , 
lorsque récemment M. de Montaiglon a publié des extraits de registres conser- 
vés à Ecouen (2) , d'après lesquels il est constant que Bullant a eu de sa femme, 
Françoise Richault, les neuf enfants dont les noms suivent : Jean, baptisé le 2 5 juin 
1 556 ; N. baptisé le ik mai 1 558 (?); Anne, baptisée le 5 octobre i56i; Réol, 
baptisé le ?M juillet 1 5 (> 5 ; Pierre, baptisé le 17 mai 1 568 ; David, baptisé le 
3 décembre 1 5 (> 9 ; Magdekine, baptisée le 7 août 1571; Guy, baptisé le 1 6 juin 
1573, et Claude, baptisé le 20 septembre i575' 3) . En 1575 Bullant n'avait 
certainement pas moins de soixante ans, et l'on pourrait s'étonner qu'il soit encore 
devenu père à cet âge; mais il n'y a pas lieu d'en douter, les textes étant très- 
explicites et repoussant toute supposition d'homonymie. M. de Montaiglon a tiré 
des registres d'Ecouen une autre pièce fort importante, la copie du testament de 

Bullant, conçu en ces termes : cr jour d'octobre mil v c lxxviii, fut présent 

rr (honorable homme) M° Jehan Bullant, architecteur du Roy nostre sire et de 
rr la Royne mère, demourant à Escouen, estant en son lict, malade et indispos de 
ctson corps, mais sain de son entendement; lequel de bonne volonté a faict son 
rr testament en la manière qui ensuict : 



i ■ -Liment 

de .Jean Bullant. 

(i5 7 8.) 



rr Et premyèrement a recommandé son âme à Dieu et à la glorieuse Vierge 



livre auquel les ouvriers prêtèrent attention rr l'espace 
de quatre heures de suites semble avoir été un ou- 
vrage religieux prohibé, bien plutôt qu'un traité 
dart. Si maintenant on examine combien il est peu 
probable que le contrôleur des bâtiments du lïoi 
el de la Reine mère, certainement fort occupé à 
Paris vers 167 h , ait en la faculté de remplir à celte 
époque les fonctions de maître maçon d'une ville 
située à trente lieues de là , on sera disposé à con- 
jecturer (pue le Jean Bullant d'Ecouen ne se con- 
fond pas avec le Jean Bullant d'Amiens, qui, en 
tout cas, appartenait manifestement à la même 
famille. Ils comptaient, sans aucun doute, parmi 
leurs ancêtres les maçons André et Wnillaume Bul- 
lant, dont les noms se rencontrent dans les comptes 
de la seigneurie de Lucheux en Picardie, pour les 
années 1^7 et 1 A67. Ces comptes, signalés aussi 
par M. Dusevel, mentionnent de plus, en 15^5, 
•Jehan Bullant, maistre niachon, demeurant à 
-Amiens, qny vint audict Luceu pour conduire 
■-l'ouvrage de mâchonneriez d'une tour. Ce dernier, 
apparemment père de celui contre lequel on informa 
en 157/1, es ' bien clairement l'architecte de la cathé- 
drale vers i53a. Appelé à diriger des travaux en 
i5a5, il ne pouvait être né après i5o5; il diifère 



donc nécessairement du Bullant d'Ecouen, qui eut 
un fils soixante et dix ans plus lard. 

(1) La Renaissance des arts à la cour de France, 
t. I, p. 535. — Charles Bullant était le neveu de 
Jean Bullant. Dès 1573 il travaillait sous ses or- 
dres, à Saint-Denis, comme entrepreneur de ma- 
çonnerie , et il avait la garde de ses ateliers. On doit 
supposer qu'il était peu digne de cette confiance, 
car, au mois de janvier i58o, il était empri- 
sonné h la Conciergerie, sous la prévention d'avoir 
dérobé des matériaux destinés au tombeau de 
Henri II, et notamment * neufs petits populotz de 
rr marbre. « Félibien donne (t. V, p. 1 1) deux arrêts 
relatifs à ce procès, dont l'issue ne nous est pas 
connue. 

(2) Archives de l'art français , livraison du i5 mai 
18G0, p. 3o5 et suiv. 

(3) Les registres d'Ecouen fournissent la mention 
de plusieurs autres membres de la famille Bullant, 
dont on ne voit point le degré de parenté avec l'ar- 
chitecte des Tuileries; ce sont : Charlotte Bullant, 
marraine le 3 novembre 1569 ; Marie Bullant, mar- 
raine le 16 septembre 1 5y3 ; Jacques Bullant, par- 
rain le 2.3 mai 1571, el un Pierre Bullant, qui fut 
parrain le 19 janvier 1 575. 



LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 35 

te Marie, monseigneur sainct Michel range et à M. sainct Accéol' 1 ), son patron, el 
rrloulte la cour célesle de Paradis; et a ordonné son corps estre inhumé en terre 
(tsaincte, en l'église dudict Escouen, devant le crucifix de ladicte église. 

ce Item, veult et ordonne ses services estres faictes snyvant la coustume dudict 
k Escouen, et à la volonté de ces exécuteurs. 

crltem, a donné, pour estre aulx prières des gentz de bien, cinq solz tournoys 
r pour une foys payés. 

crltem, aulx églises circonvoisines a donné à la volonté des exéculeires. 

crltem, a donné et délaisse à l'église dudict Escouen, perpétuellement, une 
rr pièce de terre labourable, contenant environ un terceau en une pièce, comme 
rr elle se comporte, assise audict terroir d'Escouen, au. . . . tenant d'une part à 

tt Laurens Porlier, d'aultre part à d'un bout à et d'aultre bout à pour 

ce luy estre dict et célébré à tousjours, perpétuellement en ladicte église, une messe 
fhaulte de Requiem, vigiles à trois leçons, et Libéra sur la fosse pour le salul 
eraseuré de son àmc, leurs parentz et amys, ung an aprez et à telle jour qu'il 
ce décéra et yra de vie à trespas, de ce siècle en l'aultre; et, pour faire et acconi- 

rplir le contenu en son dict testament, a ordonné et (2) Françoise Richau 

ce il donne plain pouvoir à sa volonté et l'an et jour co de Pierres 

ce Prévost, greffier le Brun et aultres tesmoingtz à ce appel Passé audict 

r Escouen par devant moy prebstre vicaire dudict lieu, tesmoing mon 

ce seing merc (ou marque) cy-mis 

ccTallebot. il 

Au moment où Bullant dicta son testament, il avait déjà un pied dans la tombe, 
car il expira le 1 o octobre 1 5^8, suivant le témoignage de Le Laboureur et celui 
de Lebeuf (3) . Il fut l'avant-dernier survivant de cette illustre pléiade d'architectes 
qui se composait de lui, de Philibert de l'Orme, de Pierre Lescot, de Jean Goujon 
et de Jacques Androuet Du Cerceau. 

On a tant répété que de l'Orme et Bullant avaient conduit ensemble les tra- 
vaux des Tuileries, que presque personne n'en doute depuis longtemps; seulement 
on s'est plusieurs fois étonné de cette étrange collaboration de deux artistes éga- 
lement célèbres, âgés tous deux, et dont l'un ne semble point avoir eu un caractère 
compatible avec une semblable association. Il y a là une méprise analogue à celle 

(1) Saint Accéol était te patron de l'église parois- n-le 10 d'octobre 1578 •» La même dale est 

siale d'Ecouen. donnée dans le Mercure de France du mois de juillet 

(2 ' L'humidité a endommagé la pièce originale. 1760 (p. i5'it?), et par l'abbé Lebeuf, dans son 

11 Le Laboureur, dans ses Mémoires de Castel- Histoire du diocèse de Paris (t. III, p. 38 1). On 

nau (t. II. p. 5io), parlant du tombeau du cou- trouve dans les comptes de Saint-Denis la preuve 

nétable Anne, dit : irCe mausolée est demeuré que Bullant ne vivait plus en 1679, niais qu'il 

rr imparfait en quelque chose par la mort du ce- devait vivre encore en 107 G, puisqu'il reçut ses 

[flèbre Jean Bullant, qui l'avoit entrepris, arrivée gages pour l'année 1 5y5. 

5. 



36 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

que nous avons relevée touchant l'inscription de la cour du Louvre. Sauvai et 
Brice ont dit que de l'Orme et Bullant avaient bâti les Tuileries du temps de Cathe- 
rine, ce qui est exact; quelqu'un a compris qu'ils l'avaient fait simultanément, ce 
qui est faux, et ce que Brice et Sauvai ne rapportent nullement W; puis tous les 
auteurs, se copiant les uns les autres, ont consacré l'erreur, qui est passée à l'état 
de lieu commun. Bullant a simplement succédé à de l'Orme, qui, jusqu'à sa 
mort, a seul été l'architecte de l'édifice, et il n'est question que de lui dans tous les 
documents antérieurs à 1670; ainsi, c'est de l'Orme qui baille aux passeurs le bac 
sur la rivière, en 1 5 G 6; c'est lui qui signe des ordres de payement pour les travaux, 
en 1 566 ; c'est lui dont parle la Beine dans une lettre de 1667; c'est lui encore 
qu'elle humilie devant Ronsard, etc. Quant à Bullant, il n'en est fait nulle mention 
pour cette période ®. Mais de l'Orme meurt le 8 janvier 1670; le même jour ou 



(1) On lit simplement dans Sauvai (1. II, p. 53): 
"... Ce que Catherine de Médicis y a construit est 
-de la conduite de Bullant et de Philibert de l'Orme. 
"Jean Bullant est l'architecte de ce beau pavillon, 
"élevé de deux étages, etc. . . Le corps de logis. . . 
"est de la conduite de Philibert de l'Orme, i Brice 
ne dit rien de plus. 

(2 > De l'Orme ne parle naturellement point de 
Bullant; en revanche, il s'efface avec un empresse- 
ment qui n'est ni de la dignité, ni de la franchise, 
devant une collaboratrice dont le talent en matière 
architecturale devait rester inconnu de la postérité. 
A l'entendre, Catherine de Médicis aurait donné 
elle-même les plans de son palais. On imagine faci- 
lement ce qu'il faut penser de semblables flatteries. 
Klles prouvent tout au plus que la Florentine se mêla 
de la construction des Tuileries un peu plus qu'il 
n'est accoutumé aux femmes de faire en pareille oc- 
casion. Un passage du livre de Ph. de l'Orme établit 
toutefois que c'est sous l'influence du goût italien 
de Catherine que l'on eut recours aux incrusta- 
lions polychromes, en manière de décoration. «Au 
•palais de la Majesté de la Boyne mère, à Paris, 
••dit-il, laquelle pour son gentil esprit et enlende- 
•'ineni très-admirable, accompagné d'une très-grande 
•prudence et sagesse, a voulu prendre la peine, 
-avec un singulier plaisir, d'ordonner le départe- 
"ment de sondit palais, pour les logis et lieux de 
-salles, antichambres, chambres, cabinets et gal- 
•lei'ies, et me donner les mesures des longueurs et 
1» largeurs, lesquelles je mets en exécution au susdit 
•palais, suyvant la volonté de Sa Majesté. D'abon- 
trdant elle a voulu me commander faire faire plu- 
sieurs incrustations de diverses sortes de marbre, 
-de bronze doré et pierres minérales, comme mar- 



ffchasiles, incrustées sur les pierres de ce pays, qui 
«sont très-belles, tant aux faces du palais et parle 
ff dedans que par le dehors, ainsi qu'il se peut voir; 
fret avec tel artifice qu'il n'y a celui qui ait quelque 
^jugement qui ne trouve les œuvres de ceste très 
"bonne et magnanime princesse très-admirables et 
"dignes de sa grandeur." (Architecture , fol. 20.) 
Il dit aussi : "J'y procède (au palais) tout ainsi qu'il 
"plaist à sa dicte Majesté le me commander, sauf les 
"ornements, symétries et mesures, pour lesquelles 
"elle me faict cette grâce et faveur de s'en fier 
"à moy." (Ibid. fol. i 56 v°.) 

Si Catherine abandonnait à de l'Orme le choix 
des ornements du palais, c'est qu'elle savait que son 
architecte n'oublierait aucun de ceux qui étaient 
propres à lui plaire. Il reproduisit ainsi, dans la 
décoration des colonnes du pavillon central , divers 
emblèmes peu remarqués depuis, dont la signifi- 
cation fût demeurée obscure sans le passage sui- 
vant, où Brantôme, parlant de la douleur de Cathe- 
rine de Médicis, dit: "Elle en prit cette devise propre 
"et convenable à son deuil et a ses pleurs, qui es- 
w toit une montagne de chaux vive, sur laquelle les 
"gouttes d'eau du ciel tumboient à foison, et disoient 
"les mots tels en latin : Ardorem extincta testantur 
«vivere flamma. . . Or noslre Beyne, autour de sa 
"devise que je viens de dire, y avoil fait mettre des 
ff trophées , des miroirs cassez , des éventails et des 
"pennaches rompus, des carquans brisés et des pier- 
" reries et perles espandues par terre, les chaisnes 
"toutes en pièces; le tout en signe de quitter toutes 
"bombances mondaines, puisque son mary estoit 
"mort, duquel n'a jamais pu arresler le deuil, m (Vie 
des Dames illustres, t. I, p. 57.) — Un auteur, qui 
cite ce texte, raconte que, sous le premier Empire, 



LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 37 

la veille Bullant est nommé à sa place, et, dans le compte de l'année suivante, nous 
trouvons effectivement que les honoraires perçus par ce dernier, en qualité d'ar- 
chitecte des Tuileries et de Saint-Maur, sont comptés à partir du 7 janvier 1670. 
Quoi de plus clair? La partie de l'édifice attribuée à Bullant confirme ce qui res- 
sort du compte. Le pavillon à deux ordres de colonnes, dont le style est distinct de 
celui des ailes, a été sans aucun doute élevé postérieurement à ces mêmes ailes, 
œuvre de Philibert de l'Orme. Il ne fut point, au surplus, achevé par Bullant, 
parce que, en 1672, pour des raisons que nous exposerons plus loin, Catherine 
renonça à poursuivre la construction de son palais W. 

Le jardin des Tuileries, dont on plantait encore certaines parties en 1571, était l* 

, . . t ^ t\ n v ,,, 1, jardins des Tuileries. 

termine cinq ou six ans plus tard; car uu Cerceau dit expressément qu il 1 a repré- < .5 7 .-.:. 7 w. > 
sente tel qu'il était à l'époque où il en a gravé le plan, c'est-à-dire vers 1 578. Le 
jardin offrait, dans le sens de sa longueur, six grandes allées, et, dans le sens de 
sa largeur, huit autres, dont la plupart se retrouvent dans la disposition actuelle. 
Ces allées, en se croisant, produisaient des compartiments rectangulaires, des 
rr parquets, -a comme on disait, dont les uns renfermaient des massifs d'arbres, 
d'autres des quinconces, quelques-uns des pelouses de gazon, plusieurs des par- 
terres de fleurs dessinant des figures géométriques, et même un écusson parti 
de France et des armes de Catherine de Médicis. Dans un des compartiments il 
y avait un labyrinthe ou un crdedallusn de cyprès, dont le patron avait pour 
éléments des bâtons rompus, et qu'on ne voit plus sur les plans du xvif siècle, 
quoique Sauvai en parle comme s'il existait de son temps. Au nord et au midi , les 
limites du jardin étaient identiquement les mêmes que de nos jours; mais, au 
couchant, elles étaient fort différentes et consistaient en un mur biais, élevé assez 
vraisemblablement sur les vestiges de celui qui servait de clôture au jardin des 
Cloches. On en retrouve la trace en faisant partir une ligne de l'angle rentrant que 
présente la terrasse du bord de l'eau vers son dernier quart, et en prolongeant 
cette ligne de façon qu'elle passe par le centre du grand bassin octogone. Le mur 
biais, au droit delà grande allée, formait un hémycicle dont l'emplacement répond 
aujourd'hui à celui de la moitié occidentale du grand bassin. Cet hémycicle don- 
nait un écho remarquable, et Sauvai eu parle ainsi : rr L'écho est un endroit beau- 
crcoup plus fréquenté (que le labyrinthe); les galans y donnent souvent des concerts 



parmi les ornements des colonnes on remarquait 
le modèle d'un niveau : rCe niveau, dit-il, appar- 
■r tient, je pense, non à l'époque des Médicis, mais 
"h celle des niveleurs de la Révolution, à qui la 
-lettre initiale du nom de Henri aura paru favo- 
-•rable h l'insertion du niveau. Il y a environ dix 
'•ans (vers 1809), le niveau occupait la même place, 
-au Louvre, dans les monuments de Henri et de 



r Diane. Alors j'en témoignai ma surprise chez un 
'•ministre, et le surlendemain les niveaux avaient 
rr disparu. 1 (Gail, Tableaux chronologiques , p. (17.) 
(les niveaux étaient probablement anciens. 

(1) On dit (pie la Reine surveilla les travaux des 
Tuileries d'un pavillon voisin de la rue Saint-Ho- 
noré, qu'on appelait pavillon de Médicis; nous n'a- 
vons jamais rien vu qui confirmât cette particularité. 



38 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

rrà leurs maîtresses, et les commencent quelquefois aux heures où il y a grand 
cr monde, afin d'avoir plus de témoins de leurs amours. Il est situé au bout de la 
(t grande allée, et entouré dune muraille haute de deux toises, arondie en demi- 
« cercle, de vingt-quatre de diamètre W, verte de haut en bas, cachée par des 
cr palissades et des tonnelles. Les endroits où se reçoivent les voix et d'où elles 
«•partent en occupent presque tout le diamètre, n'étant séparés l'un de l'autre que 
rrpar le vuide de quelques toises, qui continue vers le centre de la grande allée 
rr et conduit dans la capacité de cette demi-circonférence. Par là on voit que cet 
rrécho n'est pas si naturel que le peuple s'imagine, car ce n'est ni la proximité des 
cr fossés ni celle de la rivière qui causent cette réflexion de voix si agréable qu'on 
rr y admire, mais bien la forme et la disposition artificielle du lieu; ce qui arrivera 
cr infailliblement et toujours aux endroits qui seront ordonnés de la même sorte, n 
Après avoir donné ces détails, Sauvai poursuit : rr Maître Ponce, dont j'ai parlé 
rrtant de fois, a commencé dans ce jardin un grand trophée qui devoit servir de 
rr fontaine, et qui, depuis, a été gâté par un autre sculpteur : c'est un gros pié- 
rrdestal de pierre, isolé et parallélogramme, qu'on voit posé dessus une plinthe, 
rr et élevé d'une hauteur considérable, à côté de la principale allée des Tuileries. 
rrLe long de ses quatre faces sont quatre figures, deux de Fleuves et deux de 
rr Naïades, plus grandes que nature et couchées sur des cruches ou conques ma- 
rrrines, toutes d'un grand goût et bien dessinées et maniérées, un peu même trop 
rrfières pour des Naïades et de simples Fleuves, qui ne versent que de l'eau douce 
cr et n'ont jamais éprouvé ni bourrasques ni tempêtes, n Le piédestal dont il est 
ici question est reproduit sur le plan de Du Cerceau, dans le compartiment voisin 
du labyrinthe, vers l'orient. Sur le plan de Mérian il apparaît surmonté d'un 
groupe et fait face à un autre situé au nord de la grande allée, à l'endroit où Du 
Cerceau place un objet qui semble être aussi un piédestal ou quelque chose d'ana- 
logue^. L'examen du plan de Du Cerceau ne laisse guère voir un autre endroit 
où ait pu se trouver la fontaine dont Catherine orna son parc, et dont l'eau venait 
de Saint-Cloud, comme elle le dit dans la lettre que voici, et qui renferme plu- 
sieurs renseignements sur un projet de canal communiquant avec la rivière, 
lequel ne fut point mis à exécution : 

d'une lettre rrMons. de Villeroy, ayant estée advertie par l'abbé de Saint-Serge (de l'Orme) 

' ' :,, ' lcr '" e - i -il r mi p 1 il 

,ine des Tuileries, rr comme les maçons travaillent lort aux murailles et lorteresses des lossez de la 

(,56 7 .) 

(,) Le plan de Du Cerceau, que nous avons p. 3 20), qui rappelle que l'élégie sur les Tuileries, 

suivi dans notre restitution, indique environ cinq publiée dans les Essais poétiques de Guillaume Du 

toises de plus. Peyral, en i5p,3, contient les vers suivants : 

(2) (Tesl peut-être vers le même point que se 
. -, 1 1 , 1 f ■ 1 • ,1 ■ 1 . Admirable quadran où, soit jour ou soit nuit, 

trouvait le cadran a la lois solaire et lunaire dont , J . 

La lune ou le soleil de toutes paris reluit, 

BuUailt paraît avoir doté le jardin des Tuileries, Marquant quelle heure il est, et dont la forme ronde 

suivant la remarque de M. de Montaiglon (art. cité, Fait voir en un qnadran mille quadrans au monde. 



LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHKIUXE DE MEDICIS. 



39 



rr ville de Paris, à l'endroit de mon jardin, mesme au lien par où doit passer le 
cr cours de l'eau de la fontaine que je fais venir de Saint-Cloud en mon jardin, 
cr et que je pourray aller des canaux que j'ai délibéré de faire faire en mondit 
tr jardin, par battean , dans lesdits fossez de laditte Ville et de là sur la rivière, 
rr je vous ai bien voulu écrire la présente et prier que l'on y fasse une arche et 
rr ouverture de douze pieds de large, qui se pourra fermer à clef, et que, par les 
ffcostez de laditte arche, il y ait bonnes murailles et voustes aussi longues que sera 
"•large le rempart, pour porter les terres que l'on a accoustumé mettre derrière 
ffles murailles de ville, afin que l'on puisse passer aisément par dessous, et de 
rr telles hauteurs et façon (pie ledit abbé de Saint-Serge montrera aux ouvriers; 
rret pareillement faire faire un esperon et attentes de murailles au droit de celles 
rrque j'ai commencé de neuf pour la closture de mondit jardin, et qu'elles soient 
rr aussi longues pour le moins que sur la largeur dudit rempart, et par mesme 
rr moyen vos ouvriers pourront faire quelques fondemens et petits pilliers qui 
rt seront voustés de l'un à l'autre pour porter les tuyaux et cours d'eau de maditte 
rr fontaine, de la longueur des fossez O, et que cela soit au long du tournant du 
cr boulevard, passant par devant la cassematte; et aussi que, en parachevant l'autre 
rrcassematte de nostre boulevard, sur le grand chemin, du costé de la rivière, 
rrd'y garder encore un autre petit passage pour aller avec le batteau, entrer dans 
rrles canaux de mondit jardin, et faire par mesme moyen la muraille au long du 
rr chemin, depuis lad. cassematte jusqu'à la petite tournelle des Cloches, afin que 
rrle petit bout de mon jardin soit fermé, et que les choses soient bien faites et le 
rrplus tost que l'on pourra, ainsi que ledit abbé de Saint-Serge montrera aux ou- 
(fvriers; et vous me ferez plaisir bien agréable, priant le Créateur, Mons. de Vil— 
r-leroy, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde. Ecrit le neuvième jour de sep- 
rrtembre mil cinq cens soixante et sept. Signé CATHERINE, et au-dessous : Fizes. v 

Le compte de 1670 mentionne une « grotte n ornée de poteries émaillées, à 1. ...nu- 

1 11 *n ■ 1 ivïi t\ 1 t* 1 * 1 AT* 1 ''" P : "' r f ' iS Tuileries. 

laquelle travaillaient alors 1 illustre nernard Pahssy et ses deux parents, mcoias et 
Mathurin Palissy. Cette grotte ne doit point se confondre avec la fontaine dont il 
vient d'être parlé, bien que, au xvr" siècle et encore dans le xvii p(2) , les mots grotte 



1; La lettre est extraite du mémoire de Bouquet 
sur la Topographie de Paris (p. .'528-29). M. de 
Moutaiglon, en la publiant de nouveau dans les 
Archives de l'art français (liv. du 10 janvier 1857), 
a rappelé, louchant la fontaine des Tuileries, le 
passage suivant des Discours admirables de B. Pa- 
lissy : «Mais, dit Théorique, si ma maison estoit 
"iin chasleau entouré de fossez, cela ne me pour- 
-roit servir. — Si ainsi estoit, répond Pratique, il 
"faudrait amener l'eau du receplable par tuyaux. 



r-jusques au dedans du chasleau; tout ainsi que tu 
fvois les fontaines de Paris el celle de la Royne, 
'•que l'on l'ail passer à Iravers des fossez, pardedans 
rr certaines pièces de bois qui sont creusées pour cet 
«effect, et sont ouvertes pardessus, et y a dedans un 
-tuyau de plomb où Teau des fontaines passe. « 

m Comme exemple connu de tout le monde, nous 
citerons la belle fontaine du Luxembourg', d'abord 
dite la Grotte, ainsi qu'on le voit dans les comptes 
de la construction de l'édifice, et ailleurs aussi. 



40 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

et fontaine fussent à peu près synonymes, en ce sens que par l'expression grotte 
on désignait toujours quelque construction comportant une fontaine. La grotte 
des Tuileries était certainement un ouvrage très-remarquable tant par l'origina- 
lité de la conception que par l'éclat des matériaux. En 1670, on travaillait aux 
quatre ponts qui en faisaient partie; elle n'était donc point terminée alors. Le 
fut-elle jamais? Il est permis d'en douter, et de supposer que son état d'inachè- 
vement est la principale cause pour laquelle elle a disparu si vite, malgré sa 
magnificence. On ne la voit sur aucun plan du xvu c siècle, et si l'on croit la 
distinguer sur le plan de Du Cerceau, c'est seulement depuis que la découverte 
de certain dessin dont nous allons parler est venue suggérer des idées sur sa dis- 
position probable. 

M. H. Destailleur possède, parmi les dessins de sa belle collection, un croquis 
du xvi e siècle, exécuté à la plume et légèrement lavé au bistre, représentant la 
coupe d'un édifice circulaire placé en contre-bas du sol. (Voir le fac-similé ci-contre.) 
Cet édifice est incontestablement une grotte décorée d'émaux, puisqu'on lit au bas 
du dessin : Le portraict de la crotte rustique qui sera en terre environt quinze piet, et le 
tout sera faict de rustique, tant les anymault que la massonerye; et ladicle crotte a esté 
inventé par Madame la Grant; et ailleurs : La plasse là où l'on peuli mestre des émailles 
de terre cuytte. M. de Motitaiglon, qui a signalé et étudié le dessin (1) , n'hésite pas à 
déclarer que c'est celui de la grotte des Tuileries. Pour justifier son opinion, il 
commence par faire observer que le dessin émane évidemment de Palissy ou d'un 
de ses parents. «La façon, dit-il, dont figurent, dans la décoration, des coquillages,- 
crdes homards, des écrevisses et des serpents, l'importance que l'artiste donne à 
rrleur emploi, puisqu'il met les animaux à l'égal de la maçonnerie, le mot de 
p- rustique, nous montrent que nous avons devant les yeux une œuvre de l'inven- 
te teur des rustiques fgulines, de l'auteur de cr l'admirable grotte rustique de nou- 
velle invention, w faite pour le connétable de Montmorency, et que l'émail devait, 
cr sinon recouvrir le tout, au moins y jouer un grand rôle. Le dessin et l'écriture 
" sont-ils de Palissy lui-même? L'absence de termes de comparaison ne permet pas 
1- de l'affirmer, et ii se peut que le tout soit de la main de Nicolas ou de Mathurin, 
erses fils, ses élèves et ses aides... mais, pour l'invention, il n'y a pas à en douter, 
«elle n'est l'œuvre que du grand, du seul Palissy; car, lui mort, ses héritiers ont 
ce été encore plus indignes de lui que ne l'avaient été de Luca ceux des Délia 
erRobia qui ont prétendu le continuer, n Décrivant ensuite le dessin, et établissant 
qu'il est en parfaite conformité avec les idées exprimées par Palissy, M. de Mon- 
taiglon conclut que Palissy ou l'un des siens en est nécessairement l'auteur. Toutes 
les probabilités se réunissent pour donner raison à M. de Montaiglon sur ce pre- 
mier point; mais, sur la question de savoir si le dessin représente véritablement 

1 Arch. de l'art français, t. VII, p. 16 cl suiv. 




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LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 'il 

la grotte des Tuileries, les arguments de M. de Montaigion sont moins décisifs, 
et, parmi ceux qu'il emploie, un seul nous paraît militer fortement en faveur de 
l'affirmative, c'est cette phrase: crLadicte crotte a esté inventé par Madame la 
ftGrant. n Il lui semble que l'expression de rr Madame la Grahti? désigne Marie Du 
Perron, qui, authenliquemont chargée de payer les travaux de la grotte, pourrait 
avoir exercé près de la Reine des fonctions ayant motivé l'épithète que nous 
venons de rapporter. Si la personne à laquelle s'applique l'épithète n'est pas Marie 
Du Perron, c'est du moins et infailliblement l'une des deux dernières femmes de 
Claude Gouflier, grand écuyer de France, soit Claude de Beaune-Semblançay, 
qui épousa Gouflier eu 1 5G7, soit Antoinette de Latour-Landry, qui la remplaça 
l'année suivante. Toutes deux effectivement vécurent dans l'intimité de Cathe- 
rine de Médicis, dont elles turent daines d'honneur, et toutes deux portèrent 
incontestablement le nom de rr Madame la Grande, n comme l'avait porté avant 
elles Françoise de Brosse, seconde femme de Gouflier^. Il est, au surplus, un 
excellent argument subsidiaire à invoquer à l'appui du sentiment de M. de Mon- 
taigion, qui en a d'ailleurs entrevu la portée. Sur le plan de Du Cerceau Ton 
n'aperçoit que deux endroits où il y ait apparence d'une grotte : l'un est silué 
près et au nord de l'allée centrale, à un peu plus de deux cents mètres du palais; 
l'autre, distant du double, est un parterre carré de douze compartiments (voir la 
leuille V bis). En ces deux places figure un cercle d'environ trois toises ou dix- 
huit pieds de diamètre; or, en restituant l'échelle du dessin d'après cette note, «la 
«crotte... sera en terre environt quinze piet®, n on trouve que le diamètre de la grotte 
est justement de dix-sept pieds et demi. Il serait diflicile de ne voir encore là 
qu'une coïncidence fortuite. Nous croyons donc, pour notre part, que le dessin 
est très-vraisemblablement un projet, exécuté ou non, de la grotte des Tuileries, 
et que, dans tous les cas, il nous renseigne très-heureusement sur ce que put 
être l'édifice réellement construit. Nous pensons, en outre, que ce dernier esl 
l'objet que Du Cerceau a voulu reproduire par les deux cercles concentriques qu'il 
a placés dans le parterre de douze compartiments, à l'intersection de deux petites 
allées, faites pour inspirer l'idée des quatre ponts dont il est certain que la grotte 
était munie ( 3 '. 



Françoise de Brosse est appelée "Madame la 
-Grande^ dans un document original de i558, 
que possède M. Benjamin Fillon, et qu'il nous a 
communiqué. — M. Fillon a signalé, dans son ou- 
vrage sur la Vendée (p. 1 3 ) , une grotte qui était si- 
tuée dans le manoir du Veillon (commune de Saint. 
Hilaire de Talmond ) et qui présentait une décoration 
d'émaux analogue à celle de la grotte des Tuileries. 
!) Les autres inscriptions du dessin, qui offrent 
quelques difficultés de lecture, sont ainsi conçues : 



Le boys — l'ascotoys (l'accotoir, le parapet). — Le 
raij [rez] des terres. — I/espesseur de la murailles. 
— Le (p)«£s ser(\an)t de fo(nto)yue. — Pot pour 
Veaux. — L'esquallier quiest pur drfors. — La pro- 
jection de l'escalier est fausse : il devait être circu- 
laire en plan. 

1 M. de Montaigion incline à placer la grotte 
dans le lieu le plus rapproché du palais, parce que 
ce lieu lui parait couvert d'arbres sur le plan de Du 
Cerceau, et qu'il est parlé d'un bois sur le dessin; 



42 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

r un e grotte V défaut de renseignements lout à fait autlientiques sur l'ordonnance définitive 

BemaMPaiissy. de la grotte des Tuileries, nous savons du moins comment Palissy conçut d'abord 
les projets d'une pareille construction. En effet, chercheur aussi heureux que zélé, 
M. B. Fillon a découvert à la Rochelle un manuscrit de neuf pages m-k°, qu'on peut 
croire de la main même de Palissy, et dont la couverture porte ces mots : Devis 
(Fune grotte pour la Royne, mère du Roy. Voici ce que renferme le manuscrit : 

La Royne mère m'a donne charge entendre si vous lui sçauriez donner quelque devis ou por- 
traicl ou înodelle de quelque ordonnance et façon estrange d'une grotte qu'elle a vouloir 1ère cons- 
truire en quelque lieu délectable de ses terres ; laquelle grotte elle prétend édifier, enrichir et 
aorner de plusieurs jaspes estranges et de marbres, pourfires, couralz et diverses quoquilles, 
en la l'orme et manière de celle que monseigneur le cardinal de Lorraine a faict construire à 
Mudon. 

RESPONSE. 

S'il plaist à la Royne me commander luy fère service à tel chose, je luy donneray la plus 
rare invention de grotte que jusques icy aye esté inventée, et si ne sera en rien semblable à 
celle de Mudon. 

DEMANDE. 

Je vous prie me fère entendre de quelle chose vous vouldriés aorner et enrichir vostre grotte, 
affin que j'en face le récit à ladicte Royne. 

RESPONSE. 

La grotte que je vouldrois conseiller fère, elle seroit toute, par le dehors, de pierres com- 
munes, et, par le dedans, de terre cuicte en forme d'un rochier estrange; le tout enrichy, ins- 
culpé et esmaillé de diverses choses inénarrables. 

DEMANDE. 

Voire, mais cela seroit dangereux à rompre et de petite durée; car l'on sçait bien qu'il n'y 
a rien plus frangible que la terre. 

RESPONSE. 

Et je vous asseure que si la Royne m'avoit commandé luy faire une grotte de l'invention 
susdite, qu'elle seroit de plus grande durée cent fois que non pas celle de Mudon; car ceulx qui 
disent que la terre est par trop frangible, ilz l'entendent fort mal, car elle est beaucoup plus 
dure quand elle est bien cuicte que n'est pas la pierre; mais ce qui la fait appeler frangible, c'est 
parce qu'on l'applique à vaisseaux qui sont terves (minces); mais si elle estoit cuicte par masses 
aussi grosses comme sont les pierres, il n'y a si bon ferrement qui ne fust soudain usé en les 
taillant en la forme que l'on taille les pierres. Aussi, si l'on faisoit des vaisseaux de pierres com- 

mais il nous semble douteux que la grotte ait pu bas du sol, l'eût rendue d'une obscurité intolérable; 
être bâtie au milieu d'un massif d'arbres, car cette nous ne pensons pas non plus que, au point indi- 
circonstance, jointe à celle de sa situation en contre- que, le plan représente une futaie. 



LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 43 

mimes aussi tervea (|uo ceux de terre, il/, se trouveroienl beaucoup plus tangibles que non pas 
ceux de terre. 

DEMANDE. 

Et pourquoy dis-tu quelle seroit de plus longue durée que celle de Mudon? 

RESPONSE. 

Parce que les enricliisseinens en dedans de celle de Mudon sont cymentés cl placqués, rap- 
portés de plusieurs pièces, lesquelz seront subgects à eslre desrobés au changement des seigneurs 
du lieu; mais il ne sera pas ainsi de celle qui sera faictc de mon art, parce que toute l'œuvre de 
terre qui sera pardedans sera massonnëe et lyée avecques la muraille du dehors, el par tel moyen , 
Ton ne pourra rien arracher de sa parure, que premièrement on ne rompe toute la muraille. 

DEMANDE. 

Il fauldroit, pour ceste cause, que tu me fisses un discours bien au long de l'ordonnance de 
la grotte que tu vouldrois enlreprendre pour ladicte Royne, et, me l'ayant donne par escrit, 
je mettra y peine de luy faire entendre. 

RESPONSE. 

S'il plaisoit à la Royne me commander une grotte, je la vouldrois faire en la forme d'une 
grande caverne d'un rochier; mais, afin que la grotte fust délectable , je la vouldrois aorner des 
choses qu'il s'ensuyt: 

Et premièrement, audedans de l'entrée de la porte, je vouldrois faire certaines figures de 
termes divers, lesquelz seroient posez sur certains pieds d'estralz pour servir de colonne, et, 
au-dessus des testes desdicts termes, il y auroit certains arquitrave, frise et cornische, timpansi I 
IVontespice, et le tout insculpé d'une telle invention que je vous feray entendre cy-après; i l les 
deux costes du longis de la muraille, à dextre et à sënestre, je vouldrois qu'il fust tout garm de 
niches que aulcuns appellent doulcyers, lesquelles nyches ou doulcvers serviroienl un chascun 
d'une chaire; entre lesquelles niches il y auroit un pilastre et une colonne faisant la division des 
deux niches; aussi audessoubz d'une chascune colonne il y auroit un pied d'estralz en ensui- 
vant l'ordre des antiques, et le tout enrichy en la manière que je vous diray par après. 

Et quant au pignon qui seroit à l'aultre bout de la grotte, je vouldrois l'enrichir de plusieurs 
termes, lesquelz seroient portez sur un rochier qui contiendrait toute la largeur de la grotte, el 
de la haulteur aultant qu'un homme pourroit toucher de la main, duquel rochier sortiroienl 
plusieurs pissures de fontaines en la manière que je vous diray ci-après; et audessus des testes 
des termes il y auroit une arquitrave, frise et cornische, qui régnerait tout à fentour de ladicte 
gratte, et audessus de la cornische il y auroit, tout à l'entour, un grand nombre de fenestres, 
qui monteraient jusques à un pied près du commencement des voultes, lesquelles fenestres se- 
raient fort estranges, comme pourrez entendre cy-après. Aussi je vous feray entendre cy-après le 
discours des voultes; mais premièrement je vous veulx 1ère entendre l'enrichissement et beaulté 
des choses que je vous ay nommé ci-dessus. 

DE LA BEAULTÉ ET AORNEMENT DE LA GROTTE. 

Notez que le grand rochier, qui seroit au pignon opposite du portai, seroit insculpé par un 
nombre infini de bosses et de concavités, lesquelles bosses et concavités seraient enrichies decer- 

6. 



45 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

taines mousses et de plusieurs espèces d'herbes qui ont acroustumé croistre es rochiers et lieux 
aquatiques, qui sont communément escolopandre, adienton, politricon, rapillis veneris, et aul- 
tres telles espèces d'herbes que Ton adviseroit estre convenables; et, depuis le tiers du rochier en 
liant, je vouldrois mettre plusieurs lézai's, langrottes, serpens et vipères, qui ramperoient au long 
dudict rochier, et le surplus dudict rochier seroit aorné et enrichy d'un nombre infini de gre- 
Doilies, chancres, escrevisses, tortues et yraignes de mer, et aussi de toutes espèces de coquilles 
maritimes; aussi sur les bosses et concavités il y auroit certains serpens, aspicz et vipères couchez 
et entortillez en telle sorte que la propre nature enseigne, et au bas, joignant ledict rochier, il 
y auroit un foussé contenant la largeur de ladicte grotte, lequel foussé seroit tout entièrement 
aorné de toutes les espèces de poissons que nous avons en usaige, lequel poisson seroit ordinai- 
rement couvert d'un nombre infiny de pissures d'eau qui tomberaient dudict rochier dans le 
foussé, tellement que les pissures qui tomberaient (croient mouvoir l'eau du foussé, et, par cer- 
tains éblouissemens ou mouvemens de l'eau, on perdrait de veue par intervalles le poisson, en 
telle sorte que l'on penserait que ledict poisson se fust démené ou couru dans ladicte eau; car 
il fault entendre que toutes ces choses cy-dessus seraient insculpées et es maillées si près du 
naturel qu'il est impossible de le racompter. 

Et quant aux termes qui seront assis sur le rochier des fontaines, il y en auroit un qui seroit 
comme une vieille estatue mangée de l'avr ou dissoulte à cause des gelées, pour démonstre r 
plus grande antiquité. 

Et après cestuy-là, il y en auroit un aultre qui seroit taillé en forme d'un rochier rustique, 
au long duquel il y auroit plusieurs mousses et petites herbes, et un nombre de branches de 
lierre qui ramperoient à l'entour d'iceluy pour d. : nolter une grande antiquité. 

Item, après cestuy-là, il yen auroit un aultre qui serait en façon, comme bien souvent l'on 
trouve , des pierres que , en quelque endroit qu'elles soient rompues , l'on y trouve un grand nombre 
de quoquilles creues et formées audedans de la mesme masse; aussy s'y trouve ung nombre de 
chailloux, lesquels chailloux et quoquilles sont beaucoup plus durs que non pas le résidu de la 
masse. 

Item, il y en auroit un aultre qui seroit tout formé de diverses quoquilles maritimes; sçavoir 
est les deux yeux de deux coquilles; le nez, bouche, menton, front, joues, le tout de quoquilles, 
voire tout le résidu du corps; et si quelqu'un ose disputer que se n'est pas imyter nature, je prou- 
vera}' que si, parce que je monstreray, si besoing est, plusieurs rochiers et pierrières qui, en 
quelque endroict que l'on les puisse coupper, elle se trouvent toutes pleinesde quoquilles, \oire 
si près à près, qu'elles se touchent l'une à l'autre. 

Item, pour faire esmerveiller les hommes, je en vouldrois 1ère Irais ou quatre veslus etcoilfés 
de modes estranges, lesquelz habillemens et coiffures seraient de divers linges, toiles ou subs- 
tances rayées, si très approchant de la nature, qu'il n'y auroit homme qui ne pensast que ce 
fust la mesme chose que l'ouvrier auroit voulu imyter. 

Et quant aux nyches, colomnes, pieds d'estracz et pilastres, je les vouldrois 1ère de diverses 
couleurs de pierres rares, comme sont pourphires, jaspes, cassidoines et de diverses sortes 
d'agates, marbres et grisons madrez, en imitant les natures les plus plaisantes qui se pourraient 
1ère et imaginer. 

Et quant aux deux quadratures qui seraient à la dextre et sénestre de l'entrée de la porte, 
-;'il plaisoit à la Royne mère, je y vouldrois 1ère certaines figures après le naturel, voire imitant 
de si près la nature, jusqu'aux petis poilz des barbes et des soursilz, delà mesme grosseur qui 
est en la nature , seroient observez. 

Et quant aux fenestres qui régneraient à l'entour, elles seroient d'une invention fort nions- 



TOPOGRAPHIE 



Fig.S. 





Fia;. 2 



F, <?. 3 








FRAGMENTS DE FIGVRES 









! 



LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDIUS. 45 

treuse et beaulté indicible; car je les vouldrois 1ère fort longues, estroites el biaises, ne tenant 
aulcune ligne perpendiculaire ne directe; car elles scroient formées comme si un rochier avoil 
esté couppé indirectement pour passer un homme, en telle sorte que les fenestres se trouve- 
raient biaises, tortues, bossues et contrefaictes; et néanmoins elles seraient aornees, insculpées, 
madrées el jaspées de toutes les beaultés dessus dictes. 

Et quant aux voultes, elles seraient tortues, bossues et enrycbies de semblable parure que 
dessus; et tout ainsi que l'on voit ez vieulx bastimens que les pigeons, grolles, arondelles,fouynes 
et bellètes l'ont leur nydz, je vouldrois aussi inseulper plusieurs de telles espèces d'animaulx 
auxdictes voultes. 

Et quant au pavement du dessoulz, je le vouldrois 1ère d'une invention toute nouvelle, non 
moins admirable que les aultres choses que dessus. 

Aussi parce qu'il y aurait une table de mesme matière, je vouldrois aussi lui l'ère un buffet 
de semblable parure, lequel je vouldrois asseoir joignant les fontaines. 

DEMANDE. 

Et sy vous vouliez édilyer un tel bastiment en un lieu qu'il n'y eust poinct d'eau, que vous 
serviraient vos fontaines? 

RESPONSE. 

Encores pourroient-elles servir beaucoup, parce que, si l'on vouloit banqueter en ce lieu, 
l'on pourrait fère pisser les fontaines durant le banquet, et ce par certaine quantité d'eau que 
l'on mectroit en un canal secret qui serait par le dehors de la gratte. 

«Ne voilà— t— il pas, dit avec justesse M. Fillon, la rédaction première du 
«chapitre de la Receple véritable, consacrée au dessein d'un jardin autant délectable et 
«d'utile invention qu'il en fut oneques veuf Ici toutes les bizarreries enfantées par 
«un cerveau quelque peu fiévreux sont accumulées dans une seule grotte, tandis 
«qu'elles ont été réparties plus tard entre plusieurs. On sent quePalissy, ce sublime 
« ouvrier, mais pauvre artiste, r> tenait surtout à frapper, par les séductions de la 
«fantaisie, l'imagination mal réglée d'une femme qui portait dans son goût pour 
«les arts l'incontinence de ses passions politiques W. n 

On sait que les contemporains de Palissy l'appelaient tcM e Bernard des Thuille- 
rtries®,n et l'on en a conclu qu'il habitait quelque partie du château ou qu'il y 
avait au moins son atelier. L'exactitude de cette supposition si vraisemblable a été 
confirmée matériellement : au mois de septembre i855, au fond d'une tranchée 
pratiquée dans le jardin des Tuileries pour la recherche d'une conduite d'eau , ont 

(1) Lettres écrites de la Vendée à M. A. de Montai- «M' Bernard des Thuilleries. » (Bull, de la Société 

Iflon, p. 48 et suiv. de l'Histoire du protestantisme français , I. I. p. a5.) 

(1) Peiresc racontait, en 1606, qu'il y avait à Saint-Girault, Langrois , dans son ouvrage intitulé 

Écouende «ces belles poteries inventées par M" Ber- Globe du monde cl publié en 1 5 9 -2 , dit (pie -Maislre 

•nard des Thuilleries, » (Œuvres de D. Palissy, éd. '-Bernard Palissy était "cy-devant gouverneur des 

dei777, P- 465), et M. Ch. Reada vu un exemplaire <r Tailleries, à Paris;» ce qui semble étrange, mais 

de la Recepte véritable sur la couverture duquel n'est point après tout impossible, si l'on donne au 

était écrit en caractères du temps : -'Le livre de mot gouverneur le sens de concierge. 



46 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

été trouvés divers débris de poteries émaillées avec figures en relief, et, parmi 
ces débris, un grand morceau du plat de Palissy connu sous le nom de plat du 
Baptême, h cause du sujet qui y est représenté. Gomme le fragment exhumé ^ est 
celui d'une épreuve gâtée pendant la cuisson et évidemment jetée au rebut, il pa- 
raît que Palissy avait son officine, te son œuvre, n au lieu même où la découverte 
a été effectuée, c'est-à-dire à une courte distance, au sud-est, de remplacement 
aujourd'hui occupé par le petit bassin méridional. 

D&ouverie Si Palissy avait son atelier dans le grand jardin des Tuileries, ses fours du moins 

de étaient ailleurs. Une découverte des plus inattendues nous en a donné la certi- 

fies.) tude. En effet, lorsque, au mois de juillet 1 865 , on fouillait pour asseoir les fon- 
dements de la nouvelle salle des Etats, on rencontra en contre-bas du sol deux fours 
à poterie, dont la plus grande partie était assez bien conservée®. En cherchant à 
déterminer l'époque de leur construction, nous constatâmes que celui qui avoisi- 
nait la contrescarpe se trouvait sur l'emplacement du chemin longeant le fossé, 
d'où résultait nécessairement que les deux fours, évidemment contemporains, de- 
vaient être d'origine antérieure à la création du chemin, ou postérieure à sa sup- 
pression. La nature des matériaux et d'autres circonstances rendant la première 
supposition inadmissible, il y avait lieu de s'arrêter à la seconde, ce qui reportait 
à la période de Catherine, car on ne pouvait songer à descendre plus bas. Mais 
comment s'expliquer que cette princesse eût souffert la présence de plusieurs fours 
dans l'enceinte de son palais, où l'on n'a point fait usage de briques? Une seule 
hypothèse permettait de s'en rendre compte: les fours étaient ceux de « l'inven- 
te teur des rustiques figulincs du Roy, et la Royne, sa mère, n 

La conclusion qui précède se déduisait trop rigoureusement des faits pour lais- 
ser des doutes sérieux; cependant, comme la découverte offrait un vif intérêt, 
nous souhaitions ardemment recueillir des preuves matérielles de son authenticité. 
Il ne tarda point à en surgir une quantité inespérée. Dans le dessein d'obtenir le 
plan complet d'un des fours, dont l'extrémité était engagée dans la berge de la 
tranchée, nous fîmes exécuter un déblai, à la suite duquel apparut l'entrée de 
deux foyers qui n'avaient jamais été comblés. L'un d'eux nous fournit les éléments 
d'une démonstration péremptoire: il contenait des débris de ces manchons ou ga- 
zettes que Palissy passe pour avoir inventées, et qui servent à la cuisson des pièces 
fines; des morceaux de grès céramique et de carreaux rouges d'une finesse de 
pâte remarquable; des fragments de ces poteries émaillées, si connues, qui ont 
fait la célébrité du maître; des empreintes d'ornements discoïdes et en pointes de 

' H a été déposé au musée céramique de Sèvres il a été fait mention dans les journaux du temps, 
par les soins du conservateur de ce musée, M. Rio- (2) Voir l'article que M. Charles Read a publié 
creux, lequel a bien voulu nous renseigner sur les dans le Journal des Débats du 7 août 1 865 , en an- 
circonstances que nous venons de rapporter, et dont nonçant le premier cette découverte au public. 









FRAGMENTS DE FIGVRES ET ORNEMENTS 
VLESON R.OVVÉS DANS Vf 



LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDIUS. '.7 

diamant (fig. 10, 11 et 12); enfin les moules, malheureusement endommagés , 

de figures en haut relief, dont deux sont décrites par Palissy lui-même dans le 
ce Devis d'une grotte, n que nous avons emprunté au livre de M. Fillon. Il est 
assurément rare de pouvoir, en semblable occasion, justifier une attribution par 
des témoignages aussi saisissants et aussi incontestables. 

Informé de notre trouvaille, l'architecte du palais, M. Lefuel, qui avait bien 
voulu donner des ordres pour qu'on aidât à nos recherches, fit soigneusement 
transporter dans une salle des nouveaux bâtiments les précieux moules déposés, 
près de trois cents ans auparavant, dans le foyer où ils furent abandonnés. Ces 
moules étaient saturés d'humidité, et le plâtre dont ils sont composés se désagré- 
geait. Après les avoir laissés séjourner, on en a pris avec précaution des estam- 
pages, qui ont produit les reliefs dont la planche ci-jointe donne l'image. Il y a 
eu en tout onze fragments recueillis. Quatre appartiennent à une figure d'homme, 
dont on possède ainsi la tète incomplète, ainsi que les épaules, les jambes, qui 
sont croisées, les talons et la région lombaire (fig. 1, 2, 3). Le torse est recou- 
vert d'une draperie rayée, au-dessous de laquelle on aperçoit un tissu grossier 
comme du canevas. Le nu a été moulé sur cadavre, et les étoffes l'ont égalemenl 
été sur nature, afin de réaliser la pensée que Palissy énonce en ces termes (voir 
page hh ci-dessus): ce Ilem, pour faire esmerveiller les hommes, je en vouldrois 1ère 
ce trois ou quatre (termes) vestus et coiffés de modes estranges, lesquelz habille- 
cemens et coiffures seroient de divers linges , toiles ou substances rayées, si très appro- 
cc chant de la nature, qu'il n'y auroit homme qui ne pensast que ce fust la mesme 
ce chose que l'ouvrier auroit voulu imyter. ... Je y vouldrois fère certaines figures 
r après le naturel, voire imitant de si près la nature, jusqu'aux petits poilz des barbes 
ce et des soursilz, de la mesme grosseur qui est en la nature, n Toutes ces parti- 
cularités se reconnaissent immédiatement dans la figure dont nous parlons, et néan- 
moins il en est encore une autre plus caractéristique, car c'est celle d'une sorte 
de monstre, dont le corps est composé de coquilles, y compris les yeux (fig. û); or 
Palissy dit (même page): «Item, il y en auroit un aultre (terme) qui seroit toutformé 
«de diverses quoquilles maritimes; sçavoir est les deux yeux de deux quoquillcs; le ne:. 
«bouche, menton, front, joues, le tout de quoquillcs, voire tout le résidu du corps. ■* || 
existe un morceau d'un second modèle du même masque avec plusieurs modifica- 
tions, indiquant les tâtonnements de l'artiste. Le septième fragment est une main, 
aussi moulée sur nature, et tenant une épée de forme ancienne (fig. 5). Certain 
débris informe, où l'on croit reconnaître une cotte de mailles, pourrait provenir 
de quelque statue dont la main aurait fait partie. Ce que représente le huitième 
fragment est assez difficile à discerner; on y voit des cuisses de femme, auxquelles 
adhère une mince draperie (fig. G). Les trois dernières sculptures consistent en 
spécimens différents de piédouches (fig. 7, 8, 9) formés de coquillages agglomé- 
rés, dont l'usage était sans doute de porter des statues comme celles dont il vient 



48 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

d'être question. On a recueilli, en outre, mêlées aux moules ou jetées dans les 
terres du remblai, une dizaine d'empreintes de feuilles de fougères, qui appar- 
tiennent précisément aux espèces appelées adiante, cheveu de Vénus, polytric et scolo- 
pendre®, que Palissy se proposait d'utiliser dans la décoration de la grotte. Enfin 
le sol des environs du four contenait le creux d'un petit cartouche d'orfèvrerie 
et un charmant médaillon rond représentant un buste de femme au sein décou- 
vert. Ce médaillon rappelle le style de Germain Pilon, et décèle trop l'art pour 
être attribué au potier de Saintes, qui ne fut vraisemblablement chargé que de 
l'exécuter en émail. 

Les fours de Palissy étaient au nombre de trois; mais nous n'en avons vu que 
deux, parce qu'il y en a eu un qui, imparfaitement détruit en 1861, n'a attiré 
l'attention de personne. Il était situé sous les bâtiments des Tuileries, à environ 
1/4 mètres de la Grande Galerie, et, comme ceux que nous avons étudiés, cons- 
truit en carreaux ou briques plates communes, longues d'environ 20 centimètres, 
larges de 1 5 ou de 1 0, et épaisses de 1 5 millimètres. Les briques étaient hour- 
dées avec de la terre à potier, suivant la coutume, et portaient les traces d'un 
feu violent, qui avait causé çà et là des rr tétines de verre, n comme dit Palissy. 
Le four le plus intéressant était placé entre les deux autres. Il se composait 
(voir la planche ci-contre et le plan de substructions, t. I, p. 178) d'une cage 
longue, dans œuvre, de 3 m ,6o, large de 3 m ,2 0, et circonscrite par des murailles 
hautes de 3 m ,3o, adossées aux terres. Dans le sens longitudinal , la construction 
était divisée en deux par un petit mur qui recevait la retombée d'une double 
série d'arcs formant ce que, en langage technique, on nomme des carneaux. Vers 
le nord, la cage des carneaux était close par deux foyers cintrés, longs de 3 m , 12, 
larges de i m ,3y, et hauts, sous clef, de o m ,o,8. Le four atteignait ainsi une lon- 
gueur totale de 7 m ,o5 hors œuvre. Il était précédé d'une pièce destinée à l'in- 
dividu chargé d'entretenir le feu des foyers, lors des cuites. L'aire de cette pièce 
étant à 5 m ,55 en contre-bas du sol de la cour des Tuileries, on devait y parvenir 
par un escalier ou par une pente qui n'a point été reconnue, parce que la fouille 
n'a pas été poursuivie dans cette direction , à cause de l'inutilité probable du travail. 
La cage du four oriental, longue de 7"\2 7, et large de 3 m ,63, contenait égale- 
ment une double rangée de carneaux, mais les arceaux portaient, au centre, 
sur des pieds-droits isolés, et ils étaient reliés les uns aux autres par des lan- 
guettes en terre cuite, dont la planche fera facilement comprendre l'agence- 
ment. Les foyers ou gueules avaient été détruits pour faciliter le passage d'un 
égout. 

11 Adiante, genre de fougères à feuilles minces games de la famille des mousses, ainsi appelées 

et à tige grêle et lisse. — Adiante, cheveu de Vé- parce qu'elles poussent plusieurs petites liges me- 

inis , vulgairement capillaire de Montpellier. nues qui ressemblent à une épaisse chevelure. 

Pohjtric (Polytricon), genre de plantes crypto- Scolopendre, genre de la famille des fougères. 



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LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDIUS. V.» 

Le r contrerolïeur général des bastimens «les Thuilleriesn était Guillaume de i>,,, 
Ghapponnay, juré du roi en l'office de maçonnerie, dont les gages avaient été 
fixés à 36o livres par an; niais l'ordonnancement des payements relatifs aux cons- 
tructions du palais se faisait, vers 1670, sous la direction de l'Evêque de Paris ' . 
intendant en titre des bâtiments de la Reine. Les entrepreneurs de la maçonnerie 
s'appelaient Nicolas Houdau et Jacques Champion; dans le marché conclu avec 
eux, il avait été convenu que le travail serait rr toisé comme sy le tout esloit plain 
rrsans aucun aorncment, fors seulement les ouvrages, saillyes et aornemens dé- 
célérez aud. marché. n C'est ce que nous lisons dans les fragments des comptes 
delà construction des Tuileries, pour les années iB^o et 1 5 7 1 , que possède la 
Bibliothèque impériale' 2 ) et que nous allons résumer. 

Pour les travaux de maçonnerie, le salaire des ouvriers monta à la somme de 
Sik'i&n* pendant une période de treize semaines consécutives, commençant le 
lundi 26 février 1 5 7 1 . La dernière fut celle où l'on dépensa le moins, 1 1 6'<) s tour- 
nois seulement; la quatrième fut celle où l'on dépensa le plus; le total s'éleva à 
356 1 1 6 S û d . Un nommé Bertrand Deulx (d'Eu?) est indiqué comme travaillant au 
bâtiment des rrescuyries et closture du grand jardin, y Nous avons vu un ordre de 
payement pour les travaux du palais, daté du i5 mai 1 566 et signé de l'Orme, 
où ce Bertrand Deulx et son collègue Gachon Belle sont qualifiés de et maçons 
fret entrepreneurs. n L'achat des matériaux, du lundi 5 mars au samedi 12 mai, 
coûta 3,80s 1 1 4 S /i d , la dépense de chaque semaine variant de 77 1 1 o s 2 d à 707 1 1 6 S . 
Parmi les matériaux figurent 1 84 tonneaux et 12 pieds de pierres de Saint-Leu, 
payés à raison de /»o sous tournois le tonneau de 1 k pieds. 

Les travaux de jardinage exécutés durant quinze semaines, commençant le 
16 juin et finissant le 21 octobre 1570, coûtèrent 352 1 0/ 6 d . L'article y relatif 
contient les énonciations suivantes: et Pour avoir. . .besongné et travaillé à la haye 
rrencommencée pour la closture du grand jardin. . .du bois yssu des arbres qui oui 
rr este arrachez du jardin de la CocquiIle (3) , joignant ledicl grand jardin. t> — «Pour 
cr le parachèvement de la haye. . . encommencée à faire depuis le logis des Cloches 
rrjusques à la porte pour entrer dud. jardin en la Carrière (manège), du costé du 
(tfaulxbourg de Sainct-Honnoré. v — Pour avoir arraché ff les arbres et hayes du 
et jardin de laCocquille, à costé du grand jardin . . .pour y faire ung tertre au boni 
a de la Carrière, v 

Entre le 12 février 1570 et le 2 1 mai suivant, on acheta, pour le jardin, /jo poi- 
riers «tant bargamotte que certeau,T> au prix de 10 livres; — 55 gros amandiers, 
au prix de 110 sous, et 60 rrsauvageaulx de poiriers, r> au prix de Go sous; — 

(I) L'évêque de Paris était alors Pierre de Gondi, (3) C'est-à-dire de la maison de la Coquille, si- 
plus tard nommé cardinal, qui, l'an i5g8, résigna tuée dans la grande rue du faubourg Saint-Honoré 
son siège en faveur de son neveu Henri. (voir t. 1, p. 307). 

(!) Le manuscrit est coté FR. 10899. 



50 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

(>o3 quarterons d'arbres ce tant ormeaux que tillets, n payés 27 livres; — 701 quar- 
terons te d'ormeaulx et tilleaulx,n payés 3a livres; — i5o merisiers et i5o pru- 
niers, payés /10 livres; — h tr bottées de houbellon-» et 2 de fraisiers, payées 
(io sous; — /ioo «perches de saulx ])our faire le Dedallus et aultres hayes d'a- 
trpuis,Ti à 20 livres le cent, rendues au jardin; plus un quarteron de bottes d'osier 
au prix de 5 sous la botte; — 3,3oo tr perebettes de couldrc pour servir à faire des 
rt hayes au pourtour du parterre et pavillons, v payées 2^1" i5 s ; — 7,000 petites 
perches de coudrier, payées 55 1 io s , et 6 bottées de fraisiers, à 10 sous la bottée. 
Les travaux du jardin, dont Bastien Tarquin était jardinier, aux gages de 3oo livres 
tournois par an, avaient lieu sous la direction de Bernard de Garuessequi, 
qualifié de tr gentilhomme servant de la Royne et intendant des plantz du jardin 
ttdes Tbuillcries. n II reçut 200 livres pour ses honoraires des six derniers mois 
de l'année 1 570. 

À propos de la fontaine, il est parlé des tr robinets de fonte et cuivre pour les 
te descharges t> des tuyaux. Roger Langlois, maître fondeur en sable, reçut, le der- 
nier décembre 1670, la somme de 100 livres pour, est-il dit, tries ouvraiges des 
r gros robinets de cuivre qu'il a encommencez à faire et fera cy-après pour mettre 
et et aplicquer dedans les regards de maçonnerye faicts pour les décharges et vuy- 
« danges des eaues de la fontaine que là Royne veult et entend faire conduire de- 
ttpuis le villaige de Sainct-Cloud jusques au bastiment et jardin du pallais de Sa 
tr Majesté lez le Louvre à Paris, v II est encore mention de sept autres payements 
faits au même individu et montant ensemble à g35 livres. On lit ensuite : tr A plu-, 
tt sieurs et manouvriers qui ont besongné et travaillé, de l'ordonnance dudict sieur 
r-Evesque de Paris, la réparation de la fontaine que ladicte dame Royne faict venir 
rrde sa maison de Sainct-Clou en son pallais et jardin desdictes Tuilleries, tant 
" à faire les tranchées de terres audedans du parc du bois de Boulongne que aux 
rt jardins des Bonshommes et aultres lieux, pour descouvrir les tuyaulx d'icelle 
tt fontaine, pour congnoistre les faultes qui estoientès-dicts tuyaulx, à l'endroict des 
rt emboestemens d'iceulx, par où l'eau se perdoit, et pour iceulx remastiquer et 
t-restablir; et ce, depuys lelundydix-ncufviesmejourdejuingmil cinq cens soixante 
•et dix jusques au sabmedy vingt et ungniesme jour d'octobre après ensuyvant. v> 

compta L'article où il est question des Palïssy est ainsi conçu: tr Autre despence faicte 

[ifs aus travaux . 

dePaiissy. rt par cedict ])résent comptable à cause de la grotte de terre esmaillée. — Paiement 
tt faict à cause de lad. grotte, en vertu des ordonnances particulières de ladicte dame 
ttDu Pérou. A Bernard, Nicolas et Mathurin Palissis, sculteurs en terre, la somme 
ttde quatre cens livres tournoys, à eux ordonnée par lad. dame Du Pérou, en son 
•ordonnance signée de sa main le vingt-deuxiesme jour de janvier mil cinq cens 
tt soixante et dix , sur et tant moings de la somme de deux mille six cens livres tour- 
rt noys, pour tous les ouvraiges de terre cuicte esmaillée qui restoient à faire pour 



LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 51 

crparfaire et parachever les quatre jtons au pourtour de dedans de la grotte en- 
rr commencée pour la Royne en son pallais, à Paris, suivant le marché faict avecq 
creulx, selon et ainsi qu'il est plus au long contenu et déclairé en ladicte ordon- 
nance; par vertu de laquelle paiement a esté faict comptant aux dessusdicts, ainsi 
«qu'il appert par leur quictance, [tassée pardevant lesd. Vassart et ^i vert, notaires 
(rsusdicts, le vingt-deuxiesm'e jour de febvrier, oudictan mil cinq cens soixante el 
tt dix , escripte au bas de ladicte ordonnance cy-rendue. Pour ce, c\ en despence 
ce ladicte somme de un cl . 

ee Ausdicts Palissis cy-desus nommez, pareille somme de quatre cens livres tour- 
ce noys, à culx aussi ordonnée par ladicte dame Du Pérou, en son ordonnance signée 
crde sa main, le vingt-sixiesme jour de febvrier mil cinq cens soixante et dix; et 
ce ce, oultre et pardessus les aultres sommes de deniers quilz ont par cy-devanl 
ce reçues sur et tant moings de la somme de deux mil six cens livres tournoys, 
«pour tous les ouvraiges de terre cuicte esmaillée qui restent à faire pour faire el 
«parachever les quatre pons au pourtour de dedans de la grotte encommencée 
«pour la Royne, etc. (ut supra). t> II y a encore un troisième à-compte de 200 li- 
vres dont la date manque. 

Le paragraphe relatif à Bullant se trouve au recto du dernier feuillet; en voici le 
texte: cr A M e Jehan Bullant, architecte de ladicte dame Royne, mère du Roy, au 
cebastiment de son pallais des Thuilleries, la somme de 1111 e iiii xx xi 1 m s im d tour- 
cenois, à luy ordonnancée par ledict sieur Evesque de Paris, en son ordonnance 
ce signée de sa main, le \ 111 e jour de mars m v c 1xxi, suivant les lettres de SaMagesté, 
cr données au chasteau deBoullongne, le xxnn e jour de lévrier oudicl an, pourunze 
ermois vingt-quatre jours de ses gaiges, à cause dudi et estât d'architecte du basti- 
cement de son pallais des Thuilleries, commenceant le vn e jour de janvier mil v c l\\ 
ce et finiz le dernier décembre ensuivant oudict an. Qui est à raison de v cl par an, 
ce selon et ainsy qu'il est plus à plain contenu et déclaré en ladicte ordonnance, par 
ee vertu de laquelle paiement a esté faict comptant aud. Bullant de lad. somme de 
ce 1111 e nu xx xi 1 m s nn d tournois, ainsy qu'il appert par sa quictance signée de sa main 
ce le x e jour desd. moys et an, escripte au bas de lad. ordonnance cy-rendue. 
ee — Pour ce, cy en despence, lad. somme de 1111 e uu xx xi 1 in 3 nu cl tournois. n En 
marge est ajouté: eePar une coppie de lettres patentes de la Royne, données 
ceau chasteau de BouHongne, le x\mi e février mil v' Ixxi cy rend, par lesquelles 
ce est mandé au présent comptable bailler et délivrer comptant aud. Bullant la 
ce somme de v e livres faysant moictyé de mil livres (pie icelle Dame luy avoit cy- 
ce devant ordonnée pour ses gaiges de m c architecte de ses bastimens par chacun 
ce an doresnavant jusques à la perfection d'icculx bastimens, à ycelle prandre par 
cemoictié sur les deniers destinez pour employer tant aud. bastiment des Thuilleries 
'•que en son chasteau de Saint-Maur des Fossez; et ce, à commencer le vu e jan- 
cevier mil v c lxx. n 



52 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Au milieu de l'année 1671, on s'occupait déjà des combles du château, pour 
la construction desquels Charles IX accorda à sa mère vingt arpens de bois de 
haute futaie, à prendre dans la forêt deNeufville-en-Hays, suivant une déclaration 
du 5 mai, qui fut renouvelée le 12, et contient ce passage: « Gomme pour para- 
fe chever et rendre eu sa perfection le pallais et maison que la Royne, notre très- 
rr honorée dame et mère, fait bastir auxThuilleries lez nostre ville de Paris, il soit 
rebesoing d'avoir et recouvrer une bonne quantité de boys pour faire la charpente 
«de la couverture et aultres ouvraiges requis et nécessaires audict pallais, etc. (1 N 
Le 3o juillet 1671, le Roi adressa aussi une lettre au Prévôt des marchands, 
afin de lui recommander certains travaux ayant pour but l'assainissement du fau- 
bourg Saint- Honoré. L'opération lui semblait urgente, «pource que, disait-il, 
«nous espérons aller de bref loger au palais des Thuilleries, où, sans double, lés- 
er dictes voiries et immondices que l'on mène audict marché (aux pourceaux) y en- 
rrgendrent ung très mauvais air^.n Cette lettre, la déclaration et les comptes de 
la même année montrent suffisamment qu'il n'y avait alors aucun ralentissement 
dans les travaux de construction du palais; mais, bientôt après, une circonstance 
,- superstitieuses des plus étranges vint changer entièrement les idées de Catherine et couper court 
ruption^stwaiu aux projets dont elle poursuivait la réalisation depuis huit ans. «Ses diseurs de 
Hitî l'-'t!', Mens, "bonne adventure, raconte Mézeray, l'avoient menacée qu'elle périroit sous les 
«ruines d'une maison, et qu'elle mourroit auprès de Saint-Germain, à cause de 
ctquoy elle avoit accoustumé de faire bien visiter les maisons où elle logeoit, et 
«fuvoit superstitieusement tous les lieux et toutes les églises qui portoient le nom 
«de Saint-Germain; de sorte qu'elle ne vouloit plus aller à Saint-Germain-en- 
«La\e, et mesme, pour ce que son palais des Tuilleries estoit de la paroisse de 
«Saint-Germain de l'Auxerrois, elle en fit bastir un autre avec beaucoup de des- 
« pense dans la paroisse de Saint-Eustache^. v Le palais bâti, ou plutôt rebâti par 
Catherine, dans les limites de la paroisse Saint-Euslache, c'est l'hôtel dit plus tard 
de Soissons, dont elle fil acquisition vers 1572, et qu'il lui aurait été inutile d'a- 
cheter si ses absurdes appréhensions ne l'avaient point déjà décidée à abandonner 
les Tuileries. Il paraît qu'elle prit cette résolution à la fin de 1 5^ 1 ou au commen- 
cement de 1672. Postérieurement on ne rencontre aucune indication de travaux 
de construction au palais du bord de la Seine, tandis qu'on a la preuve que ceux 



(l) Arch. de l'Emp. reg. X 80 18, fol. 1 1 5 v°. 

;3 > Ibid. reg. H 1786 bis, fol. 108 v°. 

Hist. de France, t. III, p. 58o de l'édition de 
1601. Mézeray poursuit: «Or, comme ceux qui ad- 
«joustenl l'oy à ces prédictions ne manquent point 
•'de leur trouver des explications de quelque façon 
•'que ce soit, elle crut lors que la première estoit 
"arrivée et que les ruines de la maison de Guise 
trl'accabloient Pour la seconde, il ne fut pas diffi- 



cile de l'expliquer quand on sceut que celuy qui 
«l'assisloil ù la mort estoit un nommé Laurent de 
«Saint-Germain, qui avoit esté précepteur du Roy, 
«et pour lors estoit évesque de Nazareth et abbé de 
rrChâlis. Surquoy les plus sages, au lieu d'adjousler 
«foy a ces vaines prophéties, tirent celle nécessaire 
«induction, ou qu'elles ne sont pas véritables, si on 
«les peut éviter, ou qu'il est inutile de les sçavoir, 
«si elles sont infaillibles. .» 



LE CHÂTEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 53 

de l'autre palais étaient encore en pleine activité l'an 1 58 1 ; or ces derniers étaient 
assez considérables pour qu'il fût impossible à la Reine d'en exécuter de semblables 
sur deux points à la fois. Dès 15-77, il passait pour constant que le palais des Tui- 
leries ne serait point terminé. On lit dans la relation du voyage de Lipponiano: 
«Mais cet édifice (le palais des Tuileries) ne sera pas plus achevé que l'autre (li- 
er Louvre); la Royne est vieille et plongée, par son ambition, dans les affaires du 
ff royaume, en sorte que, le temps lui manquant ainsi que l'argent, cette construc- 
tion restera imparfaite. Elle est destinée à servir de maison de plaisance pour les 
trprinces; elle est si près du palais royal (le Louvre), que le Ro) et les Roynes \ 
rr vont souvent à pied. r> 

La Reine mère, en renonçant à poursuivre l'achèvement des Tuileries, el sur- 
tout à y vouloir habiter, ne cessa point de faire des jardins de ce palais une de ses 
promenades habituelles; on le voit parla lettre suivante, envoyée, le ->Ji avril 1 f) -y 5 , 
au Bureau de la Ville: «De par le Roy, — Très chers el bien amez, Pour ce que 
rrceulxqui passent pardessus le rempart d'entre la porte Sainct-Honnoré et le quay 
terespondant à la Porte-Neufve regardent dedans les jardins du pallais des Thuil- 
rrleries, et aussy dedans les autres jardins prochains de nostre chasteau du Louvre, 
rroù nous et la Royne, nostre très honorée dame et mère, nous allons promener 
« journellement; nous voulons et vous mandons que vous ayez incontinant à faire 
rr faire une muraille au bout dudict rampart, près lad. porte Sainct-Honnoré, et 
«une autre près du moulin à vent qui est au bout dud. rampart, \ laissant et faisan 1 
rr faire à chascune desd. murailles une petite porte, desquelles vous garderez les 
rrclefz pour passer quand l'on ira faire la ronde; mais, d'aultant que nous sommes 
rrici à présent, nous désirons que vous y faictes incontinant besongner. Donné à 
r Paris, le vingt-quatriesmejour d'apvril 1 07 5. — Ainsy signé : HENRY,c7/>//rs bas: 
rrBRULAUTC'.rr Ces jardins des Tuileries, dont le Roi désirait dérober la vue au public 
passant sur les remparts, ne pouvaient être situés qu'entre les fossés de l'enceinte 
de Charles V et les bâtiments commencés du palais, sur l'espace qui fut elTectixe- 
ment occupé, sous Henri IV, par un jardin dont l'établissement implique qu'on 
avait renoncé aux premiers plans adoptés. Faut-il conclure de la lettre précédente 
que cet abandon était déjà décidé? On ne le dirait point, à en juger par la ma- 
nière dont Du Cerceau s'exprimait en 1579, et par la teneur des lettres patentes 
du i5 mai 1678, portant annulation des dons particuliers faits sur les restes 
des comptes. Dans ces lettres, le Roi déclare que les exactions rrdes donataires, - 
qui absorbaient le fonds des restes, avaient r entièrement et du tout empesché le 
rr dessein longtemps jà fait d'accompagner le Louvre d'un si beau palais et si né- 
creessaire» pour lui et ses successeurs qu'était rr celui des Thuilleries;npuis, (tafin 
rr qu'une tant louable et nécessaire entreprise soit mise à fin,r il prescrit trque 

;1) Arch. de l'Emp. reg. H 1787, fol. 3t>2 v°. 



5â TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

fftous et chacuns des deniers desdits restes soient employez à la construction dudit 
«palais des ThuilleriesW, « à laquelle il avait aussi été recommandé, dans une 
ordonnance du 5 décembre 1676, de n'apporter crânienne interruption. •» Il est à 
croire cependant que, vers le milieu du règne de Henri III, la Reine mère étant 
occupée à bâtir son hôtel de la paroisse Saint-Eustache et n'ayant point les moyens 
de fournir à la dépense d'antres constructions aussi vastes, personne ne songeait 
plus sérieusement à continuer les bâtiments des Tuileries suivant les projets rui- 
neux d'après lesquels ils avaient été commencés. Le premier établissement du petit 



(,) Le préambule des lettres patentes , dont il existe 
un exemplaire imprimé dans la collection Rondon- 
neau (cari. 81), rappelle les dons faits par Charles IX 
à sa mère, et est ainsi conçu : «Henry, etc. A tous 
«présens et à venir, salut. Sçavoir faisons que nous 
« avons cy devant et du vivant de nostre très honoré 
ir seigneur et frère le Roy Charles de bonne nié- 
« moire, veu de quelle affection il désiroil l'avance- 
«menl du palais des Tirailleries, de nostre très ho- 
«norée dame et mère, comme estant chose plus 
« nécessaire pour accompagner le Louvre; et, à cet 
«effet, avoil nostre dit seigneur et frère ordonné, 
r- dédié et destiné tous les deniers provenans des 
« restes des comptes de nos officiers comptables, de 
«quelque qualité et condition qu'ils soient, ayant 
«compte en nos Chambres des comptes, sans que 
«lesdits deniers pussent estre divertis ny employez 
«ailleurs qu'à la construction du dit palais; et trou- 
« vant nostre très honoré seigneur et frère qu'à l'oc- 
etcasion d'aucuns importuns donataires son inten- 
«tion ne pouvoil estre si exactement exécutée que 
« le plus souvent ne fussent diverties quelques bonnes 
«sommes desdits restes, il auroit, pour empescher 
«que lesdils deniers des restes ne fussent divertis, 
'■l'ail don en l'année 1 566 d'une bonne somme de 
' deniers sur lesdits resles à noslre dite dame et 
«mère, pour estre icelle somme employée à ladite 
tr construction du palais des Tirailleries, el non ail- 
« leurs; et depuis auroit fait don général à nostre 
«dite dame el mère de tous lesdils restes à même 
'•effet, estimant par ce moyen couper chemin aus- 
«dits donataires à ne plus demander aucune chose 
«sur lesdils restes des comptes, ce qui auroit eu 
«lieu pendant quelque temps; mais, comme loules 
«choses prennent changement, même qu'à l'occa- 
«sion des (roubles on n'a pu y remédier, comme 
«on eust bien désiré, lesdils donataires ont usé de 
«lelle importunilé en nostre dit endroit, et par 
«même moyen envers noslre dite dame et mère, 



«que par infinies sublililez ils ont obtenu autant, 
«ou plus de dons sur lesdils restes des comptes 
«qu'ils avoient fait avant que ledit basliment dudit 
«palais des Tirailleries fusl commencé; et ont fait en 
«lelle sorte, et réduit à (elle extrémité lesdils resles 
«des comptes qui revenoient cy devant à grosse 
«somme, de laquelle on pou voit faire estai , qu'elles 
«ne suffisent presque à présent au payement des 
«ebarges ordinaires el gages d'officiers, et moins 
rr suffiraient à l'avenir s'il n'y estoit remédié, ayant 
«par telles voyes entièrement el du tout empêché le 
«dessein longtemps ja fait d'accompagner le Louvre 
«d'un si beau palais, et si nécessaire pour nous el 
«nos successeurs P»oys qu'est celui desdites Thuil- 
«leries; pour à quoy remédier et remettre les 
«choses en leur premier estre, afin qu'une tant 
«louable et nécessaire entreprise soit mise à fin, 
«el que tous el chacuns des deniers desdits restes 
«soient employez à la construction dudit palais des 
«Tirailleries, sans en divertir autre chose que les 
«charges ordinaires el accoustumées; nous, par 
«l'avis et meure délibération de nostre conseil privé, 
«avons dit el déclaré, disons et déclarons par édit 
«perpétuel el irrévocable : 



«Que lous dons faits sur lesdits restes depuis le 
«commencement de la construction dudit palais des 
rr Tirailleries, au préjudice du don général desdils 
«resles faits à nostre dile dame et mère par feu noslre 
«dit et 1res honoré seigneur et frère, qu'avons de- 
«puis confirmé à l'effet susdit, el lesquels dons ne 
«sont ce jourd'lray acquittez, soit iceux dons véri- 
«fiez en nostre dite Chambre des comptes à Paris, 
«ou non, sont obtenus par imporlunilé; el à celle 
«occasion les avons tous cassez et révoquez, cassons 
«et révoquons, sans distinction de qualité desdits 
«dons, ny des personnes auxquelles ils oui esté 
«faits, etc. 1 



LE CHATEAU DES TUILERIES AU TEMPS DE CATHERINE DE MÉDICIS. 



55 



jardin, qu'on attribue à Henri IV, pourrait avoir coïncidé avec l'édification de la 
contrescarpe à éperons du fossé, qui fut faite en i58i, et semble ayoirété entre- 
prise non pour l'utilité de la Ville, mais bien pour l'agrénienl du palais. 

V la mort de Catherine de Médicis, Henri III, chassé de Paris, était dans fini- n.,„, m 
possibilité de reprendre les travaux du château «les tuileries, et il ne survécut .i.on,i.,„ 
que de quelques mois à sa mère. Durant les dernières années de la vie de celle-ci. 
l'édifice, qui comptait toujours au nombre de ses bâtiments, dut rester dans l'étal 
où il était en 1572, et l'on se borna vraisemblablement à entretenir les jardins. 
que la Heine mère continua toujours de faire soigner W. Sous la Ligue, on avait 
tout autre chose à faire qu'à achever les palais royaux, et il ne put être question 
de cet achèvement qu'après la soumission de Paris. La troisième période de l'his- 
toire des Tuileries correspond donc au règne de Henri IV. 



(l) Suivant les comptes de la trésorerie de Cathe- 
rine, le 3o juillet 1687, tfM' Jehan de Verdun, 
rr payeur des œuvres et bastimens de la Iloyne, 
irmère du Roy, du bastiment de son pallais des 
'-Thuilleiïes,* reçut une somme de quinze cent 
quatre-vingt-sept écus quarante sous tournois, 
-pour paver les jardiniers du jardin dudicl pai- 



llais, tant de la demie-année à eulx deue de leurs 
r-gages que de ce qui leur serait deuli à ['advenir. » 
Le 2 G août suivant, il reçut aussi cent douze écus 
et vingt sous tournois pour solder les gages de ■■ I5as- 
ff tien Tarquin, jardinier ordinaire de Sa Majesté au 
rr grand jardin de son pallais des Thuilieries. * (Arch. 
de TEmp. reg. KK. 117, fol. 1 55 et 1 56 r\) 



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CHAPITRE XII. 

LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 

DE 1589 À 1624. 

Sommaire. — Henri IV reprend les travaux du Louvre (1 5g&). — Les ressources qu'il crée. — 
La Grande Galerie. — Le chiflïe de Gabrielle d'Estrées sur la Galerie (îBgli-ihQù). — La 
Pelitc Galerie du Louvre. — Les peintures. Traite d'Ant. de Laval. — Peinturesde la voûte de 
la Galerie. — Le pavillon de Lesdiguih-es. — Achèvement de la Galerie (i(io8). — Boileau < I 
Morel; Biart, Prieuret les L'Heureux, sculpteurs. — Du Breul et Bunel, peintres. — Plain et 
Fournier, architectes de la Petite Galerie. — Les architectes de la Grande Galerie. • — - La 
famille Me'lezeau. — Louis Mélezeau : sa généalogie. — Du Perac. — La famille Androuel Du 
Gerceau. — Jacques Androuet du Cerceau. Ses ouvrages. — Généalogie des Du Cerceau. — 
Les entrepreneurs de la Grande Galerie. — Le pavillon de Flore (1608). — Claude Mollet, 
jardinier des Tuileries (1G00). — Importance des travaux de Henri IV pour l'achèvement du 
Louvre et des Tuileries. — Fresque de Fontainebleau : projet de réunion du Louvre et 
des Tuileries. — Lettres patentes de Henri IV relatives à la destination de la Grande Ga- 
lerie. — L'Orangerie du Louvre sous Louis XIII. — Résumé* chronologique de l'histoire du 
Louvre et des Tuileries (1189-1610). 

L'avénemcnt de la branche des Bourbons au tronc de France sembla donner ii,m.i\ .■<•,.. 
une nouvelle impulsion aux travaux du Louvre, et notamment a ceux qui avaient i, in, 
pour but de relier ce palais à celui des Tuileries. Depuis le 2 août 1 5 8 9 , date 
de la mort de Henri III, jusqu'au 22 mars i5<)A, jour de l'entrée de Henri l\ 
à Paris, les inquiétudes causées par la guerre civile, les affreuses misères qui 
en furent la conséquence, et l'absence d'une autorité régulière amenèrent, sans 
aucun doute, une interruption complète des travaux du Louvre, donl la nouvelle 
rc salle liante n servit, en i5q3, de lieu de réunion pour les Etals généraux. La 
période suivante, au contraire, fut signalée par une extrême activité, et les cons- 
tructions élevées de 169/1 à 1610 dépassèrent en importance tout ce qui s'élail 
fait sous les cinq rois précédents. 

Avec moins d'ostentation, mais avec plus d'intelligence de ce qui était ulile, 
Henri IV, comme François I er , aimait beaucoup à bâtir, et les deux palais donl nous 
essayons de raconter l'histoire témoignent hautement de cette passion. Il ne larda 
pas à la manifester, car, à peine Paris lui eût-il ouvert ses portes, il ordonna 
de reprendre les travaux du Louvre. rrDu premier jour qu'il entra au Louvre.- 
dil l'historien Mathieu, tr il desseigna (adopta le plan de) ce qu'il poursuivi! el 

8 



58 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

rr continue maintenant W. n — ce Si tost qu'il fust maistre de Paris, on ne veid que 
rr maçons en besogne, •• lit-on aussi dans le Mercure françoys®, sorte d'annuaire 
historique de ce temps. Nous trouvons la confirmation du fait dans les registres de 
la Ville, où est consigné un ordre du 20 janvier i5q5, enjoignant aux maîtres 
passeurs® d'établir, vers les Tuileries, un bac, ou tout au moins un service de 
bateaux, ce pour passer et repasser toutes et chacunes des personnes, chevaulx , 
« charrettes et matériaulx nécessaires pour les bastimens du Roy. n Le même jour, 
il fut également prescrit de tenir ouverte la Porte-Neuve, «pour la commodité des 
^-bastimens du Roy, le tout sans délaisser l'ouverture et garde de la porte Sainct- 
cc Honnoré, et pour satisfaire au commandement de Sadicte Majesté W. d Le 3o août 
suivant, il fut recommandé aux passeurs du bac des Tuileries de passer à toute 
heure cries pierres, moueslons et aultres choses servanz aux bastimenz du Roy. 
« ensemble les conducteurs et ouvriers, v sans rien réclamer, conformément aux 
conditions du bail. 

Lettres royaux En même temps qu'il ordonnait la reprise des travaux du Louvre et des Tui- 

s6 septembre ,5 9 /i. leries, Henri IV s'efforçait de pourvoir, tâche peu facile, aux dépenses que ces 
travaux nécessiteraient. Un des moyens qu'il employa pour atteindre son but est 
indiqué dans des lettres royaux délivrées à Paris le 26 septembre i5;)û et enre- 
gistrées à la Chambre des comptes le 17 novembre suivant. Ces lettres sont ainsi 
formulées : ccHe;nr\, par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, etc. Gha- 
recun congnoist assez les grandes et insuportables dépenses que nous avons faites 
«à nostre advènement à la couronne, et sommes encore constraints faire pour 
«l'entretènement de nos camps et armées estans en plusieurs lieux de ce royaume, 
ce pour résister et empescher les mauvais desseins et entreprises d'aucuns nos subjets 
ce qui s'efforcent de tenir et occuper aucunes de nos villes; n' estans tous les deniers 
cède nos recettes sufisans pour satisfaire ausdictes dépenses, qui ont causé que l'on 
ce a délaissé de faire réparer nos maisons et cliasteaux, lesquels, à faute d'y faire tra- 
ce vaillei*, tombent en ruine, comme aussi les bastimens encommencez par nostre très 
te honnoré seigneur et frère le feu roi Henry dernier décédé, que Dieu absolve, 
ce tant en nostre ebasteau du Louvre, palais des Tuileries, que sépultures des feus 
ecroys, nos très honnorès seigneurs, pères et frères, que Dieu absolve, enconnnen- 
eecéesà faire en nostre ville de Sainct-Denisen France, et ausquelsa esté fait grand 

11 Histoire de France , liv. VI, quatrième narra- comme nous l'avons dit, et dont ils devaient jouir 

lion, n° 2 , p. 563. L'ouvrage, qui a paru en 1 606, de nouveau, à la condition de passer gratuitement 

est cité par M. Poirson, t. II, p. 765. rr les pierres, niatéreaux, chevaulx et charetles ser- 

(!) Année 1610, t. T, fol. 485 r°, dans YÉpi- rrvant tant audictbasliinent des Tlmilleries, chasteau 

logue des vertus du Ilotj. rrdu Louvre, que faire les fortifications et affaires 

(1) Par décision du 29 novembre 1 5 9 4 , le Du- rrpublicques de la Ville." 

reau tle la Ville, sur leur requête, leur avait con- (4) Arch. de l'Emp. reg. H 1791, fol. 107 r". 

cédé ce bac, qu'ils avaient déjà obtenu en i56'i, -\, 



LE LOUVRE KT LES TUILERIES SOLS HENRI IV ET LOI IS MIL 59 

et dépense qui seroit du tout inutile si lesdits bastimens estoient deslaissez, qui 
« nous seroit grande perte et dommage; et désirant la continuation el perfection 
tcd'iceux, suivant les desseins et plans qui en ont esté cy devant faits, après avoir 
refait voir en nostre conseil les lettres de déclaration de nostre feu sieur et frère, 
(tdu 8 e janvier 1 5y5 et 2 e janvier i58o, cy attachée sous le contre-seel de nostre 
ff chancellerie, et pour obvier aux importunités qui nous sont journellement faites 
« de faire don, bailler ou faire bailler assignation sur la nature des deniers men- 
er lionnez par lesdites déclarations, joint que nous n'avons quant à présent moyen 
rr d'ailleurs, attendu les grandes dépenses qu'avons à suporter connue dit est; sça- 
rr voir faisons que nous, ces choses considérées et pour autres bonnes causes el 
rr considérations à ce nous mouvans, avons, conformément ausdictes déclarations. 
te dit, déclaré et ordonné, disons, déclarons et ordonnons, voulons et nous plaisl 
rrqnc tous les deniers des plus valleurs de nos finances, restes des comptes, bons 
«rd'Estats, bois, chablis tombez et abbatus par les vents, impétueusité de temps on 
rr autrement, paissons, glandées et autres deniers casuels qui sont deus et pour- 
voient advenir en nos recettes généralles ou particulières, lots, ventes, bois mort et 
rrmort bois, soient doresnavant employez tant à la continuation et parachèvement 
rrde nosdits bastimens du chasleau du Louvre, palais des Thuilcrics, sépultures 
rrdes feus roys, nos prédécesseurs, en la ville de Sainct-Denis, que pour l'enlrelè- 
miement et réparations de nos autres bastimens et chasteaux, etnon ailleurs, pour 
rrquelque occasion que ce soit, etc. . . Donné à Paris, le 26 septembre 1^9/1 W.n 
Les Mémoriaux de la Chambre des comptes, dont nous extrayons le document qui 
précède, renferment une seconde ordonnance royale, rendue le 1 6 décembre 1 5 9 A, 
laquelle assigne le dixième du produit annuel de la vente des bois de toutes les 
forêts du royaume à l'entretien et à la continuation des bâtiments commencés t\^^ 
châteaux du Louvre, des Tuileries, de Saint-Germain-en-Laye et de Fontaine- 
bleau W. 

L'empressement de Henri IV à reprendre les travaux du Louvre, ou plutôt des uci ledieri 

galeries, eut deux causes : il convenait de donner une nouvelle impulsion an 
commerce, qui souffre toujours considérablement des luttes politiques, el sur 
lequel l'industrie du bâtiment passe pour avoir une grande influence; puis le Roi, 
dont la position n'était pas encore affermie, était vivement intéressé à se ménager 
la faculté de quitter facilement la Ville, sans courir le danger auquel Henri 111 avait 
été exposé à la journée des Barricades, et la continuation de la Grande Galerie 
au delà de l'enceinte lui en offrait un excellent moyen. Sauvai affirme que ce lut 
là sa pensée, et Tallcinant des Réaux dit pareillement : rr Henri IV voulut pourtant, 
rà telle fin que de raison, avoir une issue pour sortir de Paris sans être veu; 

(,) Arch. de l'Emp. reg. P s334.— (2) Arch. de l'Emp. reg. P a334. 

8. 



GO TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

«et, pour cela, il fit faire la galerie du Louvre, qui n'est point du dessein, afin 
«de gaigner par là les Tuilleries, qui ne sont dans l'enceinte des murs que depuis 
« vingt ou vingt-cinq ans^. u Les galeries furent effectivement la partie du Louvre 
dont Henri IV se préoccupa surtout® et qu'il se plut à achever; quant aux bâ- 
timents du quadrangle, il les laissa à peu près dans le même état où il les avait 
trouvés, et nous avons dit précédemment (t. I, p. 269) la part qu'il a pu prendre 
à leur continuation. 

Le point où Catherine de Médicis abandonna la construction de la Grande 
Galerie ne nous est point connu; mais on sait que, de son temps, cette Galerie, 
comme la Petite, ne consistait qu'en un seul étage couronné par une terrasse; 
Henri IV eut donc à faire bâtir l'étage supérieur de la Petite Galerie, qui forme 
aujourd'hui le salon d'Apollon, et la mezzanine ainsi que le second ordre de la 
Grande Galerie correspondant au Musée de peinture. Cependant cette grande 
lâche, entreprise vers la fin de l'année i5o,/i, fut terminée en 1696, suivant l'ins- 
cription donnée par Morisot dans le passage suivant de la vie du Roi^ : ce Entre 
« cette salle (celle des Antiques) et ces jardins (ceux des Tuileries) se trouvaient des 
ce constructions abandonnées; avec un art et une magnificence qui effaçaient tout ce 
ce qui avait précédé, il les répara, en en formant de vastes galeries, auxquelles il mit 
ce cette inscription : HenricusIIII, Galliœ et Navar. rex christianissimus,porticum hanc, 
ce Carolo IX al ta olimpace coeptam, inter graves civilium bellorum œstus féliciter absolvit, 
«anno Sal. mdxcyi, regnivu^.n Au surplus, les registres du Corps municipal nous 
fournissent une preuve qu'à la fin de 1596011 travaillait aux combles des galeries : 
c'est une permission accordée le 21 octobre, par la Ville, à son maître charpentier, 
le capitaine Charles Marchant, erde se servir de la place del'Arsenac. . . pour, est-il 
ce dit, y mettre boys à bastir, et y faire les assemblages de charpenterie des galleries du 
ce Louvre, que le Roy faict bastir, comme aultres assemblages W. 11 L'inscription ne 
doit s'entendre toutefois que de la grosse maçonnerie, car la décoration de la 



1J Historiette de Henri IV, l. I, p. 17 de l'édition 
de M. Paulin Paris. Tallemant a eu torl de dire que 
la galerie n'était point du « dessein, -n puisqu'elle 
fui projetée el commencée bien avant le règne de 
Henri IV. Il est vrai qu'elle n'était point destinée 
d'abord à se prolonger si loin. 

(2) Henri IV ne s'occupa point de faire terminer 
la décoration de la salle des Caryatides, qui jus- 
qu'au commencement de ce siècle, ainsi (pie nous 
l'avons dit, demeura simplement indiquée par 
places. Sur la façade occidentale du château, les 
mufles de la corniche restèrent toujours à l'état 
d'épannelage, et, si nous comprenons bien les vues 
de Baltard, il en fut de même des appuis des 
fenêtres à fronton, <iue nous avons néanmoins 



représentés comme achevés, sur noire restitution. 

(1) « Ab ea aida, in eosdem horlos, omissa œdifi- 
rrcia, eliam nobiliore quam anlea artificio, vastis 
rrporlicibus reslauravit, cum hoc tilulo : Henri- 
«cus IIII , etc. Infra supraque cellœ (abernaeque ex- 
rrtrucloe gratuila habilalio variarum arlium perilis, 
«quos tota Europa conquisitos, immensa profil-* 
rrsione in urhem allexit, ne mercium alienarum em- 
frplionibus Gallica pecunia diverlerelur. ■» (P. 1 18.) 

(,) ff Celle galerie, commencée autrefois par 
rr Charles IX, au sein d'une paix profonde, Henri IV, 
trroi très-chrétien, l'a heureusement achevée an mi- 
lieu de la fureur des guerres civiles, l'an i5<j6, 
ffde son règne le 7 e ." 

(5) Arch. de l'Emp. reg. II 1791, fol. 33i r°. 






LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 61 

portion de la Grande Galerie qui (mil au pavillon de Lesdiguières, et à laquelle 
se rapporte exclusivement l'inscription, n'était pas même à moitié faite lorsque 
M. Duban a commencé sa récente et consciencieuse restauration. En 18/18 encore 
il n'y avait d'achevé que la sculpture de l'étage du rez-de-chaussée jusques et y 
compris le guichet Saint-Thomas, celle du tiers inférieur de la mezzanine, les can- 
nelures des pilastres de l'ordre supérieur, sept de leurs chapiteaux, plus dix-huit 
abaques. Au delà de la travée du guichet Saint-Thomas, que ne surmontait aucun 
Fronton, tous les abaques et le dernier chapiteau de l'ordre supérieur étaient 
taillés; mais la décoration entière, depuis le sol, demeurait à l'état d'épaime- 
lage. Au reste, les parties finies étaient plu s (pie suffisantes pour l'aire juger de, 
l'ensemble projeté, et elles corroborent l'idée de deux systèmes de composition, 
dont les résultats ont été soudés l'un à l'autre. L'esprit de la sculpture de la mez- 
zanine et du second ordre est très-sensiblement différent de celui qui se révèle à 
l'étage du rez-de-chaussée, et il accuse assez une époque moins ancienne pour 
que nous ayons été souvent tenté de faire remonter l'ornementation de l'ordre 
inférieur à la période de Catherine; mais il faut bien admettre que cette orne- 
mentation ne fut exécutée que de 1596a 1 5 99 (1) , puisqu'elle comportait le chiffre 




Le chiflTn 
■ I'' Gabrielle d'Estré 1 

sur 

1.1 Galerie. 
( 1 r.y'1-1 :..,.,. , 



de Gabrielle d'Estrées et de Henri IV ( ' 2) , la devise de celui-ci, Duo^ prolr<>it 
unus, et les sceptres en sautoir, emblème de sa double royauté, à la fois nomi- 
nale et réelle. 



(1) M. de Glarac dit (p. 35o ) que, dans certaines 
parties de la Grande Galerie (il vent parler de la l'ace 
septentrionale), il y avait des pierres épannelées 
pour une ornementation différenle de celle qui a 
été exécutée; celle dernière provient donc d'une re- 
prise de travaux, et date ainsi de Henri IV. 

(S) Les chiffres H G de la frise lurent effacés pen- 
dant la Révolution; mais M. Duhancnarelrouvésur 
la face septentrionale de la galerie, à la cinquième 
travée, un spécimen heureusement échappé au mar- 
teau. f^Les dévots, dit Sauvai, se fâchent aussi de 
«voir des H et des G, liés ensemhle, sur les faces 
•-de la Petite (?) Galerie, et s'étonnent que Marie de 
n-Médicis ait eu plus d'indulgence pour ces monu- 
'■mens de l'amour de Henri IV el de Gabrielle d'Es- 
« trées que pour les autres chiffres de celle qualité, 
-qu'elle a fait biffer partout ailleurs. * (T. II, p. 3o.) 
Les II II qu'on remarque sur les pilastres, et que 



M. de Glarac a pris pour des chiffres romains indi- 
quant le nombre A, ne nous paraissent être que des 
jambages d'il H, dont les traverses n'existent plus. 
peut-être parce qu'elles ont élé détruites à dessein. 
[3 ' Et non duos, comme on le dit, car c'est le 
mot régna qui est sous-entendu dans ce fragment de 
vers. On lit duo sur une médaille de l'époque et sur 
nombre d'autres monuments. Un auteur du temps, 
Antoine de Laval, qui nous fournira des rensei- 
gnements curieux, dit : n Avant que d'entamer l'ins- 
rrcription, la devise, éloge et les autres vers du por- 
'•(ique du Roy, je ne puis me contenir de vous dire 
• mon advis de la devise que Sa Majesté a receu 
rrpour sienne; l'espée avec deux sceptres lacez el le 
rrmot Duoprotegii unus. Je ne suis pas si téméraire 
nie la blasmer; mais j'ose dire, sous la révérence 
rrde l'autheur (que je liens pour un grand habille 
-homme aux bonnes lettres, fort capable d'une belle 



La Petite Galerie 
Au Lourre, 



62 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

La salle des Antiques, contiguë à la Grande Galerie, fui aussi terminée par 
Henri IV W, et sous son règne elle s'est appelée la salle des Ambassadeurs. L'auteur 
du Supplément aux antiquités de Paris rapporte, en effet, que ce roi fit conduire la 
Grande Galerie «en moins de huit à dix ans jusques au delà de la Porte-Neufve , 
rr et, par une autre allée, jusqu'à cette belle galerie ou corps de logis desTuilleries. 
ttSur la première fausse porte (le guichet de la rue de Fromenteau), jusques à 
cr la galerie qui est au-dessous de la belle galerie du Roy (l'étage inférieur de la 
rr Petite Galerie), il fit faire une très-belle salle, dont le bas est couvert de larges 
« carreaux de marbre et d'albastre, qu'on appelle la salle des Ambassadeurs, pour 
rrce que dans icelle le Roy donnoit audience aux ambassadeurs extraordinaires des 
rr grands princes, -n — rr Du haut en bas , dit en outre Sauvai , ce ne sont que marbres 
r noirs, rouges, gris, jaspés, rares, bizarres, bien choisis, enchâssés en manière 
rr d'incrustation dans le parterre aussi bien que dans les murailles, qui rendent 
crie lieu assez semblable à des reliquaires ou à des cabinets d'Allemagne fort liis- 
rr tories (' 2 ' ; les trumeaux sont ornés de colonnes fuselées et de niches garnies de 
rr statues de marbre, entre autres d'un More, d'une Diane, d'un Flûteur et d'une 
rr Vénus (3) , qui méritent l'attention de tout le monde, n On peut voir, dans ce luxe 
de matériaux versicolores, un encouragement à l'exploitation des carrières de 
marbres des Pyrénées, ordonnée par Henri IV, qui, assure M. Poirson, prescri- 
vit de n'employer au Louvre et aux Tuileries que des marbres indigènes. Avant 
le règne de Louis XIV, le pavillon de la salle des Antiques n'était pas plus élevé 



■invention), qu'il semble avoir inventé ce corps, en 
■la chaleur de quelque combat, au plus fort de la 
•guerre, lorsque l'espée de Roy nous estoit la plus 
•nécessaire; mais si m'advouera-t-il que ceste es- 
■ pée ainsi droicte ressent quelque chose de moins 
rrgrave que ce qui est de la décence et dignité d'une 
r devise royale, pour le grand rapport qu'elle a de 
'•prime l'ace avec toutes celles des prévosls des ma- 
rr réchaux, qui ont, sur les casaques de leurs ar- 
r-cliers, tous des espées droites avec un mot, ou sans 
'•mol. Quant aux deux sceptres mis en la protection 
rde ceste espée, on dit, pour le regard du sceptre 
rde Navarre, que la plus belle portion est en la pos- 
session d'aulruy, et parlant en est la devise sub- 
trjecte à estre interprétée à nostre désavantage, 
rrbien que ce sceptre soit injustement usurpé, et 
-que Sa Majesté ait assez de force et de courage 
irpour retirer le sien, comme il a fait jusques icy; 
muais il y a bien à dire de l'avoir en protection, 
rr puisqu'un autre le possède.» 

(l) Probablement en même temps que la première 
partie de la Grande Galerie. — On lit dans une 
lettre adressée par Villeroy à Sully, le 2 3 novembre 



1 6o3 : rfJ'oubliois de vous écrire, Monsieur, (pie le 
ffRoi vous prie de prendre garde à la salle des An- 
rrtiipies du Louvre, qu'il a ouï dire qu'elle a pris 
rrcoupa (qu'il s'y est fait un mouvement dans la 
maçonnerie). Sully, n'ayant pas répondu sur-le- 
champ, reçut, trois jours après, une nouvelle lettre 
où Villeroy disait : "... Mais, Monsieur, vous avez 
rr oublié de nous faire sçavoir l'état de la salle des 
rr Antiques du Louvre, que Sa Majesté... désiroil 
«que vous visitassiez pour reconnaître si elle a pris 
rrcoup, comme l'on lui a fait entendre; Elle a cru 
rrque j'avois oublié à vous l'écrire.» Sully, dans 
les Mémoires duquel sont transcrites les missives, 
ne donne d'ailleurs aucun détail sur l'accident en 
question. 

<2) Morisot en parle en termes semblables : crEjus 
rropus Anliquitatum aula, in ipsa urbe, a lœva Lu- 
trpara exeunlium ad hortos Principis; pavinienlo 
rr marmoreo : laqueari inaurato ; marmore versicolori, 
rfiioiuinibus, litteris, figuris et floribus, ex jaspide, 
rrcrisolito, dentrile, acbate et porpbyrite, latentibus 
rrcommissuris, parielibus incrustatis. » (P. 117.) 

(3) On attribuait celte Vénus à Barthélémy Prieur. 



TOPOGRAPH1H i i I S n 




A. Berty del , et dir. 



ÉLÉVATION ORIENTALE RESTITV 

SOVS I 



Paris, 



DV V1EVX PARIS. 



•WAUWlli! 



Ij^^ 










- 



' PETITE GALERIE DV LOVVRE 

OV1S XIII. 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 63 

<[ue la Petite Galerie, et ne se composait que de deux étages. Celui du Las était 
éclairé par cinq grandes fenêtres, dont la disposition a été conservée; celui du 
liant ne comptait que deux fenêtres, et était agencé absolument de même que 
l'étage supérieur de la Grande Galerie, avec la hauteur duquel il se raccordait 
et dont il reproduisait les niches. L'unique différence consistait en ce que ces deux 
frontons, l'un et l'autre angulaires, ne continuaient point l'alternance de ceux de 
la Grande Galerie. Gomme pour ces derniers, les tympans restèrent vides et les 
chapiteaux des pilastres furent seuls sculptés. 

L'étage supérieur de la Petite Galerie, et l'attique de la galerie en manière de 
pont (1) par laquelle elle communiquait avec le pavillon du Roi, furent sans doute 
construits en même temps que le second ordre de la galerie; mais la décoration en 
l'ut entièrement achevée (" 2) . La gravure de Marot, qui donne des épreuves à l'envers, 
et est intitulée Eslévation de l'un des corps de logis du Louvre, etc. doit représenter 
Ja Petite Galerie telle qu'elle était avant l'incendie de 1661, c'est-à-dire avec son 
étage inférieur remanié par Anne d'Autriche, mais avec l'étage supérieur intact, 
et portant les chiffres de Henri IV et de Marie de Médicis. Ces chiffres donnent à 
croire que la décoration n'était point antérieure au mariage de cette princesse' 3 '. 
Lorsqu'elle vint pour la première fois au Louvre, au commencement de 1601, 
l'intérieur du château avait été fort négligé, de sorte (rue rr elle treuva par ton lie 
cr cette grande maison une si grande sollitudc et obscurité, et si mauvais meubles 
rret réception partout, n'y ayant esté mis que les viels meubles qui y sont d'ordi- 
«naire, que,-» raconte Pli. Hurault, et je luy ay ouy dire plusieurs foys despuys 
r qu'elle ne fust jamais, presque en toutte sa vie, sy estonnée et effrayée, croyant 
«ou que ce n'estoit le Louvre, ou que l'on faisoit cela pour se mocquer d'elle W. 15 Ce- 
pendant dès 1600 on songeait à entreprendre la décoration intérieure du nouvel 
étage de la Petite Galerie, et l'on était disposé à s'en rapporter sur ce point au 
peintre Du Breul, lorsque Sully, étant allé faire une longue visite au géographe 
\ntoine de Laval, lui demanda son opinion sur te l'ornement des peintures plus 
ce convenables à la belle galerie du Roy, au Louvre, au lieu et aux personnes quin 
auraient et à y fréquenter, a Pour répondre aux questions du ministre, de Laval u« point™ 
rédigea un petit traité qu'il intitula Des peintures convenables aux basiliques el palais 



;l) Cette construction est évidemment celle qu'un dm, étant le seul document graphique qui (tonne 

compte de 169/1 énonce le n-passaige» de la Petite une idée de l'attique, nous avons dû nous bor- 

Galerie, et qui était ornée de peintures. ner à rétablir l'agencement probable des arca- 

(2) L'attique de la galerie portée sur des arches tures; celles des extrémités paraissent avoir été 



de 

le Gali 

rrailé 

I Inloiue 'l ,p I- ival 

( 1600 1 



était décoré de trois œils-de-bœuf, et celui du tronquées d'une façon bizarre. (Voir Pappen- 

milieu était surmonté d'un écusson aux armes dice VIII.) 

de France, ayant pour supports deux figures cou- (3) Les cbiiïres pourraient avoir élé changés el 

cliées. La gravure de Sylvestre, intitulée Veue et substitués à ceux de Henri et de Gabriefle. 

perspective de la partie du Louvre oh sont les ap- (4) Mémoires de PI). Hurault, ap. coll. Petitot , 

partemens du Ilny et de la Roy ne , du costé du jar- t. XXXVI, p. 6ga. 



G'i TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

du Roy cl mesmes à sa gallerie du Louvre, et il l'envoya à Sully, avec une lettre 
datée du 20 décembre 1600, où il rappelle les faits que nous venons de rapporter. 
Dans ce petit traité ()) , faisant allusion aux artistes étrangers que François I er 
employa à Fontainebleau, et aux fantaisies desquels il laissa le champ libre, de 
Laval s'exprime ainsi : rr Je veux me persuader que la grande opinion que l'on 
ff avoit de ces peintres italiens (qui taillent tous des princes) fut cause que l'on les 
rr mit sur leur foy et qu'on leur bailla la carte blanche pour inventer et peindre 
rr ensemble; comme j'ay ouy dire que Du Breul espère que le Roy fera pour sa 
«gallerie, qui seroit du tout difformer l'œuvre, estans jeux bien dilïérens, celuy 
cède l'esprit et celuy de la main; l'un requiert une grande connoissance d'histoires, 
rrde poésie, de sciences diverses, de considérations de choses de nature, des cé- 
rr lestes, bref d'une infinité de secrets cachez dans le fonds inépuisable des bonnes 
rc lettres, auquel ces grands peintres n'ont pas bien le temps, ny le loisir de fouiller 
et plus avant qu'en la surface, v Poursuivant sa pensée, qui était d'imposer un pro- 
gramme rationnel aux artistes, il donne le conseil d'adopter des sujets empruntés 
à l'histoire de France, tels que la prise de Pavie par Gharlemagne, la bataille de 
Bouvines gagnée par Philippe-Auguste, le combat de Marignan, etc. et il conti- 
nue : rr Je voudroy donc mouler nos desseins à ceux de ces grands empereurs 
rr (Auguste, Sévère, Caracalla), si magnifiques en leurs structures, dont les su- 
rrperbes ruines tesmoignent l'excellence des ouvrages entiers. Et comme la gallerie 
rrdu Roy, au Louvre, ressent cette grandeur éminente et vraiment royale, je 
rrvoudrois aussi la décorer d'un chef-d'œuvre non commun, non pas d'une fable, 
ce d'un païsage de figures vaines, qui n'ont rien de recommandable que le coloril 
rr et le traict. 

rc C'est de la plus belle et glorieuse histoire de la terre habitable, et la plus 
rc susceptible de tous les divers enrichissemens de la peinture. L'entresuitte des efii- 
cegies de lxiii rois de France, logées chacune en un portique de différente struc- 
ture, avec les ornemens d'architecture, emblèmes, devises, figures, tiltres, vers, 
« éloges et inscriptions dont je les veux accompagnées en la forme cy-après parti- 
ce culièrement descripte . . . 

rrQue s'il se trouve plus d'espace à remplir que de nos lxiii portiques, il s'en 
retrouvera deux fois autant, mettant prez de chacun des rois les grands princes ou 
rc capitaines françois qui ont esté de leur temps, et ont achevé quelque chose de 
rr grand et glorieux qui les a rendus célèbres. 

rr La forme du desssein est ceste-cy, en chacun des espaces vuides entre les fe- 
cenestrages de la gallerie, que les artisans appellent jouées, un grand portique à 

' Ce pelit traité a été imprimé à la suite du rret chasteau lez Moulins, eu Bourbonnois. « Nous 

livre des Desseins de professions nobles et publiques devons à l'obligeance de M. Paul Lacroix de con- 

( in-'i , Paris, iCo5), du même auteur, qui prend naître cet opuscule, fort intéressant pour riùsloire 

le litre de rgéograpbe du Roy, capitaine de son parc de la galerie. 



LE LOUVRE HT LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 65 

«deux colonnes, qui soustiendroit les architrave, frize et cornice, frontispice et 
cracrotères, de mesme ordre. Entre les deux colonnes, je loge la figure d'un roy 
rren rhabit le plus convenable en son humeur: s'il a esté guerrier, vestu d'habit 
cr militaire; si plus désireux de paix et religion, en ce pompeux et auguste veste- 

rnnenl royal. Si les peintres trouvent à propos de faire les portiques divers, tos- 
rrcan, dorique, ionique, corinthien et italique ou composite, pource (pie les uns 
et sont plus capables d'enrichissements que les autres, je n'y contredis point. Je trou- 
ée veroy bien toutesfois à propos un niesnie ordre régnant partout, à lin que, la 
rr structure estant une, il n'y eust rien divers que les figures, emblesincs, vers, 
k devises, inscriptions et éloges qui diversiliront assez la besongne. 

rr A costé des colonnes, je fais des figures eu tel nombre que l'espace s'en trou- 
er vera capable : comme une Minerve, une Paix, une Renommée, une Victoire et 
cr ainsi des autres. Au dessus de ces ligures, dans des tablettes ou targettes pendans 
et à lasscls en forme de festons, un vers ou deux qui expriment la signification de 
fd'emblesme dans le vuide du frontispice, une belle devise pour représenter le 
«■ naturel du roy logé au dessous, et, s'il se trouvoit en avoir une propre, comme le 
rrroy François I er , la salemande, Henri II, le croissant, le feu Roy, ses trois cou- 
re ronnes, etc. elle ne se change pas; mais, si le temps en avoit dévoré la mémoire, 
«comme il ne nous en reste guères devant le roy Jean, ce ne sera pas la moindre 
rr partie de l'embellissement de cet ouvrage de leur en accommoder une à chacun, 
rrsortable à leur humeur ou à la condition de leur temps et de leur estât durant 
rr leurs règnes, et faire que le corps apporte autant de plaisir à l'œil, comme l'âme 
rrou le mot, tiré de quelque bon et grave autheur grec ou latin, excitera de belle 
rr méditation à l'esprit. Sur les acrotères proches, y aura des figures conformes à ce 
rrsubject. Et à costé, dans les quadres qui aboutissent la cornice, j'y voudroy des 
rr batailles, des pompes desacre, de nopees, de jeux, de joustes ou autres actes 
rr célèbres de leur temps, représentez en camayeuls gris ou blanc. Dans la frize, 
rr entre les trigliphes, aux espaces des métopes, j'y veux les escussons des alliances 
rr contractées par ebasque roy ou des grandes pièces acquises par eux à la cou- 
re ronne. 

rr A.u stylobate ou pied estai de ebasque figure, j'y mets un distique ou deux 
rr rapportés au mesme sens. En l'espace du quarré longuet estant sous le total de 
rr l'ouvrage, est un éloge ou inscription en termes eslongnez du vulgaire, ressen- 
rrtans la gravité des antiques, qui contiendra le sommaire des gestes du roy estant 
rr dessus, son origine, son règne et ce qui mérite d'estresceu deluy; enquoy je ne 
rrme veux asservir à aucun autheur qui ne soit tesmoin irrréprochable, duquel 
rr l'autorité soit approuvée, pour n'aller remplir de fables et de comptes à plaisir 
rr (ainsi que quelques uns ont fait nostre histoire) ces éloges sacrez, qui serviront 
r'de registre fidèle à la postérité. 

rrPour me faire mieux entendre, ajoute de Laval, je lascheray, en tant qu'il esl 



66 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

rr possible du petit au grand, à représenter icy la forme que je désire garder en cet 
ff œuvre, et connnenceray par le portique et la figure du Roy; il est raisonnable 
rr quelle soit la première en veuë, entrant de sa chambre eu la gallerie, afin d'aller 
rconlremontant depuis Sa Majesté jusques à Pharamond. ■» Effectivement, au verso 
du feuillet est une gravure finement exécutée par Thomas de Leu, qui représente 
Henri IV dans un portique, fièrement posé un poing sur la hanche et une main 
sur la garde de son épée. A droite, dans un compartiment d'architecture, est la 
ligure de la France, avec ces mots: Nalc, mee vires, empruntés à Virgile; à gau- 
che, on voit Pallas avec ceux-ci : Prœmia magna feres, pris dans Horace. Sur le 
soubassement du portique, on lit: Herculi sacr. Gallico, et, dans le tympan de son 
fronton, est placé un soleil rayonnant, que de Laval voulait donner pour nouvel 
emblème au Roi, avec cette devise: Orbi lumen columenque suo. 

Il est donc constant que de Laval songea, le premier, à faire de l'étage supé- 
rieur de la Petite Galerie une sorte de musée historique en l'honneur des rois 
de France. 11 est aussi certain que son projet fut en grande partie exécuté, ce qui 
lit donner à la galerie le nom de Galerie des Rois; toutefois on ne tint pas compte 
de ses conseils lorsqu'il s'agit de la décoration du plafond, et les sujets qu'on y 
peignit furent tirés de la fable, au grand bénéfice de l'art peut-être, mais non 
conformément à la raison. La galerie des Rois a été détruite par l'incendie de 
1GG1 ; mais Sauvai nous en a laissé une assez longue description, d'autant plus 
précieuse qu'elle est unique. « J'ai fait savoir, dit-il, que le premier étage (le rez- 
rr de-chaussée) de cette galerie est occupé par le nouvel appartement de la Reine 
rr régente (Anne d'Autriche), et le second par une gallerie qui ne le cède en 
••régularité et en ordonnance à pas une du royaume, ni peut-être du monde. 
rrSa longueur, sa largeur et son élévation ne sont pas moins bien symmétrisées 
"que compassées. Elle porte trente toises de long et vingt-huit pieds de large. Le 
r 'jour y entre par vingt et une grandes croisées W. Les trumeaux sont remplis de 
ff portraits de quelques-uns de nos rois, aussi bien que de nos reines; et son pla- 
fffond est divisé en plusieurs compartiments de grandeur et de forme différente, 
fde plus éclairés par douze grandes croisées (les lucarnes du comble), et enfin 
tf distribués et compassés avec beaucoup d'esprit par rapport à la grandeur du 
rr lieu qu'ils occupent. Du Breul mourut peu de temps après avoir commencé; 
ff mais Bunel l'a continué, l'acheva, et s'attacha le plus ponctuellement qu'il put à 
tf l'intention de son devancier. 

ff On se plaint, au reste, que les tableaux de ce plafond ne fassent point ensemble 
ffune suite d'histoires, et qu'ils n'aient aucune affinité avec ceux des trumeaux. 
^ Quoique ce soit une faute assés ordinaire, on voudroit ne la point voir dans cette 
-gallerie. C'est le seul défaut que les critiques y remarquent, et qu'on pourroit 

" Il y avait itauze fenêtres sur la lace orientale et neuf seulement de l'autre côté. 



ISTORIi 




A Ber : , \ 



DECORATION D'VN TRVMEAV 



LK LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 67 

r excuser en quelque façon, puisque les héros de quelques-unes de ces histoires 
ce sont représentés sous le visage de Henri IV. Quoi qu'il en soit, ces héros déguisés 
et dans la voûte, aussi hien que les portraits de nos rois et de nos reines, avec ceux 
cede leurs courtisans et de leurs dames, peints de côté et d'autre, rendent i'ordon- 
cenance de cette gallerie approchant de celle que les Romains observoient dans 
trieur pratique, et que Vitruve appelle Mégalographie, puisque c'est toujours l'Iris- 
er toire de son pays qu'il faut représenter dans ces sortes d'appartemens. Auguste 
refit embellir son portique des statues de ceux qui avoient bien servi la république , 
ce et se vantoit, dit Suétone, d'être l'inventeur de cette sorte de décoration. Cara- 
eccalla, dans son grand portique fit peindre les triomphes de son père, et les sla- 
eelues dont Sévère environna la place de Trajau étoient toutes des plus illustres 
ce hommes de l'empire romain. 

ce Les portraits des rois et des reines, que j'ai! dit occuper les intervalles d'une 
ce croisée à l'autre, sont grands comme nature et représentés avec des habits et des 
ce gestes proportionnés à leur génie. Les rois sont placés à main droite et vis-à-vis, 
cède l'autre côté, les reines qu'ils ont eues pour compagnes. Et tous ces portraits, 
ce tant des uns que des autres, sont entourés de têtes, mais des seigneurs seule- 
ce ment ou des dames les plus considérables de leur cour, soit par leur naissance 
ce ou leur beauté, soit par leur esprit et leur humeur complaisante. Gomme tous 
ce ces portraits sont vrais, il n'y a que la plupart des rois et des reines qui ont 
ce régné en France depuis saint Louis jusqu'à Henri IV. 

ce Ces portraits sont partis de la main de trois personnes. Porbus a fait celui de 
ce Marie deMédicis, qui passe pour un des plus achevés que nous ayons de lui, et 
ce même le meilleur de cette gallerie^. En effet, les vêtements en sont si vrais, les 
ediamans dont il les a brodés sont si brillans, et les perles si naturelles, la tête 
rde la Reine si noble, ses mains si belles et si finies, qu'il ne se peut rien voir 
ce de plus charmant; et quoique l'azur fut alors fort cher, ce peintre néanmoins 
ce l'a répandu avec tant de prodigalité sur cette figure, qu'il yen a pour six-vingts 
ce écus. 

ce Tous les autres portraits sont de la main ou dessein de Runel. Il peignit d'a- 
rc près le naturel ceux des personnes qui vivoient de son temps. Pour déterrer les 
ce autres, il voyagea par tout le royaume, et prit les stucs des cabinets, des vitres, 
eedes chapelles et des églises où ils avoient été peints de leur vivant. Il fut si heu- 
re reux dans sa recherche, que dans cette gallerie il n'y a pas un seul portrait de 
«son invention, et que par le visage et l'attitude tant des hommes que des femmes 
rr qu'il y a représentés, on juge aisément de leur génie et de leur caractère. Sa 
ce femme le seconda bien dans son entreprise. Comme elle excelloit à faire les por- 

(1) On croit que ce portrait est celui qui fait partie de la collection des tableaux du Louvre, et dont la 
beauté est remarquable. Il est signé F. FOURBUS FE. et a 3"',o6 de hauteur sur j '",37 de largeur. 

9- 



68 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

retraits des personnes de son sexe, ceux des reines et des autres dames pour la 
« plupart sont de sa main et du dessein de son mari. 

«Les rois sont vêtus assez simplement, et le tout à la mode de leur tems, et 
ce conformément à leur âge. Les reines ont leurs habits de pompe et de parade; si 
«bien qu'avec ces vêtements différens et bizarres, qui Taisaient sans doute la prin- 
cipale partie de la galanterie et de la propreté de leur cour, ils nous paroissent 
r- si ridicules, qu'on ne peut s'empêcher de rire. 

L« peintures ^ Les histoires qui remplissent la voûte que Bunel et Du Breul ont peinte sont 

de'iaVakrie. K tirées des Métamorphoses et de l'Ancien Testament. Du Breul n'étoit point bon 
«coloriste, et d'ordinaire ne faisoit que des cartons; mais en récompense il étoit 
«si grand dessinateur, que Claude Vignon, peintre, a vendu à Rome de ses des- 
« seins à François Bracianze, excellent sculpteur, que celui-ci prenoit pour être de 
ce Michel-Ange. De cinq ou six histoires de lui, que l'on admire dans cette voûte, 
«on ne croit pas qu'il y en a aucune de sa main. La Gigantomachic, dont les 
«curieux et les peintres font tant de récit, est d'Artus Flamant et de Bunel. Les 
«autres ont été exécutées en partie par eux, en partie par leurs élèves. Elles pa- 
re roissent si accomplies aux yeux de ceux qui s'y commissent, que je suis obligé 
«de décrire en deux mots, tant la Gigantomachie, que les fables de Pan et de 
« Syringue, de Jupiter et de Danaë, de Persée, d'Andromède et de Méduse. 

«Persée, de sa main gauche tenant la tète hideuse et épouvantable de Méduse, 
«et de plus le pied droit appuyé sur son corps, qu'il vient de terrasser et priver 
«de vie, représente admirablement par cette attitude la force et le courage que 
«les poètes donnent à ce héros. 

«Le monstre marin qui se présente pour engloutir Andromède irrite sa rage 
«par les battemens de sa queue, et remplit de terreur les âmes les plus intré- 
«pides.De son côté Persée s'avance à grande hâte pour le combattre. Andromède 
«paroît dans un état à donner de l'amour et de la pitié tout ensemble aux 
«plus insensibles. Cette innocente beauté tâche à cacher de sa jambe droite la 
«partie de son corps que ses ennemis, pour l'assouvissement de leur jalousie, lui 
«avoient honteusement découverte. Elle regarde son libérateur avec zèle et avec 
«pudeur, et pourtant fait lire sur son visage que sa peur est plus grande que son 
« espérance. 

«La langueur des yeux mourans de la belle Danaë, l'assiette incertaine de sa 
«belle tête, et toutes ces autres manières qui se remarquent aux personnes que 
«l'amour tyrannise, font bien voir qu'elle languit dans l'attente de son adorateur, 
ce Toutes ses actions témoignent l'excès de sa passion, et l'on juge par certains niou- 
r-veinens de son corps et par l'agitation de ses jambes, que la lubricité la gour- 
« mande et que les feux d'amour la dévorent. 

«Le dieu Pan, avec sa laideur ordinaire, et couronné d'un grand bouquet de 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 09 

«cornes, emploie toute son industrie et toutes ses forces pour enlever la belle 
ctSyringue. Cette nymphe, au contraire, se roidit tant qu'elle peut contre les efforts 

«de ce vieux bouquin, et, pendant qu'il s'amuse à lui manier le sein, elle tâche 
«à profiter de l'occasion pour se ('lisser et s'envelopper dans une foret de roseaux. 

«La Gigantomachie qui fait un des principaux compartimens de la voûte, et 
«même le plus beau, nous ligure un combat rude et opiniâtre. L'air y est tout en 
«feu. On ne voit que foudres et tonnerres qui éclatent de toutes parts. Tout le 
«lieu est embarrassé et obscurci de montagnes et de rochers qu'on veut entasser 
«les uns sur les autres. La crainte et la hardiesse, la témérité et le courage s'y 
rr font remarquer. La mort même s'y montre sous toutes sortes de visages. Mais il 
«n'y a rien qu'on admire plus qu'un grand géant fort musclé, qui se rehausse sur 
trie corps mort d'un de ses frères afin de joindre de plus près son ennemi. La 
rr taille immense de ce colosse épouvantable occupe tant de place qu'elle vient jus- 
«qu'à la moitié de l'arrondissement de la voûte; et, quoique effectivement cette 
rr figuré se courbe et tourne avec la voûte, Du Breul néanmoins l'a raccourcie 
« avec tant d'art, que la voûte en cet endroit-là semble redressée, et qu'enfin, de 
«quelque côté qu'on la regarde, on la voit toujours sortir hors de la voûte droite 
«et entière. Ce raccourci est un si grand coup de maître, que tous ceux qui sont 
«capables d'en juger, non seulement l'admirent, mais disent hautement que dans 
«l'Europe il ne s'en trouve point de plus merveilleux. Cette histoire est peinte à un 
«des bouts de la galerie, proche l'appartement du Roi. 

«A l'autre bout sort en saillie un balcon sur le quai de l'Ecole, d'où l'on jouit 
«d'une des plus belles vues du monde. Là, d'un côté les yeux roulent avec les 
«eaux de la Seine, et se promènent agréablement sur le penchant imperceptible 
«de ce long demi-cercle de collines rampantes qui viennent en tournant en cet 
«endroit-là, de même que la rivière, mais toutes jonchées de maisons de plai- 
«sance, de villages, de bourgs, de vignes et de terres labourables. D'un autre 
«côté, la vue, éblouie des beautés de la campagne, se vient renfermer dans la 
«ville; et, après s'être égayée sur le Pont-Neuf, le Pont-au-Change et les maisons 
« uniformes de la place Dauphine, elle se perd dans ce grand chaos de ponts, 
«de quais, de maisons, de clochers, de tours, qui de là semblent sortir pêle-mêle 
«du fond de la Seine^.T) 



(I) T. II, p. 37 et suiv. — M. Lud. Lalanne a 
publié, dans tes Archives de l'art français (t. IV, 
p. 54), un document de iGo3 intitulé Eslat des 
tableaux qui sont en la galerie , à Paris, et M. de 
Cliennevières a prétendu (pie ce catalogue était ce- 
lui des peintures qui formaient la décoration de la 
Petite Galerie. Nous ne doutons point (pie M. de 
Chennevières ne se soit mépris, car le catalogue 
ne contient que quatre noms de rois ou reines de 



France, et presque tous les portraits dont il y est 
question sont ceux de personnages élrangers, d'in- 
dividus même fort obscurs. Si tel avait été le choix 
des portraits de la Pelile Galerie, personne, cerles, 
ne se lui avisé de l'appeler, comme l'ait Israël Syl- 
vestre, "la galerie du Louvre dans laquelle sont 
rr les portraits des Hoys, des lîeynes et des plus il- 
rr lustres du royaume. * Le catalogue ne concorde aucu- 
nement d'ailleurs avec la description de Sauvai, et 



Pavillon 
lit de Ludiguièret. 



70 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

La décoration de la galerie des Rois, ayant été commencée par Du Breul, ne 
peut avoir été entreprise plus tard qu'en l'année 1602, et le fut très-probable- 
ment en 1601. En 1G0/1, suivant un auteur contemporain, Bunel travaillait 
encore aux peintures de cette galerie et de la salle des Antiques^. 

Il est difficile d'imaginer comment, dans le projet primitif, la Grande Galerie 
devait s'agencer avec la muraille de la Ville et se rattacher au palais des Tuile- 
ries. On ne saurait dire si les plans adoptés par Catherine comprenaient le bâtiment 
servant de pendant à la salle des Antiques^, et le pavillon contigu, dit mainte- 
nante Lesdiguières , qui, différent en cela des deux autres anciens guichets, n'a 
jamais correspondu directement à aucune voie. Le pavillon de Lesdiguières, 
qu'on appelait au xvu c siècle la Lanterne des galeries®, à cause du lanternon dont 
il était couronné, ne paraît pas d'ailleurs avoir été commencé avant le règne de 
Henri IV, et l'on n'y remarque point ces fûts de pilastres, en marbre noir, qui 
sont un des traits caractéristiques du portique de la Petite Galerie, dont il repro- 
duit symétriquement l'ordonnance W. Nous pensons que le pavillon de Lesdi- 
guières ne fut entrepris qu'à l'époque où l'achèvement de la première partie de la 
Grande Galerie donna lieu de travailler à la seconde, c'est-à-dire à celle qui, 
franchissant l'enceinte, était destinée à aller rejoindre les bâtiments des Tuileries. 
Sur ce point tout était à faire, et la première opération dut être de déblayer le 
terrain, assez peu encombré au reste, excepté à l'endroit du rempart, qu'on fut 
obligé d'entamer. Quant au fossé, la galerie le traversa en portant sur des ar- 
cades analogues aux arches d'un pont, et l'on fit là une travée plus large que les 



rien n'indique non plus qu'il se rapporte à la Petite 
Galerie au lieu de la Grande. C'est manifestement 
un simple inventaire de tableaux, provenant d'Italie 
pour la plupart et réunis à titre de curiosités. 

(I) Le «feu roy (Henri IV)... peu de jours après, 
f allant veoir les peintures de sagallcric et de sn salle 
'■des Antiques, que feu M. Bunel , son peintre faisait 
"alors, vit un fond de chaire faict d'ouvrage de 
f Turquie que ledict Du Pont y avoit laissé... com- 
o- manda à feu M. de Fourcy, surintendant de ses 
"baslimens et manufactures, de faire venir ledit 
"Du Pont en sa présence, ce qu'il fit le lendemain 
f en la gallerie haute. Venu donc ledit Du Pont, il 
rr présenta à Sa Majesté un quarreau faict de soye 
"Cl or, avec une chaire faicte de laine dudit ou- 
vrage de Turquie, que Sa Majesté eut très agréa- 
«r ble , et commanda sur l'heure audit sieur de Fourcy 
"de faire hastir un des logis de dessous sa gallerie 
"pour estre comme une pépinière d'ouvriers de 
"ladite manufacture: ce fut en l'an 1606.* (Pierre 



du Pont, Stromatourgie ou de l'excellence de la ma- 
nufacture des tapis , etc. Paris , 1 633 . chap. iv, p. 2 1 .) 
— Cazauhon, dans ses Ephémérides , rapporte que, 
le 27 avril i6o3, un ministre protestant qui était 
allé voir Bunel au Louvre se tua en tombant d'un 
échafaud sur lequel ce peintre travaillait. 

(S) Gomme celui qui renfermait la salle des An- 
tiques, il n'avait d'abord que deux étages et était 
décoré de niches à l'étage supérieur. 

(3) Il est mentionné ainsi dès 1026. (Voir le 
c iinpte de cette année, Appendice XII.) Le nom de 
pavillon de Lesdiguières est tout moderne. 

(4) La lucarne s'élevant du milieu d'un fronton 
brisé, qu'on observait au pavillon de Lesdiguières, 
était imitée de celle qu'on voyait en pareille place, 
à la Petite Galerie, et qui, détruite depuis long- 
temps, a été refaite par M. Duban, mais avec des 
modifications. — Le guichet pratiqué dans le pa- 
villon se nommait le guichet Saint-JSicaise à la fin 
du xvii 6 siècle. 



TOPOGRAPHIE HIST 







GRAN DE GAI 
















\f LOVVRE 






LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 71 

autres. Cette travée, Lieu recoimaissable aux niches qui la décorent, constitue 
Jonc un jalon des fortifications de Charles V, particularité que personne n'a encore 
comprise. 

Nous avons longtemps cherché une donnée positive relativement à l'époque où 
tut commencée la seconde partie de la galerie, que son ordre colossal distingue 
tant de la première. M. Poirson a supposé que les guerres contre l'Espagne et 
la Savoie retardèrent les travaux, et qu'on ne mit décidément la main à l'œuvre 
qu'en iGo3; à l'appui de celte opinion, il a cité une lettre de Henri IV à Sully, 
en date du 2 mars de cette année, où le Roi recommande ce de continuer à faire 
rradvancer, tant qu'il. . . sera possible, les transports des terres de la galerie du 
ff Louvre, aiïîn que les maçons puissent besogner, estimant qu'ils donneront ordre, 
«ce pendant, à leurs matériaux, de façon qu'ils advanceront bien la besogne, quand 
rr la place sera nette desdictes terres W; n néanmoins, nous rappelant la pensée qui 
inspirait Henri IV et le passage cité plus haut du Supplément aux Antiquités de 
Paris, nous avons toujours été disposé à croire que le xvi e siècle ne s'acheva pas 
sans qu'on entreprît les premières travées à la suite du pavillon de Lesdiguières^, 
attendu que la construction de ces travées était nécessaire pour que la galerie 
donnât issue hors de la Ville. Deux pièces, signalées® depuis que nous avons 
émis cette idée, prouvent que les travaux de maçonnerie de la Grande Galerie, 



]> Recueil des lettres missives de Henri IV, t. VI, 
p. 3g. — Dans une outre lettre, datée du 8 avril 
suivant, Henri IV dit: rrj'ay esté bien aise d'ap- 
* prendre. .. que l'on continue en la plus grande 
<■ diligence qu'il se peut mes baslimens du Louvre 
retde Saint-Germain.)) (Ibid. p. 69.) Dans la nou- 
velle édition de son Histoire du règne de Henri IV, 
M. Poirson, qui a eu, par anticipation, connais- 
sance de noire travail, rejette (1. IV, p. 53 1) l'o- 
pinion que nous avons émise sur l'époque où l'on 
commença la seconde partie de la Grande Galerie, 
et prétend même que les travaux ne furent sérieu- 
sement entrepris qu'en iGo3. Il n'en donne du 
reste aucune raison autre que la lettre du 2 mars, 
dont chaque mot, dit-il, lui paraît justifier son 
assertion. Nous sommes plus que jamais d'un avis 
opposé, car, ayant vu démolir la galerie et constaté 
la manière dont elle a été bâtie, nous n'imaginons 
pas quelles furent, en dehors de celles du rempart, 
les terres qu'il fallut transporter pour procéder à 
l'avancement de la construction. Nous sommes sûr, 
en effet, que partout, à l'exception d'un point, pour 
asseoir les fondations et monter les murs, on n'eut 
qu'à pratiquer de simples tranchées, dont les dé- 
blais, rejelés sur la berge, étaient trop peu consi- 



dérables pour causer de grands embarras et méri- 
ter une mention spéciale dans les letires du roi. Il 
en était très-différemment à la hauteur du rem- 
port; car là, et là seulement, il y avait une masse 
considérable de terres à enlever afin que les maçons 
pussent rt besogner, » et la première chose à obtenir, 
c'était que la place lût ff nette des dictes (erres. 1 
En outre, dans l'hypothèse adoptée par M. Poirson, 
Henri IV aurait, de i0o3 à 1607, c'est-à-dire en 
quatre années, conduit à bonne fin une section de 
la galerie n'ayant pas moins de 220- mètres de lon- 
gueur, et les ressources de ce monarque ne lui 
permettaient guère d'obtenir un pareil résultat. 
Si, au contraire, on admet que l'érection de l'édi- 
fice, entre le pavillon Lesdiguières et de Flore, eut 
lieu en sept années, on reconnaît qu'en iGo3 les 
travaux, marchant avec régularité, devaient avoir 
précisément atteint le rempart, comme nous le sup- 
posons; et ce n'est certes pas là une présomption 
peu fondée. 

(2) Conf. notre notice sur les deux galeries du 
Louvre , dans La Renaissance monumentale en France , 
p. 13. 

(3) Elles ont été acquises par la Bibliothèque de 
la Ville, et nous en publions la copie. Append. XI. 



72 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

confiés à six entrepreneurs, furent commencés au plus tard le i er avril 1G00, en 
vertu d'un marché passé le 7 mars précédent. Ce marché portait que, moyennant 
9.9,000 écus, payables par semaine, le lot de travaux adjugé aux entrepreneurs 
serait conduit à bonne fin dans l'année même; mais, dès le mois de juillet, il 
s'éleva, à l'occasion d'un refus de payement, des difficultés qui contraignirent les 
entrepreneurs à se déclarer déliés de leur engagement. En même temps que la 
galerie, on avait aussi commencé une cage d'escalier hors d'œuvre, élevée sur la 
contrescarpe même du fossé. Presque entièrement oublié aujourd'hui, cet édicule, 
dont les planches du Carrousel de Sylvestre donnent l'aspect, n'a été détruit qu'à 
la fin du règne de Louis XV. Rectangulaire en plan, flanqué de six pilastres, et 
coiflé d'un comble en croupe à frontons, il mesurait deux toises deux pieds en 
largeur ainsi qu'en saillie' 1 '. 

uhcvemeni Au 1" janvier i 6 o 8 , la Grande Galerie du Louvre était avancée à ce point 

(.«os/ qu'on pouvait la parcourir d'un bout à l'autre, puisque, dans les Mémoires de 
Sully, ses secrétaires lui disent: «Nous commençons cette année 1608, comme 
r nous avons fait quelques-unes des précédentes, par la devise des jettons d'or que 
«vous présentastes au Pioy, le premier jour de l'an. . . Vous le trouvastes comme 
ce il entroit dans sa Petite Galerie^ pour passer à la Grande, et de là aux Tuille- 
rrries, où il vous mena promener, n Mais il est surtout hors de doute que la gale- 
rie était complète en 1609, car on lit encore dans les mémoires de Sully, pour 
cette année : «Comme vous fustes entré dans la cour. . . et que vous fustes monté 
«en la chambre du Roy, vous trouvastes qu'il estoit entré en sa gallerie, et de 
ff l'une en l'autre passé aux Tuilleries, où vous ne le pustes attraper qu'il ne fust 
«desjà sur la grande terrasse des Capucins, près de la petite porte, pour aller 
rr ouyr la messe (^.n La galerie est effectivement représentée entière sur le plan de 
Quesnel et sur celui de Vassalieu, publiés en 1609. Ce dernier porte, en outre, 
l'indication suivante : rr Henri IV, qui règne à présent, a avancé en telle sorte celte 
«architecture parfaite, que la galerie joint maintenant, n La note implique à la fois 
que le fait était accompli et qu'il était récent. 



Boiicnu ci Moni; Infiniment plus simple que la décoration de la première moitié de la Grande 

PrieuretiesL'Heurcuï, Galerie , la décoration de la seconde ne paraît avoir subi aucun retard dans son 

achèvement^. Les magnifiques chapiteaux composites des pilastres de l'ordre 

colossal sont, au dire de Sauvai, l'œuvre des nommés Boileau et Charles Morel. 

fl) La longueur totale de la Grande Galerie, de- ^ OEconomies royales, t. II, p. 222B, 287801288.1. 

puis l'axe de la Petite jusqu'à l'axe du pavillon de ( ' l) Les sculptures des tympans ne furent laites 

Flore, est de 2W 3 P ou /iu8"\83. epic postérieurement à 1660. Les guichets du Gar- 

m Sully nomme ailleurs la Petite Galerie «pre- rousel datent de 1769, et celui de la rue Sainl- 

'•mière galerie, 1 parce qu'elle e'tait la plus proche Thomas, dont l'origine doit être contemporaine de 

de la chainhre du Roi. celle de la galerie, a clé ouvert au public en 1 643. 




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LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 73 

Les autres sculpteurs qu'on mentionne comme ayant été employés aux galeries du 
Louvre sous Henri IV sont Pierre Biart, Barthélémy Prieur el les deux frères 
L'Heureux. Ceux-ci passent pour être les auteurs de la Irise délicate dont nous 
avons parlé, et que les chiffres H G prouvent avoir été exécutée entre iTxjA cl 
1699; mais ces artistes figurent dans les comptes du Louvre dès i56a, de sorte 
qu'on doit admettre qu'ils ont travaillé à l'édifice pendant trente-cinq ans environ, 
circonstance sur la réalité de laquelle nous souhaiterions d'être mieux édifié. 

Pierre Biart, celui que Sauvai appelle le père, et que nous croyons fils de Noël 
Biart, est nommé parmi les gens de métier dans un compte de la maison du Roi 
pour 1608; il était donc sculpteur de Henri IV. Il est en effet qualifié de cr seul- 
ce teur ordinaire, ii et même de ce architecte du Roy, n dans des pièces relatives à 
la statue équestre de ce prince, dont il orna la façade de l'Hôtel de Ville, par 
marché du h octobre i6o5, et que son fils, porteur du même prénom, gâta plus 
tard, comme Sauvai le lui reproche. Sauvai exalte au contraire deux statues de 
captifs, dont Biart le père avait décoré l'extérieur de la Petite Galerie, et qui 
furent détruites lorsqu'on remania le bâtiment pour y disposer l'appartement 
d'été d'Anne d'Autriche, ce Ces captifs, dit-il, étoient couchés à leur séant et cour- 
rrbés avec un abandonnement fort naturel, et qui marquoit bien l'excès de leur 
k affliction. Leurs corps pendoient à leurs mains garrottées et attachées par der- 
ecrière. Leurs yeux étoient flétris et collés contre leurs genoux. La tête leur toin- 
crboit sur l'estomac, mais si appesantie de tristesse, qu'elle entraînoit le reste du 
ff corps par son poids. Un talon et une jambe sembloient venir au secours d'un 
cr abattement si extraordinaire, avec si peu de fermeté pourtant, qu'il étoit aisé 
ce de juger que cela se faisoit plutôt par quelque instinct de nature que par aucun 
ce soin que ces pauvres malheureux prissent de prolonger leur vie plus long-tems. 
ce En un mot, on ne pouvoit voir une tristesse ni mieux conçue ni exprimée plus 
ce naïvement, ni un renversement de corps plus désespéré par tout le corps. L'ana- 
cetomie étoit si bien entendue, particulièrement sur les épaules et sur le ventre 
ce couvert de plis écrasés, qu'on y remarquoit toutes ces différentes passions que 
cela nature donne à ceux qui sont véritablement affligés. Enfin ces captifs, en la 
ce posture où Biart les avoit mis, disoient plus de choses par leur contenance 
ce muette, qu'ils n'auroient fait dans une harangue longue et étudiée (1) . -n Biart, 
qui était né à Paris, y mourut le 1 7 septembre 1 609, âgé de cinquante ans, suivant 
l'inscription qu'on lisait sur son tombeau (2) , dans l'église Saint-Paul; cette ins- 
cription était accompagnée d'une épitaphe en vers, commençant par ces mots : 
Sculpteur, peintre, architecte en mon vivant je Jus. 

Ainsi que Pierre Biart, Barthélémy Prieur appartient bien plus au xvi c siècle 

(l) T. II, p. 3y. — (2) rrlcy gist M" Pierre Biart, Parisien, en son vivant M* sculpteur et architecte; 
rr lequel , âgé de 5o ans, est trespassé le dix-sept iesme jour de septembre, audit an mi! six cent oeuf. - 



74 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

qu'au xvu c , et, si nous le trouvons pareillement nommé sur les états de la maison 
du Roi en 1608 et 1G09, nous le voyons déjà sur ceux de Henri III, avec le titre 
de cr sculpteur de Sa Majesté,.» et porté pour 3o livres tournois de gages (1) . Ou 
ne sait au juste à quelle époque il exécuta les bas-reliefs des tympans d'arcade 
de la Petite Galerie qui représentent des Renommées, ainsi que les Génies de 
l'astronomie, de l'agriculture, de la musique et de l'architecture. Les bas-reliefs 
correspondants du pavillon de Lesdiguières peuvent être de sa main. Du reste, 
ses œuvres, comme celles de Biart, sont extrêmement mal connues. Au nombre 
de ses derniers ouvrages, il faut compter des statues en plâtre, hautes de huit 
pieds, qu'il exécuta pour l'entrée solennelle de Marie de Médicis, et suivant un 
marché passé avec la Ville, le 5 avril 1610, au prix de 1 65 livres tournois par 
ligure. Le texte du marché fait savoir qu'il demeurait très faulxbourg Sainct-Ger- 
rrmain, rue Garancière ®. ri On ignorait encore naguère la date de sa mort; mais 
M. Gh. Read, qui s'occupe avec tant de fruit de l'histoire des protestants célèbres, 
a récemment découvert que B. Prieur fut enterré au cimetière Saint-Père, le 
ïk octobre 161 1 ; il était huguenot. 



fin Breul el Bunel . 
peintres. 



Des artistes nombreux enrichirent de leurs peintures, aujourd'hui perdues, l'in- 
térieur de la Petite Galerie et de la salle des Antiques. Le premier, dans l'ordre 
chronologique, est Toussaint Du Breul, sans doute parent de Louis Du Brueil 
ou Du Breul, dont on a vu le nom dans les comptes de la période de Charles IX. 
Toussaint Du Breul comptait parmi les valets de chambre de Henri IV, et portait 
le titre de peintre du Roi dès 1693. Il était, croit-on, l'élève du père de Martin 
Fréminet, et travailla surtout au château de Fontainebleau, où, vers 1670, avec 
Roger de Rogery il dirigeait la troupe des peintres. Au Louvre, il commença la 
décoration de la Petite Galerie, dans sa partie la plus rapprochée des apparte- 
ments du Roi, mais il n'eut point le temps de la mener loin, car il mourut le 
22 novembre 1602 ( 3 >. Jacob Bunel lui succéda, après lui avoir été adjoint. 

J. Bernier raconte que, lorsque Bunel, «en grande réputation travailloit au 

ff Louvre, le roi Henri IV, qui eut bien voulu associer Bunel avec le savant peintre, 
<t lui dit un jour qu'il souliaitoit les marier ensemble. Mais Bunel, faisant sem- 
crblant de prendre la chose au pied de la lettre, quoiqu'il vît l'intention du Roi, 
"lui répondit modestement que Sa Majesté savoit bien que cela ne se pouvoit. Le 



'' Arcli. de l'Emp. reg. kk 163. 

' Arch. de L'Emp. reg. H 1795, fol. i3o v\ 
— Un nommé Barthélémy Prieur possédait, en 
160O, certaine maison de la rue Mazarine, où 
pendait pour enseigne la Corne-de-Cerf; mais rien 
dans les titres ne permet de s'assurer si elle appar- 
tenait réellement au sculpteur de Henri IV. 

'' ^ Ce jour, dit L'Estoile, cité par M. de Chen- 



rrnevières, Du Breuil, peintre de Sa Majesté, sin- 
gulier en son art, et qui avoit fait et devisé tous 
"ces beaux tableaux de Sainct-Germain, en revenant 
fdudit Sainct-Germain sur un cheval qui était rétif 
rret alloit fort dur, fut, à son retour, surpris d'un 
rr renversement de boyaux, que les médecins ap- 
pellent miserere, qui, en moins de vingt-quatre 
r heures, l'envoya dans l'autre monde." 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 75 

rr Roi se voyant ainsi obligé de lui parler franchement, et lui ayant dit qu'il falloit 
rc que Du Breuil lit les dessins et qu'il les peignît, il lui répliqua fort généreuse- 
rrment qu'il se contentoit de barbouiller ce qu'il avoit dessiné, sans eut reprendre 
rr de traiter ainsi les dessins des autres. Ayant donc continué de travailler avec Du 
^Breuil, ce peintre étant mort, il lui succéda et acheva les grands ouvrages du 
'■Louvre, qu'un embrasement a depuis consumés W.n 

Jacob Bunel, fils de François Bunel et de Marie Gribhe, naquit à Tours (2) , en 
1 558- Il eut pour premier maître son propre père, qui était peintre. Il voyagea, 
dans la suite, pour se perfectionner, et s'arrêta longtemps à Madrid afin d'étudier 
les œuvres du Titien renfermées dans le palais de l'Escurial. 11 reçut des leçons 
du vieux Pomarange et de Zuccharo, puis revint eu France, où il fit un grand 
nombre de tableaux, dont le plus célèbre avait été destiné au chœur de l'église 
des Capucins de Blois. Bunel, qui appartenait à la religion réformée, est mort 
sans postérité directe ( 3) , en i6i4; il fut enterré le i5 octobre. 

Bunel seul n'aurait pu suffire à sa tâche, et il se faisait aider par plusieurs 
artistes. «Pendant que Bunel peignoit à la Petite Galerie du Louvre, n rapporte 
Félibien, k David et Nicolas Ponlheron, Nicolas Bouvier, Claude et Abraham Halle 
tt travailloient aux ornemens et aux doreures des trumeaux de la même galerie' 4 ', 
rr Jérôme Baullery estoit aussi un de ceux qui peignoient au Louvre, v Félibien 
ajoute : rr Henri Lerambert, Pasquier Testelin, Jean de Brie, Gabriel Honnet, 
rrAmbroise Du Bois, Guillaume Dumée travailloient tantost au Louvre, tantosl à 
rr Saint-Germain, et tantost à Fontainebleau, n M. de Laborde indique une lettre 
de Henri IV, du mois de mars 1607, où sont mentionnés trois autres peintres, le 
nommé Jean de Courcelles et ses tuteurs Nicolas Malapert® et Jean Colombier, 
comme retenus près de Bunel par leurs travaux ®. Mais Bunel eut pour collabo- 
rateur principal sa femme, Marguerite Bahuche, qui, suivant Carrel van Merder^, 
possédait peut-être encore plus de talent que son mari. Aussi, après la mort de 
Bunel, le 8 octobre 1 6 1 4, lut-elle chargée, avec son neveu Picou, de continuera 
prendre soin des peintures du Louvre et des Tuileries; tous deux devaient recevoir 
par moitié la somme de 1,200 livres par an, qui avait constitué le salaire de Bunel, 
et ils étaient confirmés dans la jouissance, leur vie durant, du logis de la Grande 

' Histoire de Blois, citée aussi par M. de Chen- «fort honoré du Roy Henry le Grand, quatrième 

uevières dans sa Notice sur la galerie d'Apollon. «du nom. a 

•'-' Et non à Blois, comme on l'a souvent affirmé. '' Dom. J.Uron,Bibliothèquechartraine,p. 332. 

Dans son Histoire de Touraine, M. Cliallemel cite (,) Entrelien sur la rie et les outrages des plus 

une lettre où Glande Vignon dit: r- J'ai eu Thon- excellais peintres , t. III, p. i35. 
-nciic de connoilre Jacob Bunel, le plus grand (5) C'était le parent par alliance de l'un des Du 

* peintre qui lut en Europe, et même je me glorifie Cerceau. 

rr d'avoir reçu de sa bonté les premiers enseigne- (C) La Renaissance des arts à la cour de France, 

«mens de la peinture. Il étoit natif de Tours, en t. I, p. ()35. 

"Touraine. Il vivoil à Paris, aux galeries du Louvre. (7) F" 2o8/»/s,et Baldinucci, t. VIII, p. 2Ô3. 

10. 



76 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Galerie , où avait habité Bunel (1) . Nous lisons dans un compte de 1 6 2 h , que M. Gh. 
Read a bien voulu nous indiquer, et que nous transcrirons plus loin, le passage 
suivant : «A lad. Margueritte Bahuche^, v vc dud. feu Jacob Bunel, peintre, et 
rraud. Robert Picou, son nepveu, aussy peintre, au lieu dud. feu Bunel, pour l'en- 
« tretèneinent des peintures de la Petite Gallerye du Louvre, passaige d'icelle, salle 
rrdes Anticques et pallais des Thuilleryes, pour leurs gaiges et service, chacun par 
cr moitié, la somme de six cens livres, dont ils seront payés entièrement; cy. . . vi cl . i> 
Nicolas Pontheron et les Bouvier père et fils eurent une charge analogue, car 
l'article suivant du compte est ainsi conçu : «A Nicolas Pontheron, et... Bouvier, 
et au lieu de feu... Bouvier, son père, pour l'entretènement de toutes les pein- 
er tures et lambriz du logement des logis bas du Louvre , pour lequel ilz étoient 
rr employez, etc. ®v 



PJain et Fouruier, 

architectes 
île la Petite fialerie. 



L'étage de la Petite Galerie fut élevé, d'après le témoignage de Sauvai, par les 
architectes Plain et Fournier, qui, de tous les constructeurs du Louvre, sont de- 
meurés les plus inconnus, car on n'a jamais cité d'eux que leurs noms. 

Fournier appartenait à la famille de Florent ou Fleurent Fournier, juré du Roi 
en l'office de maçonnerie, dont la signature figure sur la soumission de travaux 
du iâ mars i582, que nous avons plusieurs fois citée'"'. 11 devait être aussi le 



'' Voici le texte de l'ordonnance , publiée d'abord 
par M. Lacordaire: ce Aujourd'hui, vin" octobre mil 
r-six cens quatorze, le Roy estant à Paris, mettant 
"en considération les longs et fidèles services que 
•feu Jacob Bunel, vivant, l'un de nos peintres ordi- 
••naires, ayant la charge des peintures de ses gal- 
■■ leries du Louvre et Thuilleries , a cy-devant rendus 
"tant au feu Roy dernier décédé, que Dieu absolve, 
-que à Sa Majesté, depuis son advènement à la cou- 
-ronne, et voilant iceulx recognoistre envers Mar- 
•• guérite Bahuche sa femme, sa veufve, laquelle 
-faict aussy profession de peintures et y travaille 
•journellement; Sa Majesté, par l'advisde la Royne 
"sa mère, a accordé à ladicte Bahuche sa demeure, 
-sa vie durant, dans le logis de la Grande Gallerie 
■rdu Louvre, où demeuroit et est décédé ledict l'eu 
"Bunel, à la charge d'y loger et accomoder Robert 
"Picou, son nepveu, aussi peintre, pour avoir soing 
-avec elle des peintures tant de la Grande Gallerie 
-du Louvre que des Thuilleries. Et pour leur donner 
••moyen d'y servir et s'y entretenir dignement, sa- 
rr dicte Majesté leur accorde, par moytié, les gaiges 
••cl enlretènementde douze cens livres dont soulloyt 
••jouir ledict feu Runel, qui est à chacun d'eux six 
f-cens livres; lesquelles leur seront payez par les 



fr trésoriers de ses bastimens, présens et advenir, 
rr chacun en l'année de son exercice, a commancer 
rrdu premier jour de ce mois, par leur simple quit- 
tance, sans qu'il leur soye besoing d'autres lettres 
rmy expéditions que le présent brevet , qu'il a voulu 
rr signer de sa main, et iceluy estre contre-signe de 
rrmoy, son conseiller et secrétaire d'Eslat. Signé 
rr LOUIS, plus bas, Lauménye. Et au dos est escril 
rr ce cpii ensuit: Enregistré par moy, intendant des 
rr bastimens du Roy soubzsignez, à Paris, le troi- 
rrsiesme jour de janvier mil six cens quinze. Ainsi/ 
rr signé Fourcy." 

(2) Le 2/1 octobre 1608, Jacob Bunel acheta du 
président de Harlay un terrain de cent toises de 
superficie , sur lequel il fit bâtir la maison qui fait 
le coin de In place du Pont-Neuf et du quai des Or- 
fèvres. Le 3 juin 162a, Marguerite Bahuche et son 
second mari, Paul Galland, conseiller du Roi, ven- 
dirent cinq travées de l'édifice bâti sur ladite place 
à l'orfèvre Cl. Cousturier. (Arch. de l'Emp. cart. S 
5o 12-1 3.) 

< 3 > Voir Append. XIII. 

(4) Il est question de Florent Fournier dans le 
registre des Archives de l'Empire côté H 1788, 
fol. à'3o r°. 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 77 

parent du maître maçon Nicolas Fournier, nommé en octobre 1607 W; du me- 
nuisier David Fournier, qui, vers i58o, travailla pour la Reine mère, et de l'or- 
fèvre Jean Fournier, qui possédait, en la rue Mazarine, une maison dont, au milieu 
du règne de Henri IV, «Loys Fournier, m' juré maçon, 1 était devenu propriétaire. 
Cette maison occupait un terrain qui, en 15/17, *^ a 't possédé par le charpentier 
Guillaume Fournier. Le membre de la famille Fournier dont parle Sauvai avait 
le prénom soit de Louis, soit d'Isaïe, il est fort embarrassant de dire lequel, et 
nous ne sommes même pas absolument sûr que les deux prénoms s'appliquent à 
des individus différents. Au mois de juin 1607, ccLoys Fournier, juré du Roy en 
cr l'office de maçonnerie, t> fut assigné au Ghâtelet à propos d'une maison qu'il avait 
reçu l'ordre de démolir pendant le siège de Paris, et, le 3 juillet suivant, il fut 
cboisi comme arbitre, avec Pierre Gbambiges, par les maîtres de l'hôpital du Saint- 
Esprit. crLoysii fut encore arbitre au mois de février 161 5, et, le 28 mai 161/1, 
il visita, en compagnie d'autres experts, une maison de la rue Hautefeuille ®. Isaïe 
Fournier cultivait l'art du graveur; il a exécuté au burin et à l'eau-forte un certain 
nombre de planches représentant des sujets historiques, qu'il signait : Esaias de, 
Fornariis®. Il dessinait avec habileté et traitait la figure; on connaît de lui, entre 
autres œuvres graphiques, un médaillon de Henri IV, gravé par Thomas de Leu 
en 1696, et un portrait de Marie de Médicis, reproduit par le même artiste, avec 
la signature : Fournier pinxit. Il s'occupait d'ailleurs très-certainement de construc- 
tion, puisque nous lisons dans les registres du Bureau de la Ville que, le 25 février 
1602, tcEsaye Fournier, n en qualité de rr architecte du Roy, n assista à une réunion 
de ses collègues appelés à donner leur avis sur un projet de réservoir qu'on se 
proposait d'établir aux Halles W. Par les pièces que nous transcrirons à la fin de 
ce chapitre, et qui nous ont fourni deux spécimens de sa signature, on aura, 
de plus, la preuve que cclsayeu fut un des maîtres maçons ou entrepreneurs qui, 
en 1C00, étaient associés pour bâtir la seconde moitié de la Grande Galerie du 
Louvre. On peut donc croire que c'est lui qui construisit l'étage supérieur de 
la Petite Galerie" (5) . D'un autre côté, l'assignation de 1607 comprend, en même 



(1) Arch. de l'Emp. reg. H 179/1, fol. 290. 

(5) Arch. de l'Emp. reg. H 179A, fol. ^33 v° et 
a3gr°, et carton S 2835; Arch. de l'Assistance pu- 
blique, layette 137. 

(J) Bonnardot, Histoire archéologique de la gra- 
vure en France , p. 35. 

(4) Arch. de l'Emp. rcg. H 179^, fol. 79/1 r\ 

(5 ' M. Jal rapporte (Dictionnaire critique de bio- 
graphie et d'histoire , Paris, 1867, p. 219) (pie, 
le II février 1610, rrYsaye Fournier, architecte du 
trroy, v fut parrain de Jeanne, fille posthume du 
sculpteur Pierre Biart, et d'Eléonore Fournier, 
que Biart avait épousée le 28 janvier 1592. On 



lit dans les registres de l'église Saint-Paul: trDud. 
rr dimanche 12 e may 169a, foerunt affidati Pierre 
fr Biart fdz, m' sculpteur et arcliitecteur du roy, el 
rrtléléonore Fournier (ille, dem" rue de la Ceri- 
rrsnie; et desponsati die martis 28 jauuarii /002.1 
Eléonore Fournier était probablement la sœur 
d'Isaïe. Une de ses tilles eut pour parrain, en 1 5q5 . 
le charpentier Jean Fontaine, dont nous parlons 
page 90, et une autre, en 1599, fut tenue sur 
les fonts par Léon Lèsent, le neveu de l'architecte 
du Louvre. Il est intéressant de constater combien 
étaient nombreux les rapports que les familles d'ar- 
tistes de cette époque avaient entre elles. 



78 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

temps <[ue Louis Fournier, cr Jehan Coing, maistre maçon de Paris,')-) et il est mani- 
feste pour nous que ce J. Coin, compagnon d'un des Fournier vers i5o,o, ne diffère 
point de l'individu que Sauvai appelle Plain et donne comme associé à Fournier 
vers i. r >o,5 : son nom aura été défiguré par une de ces fautes de lecture ou d'im- 
pression dont fourmille le livre des Antiquités de Paris. Nous retrouvons Jean Coin 
employé comme expert avec les jurés du Roi au mois de juin 1 608. Le 27 octobre 
1612, il obtint l'entreprise de la conduite des eaux de Rungis à Paris (1) , et le 
•20 mars i G 1 3, assisté de Salomon (2) de Brosse, de Jean Gobelin et de Charles 
Du Ry, il donna les alignements du château de Coulommiers^. Il était déjà mort 
au mois de novembre 1618. On voit que les deux architectes à qui Sauvai attri- 
bue l'étage supérieur de la Petite Galerie, ainsi que celui qu'il dit en avoir élevé 
l'étage inférieur, ne sont pas le moins du monde des personnages imaginaires, 
comme on a paru plus d'une fois disposé à le croire, dans l'impossibilité où l'on 
«Hait de donner un seul renseignement sur leur compte. 

Les architectes Parmi toutes les difficultés qui compliquent d'une façon si fâcheuse l'histoire du 

ia Grande Gaiene. Louvre de la Renaissance , celle qui a le plus résisté à nos efforts consistait à déter- 
miner par quels architectes furent réellement construites les diverses parties de la 
Grande Galerie. Sur ce sujet la confusion est extrême, et nous n'avons recueilli 
aucune donnée authentique propre à la dissiper complètement. Nos recherches, 
en tout cas, auront pour résultat de faire justice des assertions déraisonnables 
auxquelles le problème a donné lieu, et d'y substituer des opinions qui, si elles 
conservent encore quelque chose d'hypothétique, ont du moins pour base des 
faits très-authentiques et les plus sérieuses présomptions. 

A propos de la Grande Galerie, on a mis en avant six noms d'architectes, et, 
comme plusieurs de ces noms ont été portés par deux, trois et même quatre indi- 
vidus différents, on peut évaluer à une douzaine le nombre de ceux auxquels la 
Grande Galerie a été attribuée : ce sont les Du Cerceau, les Métezeau, de l'Orme, 
Serlio, Bullant et Du Pérac. Retranchons d'abord de cette liste Serlio, qui mourut 
avant qu'on projetât la galerie, et Philibert de l'Orme, qui, s'il avait donné les 
plans de la galerie, n'aurait pas manqué d'en faire mention dans son grand 
ouvrage, où il parle si volontiers des Tuileries; puis tâchons de dégager la vérité 
relativement à la première moitié de la Grande Galerie. 



I a fa 



Métezeau. Nous avons dit que l'étage inférieur de cette moitié révélait un grand artiste 
dont les œuvres étaient inconnues de notre époque, et nous avons ajouté qu'on pou- 

Félibien, Hist. de Paris, l. V, p. 806. plues sont loul aussi nulles sur le compte de l'archi- 

' Tel est le vrai prénom de de Brosse, suivant tecte du Luxembourg (pie sur celui des Métezeau. 

les documents que M. Ch. Read a découverts en 1 85 5 (3) Notice sur le château veuf de Coutommiers , par 

et qu'il se propose de publier. On sait que les biogra- M. A. Dauvergne. p. 9. 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 79 

vait regarder Thibaut Métezeau comme celui qui, le plus vraisemblablement, en 
commença la construction. Il semble aussi que ce l'ut son fils , Louis Métezeau , qu'on 
chargea, sous Henri IV, de bâtir l'étage supérieur, bien (pie, dés 150,5, Jacques 
Androuet fils ait été commis à la conduite des bâtiments du Louvre. Brice rapporte, 
eu effet, que la première partie de la galerie fut l'œuvre de Louis Métezeau, 
lequel aurait imaginé la fameuse digue de la Hochelle (1) . L'inventeur de la digue 
s'appelait Clément, et non Louis; mais, malgré celte inexactitude, il est probable 
que Brice a dit vrai, en ce sens que ce doit être Louis Métezeau qui, du temps de 
Henri IV, a terminé les constructions de la galerie commencées par Catherine de 
Médicis. Les renseignements biographiques qui suivent, et que nous avons puisés 
surtout dans le manuscrit de Dreux, ne peuvent que corroborer l'hypothèse. 

Jeanne Bardia (2) donna à Thibaut Métezeau plusieurs fils : Clément, né h; 
18 septembre i56o; Jacques, né le îh août i56p,, et un second Clément, né le 
(5 février 1 58 1 , apparemment après la mort de son frère homonyme^. Ce second 
Clément est celui qui, par le projet de la digue de la Rochelle, s'est acquis une 
réputation derrière laquelle s'est éclipsée la notoriété des autres membres de la 
famille; mais la date de sa naissance (1 58 1) démontre qu'il n'a pu dresser les plans 
d'aucune partie de la Grande Galerie. Au contraire, Louis Métezeau, que T. Don- 
nant assure être le fils aîné de Thibaut (4) , était, après la mort de celui-ci, au mois 
de septembre i5qG, rr architecte des bastimens du Roy et contrôleur d'iceux®, i> 
suivant les registres de la paroisse de Dreux, où l'on voit qu'il fut alors parrain 
d'Hélène, fille de Léonarde Métezeau. Il est pareillement appelé <r architecte du 
rr Roy a dans les registres de la Ville ^\ où nous avons lu qu'il fut chargé, avec l'in- 
génieur Franchine( 7 s d'organiser les préparatifs de l'entrée de la Reine, en mars 
et avril 1610. Sur un reçu de marbres, signé de sa main le q3 mars iGo<), il 
s'énonce rrLoys Métezeau, architecte des bastimens du Roy, consierge et garde des 
rr meubles du pallais des Thuillerys de sa Majesté W. r> Il fut investi de ces der- 
nières fonctions au mois de décembre 1600^. D'après un essai généalogique du 
Cabinet des titres, à la Bibliothèque impériale, il était écuyer, sieur de Germain- 
ville et de Bressac, près Dreux, et ordonnateur des bâtiments royaux. Il vivait 
encore en 1 G 1 5 ; mais il dut mourir celte année même, à en juger par les articles 
suivants d'un compte de 162& : rrA Damoiselle Isabel de Hanqueil, v vc de l'eu Louis 
rr Métezeau, architecte, et à ses enfans, sur vi <ft à eulx ordonnés par brève! du 

(,) Descrip. de Paris, 1. 1 , p. 1 03, édit. de 1 y 5 a. Voir l'Appendice VIII. 

(3) Alias Bordia et Biardia. " ; Reg. II 1795, fol. <)5 v°et 1 36 r". 

(3) 11 eut pour parrain Thibaut Bardia , et pour ,J Ou plutôt Francini. Il étail Florentin et avait, 

marraine sa tante, Jeanne Métezeau. en i6a4, le litre ir d'ingénieur et intendant de la 

r,) On a dit plusieurs lois que celait son frère; rconduille des eaues cl fontaines de Sa Majesté. - 

mais l'opinion de Donnant nous semble préférable, 8) Arch. de l'Emp. cari. k. 102, 11" 3'. 

quoique nous n'ayons jamais eu la preuve formelle ' Invent, des Mémoriaux de la Chambre des 

de son exactitude. comptes; Arch. de l'Emp. reg. 1T 1 15, p. '1 '1 '4. 



80 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

r: xii° septembre mil vi c quinze, et lettres patentes vériflïées en la Chambre des 
(r comptes, pour les causes y contenues, la somme de quatre cens cinquante livres, 
crdont elle sera payée en la présente année, pour trois quartiers; cy — uu c l 1 . — 
r?A lad. Dam" c Isabel deHanqueil, \ vc dud. Métezeau, qui estoit consierge des 
cr Thuilleries, et à sesd. enfans, sur la somme de uu cl , à eulx aussi accordez, au 
« lieu desd. gaiges, leur vie durant, par autre brevet du x sept. m. vi c quinze W, et 
cr lettres patentes vérifliées en lad. Chambre, la somme de trois cens livres dont 

cr ils seront paiez pour trois quartiers de la présente année; cy m cl . n Aussi 

bien c'est au mois d'août 1 6 1 5 que Charles d'Albert de Luynes remplaça Louis 
Métezeau comme capitaine et concierge du château W. T. Donnant, qui confirme 
plusieurs détails que nous venons de donner, mais qui commet diverses méprises 
de dates et de parentés, dit que Louis Métezeau était déjà capitaine des Tuileries 
en 1 566. Il avance également que Louis Métezeau éleva le bel escalier de ce châ- 
teau, généralement attribué à de l'Orme, et que, après avoir été envoyé en Italie 
par Marie de Médicis, il aurait fait pour elle les dessins du palais du Luxembourg 
et ceux du portail de Saint-Gervais, à Paris. Pour que Louis Métezeau eût pris 
part aux travaux des Tuileries du temps de Catherine de Médicis, il faudrait qu'il 
lût né vers i54o; il ne saurait alors être le fils de Thibaut, né en 1 533, et n'au- 
rait pu exercer encore son métier sous Louis XIII. Si un Métezeau a été le colla- 
borateur de Ph. de l'Orme, et rien ne s'oppose à ce qu'on le croie, ce doit être Thi- 
baut lui-même. Il est pareillement impossible que Louis Métezeau ait dressé les 
plans du portail Saint-Gervais, dont la première pierre fut posée le ik juillet 
1 6 1 6 , et ceux du Luxembourg, commencé en 1 6 1 5 ; mais il est assez probable 
que Clément Métezeau, confondu par Donnant avec Louis, a été pour quelque 
chose dans les projets du Luxembourg et du portail Saint-Gervais. Pourtant 
il paraît assez difficile de penser que Salomon de Brosse ait pris ou accepté 
un auxiliaire de cette valeur, sans qu'aucune trace se rencontre, soit dans l'his- 
toire, soit dans les comptes, d'une semblable collaboration. D'ailleurs nous n'avons 
point ici à traiter de la construction du Palais du Luxembourg, et, comme nous 
ne voyons pas que Clément ait jamais été mêlé aux travaux du Louvre, nous 
n'avons point à nous occuper de lui. Nous croyons devoir mettre ici sous les 



(1) Au mois d'août 1622 , la pension de mille li- 
vres avait été confirmée à Elisabeth du Hanqueil 
(alias de Haulguet); elle était alors mariée à René 
Parrain, secrétaire du Roi. ( Arch. de l'Emp. reg. PP 
111, p. 6o4.) 

(2) Après avoir dit que Louis et Clément Méte- 
zeau étaient apparemment frères, M. Jal (Diction- 
naire critique, etc. p. 85g) suppose que ce der- 
nier pouvait être le fils de rrLoys de Métheseaui 
qui, le 28 août i5o8, épousa à Saint-Merry rrlsa- 



rrbel de Audegner. » Nous croyons, au contraire, 
que Isabelle de rr Audegner -n est Isabelle de Han- 
queil , que M. Jal appelle de n Hogues ; n elle est 
aussi nommée «de Haulguet, 1 et elle épousa Louis 
Métezeau, architecte des bâtiments royaux. M. Jal 
fait savoir que Clément Métezeau fut enterré à 
Saint-Paul, le 29 novembre i652, «dans la nef, 
fr proche de ses père et mere.-n Thibaut Métezeau 
et Jeanne Bardia auraient-ils donc été inhumés à 
Paris? 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 81 

yeux du lecteur le tableau généalogique de la famille des Métezeau, tel que les 
documents que nous avons pu consulter nous permettent de l'établir. 

Clément Métezeau, 

maître maçon à Dreux , 

mort entre 1 537 c ' 1 556. 

Femmes : Catherine et Etienne. 



Louis Mi'iiv -H 
su généalo fie 



Cu lit e 



Jeatu 



Toinette, 

née Je 3 mars 

i53o. 



Thibaut MÉTEZEAU, 

né le 2 1 octobre 

1533; 

architecte 

du duc d'Alençon 

et de Henri III ; 

il était 

déjà mort en 1 5o,6. 

Femme : 

Jeanne Bardia. 



Nathalie, 

née le 19 janvier 

i53G. 



Jean Métezeau, 

architecte 

de l'église de Dreux ; 

mort le 27 avril 1600. 

Femme : 

Marie Geffroij. 



Louis METEZEAU, Clément, 
architecte 
de Henri IV 
et de Louis XIII; 

mort 

au commencement 

de 161 5. 

Femme : 

htibel de Hanqucil 



Marie , 
ne née ne ne 

le 18 nov. le 1 û avril le 1/1 août le 6 février i58i 
i56o. 1 565. 156g. architecte 

de Louis XIII 



Jacques Clém' MÉTEZEAU, Jean Métezeau, Paul Métezeau, 

secrétaire théologien ; 

de la né en i58a, 

comtesse de Bar. mort 

le 17 mars i63a. 



et de Louis XIV, 

inventeur 

de la 

digue de la Rochelle ; 

mort vers i652. 



Louis. Elisabeth. Guillaume. 



S'il est difficile de savoir au juste qui donna les plans de la première moitié de 
la Grande Galerie, il n'est pas moins embarrassant de déterminer le nom de l'ar- 
chitecte auquel on doit les projets de la seconde moitié. Sauvai ne désigne per- 
sonne, bien qu'il donne quelques détails sur l'édifice. Brice, copié par Piganiol. 
nomme Du Pérac. Une note manuscrite d'André Duchêne, prévôt des bâtiments 
royaux, ajoutée à une gravure de Marot, aurait porté, suivant Callet^ 1 ', que Henri IV, 
après avoir confié l'exécution du pavillon de Flore à Du Pérac, avait, en 1 5g6 , 
chargé Bullant de la construction des cinq premières travées à la suite de ce pa- 
villon; que Bullant n'acheva pas ces travaux, mais qu'ils furent poursuivis, après 
la mort de Du Pérac et la retraite de Bullant, par Jean-Baptiste Androuet*-', lequel 



(1) Notice sur la vie et les ouvrages , etc. p. 1 9 et 

i3. La rédaction du passage est fort incohérente. 

(,) Il n'a point existé de Jean-Baptiste Androuel; 



mais il y a eu un Jean Andronet. lils de Baptiste, 
et l'on a confondu les deux personnages en un seul. 
(Voir p. 87.) 

1 1 



82 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

devint, à cette occasion, l'architecte de Henri IV. M. de Glarac, ne distinguant 
point entre Baptiste Androuet et Jacques Androuet, son père, suppose, au con- 
traire, que c'est Du Pérac qui succéda à Androuet, et il place après lui Clément 
Métezeau. On est sans aucun doute allé plus loin encore dans la voie des conjec- 
tures; mais il est superflu d'insister sur les résultats d'une semblable méthode. 



Du Pérac . 
architecte el peintre. 



Nous avons montré la part qu'il convient d'assigner aux Métezeau dans l'édifi- 
cation de la Grande Galerie. Quant à Bullant, il mourut en 1 578 , et conséquem- 
nieiil il n'a rien bâti sous le règne de Henri IV. Restent les Du Cerceau et Du 
Pérac, entre lesquels seulement l'hésitation est permise. La vie d'Etienne Du 
Pérac, qui se déclarait Parisien, est aussi mal connue que ses œuvres, et nous 
n'avons jamais rencontré de sa personne aucune mention contemporaine. Brice le 
qualifie d'architecte médiocre, ayant laissé peu d'ouvrages remarquables à Paris; 
il se garde d'ailleurs d'en citer aucun. Du Pérac paraît avoir été plutôt peintre que 
constructeur, et le père Dan lui attribue certaines peintures du château de Fon- 
tainebleauW. Le recueil de dessins d'architecture, de sa main, que l'on conserve 
à la Bibliothèque impériale, prouve cependant qu'il alla étudier les monuments 
antiques en Italie®. Le titre d'une gravure datée de 1602 nous apprend que, en 
1569, ^ ^ a R° me un dessin du Capitole d'après Michel-Ange (3) , et l'ouvrage 
sur les antiquités de cette ville qu'il y fit paraître en 1 5 7 5 ^ 4) établit qu'il y ha- 
bitait en cette année. Il revint en France l'an i58a, et passa d'abord au service 
du duc d'Aumale, car nous lisons dans l'ouvrage de Claude Mollet sur l'horti- 
culture : «... H y a environ quarante ou cinquante ans. . . la plus grande partie 
tr des jardiniers de ce temps-là, ne faisant qu'après les vieilles erreurs, s'estoient 
r tellement accoustumez à telles façons de faire, sinon depuis que j'ay eu l'hon- 
rr neur de recevoir les instructions de très illustre personnage le feu sieur Du Pérac, 
fc grand architecte (5) du Roy; lequel, après son retour d'Italie, qui fut en l'année 
«mil cinq cens quatre-vingts deux, monseigneur le duc d'Aumalle, grand ama- 
rrteur des braves hommes, retint iceluy sieur Du Pérac pour son architecte, et 
frluy donna commandement sur tous ses chasteaux et maisons, particulièrement 
rten son chasteau d'Annet, lequel estoit en ce temps-là le plus beau chasteau de 
rr France; de sorte qu'iceluy sieur Du Pérac prit la peine luy-mesme de faire des 



' Le Trésor de la maison royale de Fontainebleau , 
p. 95. — Le père Dan appelle Du Pérac un "peintre 
rrfrançois, qui a esté autrefois en estime." 

(î) Le manuscrit est coté n" 6990. 

(3) Cette gravure, grossièrement exécutée, est 
intitulée : capitolii sciograpiha ex ipso exemplari 

MICHAEL1S \NGEU BONAROTI A STEPHANO DUPERAC PARI- 
SIENSI ACCURATE DEUNE\TA, ET IN LUCEM .EDITA ROME, 

an.no salutis oo dlxix. On lit au bas : Ioannis Or- 



landi formis , Horace, 1602, et au-dessous de cette 
dernière inscription: Romœ, Claudii Duchelti formis. 

(4) Il est intitulé: Vesligi dell' antichità di Roma, 
raccolti el ritratti in perspettiva , con ogni diligentia , 
da Slefa>to Du Perac , Parisino , ail' ill"'° et exccll'"" 
sig. il sig. Giacomo Buoncompagni , governalor géné- 
rale di Sancta Clucsa. 

(6) On lit ^premier architecte du Roy dans l'édi- 
tion de 1G70. 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 83 

cr desseins et des pourtraicts de compartimens, pour me monstrer comme il fal- 
crloit faire de beaux jardins' 1 '. d 

Félibien assure qu'en 1699 Du Pérac cr conduisit plusieurs ouvrages aux T ni— 
ffleries et a Saint-Germain-en-Laye, estant alors architecte du Roy'" 2 ';-» mais Féli- 
bien ne parle point de la Grande Galerie, qui aurait, certes, mérité une mention 
spéciale, même dans le cas improbable où il l'aurait considérée comme une 
simple dépendance des Tuileries. Il ajoute que Du Pérac mourut vers 1601 W. Si 
Du Pérac mourut vers 1601, comme la seconde partie de la Grande Galerie ne 
semble pas avoir été commencée avant 1600, et ne pouvait être que fort peu 
avancée en 1601, il est impossible que cet artiste ait jamais fait plus que d'en 
dresser le projet. Mais ce projet même, convient-il réellement de le lui attri- 
buer? La question est très-obscure, car le silence de Sauvai, qui savait tant de 
choses sur le Louvre et qui avait puisé aux sources authentiques, balance assu- 
rément l'assertion de Brice, dont les connaissances n'avaient pour base que des 
traditions plus ou moins exactes. Que Du Pérac ait été, en sa qualité de peintre, 
chargé de laver les dessins de la galerie, comme nous inclinons à le supposer, 
en voilà assez pour que, quatre-vingts ans plus tard, Brice ait entendu dire 
et répété que Du Pérac avait été l'architecte du second tronçon de la Grande 
Galerie; or ce n'est pas là, tant s'en faut, ce que donnent à penser les vraisem- 
blances. 

En est-il de même pour les Du Cerceau, et les présomptions tendent-elles à 
faire repousser l'opinion qui considérerait l'un d'eux comme le véritable auteur des " 'Tn'ii'i'i.' 
constructions dont il s'agit? C'est tout le contraire. En effet, suivant l'affirmation 
formelle de Sauvai, l'aile des Tuileries reliant le pavillon dit de Flore aux bâti- 
ments de Catherine est l'œuvre d'un Du Cerceau' 4 '; mais ce qui caractérise par- 
ticulièrement cette aile, en la faisant si fort contraster avec les parties contiguës et 
plus anciennes, c'est qu'elle est formée d'un ordre colossal de pilastres accouplés, 
divisés en deux étages; la seconde moitié de la Grande Galerie présente une dispo- 
sition identique, qui ne s'harmonise pas davantage avec les constructions voisines 
et antérieures, et qui dénote, comme à l'aile des Tuileries, un parti pris sans 
aucun souci des précédents. Il faut donc en conclure que les deux édifices sont la 
création du même homme, de l'un des Du Cerceau. Aussi bien , avec les Androuet, 
la critique ne saurait alléguer aucune fin de non-recevoir, telle que le défaut 

(1) Théâtre des plans et jardinages , p. 199. (4) ffCe qu'Henry IV y fit bâtir (au palais des 

!) Entretiens, etc. l. III, p. 1 35. k Tuileries) pour le joindre au Louvre par sa grande 

l) M. de Clarac (p. 35o) dit que Du Peine irgallerie a été ordonne par Un Cerceau.» (T. II. 

mourut en 1 602 , âgé de trente-deux ans. Il serait p. 53. ) Dans le manuscrit de M. Le Roux de Lincy, 

donc né en 1670; or, en i56o, on vient de le voir, on lit trpar Baptiste Du Cerceau,» ce qui ne peut 

il copiait déjà à Rome un dessin de Michel-Ange. être exact. 



La famille 
\iulrniict Du Cerceau 



84 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

de notoriété, l'incompétence, ou l'incompatibilité des dates, car, depuis 1575 
jusqu'au milieu du siècle suivant, il y a toujours eu un membre de la famille des 
Du Cerceau architecte du roi, et célèbre en sa profession autant qu'aucun de ses 
contemporains. Nous avons rapporté comment Baptiste, après avoir été l'archi- 
tecte ordinaire et presque exclusif de Henri III, avait certainement exercé les 
mêmes fonctions près de Henri IV avant 1602 W; nous allons faire voir maintenant 
qu'à Baptiste succéda un sien frère appelé Jacques, et, dans la suite, son propre 
lils Jean; mais Jacques, le frère de Baptiste, ayant longtemps été confondu avec 
leur père commun, l'illustre Jacques Androuet, et ne s'en distinguant point sans 
peine, il n'est pas inutile d'esquisser la biographie de celui-ci : son nom revient 
trop souvent dans une histoire du Louvre pour qu'on nous accuse d'en faire ici 
le prétexte d'un hors-d'œuvre. 



Jdfquc! Androuet 

Ou Cerceau . 

architecte. 

Ses 1 avi?i£es. 



La date de la naissance de Jacques Androuet du Cerceau est inconnue; on ne 
peut la déterminer que d'une manière approximative^. La plus ancienne de ses 
œuvres dont on ait connaissance estime carte du pays Manceau, qu'il exécuta 
d'après Macé Ogier (3) , et dont La Croix du Maine dit : rr. ... elle fut gravée en 
« planches de cuivre par Jacques Androuet, Parisien, surnommé Du Cerceau, et 
«imprimée au Mans, l'an i53o,, par Mathieu Vaucelles et Alexandre Chouen, et 



(l) Baptiste Du Cerceau fut l'architecte de ce ma- 
gnifique château de Charleval , dont les planches de 
Jacques Androuet nous révèlent la splendeur. Une 
liste des pensionnaires de Henri III, pour 1677, 
renferme effectivement les deux indications sui- 
vantes : rr Jacques Androuet, dicl Cerceau, archi- 
f-tecte, 200 livres. — Baptiste Androuet, dict Cer- 
"ceau, architecte à Charleval, la mesme pension 
'-qu'il y soulloit avoir, 4oo livres'"'.» M. A. Jal, 
qui cite ce passage dans son Dictionnaire critique de 
biographie (p. 34i ), présume que Baptiste était le 
père de Jacques, et qu'il vivait relire à Charleval, 
après avoir été employé par les prédécesseurs de 
Henri III. L'hypothèse est assurément bien fausse, 
mais le biographe écrit ailleurs (p. 34 0) qu'au mois 
d'octobre i865 ou ne savait rien encore de la fa- 
mille des Du Cerceau. M. Jal, qui, malheureusement 
pour son livre, n'a pas tenu compte des travaux 
accomplis en dehors de lui, ignorait sans doute 
que , dès 1 860 , nous avons résolu , pièces en main , 
presque toutes les questions relatives à la filiation 
des Du Cerceau. Il est difficile de décider si , dans 
le texte qu'on vient de lire, il s'agit de Jacques An- 
drouet fils, ou de son père; nous penchons toutefois 



vers la dernière opinion, à cause du chiffre peu 
élevé de la pension , qui ne nous semble pas devoir 
récompenser des services actifs. 

Le Petit Traité des cinq ordres de colonnes , que 
Jacques Androuet père publia à Paris en 1 583 , 
donne à penser qu'il y habitait encore cette année, 
et que ce fut après qu'il alla réclamer la protection 
du duc de Nemours. — M. Destailleurs a récemment 
publié (ap. Recueil d'estampes relatif à l'ornementa- 
tion des appartements) une liste des cuivres gravés 
de Du Cerceau, beaucoup plus complète que la 
nôtre. La notice biographique, d'ailleurs, n'ajoute 
rien aux renseignements que nous avons donnés 
dans l'ouvrage précédemment indiqué, si ce n'est 
une citation d'un certain Jacques Besson, qui écri- 
vait en 156g, et qui dit que rrMaislre Jacques 
rr Androuet du Cerceau» était rrarchitecle du Boy 
"et de Madame la duchesse de Ferrare. » (Livre 
des instruments mathématiques et méchaniques , dans 
l'épîlre aux lecteurs.) 

(2) Callet déclare que Jacques Androuet était âgé 
de soixante-trois ans en 1676; mais c'est une des 
inventions dont il a rempli son livre. 

(S) Bibliothèque françoise , art. Macé Ogier. 



Bibliothèque impériale, Mss. Dupuy, u° 85a. 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 85 

« encore l'an 1 565 par ledit VauceiiesM. n Le père Lelong parle de deux autres 
éditions de cette carte, dont lune serait de 1 5 3 7 ( ' 2) . Or, si dès 1587 Jacques 
Androuet maniait déjà avec quelque habileté la pointe du graveur, il ne saurait 
être né plus tard que vers 1 5 1 5 . Par contre, diverses présomptions, et surtout 
son livre imprimé en 1 58 h, ne permettent pas de reporter sa naissance beaucoup 
au delà de l'avènement au trône de François I er . Il est à croire que Du Cerceau 
est né plutôt avant qu'après 1 5 1 5. 

On n'est point non plus sans incertitude sur le lieu où naquit Jacques An- 
drouet. Comme les premières planches signées de lui ont été publiées à Orléans®, 
on a supposé qu'il était originaire de cette ville; à ce compte, la carte qu'il grava 
pour Macé Ogier établirait encore mieux qu'il vit le jour au Mans. Nous venons 
de citer un texte où La Croix du Maine, son contemporain, le qualifie de Pari- 
sien; il lui donne de nouveau cette épithète dans un autre endroit de son livre, 
où il dit : et Jacques Androuet, Parisien, surnommé Du Cerceau, qui est à dire 
«cercle, lequel nom il a retenu pour avoir un cerceau pendu à sa maison, pour 
«la remarquer et y servir d'enseigne (ce que je dis en passant pour ceux qui 
«ignoreroient la cause de ce surnom)®. ti Si le renseignement n'inspire pas une 
confiance absolue en ce qui touche l'origine du surnom de Du Cerceau, qu'on a 
souvent transformé en litre (5) , il semble fort concluant quant à la détermination 
de la ville natale de Jacques Androuet, et il n'est point en contradiction avec le 
passage des Mémoires du duc de Nevers dans lequel Du Cerceau est énoncé bour- 
geois de Montargis, car on pouvait très-bien acquérir le droit de bourgeoisie 
dans une ville autre que celle où l'on était né. Du reste, il est certain que, dans 
sa vieillesse, Du Cerceau, qui était huguenot, habita Montargis, «la retraite de 
«ceux de la religion, v comme parle Lestoile. Dans la notice sur le château de cette 
cité, qu'on lit au second volume des Plus excellens bostoniens de France, à propos de 
l'entretien des édifices, Jacques Androuet dit: «Comme mesme au chasteau de 
«Montargis, lequel n'est pas de petite entretenue, toutes fois pour bien peu de 
«chose par an, avons regardé à le maintenir; v et dans son Livre d'architecture, 
s'adressant au Roi, il dit, encore : «Sire, estant vostre Majesté à Montargis, je receus 
«ce bien de vostre accoustumée bénignité et clémence, de me prester l'oreille à 
«vous discourir de plusieurs bastimens excellens de vostre royaume Cepen- 

(1) Celte planche est perdue, dit-on. l '' ) Dans un article sur «les enseignes de Paris 
!) Bibl. Iiist. vol. I, p. o5, n° 1 66 1 . rmvanl le xvn° siècle ^ (Revue archéologique, xu'an- 
(1) Elles forment un recueil d'arcs de triomphe, née), nous citons une charte de 1 36a, d'où semble 
portant la date de i54y. Trois autres ouvrages résulter qu'un cerceau était l'enseigne habituelle 
de Du Cerceau ont paru à Orléans en i55o, et des tavernes. Telle avait pu être la première desti- 
un autre encore en i55i. Dans notre ouvrage sur nation de la maison de Jacques Androuet, que cer- 
tes Grands Architectes de la Renaissance se trouve tains biographes O0t dit fils d'un cabaretier. 
(p. 98 et suiv.) la liste des treize ou quatorze re- S) Bibliothèque françoise, p. 176 de l'édition 
rucils de Du Cerceau. de i584. 



86 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

trdant, désirant vous donner quelque plaisir et contentemenz, j'ay employé le 
«séjour de mes vieux ans à dresser un livre d'instruction W, etc. n En outre, un 
historien à peu près contemporain, Guillaume Morin, attribue à Du Cerceau le 
chœur de l'église de Montargis, en s'exprimant ainsi: rrDu temps de M me d'Est, 
ff duchesse de Ferrare , les habitans et bourgeois de Montargis se cottisèrent pour 
r l'aire bastir le chœur d'icelle (église), en la forme qu'il se void à présent. Le 
rr dessein en fut projette par Du Serseau, l'un des plus ingénieux et excellens 

ffachitectes de son temps Le commencement fut sous le règne de Henry 

resecond, et fut parachevé l'an îGoS^.r. 

En constatant que, à l'exception d'une, toutes les constructions dont les bio- 
graphes font honneur à Du Cerceau n'ont pas été élevées par lui, nous avons 
d'abord pensé qu'il s'était exclusivement occupé de travaux graphiques , et que le 
titre d'architecte, dont il se pare, était sans conséquence, parce que ce mot n'avait 
point, au xvi e siècle, la même portée que de nos jours; mais le témoignage de 
G. Morin et certains détails techniques du Livre d'architecture doivent faire sup- 
poser qu'il a pu aussi construire. Toutefois on ne connaît que l'église de Mon- 
targis, un bien médiocre édifice, il faut le dire, dont il ait authentiquement dressé 
les plans, et il est manifeste que sa vie a été absorbée par l'exécution de ses 
recueils de planches et de ses innombrables gravures isolées. Elles lui attirèrent, 
de son vivant, une réputation égale à celle que son nom conserve aujourd'hui. 
On a remarqué la façon élogieuse dont en parlent le duc de Nevers et G. Morin; 
un étranger, Jean Uredman, dans son Arckitectura, traité publié à Anvers en 
1577, mentionne simultanément ce le très-renommé Vitruvius, Sébastien Serlio et 
(d'expert Jacobus Androuetius Cerseau.ï» 

En 1579, Jacques Androuet disait: et Ma vieillesse ne me permet pas de faire 
rr telle diligence que j'eusse fait autrefois, r> et, en 1682 , il revenait sur ses rc vieux 
et ans* 3 '; n il était donc alors fort avancé en âge. On ignore combien il vécut encore, 
et l'on suppose qu'il mourut à l'étranger W. Son dernier ouvrage' 5 ' porte la date 
de 1 586 , sans indication de lieu; mais, dans la dédicace qu'il en fit à Jacques 
de Savoie, duc de Genevois et de Nemours, Du Cerceau dit: «... Aussi que dès 



(1) Les descendants de Jacques Androuet sont 
qualifiés de sieurs Du Cerceau dans plusieurs litres, 
et nous en avons cité un exemple, t. I, p. 27Û. 

2 Histoire générale des pays de Gastinois , Séno- 
nois et Hurpois , in-'i"; Paris, i63o , p. 20 (ouvrage 
posthume). 

(J) Conf. le second volume de son grand ouvrage 
et le Livre d'architecture. 

' ] Callet dit que Jacques Androuet mourut à 
Turin en i5()2; mais on n'a pas à tenir compte de 
l'affirmation, qui n'a absolument rien de sérieux. 



Le Petit traité des cinq ordres de colonnes, que 
Jacques Androuet publia à Paris en 1 583 , donne 
à penser qu'il y habitait encore en celte année. 

(5) Il est intitulé : Livre des édifices antiques ro- 
mains , contenant les ordonnances et desseings des 
plus signalez, et principaux bastimens qui se trou- 
vaient à Rome, du temps qu'elle estoit dans sa plus 
grande jleur ; partie desquels bastimens se void encor 
à présent, le reste aianl esté ou du tout ou en partie 
ruiné. L'ouvrage est très-rare , ce qui donne à pen- 
ser qu'il a été imprimé à l'étranger. 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 87 

«longtemps vous m'avez fait cet honneur que de m'accepter pour vostre, et de 
r m'entretenir de vostre libéralité, qui me fait estimer vostre ce qui provient de 
rrmoi;» il demeurait donc probablement près du Duc, faisant partie de sa maison. 
Or Jacques de Savoie mourut le 25 juin 1 5 8 5 , à Annecy, où il s'était retiré 
depuis plusieurs années, et où il s'occupait de littérature et d'art; il y a consé- 
quemment bien des présomptions pour que Du Cerceau, redoutant les persécu- 
tions en France, soit allé mourir aussi à Annecy, ou plutôt à Genève, ville que 
ses convictions religieuses devaient lui rendre particulièrement sympathique. 

Jacques Androuet eut au moins deux lils (l) , Baptiste, l'architecte de Henri III, et 
Jacques, sur le compte duquel nous n'avons pu recueillir que peu de chose. Per- 
sonne ne soupçonnait plus l'existence de ce dernier, lorsqu'elle nous a été révélée 
par des titres provenant des archives de l'Université; mais nous avons reconnu 
depuis que Jacques Androuet fils n'était point encore entièrement oublié au 
milieu du xviu c siècle. Il paraît être le même que ce et Jacques Androuet n com- 
pris parmi les secrétaires ordinaires du duc d'Anjou, en i&nQ®, et il fut chargé, 
au mois de mars i5o,5, de la conduite des bâtiments du Louvre et autres mai- 
sons royales (3) . Ces fonctions purent lui valoir le don que le Roi lui fit, en juil- 
let 1608, rrdes droits seigneuriaux de la Ghastre, l'Aunay et forest de PicheryW.-n 
Il est qualifié de contrôleur et architecte des bâtiments du Roi dans les actes rela- 
tifs à la vente que sa belle-sœur Marie Raguidier lui fit, le a3 mars 1602, de la 
maison du Pré-aux-Clercs, bâtie par son mari Baptiste Androuet. Dans ces actes* 9 ) 
il n'est nullement fait mention des liens de parenté qui unissaient Marie Raguidier 
à Jacques Androuet; toutefois nous avons pu les établir à l'aide des notes pré- 
cieuses prises par M. Charles Read dans les registres du temple de Charenton, 
dont on lui doit la découverte. Ces notes nous ont appris que, en tfioo, Jacques 
Androuet fils, dit architecte du roi, fut parrain de l'enfant d'un nommé Legros, 
et qu'il fut inhumé le 17 septembre îGi/i. En combinant d'ailleurs les renseigne- 
ments de M. Read avec ceux que nous fournissent les archives de l'Université, 
nous sommes arrivé à constater péremptoirement que le Jacques Androuet mort 
en 161 k ne pouvait s'identifier avec son homonyme le graveur^. C'était mani- 
festement son fils et, par conséquent, le frère de Baptiste Du Cerceau. 



(1) Les comptes de la maison du duc d'Anjou 
pour i58o (fol. 208 r°) contiennent un article ainsi 
conçu, rr Charles Androuet, dict Cerceau, aussi 
f-vallel de garderobe de mondict Seigneur. » Ce 
Charles Androuet pourrait être également le fils de 
Jacques, le graveur. 

!) Mémoires du duc de Nevers , t. I, p. 587. 

(3) In vent. desMém. de la Chambre des comptes ; 
Arch. de l'Emp. reg. PP 122, fol. 3 7 r°. Les regis- 
tres des Mémoriaux ne contiennent point le texte 



des lettres de nomination de Jacques Androuet, et 
l'inventaire ne renferme (pie celle phrase: rr Jacques 
tr Androuet, dit Cerceau, architecte, commis à la 
rciuduile des basliniens du Louvre, Fontainebleau 
'•et autres maisons royalles. » 

'' Arch. de l'Emp. reg. PP 1 1 C , p. G3. 

' 5 > Ibid. cari. S (Ji 88. 

6) Autrement il serait mort à peu près cente- 
naire, et, ce qu'on ne saurait admettre, il serait de- 
venu père, étant au moins nonagénaire. En effet, 



88 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

L'illustre Jacques Androuet, le père, n'a pas été confondu seulement avec ses 
fils Baptiste et Jacques, niais, sans prendre garde qu'on le faisait vivre près d'un 
siècle et demi, on l'a pareillement confondu avec son petit-fils Jean, né de Bap- 
tiste et de Marie Raguidier. Jean Du Cerceau est le dernier membre célèbre de sa 
famille. Le 3o septembre 1617, il fut nommé architecte de Louis XIII, en rem- 
placement d'Antoine Mestivier, récemment décédé. «Le Boy, est-il dit dans les 
tr lettres d'office,... voulant recognoistre envers Jean Androuet, dit Du Cerceau, 
cr fils de feu Baptiste Androuet du Cerceau, son père, les services des feuz Boys: 
«bien informé aussi de la suffisance dudit Du Cerceau fils, Sa Majesté lui a donné 
rr la charge d'architecte, de laquelle estoit pourvu ledit Mestivier, et lui a accordé 
« la somme de cinq cents livres de gaiges. . . voulant que ledit Du Cerceau soit 
rr doresnavant employé es états des officiers servans de sesdits bastimens^.n En 
162/*, les appointements de Jean avaient été sensiblement augmentés, car nous 
lisons dans le compte de cette année : «A Jean Androuet, dict Du Cerceau, aussy 
rr architecte , sur vm c 1. à luy accordez pour ses gaiges, la somme de quatre cens 
et livres pour demie-année seulement, attendu la nécessité des affaires de Sa Ma- 
«■ jesté : cy 1111 e 1. v Le même compte fait savoir que Jean Androuet était cousin de 
l'architecte du Luxembourg, Salomon de Brosse, neveu lui-même de Jacques 
Androuet fils. 



Baptiste Androuet 

Du Cerceau , architecte, 

Son Gis Jean. 



Baptiste Androuet avait jeté les fondements du Pont-Neuf en 1678; en 1639, 
son fils Jean entreprit la reconstruction du Pont-au-Change , en compagnie de Denis 
Laud et de Mathurin Du By. La bibliothèque de l'Arsenal renferme un compte des 
trois associés, depuis 1639 jusqu'en 1 64a ®. On y observe de nombreuses signa- 
tures de Jean Androuet, dont nous rencontrons le nom pour la dernière fois dans 
une déclaration foncière qu'il passa, le 1 5 mai 16/19 (3) , à propos de terrains à lui ap- 
partenant et situés au canton de Clignancourt, près de Montmartre. En 16/19, Jean 
Androuet ne pouvait avoir moins de cinquante et quelques années , et il en comptait 
probablement soixante; il approchait donc du terme de sa carrière. Nous ignorons la 
date de sa mort, et rien ne nous est parvenu touchant ses héritiers. H avait bâti à 
Paris un certain nombre d'hôtels importants, parmi lesquels ceux de Bellegarde (4) , 



Marie de Malapert, la femme de l'architecte du roi 

Jacques Androuet, eut de lui une fille, Marie, qui, 
morte en i65o à l'âge de quarante ans, était donc 
née en 1610, quatre-vingt quinze ans environ 
après Jacques Androuet le graveur. Celui-ci, par 
conséquent, ne devait être que son aïeul. 

1 La pièce, signée Louis , et au-dessous, Lomé- 
nie, a été découverte par M. B. Hauréau, au dépar- 
lement des manuscrits de la Bibliothèque impériale. 

!) Le manuscrit est coté HF 325 bis. 



(3) Il y est nommé rrJean Endroul du Cerceau, 
rr architèque du Roy. * 

(,) H existe un devis, daté du va septembre 
i6/t5, relatif à l'hôtel de Bellegarde, et signé de 
Jean Androuet, qui est dit demeurer en la rue Prin- 
cesse. Un peu auparavant il avait habité le quai 
de la Mégisserie, détail consigné dans un arrêté de 
compte du 12 janvier 16/12, où l'on fait allusion 
h des carrières qu'il avait à Meudon. Le même 
renseignement se retrouve dans le bail, daté du 



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LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 89 

de Bretonvilliers et de Sully 0) ; ce fut certainement l'un des architectes les plus 
en vogue de son temps. 

Le tableau suivant résume la généalogie des Du Cerceau, telle qu'elle ressorl 
des documents que nous avons rassemblés. 



JACQUES ANDROUET, dit DU CERCEAU, 

architecte et graveur, 
né à Paris vers i5i5; vivait encore en i58'i. 



Charles Andhoiet, JACQUES ANDROUET, BAPTISTE ANDROUET, 

valet de garde-robe du duc d'Anjou architecte de Henri IVct deLouisXIII ; architecte de Henri III cl de Henri IV 

e.n i58o. il apparaît en 1.^76, né vers i555, 

(La filiation n'est pas sûre. ) cl fut enterré le 17 septembre iGi'i. il était déjà mort en mars 1602, 

Femme : Marie de Malaper. Femme : Marie Baguidier. 



JEAN ANDROUET, 

nommé architecte de Louis XIII 

en 1617; 

il était mineur en 1C02, 

et vivait encore en mai 1 6/19. 



Anne, Marie, 

mariée en iG3'i. née en 1610, 
et morte 
le 2 U décembre 
i65o. 



Généalogie 
des Un 1 ercenu 



Jean Androuet n'ayant été nommé architecte du roi qu'en îGi^, et son père Les 

de la 

Baptiste étant déjà mort en 1602, seul parmi les Du Cerceau, Jacques Androuet 
lils a pu diriger la construction de la seconde moitié de la Grande Galerie, achevée 
vers 1G09. 11 est même à peu près hors de doute que ce fut lui qui en dressa les 
plans, puisque, dès le mois de mars 1 5 g 5 , il avait été certainement ce commis à 
«la conduitte des bastimens du Louvre. n Les entrepreneurs qui, en 1600, exé- 
cutaient les travaux de la Grande Galerie, tous gens notables et d'une capacité 
reconnue, étaient Pierre Chambiges et Isaïe Fournier, dont nous avons parlé; 
puis Pierre Guillain, Robert Marquelet, François Petit et Guillaume Marchant. 
Pierre Guillain, fils de Guillaume Guillain, fut comme lui architecte de la Ville; 
il entra au service de la Prévôté des marchands vers 1 5 6 8 , car il exerçait depuis 
trente-huit ans ses fonctions, lorsque, le 3o janvier 1 60G , étant gravement malade 
dans son domicile de la rue Saint-Antoine, il se défit de sa charge au profit de 
son fils Augustin Guillain®. Toutefois Pierre Guillain, dont le nom se rencontre 
si souvent dans les registres du Corps municipal, ne succéda officiellement à son 



entrepreneurs 

Grande Galerie. 



26 octobre 1 6^5 , d'une maison à lui appartenant 
et sise rue du Mail. 

(1) La Renaissance monumentale contient, sur 
l'hôlel Sully, une notice historique dans laquelle 
nous avons réuni une suite de renseignements de- 
puis l'an i36o jusqu'à l'époque moderne. Ce bel 
édifice fut bâti de 1 62/1 à 1 63o , et subsiste encore ; 



il est situé rue Saint-Antoine et porle le n° i43. 
Les hôtels de Bretonvilliers et de Bellegarde sont 
complètement détruits. Les resles de la (errasse du 
premier ont élé récemment démolis. 

(2) Arch. de l'Emp. reg. II i-8'i. fol. 65 r*. — 
Augustin Guillain, accepté par les Ecbevins le 1" lé- 
vrier 1606, mourut le (i juin 1 636. 



90 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

père que par suite de la démission donnée par celui-ci le 20 avril i582. Il vivait 
encore au mois de novembre 1 G 1 1 , et avait épousé Gillette de la Fontaine (1) . 
Robert Marquelet, juré du Roi en l'office de maçonnerie et bourgeois de Paris, 
l'ut contemporain de Henri IV et de Louis XIII. En îGoi, il fit pour le compte de 
la Ville divers travaux à des fontaines publiques. Il mourut le 20 avril 1625, et 
fut enterré dans l'église Saint-Nicolas-des-Gbamps, où son épitaphe relatait qu'il 
avait été concierge et garde-meuble des Tuileries, — et qu'il était né en Bour- 
gogne, l'an 1 673. Elle était ainsi conçue : 

A l'éternelle mémoire de Rorert Marquelet, 

CONCIERGE ET G.VRDE-MEURLE DES TlILILLERlES , M e JURÉ MASSON DES RASTIMENS DU RûY. 

Robert Marquelet gist sous ce froid monument; 
Ce qui estoit mortel y estant seulement, 
Non l'esprit tout divin, qui, n'estant point terrestre, 
Est remonté aux cieux, dont il prenoit son estre. 
Assisté de la foy, en Rourgogne il nacquit. 
Par son art, à Paris, un bonheur il aquil, 
Car il l'ut reconnu pour un bourgeois notable; 
Aux baslimens du Roy il eust charge honorable. 
Toujours homme de bien, un chacun l'éprouva. 
A cinquante-deux ans sa vie il acheva ; 
Lorsque pour le public il cuidoit s'entremettre, 
Du rolle des vivants la mort le vint démettre, 
Par un triste accident qui tomba sur son chef. 
Passant , prie pour luy, et pleure son méchef. 

Il mourut le mercredv, 20 d'avril 162b; priez Dieu pour luy. 

Les armes adoptées par Marquelet étaient : d'azur, à un compas et une équerre 
(For, accompagnés de (rois roses du même. 




François Petit, pareillement juré du Roi, eut pour père un architecte de Beau- 



Ce devait être une parente de Jean Fontaine, maître des œuvres de charpenterie du Roi, en 1606. 
el commis du Grand Vover. 



TOPOGRAPHIE H 







CH ATEAV 



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VIEYX 
















/ILEFUES 






LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 91 

vais (1 \ il est nomme dans la soumission du 1/1 mars t 58a , et fui l'un des entre- 
preneurs du Ponl-Neuf, sous Henri III et Henri IV. Vers 1 Go8, il donna les plans 
de la place Dauphine, qu'il construisit lui-même, et fut, en la même année, mêlé 
aux travaux de l'Hôtel de Ville W. Guillaume Marchant avait, comme ses associés, 
le titre de juré du Roi, et fut aussi l'un des entrepreneurs du Pont-Neuf. Il mourut 
le 12 octobre iGo5. C'était le frère de Charles Marchant, à la fois capitaine des 
archers et maître charpentier de la Ville. La permission que l'on accorda à ce der- 
nier en i5o,G prouve qu'il fit les combles de la première moitié de la Grande 
Galerie. Vers 1576 il avait été employé pour les bâtiments de la Reine mère, et 
le -jo mars i6o3 il résigna sa charge dans l'intérêt de son fils, Jean Marchant, 
qui le remplaça. Le pont des Oiseaux, destiné à tenir lieu du pont au\ Meuniers, 
et terminé en 1609, avait été construit par Charles Marchant, de sorte qu'on 
l'appela souvent le Pont Marchant. 

Pour que la Grande Galerie réunît tout à fait le Louvre au palais des Tuileries, 
il fallut que les bâtiments de ce dernier édifice fussent prolongés vers la Seine jus- 
qu'au droit de la Grande Galerie. Au point de jonction on éleva un gros pavillon 
(le pavillon dit de Flore), qui est figuré complet sur le plan de Quesnel; il était 
effectivement fort avancé à la fin de 1G08 (3) , car, dans une lettre du 3 octobre de 
cette année, Malherbe écrit à Peiresc : ce Si vous revenez à Paris d'ici à deux ans, 



(1) Simon (Suppt. à l'Hist. du Beauvoisis , 2 e part. 
p. 95) dit : «Petit, architecte, a fait, en i562, la 
"maison du Pont-d' Amour, où il y a une trompe 
«sur l'angle, qui est un chef-d'œuvre, et plusieurs 
«autres maisons de la ville 1 (de Béarnais); puis 
(p. 122) : «Petit, dont j'ai parlé, a eu deux fds, 
«architectes du roy Henry IV. n 

!) Arch. de l'Emp. reg. H îyjô , fol. 12 r". 

(3) Le pavillon de Flore doit avoir été commencé 
en 1607, car, lorsqu'on l'a démoli, M. Cazeaux, 
inspecteur des travaux, a trouvé ce millésime gravé 
sur un libage, à l'angle sud-est de la construction. 
Ce libage était posé immédiatement sur les gros- 
siers pilotis, enfoncés dans la vase, qui suppor- 
taient les fondations de l'édifice, elles supportaient 
assez mal puisqu'il se produisit un fort tassement, 
d'où résulta le surplomb des murailles. Quant à la 
pierre gravée, elle a été perdue précisément par 
suite des précautions qu'on prit pour la conserver. 

Le soubassement du pavillon de Flore n'a jamais 
eu la forme que lui prête la gravure de Marot. Le 
talus était beaucoup moins accusé, et il n'y avait 
aucun socle par le bas. L'absence de parement aux 
assises, à partir d'un peu au-dessous du cavet, 
prouve qu'elles étaient, à cet endroit, destinées à 
demeurer cachées dans le sol; la dernière assise 



avait son lit en contact avec les pilotis à 9"', 53 en 
contre-bas de la corniche des piédestaux. 

Le pavillon de Flore, récemment démoli, n'ayant 
jamais été sérieusement reproduit, nous avons cru 
devoir en donner une élévation correcte. Nous l'a- 
vons naturellement représenté dans son étal ancien, 
mais en indiquant les parties dont la restitution ne 
peut se faire avec certitude. Les planches de Marot 
méritent peu de confiance, et paraissent avoir été 
exécutées d'après des projets plutôt que d'après la 
réalité; elles montrent ainsi des ornements et des 
dispositions qui certainement n'ont jamais existé. 
Au reste, la restitution du palais des Tuileries est 
hérissée de difficultés rebutantes, car elle soulève 
une foule de questions qui nous paraissent d'une 
résolution bien laborieuse, sinon tout à fait impos- 
sible. On ne saurait croire jusqu'à quel |>oinl son! 
contradictoires les renseignements graphiques que 
nous possédons sur ce sujet. 

Note du continuateur. Quand on reconstruisit , 
il y a quelques années, le pavillon de Flore, les 
fouilles des fondations furent exécutées, non en ri- 
goles comme au temps de la première construction, 
mais en masse, de manière à ménager la place des 
caves. On trouva, au-dessous des premières fonda- 
lions, à environ neuf mètres en contre-bas du sol 



92 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

«vous ne le conoistrez plus. Le pavillon du bout de la galerie est presque achevé; 
cria galerie du pavillon du bastiment des Tuileries est fort avancée; les fenestres 
«de l'estage du bas sont faites; l'eau de la pompe du Pont-Neuf est aux Tuile- 
r ries (1) . r> Cette rr galerie du pavillon du bastiment des Tuileries n est celle qui relie 
les constructions de Catherine au gros pavillon du coin. Elle était alors bien plus 
étroite qu'aujourd'hui. Maintenant elle est à peine en retraite, du côté du jardin, 
sur la face correspondante du pavillon de Flore; avant les remaniements opé- 
rés sous Louis XIV, elle n'avait pas la moitié de cette profondeur, et n'affleurait 
les bâtiments contigus que du côté de la cour. La disposition primitive demeure 
très-sensible sur le plan actuel du palais, où l'on reconnaît que l'ancien mur de face 
de la galerie, vers le parc, est devenu mur de refend. La galerie apparaît dans 
son aspect primitif sur les plans de Quesnel et de Mérian; et Blondel a donné, 
d'après Marot, une grande élévation de sa façade occidentale'^. On voit qu'elle 
était décorée de grands pilastres composites, comme ceux de la face opposée, dont 
on a conservé l'ordonnance, et que, dans chacune des encoignures qu'elle faisait 
avec les pavillons attenants, il y avait une cage d'escalier hors-d'œuvre, coiffée d'un 
petit dôme et présentant deux étages avec un attique , orné aussi de pilastres. Le 
toit n'était qu'à une seule pente, et il s'en détachait, sur les deux faces, trois 
lucarnes en fronton, qui ont été supprimées. Du reste, dans cette partie, l'orne- 
mentation, comme en font foi plusieurs gravures, resta presque partout à l'état 
d'épannelage, et il n'est pas probable que l'édifice fut terminé entièrement à l'in- 
térieur du temps de Henri IV (3) . On le considérait cependant comme tel, puisque 
Du Breul dit : «L'escrit suivant est gravé en marbre au haut du grand portail de 
trce palais royal, achevé soubs le règne du deffunct roy Henri IV, d'heureuse mé- 
« moire W : 



'• Perennitati invictissimi principis 
rrDe bello et pace triumphantis. » 



Nous ne savons quels sont les ouvrages que, suivant Félibien, Du Pérac aurait 
conduits aux Tuileries en 1 ^97 . Peut-être fut-il chargé d'achever le pavillon de 



actuel, une épaisse couche de sable qui paraissait 
propre à recevoir et à supporter les constructions. 
Pourtant l'habile architecte du palais, M. Lefuel, 
instruit par les tassements importants du bâtiment 
primitif, que tout le monde doit se rappeler parfai- 
tement, jugea utile de faire pratiquer des sondages 
qui atteignirent bientôt un lit de vase, et obligèrent 
h aller chercher au-dessous le bon sol, c'est-à-dire la 
marne, sur laquelle furent établies solidement les 
fondations du pavillon actuel. Ce lit de vase ren- 
fermait de nombreux débris d'ossements etde cornes 
d'animaux , tels qu'aurochs, cerfs, daims, etc. indi- 



quant l'existence de terrains boisés sur cette partie 
du sol parisien. On remarqua aussi les vestiges, très- 
nettement accusés, du lit d'un ruisseau assez consi- 
dérable , qui se trouvaient précisément au-dessous du 
pavillon et dont les eaux paraissaient descendre de 
Montmartre ou plutôt des hauteurs de Belleville.H.L. 

(1) OEuvres de Malherbe, édition publiée par 
M. Lalanne, t. III, p. 78. 

(2) Architecture françoisc , t. IV. 

(3) Nous avons dit (p. ik) que le grand escalier 
fut complété sous son règne. 

(,) P. io4q. Le livre de Du Breul a paru en 1612. 



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CHATEAV DES TV ILE BJ ES. 

:.LON D'ANGLE MERIDIONAL 



TOPOGRAPHIE HISTOl ' I DV VIEVX P." 






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PARTERRES DV PETIT JARDIN DES TVILER1ES 



DE H 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 93 

Ballant, qui assurément avait été laissé imparfait par Catherine; car sur les acro- 
tères, entre les lucarnes du toit, étaient sculptés les écussons accolés de France et 
de Navarre W, et sur les souches de cheminées, ainsi qu'au-dessus des niches creu- 
sées dans les trumeaux des deux ordres, on apercevait ce chiiï're couronné, qui se 




compose d'une H, initiale du nom de Henri IV, et de deux M, initiales du nom de 
Marie de Médicis, Tune de ces deux dernières lettres étant renversée, pour (pie le 
monogramme forme une figure symétrique. Le même chiffre, répété sur le second 
ordre du pavillon central et sur les attiques des galeries voisines, donne à penser 
que ces parties lurent aussi décorées, sinon entièrement bâties sous Henri IV. 
La face orientale du pavillon de Bullant dut être, en outre, grandement modi- 
fiée par suite de l'abandon du projet de Catherine; mais les détails précis nous 
font défaut sur tous ces travaux, que les remaniements postérieurs continuent à 
rendre très-confus. Les peintures des salles et des antichambres de l'attique du 
palais, que Sauvai assure avoir été exécutées par Bunel, n'ont pu être faites que 
du temps de Henri IV ou dans les quatre premières années du règne de Louis XIII. 
En 1600, les entrepreneurs de la maçonnerie étaient Pierre Guillain et Robert 
Marquelet. Leur marché datait du 7 mars, et comportait l'exécution d'une cer- 
taine quantité de travaux dans l'année, moyennant une somme de 18,000 écus, 
payable par à-compte hebdomadaires; mais ils ne reçurent point dans les termes 
convenus, ce qui les fit protester le ik juillet. 

Au-devant des Tuileries, dit Du Breul, ctledeffunct Roy a fait faire, depuis l'an ciaudeMoiiet, 
tt 1 Goo, un jardin aboutissant d'une part auprès la porte Sainct-Honoré, et d'autre F ""^oo). 
rrà la Porte-Neufve, ayant regard sur les fossez de la Ville, où on desseigne faire un 
crestang. n Ce jardin, dont la cour actuelle des Tuileries occupe l'emplacement, était 
achevé dès 1 Goo, car Ollivier de Serres, dans l'édition de son Théâtre ^agriculture 
publié en cette année , dit : rc J'ai mis ici quelque nombre de compartimens de diverses 
rt façons, d'entre lesquels y en a de ceux que le Roy a fait faire à Sainct-Germain 
ce en Laïe et en ses nouveaux jardins des Tuilleries et de Fontaine-bleau , au dresser 
ce desquels M. Claude Molet , jardinier de Sa Majesté , a fait preuve de sa dextérité (' 2) . v 
On peut juger du talent de Mollet (3) par les quatre dessins de « quarreaux n que 

(,) On aperçoit encore une H sculptée avec deux !2) P. 58-2. L'impression de l'ouvrage a été 

sceptres en sautoir sur un retour d'écpierre de la achevée le 1" juillet 1600. 

frise du second ordre, du côté du jardin. Tous les (3) Claude Mollet, /ils du jardinier du château 

autres insignes de la même période sont disparus. d'Ancl, avait le titre de dessinateur ordinaire et pre- 



9'. TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

nous reproduisons d'après Olivier de Serres. Il les donne comme empruntés «au 



ti jardin neuf des T tuileries, r> que le plan de Mérian représente orné, vers le centre, 
d'une fontaine jaillissante, qui ne se retrouve point sur le plan de Quesnel. Le grand 
jardin des Tuileries subit d'importantes modifications sous Henri IV. La partie 
des arbres de haute futaie qui occupait le quart sud-ouest du jardin, et qu'on 
appelait un peu plus tard le bois, semble avoir alors acquis un développement 
plus considérable. On remarque également, sur les deux plans que nous venons 
de nommer, une allée d'arbres (1) longeant le Manège, et, auprès, une sorte de ton- 
nelle fort longue, interrompue de distance en distance par des pavillons coiffés 
de combles en pyramide. Cette tonnelle, dont les pavillons étaient couverts d'ar- 
doises, avait été faite en i58i, à l'occasion du mariage du duc de Joyeuse avec 
la belle-sœur de Henri III ( ' 2) ; quant à l'allée, c'est celle que l'on appelle cela haulte 
rr allée des Meuriers -n dans le compte de 162/1. Elle existait encore en 1662, et 
datait du règne de Henri IV. On sait que ce roi avait fait planter aux Tuileries 
un grand nombre de mûriers du Languedoc, dès i5o,G, dit-on, et sûrement dès 
i6oi (3) ; en i6o/t, aussi, une magnanerie y était établie M. L'orangerie, qui a 



mier jardinier du Roi. Il raconte , dans son Traité 
des plans et jardinages , que , grâce aux leçons de 
Du Pérac, il changea profondément le style adopté 
avant lui pour la composition des parterres, et, 
parlant des travaux des Tuileries, il dit: rr Dieu m'a 
r donné la grâce que j'ay fait de très belles choses 
r-sous le règne du défunct roy Henry le Grand, que 
r-lous les princes et grands seigneurs ont veues; 
rrlesmoins les belles palissades de cyprès qui ont 
n-esté faites par feu Guillaume Moisy au jardin dont 
r:j"ay encore la charge. Ce bon prince m'avoit donné 
rr cet homme pour travailler sous mes desseins, le- 
rrqucl estoit le plus habile homme de ce temps-là. 
rrC'estoient bien les plus belles palissades qu'il y 
reust en France; mais les injures du grand hyver 
rrqui survint en l'année mil six cens huict me firent 
^-mourir toutes mes palissades de cyprès, cequiap- 
« porta un grand mécontentement au Roy. * ( P. 1 9 4.) 
Claude Mollet vivait encore lors de la publication de 
son livre, en iG52. 

(1) Cl. Mollet dit (p. 85) : rrNous en avons une 
rr palissade (de grenadiers) au grand jardin des Tui- 
rrleries, qui a trois cens toises de long, laquelle est 
r-extresmement belle; elle est plantée contre la mû- 
ri raille de la haule allée des meuriers blancs. « L'allée , 
très-nettement représentée sur le plandeGomboust, 
avait effectivement près de trois cents toises de lon- 
gueur. 

: r-Plus de quinze jours durant (à l'époque du 



rr mariage) ce ne furent que bals , balets, comédies , 
rr festins, feux d'artifices et joutes dans le jardin du 
rr Louvre et celui des Tuilleries; car, aux Tuilleries, 
«ces pavillons de bois, couverts d'ardoise ,qa on voit 
rr encore çà et là , sont les restes d'une galerie qui 
rrfut faite exprès." (Sauvai, t. II, p. 689.) 

(3) rrLe principal est d'avoir des meuriers en 
rr abondance, et de les faire semer ainsi qu'a fait le 
rr sieur de Congis, gouverneur du jardin du Roy, 
rr aux Thuilleries , en ayant fait semer, il y a trente 
rrinois, qui sont creus, si tant qu'il n'y a homme 
rr qui les puisse atteindre, n (B. Laflemas, La preuve 
du plant etprojfit des meuriers. Paris, i6o3, p. 29.) 
— rr Au commencement de l'an six cens un, il en fut 
rr conduit (des plants de mûriers) à Paris jusques 
rrau nombre de quinze à vingt mille; lesquels fu- 
ir rent plantés en divers lieux, dans les jardins des 
rr Thuilleries, où ils se sont heureusement eslevés. » 
[Théâtre d'agriculture, p. A6o de l'éd. de i('>o5.) 

(4) rrDame Jule, italienne, qui nourrit les vers 
r- pour Sa Majesté , au jardin des Thuilleries. » ( Laf- 
femas, La façon de faire et semer la graine de meu- 
riers. Paris, i6oi,in-8°.) — [rr Et pour d'autant plus 
rr accélérer et avancer ladicte entreprinse et faire co- 
rrgnoistre la facilité de cesle manufacture (la pro- 
rrduclion delà soie), Sa Majesté fit exprès cons- 
rr traire une grande maison au bout de son jardin 
rrdes Tuilleries, à Paris, accomodée de toute choses 
rr nécessaires. 1 {Théâtre d'agriculture , p. Z1G0.) 










A Berty d 






LES JARDINS DES TVILE 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 95 

toujours été située, à la môme place, vers le coin nord-ouest du jardin, près de 
la courtine du bastion, doit pareillement son origine à Henri IV. Dans une lettre 
adressée à Sully le 29 mars i6o5, le Roi dit : ce Mon ami, je \<>us prie de faire 
tt hâter la charpente et couverture de mon orangerie des Tuilleries, afin que, celle 
rr année, je m'en puisse servir à faire élever la graine de vers à soye que j'ay fait 
k venir de Valence, en Espagne. 1 » Un acte de partage du 21 août 1 (> 1 nous ap- 
prend que l'orangerie n'était encore séparée que par une haie d'avec les dépen- 
dances de la maison de l'Image Notre-Dame, sise en la rue du Faubourg-Saint- 
Honoré. A côté se trouvait, dès 162/1 au moins, une ménagerie de bêtes féroces. 
La volière que Louis XIII lit faire aux Tuileries fut certainement construite, comme 
celle du Louvre, avant 1626 t 1 ', elle était placée à l'intérieur ou près de ces bâti- 
ments, voisins du quai, qu'on aperçoit déjà sur le plan de Du Cerceau, et qui, 
sous Henri IV, servirent de demeure à M. de Congis, gouverneur du jardin. Ce 
qu'on appelait l'étang était un bassin rectangulaire, avec jet d'eau, alimenté par 
les eaux de la pompe du Pont-Neuf ®, preuve qu'il était tout au plus contempo- 
rain de Henri IV; mais il ne pouvait être de beaucoup postérieur à sa mort, car 
il est figuré sur le plan de Mérian. Il était très-poissonneux et avait été creusé dans 
le parterre opposé, vers le nord, à celui qui avait contenu le labyrinthe. 

Si nous récapitulons maintenant ce que Henri IV a fait au Louvre et aux Tuile- important*! 
ries, nous reconnaîtrons que sa part dans la création des deux palais est supérieure, travaux de Henri iv 
comme importance, à celle de ses cinq prédécesseurs ensemble, et qu'elle égale l'achèvement an Louv 

(*l des Tuile l' les. 

celle de tous ses successeurs réunis, excepté l'empereur Napoléon III, sous le seul 
règne duquel des travaux aussi considérables ont été entrepris et menés à bonne 
fin. Cependant Henri IV ne réalisa pas même la moitié des desseins qu'il avait 
conçus, et, sans la mort qui vint si brusquement le surprendre, la fusion des deux 
palais en un môme édifice eût peut-être été effectuée deux siècles et demi plus tôt. 
Ce projet, en effet, dont l'achèvement restera un des grands événements de notre 
époque, il l'avait imaginé, et dès 1608 il en poursuivait l'exécution, car, dans 
une lettre du 20 janvier, par laquelle Malherbe apprend à Peiresc que Henri IV 
a passé un marché pour entourer la Ville d'une nouvelle enceinte, on lit : rcLe 
rrRoy. . . s'est retenu six places; dont il en donne une à Al. le Grand, les autres 
cr à M. de Bassompière, M. d'Espernon, M. de Rohan; il ne me souvient pas de la 
rrcinquiesme; la sixiesme, il la réserve pour lui, et s'appellera Bourbon, pour 
et ce que, en bastissant le Louvre, le Bourbon (l'hôtel de ce nom), qui esl devant la 

(1) rr Louis i3 e . .. /il faire... au Louvre une rr espèce de petit estang dont les eaux proviennent 

rr volière, la plus belle qui se voyc. . . el une autre rde ce qui se tire par la pompe du Pont-Neuf, qui . 

rrà coslé du jardin des Tuilleries. n (Suppl. aux rrpar canaux, se rendent en ce jardin, cl dans cet 

Antiquités de Paris.) rr estang se nourissenl carpes et autres poissons en 

;S) rrDans le grand jardin des Tuilleries est une rr quantité. 1 (Suppl. aux Antiquités de Paris.) 



96 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

«porte, sera mis bas. Saint-Nicolas et Saint-Thomas-du-Louvre seront transportés 
rrlà, pour raser cet espace d'entre le Louvre et les Tuileries W.a II est, au surplus, 
d'autres preuves de la résolution de Henri IV, et nous les connaissions avant que 
Al. Poirson indiquât celle qui précède. Nous avons cité (t. I, p. 3) un jugement du 
6 avril î G î , portant qu'une partie de l'enceinte avait été rétrocédée au Roi « pour 
et l'effect du grand dessaing du Louvre; n dans les actes de la donation, faite en 1620 
à divers particuliers, des terrains du rempart entre la porte Saint-Honoré et la 
Porte-Neuve, il est spécifié que la donation a lieu ce à la charge que, lorsque Sa 
cr Majesté voudra faire parachever Je grand dessein du Louvre, ils (les preneurs) ne 
rr pourront prétendre aucune récompense du fond et propriété des places ®.d Ce 
projet, dont Louis XIII prenait garde de ne point entraver l'accomplissement, est 
bien clairement celui de son père. En 162/1, le bruit s'étant répandu qu'il allait 
être repris, le Prévôt des marchands, qui s'était rendu à Saint-Germain, le 27 sep- 
tembre, pour se plaindre de ce qu'on démolissait le mur d'enceinte, dit au Roi 
rr qu'il avoit appris que c'estoit le dessein de sadicte Majesté d'enclorre ledict fossé 
r (de l'enceinte) dans le bastiment de son Louvre, et de combler ledict fossé, mais 
cr que ce dessein ne pouvoit estre exécuté que d'ung fort long temps et peut-estre 
cr de xx ou xxx ans * 3 '. u II devait s'en écouler encore deux cent trente avant que 
le projet de Henri IV fût réalisé; mais du moins on sait maintenant que l'idée 
première de cette grande œuvre lui appartient, et il ne sera plus permis d'en faire 
honneur à Louis XIV. Aussi bien est-il constant que les plans de Henri IV ne dif- 
féraient guère, quant à l'ensemble, de ceux qu'on a suivis; nous trouvons la dé- 
monstration du fait dans le passage suivant des Mémoires du seigneur de Tavannes, 
qu'on n'a jamais cité, et qui exprime à peu près la pensée caressée par Henri IV : 
crSi le roy Henri IV eust vescu, aymant les bastimens comme il faisoit, il pouvoit 
cren faire un remarquable, achevant le corps de logis du Louvre, dont le grand 
ce escalier (celui de Henri II) ne marque (pie la moitié , et au bout d'iceluy faire 
crime mesme gallerie que celle qui est à la sortie de sa chambre (la galerie de 
ce Charles IX), en tirant vers Sainct-Honoré, et depuis là faire une pareille gal- 
ctlerie que celle qui regarde sur la rivière, qui allast finir entre le pavillon des 
rr Tailleries qui n'est pas faict, et l'escuyrie; et, au lieu de la gallerie, s'y pouvoit 
ce construire des logis pour loger des ambassadeurs, et ruinant toutes les maisons 
r- entre les deux galleries, le Louvre et les Tuilleries, se fust trouvée une grande 
ce cour admirable. Et au regard de la cour du Louvre, l'autre moitié du corps 
crde logis au costé de l'escalier estant faicte, faire un pareil corps de logis que 
creeluy où loge la Roync, et au costé du portail, proche du jeu de paume, faire 
ce une grande terrasse de laquelle pourroit descendre par degrez, comme d'un 
cr théâtre, les degrez deçà que delà du portail qui seroit au mitan, qui contien- 

W Œuvres de Malherbe, t. III, p. 58. — (2) Arch. de l'Emp. cart. Q 11/16. — (3) Arch. de l'Emp. 
reg. H 1801, fol. iilt 1 r". 













PROJET DE REVNION I" 

D'à près une p^ 










, : AVX TVILERIES 









LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 07 

« droit en longueur les deux tiers de la (errasse; oster la chappelle de Bourbon 
fret tous les bastiments qui sont entre le Louvre et Sainct-Germain-de-l'Auîer- 
rrrois, qui seroit la bienséance de la chapelle des roys; et se pourroit laisser la 
rr salle de Bourbon sans y toucher, se contentant de cesle grande place qui seroit 
ce depuis le Louvre à Sainct-Gcnnain. Mais, à la vérité, pour faire de tels basti- 
r-mens, il faudroit (pic le roy de France fust au moins seigneur de tous les Pays- 
c-Bas, et bornast son estât de la rivière du Rhein, occupant les comtez de Fer- 
r relie, de Bourgongne et Savoye , qui seroient les limites devers les montagnes 
c- d'Italie , et, d'autre part, le comté de Rossillon , et ce qui va jusques proche des 
r Pyrénées W.u Tous les projets du Bcrnin, de Perrault, etc. sont nés de celui 
qu'esquisse Tavanncs , et que toute la Cour connaissait nécessairement, puisqu'il 
en existait une image peinte sur la muraille , au château de Fontainebleau. Lue dé- i ,,,,,„. 

couverte bien imprévue vient de nous rendre un grand Fragment de celle peiu- (Projet ' 

turc. M. Paccard, arebitecte de ce palais, ayant été chargé de déblayer la galerie el des Tuileries.) 
des Cerfs, fit jeter bas, en 1862, les murs de refend qui la divisaient en appar- 
tements; alors apparurent les restes de l'ancienne décoration de la galerie , qui 
comprenait quinze rr portraits n ou rr cartes n de maisons royales, au nombre des- 
quelles était le château du Louvre. Les peintures découvertes datent incontesta- 
blement, d'ailleurs, de la même époque que la décoration de la galerie, où sont 
multipliés les chiffres de Henri IV, et que le père Dan attribue à ce prince. Le 
même auteur déclare, en outre, que la vue du Louvre représentait l'édifice , non 
tel qu'il était réellement, mais tel qu'il était rc projette dans son dessein ®.ii Cette 
assertion est pleinement confirmée par l'examen du tableau, qui est donc une illus- 
tration authentique du projet adopté par Henri IV pour l'achèvement du Louvre 
et pour sa réunion complète aux Tuileries W. 

La peinture de Fontainebleau, aujourd'hui détruite à plus des trois quarts, oc- 
cupe l'un des trumeaux séparant entre elles les fenêtres de la galerie. Exécutée à 

(1) Coll. Petilol, t. XXV, p. 2o5. rrment par Charles IX, qui n'y fil que meltre la 
(î ' n- Restent les maisons royales et chasleaux du rr première pierre, de l'advis de la Reyue, sa mère, 
rr bois de Vincennes et du Louvre, dont les plans et « Catherine deMédicis, sont maintenant si advancées 
<t portraits sont dépeints dans la mesme galerie, du rque cesl ouvrage est autant veu par admiration 
a costé du jardin, où le chasteau et maison du Louvre rrdes eslrangers que les Parisiens en désirent Ta- 
sse void entièrement représente' avec son pourpris, achèvement, affin que le Louvre soit la [dus belle 
r-ainsi qu'il est projette dans son dessein, * (Trésor rr maison du monde; el voudraient que l'autre gui- 
des merveilles de la maison royale de Fontainebleau , rr lerie pour joindre le Louvre avec les Tuillcries , du 
p. 95.) rteosté de la Porte Sainct-Honoré , lus! aussi advan- 
(3) Il n'est point douteux que le projet (Projet de rrce'e que celle du coslé de la Porte-Neufve : que 
réunion du Louvre aux Tuileries) comportait une ga- rrce vivier qui doit estre entre la porte de Nesle 
lerie du côléde la rue Saint-Honoré, caril est parlé de «(lisez. Neuve) et de Sainct-Honoré fust plein de 
cette galerie, h l'année 160/î, dans un passage de rrcignes, et que le bas de ces galleries, où doivent 
Palma Cayet, que nous avons oublié de citer en son oestre logés les plus experts arlisans, en fust déjà 
lieu, et que voici : « Les superbes galleries pour al- rr rempli. » (Chronologie septénaire , éd. Michaud, 
'•1er du Louvre aux Tuillcries, commencées seule- p. 283.) 

11. i3 



98 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

l'huile sur un enduit de mortier, elle est entourée d'une bordure feinte qui lui 
donne un champ large de 2 m ,6o et haut de i m ,o,4. Elle offrait jadis une vue à vol 
d'oiseau' 1 ' de tous les bâtiments que devait renfermer la région même à la des- 
cription de laquelle le présent volume est consacré; mais elle n'en laisse plus aper- 
cevoir maintenant que des parties très-restreintes, et, par un hasard fatal, la dé- 
gradation a précisément porté sur le côté du projet dont la disposition s'imagine le 
moins. 11 est ainsi impossible d'affirmer avec toute certitude que l'on avait décidé- 
mcntaccepLé l'idée d'une galerie faisant, vers la rue Saint-Honoré, le pendant de 
la grande galerie du quai. Dans tous les cas, cette grande galerie septentrionale 
ne se serait pas liée au quadrangle du Louvre, comme le dit Tavannes, par une 
petite galerie intermédiaire, car, à l'endroit que cette dernière aurait occupé, le 
tableau montre un vaste jardin divisé en parterres carrés, ayant pour motifs des 
réticulaires et les monogrammes du Roi. On trouve un de ces monogrammes dans 
l'angle sud-est du petit jardin des Tuileries; le reste du petit jardin, le grand et 
la totalité du palais ont disparu par un éclat de revêtement du mortier. La grande 
galerie du bord de l'eau est, au contraire, demeurée presque intacte, et on l'a re- 
présentée comme si son architecture avait été uniforme d'un bout à l'autre. Est-ce 
là l'expression de la vérité ou une erreur du peintre? La partie de la galerie que 
distingue la présence de l'ordre colossal fut commencée en avril 1600, et Henri IV 
n'épousa qu'au mois de décembre suivant Marie de Médicis, dont les parterres ci- 
dessus mentionnés reproduisent les initiales; or il est entièrement invraisemblable 
que l'ordonnance de la seconde moitié de la Grande Galerie ait été radicalement 
changée plusieurs mois après qu'on en eut jeté les fondements, ce qu'il serait né- 
cessaire d'admettre, si l'on voulait croire à l'exactitude du tableau ®. Nous y consta- 
tons une autre erreur dans le nombre trop élevé des redans de la contrescarpe du 
fossé de la Ville, fossé qui était conservé dans le projet, et maintenait une sépa- 
ration entre le Louvre et les Tuileries. 

La rrcour admirable-» dont parle Tavannes se dessine encore assez nettement 
sur le tableau, et s'étend sur une longueur égale à celle du quadrangle développé 
du Louvre jusqu'auprès du fossé de la Ville; mais dans le sens de la longueur 
elle eût été probablement coupée en deux par une sorte d'avenue transversale. 



' La perspective du tableau n'est point rigou- 
reuse, ce qui nous a empêché de resliluer le pa- 
lais des Tuileries cl de retracer le parcours de la rue 
Saint-Honoré, jalon sans le secours duquel on juge 
mal des proportions du projet. Nous nous sommes 
borné à indiquer la masse des bàlimenls qu'il était 
indispensable de figurer pour que l'on comprît les 
rapports existant enlre les diverses parties de la 
peinture échappées à la destruction. Noire planche 
esl une réduction minutieusement fidèle d'un calque 



que l'obligeance de M. Paccard nous a permis de 
faire prendre sur l'original; mais nous avons quelque 
peu atténué le frusle là où cela ne présentait aucun 
inconvénient. 

!l Les changements qui oui pu être eiïeclués 
dans l'ordonnance de l'édifice ne furent probable- 
ment jamais que des modifications de détail ana- 
logues à celles (pie l'on constate en comparant le 
bâtiment construit et le projet esquissé sur le des- 
sin du musée de Kensington. 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 99 

Les bâtiments, en manière de galeries, qui circonscrivent la cour présentent deux 
ordonnances différentes. Ceux qui sont situés au delà de l'avenue tranversale, 
simples et flanqués de pavillons aux angles, ont la physionomie propre à des 
constructions servant de communs; ceux qui sont les plus rapprochés du Louvre 
forment deux étages, ont des lignes architecturales plus compliquées et une 
destination différente. L'aile méridionale de ces derniers vient s'attacher à l'extré- 
mité de la Petite Galerie; la façon dont se serait terminée l'aile opposée dans 
la même direction reste indécise. Quant au quadrangle du Louvre, il n'en sub- 
siste de visible sur la peinture que deux petits fragments; ils suffisent heureuse- 
ment pour établir le système général du plan adopté. Ce plan est bien celui que 
Lemercier commença à exécuter en 162&, et suivant lequel la superficie du vieux 
Louvre a été quadruplée. Toutefois Lemercier a modifié la composition primitive 
du pavillon central, et l'a singulièrement alourdi. Dans le projet, les quatre façades 
intérieures étaienl évidemment semblables , et la façade extérieure de l'aile du nord 
analogue à celle de l'aile du midi, (pie nous connaissons. Au centre de toutes les 
deux se serait élevé, sans aucun doute, un pavillon pareil à celui de l'Horloge. 
Enfin la façade extérieure, vers l'orient, sur laquelle personne ne possédait jus- 
qu'ici de renseignement graphique, eût offert une telle similitude avec celle de 
l'occident, qu'elle en aurait reproduit jusqu'aux larmiers gothiques, traduits 
par une moulure quelconque. On ne saurait dire si, du côté de Saint-Germain- 
l'Auxcrrois, il y eût eu pareillement des avant-corps contigus au pavillon d'en- 
coignure, et le tableau, déplorablement mutilé, laisse maintes autres questions 
insolubles. Ce n'en est pas moins un document d'un haut intérêt, et nous nous 
estimons heureux qu'il nous ait été signalé à temps pour trouver place dans notre 
travail. 

lu fait qui caractérise le génie politique de Henri IV, et légitimerait, s'il en 
était besoin, les dépenses considérables résultant de la construction de. la Grande 
Galerie, c'est qu'il ne se borna pointa en faire un édifice somptueux, propre seu- 
lement à satisfaire sa vanité, mais qu'il en fit aussi une sorte de monument d'utilité 
publique. Il donna, en effet, l'ordre d'y loger les artistes et les artisans les plus 
habiles, pensée généreuse et féconde, qui honorait le talent, le récompensait, et 
provoquait ainsi une fructueuse émulation. Nous avons cité le passage où Morisot 
énonce le fait; Legrain le mentionne en ces termes: «Ce bastiment superbe de la 
ccGallerie qui va du Louvre aux Tuilleries, au-dessous de laquelle, au prochain 
ccestage, il avoit destiné de faire venir ésloger toutes sortes d'ouvriers d'ouvrages 
crexcellens, et aux ollices et estages plus bas il y a de quoi loger plus de dix mille 
cr hommes armés W. n L'étage réservé aux artisans devait donc être d'abord l'étage 
intermédiaire entre celui qui contient la galerie supérieure et celui du rez-de- 

' Décade de Henri le Grand, liv. VIII. p. 42 2. 

i3. 



100 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

chaussée; mais tous les deux furent consacrés au même usage, et dès 1G08 il 
est question des ce maisons et bouticquesn de la Grande Galerie. L'autorisation 
<l"y demeurer constituait un tel brevet de capacité que les hôtes du lieu reçurent 
et conservèrent longtemps le nom de cries illustres. n Quelques-uns étaient déjà 
établis dans la galerie vers 1600, à la grande jalousie des corporations, qui, invo- 
quant leur monopole , s'efforçaient d'empêcher que les ouvriers logés au Louvre 
travaillassent de leur métier, et leur suscitaient toutes sortes d'obstacles. Pour cou- 
per court à ce fâcheux antagonisme, le Roi donna, le 22 décembre 1608, des 
lettres patentes qui furent enregistrées le 9 janvier 1609, et dont nous transcri- 
vons le texte d'après les registres du Parlement^. 

Lettres jk nés rr Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à tous ceulx qui 

de Henri IV (1608) f in l • r • 1 • • 

relatives rr ces présentes lettres verront , salut. Gomme entre les mhmzbiens qui sont causez 

h la destination 1 • 11 • • i i 1 1 ■> i î 

de rrpar la paix celluy qui provient de la culture des artz 11 est pas des moindres, se 

« rendans grandement florissans par icelle, et dont le publicq reçoit une très grande 
et commodité, nous avons lieu aussy cest esgard, en la construction de nostre gallcrie 
ce du Louvre, d'en disposer le bastiment en telle forme que nous y puissions com- 
rrmodément loger quantité des meilleurs ouvriers et plus sufiisans maistres qui se 
r - poiiiToient recouvrer, tant de peintures, sculpture , orfévrerye , orlogcrie, insculp- 
ecture en pierreries qu'aultres de plusieurs et excellenz artz, tant pour nous servir 
rr d'iceulx comme pour estre par mesme moien emploiez par nos subjeetz en ce qu'ilz 
rtauroient besoingde leur industrie et aussy pour faire comme une pépinière d'œ li- 
re vriers, de laquelle, soubz l'apprentissage de si bons maistres , il en sortiroit plusieurs 
rr qui par après se respendroient par toute nostre royaulme, et qui sauroient très- 
rrbien servir le publicq ; en quoy touteffois il ne succède pas comme nostre intention 
^est, caria pluspart de ceulx que nous avons logés en nostredicte gallerie, aians 
'•esté choisis et attirez de plusieurs endroietz de nostredict royaulme, et hors de 
rc ceste nostre ville de Paris, où ilz n'ont esté passez maistres, se trouvent à présent 

- en une sy mauvaise condition qu'ilz sont empeschez de travailler pour les parti- 
ce culliers, et aussy que ceulx qui font apprentissaige soubz eulx ne sont pas receuz 
•à maistrize par les aultres maistres de ceste dicte ville, de sorte que plusieurs 
rr jeunes hommes sont divertiz par là de faire leur apprentissaige soubz eulx; et, 
-pour ceste occasion, ilz ne peuvent trouver aulcuns apprcnlilz à qui ilz puissent 
«enseigner ce qu'ilz sçavent de plus exquis en leur art, et desquelz ilz soiehtàussy 
if secourus et soullaigez es ouvraiges qu'ilz ont à faire, tant pour nostre service 

- comme ceulx qu'ilz pourroient faire pour nos subjeetz. A quoy voulans pourveoir 
-aultant qu'il nous est possible, et désirans aussy les gratiflier et favorablement 

1 Arch. de l'Emp. reg. X 8635, fol. 2/12 v° et dres par d'autres lettres à même fin, délivrées 
suiv. le 3o juin 1G07 et enregistrées le 5 septembre sni- 

Les lettres patentes de 1608 avaient été précé- vaut. (Félibien, t. V, p. 43.) 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOUIS XIII. 101 

et traicter, tant pour l'excellence de leur art que pour l'honneur qu'ilz oui d'avoir 
ce esté choisiz par nous el logez en nostredicte gallerie; à ces causes el aultres 
ce bonnes considérations à ce nous mouvans, nous, de nostre grâce spécialle, plaine 
ce puissance etauelhorité royalle, avons dict et déclaré, disons et déclarons par ces 
r présentes, pour cosignées de nostre main, voulons et nous plaist que/acofi lUntel, 
ce nostre peintre et vallet de chambre; Abraham de La Garde, nostre orlogeur et 
« aussy vallet de chambre ; Pierre Courtois, orfebvre et vallet de chambre de la Royne , 
ce nostre très-chère et très-amée espouze et compaigne — Franqueville, sculpteur; 
vJullien de Fonlemy, nostre graveur en pierres précieuses et vallet de chambre; 
«Nicollas Roussel, orphévre et parfumeur; Jehan Séjourne, sculpteur et fontenier; 
«Guillaume Du Pré, sculpteur et controllcur général des poinçons des mon noies de 
ce France; Pierre Vannier, coutelier et forgeur d'espées en acier de Damas; Laurens 
rSelarbe, menuisier, faiseur de cabinetz; Pierre des Marlins, peintre; Jehan Petit, 
fffourbisseur, doreur et damastineur; Estienne Raulin, ouvrier des instrumens de 
ce mathématiques; Anlhoine Verrier, orlogeur et aussy ouvrier èsdietz instrumens 

te de mathématicques AUcaumc, professeur èsdictes mathématicques ; Maurice 

«Du Bout, tappissier de haulte lisse; Girard Laurens, aussy tappissier de haulte 
cr lisse; Pierre Du Pont, tappissier es ouvraiges de Levant; Marin Bourgeois, aussy 
cr nostre peintre et vallet de chambre et ouvrier en globes mouvans, sculpteur, 
ret aultres inventions mécaniques, pariions mis et logez en nostredicte gallerie, 
ce et ceulx que nous mettrons es places et maisons qui ne sont encore remplies 
«en icelle, ensemble ceulx qui leur succéderont èsdictes maisons à l' advenir, 
ce de quelque art et science qu'ilz soient, puissent travailler pour nos subjeetz, tant 
eeèsdites maisons et bouticques d'icelle gallerie que en aultres lieux et endroietz 
ce où ilz les voudront cmploier, sans estre empeschez ni visitez par les aultres 
cemaistres et jurez des artz, dont ilz font profession, de nostre dicte ville de Paris 
cène ailleurs; auront et leur avons permis de prendre à chacun d'eulx apprentilz, 
c; dont le dernier sera pris à la moictié du temps seullement que le premier aura 
ce à demeurer en apprentissage, afin qu'auparavant que ledict premier en sorte il 
ce puisse estre instruict en l'art pour le soullagementdu maistre, et ayder à dresser 
eecelluyqui succédera après audict premier; qu'entrant audict apprentissaige, ilz 
ce s'obligeront aux maistres par bon contract passé devant notaires, et ayant servv 
ce et parachevé leur temps, lesdietz maistres leur en bailleront sertifficat en bonne 
ccet deue forme; sur lesquelz tant les enffants desdietz maistres que apprentilz, 
cède cinq ans en cinq ans seullement, seront receuz maistres, tant en nostredicte 
c- ville de Paris qu'en toutes les aultres villes de nostre royauhne, tout ainsy que 
ce s'ilz avoient faict leur apprentissaige soubz les aultres maistres desdites \ illes , sans 
ce estre abstrainetz faire aulcim chef-d'œuvre, prendre lettres, se présenter à la mais- 
ce trise, faire appeller, lorsqu'il seront passez, les maistres desdictes villes, ou leur 
ce paier aulcun festin ne aultre chose quelconque, ne estre semblablement tenuz. 



102 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

ttcinq ans auparavant, se faire inscripre par nom et surnom au registre de noslre 
rtprocureur an Ghastelet dudict Paris; dont, en considération de ce qu'ilz auront 
trfaict iedict apprentissaige en nostredicte gallerie, nous les avons dispensez et 
ir deschargez, dispensons et deschargeons parcesdictes présentes. Les maistres or- 
ée phévres d'icelle gallerie seront tenus d'apporter les besongnes qu'ilz feront pour 
crie publicq marquées de leur poinçon, pour celles qui le peuvent et doibvent 
ccestre, soit or ou argent, en la maison des gardes de l'orphévrerie, pour estre mar- 
te quées de la marque desdictes gardes, à l'instar de tous les aultres maistres orphé- 
trvres de nostredicte ville de Paris, et non à aultre chose. Et cas arrivant que nous 
ce ou nos successeurs Pioys vinsions à mettre hors de nostredicte gallerie aulcuns 
cedesdietz maistres, sans nous avoir faict faulte ou offense qui nous peust mouvoir 
rc de ce faire, en considération du temps qu'ilz y auront demeuré et du service qu'ilz 
mous y auront faict, en estant hors jouiront de leurs maistrises, tout ainsy qu'ilz 
cefaisoient estans demeurans en icelle, pour tenir bouticque et travailler es villes 
c-de nostredict royaulme, où ilz se retireront, sans qu'il leur soit donné aulcun em- 
cepeschement. Sy donnons en mandement à noz amez et féaulx les genstenansnoz 
eccourtz de Parlement, Prévost de Paris ou son lieutenant, et à tous haillifs et sé- 
ccneschaulx, prévostz, juges ou leurs lieutenans et aultres officiers qu'il appartien- 
cedra, que ces présentes ilz ayent à vérilîier, et du contenu en icelles faire jouir et 
«user tant lesdietz maistres que leurs enffans et apprentilz, piaillement et paisible- 
cement sans leur faire ne souffrir leur estre faict, mis ou donné aulcun trouble, 
ce destourbier ou empeschement. Au contraire, voullans qu'aprez que lesdietz 
ec apprentilz leur auront faict apparoir de leurs contraetz portant obligation pour 
ce leurdict apprentissaige, passez par devant notaires ou tabellions, et des certifficatz 
crdeuement expédiez de leursdietz maistres, comme ilz auront emploie audict ap- 
te prentissaige le temps requis et accoustnmé en chacun art et mestier, ilz ayent à 
cries recevoir à maistrise, et les establir, de par nous, en l'exercice de leur art, 
ce ainsy qu'il est contenu cy-dessus. Car tel est notre plaisir, nonobstant quelz- 
r conques ordonnances, reiglemens et lettres à ce contraires; auxquelles et à la 
ce dérogatoire de la dérogatoire d'icelle nous avons, pour ce regard, dérogé et des- 
cerogeons de noslre mesme puissance et aucthorité que dessus. En tesmoing de 
ccquoy nous a\ons faict mettre nostre scel à ces dictes présentes, et, pour ce que 
ce l'on en pourra avoir affaire en plusieurs et divers lieux, nous voulions qu'au 
«vidimus d'icclles, ou coppie deuement collationnéc par l'un de nos amez et féaulx 
cenotaires et secrétaires, foy soit adjoustée comme au présent original. Donné à 
-Paris, le vingt-deuxiesme jour de décembre, l'an de grâce mil six cens huict, 
ce et de noslre règne le vingtiesme. Signé HENPiY, et sur le reply : par le Roy, 
"De Loménie; et .sceller, sur double queue de cire jaulne, du grand scel. ri 

Il \ avait environ un mois que Henri IV était mort lorsque le Prévôt des mar- 
chands lit mettre en adjudication les travaux d'une tranchée nécessaire pour ame- 






TOPOGRAPHIE HIST 




Echelle de u 



h~i — i — i — i — i — i — i — i — i — h 



r<xue del 






CHATEAV 













LOVVRE 

- 



LE LOUVRE ET LES TUILERIES SOUS HENRI IV ET LOI IS Mil. 103 

ncr l'eau à une fontaine qui devait rire placée dans le Louvre et alimentée par 
les réservoirs de la Ville. Le tuyau de la fontaine partait du coin des rues Sainl- 
llonoré et de PArbre-Sec , pour se continuer, à trois pieds environ au-dessous du 
pavé, le long de la rue des Fossés-Saint-Germain , passer ensuite à travers l'hôtel 
de Bourbon, près de la chapelle, et de là pénétrer dans la cour du Louvre, 
en débouchant à un point li\é. Les travaux, adjugés le i 3 juillet l6io, sont dits 
avoir été entrepris par la volonté du Roi; ils avaient sans doute été prescrits du 
vivant de son père. Vers le même temps, la basse-cour méridionale du château fui 
transformée en un jardin. Nous lisons dans un litre du \h septembre iGi i : '-Sa 
cr Majesté... ayant cy-devànt commandé de faire oster et transporter quantité de 
rc pierres de marbre et autres pierres, estans en une place, entre le fossé de son 
rrebasteau du Louvre et le gros mur du quay, aboutissant contre le corps du bout 
rrde la Petite Gallerie dudict chasteau, et mesme faire desmolir et abattre plu- 
sieurs petites esebopes et apentiz cy-devant bastiz par permission de Sad. Majesté, 
rr contre led. gros mur, du costé de ladicte place regardant ledict chasteau du Louvre, 
tepour, après l'explanation (nivellement) d'icelle, y estre dressé et planté ung jar- 
ctdin, suivant la volonté et intention de Sa Majesté^. t> Le jardin en question est 
celui que l'on a depuis nommé de l'Infante. L'emplacement qu'il occupait était celui 
de la basse-cour, agrandie jusqu'à la courtine du bord de l'eau sous François I er . 
Durant le reste du xvi c siècle, cette basse-cour dut être constamment encombrée 
de matériaux de construction ; on y vit même des échoppes , parmi lesquelles il s'en 
trouvait une possédée par Thomas Thurin, rrm c sculpteur et garde des marbres 
«du Roy, -n et chargé, en cette qualité, de veiller à la conservation de «plusieurs 
ff grandes ligures, modelles et desseings v déposés en cet endroit^. Le terrain ayant i. „;,„■;,,,.■ .1,. i.»..u-,- 
été déblayé, on y planta un jardin , énoncé le jardin neuf dès 1612, le petit jardin 
du Louvre en îOiu, et le jardin des vues du Louvre an 161 5. Ce jardin est repré- 
senté, sur le plan deMérian et sur plusieurs autres, entouré , vers le midi et l 7 oricnl . 
d'une galerie à arcades, surmontée d'une terrasse. On établit là une grande volière, 

suivant l'auteur du Supplément aux antiquités de Paris, qui dit : rt Louis 18 e 

cr voulant imiter les desseins de ce grand roy, son père, lit faire au devant de sa 
te chambre, au Louvre, un beau parterre et une longue allée bastie de belles 
rr pierres de taille, donnant sur le quay, pour faire une volière la plus belle qui se 

(1) Arch. de l'Einp. cart. Q 117.3. Imilla aussi un lorrain inutile do quarante-six toises 

!) Le 3 septembre 161 1, Thurin ayant été forcé' de longueur, -lo long du petit jardin du Louvre, 

de quitter l'appentis où il logeait, et qui allait être t depuis la l'elile Gallerie du Louvre jus<|uos à la 

démoli, la Ville lui accorda en dédommagement tr maison et place naguères baillée à bastir à Thomas 

«■une place seize sur le quay de la rivière, près » Thurin.» Ces quarante-six toises, réunies aux qua- 

rt l'arche de l'Autruche, le long du mur ancien torze pieds de largeur de la place cédée à Thurin, 

ffde lad. Ville, contenant six thoises de long sur donnent juste la distance que nous avons dil avoir 

«•quatorze pieds de large... à l'encoignure d'une < : lô comprise entre la l'elile Galerie et la grosse 

ffgrosse tour* (celle du Coin). En 1 6 1 '1 , la Ville (our du Coin. 



lO'i TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

trvove, comme elle se voit à présent. i> Cette galerie, dont l'origine est donc bien 
réellement contemporaine de Louis XIII, et non de Henri III, servait à resserrer 
des orangers, et, sur la terrasse qu'elle supportait, on en exposait à l'air pendant la 
belle saison, comme l'indique la vue de Boisseau; aussi l'édifice a-t-il toujours 
été connu sons le nom de l'Orangerie du Louvre, désignation que nous avons ren- 
contrée pour la première fois dans un document de 1622. Plusieurs vues et ta- 
bleaux donnent l'aspect de l'Orangerie du côté du quai (1) . Elle était percée de deux 
rangs de baies, et décorée d'ornements qui la mettaient en harmonie avec les bâti- 
ments voisins (2) . Le gros mur qu'elle remplaça figure encore sur une gravure 
de 1 G 1 3, preuve qu'elle n'a point été construite plus tôt^ 3 '. En 162/1, elle con- 



(1) Note du continuateur. Nous donnons ici , en 
fac-similé, la gravure d'un dessin de celte partie du 
Louvre et de toute la largeur du fleuve jusqu'à la 
Tour-de-Nesle, sur la rive gauche; le point de vue 
es| pris de la partie septentrionale du Pont-Neuf. 
Ce croquis, (ein(< ; de bistre et fait très-hardiment, 
est signé //. Pousin, et l'on a écrit au-dessous, en 
caractères du xvm e siècle : Vue de Paris comme il 
estoit en i6i5. L'original porte o m ,22 sur o"',3f) 
sans les marges. 

Ce dessin donne une foule de détails nouveaux 
sur les bâtiments placés en avant de la façade du 
Louvre et sur le quai. On voit la tour du Coin 
(qui paraît peut-être un peu plus éloignée qu'il 
ne faudrait de l'arche de Y Autruche, en avant 
de l'hôtel de Bourbon), la Tour-Neuve , la lan- 
terne du pavillon de Lesdiguières , et à l'horizon le 
pavillon de Flore et la Galerie, la Petite Galerie 
de face; au Louvre, le pavillon du Roi , la façade 
et la cour du sud-est. On y remarque surtout des 
détails fort intéressants d'un côté peu connu de 
l'hôtel de Bourbon, placé au-dessus de l'arche de 
ce nom. 

La communication de ce curieux dessin est due 
h l'obligeance de M. Viollet-le-Duc, qui possède 
l'original dans sa riche collection. — H. L. 

' Elle ne fut entièrement terminée que par 
Anne d'Autriche, vers 1 G 5 5 . On lit dans le Jour- 
nal d'un voyage à Paris en îôùj (p. 2 85) : "Tout 
-au long (du parterre), du côté de la rivière, est 
"cette belle terrasse, pavée de pierre de taille 
r-blanche, que la Boyne a fait achever et continuer 
-depuis peu. 7> 

(1) La manière dont le mur de l'Orangerie s'at- 
tachait à la Petite Galerie est très-embarrassante à 
déterminer. D'après les diverses vues, le mur serait 
venu se souder à l'encoignure delà galerie, là où il 



y a maintenant des bossages vermicides, et l'indica- 
tion est confirmée par plusieurs plans. Au contraire , 
d'après l'élévation gravée par Marot, apparemment 
le meilleur document sur la matière , le mur de 
l'Orangerie aurait affleuré l'avant-corps de la fa- 
çade méridionale de la Petite Galerie, ce qui im- 
plique l'existence d'une retraite du mur au coin de 
ce dernier édifice. Nous avons vu un plan qui offre 
celle disposition, contredite d'ailleurs par tous les 
autres renseignements. L'agencement de la porte 
avec perron du cabinet de la reine, par rapport 
au bâtiment de l'Orangerie, constitue également 
un problème qui ne peut se résoudre que d'une 
façon tout arbitraire. 

Note du continuateur. La planche ci-contre, qui 
représente la façade méridionale du Louvre et la 
terrasse de l'Orangerie, dont la partie de gauche 
a été enlevée pour laisser voir les soubassements 
du palais, a été restituée avec le plus grand soin 
d'après les documents graphiques existants, et 
d'après les relevés sur place que les fouilles de la 
cour du Louvre, exécutées en 18G6, ont permis 
de faire avec toute l'exactitude désirable. On sait 
qu'à l'époque de la mort de Henri IV les deux 
seules façades qui existassent du Louvre de la Be- 
naissance étaient celles du midi et de l'occident; 
elles venaient se raccorder, ou plutôt butter, à 
chaque extrémité, aux tours anciennes du vieux 
château, dont l'entretien était assez négligé. Nous 
avons rencontré assez d'éléments pour pouvoir res- 
tituer, d'une manière suffisante, ces tours dont la 
présence est indispensable pour rendre exactement 
l'aspect de ces deux façades du palais. En rappro- 
chant aussi du plan de Du Cerceau la galerie de 
passage joignant le pavillon du Boi à la galerie 
d'Apollon, on verra que nous avons rétabli ce pas- 
sage à sa véritable place. 



: ! : ' ! I 










LE LOVVRE ET L 



■ 






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..... 



X tfïFS 




DE BOVRBON 






RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE MONUMENTALE DU LOUVRE ET DES TUILERIES. 105 
tenait des orangers provenant du vieux jardin du Louvre, et le nommé Nicolas 
Guérin recevait huit cents livres par an pour prendre soin de ces arbustes, ainsi 
(jue de tout crie petit jardin neuf,» où, dans la même année, on lit !tung bassin 
tf de fontaine u qui coûta i,ooo livres. 

La seconde grande période de l'histoire du Louvre, celle de la Renaissance, se 
termine en 162/1, parce que c'est alors que Lemcrcier commença à développer 
les bâtiments du quadrangle d'après les plans qui ont produit l'édifice actuel. 
Un hasard nous a conservé le compte de cette année 162/1; rigoureusement ce 
compte appartient à la phase moderne, toutefois nous le donnons en appendices, 
car les détails intéressants qu'il renferme peuvent servir à l'élucidation du passé. 
Nous ajouterons à ce compte le texte des quatre pièces de 1600 auxquelles nous 
avons fait allusion, page 71, et nous terminerons ce chapitre par un tableau ré- 
sumant l'histoire monumentale des deux palais. 



RESUME 

DE 

L'HISTOIRE MONUMENTALE DU LOUVRE ET DES TUILERIES 01 . 

CHÂTEAU DU LOUVRE. 

ii89. Première indication du lieu dit le Louvre, Louvrea. 

Dernières ann&s Philippe-Auguste bâtit, sur le territoire appelé h Louvre, un château qui, 
ayant pour trait principal un donjon élevé, est nommé d'abord la Tour-Neuve, la 
Tour de Paris ou la Tour du Louvre. Un compte de 1202 mentionne les travaux 
de ferronnerie qu'on y avait faits; la construction devait être fort avancée en cette 
même année. 

nu* nèeie. II n'y a que des notions insignifiantes sur les travaux exécutés au Louvre durant 
tout le xm e siècle. 

Philippe de Valois achète une grange vers la rue Fromenteau, pour y établir 
une ménagerie dépendant du Louvre. 

innées Charles V entreprend au Louvre des travaux considérables d'embellissement, 

nies. 

;1) Ce résumé, comme les chapitres précédents, a été rédigé par M. Berty. 



11. 



■ à 



106 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

et transforme la forteresse en palais d'habitation. En 1 3 6 5 , l'architecte du Roi, 
Raymond du Temple, bâtit la grande vis. En 1867, on place au Louvre la librairie 
ou bibliothèque royale. Il n'est point parlé des fossés du château avant le règne 
de Charles V. 

Dekfinduràgne Durant cette période, on se borne, selon toute apparence, à entretenir les 
i. 1527. bâtiments du Louvre, et l'on n'y ajoute aucun édifice de quelque importance. 



1527 et années En 152 7, François I er fait abattre la Grosse-Tour, dans le dessein de dégager 
la cour du château , qu'il se propose seulement de réparer et de rendre plus com- 
mode. Il englobe dans la basse-cour méridionale le chemin du bord de l'eau, et 
fait de la porte orientale la principale entrée du Louvre. Vers i53o, on construit 
les jeux de paume de la rue d'Autriche, et l'on dispose la cour des Cuisines sur 
l'emplacement de l'ancienne artillerie. 

1539. Travaux d'appropriation pour la réception de Charles-Quint. C'est probablement 

à cette occasion que François I er conçoit le projet de rebâtir entièrement le Louvre. 

1546. Le 2 août de cette année, Pierre Lescot est nommé architecte des nouvelles 

constructions, et l'on procède à la réédification du monument. Lescot commence 
par l'aile occidentale, et en utilise la vieille muraille extérieure. 

1548. Achèvement de la grande salle dite des Caryatides, et peut-être de la maçonnerie 

entière de l'aile occidentale. 

1550. Marché avec Jean Goujon pour l'exécution des Caryatides. La décoration inté- 

rieure de la salle où elles furent placées demeure toutefois très-imparfaite jus- 
qu'en 1806. 

1556. Achèvement du gros pavillon de l'angle sud-ouest, dit le Pavillon du Roi. 

1558. On travaille à la partie de l'aile méridionale la plus rapprochée de l'aile occi- 

dentale. 

i562»i564. On sculpte les ornements décorant le second avant-corps de l'aile méridionale. 

i565eti567. Mentions de travaux d'aménagement intérieur. 

1574. A la mort de Charles IX , l'aile méridionale avait un peu dépassé le second avant- 

corps. 



RESUME DE L'HISTOIRE MONUMENTALE DU LOUVRE ET DES TUILERIES. 107 

1578. Mort tic Pierre Lescot (10 septembre), remplacé par Baptiste Androikt Du 

Cerceau, dès i58a au moins. 

1689. Au moment où périt Henri III, la nouvelle aile méridionale était soudée, sans 

doute depuis plusieurs aimées, à la tour sud-est de l'ancien château; mais, dans 
la partie voisine de cette tour, la décoration ne l'ut entièrement terminée que du 
temps de Henri IV. 

i589à i6io. Au mois de mars i5o,5, Jacques Androuet Du Cerceau fils est commis à la con- 
duite des bâtiments du Louvre; toutefois, sous le règne de Henri IV, on ne l'ait 
guère, dans le palais, que des travaux intérieurs; l'activité du Roi se porte vers 
les galeries et les Tuileries. Il projette de réunir les deux palais en un seul, et 
réalise une partie de ses desseins. 

vers i6ii. Création du jardin dit, plus tard, de l'Infante. 

i62a. Le 28 juin 1 G 2 k, Louis XIII pose la première pierre du nouveau Louvre, dont 

le projet remontait à Henri IV et dont les travaux furent conduits par l'architecte 
Jacques Lemercier. 

CHÂTEAU DES TUILERIES ET GALERIES DU LOUVRE. 

i.-,6'i. Au mois de mai i56/i, Catherine de Médicis commence le château des Tuile- 

ries sur les plans de Philirert de l'Orme. 

1566 En 1 566 ou 1567, on entreprend la construction de la Grande et de la Petite 

Galerie du Louvre, lesquelles sont destinées à former une communication entre le 
Louvre et les Tuileries. 

La Petite Galerie, ne consistant qu'en un seul étage, fut bâtie par Pierre Cham- 
biges, sur l'emplacement d'un canal amenant l'eau de la Seine dans les fossés du 
Louvre. La Grande Galerie s'éleva sur les fondements de la courtine de Charles \ . 
Elle n'avait aussi qu'un étage, et Thibaut Me'tezeau en fut assez vraisemblablement 
l'architecte. On ne sait jusqu'à quel point elle fut avancée sous les Valois; mais la 
Petite Galerie était certainement terminée dès 1 5y6. 

i570ài372. Philibert de l'Orme meurt le 8 janvier îByo, et Jean Bullant lui succède. De 
l'Orme avait construit le pavillon central et les deux ailes adjacentes; Bullant bâtit, 
mais d'une manière incomplète, le pavillon attenant à l'aile méridionale, et il com- 
mence celui qui en forme le pendant, de l'autre côté. En i5yo et 1 5y 1 , on tra- 
vaille à la grande écurie, on s'occupe des combles du château, on plante le jardin, 



108 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

et Bernard Palissy poursuit l'achèvement de sa grotte émaillée. Vers 1572, Ca- 
therine de Médicis renonce de fait, sinon officiellement, à achever les bâtiments 
des Tuileries. On entretient toutefois les jardins, que Henri III et sa mère con- 
tinuent à fréquenter. 

i58i. On bâtit la contrescarpe du fossé dé la Ville entre la Porte-Neuve et la seconde 

porte Saint-Honoré. Cette contrescarpe forme la clôture du palais des Tuileries, 
vers l'orient. 

I594ài600. Henri IV reprend les travaux de la partie de la Grande Galerie qui finit au pa- 
villon dit maintenant de Lesdiguières ; il exhausse l'édifice d'un étage intermédiaire 
et d'un étage supérieur. La maçonnerie était achevée en 1596, et avait été con- 
duite par l'architecte Louis Métezeau. La décoration sculptée de l'étage inférieur, 
œuvre des frères L'Heureux, ne peut être postérieure à 1 599 et ne fut exécutée 
que jusqu'au guichet Saint-Thomas. La sculpture de l'étage supérieur, vraisembla- 
blement commencée un peu après celle du rez-de-chaussée, n'a été indiquée que 
par places. 

1600 à 1610. L'étage supérieur de la Petite Galerie date de la fin du xvi c siècle; il fut élevé 
par les architectes Isaïe (?) Fournier et Jean Coin. 

En 1600, on commence la construction de la seconde moitié de la Grande 
Galerie, celle qui est décorée d'un ordre colossal; elle s'achève en 1608, sous la 
direction de Jacques Androuet fils. Le même artiste édifie la partie du château des 
Tuileries s'étendant entre le pavillon de Bullant et la Grande Galerie. Cette partie 
est contemporaine de la seconde moitié de la Grande Galerie, et l'on a la preuve 
que le pavillon de Flore était presque terminé en 1608. En 1600, on plante, 
ou plutôt on replante le petit jardin situé devant les Tuileries, et, l'année sui- 
vante, on commence la décoration peinte de la Petite Galerie. Etienne Du Pe'rac, 
mort vers 1601, peut avoir pris part à la confection des plans de la Grande Ga- 
lerie ou aux travaux des Tuileries. 



LES 

FOUILLES DU LOUVRE 

EN 1866. 



TOPOGRAPHIE HISTCF 










B' H 



FOVI LLES D 

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VU DV VI EVX PAP I S 




LO VVRE 
R.AL, 






Tome Il 



AVIS PRELIMINAIRE. 



On a pu remarquer que l'eu M. Berty, en cherchant à restituer le plan du vieux Louvre, 
était arrivé à des résultats tout à fait en désaccord avec les données fournies par Sauvai W. Le 
fait dut paraître singulier, car ces données étaient jusqu'ici les seules que l'on considérât comme 
pouvant servir à un essai de recomposition de l'ancienne forteresse. Savants et artistes avaient, 
en effet, basé leurs descriptions sur le texte de Sauvai, et ceux qui s'étaient donné la peine d'y 
joindre une représentation figurée n'avaient pu que traduire, au moyen du dessin, les mesures 
indiquées par l'auteur des Antiquités de Paris. Aussi avaient-ils tous prêté à l'édifice des dimen- 
sions beaucoup plus grandes qu'elles ne l'étaient en réalité. 

Le mérite de M. Berty fut donc de ne pas redouter la contradiction; tout en repoussant une 
opinion qu'on s'était habitué à respecter jusque-là, parce qu'elle s'appuyait sur des éléments 
qu'on ne savait pas erronés, il sut appuyer la sienne sur des mesures incontestables et sur des 
repères certains qui n'avaient jamais varié. On peut dire, avec quelque assurance, que si le but 
de l'auteur de la Topographie historique avait été simplement de composer une monographie du 
château du Louvre, au lieu de faire une restitution générale de la région, il aurait été proba- 
blement entraîné, comme ses devanciers, à ne point contester les chiffres énoncés dans les 
documents publiés par Sauvai, et il serait tombé clans les erreurs qu'on peut enfin redresser au- 
jourd'hui, grâce aux fouilles entreprises par la Ville de Paris. Mais le plan de son ouvrage, en 
l'obligeant à tenir compte des propriétés voisines et de la configuration générale de la région qui 
comprend le Louvre et les Tuileries, l'amena à tracer d'abord les lignes de cette région, ce qui 
lui procura, pour arriver à une délimitation exacte, une foule de documents écrits, tirés des 
arpentages faits pour les seigneuries et des règlements de la voirie. Il lui fallait aussi placer le 
vieux château dans l'espace que laissaient libre, d'une part, les lignes, certaines et encore existantes , 
du mur occidental du Louvre de Pierre Lescot et de la rue des Poulies exactement repérée par 
l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, d'autre part, la rue Saint-Honoré et le fleuve. Il s'aperçut 
tout aussitôt que les dimensions énoncées par Sauvai devaient être exagérées ou erronées. De 
la comparaison qu'il fit des mesures partielles, indiquées par Sauvai lui-même, avec les dimen- 
sions générales, il conclut qu'il fallait réduire le quadrangle irrégulier du château, et il recom- 
posa le vieux Louvre comme on le voit dans son plan de restitution (t. I, p. 129). 

Les bases de ce travail étaient trop bien établies pour qu'on essayât de les détruire par le 
raisonnement; d'un autre côté, il semblait téméraire de réduire à néant ou tout au moins d'arguer 
de faux les assertions d'un auteur comme Sauvai, qui avait pu voir, mesurer, décrire exacte- 
ment des édifices existant de son temps, et qui s'appuyait sur des comptes et des documents 
dont une grande partie a été détruite, tant par l'incendie du Palais que par les événements 
révolutionnaires. On savait vaguement, même après les remaniements de la cour du vieux Louvre. 

(1) Topographie historique du vieux Paris (Région du Louvre et des Tuileries, I ), ebap. V, p. 229 et suiv. 



112 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

et l'on aurait dû savoir d'une manière certaine, qu'il se trouvait des substructions sous le sol 
de la partie occidentale de cette cour, du côté de la rivière. M. le Sénateur Préfet de la Seine 
n'hésita point à solliciter de S. Exe. M. le Maréchal Ministre de la Maison de l'Empereur l'auto- 
risation de pratiquer quelques tranchées dans cette partie de la cour; cette autorisation, très- 
gracieusement accordée, permit de fouiller, pendant cinq mois environ, le sol du vieux Louvre, 
et de mettre au jour les précieux vestiges qu'il recelait W. 

M. Rerty, enlevé par la mort à des travaux dont l'initiative lui appartient, et cela avant que 
le résultat de ses recherches pût être entièrement expliqué et publié par lui, a cependant laissé 
un texte succinct dans lequel il fait remarquer que ses prévisions ne s'éloignaient pas sensible- 
ment des résultats obtenus par les fouilles. Il a pu emporter la noble satisfaction d'avoir, d'avance 
et parla seule force de ses calculs et de son raisonnement, prévu et décrit, avec une exactitude 
surprenante, ce qui s'est rencontré dans les substructions de ce fameux château du Louvre. 
Nous espérons qu'en comparant la première restitution à l'état réel, que nous donnons dans 
ce volume, le lecteur reconnaîtra qu'en l'état des connaissances acquises sur l'ancien château 
du Louvre il fallait toute la sagacité du regrettable auteur du premier volume de la Topographie 
historique du vieux Paris pour résister à l'entraînement bien naturel qui portait à respecter des 
opinions en apparence si fortement autorisées. C'est à cette sorte de condescendance involon- 
taire qu'il a obéi quand il a placé le Donjon et les tours du milieu comme il l'a fait. 

Dans le travail fort abrégé qu'il a laissé, et que nous reproduisons littéralement, M. Rerty 
semble s'excuser de ne point avoir deviné, avec plus d'exactitude encore, quel devait être le tracé 
réel du quadrangle primitif de la forteresse. Ce sentiment l'honore; mais il nous semble que ce 
qu'il a trouvé, en luttant, comme nous l'avons dit, contre tout un ensemble de documents 
erronés, est un résultat véritablement étonnant et presque prodigieux. 

Les différences existant entre les dimensions détaillées des substructions découvertes par les 
fouilles et celles que M. Rerty a indiquées sur son plan de restitution se réduisent à un écart bien 
minime; et, chaque fois qu'il a abandonné ses idées personnelles pour chercher à se rapprocher 
de celles que lui suggéraient les documents cités ou transcrits par Sauvai, les fautes qu'il a com- 
mises ne doivent pas être imputées à lui-même, mais bien aux renseignements inexacts qu'il s'est 
cru obligé de prendre en considération. 

Les résultats acquis , que des fouilles complètes pouvaient seules donner, enlèvent désormais , par 
la brutalité mêoie du fait, tout prétexte à une critique basée sur des documents dont les inexac- 
titudes se trouvent ainsi dévoilées. Ils prouvent, de plus, tout le parti qu'un topographe sagace 
et prudent peut tirer de l'interprétation des documents écrits; mais aussi ils nous forcent de 
reconnaître que, pour une restitution de l'ancien Paris, rien ne peut remplacer les renseigne- 
ments fournis par des fouilles conduites avec intelligence. L'auteur de la Topographie historique 
du vieux Paris l'a dit dans sa préface, et l'on ne saurait trop le répéter : jusqu'aux démolitions 
et aux percements récents, qui ne peuvent tenir compte ni du morcellement de la propriété ni 
des changements apportés dans le profil du terrain, les murs mitoyens et les anciens alignements 
étaient ou rigoureusement conservés ou changés avec des formalités légales qui permettaient d'en 
suivre les traces. Presque jamais on ne détruisait les murs de fondations qui pouvaient être 
utilisés, et avaient de plus l'avantage de devenir des témoins, des bornes pour les héritages; 
aussi relrouve-t-on partout ces vestiges à une profondeur plus ou moins grande, et, comme au vieux 
Louvre, on peut reconstituer tous les plans, en attribuant, par l'inspection des matériaux et du 
mode de travail, son époque distincte à chaque partie. Nous développerons ailleurs cette idée 
féconde, sur laquelle a été basée l'œuvre de notre devancier. Cependant, pour citer dès à présent 



0) 



Voir, à la fin des Appendices, les pièces officielles relatives à cet important travail. 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18GG. 113 

un exemple, et sans sortir de la cour du Louvre, on concevra parfaitement que, si Ton n'eûl 
pas construit la grande citerne voûtée qui occupe, pour ainsi dire, toute la partie orientale de 
la cour du vieux Louvre, notamment dans le comparlimcnt où se voient les regards et la 
borne-fontaine, et qu'on n'eût pas détruit ainsi les restes des édifices, il aurait été facile de dé- 
couvrir toutes les substruetions de l'hôtel de Bourbon et celles des autres hôtels qui bordaient 
le côté oriental du palais et la rue d'Autriche, comme on a rencontré les vestiges de l'enceinte 
de Philippe-Auguste et du petit pan coupé de l'hôtel de Bourbon. Les fouilles furent donc 
résolues. 

Les premiers coups de pioche firent concevoir immédiatement les plus grandes espérances, et 
l'on eut bientôt, en effet, retrouvé toutes les substructions, telles que les démolitions successives 
de François I er , Henri H, et enfin Louis XIII et Louis XIV, les avaient laissées, c'est-à-dire 
presque à fleur de terre. 

Nous devons maintenant donner la parole à M. Bcrty, en nous bornant à expliquer, dans 
des notes suffisamment détaillées, les planches qui ont été gravées sur les dessins dont il avait 
surveillé l'exécution, mais qu'il n'a pu voir terminer. Nous croyons devoir faire remarquer que 
l'exécution de ces gravures, soit en plan, soit en coupe ou en élévation, a dû être traitée de telle 
sorte que l'on pût y retrouver, pour ainsi dire, toutes les impressions que les spectateurs éprou- 
vèrent sur le terrain. De simples traits ne pourraient donner, au même degré que ce genre de 
gravure, une idée claire et précise de ce qu'étaient les terrains, les murailles, les pierres et 
leurs différents appareils, toutes choses qui forment l'opinion des hommes du métier et des 
archéologues, lorsqu'il s'agit de décider quand et comment ont été faites certaines constructions 
et raccordées certaines parties plus modernes. L'examen d'un parement plus ou moins bien layé, 
d'un joint plus ou moins garni de mortier, est un guide sûr pour fixer certaines époques et 
même certaines dates. Voilà pourquoi nous n'avons pas hésité à reproduire avec des tons vigou- 
reux les dessins des fouilles pratiquées dans la cour du Louvre. 

Les observations faites par M. Berty ont naturellement plus de force en passant par sa plume. 
Après les avoir littéralement reproduites, nous donnerons le plan comparatif du Louvre, tel que 
les fouilles l'ont montré, à côté du plan d'interprétation de M. de Clarac. On sait que ce plana 
été dressé avec la double prétention de figurer exactement les dimensions que donnent les des- 
criptions et les comptes de Sauvai, et de traduire les renseignements écrits conservés dans les 
chroniques et les mémoires du temps. Notre travail a été préparé, au moins quant au plan com- 
paratif, par M. Berty lui-même. H est d'une utilité incontestable en pareille matière, puisqu'il 
montre jusqu'à l'évidence par quelles voies les meilleurs renseignements et les meilleures inten- 
tions peuvent amener un homme de bonne foi à des résultats erronés. 

C'est ce que nous démontrerons nous-même, quand nous serons arrivé à l'explication des 
plans comparatifs placés à la suite du texte de M. Berty. 

H. L. 



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NOTICE 

SUR LES FOUILLES DU LOUVRE, 
PRÉPARÉE PAR FEU M. A. BERTY. 

Sommaire de la notice. — Considérations générales sur l'opportunité des fouilles du vieux 
Louvre. — Eléments de la restitution. — Première erreur. — Deuxième erreur. — Com- 
paraison des dimensions données au Louvre. — La Crosse-Tour. — Son pont-levis. — Bâ- 
timents du Louvre primitif. — Bâtiments de Charles V. — Le passage au Donjon. — La 
Grande-Vis. — Aile orientale de Charles V. — Les tours extérieures. — Observation sur 
l'ancien sol du Louvre. — Les portes de l'ancien Louvre. — Les marques de tacherons. — 
Les courtines; description. — Les fossés extérieurs. — Le pont-levis oriental. — Le mur 
d'enceinte de Philippe-Auguste. — L'hôtel de Bourbon. — La tour du Coin. — Conclusion. 
— Résumé. 

Lorsque nous avons sollicité l'autorisation d'entreprendre les fouilles du considération* 
Louvre W, en annonçant, ce que l'événement a confirmé, que les substructions 

1 î a. . • , i , I- l'"l 'limité des fouil 

du château se trouveraient presque sous le pave, nous ne nous sommes pas dis- du neu* i ™ 

simulé un moment combien était redoutable l'épreuve à laquelle tout notre tra- 
vail allait être soumis. Nous n'ignorions pas que, dans le domaine de l'architec- 
ture du moyen âge, la faculté de restituer est extrêmement restreinte, et que, 
le plus souvent, ce qu'on imagine n'est nullement conforme à la réalité. Dans 
nos travaux habituels, nous procédons avec assurance, parce que la difliculté se 
borne ordinairement à fixer l'identité d'emplacements déterminés, et non à inven- 
ter des contours; mais nous nous gardons d'aller au delà, même dans les cas ou 
les titres nous fournissent des données sur les dispositions iconographiques des 
propriétés, attendu que ces données ne comportent jamais de sérieuse traduction 
graphique. Par rapport au vieux Louvre, la situation était sensiblement diffé- 
rente. Essayer d'en reconstituer les élévations, c'eût été entreprendre une tache 
impossible, puisqu'on ne soupçonne même pas le nombre des baies de l'édi- 
fice; mais chercher à en retracer le plan n'avait en soi rien d'irrationnel. En effet, 
si la plupart des détails consignés dans le livre de Sauvai sont communément 

(1) Elles ont été commencées le 27 août 186G. et se sont terminées le -ïh décembre suivant. On 11" \ a pas 
remué moins de mille mètres cubes de terre. 

i5. 



116 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

faux et parfois singulièrement propres à égarer, quelques-uns cependant sont 
exacts et peuvent être utilisés. Nous possédions d'ailleurs quelques documents 
manuscrits qui nous semblaient dignes de confiance, et l'ensemble des diverses 
vues du château, malgré leur peu de fidélité, formait un faisceau d'informations 
dont il y avait espoir de tirer un parti assez satisfaisant pour que le lecteur en- 
trevît au moins ce qu'avait été ce Louvre si mal connu, ce Louvre que nous 
avions mission de lui dépeindre. 

Nous nous décidâmes donc à en publier un plan restitué, avec la conviction 
que des études plus approfondies, jointes à des renseignements nouveaux et au- 
thentiques, devaient établir combien ce pjan était moins éloigné de la vérité 
que celui de notre devancier, M. de Clarac, sur l'inexactitude duquel nous étions 
surabondamment édifié. Dans la suite, et lorsque le temps d'amender notre tra- 
vail était passé, une occasion s'étant offerte de trancher définitivement les ques- 
tions qui nous avaient tant préoccupé, nous l'avons saisie avec empressement, 
considérant comme un devoir de servir les intérêts de la science plutôt que d'épar- 
gner à notre amour-propre le risque d'un échec, toujours possible en pareille 
matière. Nous ne croyons pas avoir sujet de nous en repentir, et peut-être le lec- 
teur voudra-t-il bien être de cet avis, après avoir parcouru les pages qui vont 
suivre. 

On se rappelle que, pour déterminer les dimensions du vieux Louvre, dont les 
historiens nous paraissaient avoir considérablement surfait la grandeur, nous ima- 
ginâmes de replacer successivement tout ce qui occupait jadis le terrain entre les 
deux points dont nous étions sur, c'est-à-dire entre le coin oriental de la rue des 
Poulies et l'aile occidentale du château, ayant la même assiette que l'aile corres- 
pondante de l'édifice moderne. 

Éléments La possession de sept éléments était nécessaire pour atteindre le but : il fallait 

de la restitution aii 11 i T» l* r J ]'l A 1 J T» 1 

h. virux Louvre, connaître les largeurs de la rue des Poulies a son entrée, de 1 hôtel de Bourbon et 
de la rue d'Autriche, la profondeur des jeux de paume appuyés au mur de Phi- 
lippe-Auguste, la distance de ce mur à l'aile orientale du Louvre, la profondeur 
de cette aile et la largeur de la cour qu'elle limitait du côté de l'orient. De ces 
sept éléments, tous fort incertains pour la génération actuelle, nous avons restitué 
le dernier avec une différence de j^j seulement, et retrouvé les quatre premiers 
avec une précision extrême. En effet, il résultait de nos calculs (voir pages 1 35 
et i36 du I er volume) que la muraille d'enceinte devait passer à 35 toises 2 pieds 
10 pouces, ou 69 mètres U centimètres de la façade intérieure de l'aile occiden- 
tale du palais t 1 '; et c'est de 69 mètres 18 centimètres^ qu'était distant de ce 

' Il y avait, du coin oriental de la rue des Pou- io4 l 5 P 5 po ; si l'on retranche le premier chiffre 
lies jusqu'au parement extérieur de la muraille, du second, il reste bien 35' 5 P 5 P °, ou 6q m ,o4. 
69* a* 7 P °, et jusqu'à l'aile occidentale du Louvre {2) Ce chiffre n'est pas rigoureusement mathé- 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866. 117 

point l'unique fragment du mur d'enceinte qui ait été mis au jour par les fouilles. 
L'angle sud-ouest de l'hôtel de Bourbon, découvert exactement à 5i loises 
i pouces de son angle sud-est, est une autre preuve matérielle de ce que nous 
venons de dire. 

Les cinquième et sixième données du problème à résoudre nous avaient fait 
défaut, et l'obscurité de l'une produisait l'obscurité de l'autre. Sauvai, dont nous 
nous méfions sans cesse, et avec trop de raison, rapportait que le Fossé avait une 
largeur de cinq toises 8 pieds; mais il ne nous apprenait pas si un chemin de 
ronde longeait le fossé, ou si le rempart formait contrescarpe. Obligé de prendre 
un parti, nous avons admis, au hasard, qu'il n'y avait point de chemin de ronde, 
tandis qu'il y en avait réellement existé un de plus de 3 mètres, et cette méprise, 
en nous faisant reculer le fossé vers l'orient, nous a conduit à la plus grande erreur 
que nous ayons commise. On va voir combien elle est excusable. 

Nous savions par Corrozet que l'aile orientale renfermait la chapelle du roi Première 
(voir p. 1 35 , t. 1), et Sauvai affirme que cette chapelle avait h toises i/a de large. 
Il était donc naturel de conclure que l'aile était profonde d'environ 7 toises. Mais 
l'assertion de Sauvai est fausse : la chapelle ne pouvait être large de k toises 1/2, 
puisqu'il n'y avait pas même un écartement de 3 toises entre les murs de l'édifice 
dont elle faisait partie. Le texte de Sauvai nous a donc suggéré une première 
inexactitude de 9 pieds. Une seconde, de 3 pieds, découle de ce que (circons- 
tance improbable) le mur extérieur de l'aile était plus mince de 0^,92 que le 
mur analogue de l'aile occidentale, le seul qui nous fût connu. Ces deux causes 
réunies nous ont conduit à exagérer la profondeur de l'aile, qui était de 9 m ,93 ou 
5 toises pied G pouces, et non de 7 toises comme nous l'avions supposé. 

Il est clair que nous eussions été mis en garde contre un tel résultat si nous 
avions été prévenu de l'existence du chemin de ronde. Nous ne nous fussions pas 
non plus fourvoyé si, à l'exception d'une, toutes les vues de la façade extérieure du 
Louvre de la Renaissance n'en avaient représenté la dixième fenêtre comme com- 
plète et séparée de la tour d'angle par un trumeau apparemment large d'une 
dizaine de pieds; disposition dont l'impossibilité est maintenant évidente. Dans 
cette hypothèse, la dixième fenêtre eût été contiguë à la tour; aussi scmble-t-on 
n'avoir construit qu'une moitié de baie, de façon à laisser une partie de mur plein 
entre cette demi-baie et la tourW. Sur le tableau de Zeeinan, cette particularité, 
exprimée très-confusément, il est vrai, se dessine néanmoins quand on est pré- 

malique, parce mie le mur a été retrouvé dans un du château, par suite de la direction légèrement 

état d'excessive dégradation; mais l'écart possible, biaise (pie prenait le rempart à partir de sa brisure 

par rapport à la dimension de 6g"',o4, ne sau- et en se rapprochant de la Seine, 
rait excéder o m ,20, et peut être entièrement nul. ' Voir la nouvelle épreuve du Louvre de la 

En tout cas, il était assurément devant la courtine Renaissance, où cette disposition est figurée. 



118 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

venu; mais qui pourrait la distinguer autrement, surtout en présence d'une série 
de témoignages contraires W? 

Nous éprouvons d'autant plus de regret de nous être éloigné de la vérité, que 
nous l'eussions infailliblement entrevue sans une malheureuse faute de copiste, 
qui a singulièrement contribué à nous la dissimuler. D'après un article des comptes 
(n° 63), il y aurait eu entre la tour de la Fauconnerie et la tour du Milieu, vers 
les jardins, une distance de dix-huit toises trois pieds; si nous avions été averti 
qu'au lieu de 18 toises il fallait lire quatorze ®, nous eussions compris immédiate- 
ment que le nom de tour du Milieu devait être pris à la lettre , et notre écart n'eût 
point dépassé un mètre. Mais, là encore, nul ne pouvait soupçonner qu'il y avait 
une indication erronée. 



Deuxième «rieur. 



Notre seconde erreur de quelque importance est moins grave que la première : 
elle consiste à avoir augmenté d'environ 7 pieds la profondeur de l'aile septen- 
trionale, qui était de 1 i m , 3 h ou 5 toises h pieds 1 pouces. Nous avons été trompé 
par des causes analogues à celles que nous avons exposées en parlant de l'aile orien- 
tale : l'ignorance de l'épaisseur réduite du mur extérieur; la probabilité d'une 
identité de dimensions avec l'aile méridionale opposée ; le nombre de ces largeurs 
de h toises 1/2 si fréquemment signalées par Sauvai, qui n'en mentionne aucune 
de 2 ou de 3 toises 1/2 ; enfin l'invraisemblance d'une disparité de profondeur 
entre les quatre ailes. Quant au surplus des inexactitudes que comporte notre 
plan restitué, et que, du reste, nous relevons en passant, elles sont trop insigni- 
fiantes pour nous valoir des reproches mérités. Il est bien manifeste que, lorsque 
Sauvai est demeuré notre guide unique, nous n'avons point endossé la responsa- 
bilité de ses continuelles bévues, et que, en l'absence de tout renseignement, nous 
n'étions point apte à deviner des agencements absolument imprévus, comme ceux 
du fossé de la Grosse-Tour et de la Grande-Vis (3) , dont les archéologues les plus 
éminents avouent ne s'être jamais fait une idée tant soit peu juste. 



1 iomparaison 
des dimensions 

■ ;iu Loin ro. 



La principale thèse que nous ayons soutenue dans notre travail, c'est que tous 



(1) Si M. Berly avait eu plus de temps pour re- 
voir son texte et les rectifications opérées, par ses 
ordres, sur les planches dont il est question dans ce 
paragraphe et dans la note qui l'accompagne en 
renvoi , il aurait reconnu certainement que les dix 
haies de fenêtres existaient re'ellement et devaient 
exister dans la façade méridionale du Palais du 
Louvre. Des mesurages ont prouvé que leur espa- 
cement (Hait un peu différent de celui qui est 
indiqué aux plans du premier volume, et qu'entre 
le pavillon du Roi, vers l'occident, et la vieille 
tour, vers l'orient, les murs de refend et les haies 



devaient être placés comme nous l'avons fait dans les 
planches rectifiées que nous joignons à ce volume. 
Le lecteur ne s'étonnera donc pas de trouver, dans 
toutes les planches qui représentent , en plan ou en 
élévation, cette façade du Louvre, les dix haies 
entières comme elles s'y voyaient réellement. — H. L. 

(2) Il est à croire que le manuscrit original por- 
tait en chiffres romains xim toises, et qu'on aura 
lu xviii toises, par inadvertance. 

(3) Voir p. 1 1 1 , 1 1 5 et 1 1 8. Voir également l'essai 
de restitution de la Vis et de la partie centrale de 
l'aile septentrionale, au temps de Charles V, p. i5g. 







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LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18GG. 



110 



les historiens postérieurs à Sauvai, en copiant cet auteur, avaient prêté au vieux 
Louvre des proportions d'un tiers trop fortes. Trente-six heures n'étaient point 
écoulées, depuis le moment où les ouvriers s'étaient mis à l'œuvre, que déjà 
l'on était édifié sur la vérité de notre opinion W. Nous avons dit (p. 1 37, t. I) que 



(,) Voir la planche rectifiée, t. I, p. 120, ainsi 
que le plan gênerai des fouilles , en tête de la II e par- 
tie de ce volume, intitulée « Fouilles du Louvre, 1 
et les deux coupes de ces fouilles, p. 1 15. 

On y peut constater, sans parler des dimensions 
que donne le texte de M. Berty, et pour nous 
borner à une simple explication des lignes du tracé, 
que, si la Grosse-Tour ne se trouvait pas au milieu 
de la cour du château telle que l'avait faite la partie 
ajoutée par Charles V, c'est-à-dire les ailes orientale 
et septentrionale, elle devait avoir cette situation, 
ou à peu près, quand ces deux ailes n'existaient 
point encore. Ces deux côtés de la cour de la forte- 
resse étaient simplement fermés par des courtines 
et des tours engagées , semblables à celles qui flan- 
quaient le mur d'enceinte de la Ville, construit aussi 
par Philippe-Auguste. Rien n'empêcherait de sup- 
poser que la face intérieure de ces courtines était 
garnie d'appentis destinés à remiser ou abriter les 
engins de guerre qui composaient l'artillerie à cette 
époque. C'est, au reste, l'opinion que M. Berty a 
émise dans son travail; et rien, ni dans Sauvai ni 
dans les autres auteurs, ne vient contredire cette 
supposition. Les ailes occidentale et méridionale 
étaient seules composées de solides bâtiments élevés 
d'un étage seulement au-dessus de la courtine cré- 
nelée. D'après plusieurs documents cités dans le 
premier volume de cet ouvrage , il est à croire que 
les tours d'angle s'élevaient seules à une plus grande 
hauteur, et que les tours du milieu dépassaient de 
fort peu la hauteur de la courtine, si même elles la 
dépassaient. Dans la planche du plan du vieux Louvre 
en 1610 (t. I, p. 228), planche dont une nouvelle 
épreuve rectifiée par les fouilles est placée dans ce 
volume, on voit que l'aile bâtie par Pierre Lescot 
s'arrêtait alors à l'escalier dit de Henri II et se rat- 
tachait h la tour d'angle la plus voisine, celle du 
nord-ouest , que nous avons pu restituer, d'après un 
dessin de Cellier (voir t. I, p. i34), au moyen d'un 
reste de l'ancien bâtiment de Philippe-Auguste. 
On y peut voir aussi que le fossé intérieur de la 
cour du château, qui environnait cl isolait la Grosse- 
Tour, était d'une grande largeur, et que Charles V 
avait dû fane un raccord très-sensible dans la partie 
septentrionale, et briser la circonférence du parapet 



et de la muraille de la contrescarpe au-dessous, 
pour pouvoir placer la façade intérieure de l'aile du 
nord, dans laquelle se trouvait la fameuse Vis d'es- 
calier ainsi que le passage du Donjon à la même aile, 
par-dessus le fossé. Ce passage, dont l'emplacement 
se trouve aujourd'hui fixé, avait une longueur égale 
h la moitié du diamètre du Donjon au ras du sol, 
et s'appuyait sur les contre-forts reliés à la façade 
de l'aile septentrionale et portant de fond dans le 
fossé, non tout à fait dans l'axe de la tour du milieu 
du nord, et à côté de la cage de la Vis. Une pa- 
reille portée n'était pas tellement forte qu'on ne 
puisse aujourd'hui s'expliquer l'existence d'une 
seule arche : les culées pouvaient parfaitement ré- 
sister à la poussée, aussi bien du côté du Donjon 
que du côté de l'aile ajoutée par Raymond du 
Temple. A celte époque, le fossé n'était pas rempli, 
et tous les parements du même temps, de la partie 
extérieure de la cage de la Vis (du côté du vieux 
Louvre) jusqu'au raccord fail dans le mur de la 
contrescarpe, vers l'orient ou le milieu de la cour 
actuelle, sont exécutés avec un soin el même un 
luxe de précautions qui rassurent parfaitement sur 
leur puissance et leur solidité. Cette partie septen- 
trionale avait été destinée par Charles V à des 
salles ornées d'une manière remarquable, au dire 
des historiens du temps. Il résulte de la disposi- 
tion de ce côté de la cour intérieure du château à 
l'époque de Charles V et de Charles VI que, le 
passage étant intercepté par le fossé, les piles de 
contre-forts, au nombre de six, qui sont placées 
de chaque côté de la partie centrale occupée par 
la Grande- Vis et l'arche de passage, contre-but- 
taient les retombées des voûtes de celte aile, tout 
en permettant d'accéder à couvert à un vestibule 
qui réunissait el le passage et rentrée de l'escalier. 
Cette disposition, entièrement différente de toutes 
celles qu'on a adoptées en interprétant les données 
de Sauvai, devait produire un fort bel effet, el jus- 
tifie les témoignages d'admiration que lui ont pro- 
digués les historiens du temps. 

Nous ferons remarquer, comme M. Berty le fait 
lui-même, que la construction polygonale tracée à 
l'orient de la Vis, vers le centre de la cour actuelle, 
et qui semble, à première vue, destinée à faire pen- 



1-20 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

la cour du château avait, de l'est à l'ouest, une largeur d'environ 22 toises ou 
Zi2 m ,87 ; le chiffre réel était en moyenne ^i2 m ,5i ; différence : trente-six centimètres, 
soit -pi-j- d'écart. Les auteurs, ayant donné la dimension de 32 toises 5 pieds, se 
sont trompés de plus de 2 1 mètres. Nous avons dit également (p. 1 38 , t. I) que la 



dant au motif de la Vis, n'est certainement pas du 
temps de Charles V. Lorscpie François I er fit raser 
la Grosse-Tour, sans doute afin de dégager la cour 
du palais qui cessait d'être une forteresse, il dut 
nécessairement couper l'arche de passage, mais il 
laissa subsister la cage de la Vis. C'est alors sans 
doute qu'il fil élever cette autre sorte de tourelle; 
et , comme la maçonnerie du soubassement dans le 
fossé n'est pas liée à l'ancienne, et qu'il n'existe aucun 
pavement terminé, on voit bien que le fosse' était 
comblé et qu'on jugeait inutile de faire, pour cette 
partie, ce que Raymond du Temple avait fait pour 
les soubassements de l'autre portion destinés à être 
en vue. 

On a rencontré des traces d'amorces de cons- 
tructions sur la partie méridionale du fossé du Don- 
jon regardant l'entrée principale et la Seine; mais 
on ne saurait dire avec certitude si c'était là que se 
trouvait primitivement le pont-lcvis donnant accès 
au Donjon, ou s'il avait été placé vers le nord là où 
les travaux de l'aile de Charles V auront fait dispa- 
raître tout vestige de ce pont. Tout semble indiquer 
que les restes de maçonnerie qui existent vers le 
midi, et qui ne sont pas exactement dans l'axe de 
la principale entrée et du Donjon , appartiennent à 
une époque postérieure à celle de Philippe-Auguste, 
mais antérieure au comblement du fossé. L'étendue 
même de ces restes de maçonnerie tendrait à faire 
croire qu'à un moment donné on voulut remédier 
à l'exiguïté de la cour en élargissant l'entrée prin- 
cipale de la tour aux dépens du fossé, désormais 
inutile pour la défense. Ce fossé pouvait être couvert 
d'un pont plus ou moins large facilitant le dévelop- 
pement des cortèges. 

On a fouillé d'un côté du Donjon de manière à 
atteindre l'assiette des fondations, et l'on a reconnu 
qu'elles reposaient sur la couche sablonneuse qui 
s'étend dans toute cette région et semble avoir été 
d'une résistance suffisante pour porter le poids de 
la tour. Si le pavillon de Flore, aux Tuileries, a fait 
céder celle même couche, on pourrait peut-être 
attribuer celle différence de résultat à l'existence, 
sous ce pavillon, du lit de l'ancien cours d'eau qui 



a été rencontré dans les fouilles récentes de la re- 
construction des Tuileries sur le quai , comme nous 
l'avons dit en note, page 92. 

La nature de ces substructions du Donjon du 
vieux Louvre, la largeur remarquable du fossé qui 
l'entourait, nous ont suggéré quelques réflexions 
qui ne seraient point à leur place ici, mais que 
nous réservons pour le troisième volume de cet ou- 
vrage, comprenant l'explication des plans d'époque 
de la région du Louvre et des Tuileries. 

L'aile orientale regardant l'aile construite par 
Perrault, du côté deSainl-Gcrmain-l'Auxerrois, pa- 
raît avoir été primitivement fermée par une simple 
courtine crénelée (a) , dans laquelle, entre les deux 
tours engagées et rondes qui en occupent le milieu, 
s'ouvrait une étroite poterne qui communiquait par 
un pont dormant et un ponl-levis menant à une 
baie ouverte dans la muraille d'enceinte de la Ville. 
Là existait sans doute une sorte de tête de pont ou 
barbacane ayant issue dans la rue d'Autriche. Il ne 
reste pas trace de celle muraille ni de la barbacane ; 
les vestiges en ont sans doute été emportés par les 
travaux de la citerne dont nous avons parlé. Mais 
des fouilles pratiquées dans le jardin extérieur du 
palais, vers le quai du Louvre, onl donné le pan 
coupé du mur de l'hôtel de Bourbon, repère pré- 
cieux qui s'est trouvé d'ailleurs d'accord avec les 
données de M. Berty. Malheureusement, la tranchée 
pratiquée sur le quai, il y a quelques années, 
pour l'établissement de l'égoul collecteur, a détruit 
la substruction de la porte du Louvre, qui eût été 
un autre repère important. Nos recherches n'ont 
abouti à aucun résultat, les ouvriers ayant démoli 
ces substructions sans y attacher aucune impor- 
tance. 

Dans la poterne de la face orientale, on a ren- 
contré, encore entier, le caniveau en pierre qui 
recevait et jetait dans le fossé les eaux de la cour 
du château. Celte poterne , à l'intérieur, débouchait 
sur une partie très-étroite du pourtour de la con- 
trescarpe du Donjon, et cette portion des bâtiments 
construits par Charles V paraît avoir été desti- 
née à des locaux de service. On a retrouvé, dans 



w On a les comptes de démolition des créneaux. 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18GG. 



121 



cour mesurait, du nord au sud, environ 27 toises ou 52 m ,62; elle mesurait en 
moyenne 52 m ,77; différence : quinze centimètres, soit ~y d'écart. Les auteurs, 
ayant écrit 'Sk toises 3 pieds zh pouces, se sont trompés d'une quinzaine de 
métrés. Leur inéprise a été sur ce point centuple de la nôtre W. 

Ce sont des dimensions moyennes qui viennent d'être indiquées, parce que 
l'édifice n'était pas exactement un rectangle sur la cour : l'aile de l'orient avait 
i m ,2o en longueur de plus que celle de l'occident, et celle du nord excédait l'aile 
du midi de o m ,52. Il en résultait que l'angle nord-est était légèrement aigu (88°), 
et que les ailes opposées n'étaient point strictement parallèles. Le biais de la cour- 
tine vers la ville avait été aligné sur le mur d'enceinte de Philippe- Auguste, ce 
qui confirme leur contemporanéité; quanta la déviation de l'aile septentrionale, 
on n'en saisit pas la raison. 

Sauvai assure que la Grosse-Tour ce faisoit le centre de la cour du Louvre ; v mais u Grosse-Tour, 
l'assertion est tout à fait inexacte : la Grosse-Tour® était placée à des distances 
inégales et très-différentes des quatre ailes qui l'entouraient. Sauvai, au contraire, 
est dans le vrai en attribuant à la tour une circonférence de vingt-quatre toises 
ou 66 m ,77, car on arrive à un chiffre presque identique en restituant jusqu'au 
niveau du sol le soubassement, eif façon de cône tronqué, qui servait de base à 
l'édifice. Ce soubassement avait un fruit de o m ,2io, par mètre et se composait 
d'un massif en blocage, revêtu d'un parement d'assez grand appareil. Fondé im- 
médiatement sur le sable, à 6 m ,86 en contre-bas de l'ancien sol (3) , il ne renfermait 
d'autres cavités' 4 ) que celles d'un puits circulaire, dont nous avons renoncé à 
chercher le fond, et d'une descente ou fosse de ce retrait, » large de o m ,82, ayant 



le remblai, les poutrelles, poinçons et contre-fiches 

que la coupe BC indique (voir les planches p. 121 
et 126). C'est sur le lalus d'une des tours de cette 
poterne qu'ont été trouvées les marques de lâche- 
rons dont nous donnons plusieurs images p. i3o, et 
plus loin, p. 1 38, un dessin de grandeur naturelle. 

La coupe AA donne le relevé des substructions 
parallèlement à l'aile occidentale du Louvre, depuis 
l'aile méridionale vers la Seine jusqu'au guichet 
du côté des Tuileries. On y voit les contre-forts 
de l'aile de Charles V et le culot d'encorbellement 
d'une petite vis attachée au passage du Donjon. A 
droite se trouvaient un caveau voûté, et enfin le 
fossé extérieur et sa contrescarpe. 

La coupe BC, perpendiculaire à la précédente 
et parallèle à l'aile méridionale du Louvre vers la 
Seine, passe par la poterne orientale; et son pont, 
sur le fossé extérieur du château, coupe le Donjon 
de manière à traverser le puits et la fosse, et s'ar- 
11. 



rête à l'aile de Pierre Lescot, en coupant le mur de 
contrescarpe du Donjon derrière le trottoir du par- 
terre. — H. L. 

(1) Il importe qu'on le remarque, les chiffres que 
nous donnons comme véritables n'ont point été 
recueillis par nous, mais par M. Ch. Lafforgue, 
sous-inspecteur des travaux du Louvre, qui était 
chargé de dresser le plan des substructions décou- 
vertes, et qui a opéré avec des soins minutieux. On 
ne nous accusera donc point d'avoir arrangé les 
faits au profit de notre vanité. 

(2) Voir la planche p. 111. 

(3) La hauteur de ce sol, auquel nous rappor- 
terons toutes nos hauteurs, nous a été donnée par 
des renseignements qui seront indiqués plus loin. 

(i) On a sondé au centre , jusqu'à une profondeur 
de plus de 3 mètres, sans rencontrer autre chose 
qu'une maçonnerie très-dure, qui ébréchail le 
trépan. 

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122 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

les parois lisses et soigneusement dressées. Plusieurs indices dénotent que le retrait 
était resté en usage longtemps après la démolition du Donjon, dont les matériaux 
consistaient en pierre de Moulins, lambourde et banc-franc. 

Le fossé entourant la Grande-Tour pouvait avoir une profondeur de 6 mètres, 
et il était d'une largeur considérable, qui faisait que l'ensemble du Doujon, occupant 
près des deux tiers de la cour, l'encombrait de la manière la plus incommode. 
La contrescarpe W, construite en lambourde et roche de Montsouris, avait peu de 
fruit, et ne paraît pas avoir été couronnée d'un cordon à la naissance du garde- 
fou. Dans sa partie nord-est, elle était concentrique avec la tour, dont elle était 
distante de io m ,5o, ou environ; elle ne s'en éloignait que de io m ,2 dans sa 
partie occidentale, en décrivant une courbe irrégulière; elle paraissait avoir été 
décrite de trois centres principaux. Près de l'aile du nord, elle avait subi, au 
xiv c siècle, un remaniement qui en avait diminué le rayon à 7 m ,75 sur un point, 
et transformé le haut du talus en paroi verticale (2) . 



son ponMevis. En dégageantle périmètre de la Grosse-Tour, on a rencontré, soudées à la partie 

regardant le sud, cinq assises qui étaient en retraite les unes sur les autres, et 
figuraient ainsi un encorbellement^. Elles furent prises, au premier abord, poul- 
ies restes d'un portique placé au bout du pont traversant le fossé; mais un examen 
plus attentif a rendu cette opinion inadmissible. Les assises, formées de caillasse 
des carrières de Moulins et laissées à l'état brut, avaient des formes tellement irré- 
gulières qu'elles ne peuvent avoir été destinées à être en vue. Elles n'étaient pas 
même susceptibles d'être taillées, et avaient été relancées après coup. Cependant 
elles faisaient queue dans l'ancienne maçonnerie, comme si elles avaient servi à 
supporter un poids, en se projetant dans le vide; état de choses inconcevable 
après le comblement du fossé. H y a là une énigme dont le mot nous échappe; 
ne voulant point nous perdre dans les hypothèses, nous ne saurions mieux faire 
que de reproduire tous les aspects des assises, afin de laisser au lecteur la faculté 
de s'édifier lui-même. 

Sauvai rapporte, avec une grande vraisemblance , que l'on accédait à la Grosse- 



(1) Voiries planches p. n5 et 12a. 

(2) Voir ci-dessus les planches p. 1 1 5 et p. 1 18. 
— On peut remarquer que cette reprise de la con- 
trescarpe septentrionale du Donjon, au xiv e siècle, 
avait pour but de faciliter l'élargissement du bâ- 
timent construit de ce côté, et, de plus, par ce 
rétrécissement du fossé on rendait possible l'éta- 
blissement de l'arche de passage du palais au 
Donjon. La supposition que ce passage aurait été en 
bois nous semble tout à fait gratuite et inutile; le 
maître de l'œuvre, Raymond du Temple, avait assez 
d'habileté pour jeter une seule arche et répondre 



de sa solidité, car les culées étaient suffisamment 
puissantes. C'est pourquoi on ne saurait trouver 
trace d'une pile de milieu. Au reste , nous ne pen- 
sons pas qu'aucun texte vienne préciser ou indiquer, 
même légèrement, quelle était la nature des maté- 
riaux. Ce qui aurait fait supposer que le pont était 
en bois, ce serait la longueur de la portée; mais 
nous croyons que, dans la mesure trouvée , 7™, 75, 
dont il y aurait à retrancher les saillies des contre- 
forts, il n'y a rien d'impossible à le supposer en 
pierre. — H. L. 

{3) Voir la planche p. 123. 



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LES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866. 123 

Tour par un pont-Ievis précédé d'un pont-dormant. La pile de ce pont-dormant a été 
introuvable; mais en la recherchant on a rencontré les restes d'une construction 
aux trois quarts démolie, dont la destination passée n'est pas plus claire que celle 
de l'encorbellement (1) . Adossée à la partie sud-est de la contrescarpe, avec laquelle 
elle n'était point liaisonnée, elle consistait en une sorte de culée large de 2 m ,67 
et saillante d'un peu moins de 3 mètres, dont une face latérale tendait au centre 
du Donjon. Elle était rattachée par un petit mur coudé à une autre pile, épaisse 
de o m ,8i seulement, placée à 3'", ^i 7 de l'autre, et appuyée pareillement à la con- 
trescarpe; à environ 3 m ,6o, plus loin, on voyait la retombée d'un arc plein cintre, 
dont les assises horizontales, au lieu de former des caveaux, étaient relancées 
dans la paroi du fossé. Toute cette maçonnerie semblait peu ancienne, et elle 
était trop endommagée pour qu'on en comprît la disposition primitive et l'usage. 
A défaut d'explication sur son utilité et son origine, nous en donnons toutes les 
projections relevées avec une scrupuleuse exactitude. 

Plusieurs tranchées ont été creusées dans les angles de la cour pour explorer 
le terrain; mais elles n'ont abouti à aucune découverte. A ce propos, il est oppor- 
tun de mentionner que nulle part, dans les fouilles, on n'a aperçu une trace de 
constructions antérieures au château de Philippe-Auguste , et qu'il a été partout 
évident que les fondations de l'édifice reposaient sur un sol vierge. Le fait n'est 
rien moins qu'une preuve matérielle en faveur de notre opinion sur l'origine du 
Louvre, qui devient incontestable. 

Puisque l'une des pièces de l'aile occidentale était dite, en 1 366 , ce la chambre mum»^ 
du Roy où fut la sale Saint-Louis, -n il est à penser que l'aile déjà élevée au mi- 
lieu du mii c siècle^ remontait au temps de Philippe- Auguste; le château, en 
effet, quelle qu'en fût la disposition intérieure, ne pouvait être dépourvu de 
bâtiments d'habitation autres que le Donjon. Pour l'aile méridionale, elle nous 
semble dater également de la période primitive, ce dont nous croyons avoir les 
preuves suivantes : i° Au point M du plan nous avons vu un reste de mu- 
raille qui avait fait partie de l'aile antérieure aux Valois, et qui portait le caraco 
tère de la maçonnerie de Philippe-Auguste, facile à distinguer de celle de 
Charles V. 2 Des fouilles, faites exprès, nous ont montré que les fondations 
de l'aile actuelle renfermaient de nombreux débris de la construction qu'elle a 
remplacée, et que plusieurs de ces débris offraient des spécimens de moulures 
plus anciennes que le xiv c siècle. Nous considérons donc comme établie l'existence 
des ailes du midi et du couchant dans la forteresse de Philippe-Auguste. Il est 
certain, au contraire, que les deux autres ailes sont l'œuvre de Charles V, et 
ont été appliquées par lui contre de simples courtines qui, au nord et à l'est, 

ll) Voir la planche p. 123. — (2) Sauvai dit (t. II, p. 21) que la salle Saint-Louis avait été construite 
par Louis IX lui-même. 

iG. 



124 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

formaient la clôture du château. L'aspect de la maçonnerie et le manque de liai- 
son entre les murs de refend et la muraille extérieure ont amené à la même 
conclusion tous les hommes du métier qui ont examiné la question. Elle est 
pour nous résolue, et nous sommes confirmé dans notre opinion par le fait 
que, si l'on suppose les deux courtines nues, comme elles devaient l'être à l'ori- 
gine, elles se trouvent à égale distance du Donjon, dont la présence n'avait pas 
d'abord les inconvénients qu'elle a eus après l'érection des ailes ajoutées par 
Charles V. 

Bâtiments de Charles?. L'aile nord, généralement dépassée au-dessous du niveau de son ancien pare- 
ment, était coupée par des murs de refend qui formaient cinq ou six pièces 
de grandeur différente, ne se rapportant en rien aux descriptions de Sauvai. La 
destination spéciale de ces pièces, qu'on a trouvées dépourvues d'aires (1) , ne 
saurait se deviner, si ce n'est pour l'une d'elles, la plus étroite et la mieux 
conservée, qui avait toute la physionomie d'un cellier pour les provisions. 
Elle était large de 2 m ,o5, longue de 7 m ,68, et divisée en sept travées par 
des dosserets portant les retombées d'arcs doubleaux en ogive, dont les der- 
niers claveaux subsistaient®. Construite en contre-bas des salles voisines, elle 
avait nécessairement toujours été obscure, ce qui corrobore l'hypothèse qu'on 
s'en servait comme d'une cave^ 3 '. Des restes d'une distribution inintelligible appa- 
raissaient dans la salle centrale, où un puisard, voûté en arc de cloître, avait été 
établi, mais après la démolition des corps de logis. Tout auprès était un che- 
neau plus ancien et antérieur à la suppression du fossé , puisqu'il y débouchait à 
l'aide d'une gargouille. La muraille extérieure de l'aile était épaisse de 2 m ,2o, et 
renforcée d'un contre-mur. La muraille intérieure , fondée à une profondeur d'en- 
viron 5 m ,5o, n'avait qu'une épaisseur de i m ,o5 à i m , 16; mais elle était buttée 
par six contre-forts, et elle s'appuyait en outre sur laçage de la Grande-Vis, ainsi 
que sur une sorte d'avant-corps, dont les restes sont très-insuffisants pour en faire 
imaginer l'ordonnance. 

Le passée au Donjon. Cet avant-corps était muni de deux contre-forts adossés à la contrescarpe du 
Donjon W et descendant jusqu'au fond de son fossé. Celui de gauche ou de l'ouest, 
large de o m ,88, reposait sur un double soubassement à chanfreins; il était coiffé 
d'un larmier dans lequel pénétrait un prisme à huit pans, fragment d'un pinacle 
qui était disposé d'une manière normale par rapport à l'aile, tandis que l'axe du 
contre-fort tendait au centre de la Grosse-Tour. Séparé de l'autre par un espace 

(1) Elles devaient être pavées en dalles portant fosse d'aisances, et l'autre remplie d'un massif de 
nu sur le sol. maçonnerie. Ces distributions paraissaient indépen- 

(2) Voir la planche p. 118. dantes des grandes salles du haut. 

(3) Avec le temps une partie a été utilisée comme (4) Voir les planches p. 11 5, 118 et 119. 






LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18GG. 125 

de 2 m ,88, le contre-fort de droite était plus large de o m ,33 et portait de même 
sur un double soubassement; seulement, sur une des laces latérales de celui-ci, 
le chanfrein le plus élevé manquait, et sur la face antérieure il était remplacé par 
une saillie moulurée; bizarrerie malencontreuse sans raison d'être appréciable W. 
Le larmier, qui était très-mutilé, ne s'étendait point sur toute la largeur du 
contre-fort, de sorte qu'il y restait une partie où s'insérait le membre supérieur 
d'un cul-de-lampe semi-circulaire, accolé à son flanc. Le te contre-pilier, a comme 
on disait en vieux langage, répondait au centre d'un ressaut large de 3 m ,G4, dont 
l'encorbellement, n'excédant pas o m ,28, était racheté par des moulures se conti- 
nuant, sur une longueur de 3 m ,22, au sommet de la contrescarpe. Un cordon ana- 
logue, mais placé un peu plus haut, couronnait en outre la paroi au-dessus des 



(1) Dans les planches p. 118 et 119 on voit 
très-distinctement les parties qui sont l'objet de la 
description et delà critique de M. Berly. Nous pen- 
sons que, si notre devancier avait pu mûrir davan- 
tage les reflexions que les dispositions de cette partie 
de l'œuvre du xiv' siècle lui avaient suggérées, il 
aurait, ainsi qu'il le donne à entendre lui-même, 
compris que ce motif central du Palais où se 
trouvaient le Passage et la Grande-Vis, aurait dû 
être plus élevé au-dessus du sol de la cour que 
les autres parties, restes des constructions militaires 
de Philippe-Auguste. C'est d'ailleurs ce qui expli- 
querait d'une manière satisfaisante l'état de dégra- 
dation du rez-de-chaussée de cette aile, où l'on ne 
trouve de trace de carrelage que dans la tour de 
la Taillerie. Les dimensions de ces tours du château 
ne permettant pas de les utiliser pour une habita- 
tion convenable, on les avait conservées comme 
elles étaient, et l'on avait ménagé une sorte de sous- 
sol dans lequel se trouvaient des magasins, des ca- 
veaux, enfin des locaux de service, tandis qu'au- 
dessus s'étendaient les salles du Palais. Comme le 
dérasement du château a dû se faire assez bas, et 
de manière h dégager complètement le sol de la 
cour, il n'est point surprenant que nous ne retrou- 
vions plus les distributions décrites par Sauvai , puis- 
qu'elles étaient à environ 2 ou 3 mètres plus haut. 
L'étal de la maçonnerie et l'examen des raccords 
pratiqués dans les vieilles courtines, la richesse que 
fait supposer la disposition des portions conservées 
de la façade du bâtiment septentrional qui regarde 
le midi, tout cet ensemble d'indices nous fait croire 
que l'aile de Charles V s'adossait à la vieille courtine 
et aux vieilles (ours, et que toute la richesse de 
l'architecture , le nombre et l'élégance des baies et 



des ouvertures diverses avaient été réservés pour 
le côté donnant sur la cour. C'était du reste un 
usage répandu à celte époque de se clore au de- 
hors et de s'épanouir en dedans. C'est à l'époque de 
Louis XIII et Louis XIV que se développe le goût 
de la lumière répandue à profusion dans les palais 
et les hôtels. La puissance donne la sécurité : on 
ouvre ses portes et ses fenêtres; on proscrit les herses, 
les grilles, et le verre blanc remplace les vitraux. 
Les moulures, les culs-de-lampe et les naissances 
de piliers à moulures que nous remarquons de ce 
côlé ne sont que les moindres parties de l'architec- 
ture qui s'épanouissait au-dessus, et cet ensemble 
nous paraît ne pas trop s'éloigner des descriptions 
de Sauvai et des historiens. C'esl aussi la raison du 
dérasement de cetle aile en contre-bas du rez-de- 
chaussée et des lieux habités qui nous empêcherait 
de rapprocher trop rigoureusement les mesures don- 
nées par Sauvai de celles qui ont été trouvées dans les 
fouilles. Il faut tenir compte des talus, des ressauts 
el des arrangements ingénieux, mais peu faciles à 
deviner, qu'employaient habituellement les archi- 
tectes et maîtres maçons du moyen âge. Sauvai a 
rassemblé des documents, mais ne les a ni ordon- 
nés ni publiés. De plus, c'étail un avocat, un lilté- 
rateur studieux et non un toiseur; il a pu se trom- 
per sur quelques dimensions; ses copistes en auront 
fait autant, et les éditeurs, dans l'activité qu'ils ont 
déployée pouravancer leur publication , auront laissé 
échapper ou commis eux-mêmes bien des fautes. 
Sauvai n'en a pas moins laissé un ensemble précieux 
de documents qu'on peut contrôler; M. Berly lui- 
même a heureusement prouvé la possibilité de le 
faire, et il nous a ouvert des sources fécondes qu'il 
ne tient qu'à nous de bien exploiter. — H. L. 



[26 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

contre-forts et de leurs dépendances, qu'une simple description serait impuissante 
à faire comprendre. 

L'agencement singulier des contre-forts et l'ordonnance qu'ils impliquent, sans 
la relever aucunement, a vivement excité la curiosité des archéologues, et pro- 
voqué bien des hypothèses, plus ou moins hasardées, sur la destination de l'en- 
semble. Après y avoir longuement réfléchi, nous croyons que le ressaut s'appuyant 
sur le grand contre-fort se redressait verticalement jusqu'à une certaine hauteur, 
pour y recevoir, ou la retombée de l'arc qui portait la galerie de communication 
entre l'aile septentrionale et la Grosse-Tour, ou plutôt les abouts des poutres sou- 
tenant cette galerie, probablement construite en bois. 

Le cul-de-lampe nous paraît être celui d'une petite cage d'escalier hélicoïde 
hors d'œuvre, servant à monter des salles inférieures de l'aile au niveau de la 
galerie. En de pareilles conditions, un escalier serait fort étroit, mais nullement 
extraordinaire, car les marches en pourraient être longues de 65 à 70 centi- 
mètres w . 

A peu de distance du grand contre-fort a été exhumée une construction poly- 
gonale portant de fond dans le fossé (2 ^ et ayant l'apparence d'une base de cage 
d'escalier, si bien qu'on crut d'abord être en présence de la Grande-Vis ; mais la 
grossièreté de l'appareil, qui ne se reliait point avec celui de la contrescarpe ^, et 
ce fait que presque tous les moellons n'étaient pas dressés, tandis que la maçon- 
nerie du xiv c siècle était entièrement nette , ont fait unanimement admettre qu'il 
n'y avait là qu'une bâtisse postérieure au comblement du fossé. Nous n'avons 
donc point à nous en préoccuper, et si nous ignorons complètement à quelle oc- 
casion elle a pu être faite, nous sommes sûr qu'elle était sans rapport avec la 
Grande-Vis, qu'il faut conséquemment chercher ailleurs. 

La Grande-vis. A i m ,5o vers le couchant du petit contre-fort, la contrescarpe présentait 

une saillie à trois pans qui dépendait d'un massif de maçonnerie s'étendant 
jusqu'à l'aile septentrionale et en faisant partie. C'est incontestablement sur ce 
massif que s'élevait la Grande-Vis, puisque sur nul autre point ne sont appa- 
rues des fondations capables de porter un pareil édifice, et qu'en le supposant 
là on ne se met en opposition avec aucune des rares données que fournit Sauvai. 
Assurément il est fort embarrassant de reconstituer la place de l'escalier, et nous 
nous sommes, sans succès, efforcé de saisir, dans le chaos des libages, une trace 
quelconque propre à faciliter cette tâche; toutefois, et l'on n'est point en droit 

"' En restituant la cage d'après ta moulure dont 68 centimètres pour chaque marche et i5 centi- 

il reste un débris sur le contre-fort, on obtient un mètres pour le noyau. 

diamètre extérieur de i m ,o,5, ou 1 toise; suppo- (2) Le cordon de la contrescarpe était resté in- 

sant les murs épais de 22 centimètres, ou 8 pouces, tact derrière, 
on arrive à cette capacité intérieure de i m ,5i, soit (3) Voir les planches p. ni et 118. 



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LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18GG. 127 

d'exiger davantage, il est indubitable que l'emplacement comporte l'existence d'une 
tourelle renfermant des marches de 7 pieds de long' 1 ', et des bancs de G pieds 
G pouces de long sur 2 pieds de large, car notre restitution le prouve®. C'est là 
d'ailleurs notre seul but, et nous n'avons pas la moindre prétention à représenter 
exactement une construction très-compliquée, qui nous est parfaitement inconnue. 
La Grande-Vis et les parties attenantes de la contrescarpe vers l'occident, et aussi 
vers l'orient, jusqu'au ressaut voisin du cul-de-lampe, étaient d'une maçonnerie 
à joints finis, très-proprement ravalée, qui contrastait avec celle de la contres- 
carpe primitive, moins rigoureusement faite ^ et partout dégradée, à cause de la 
nature des pierres. Raymond du Temple avait surveillé l'exécution de son œuvre, 
dont les matériaux provenaient des carrières de la rive gauche M. 

L'aile orientale contenait deux salles assez vastes, aux extrémités desquelles tiieoneniak 
ont été rencontrés de grands massifs de maçonnerie, servant d'aires à des pièces chari«A 
qui, situées près du couloir de la porte d'entrée, avaient pu être employées 
comme corps de garde. Ces massifs, dont la nécessité ne se révèle guère, étaient 
postérieurs aux murailles, et l'un deux circonscrivait un vide rectangulaire à 
usage continu. Dans la salle qui touchait à la cour de la Taillerie, une cave ellip- 
tique en plan et voûtée avait été pratiquée pendant les derniers temps de l'exis- 
tence du château; elle pénétrait au-dessous d'une arcade également peu ancienne, 
à côté de laquelle était aussi un massif. Le mur intérieur de l'aile orientale était 
dépourvu de contre-forts, mais il avait une épaisseur de i m ,o,2. A sa rencontre 
avec l'aile méridionale existait un pan biais où l'on apercevait les traces d'une 
petite porte. Là, le mur était fondé à hZ centimètres plus bas qu'à son extré- 
mité opposée, ce qui s'explique par la déclivité du terrain à l'époque où l'on com- 
mença à y bâtir. 

La tour du Milieu, « devers les jardins, n était située à \h toises 3 pieds ou LesiouwexUrieur 
a8 m ,28 de la tour de la Fauconnerie (restituée), et à 27 m ,38 de la tour de la 
Taillerie. Elle avait 8 m ,2 8 de diamètre, soit 16 centimètres de moins que nous 
n'avions supposé, et son centre était placé à i m ,oo, en saillie sur la courtine, ce 
qui la faisait désafileurer de 36 centimètres sur l'alignement de la tour de la 
Taillerie. Son développement était de i5 ,n ,2 2 ou 7 toises h pieds 10 pouces, 
c'est-à-dire de 5 toises k pieds supérieur à celui (6 l 5p 6?°) qui est donné par 

(1) Cela indique un diamètre intérieur de i5 (ï) Voir p. i5g. 

pieds, ou de i3 si Ton comprend dans la Ion- (3) On remarquait avec surprise que les assises 

gueur de la marche le noyau qui en faisait toujours du larmier de gauche étaient rejoinloyées en 

partie au moyen âge. Nous nous sommes arrêté à plâtre. 

ce dernier parti, Sauvai paraissant avoir tiré ses (l) Le cul-de-lampe était en liais d'Arcueil ou de 
renseignements des archives de la Chambre des Bagneux; les contre-forts et la base de la Grande- 
comptes. Vis étaient eu roche de Moulins. 



128 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

les comptes, et a pu être pris à une plus grande hauteur. Reposant sur un sou- 
bassement en talus, relié par un chanfrein à ses parois verticales, elle n'avait pas 
un plan circulaire à l'intérieur^ et était percée de deux meurtrières latérales 
qui descendaient jusqu'au niveau d'une double aire en plâtre, jadis recouverte de 
carreaux en terre cuite. Le diamètre de la tour de la Taillerie était, contrairement 
à notre attente, peu différent de celui de la tour du Milieu, car il n'atteignait 
que 8 m ,/i6 au lieu d'environ 9 m ,op,, et les murs avaient une épaisseur de i m ,98, 
ce qui produisait un diamètre intérieur de ^ m ,5o' 2) . Quoique l'édifice fût fort en- 
dommagé, on y a retrouvé la plus grande partie d'un pavement à compartiments 
rectangulaires, formé de briques émaillées, à fond rouge ou vert, chargé d'orne- 
ments jaunes presque effacés^. Cette mosaïque, placée à 67 centimètres au- 
dessous du sol actuel , n'a pu être enlevée, parce que les briques, toutes fendillées, 
se brisaient en pièces lorsqu'on tentait de les arracher. Le développement de la 
tour de la Taillerie était de 2i m ,i2 ou 10 toises U pieds 5 pouces, chiffre qui 
ne diffère pas du ce pourtour u de la tour de la Fauconnerie (11 toises); on doit 
donc croire que les quatre tours d'angle étaient semblables. Nous avons constaté 
que celles du nord-ouest et du sud-est, dont nous avions espéré étudier les restes, 
étaient entièrement détruites ou perdues dans les fondations des bâtiments qui 
les ont remplacées. 

Quant à la tour en fer à cheval, vers l'artillerie, il est très-évident qu'elle était 
au centre de la courtine occidentale ; car, en la plaçant ainsi et en lui donnant le 
même diamètre que la tour vers les jardins, nous constatons qu'elle se trouve à 
i5 toises h pieds de chacune des tours d'angle voisines, en parfaite conformité 
avec l'indication des comptes, qui ne marquent un pied de plus que parce que la 
cote est prise à une plus grande hauteur. Les restes de la tour de l'Artillerie ont 
été aperçus lors des derniers remaniements du palais , du côté des Tuileries. 

observations Les trois seuls points du sol du vieux Louvre qui aient été reconnus consistent 

oùuLomre. dans les pavements en briques des tours du portail oriental, de la Taillerie et du 
Milieu, vers les jardins. Le carrelage des tours du portail était à ki centimètres, 
et celui de la tour de la Taillerie 319 centimètres plus bas que le pavement de 
la tour du Milieu, qui avait l'altitude de 3û m ,73 au-dessus du niveau de la mer. Mais, 
comme les murs de la tour du Milieu, qu'on ne trouve nulle part entamés en ma- 
nière de seuil, étaient dérasés à une vingtaine de centimètres au-dessus du carre- 
lage, on doit en conclure que le sol des pièces voisines était d'autant plus élevé; ce 
qui produit l'altitude de 3/t"\93. C'est précisément celle de l'assise à laquelle s'est 
arrêtée la démolition de la contrescarpe près des contre-forts, et les moulures 

f,) Il y avait des traces de marches dans le mas- nous avions conjecturé : \U pieds égalent 4 m ,53. 
sif qui en diminuaient la capacité intérieure. (3) Voir, à la planche p. i3o, la figure repré- 

!) C'est bien là très-exactement le diamètre que sentant le plan de la tour de la Taillerie. 



TOPOGRAPHIE HISTOl 







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LES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866. 



129 



supérieures du cordon commençant dans cette même assise, nous voyons là, à un 
décimètre près, l'indice du sol de l'ancienne cour. Il est restitué conformément à 
cette notion sur nos planches, où l'on supposera qu'il était strictement horizontal, 
bien qu'il dût avoir, de l'ouest à l'est, une pente pour l'écoulement des eaux. 

L'altitude de 3& m ,o,3 que nous admettons pour le sol du vieux Louvre est 
inférieure de o m ,67 à celle de la cour, près de l'aile occidentale, au temps dos 
Valois, quand les bases des piédestaux étaient exhaussées sur une plinthe enterrée 
aujourd'hui W. On a relevé des différences analogues entre le pavé moderne et 
un petit pavé en caillasse et en grès qui a été rencontré dessous, en plusieurs 
places, et qui semble avoir appartenu à l'époque de la Renaissance. 

Sauvai parle de cr quatre porteaux du chasteaim qui se seraient élevés au milieu 
des quatre ailes; mais ces quatre rr porteaux, n qu'il n'avait point vus, n'ont existé 
que dans son imagination. Nous savons maintenant qu'il n'y en avait point à l'aile 
du nord, ce dont il faut conclure qu'il n'y en avait point non plus à l'aile de 
l'ouest, qui reproduisait la configuration de la précédente. La porte du sud devait 
être placée dans l'axe de la cour (2) et répéter la forme ainsi que les dimensions 
de la porte de l'orient. 

Celle-ci se composait d'une baie remarquablement étroite, que flanquaient 
deux tours rondes ayant un diamètre de 8 m , 18, et éloignées l'une de l'autre de 
1 m -, 9 5 seulement; de sorte que les empâtements du talus finissaient par se 
rejoindre à leur partie inférieure. Le mur reliant les tours était en saillie sur la 
courtine, comme nous l'avions prévu; on y avait relancé un corbeau pour soutenir 
l'émissaire d'un caniveau qui conduisait au dehors les eaux de la cour (3) , en pas- 
sant sous le dallage du couloir resserré où fut tué le maréchal d'Ancre. Dans le 
vide du massif qui longeait, à gauche, ce couloir, étaient accumulées, en manière 
de remblai, des briques émaillées provenant sans doute du pavement des tours, 
dont celle du midi conservait son aire en ciment. 



Les portes 
de l'ancien Louvre. 



Les diverses parties de la porte orientale étaient couvertes de marques de tâche- Les 

. . . , 1 a • i • /~v marques île lâcherons. 

rons l4) , qui répétaient tous le même type : un cœur grossièrement dessine. On en 



(1) Celle plinthe avait environ o m ,90 de hauteur. 
Elle ligure sur la planche de Du Cerceau, et nous 
l'avons vue dans une fouille qui nous a prouvé que 
les fondations de l'aile, du côté de la cour, avaient 
été entièrement refaites par Lescot. L'altitude du 
sommet des piédestaux est de 37™, 43. 

(S) Elle fut démolie au xvf siècle, quand on re- 
construisit l'aile; mais il est présumahle qu'il sub- 
sisle encore quelques déhris des tours dans le sol, 
en contre-has des anciens fossés. Une fouille sur ce 



point eût élé si difficile, qu'il n'était pas permis d'y 
songer. 

(3) Dans le fond du fossé, sous la gargouille, on 
a trouvé un tonneau destiné à en recevoir l'égoul. 

(,) Voir la planche p. i3o, fig. 1, 2, 3 et tt. — 
Nous reproduisons plus loin, p. i38. et de gran- 
deur naturelle, l'un de ces cœurs : la figure a été cal- 
quée sur le moellon qui la conservait. Ils sont tous 
faits au moyen d'un ciseau et non réparés; d'un côté 
le tranchant coupe, de l'autre le fer de l'instru- 



130 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

a vu, eu outre, une demi-douzaine d'autres figurant une croix, tant sur les parois 
des fossés du Donjon que sur la pile de pont placée devant la porte orientale. 

irtincs; Construites, de même que les tours, en liais d'Arcueil et en roche de Montsouris, 

les courtines reposaient pareillement sur un soubassement en talus, surmonté 
d'une partie verticale chanfreinée à son sommet. La courtine du nord était fondée 
à 6 m ,96 et celle de l'orient à 7" 1 , 1 ^ en contre-bas du sol, dans lequel les tours 
pénétraient encore plus profondément. Nos planches reproduisent exactement 
l'appareil de la maçonnerie, qui a été mesuré partout où on l'a vu. La contem- 
poranéité évidente des talus et des murs verticaux tranche la question de l'âge 
des fossés; ils n'étaient pas moins anciens que le reste du château, dont le péri- 
mètre au moyen âge peut être retracé maintenant sans hésitation, sauf sur un point 
où surgit une question qui n'est, au surplus, que secondaire. Nous ignorons les 
dimensions de l'avant-corps voisin de la tour sud-est que le retable du Palais 
représente avec tant de netteté, et nous n'avons pas même acquis la preuve de 
son existence, attendu que les fouilles entreprises pour le retrouver n'ont point 
abouti, l'emplacement étant occupé par des constructions modernes. En tout cas, 
il est certain que l'avant-corps ne pouvait avoir plus d'une dizaine de mètres de 
largeur, car autrement on eut aperçu les traces de la réunion avec la courtine, qui 
a été suivie jusqu'au pavillon dit du Ponl-dcs-Arts , dans les fondations duquel elle 
se perd aujourd'hui. En répétant sur notre nouveau plan de restitution l'avant- 
corps que nous avons fait figurer sur la première étude, nous n'entendons donc 
rien affirmer que des probabilités résultant de l'indication du retable et d'une 
analogie. Au nord et tout près de la porte orientale a été effectivement décou- 
verte une construction rectangulaire, large de 6 m ,53 et saillante de 3 m ,/io, qui 
s'appuyait sur la courtine et y avait été ajoutée après coup (1) . Divisée en cinq tra- 
vées par des arcs en tiers-point, elle avait une grande ressemblance de disposition 
avec le cellier dont nous avons parlé plus haut, et remontait probablement à la 
même époque; mais l'absence de moulures et d'ornements empêchait de lui assi- 
gner une date. L'intérieur était éclairé par des soupiraux à glacis très-inclinés, 
qui devaient laisser pénétrer peu de lumière. On n'y a trouvé ni reste de pave- 
ment ni trace d'escalier, ce qui ferait présumer qu'on y descendait par le moyen 
d'une échelle, et que c'était aussi une sorte de magasin ou de cave. Le bâtiment 
était démoli trop bas pour qu'on ait pu s'assurer de la manière dont il avait été 

ment fail éclater la pierre. Il y en avait une cer- lalus de la tour du midi de la poterne de la \ille. 
laine quantité sur les retours de la porte orien- Dans la gravure, les croix de la figure 5 se ren- 
lale, et il es! à remarquer qu'ils étaient placés, contraient de préférence dans la maçonnerie de la 
pour la plupart, à rebours et la pointe en l'air. même époque que le revêtement de la contres- 
La figure reproduite page 1 38 se trouve sur une carpe du Donjon. — H. L. 
maçonnerie de l'époque de Philippe-Auguste au (1) Voir les planches p. 127 et 198. 



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LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18GG. 131 

couvert. Un petit mur, relativement très-moderne, où était percée une baie grillée, 
le reliait a la tour de la porte voisine, près de laquelle avait été pratiqué, dans 
l'épaisseur de la courtine, un escalier en plâtre de la même époque que le pelil 
mur. 

En recherchant la contrescarpe du fossé méridional, on est tombé sur un égout <<- foM&«téri< 
moderne qui a fait abandonner le projet; mais ce petit désappointement est peu 
regrettable, car il n'y a point de doute sur la situation de cette contrescarpe, au 
moins dans son dernier état®. Il était bien plus désirable; de retrouver les contres- 
carpes du nord et de l'est, ce qui a eu lieu. Fondées presque aussi bas que les 
courtines, elles leur étaient parallèles et offraient un fruit total de o m ,85. Celle du 
nord avait une épaisseur variant de o m ,o,o à i m ,3i, et, suivant l'usage, elle était 
buttée intérieurement par des éperons qui en augmentaient la résistance à la pous- 
sée des terres. 

Au niveau de son parapet, dont elle ne laissait voir aucun débris, parce qu'elle 
avait été dérasée trop bas, elle était distante de la courtine de i2 m ,5o ou G toises 
•i pieds 5 pouces. H s'en faut donc de beaucoup que le l'ossé septentrional eût 
une largeur de 7 toises 8 pieds, comme le rapporte Sauvai, qui avait pourtant eu 
l'occasion de le mesurer, et qui, du reste, s'est beaucoup moins trompé qu'on 
ne le croyait, en donnant au fossé oriental la largeur de 5 toises 8 pieds, car la 
réalité était de i3 m ,o3 ou G toises h pieds 1 pouce. Les deux contrescarpes, qui 
ont été reconnues, s'assemblaient en formant un angle semblable à celui des 
ailes devant lesquelles elles couraient. Le fond des douves, boueux et malaisé à 
distinguer dans les tranchées, était à environ 6 mètres en contre-bas du sol de 
la cour. La nappe d'eau souterraine de la rive droite n'y sourdait pas®, et, pour 
que les eaux de la Seine y montassent naturellement à une hauteur d'environ 
une toise, il fallait que le fleuve atteignît au niveau équivalent à celui qui est 
indiqué par le chiffre de G m ,Go à l'échelle du Pont-Royal. Or c'est là un chiffre 
d'inondation supérieur de i m ,io à la moyenne des maxima annuels®. Il est donc 
certain que les eaux des fossés du Louvre y étaient introduites artificiellement, 
à l'aide d'un appareil auquel la rc maison de l'Engin n a du son nom, et que le 
chenal était muni d'une vanne, sans quoi le plus souvent les fossés eussent 
été à sec. Ils l'ont toujours été depuis la construction de la Petite Galerie, qui a 
entraîné la suppression du chenal communiquant avec la Seine®. 

[1 > Nous avons dit qu'elle se trouvait à i<)"\o5 septentrionale, c'est-à-dire à a8",97 au-dessus <lu 

de l'axe de la travée centrale de la Petite Galerie; le niveau de la mer. 

chiffre précis n'est que de i8'"/i3. (3) Celle moyenne est de V".5o à l'échelle du 

(2) Il s'en fallait de plus d'un mètre, en admettant, Pont-Royal, dont le zéro a l'altitude de a4 m ,5a au- 

comme nous le faisons, que le fond du fossé était dessus du niveau de la mer. 

à 3 pieds au-dessus des fondements de la courtine w D'après nos informations, il est certain que 

'7- 



132 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Le poni-icvis orientai. Au droit de la porte orientale du château, vers le milieu du fossé, se dressait 
une pile épaisse d'un mètre et longue de quatre (1) . On y remarquait, du côté de 
la contrescarpe, les marques d'encastrement de contre-fiches destinées à diminuer 
la portée d'un plancher de madriers. Le pont-dormant du Louvre était consé- 
quemment en bois et non en pierre. Au delà de la pile subsistaient, au milieu de 
la vase, deux longrines engagées, d'une extrémité, dans la pile, et, de l'autre, 
dans les talus de l'escarpe. Elles soutenaient des poinçons qui, consolidés par des 
liens, et rompus vers leur sommet, avaient dû être réunis par une traverse faisant 
le bord d'une plate-forme sur laquelle s'abattait le pont-levis. 



Le mur d'enceinte 

île Philippe-Auguste. 



La contrescarpe était fortement entamée devant le pont pour le passage d'un 
égout récent. L'établissement de cet égout et d'une grande citerne circulaire, 
placée auprès, a contribué au bouleversement du terrain des environs, où nous 
avons inutilement essayé d'apercevoir quelques traces de la rue d'Autriche, du 
guichet ou porte extérieure du Louvre, et même du mur de Philippe-Auguste, 
qui, n'ayant pas de fondements profonds, a dû être arraché sans grande peine. 



M. Berty, en émettant cette opinion sur la desti- 
nation de la tour de l'Engin et sur la possibilité 
de remplir les fosse's du Louvre par le moyen de 
l'eau de Seine, ne s'est point reporté au temps où 
Philippe-Auguste creusa ces fossés et éleva ce châ- 
teau. Evidemment cette bouche de fossé, indiquée 
en avant de la tour de l'Engin et sur le bord du 
fleuve, avait pour destination de servir d'exuloire 
au fossé, et non pas d'amener les eaux de la Seine 
sous la tour, dans une espèce de réservoir où au- 
rait plongé l'Engin, sorte de pompe élevant l'eau 
dans les fossés. Au lieu d'une pompe, d'une noria, 
machine à chapelet, ou de toute autre espèce de 
machine élévatoire, il est presrpie certain que la 
tour renfermait une vanne servant h vider les fos- 
sés. En effet, le Louvre, à celte époque, était placé 
à l'occident de Paris, comme la Bastille le fut plus 
tard à l'orient. C'était toujours de l'aval du fleuve, 
par la Neustrie, qu'étaient arrivées les bandes as- 
siégeantes; il était donc tout naturel qu'on songeât 
à renforcer la muraille de la Ville par une forteresse. 
Et il est à remarquer que son emplacement était 
choisi précisément au lieu où les Normands fie 880 
avaient assis leur camp et leurs retranchements 
autour de Saint-Germain-le-Bond ; c'était donc 
plutôt une forteresse du genre de la Bastille qu'un 
château ou palais destiné à être habité par les 
rois. L'enceinte dite de Philippe-Auguste avait cer- 
tainement des fossés, et des fossés pleins d'eau. H 
est facile de comprendre qu'on les remplissait avec 



les eaux des ruisseaux de Ménilmonlanl et de Bel- 
leville, qui arrosaient tous les marais s'étendant 
depuis le Temple jusqu'à Chaillot. Une dérivation 
était facile, et l'on pouvait régler le niveau de l'eau 
des fossés par des vannes de décharge laissant 
échapper l'eau dans l'ancien lit du ruisseau, notam- 
ment aux environs de la porte Saint-Martin. Par 
la vanne de la tour de l'Engin on étanchait donc 
complètement les fossés. On sait que la pêche des 
fossés de l'enceinte de Charles V était affermée; 
dans les baux étaient compris les fossés noyés de 
la rive gauche. 11 est donc très-supposable que, 
tant que l'enceinte de Philippe-Auguste fut entre- 
tenue, on y conserva l'eau. C'est seulement à l'é- 
poque de la construction de l'enceinte du xiv e siècle 
que l'on combla les fossés de la vieille clôture, alors 
mal entretenue, et dont ces fossés devaient conserver 
des eaux croupissantes et empestées. C'est peut-être 
à cette époque que l'on aura eu recours à une ma- 
chine pour monter l'eau dans les fossés; mais cette 
machine devait servir plutôt à arroser les jardins 
qu'à procurer un moyen de défense efficace à un 
château qui commençait à se changer en palais et 
se trouvait enfermé lui-même dans une nouvelle 
enceinte munie de larges et profonds fossés. Il est 
probable que les fossés du Louvre restaient le plus 
souvent à sec, et l'on en trouverait une preuve 
dans l'existence d'un tonneau enterré sous la gar- 
gouille de l'égout de la cour. — H. L. 
Voir la planche p. 126. 



(i) 



TOPOGRA rORIQV] 




l.ecrrand dii 

FOVILLES DV LOVVRE 

i ■ nure d< te Philippe Auguste. 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18GG. 133 

L'échec a été largement réparé par l'exhumation du rempart à son point le plus 
intéressant, c'est-à-dire au milieu de sa brisure, où il était muni d'une tourelle' 1 '. 
A cet endroit, il était excessivement mutilé, mais point assez, heureusement, 
pour qu'on n'en put comprendre le fragment, reproduit très-fidèlement sur le 
dessin. La tourelle mesurait 2 m ,8a de rayon, non compris un empalement de 
60 centimètres. A l'intérieur, il était circulaire dans une moitié, et présentait dans 
l'autre une courbe aplatie; disposition anormale, qui augmentait l'épaisseur de ses 
murs vers la ville. A une époque avancée, des constructions y avaient été appuyées 
et l'on avait pratiqué un puits dans le massif du rempart, qui se présentait aminci 
comme dans le plan du jeu de paume (fac-similé, t. I, p. i3/t). 

Si les fouilles n'ont point fait apparaître un tronçon intact de la rue d'Autriche, m.om ,1 1; 

elles ont permis néanmoins d'en fixer l'encoignure sud-est, et de constater que 
le parcours indiqué sur notre restitution atteignait les dernières limites de l'exac- 
titude; chacun peut s'en assurer, le compas à la main. L'angle sud-est de l'hôtel 
de Bourbon était un peu plus ouvert que ne le donne le plan dont la copie est 
placée page 3a (t. I), et l'angle sud-ouest du manoir offrait un pan coupé ® ra- 
cheté à une certaine hauteur par un encorbellement que n'a point oublié l'au- 
teur du petit plan des archives de Saint-Germain-l'Auxerrois (voir t. I, p. 1 35). 
Cet angle sud-ouest était de 90 degrés, ce qui implique qu'il y avait, à l'entrée 
de la rue, une légère irrégularité d'alignement; le sommet de l'angle correspond 
à l'extrémité d'une perpendiculaire longue de ii m ,8o élevée sur le mur exté- 
rieur du Louvre, à 1 7 m ,7 1 du pavillon du Pont-des-Arts. 

Les fondations de la tour du Coin ont été enlevées, soit en 1719, soit plutôt La tour du Coin, 
lorsque l'on construisit la culée du pont des Arts; car sur son emplacement il n'a 
été trouvé que des remblais, bien qu'on soit descendu à plus de G mètres de 
profondeur. Cette déconvenue a empêché de rechercher, un peu plus au nord, 
les débris de l'ancienne porte dite du Louvre, qui attenait à la tour du Coin, et 
dont il ne doit subsister que peu de chose depuis la construction de l'égout col- 
lecteur de 1 86 1 . 

Nous venons d'exposer les résultats des fouilles de 18GG, et le lecteur sait conclusion, 
maintenant tout ce que, suivant les probabilités, on saura jamais du vieux 
Louvre. Il est donc pleinement mis à même de juger la valeur de notre tentative 
de restitution, dont nous ne lui avons pas moins montré les côtés faibles que 
les parties satisfaisantes. Nous avons une telle confiance dans son verdict, (pie 

(I) Voir les plans d'époques au troisième volume , dessous du sol du jardin. Voir la planche p. i3a, 
el les planches p. i3o et i3s. qui donne dans sa partie supérieure le plan et 

m Les fondations ont été retrouvées à 3 m ,5o au- deux coupes. 



13'. TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

nous avons fait graver la nouvelle planche de la page 1 29 (t. I) à la même échelle 
que l'ancienne, afin de rendre plus aisée la comparaison entre les deux. 

On reconnaîtra, nous osons le croire, que, si nous n'avons pas réussi à obtenir 
une image absolument fidèle de la réalité, ce qu'il eût été insensé d'espérer, nous 
avons côtoyé de bien près la vérité là où nous ne l'avons pas atteinte. Nous ne 
nous en sommes nulle part éloigné d'une manière grave, malgré les hasards sin- 
gulièrement fâcheux qui ont entravé nos efforts. Pour apprécier sainement les 
difficultés de notre tâche, il convient d'établir un parallèle entre notre premier 
plan et celui de M. de Glarac, dont naguère encore on admettait généralement 
l'exactitude relative. On comprendra alors que le progrès de l'un à l'autre a dû 
être acheté par de très-laborieux efforts, et qu'il ne pouvait manquer de rencon- 
trer des barrières presque infranchissables. 



TABLEAU DES PRINCIPALES DIMENSIONS DU VIEUX LOUVRE. 

Résumé Largeur moyenne du quadrangle de lesta l'ouest, non compris la saillie des tours 

ni celle des talus 70 m ,65 

Largeur compris la plus grande saillie des tours, mais sans leur soubassement' 1 '. . . 81 19 
Profondeur moyenne du quadrangle, du nord au sud, non compris la saillie des 

tours ni celle des talus au xv e siècle 77 36 

Profondeur au xiv e siècle &) 76 68 

Profondeur compris la plus grande saillie des tours, mais sans leur soubassement. 87 90 

Largeur moyenne de la cour de l'est à l'ouest 4a 5i 

Profondeur moyenne de la cour du nord au sud 62 77 

Largeur de l'aile orientale 9 73 

de l'aile occidentale 18 21 

de l'aile septentrionale 11 34 

de l'aile me'ridionale au xv c siècle i3 25 

. au xvi e siècle 12 57 

Diamètre du donjon 1 5 12 

de la tour du nord-est, et très-probablement des autres tours d'angle. ... 8 46 

■ de la tour du Milieu, vers les jardins 8 28 

des tours de la porte orientale 8 18 

Largeur totale de ladite porte 18 4 2 

du fossé du Donjon de io ra ,59 à 10 07 

_ du fossé oriental du château 1 3 o3 

. du fossé septentrional 12 5o 

Nous admettons que les largeurs des tours en- (2) Auxvi e siècle, le mur méridional extérieur avait 

lièremeut détruites étaient identiques avec celles des une épaisseur de i m ,62 seulement; mais avant sa 

tours qui ont été vues dans les fouilles. On se rap- reconstruction, au temps de Henri II, l'épaisseur en 

pelle qu'il n'y avait point de différence entre les devait être la même que celle des murs extérieurs 

diamètres des tours delà Taillerie et de la Faucon- du nord et de l'est, soit 2 m ,3o; c'est ce qui motive 

nerie. le chiffre que nous donnons. 



NOTICE COMPLÉMENTAIRE 



SUR LES FOUILLES DU LOUVRE, 



PAR M. H. LEGRAND (1) . 



I. 



Sommaire. — Description du plan général et des autres planches. — Marques de lâcherons. — 
Tracé des suhstructions dans la cour du Louvre. — Restitution du vieux Louvre d'après les 
fouilles. — Objet de cette notice supplémentaire. — Etat primitif du château sous Philippe- 
Auguste. — La Grosse-Tour. — Pourquoi elle avait un fossé si large. — Les origines du 
terrain sur lequel le Louvre est bâti. — Le pont-levis de la Grosse-Tour. — Ses agrandis- 
sements au temps de Philippe-Auguste. — Saint-Louis. — L'état du château à l'avènement 
de Charles V. 

La première planche des fouilles du vieux Louvre (p. 111) en représente le 
plan général tel qu'il a été relevé sur le terrain même, avec l'indication des ré- 
serves qui ont été faites aux endroits où il a semblé inutile de creuser davantage. 

On voit que l'ancienne forteresse, dont deux façades se trouvent cachées sous 
la moitié environ de l'aile occidentale et de l'aile méridionale actuelles, c'est-à-dire 
dans l'espace compris entre le guichet des Tuileries et le guichet de l'Institut, en 
retour d'équerre, n'occupait, sous le rapport des bâtiments, que le quart environ 
de la superficie du palais actuel, les fossés ayant leur contrescarpe bien apparente 
et parallèle à l'alignement général des ailes. Le tout était formé de murs disposés 
en lignes droites, sans autres saillies primitives que celles des tours engagées, des 
angles et des façades. 

Au milieu du quaclrangle un peu irrégulier formé par le château, se voit le 
Donjon central, ou Grosse-Tour du Louvre, entouré de son fossé, dont la largeur 
était telle qu'il laissait un passage fort étroit entre le parapet de la contrescarpe 



(I) Pour donner plus de clarté au texte peut-être 
un peu trop succinct de M. A. Berty, et faciliter au 
lecteur l'étude attentive des planches relatives aux 
fouilles du Louvre , nous croyons devoir placer, à la 
suite de la première notice, tous les renseignements 
propres à éclaircir les points restés obscurs, en 
décrivant soigneusement les planches d'ensemble et 
de détails , de telle manière qu'on puisse rapprocher 



tous ces renseignements, d'abord des plans et coupes, 
ensuite du texte explicatif laissé par M. Berty. 

Nous rapprocherons ensuite le plan de M. de 
Clarac de celui qu'ont révèle' les fouilles, en ap- 
pliquant aux différentes parties les noms ou appel- 
lations qui nous paraissent devoir être la consé- 
quence de la restitution di : finili\e du vieux château 
du Louvre. 



Description 
du plan {j' ; n» ; r;il 

.■! cl.< autres planches 



136 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

et la face intérieure des bâtiments de l'aile orientale vers la muraille de la Ville, 
séparée du fossé extérieur du château seulement par un chemin de ronde. Il n'a 
pas été nécessaire de toucher aux parterres qui forment l'ornement actuel des 
quatre angles de la cour, parce qu'on a retrouvé au delà, vers la façade du vieux 
Louvre de Pierre Lescot, la trace bien visible de la contrescarpe du Donjon, qui 
démontrait clairement que la courbe de cette contrescarpe avait été régulière et 
concentrique à la tour principale. 

Dans le Donjon on remarque, vers le haut de la planche, un rectangle qui 
indique la place de la fosse dont parle M. Berty (p. 121), et plus bas, dans le 
même Donjon, le puits circulaire dont il est aussi question. Ce sont les seules ca- 
vités en sous-sol qui aient été découvertes dans la tour ; et ainsi s'évanouissent ces 
prétendus cachots et ces oubliettes que certains historiens ou romanciers s'étaient 
plu à créer dans la vieille forteresse. La coupe brisée (selon BG de la planche 
]>. 1 i5) donne le détail de ce massif et des cavités dont nous venons de parler. 

A gauche du Donjon , et du côté méridional , on distingue le plan des construc- 
tions postérieures, dont la coupe A A (p. 1 1 5) donne les profils aux cotes 3.56 et 
2.78; détails reproduits, du reste, à une échelle plus grande sur la planche 
p. 123, dans le plan et la coupe supposés suivant FF. Les quatre détails du haut 
de la planche, suivant les indications des lettres du plan, donnent aussi des ren- 
seignements précis et d'une exactitude rigoureuse sur les diverses parties de ces 
substructions, qui semblent avoir appartenu au pont-dormant dont il est parlé 
page 123. La coupe placée au milieu de la planche montre, sous la cote 3.56, 
le commencement du cintre dont il est parlé page 1 2 3 ; les pierres n'en sont 
point appareillées ainsi qu'on le fait habituellement. Dans la planche suivante 
(p. 123), le plan EE et sa coupe font voir les détails de l'encorbellement attaché 
au corps même du Donjon, en sa partie méridionale, et les coupes détaillées gg, 
hli , ii correspondent aux indications semblables du plan. A la droite de cette même 
planche est placé le détail de la partie fouillée à fond du côté septentrional de la 
Grosse-Tour; elle est marquée, au plan général, par les mêmes lettres G G. 

A droite du Donjon on voit les traces des fouilles profondes faites pour décou- 
vrir l'assiette des fondations et la pile du pont-dormant, qui n'a point été trouvée. 
La coupe AA (p. 1 1 5), sous la cote o,.&5, donne le relevé du profil de cette partie 
du Donjon. 

M. Berty indique (p. 122) que, du côté de l'aile de Charles V, c'est-à-dire à 
droite du Donjon, la contrescarpe suivait une autre courbe qui ne lui était plus 
concentrique. On en voit immédiatement la raison dans la nécessité où se trou- 
vait l'architecte de reprendre cette partie de la contrescarpe destinée à soutenir 
l'aile septentrionale du château et à recevoir aussi l'arche de passage qui condui- 
sait de cette aile au Donjon. Les traces du raccord de la maçonnerie se recon- 
naissent parfaitement. 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866. 137 

La coupe A A (p. 1 1 5 ) permet de remarquer la partie indiquée au plan général 
à la droite de la contrescarpe du Donjon et dans les grandes salles du palais de 
Charles V. Le caveau, dont M. Berly parle (p. 12&), y est reproduit tout entier. 
Dans le plan et l'élévation de la l'ace intérieure de l'aile septentrionale on voit, à 
gauche, le massif de la Grande-Vis, puis les deux piles supportant l'arche de 
passage communiquant avec la Grosse-Tour, et enfin, tout à l'ait à droite et faisant 
une sorte de contre-partie symétrique delà Grande-Vis, la construction non reliée 
au mur de la contrescarpe parcmentéc, qui a été certainement bâtie après le 
remblayement du fossé de la Grosse-Tour. 

La planche de détails (p. 1 19) reproduit avec exactitude le profil en élévation 
des piles adossées à la contrescarpe dans l'aile septentrionale : la première, aa, est 
celle qui devait supporter la Grande-Vis; la deuxième, bc, donne le côté oriental 
du soubassement de cette même vis; la troisième, dd, est le profil en élévation 
de la pile occidentale qui devait porter l'arche de passage au Donjon; la qua- 
trième, ec, est la face occidentale de la pile de droite du même passage, dont la 
cinquième figure,//', représente le côté oriental, où se suspend l'encorbellement, 
qui sans doute portait une petite vis. C'est surtout autour de cette dernière pile 
cpie se trouvent placées les moulures dont les profils ABCDEF sont figurés au haut 
de cette planche. A, c'est le profil du larmier qui couronne les piles; B, celui de 
la quatrième figure au point e; C, le profil do la moulure au point d, troisième 
figure; D, le profil du culot d'entablement en/. Nous donnerons plus loin notre 
opinion sur les causes de l'apparente irrégularité de cette partie du château de 
Charles V. 

A l'extrémité de droite de la grande coupe A A se voit le profil du mur de la 
contrescarpe du fort extérieur du château. 

La planche de détails (p. 127) offre le plan et la coupe longitudinale de la 
cave KL, NN du plan général, qui se trouve à côté de la tour de l'angle nord-est 
du quadrangle, et dont la coupe transversale nn est figurée dans la planche sui- 
vante, p. 1 28. 

C'est dans la planche p. i3o que se trouvent le plan et la coupe de la partie 
décrite de la tour d'angle nord-est, qu'on appelle la tour de la Taillerie; on y 
remarque les parties de carrelage ém aillé qui en couvraient le sol. 

Dans l'aile orientale, regardant le mur de la ville et Saint-Germaiu-l'Auxerrois, 
on voit les tours qui flanquaient l'étroite poterne et donnaient accès à la cour prin- 
cipale, mais hors de l'axe du Donjon. A droite de cette porte on aperçoit cette 
construction, de forme rectangulaire, collée au soubassement du mur oriental, et 
dont il est question page 128. La planche de détails (p. 127) donne le plan de 
cette construction, et en JJ sa coupe longitudinale; la coupe transversale mm est 
placée dans la planche p. 128. 

La coupe brisée BC (planche de la page 1 1 5 ) reproduit les profils de celte 



138 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

porte et de la contrescarpe du Donjon qu'elle traverse, en indiquant le puits et la 

fosse d'aisances. 

La planche p. 126 donne le plan détaillé de la partie de la porte qui couvre 
le fossé avec ia pile du milieu qui devait recevoir le pont-levis et le pont-dor- 
mant, et au-dessous la coupe H H qui indique nettement l'état de ces parties. On 
y remarque les pièces de bois qui s'y trouvaient au moment de la fouille et qui y 
sont demeurées. Nous ne pensons pas qu'elles aient pu jamais faire partie du pont- 
levis; il faut, sans aucun doute, les attribuer à une construction postérieure qui 
devait servir d'appui à un pont fixe de communication, ou peut-être encore à des 
constructions de service placées dans les fossés alors sans eau. 

La planche p. 128 donne à la figure 3° la face des soubassements de la porte 
et son caniveau II, et en h° les coupes des caniveaux QR de la porte et OP de la 
cour. 

La planche p. i32 présente : i° le plan et le détail de l'encoignure de l'hôtel 
de Bourbon, rencontrée dans le jardin de la façade méridionale du Louvre, sur 
le quai; 2 le plan de la tour de l'enceinte de Philippe-Auguste, près du guichet 
septentrional donnant sur la rue de Rivoli. La planche V offre le plan et la coupe 
détaillée de cette même tour. 

Marqua ci. idtherons. Les cinq ligures de marques de tâcherons représentent, dans la situation où elles 
se trouvaient, les marques tracées dans la contrescarpe du nord et sur le côté 
oriental du château, près de la porte. 

Nous ferons remarquer, à propos de ces marques, qu'elles existent dans diffé- 
rentes parties des talus maçonnés du soubassement, notamment dans le retour 
septentrional de la tour de la porte orientale, et dans la partie de la tour du mi- 
lieu de l'aile septentrionale qui faisait partie de l'ancienne courtine de Philippe- 
auguste. 




LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18GG. 



1 39 



Une observation peut être faite à l'inspection de ces marques : c'est qu'elles 
sont taillées de la même façon, c'est-à-dire à l'aide du ciseau qui coupe d'un cote 
la pierre et de l'autre la l'ait éclater; taudis que les croix, qui sembleraient accuser 
une époque plus ancienne, paraissent avoir été laites au poinçon et offrent des 
biseaux unis sans éclat. Pourtant nous n'oserions pas tirer trop de conséquences 
importantes de ce simple l'ait, parce; que, si les cœurs se trouvent dans les parties 
évidemment bâties par Philippe- Auguste, on rencontre aussi des croix dans des 
parties de la même époque. Nous nous bornerons à faire remarquer que les 
marques à tracé droit, surtout les croix et les triangles ou les équerres, sont gé- 
néralement plus anciennes «pic les tracés contournés. Mais on comprend facile- 
ment que les anciens ouvriers continuèrent longtemps à suivre les coutumes de 
leur temps, tandis que les jeunes gens usèrent de nouvelles méthodes, aussi bien 
dans leurs marques que dans leur manière do bâtir. 



Pour terminer dès à présent la série des observations que nous croyons néces- Tracé des sauiraei» 
saires à l'intelligence des planches destinées à accompagner le texte succinct de 
M. Berty, nous donnons ici un dessin du tracé qui a été figuré dans la cour (\u 
Louvre, aux frais de la Ville de Paris. M. le Préfet de la Seine a voulu fixer d'une 



<!nns 
la cour ilu Loin 



ii 

. / 





manière suffisante pour les archéologues, et conserver aux regards des amateurs 
des vieux souvenirs parisiens, les traces certaines de cette vieille forteresse du 
Louvre, sur laquelle tant d'opinions diverses ont été formulées. 11 a pensé que des 
travaux si curieux, si féconds en résultats et si honorables en même temps pour 



18. 



HO TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

le Service historique qu'il a créé dans son administration, ne devaient pas de- 
meurer enfouis à jamais, et que l'on pouvait, sans nuire aucunement à l'aspect 
monumental du Louvre de la Renaissance, fixer sur le sol l'image exacte des 
substructions qu'il fallait absolument recouvrir. 

Cette proposition a été accueillie avec empressement par Son Exe. le Maréchal 
Ministre de la maison de l'Empereur et des beaux-arts; et l'on a profité de la 
réparation que réclamait le pavage de la cour, à la suite du remblayement des 
trous de fouilles, pour tracer, comme on le voit dans la figure ci-jointe, les lignes 
de l'ancienne forteresse de Philippe-Auguste, celles des bâtiments construits par 
Charles V, et enfin la ligne du mur d'enceinte de la Ville avec le point important 
du coude formé par ce mur, auprès du guichet du nord, à l'endroit où s'élevait 
une tour. On a marqué aussi la ligne de parapet de la contrescarpe du fossé 
extérieur et du fossé intérieur ou fossé du Donjon. 

Ce tracé est donc celui du château de Philippe-Auguste avec les deux ailes 
ajoutées par Charles V en 1 365. 

On remarquera, dans le tracé sur place, l'absence des contre-forts du soubas- 
sement de l'aile septentrionale, que nous avons, dans cette figure, indiqués en 
pointillé. La Grande-Vis se trouvait, on le voit, à l'angle du petit parterre placé 
près du guichet des Tuileries. Le but qu'on s'est proposé, en faisant cette suppres- 
sion dans le tracé sur place , a été d'éviter la confusion qu'auraient pu produire 
les pierres des caniveaux qu'on ne pouvait ni couper ni supprimer, et les cou- 
leurs différentes qu'il eût été difficile d'appliquer tantôt sur l'asphalte, tantôt sur 
le pavé. 

Sur l'asphalte noir, les lignes du tracé ont été faites en asphalte blanc de 
six centimètres d'épaisseur, coulé dans l'asphalte noir; et sur le pavé les lignes se 
continuent en petits pavés de porphyre belge provenant des magasins de la Ville 
de Paris, pavés dont la couleur foncée accuse suffisamment le contour des dessins 
qu'on a voulu fixer sur le sol. Il sera toujours facile, le cas échéant, de compléter 
le tracé des contre-forts et de la Grande-Vis, dont la place est connue. 

En parcourant désormais cette moitié de la cour du Vieux Louvre , on pourra 
donc suivre exactement les substructions qui, pour la plupart, existent à moins 
de trente centimètres de profondeur au-dessous du pavé. 

destitution Dans le premier volume de cet ouvrage, M. A. Berty a fait, à l'aide des éléments 

du vieux Louvre . ._ _. . ,.. 1T • 

d'après les fouilles, dont il disposait, une description générale du château du Louvre; mais, depuis 
les découvertes faites dans le sol de la cour intérieure du palais, cette descrip- 
tion nous semble appeler une restitution du texte, corollaire obligé des correc- 
tions faites à la planche du plan du vieux château (t. I, p. 129), et dont une nou- 
velle épreuve est donnée avec ce volume. M. A. Berty aurait bien certainement 
fait ce travail indispensable, si la mort ne l'avait enlevé prématurément. Le temps 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18G6. 141 

lui ayant manqué, il n'a pu que laisser les notes succinctes que nous venons de 
publier intégralement, et qui, connue on le voit, suffisent pour justifier l'opinion 
de notre devancier, en ce qui concerne les points topographiques et la réduction 
importante qu'il avait fait subira l'étendue du château; mais on voudrait y voir 
plus longuement développées les conséquences qui en découlent, soit pour la 
rectification d'opinions erronées, soit pour le redressement de certaines affirma- 
tions que M. Berty avait cru pouvoir émettre dans son premier volume, avant 
de connaître le résultat des recherches. Ce travail est destiné non-seulement à 
justifier quelques opinions de notre prédécesseur, mais aussi à éclairer d'une plus 
vive lumière les faits historiques et archéologiques relevés par les fouilles. En 
quelques points nous nous écarterons sans doute du sentiment exprimé par 
M. Berty, mais nous donnerons les motifs de notre préférence. Les détails gra- 
phiques étant d'ailleurs sous les yeux des lecteurs, accompagnés de renvois indi- 
catifs des sources de toute nature où nous avons puisé, il sera facile d'adopter 
l'opinion qui paraîtra la meilleure. De plus, et c'est là notre espérance, à l'aide 
des renseignements précis que nous recueillons pour les livrer au public, peut- 
être quelque savant, suppléant à notre insuffisance, saura produire des faits et 
des arguments nouveaux qui feront encore avancer la question. 

On ne nous pardonnerait pas cependant de n'avoir point osé exprimer notre objet de cette non* 
opinion personnelle. En effet, nous avons vu et touché ces vestiges; nous avons 
fouillé dans de vieux documents qui parlent peu, il est vrai, mais qui parlent de 
ce château célèbre; nous avons vécu dans l'étude attentive de ces époques oubliées; 
nous avons reproduit et figuré bien des aspects, bien des débris du temps où Paris 
avait encore conservé sa physionomie du moyen âge, et nous avons pu nous 
reporter en esprit au temps où l'architecture, les voies, les usages et les mœurs 
étaient d'accord et formaient une société qui a disparu. Cette restitution par le 
souvenir, basée sur des études et des preuves certaines, était nécessaire pour que 
nous puissions interpréter avec fruit les vestiges du vieux Paris. 

Il résulte des fouilles et de tous les détails donnés dans le premier volume de État primitif du < 
cet ouvrage^, que, vers la fin du \n e siècle, le roi Philippe-Auguste fit cous- Philippe-Auguste, 
truire non-seulement l'enceinte qui porte son nom, mais aussi la forteresse du 
Louvre placée sur la rive droite de la Seine, en aval, exactement comme fut assise 
plus tard, du même côté et en amont, la Bastille-Saiut-Antoine. Les deux for- 
teresses touchaient l'enceinte, la défendaient, et toutes deux se trouvaient en 
dehors de ses murailles. 

Nous croyons, comme M. Berty, que Philippe-Auguste eut pour but principal 

(1) Voir t. I, p. 1 29 et suiv. 



IV_> TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

l'établissement (Finie forteresse, et c'est très-secondairement qu'on y ménagea 
mi palais pour recevoir le souverain dans certaines circonstances, qui, plus tard, 
se représentèrent bien souvent à Paris. 

Philippe-Auguste ne dut conséquemment s'occuper que des nécessités de la 
défense. Suivant les habitudes des ingénieurs militaires de cette époque, il établit 
un quadrangle crénelé, entouré partout de fossés, même du côté du mur d'en- 
ceinte de la ville, plaça quatre tours d'angle en vedette et deux autres sur les 
côtés non accessibles, ceux du nord et de l'ouest, les plus exposés; enfin il éta- 
blit une entrée principale flanquée de deux tours vers la rivière et la porte de 
la Ville. Cette entrée était destinée assurément à recevoir les chars et tous les en- 
gins d'artillerie en usage à cette époque. On pratiqua une autre entrée à l'orient, 
vers la muraille et les rues de la Ville, précisément en face de l'église fortifiée de 
Saint-Germain-le-Rond, aujourd'hui l'Auxerrois; laquelle entrée était pareillement 
flanquée de deux tours avec une poterne dans la muraille d'enceinte, mais étroite 
et destinée à recevoir seulement les gens de pied et peut-être les cavaliers. Des 
constructions, du genre de celles qui composaient l'enceinte de la Ville, entouraient 
de tous côtés ce quadrangle, et se trouvaient coupées aux angles et au milieu par 
les tours, les deux portes et les deux autres tours. Vers la rivière, en vue de la 
rive gauche et des jardins du Palais de la Cité, Philippe-Auguste construisit un 
bâtiment pour son habitation, avec un autre bâtiment en retour vers l'occident, 
et qui peut-être ne dépassait point, dans l'origine, la tour du milieu de cette 
face. Disposa-t-on immédiatement ces lieux pour la résidence habituelle du roi? 
Il est permis d'en douter. Mais il est plus que probable que les murs épais de 
la face occidentale, doublés d'un bâtiment d'une grande solidité, furent destinés à 
recevoir tout ce qui peut contribuer à munir et consolider une forteresse. 

Voilà donc le quadrangle primitif, tel qu'on le conçoit à l'inspection du plan 
des fouilles, et dégagé de toutes les annexes qui y furent ajoutées plus tard. 

Nous n'avons rien à dire des descriptions de Sauvai et d'autres auteurs qui 
ont parlé du château du Louvre dans l'état où l'avaient mis les successeurs de Phi- 
lippe-Auguste. Pour comprendre ce que nous disons, il suffira de jeter un coup 
d'œil sur le plan restitué de la page 129 du premier volume et sur la nouvelle 
planche que nous donnons comme rectification de celle qui se trouve à la page 228 
du même volume. On y voit le tracé nettement indiqué de la courtine vers l'orient 
et le nord, avec les tours d'angle, la poterne occidentale et la tour du Milieu 
située au nord. 

g 1 Au milieu de ce quadrangle, Philippe-Auguste éleva ou releva le Donjon qu'on 

appelait vulgairement la Grosse-Tour du Louvre. Il suffit de regarder les planches 
que nous venons d'indiquer pour reconnaître que cette tour se trouvait, en effet, 
au milieu de la cour intérieure, laquelle était ainsi délimitée parles deux façades 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866. 143 

des bâtiments de l'occident et du midi, ainsi que par les courtines des deux autres 
faces du quadrangle. 

Ici nous touchons à un point discuté, mais non encore élucidé, et que M. Berty, 
dans son premier volume aussi bien que dans la Notice précédente, a cru pouvoir 
décider d'une manière définitive. Il est inutile de reprendre le texte connu de 
Rigord ou plutôt de Guillaume Le Breton, son continuateur. Ce texte, tout histo- 
rique, et généralement dépourvu d'indications topographiques, ne pouvait avoir 
pour objet de prévenir les observations des savants futurs sur l'existence plus ou 
moins ancienne de la Grosse-Tour. On peut lire, dans le premier volume de cet 
ouvrage, où se trouve la copie littérale du texte de Guillaume Le Breton'", tout 
ce que le biographe de Philippe-Auguste offre d'utile à consulter. Ce qui est 
certain , c'est que tous les historiens sont d'accord pour attribuer au fils de 
Louis VU la construction du Donjon et surtout du quadrangië du château. C'est 
seulement sur le point de savoir s'il existait une tour du Louvre antérieurement 
à cette époque, qu'il y a eu divergence dans les opinions. 

Dans notre conviction, il résulte de tous les textes et des fouilles elles-mêmes 
que la tour existant du temps de Charles V a été bâtie par Philippe-Auguste; mais 
il n'y a aucune utilité, ce nous semble, à contester que cette tour ait pu exister 
auparavant. Nous sommes ici en contradiction avec notre prédécesseur, mais nous 
espérons faire voir que cette contradiction n'existe que dans l'opinion exprimée sur 
une interprétation de texte, et non dans une divergence de sentiments sur l'exis- 
tence et sur la nature des preuves apportées par chacun de nous. Notre opinion 
est basée sur des faits certains et sur des documents rencontrés dans des recherches 
faites pour l'histoire topographique et historique de l'enceinte de Philippe-Auguste, 
notamment sur une affirmation de M. Bonamy, un des premiers historiographes 
de la ville de Paris , portant que l'enceinte de Philippe- Auguste avait été établie, dans cer- 
tains endroits , sur des substructions et des constructions sarrasines. On sait qu'au moyen 
âge tous les murs gallo-romains passaient pour avoir été bâtis par les Sarrasins. 

Il est dit dans la notice de M. Berty que des fouilles ont été poussées jusqu'au 
sol vierge portant la fondation de la tour, et qu'il en est résulté la certitude qu'il 
n'y avait aucune trace de construction antérieure à Philippe-Auguste. 

Cette affirmation est en contradiction formelle avec l'opinion générale que le 
Louvre remontait aux premiers rois de France; or il faut toujours tenir compte de 
ces opinions, parce qu'elles sont basées ordinairement sur des traditions non con- 
testées au moment où on pouvait le faire utilement, et que souvent les écrivains 
des siècles suivants, notamment ceux du xvm c siècle, ont combattu ces opinions 
simplement pour en exprimer une différente. 



Pourquoi 



On voit dans la description de Sauvai et dans la notice de M. Berty sur les fouilles ,"''3 

J<' la Grosse-Tour 
1 Voir t. I, J). 1 17 Ct 1 1 8. était si largo. 






144 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

de i8Gf) que la largeur du fossé isolant la Grosse-Tour du reste du château 
était très-grande W, environ io m ,6o sur une profondeur de 6 mètres. M. Berty a 
donc raison de dire que cette tour et son fossé encombraient la cour intérieure d'une 
manière fort incommode. Nous ne pensons pas qu'on trouve ailleurs un donjon 
placé dans ces conditions, non pas précisément pour l'importance de la tour (celle 
de Goucy est plus grosse), mais pour la disposition et la grandeur du fossé. 

Une autre remarque nécessaire, et dont nous allons déduire quelques consé- 
quences, c'est que le terrain qui servit à l'établissement du quadrangle de la for- 
teresse dut être acheté et ne faisait point partie des terres royales. Cette situation 
particulière s'applique surtout à la Grosse-Tour elle-même, et sans doute au ter- 
rain qui l'entourait. Le roi Philippe-Auguste avait donc choisi cet emplacement de 
préférence à un autre, peu éloigné, que les rois possédaient ou avaient possédé 
dans cette région, et sur lequel se trouvait le château du souverain. Nous n'avons 
point encore rencontré de documents certains touchant cette propriété royale, mais 
nous espérons, dans la suite de nos recherches, arriver à les rencontrer^. Pour 
le présent, il suffît que l'existence de cette propriété ait autorisé quelques savants 
à supposer que c'était le terrain du Louvre. 

D'accord en cela avec M. Berty, nous regardons comme certain que le château 
a été créé par Philippe-Auguste, de terrain acquis, et par conséquent sur une éten- 
due assez restreinte; mais nous pensons que la Grosse-Tour existait déjà avec son 
large fossé, et faisait partie du système de défense que les attaques des Normands, 
notamment celle de 866, avaient amené à établir sur la rive droite de la Seine. 

Si l'on veut bien se rappeler que les Normands se maintinrent assez longtemps 
dans le camp retranché qui s'appuyait sur Saint-Germain-le-Rond et le petit bourg 
qui l'entourait alors; si l'on réfléchit au nombre de guerriers que suppose un 
séjour si longtemps prolongé au cœur du pays ennemi, de telle sorte que l'on ne 
put se débarrasser de leur présence qu'à force d'argent, on comprendra qu'il n'y 
a rien d'impossible à supposer qu'ils aient songé à établir, en avant de l'église 
qui était leur principale défense, un camp avancé, retranché et muni d'une tour. 
Nous ne prétendrions pas affirmer que cette tour, contemporaine des Normands, 
fût précisément celle du Louvre, au moins quant aux substructions; mais il nous 
paraît très-naturel que les Parisiens ou leurs Comtes, instruits par la difficulté qu'ils 
avaient eue à déloger les Normands de ce point stratégique, aient pensé, après le 
départ des ennemis, à utiliser leurs travaux et à les compléter, en réparant ou en 
augmentant les fortifications que ces envahisseurs avaient établies en cet endroit. 

On aurait tort de croire que, même à cette époque reculée, la rive droite fût 
sans habitations. Quand nous arriverons à décrire ces régions de la Ville de Paris, 
nous donnerons la preuve qu'il y existait un certain nombre de bourgs populeux 

Voir p. 123 cl la description du vieux Louvre clans le premier volume, p. 129 et suiv. — (2) Voir, 
p. 2 (I. I), le fief de Fromentel. 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18GG. l/.. r , 

appelés le bourg l'Abbé, le bourg Tbiboust, le bourg Saiut-Eloy, etc.; que ces 
localités, avec d'autres plus éloignées situées sur le cbemin de Saint-Denis, et en 
suivantla grande voie gallo-romaine qui se dirigeait au nord, étaient les principaux 
centres d'approvisionnement de la ville pour les produits maraîchers, et qu'il im- 
portait de les mettre à l'abri des dévastations des ennemis d'alors, qui venaienl 
habituellement par le bas de la rivière. On avait bien élevé le Cbàtelet, celte pre- 
mière bastille de l'ancien Paris, qui défendait la partie occidentale de la première 
enceinte de ce côté et qui devint tète de pont, mais ne le fut sans doute pas 
d'abord, puisque la direction de la grande voie impliquerait la préexistence d'un 
pont quelconque sur son parcours, c'est-à-dire du pont Notre-Dame. Ce qu'il y 
a de certain, c'est que cette bastille n'avait pas suffi en 866. 

On songea donc d'abord à proléger le côté le plus souvent menacé, comme 
plus tard on plaça la Bastille sur le point par où l'ennemi se montrait à cette 
époque, et l'on se servit pour cela de la tour normande. Peut-être la répara-t-on 
sans l'accompagner de défenses autres que les fossés qui demeurèrent si longtemps 
apparents autour de l'église Saint-Germain. Si les traces des fossés entourant le 
camp avancé, sur l'emplacement du Louvre, n'ont point subsisté, si elles n'ont 
pas été reconnues, cette circonstance est due aux travaux considérables qu'en- 
traîna immédiatement la construction de la forteresse du Louvre et de ses abords. 
Il est probable que Pbilippe-Auguste n'aurait pas fait autour du Donjon un fossé 
aussi large, s'il n'en avait point existé un auparavant. 

L'inspection des matériaux formant le soubassement et le talus de la Grosse- 
Tour ne saurait infirmer la valeur des faits qui viennent, comme nous venons 
de le montrer, appuyer l'opinion selon laquelle la forteresse, ou au moins l'une de 
ses parties, aurait une existence antérieure à l'époque de Philippe-Auguste. Nous 
ferons remarquer que les pierres dont on s'est servi pour construire Paris, à peu 
près dans toutes ses parties, et précisément avant le xm c siècle, sortent exclusi- 
vement des vastes carrières de la rive gauche, qu'on appelle aujourd'hui les Ca- 
tacombes, et que le système de construction des soubassements et fondations, du 
ix e au xui c siècle, est à peu de chose près le même, par la raison que les carriers 
tiraient le banc courant, que les tailleurs de pierre débousinaient leurs lits de la 
même façon pour les mêmes matériaux, et qu'on posait la pierre en plein mortier, 
parce qu'on ne faisait point de parpaings, à cause de l'énorme épaisseur des mu- 
railles : on bâtissait en massifs parementés et rejointoyés. On ne peut donc distin- 
guer sûrement l'âge des monuments de cette période que par les murs en éléva- 
tion ou les moulures; la taille et la pose courante sont les mêmes. Plus lard les 
communications devinrent plus faciles, soit par eau, soit par terre; les pierres des 
carrières plus éloignées, Saint-Leu ou Tonnerre, commencèrent à arriver à Paris, 
et contribuèrent à changer le mode de construction. Peut-être aussi les carrières 
de Paris ne fournirent-elles plus des blocs suffisants pour l'objet que se proposaient 
h. 19 



146 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

les maîtres des œuvres. Quoi qu'il eu soit, il est certain que l'appareil devint plus 
Tort, plus régulier, et que la nature de la pierre permit de faire des joints moins 
apparents; même avec les matériaux des environs immédiats de Paris, on parvint 
à obtenir des parements parfaits. Ces observations, tirées précisément de l'inspec- 
tion des soubassements de la Grosse-Tour et de la contrescarpe de son fossé, ont 
pour but de faire voir que l'état de ces substructions ne serait point une preuve 
inattaquable du peu d'ancienneté relative des parties dégagées sur trois ou quatre 
points. En construisant la Tour-Neuve on peut avoir utilisé le soubassement et 
donné une plus grande hauteur à l'édifice. 

Une autre remarque vient corroborer notre opinion sur la probabilité de la 
préexistence de cette tour au château de Philippe-Auguste : c'est que l'ensemble 
du soubassement est un massif sans autre vide que le puits et la fosse du retrait. 
H est bien certain que ce parti pris, pour l'établissement des fondements de l'édi- 
fice, n'a pas peu contribué à empêcher le tassement. 

M. Berty fait remarquer plus haut (p. 1 2 3) que Pierre Lescot, quand il éleva 
l'aile occidentale, dérasa en partie les fondations, ou plutôt le parement du talus 
extérieur; il ajoute qu'on a trouvé des restes de murs anciens, ainsi que des ma- 
tériaux moulurés employés dans la nouvelle construction et provenant du vieux 
bâtiment de la fin du xn e siècle. Cette constatation d'un fait très-ordinaire au 
moyen âge vient encore à l'appui de l'opinion générale sur l'antiquité de certaines 
parties du vieux Louvre, notamment de la Grosse-Tour. Il est évident que, si le 
constructeur de la tour a procédé comme Pierre Lescot, les anciens matériaux 
n'ayant pas de moulures, on aurait peine à faire l'observation que suggère l'état 
d'un bâtiment dont l'origine est connue. 

En résumé, il nous paraît plus que probable que la Grosse-Tour, et son fossé 
au moins, étaient antérieurs à Philippe-Auguste. Ce prince aurait donc relevé un 
édifice ancien, d'une solidité reconnue, et l'aurait entouré des bâtiments et cour- 
tines de sa forteresse. 

Origine du terrain Nous avons déjà dit tout à l'heure que le terrain sur lequel la Grosse-Tour du 

sur lequel 

le Louvre est bâti. Louvre était bâtie n'était pas un fonds royal W. En effet, il appartenait aux cen- 
sives de Saint-Denis-de-la-Chartre dans la Cité; le reste du terrain était sur la 
censive de l'Evèque. Notre intention n'est pas de reproduire ici les excellents ren- 
seignements donnés par M. Berty dans son premier volume, mais seulement de 
faire voir que l'intention du roi Philippe, en construisant ce château, était bien 
d'élever une forteresse de défense, et non un palais pour sa résidence. En effet, 
dans le système féodal, où tout reposait d'abord sur la propriété réelle et effec- 
tive, on ne comprend pas bien comment cette Tour du Louvre, de laquelle rele- 

(l Voir 1. I, p. ii 6. 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18GG. \àl 

vaient les grands fiefs de la couronne de France, dans laquelle les grands vassaux 
venaient rendre loi et hommage au suzerain, ne fût point bâtie suc un fonds 
libre el déchargé de toute redevance. Aussi le roi transporta-t-il celte redevance 
(témoignage remarquable de respect pour la coutume féodale) sur la recette de 
Paris; mais les censives de Saint-Denis-de-la-Chartre , malgré ce transport, conti- 
nuèrent à exprimer l'origine de la redevance, \insi un article spécial mentionne 
encore, en i5/io, la Tour du Louvre dans la censive (1) de cette église. Nous in- 
sistons sur ce point important, parce qu'il confirme notre opinion suc les causes 
qui firent choisir ce lieu, placé dans les mêmes conditions que tous les autres ter- 
rains occupés par les fortifications et fossés constituant l'enceinte de la Ville, et 
pour lesquels la coutume était qu'on indemnisât les seigneurs de la perte de leur 
censive. G était une véritable expropriation pour cause d'utilité publique, et les 
bourgeois de la Ville étaient chargés, moyennant une certaine indemnité, de con- 
struire ces murailles qui étaient destinées à leur défense. Les rois n'avaient pas un 
palais au Louvre à cette époque; terrain et construction, tout était disposé pour 
un usage public, exactement comme le fut plus tard la Bastille; mais, pour cette 
dernière, il 'n'y avait pas de donjon, de Tour de l'hommage. Le Louvre remplissait 
alors cette fonction, de préférence même à la Tour du Palais de la Cité. Nous ne 
connaissons pas un autre exemple d'une dérogation pareille aux us et coutumes 
des temps féodaux. Il est à croire qu'on n'y voyait aucun inconvénient, parce qu'il 
s'agissait du Roi d'abord, et ensuite d'un édifice de défense publique. 

Nous n'entrerons point dans de plus grands détails sur la Grosse-Tour, dont 
une description suffisante existe dans le premier volume de cet ouvrage; nous 
continuerons seulement à expliquer les parties de substructions rencontrées dans 
les fouilles, et qui peuvent élucider les questions relatives à l'état de ce monu- 
ment aux différentes époques de son histoire. 

Pour ne pas quitter le Donjon de Philippe-Auguste, nous chercherons, après Le pont-ie*is 
M. Berty (Notice sur les fouilles, p. 12'j et i 23), où devait se trouver le pont- iaGrosse-i 
levis qui donnait primitivement accès à la Grosse-Tour. Que l'on conteste ou non 
l'ancienneté de cette partie de la forteresse du Louvre, que les recherches n'aient 
fait rencontrer la pile du pont-dormant ni au midi ni au nord, il n'en est pas 

(1) Nous lisons en effet, au folio vin verso d'un Voir aux Appendices ci-après la copie de l'article 

Censier de Saint-Denis-de-la-Chartre pour l'année entier pour la rue d'Autruche. 
i5£o, ce qui suit : Nous devons la connaissance de ce Censier à l'o- 

ffLe Recepveur de Paris pour le Roy nostre Sire bligeance de M. Saint-Joanny, archiviste du dépar- 

r-DoiBT par chascun an aud. Prieur à cause de la temenl de la Seine. Ce volume, écril sur papier el 

^Grosse Tour du Louvre au jour et fesle mons* couvert en parchemin, est cuti 1 ii8i>. M. Berty 

f-Sainct Jehan Baptiste, pour cens et fondz de terre, n'en avail point eu connaissance, mais il avait. 

«trente solz par. comme on le voit, compulsé les plans et cueilloirs 

••Pour ce w\ s. p. - des Archives de l'Empire. 



148 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

moins indubitable qu'il existait un pont-dormant en maçonnerie d'un côté ou 
de l'autre. Dans quelques forteresses, le donjon étant le dernier refuge, et, de 
plus, la représentation matérielle du pouvoir seigneurial, la Torresolariega, comme 
disent les Espagnols, il arrivait souvent que l'entrée, et conséquemment le pont- 
levis, étaient placés du côté opposé à l'entrée principale : c'était une disposition de 
sûreté. Dans cette hypothèse, on pourrait supposer que cette entrée se trouvait 
exactement sous l'arche de passage de l'aile de Charles V au Donjon, c'est-à- 
dire dans la direction du nord, vers la tour appelée du Milieu. Cependant nous 
inclinons à penser que ce pont se trouvait à l'endroit où la contrescarpe a con- 
servé ces lancis réguliers que M. Berty renonce à expliquer [Notice, p. 122), 
parce que les pierres brutes ne lui paraissent pas susceptibles d'être travaillées. La 
même difficulté lui apparaît à propos de l'amorce brute d'encorbellement qui se 
trouve dans le talus même du Donjon en face de la première construction. Pour 
nous, puisque l'existence d'un pont-levis est certaine parce qu'un tel ouvrage 
est indispensable, nous n'hésiterons pas à voir en cet endroit les restes du pont- 
dormant vers la contrescarpe, et de l'encorbellement de la charnière du pont-levis 
vers la Tour. Le mode de construction de cette époque ne s'oppose pas du tout à 
laisser supposer que ces caillasses, difficiles à arracher, étaient noyées dans un 
massif parementé comme d'habitude, et qu'elles étaient demeurées après le com- 
blement des fossés. Ces parties, même examinées avec attention, pourraient être 
attribuées, avec quelque raison, à la construction tout à fait primitive, c'est-à-dire 
antérieure à l'époque de Philippe-Auguste. 

Quant aux diverses parties accolées à ce massif principal, nous ne pouvons que 
répéter ce que nous avons dit plus haut dans la note de la page 1 20 : elles ont dû 
faire partie d'un système de couverture du fossé, pour remédier à l'exiguïté de la 
cour, après la construction des ailes plus récentes. Pour ce qui regarde l'absence 
complète de traces de la pile de retombée du pont-dormant en maçonnerie, il 
est difficile de l'expliquer d'une manière satisfaisante, tout en reconnaissant que 
la largeur du fossé empêche de croire à la non-existence de cette pile. En suivant 
les indications des arrachements de la contrescarpe du midi, et encore le commen- 
cement de cintre qu'on voit dans l'élévation de cette partie, nous aimerions mieux 
dire que le fossé intérieur, avant l'époque de François I er , et même bien aupara- 
vant, a été asséché comme les autres, et que des constructions d'un usage inconnu, 
mais à peu près semblables à celles que l'on a accolées à divers côtés du palais 
jusqu'à des époques relativement modernes, ont été élevées dans les fossés et ont 
amené la destruction de la pile du pont. Le tablier de ce pont aurait alors été 
supporté par des refends de locaux établis sous le passage, qui n'était plus fortifié 
à l'époque où l'accès du Donjon était praticable par l'arche de passage de l'aile de 
Charles V. Nous livrons cette explication pour ce qu'elle vaut; elle nous semble 
avoir pointant un certain degré de probabilité. 



Lee fosséi 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866. 149 

Pour déterminer l'état du château du Louvre dans les premières années de son AgrandiMemenu 
existence, il importe de connaître d abord l étendue de terrain qu il occupait, en- de Phiii P p«-Augu»ie. 
suite l'existence et la grandeur des fossés extérieurs. 

Sauvai indique quatre entrées du château, placées au centre des quatre faces. 
Il nous semble certain, et le raisonnement vient appuyer notre assertion, que 
l'édifice primitif ne pouvait comporter que deux portes, l'une au midi, l'autre à 
l'orient; elles sont très-manifestement accusées par les tours géminées qui ont 
toujours existé sur ces deux faces. Pour les deux autres portes, il est bien certain 
qu'aussitôt que les terrains de l'occident, occupés par l'artillerie, et ceux du nord, 
occupés par les jardins, furent joints à la forteresse, on établit des guichets, ou 
poternes de communication, munis de ponts volants. Mais cela n'eut lieu que 
postérieurement au premier établissement du château. 

Les questions relatives aux fossés extérieurs du château du Louvre, aussi bien 
qu'à ceux de l'enceinte de Philippe-Auguste, ont suscité de graves discussions. 
L'origine de ces démêlés, qui datent de la fin du xvn c siècle et du commencement 
du xvm c , est dans les intérêts rivaux de la Ville et de l'archevêque de Paris, ou de 
certains propriétaires de terrains ayant été occupés par l'enceinte de Philippe- 
Auguste (1) . Ce fut l'objet de nombreux mémoires fort bien faits et appuyés de 
nombreuses pièces, mais au milieu desquels il faut s'avancer avec précaution, 
parce que ces mémoires présentent les faits les plus clairs sous le point de vue le 
plus favorable à la cause qu'ils servent, et en font ainsi une interprétation trop 
passionnée. 

Pour nous, qui les avons parcourus sans partialité et qui comptons en tirer 
un parti fructueux dans l'histoire topographique des enceintes de Paris, partie 
intégrante de cet ouvrage, nous y voyons une probabilité : c'est que l'enceinte 
et le château étaient entourés de fossés "secs ou noyés. Du côté qui nous occupe 
spécialement, c'est-à-dire sur la rive droite du fleuve, nous ne voyons aucun 
obstacle à ce que les fossés aient été creusés en même temps que les murs étaient 
construits, et nous croyons qu'on en creusa dans les parties où existaient et furent 
conservées certaines portions des murailles sarrasines. Que si l'on nous demande 
où était prise l'eau destinée à les remplir, nous répondrons que les sources et 
ruisseaux qui fournirent l'eau plus tard aux fossés de Charles V, à ceux du 
Temple, à ceux de Saint-Martin, et qui allaient se rendre dans le fleuve, par une 
pente naturelle, soit à Chaillot, soit, comme nous l'avons dit dans la note précitée, 
aux environs des Tuileries, pouvaient parfaitement alimenter les fossés de l'en- 
ceinte de Philippe-Auguste et les fossés du Louvre. Il ne faut pas s'étonner que 
les traces de ces fossés aient disparu. Dans une ville dont les accroissements 
étaient aussi rapides, surtout sur la rive droite, qu'y a-t-il d'étonnant à ce que 

(I) Voir les mémoires relatifs à l'hôtel de Soissons et aux murs s'dtendant de la porte Saint-Bernard à 
la porte Saint- Victor. (Topographie, Ville de Paris , t. II, Bihl. de la Ville, G. 3 3 1 /i . ) 



150 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

des dégradations et même des envahissements aient eu lieu? Les écluses et vannes 
de retenue elles-mêmes pouvaient se détériorer et laisser à sec tout ou partie des 
fossés; mais on rencontre partout les traces de leur existence. On trouve encore, 
rue du Petit-Reposoir (aujourd'hui rue Pagevin, près de la place des Victoires), 
passage du Commerce et cour de Rohan ou de Rouen, sur la rive gauche, des 
marques sensihles d'un exhaussement et d'une dépression du terrain, exactement 
comme on distingue partout les remblais de l'enceinte bastionnée. Du côté du 
quartier Saint-Paul et du Marais on trouverait les mêmes indices, si le terrain 
n'avait point été bouleversé; mais, à mesure que Paris se transforme, ces vestiges 
tendent à disparaître. Il en était de même au moyen âge, à mesure qu'on aban- 
donnait les anciennes enceintes englobées dans les maisons et qui ne se laissaient 
voir qu'à la traversée des rues. Les fossés du Louvre pouvaient donc et devaient 
exister dès la construction du château; pour les creuser on dut faire usage des 
tranchées sèches ou noyées établies par l'armée normande autour et en avant de 
Saint-Germain-l'Auxerrois. 

Quelle était la forme de ces fossés? Les fouilles l'ont montré : c'était une con- 
trescarpe simple et droite, suivant dans son développement la ligne générale du 
quadrangle. La vidange des fossés se faisait dans le fleuve, en aval et peut-être 
aussi en amont du mur d'enceinte. Supposer, comme le fait M. Berty (t. I , pi. 1 ko) , 
qu'il fallait faire monter artificiellement l'eau de Seine à 6 mètres au-dessus de son 
niveau de vives eaux pour noyer les fossés, c'est chercher bien loin ce qui est tout 
naturel, quand on admet l'existence des anciens fossés d'enceinte. C'est cette préoc- 
cupation de suivre certaines opinions un peu cherchées et quelquefois issues d'un 
intérêt particulier, comme on le voit dans les Mémoires de la topographie de Paris 
dont nous avons parlé plus haut, qui a entraîné M. Berty à faire de la tour de 
l'Engin une sorte de pompe élévatoire, au lieu de la considérer tout simplement 
comme l'abri ou la défense d'une vanne de décharge. Nous avons entendu dire, 
comme notre prédécesseur, qu'en reprenant les soubassements de la Petite Galerie, 
on avait rencontré des traces de terrains lavés par les eaux, mais nous avons com- 
pris que ce canal passait à ciel ouvert, en avant de la façade orientale de cette 
galerie et au pied de la tour dont les vestiges existent encore derrière les murs 
de ce soubassement. M. Berty affirme que ce canal passait sous la tour dite de 
l'Engin, et il importe fort peu que ce fût à 5 ou 6 mètres de plus ou de moins dans 
coite même direction : la vérité est qu'à toutes les époques il servait de décharge 
aux fossés du château, et qu'on trouve une preuve irrécusable de ce fait dans 
l'arche ou les arches (car il y a doute) qui portaient la galerie de passage com- 
muniquant du pavillon d'angle du sud-ouest à la Petite Galerie dite des Antiques 
ou de Charles IX. Rien n'empêche donc de croire, au contraire, que ce canal sec 
ou rempli d'eau suivait le bas du soubassement de cette galerie. Quant à l'égout 
de Yarche d'Autriche, placé dans la rue de ce nom et derrière le mur d'enceinte, il 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18G6. 151 

servait à laisser échapper les eaux de cette rue et du quartier, comme toutes 
les arches semblables qui se trouvaient le long de la berge de la rivière, pour 
faire passer le chemin du bord de l'eau. 

En résumé, les fossés entouraient le quadrangle et se vidaient dans la Seine 
par le canal suivant la Petite Galerie; la retenue des eaux se taisait au moyen d'un 
vannage placé dans la tour de l'Engin ou à côté, et à l'intérieur des défenses.; et 
cette tour pouvait servir de poste avancé à la forteresse. Cette description est 
simple et claire, et tous les textes peuvent s'y adapter. A cette époque, il ne faut 
point l'oublier, on ne dépensait que les sommes absolument nécessaires, et l'on 
profitait de toutes les eaux qu'on pouvait utiliser économiquement. Les coudes 
indiqués par M. Berty pouvaient bien provenir des anciennes tranchées faites pour 
la défense du bourg de Saint-Germain-le-Rond, avant l'établissement du château 
de Philippe-Auguste. 

Nous ne proposons pas d'autres additions ou rectifications au texte du premier 
volume de M. Berty. Les acquisitions successives qui formèrent les jardins et les 
autres dépendances du château y sont indiquées. Nous nous bornerons à dire que 
ce fut à l'époque où eurent lieu ces acquisitions qu'on établit des poternes et des 
ponts volants à l'occident et au nord pour permettre l'accès du château. Ainsi se 
justifie l'indication de quatre portes donnée par Sauvai. 

Le château, comme habitation royale, dut demeurer assez longtemps inachevé; K r ,,„, ,i, saint Louis 
cette circonstance ressort de toutes les mentions faites par les historiens, et elles 
sont assez rares. Une partie des bâtiments fut assurément complétée et appropriée 
à l'habitation par saint Louis, qui a laissé son nom à l'une des salles. Il est certain, 
en outre, que les deux ailes formant l'angle du château vers l'occident furent 
celles sur lesquelles se portèrent les efforts et les dépenses des rois de France. 
Nous ne pouvons que renvoyer pour ces détails à la citation du texte de Sauvai, 
transcrite par M. Berty (t. I, p. 1 53 et suivantes). 

Philippe de Valois, vers 1 333 , fit l'acquisition d'une grange vers la rue Fro- 
menteau, afin d'y placer sa ménagerie de bêtes féroces. 

Le château ne reçut ensuite que des réparations de simple entretien, et certaines 
parties étaient dans un grand état de délabrement quand Charles V chargea 
l'architecte Raymond du Temple de faire de ce château un palais destiné à être 
habité par la cour, puisqu'il avait l'intention de remplacer cette forteresse par la 
Bastille, qui devait être placée à l'autre extrémité de Paris, vers le faubourg 
Saint-Antoine. 



Nous allons tâcher de dire en quel état se trouvait le château du Louvre à Éiatdu 

i l'avé.. 

l'époque de l'avènement de Charles V. Le quadrangle existait tout entier avec 
les deux ailes en équerre du côté occidental. Peut-être la porte orientale était-elle 



château 
l'avénemenl 



■ hurles \ 



152 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

alors munie d'un bâtiment en arrière et d'appentis de service de chaque côté. A 
l'occident se trouvait un terrain occupé par des jardins ou des magasins de muni- 
tions d'artillerie, lequel allait rejoindre les jardins, ornés de tonnelles et de ber- 
ceaux, qui venaient se terminer aux maisons de la ruelle parallèle à la rue Saint- 
Honoré, sur laquelle le jardin avait une petite porte de sortie. Le Donjon était 
demeuré isolé au milieu de la cour, et tout l'accroissement donné aux bâtiments 
consistait en quelques appropriations de salles et de chapelles grandes et petites 
dues au roi saint Louis. 

Il ne faut point passer sous silence la mention d'une propriété qu'aurait pos- 
sédée Philippe-Auguste dans les environs du château du Louvre. De Lamare en 
parle dans son Traité de la Police, tome I, page 9^1, et l'a figurée dans son plan 
particulier de cette époque. Rien n'est venu nous prouver l'existence, à cet endroit 
voisin de la rue Saint-Honoré et de l'emplacement postérieur des Tuileries, d'une 
maison royale quelconque; et pourtant nous nous étonnerions qu'un homme sa- 
vant et si bien posé pour se renseigner, comme l'était De Lamare, ait affirmé sans 
motif plausible un fait de cette nature. Du reste, à l'avènement de Charles V, il 
n'est plus mention de ce terrain. Un seul doute reste dans l'esprit : on a construit, 
de ce côté, plusieurs rues qui existaient au temps de Charles V et qui sembleraient 
exclure toute propriété un peu importante, autre que le Louvre et la Petite-Bre- 
tagne. M. de Clarac a supposé, dans sa restitution du nouveau Louvre, que les 
bâtiments situés dans l'angle sud-ouest du quadrangle, sur l'emplacement du Pa- 
villon du Roi et près de la Petite Galerie , étaient les parties les plus anciennes du 
Louvre et avaient porté le nom de château du Bois. Il n'apporte aucune preuve 
acceptable de cette assertion, et l'opinion de De Lamare serait plus fondée, puisque, 
selon lui, les dépendances de ce château se seraient étendues jusqu'à l'endroit où 
s'élevèrent depuis les Tuileries, et où l'on sait que se trouvait une maison de plai- 
sance fréquentée par les princes et leurs familles. 11 se pourrait ainsi qu'on eût 
confondu avec une maison de plaisance le château de Boys, mentionné page 162, 
tome I, par M. Berty. Notre but n'étant pas d'entrer dans la discussion de ce point 
de topographie non encore élucidé, nous nous bornons à continuer la description 
de l'état du vieux Louvre à cette époque. 

A l'avènement de Charles V, les tours d'angle, celles des milieux et des portes 
étaient crénelées. Il est à croire qu'une tourelle coiffée d'un comble en poivrière 
sortait de la partie supérieure de la terrasse crénelée, et ne dépassait point la 
hauteur d'un étage, puisque ce fut Charles V qui suréleva les bâtiments d'habita- 
tion du Louvre. Nous pouvons aussi supposer, par les autres exemples contempo- 
rains, qu'à la hauteur des courtines régnait une terrasse ou promenoir crénelé, 
notamment du côté de l'occident, où la muraille avait une épaisseur énorme. Aux 
angles des tours et des bâtiments s'élevaient de légères vis d'escaliers desservant 
les tours et les habitations, et à côté se détachaient quelques souches de chemi- 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18GG. 153 

nées. On remarquait peu de baies sur le dehors, sauf pour les appartements exposés 
au midi, entre la porte principale et la tour de l'angle sud-ouest. Dans les façades 
de la cour avaient été pratiquées des ouvertures plus larges et plus grandes, 
mais toujours sobres d'ornements. L'aspect du château était plutôt sévère qu'a- 
gréable, et tout y avait été sacrifié aux besoins de la défense. A cette époque déjà 
la façade méridionale, en avant des fossés extérieurs, était précédée de jardins ou 
de basses-cours avec un mur bordant le chemin du bord de l'eau entre la porte 
du Louvre (près de la tour du Coin, sur la berge dyi fleuve) et le château, de Boys 
ou tour de Bois, assise également le long de la Seine, vers la campagne. 

C'est alors que Charles V résolut d'achever ce palais, pour y habiter aussi bien 
qu'à l'hôtel de Saint-Paul, réservé pour \es grands esbattemens, et qu'il confia à Ray- 
mond du Temple la direction de l'œuvre de la maçonnerie au château du Louvre, 



IL 

Sommaire. — Charles V fait construire l'aile septentrionale du Louvre. — Il élève d'un étage cer- 
taines parties du château. — Raymond du Temple, architecte. — Le Passage au'Donjon. — 
La Grande-Vis. — La Galerie en encorbellement sur la contrescarpe. — L'état du Louvre 
après Charles VI. — François I er rase la Grosse-Tour. — Ses projets de reconstruction totale. 
— Pierre Lescot entreprend la reconstruction du Louvre. — Comparaison du plan de Chirac 
avec le plan réel restitué par les fouilles. — Conclusion. 

Aussitôt que Charles V, le grand bâtisseur, eut résolu de faire de la vieille for- chariesVfaitconstnùr, 

, . i i i • ii -i i> /i - i • c i l'aile septentrionale 

teresse sa résidence habituelle, il entreprit d élever une aile magnifique, exposée lui.mu.. 
au midi et adossée à la courtine septentrionale vers les jardins; en même temps il 
appropriait les autres locaux anciennement habités par les rois ses prédécesseurs. 
Notre but étant seulement d'interpréter les vestiges trouvés dans les fouilles, objet 
propre de ce travail, nous n'avons point à décrire, si ce n'est très-succinctement, 
les parties recouvertes par les ailes construites sous François I er , Henri II et leurs 
successeurs. M. Berty en a fait, d'après Sauvai et d'autres historiens, une descrip- 
tion à laquelle nous renvoyons le lecteur M. Les planches détaillées qui accom- 
pagnent le texte de M. Berty et ce texte lui-même sulfiront pour justifier la resti- 
tution que nous allons entreprendre. 

En jetant les yeux sur la vue du Louvre tirée du tableau de l'abbaye de Saint- n.iv <iu„ 

. certaines partie 

Germain-des-Prés et placée dans le premier volume de cet ouvrage, à la page iu6, duchâteau. 
on remarque, à gauche de la grande porte d'entrée, deux étages au lieu d'un seul 
indiqué à la droite de cette même porte; les baies de croisées sont longues et 
étroites, avec un simple meneau transversal, qui suppose un châssis du bas pour 
jouir de la vue du dehors, et un châssis du haut pour donner de l'air aux apparte- 
(1> Voir t. I", p. 1^7 et suiv. 



154 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

ments. Le second étage, ajouté par Charles V, paraît avoir été destiné à ce qu'on 
appelait des galetas, où logeaient les gens de service, à proximité des chambres de 
leurs maîtres. Quant à la silhouette que donnent les saillies des toits, dont les tou- 
relles séparées sont couronnées de poivrières et ornées de poinçons et de girouettes 
en fer évidé et doré, elle est des plus élégantes et des plus pittoresques. Nous ne 
pensons pas que le grand toit du milieu eût cette forme; mais il est probable que 
la partie postérieure du massif central de cette porte était couronnée d'un toit 
aigu à pignon, comme on le voit dans tous les édifices de ce genre à cette époque. 
Charles V fit donc surélever d'un second étage la partie occidentale et élever 
plusieurs vis d'escalier dans des tourelles aux angles de la cour intérieure. La 
planche dont nous venons de parler laisse voir la pointe d'une de ces vis, entre la 
Grosse-Tour et la tour de l'angle sud-est du château. Cette vis était placée à 
l'angle intérieur du même côté. 

Baymond du Temple, L'architecte du Roi était alors Raymond du Temple, dont M. Berty a esquissé 
une courte biographie (t. I, p. i5i), en y plaçant tous les renseignements dont il 
pouvait alors disposer, et un fac-similé du sceau de ce maître des œuvres. Outre 
les édifices dont Raymond du Temple est reconnu l'auteur, et qui ont tous disparu, 
nous en avons découvert un autre qui ne lui était point attribué jusqu'ici, et qui 
suffira pour justifier les éloges qu'on donnait au talent de cet architecte. Le musée 
paléographique nouvellement installé aux Archives de l'Empire possède un re- 
gistre, coté H 2785 \ ayant appartenu au collège de Beauvais et contenant les 
comptes de 1877 à 1 38a (^relatifs à la construction du bâtiment principal de ce 
collège. A la fin d'un état de ce registre nous avons trouvé la signature originale 
de Raymond du Temple apposée à côté de celles du supérieur et du procureur 
du collège. Nous la donnons ici : 



architecte. 




Dans un autre registre du même établissement, coté M. M. 355 des Archives de 
l'Empire, nous avons rencontré, après le testament et l'inventaire du cardinal 
Jean de Dormans, fondateur, tous les comptes de la construction de la chapelle 
du collège, qui existe encore dans la rue Saint-Jean-de-Beauvais, et qui est occu- 
pée par un couvent de PP. Dominicains^. L'architecte qui conduisit les travaux, 

"' Nous devons la découverte de ce document à en ce moment à écrire une histoire du collège, qui 
M. A. de Boislisle. a bien voulu nous indiquer l'existence de ces comptes 

(î) C'est le R. P. Chapotin , dominicain , occupé peu connus. 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866. 155 

de 1370 à 1 385 , fut Raymond du Temple; dans un rapport il s'exprime ainsi : 
et Raymond du Temple, maçon juré de l'église de Nostre Dame de Paris, savoir 
ff faisons que le ij° jour de mars cccuij xx et ij fti marche fait eu tache a Michel 
cfSalmon,n etc. Voici comment on le désigne dans le registre de ces comptes du 
collège : «Maistre Raymond, maistre des œuvres du Roy.n 

Raymond du Temple, ayant commencé en i36a les constructions du Louvre 
de Charles V dut apporter dans la direction et l'exécution des deux édifices le 
même style et la même méthode. C'est, du reste, ce qui ressort de la comparaison 
qu'on peut faire aujourd'hui entre les substructions du Louvre et la chapelle du 
collège de Beauvais. La construction de cette chapelle suivit de près la mort de 
Jean de Dormans, cardinal, évêque de Beauvais, chancelier de France, favori de 
Charles V et bâtisseur comme lui. Nous n'avons pas l'intention d'entrer dans les 
détails que renferment les comptes du collège et qui ont rapport au degré d'au- 
torité appartenant alors à l'architecte sur la direction des travaux ; ces détails, 
comme ceux du devis et des règlements de Raymond du Temple , trouveront mieux 
leur place dans la description du collège de Beauvais. Quant à présent nous ferons 
seulement observer (ce qui confirme une opinion exprimée par M. Berty sur la 
direction effective imprimée aux travaux des Tuileries par Catherine de Médicis) 
qu'au moyen âge l'influence personnelle de celui qui faisait bâtir était toute- 
puissante en ce qui concernait la distribution des édifices et leurs dispositions 
générales. Le maître des œuvres intervenait bien pour l'exécution matérielle et 
les nécessités de la construction, mais il subissait forcément la volonté de celui 
qui l'employait. C'est peut-être à cette circonstance que nous devons attribuer 
les tours de force, soit de construction, soit d'ornementation, que nous remar- 
quons dans certains monuments, et nous ne croyons pas nous tromper en affir- 
mant que Charles V dut mettre plus d'une fois la main aux croquis des plans des 
bâtiments neufs du Louvre. 

Une autre remarque nous paraît avoir son importance: s'il est vrai que l'archi- 
tecte maître de la maçonnerie était le véritable architecte, dans le sens que nous 
donnons à ce mot aujourd'hui, et cela uniquement parce que la maçonnerie entrait 
pour la partie principale dans l'œuvre d'un bâtiment, il avait néanmoins à son côté 
le maître de lacharpenterie; au collège de Beauvais, c'était Jehan de Chartres. Peu 
de temps après, durant le xv e etle xvi e siècle, les maîtres charpentiers devinrent les 
uniques directeurs des œuvres entières, qui étaient des maisons en pans de bois. 
Sous ces deux principaux maîtres travaillaient les maîtres maçons avec leurs équipes 
d'ouvriers. On toisait et l'on payait à mesure; cette opération du toisage était faite 
contradictoirement par l'architecte en personne et les maîtres maçons, avec l'in- 
tervention d'autres maîtres jurés à ce congnoissans. Le devis général de la maçon- 
nerie était dressé et rédigé par l'architecte, et au collège de Beauvais il est dit que 
maître Raymond se rendit en place de Grève, lut le devis à haute voix aux ou- 



156 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

vriers qui s'y trouvaient, en leur demandant de signer l'engagement d'exécuter le 

travail selon les prescriptions de ce devis. 

Pour revenir à la description spéciale de l'aile septentrionale du Louvre , dont 
les substructions ont été retrouvées entières, mais dérasées à environ soixante cen- 
timètres en contre-bas du sol de la cour (voir p. 1 1 1), nous ferons remarquer que 
le niveau du sol du rez-de-chaussée de cette aile a été nécessairement élevé au- 
dessus du sol de la cour, et cela d'une manière notable , puisque toutes les distri- 
butions rencontrées dans les fouilles n'ont donné que des locaux restreints, sans 
parements, présentant tous les caractères de caveaux et de dégagements de service. 
En étudiant avec attention les planches relatives à ce côté des fouilles (p. 1 1 1 , 
1 1 5 , 1 18 et 1 1 9), on voit que le peu de distance existant entre la courtine septen- 
trionale du château et la contrescarpe du fossé du Donjon obligea l'architecte à 
reprendre et à raccorder le mur de cette contrescarpe, afin de donner plus de force 
et de résistance aux murs du bâtiment qu'il avait à construire. Il éleva donc, du 
fond du fossé, une ligne de contre-forts en maçonnerie destinés à porter la galerie 
de communication qui devait faciliter l'accès des salles, de la Grande-Vis d'escalier 
et du Passage au Donjon. On ne peut que faire des suppositions sur ce que devait 
être la disposition architecturale de cette façade intérieure; et cependant, eu 
tenant compte du niveau surélevé du rez-de-chaussée, de la saillie des contre-forts 
des parties de moulures qu'on y distingue et qui forment les bases d'un encor- 
bellement, on comprend immédiatement qu'une saillie plus ou moins forte sur le 
fossé devait dégager la galerie de communication et faciliter le passage. On peut 
se figurer aussi que, selon la coutume de l'époque, chaque contre-fort déterminait 
une portée de poutre ou de retombée de voûte, et que l'ensemble du bâtiment 
se divisait par conséquent en dix travées, de fond en comble. La galerie devait 
passer en avant du mur parallèle à la courtine et s'avancer en encorbellement 
sur les contre-forts reliés au grand mur de la contrescarpe. Cette disposition 
diminuait d'autant la distance à franchir pour atteindre la Grosse-Tour et y jeter 
l'arche du Passage qui entrait dans le programme imposé par le Roi. 

Le passage au Donjon. Gomme M. Berty l'a indiqué dans sa Notice sur les fouilles, il est indubitable 
que les deux contre-forts du centre de la façade, dont l'un présente dans sa partie 
supérieure la naissance dune colonnette polygonale posée sur le dos d'un lar- 
mier, du côté du massif de la Grande-Vis, et dont l'autre, au même niveau, est 
garni des moulures d'un encorbellement ainsi que de la base semi-circulaire d'une 
vis de petit escalier, étaient les culées de l'arche qui, franchissant le fossé, allait 
s'appuyer à la muraille de la Grosse-Tour. On n'a pas trouvé de traces des retom- 
bées, et nous comprenons ce fait puisqu'elles devaient être placées plus haut que 
le rez-de-chaussée. L'écartement de 7 mètres (21 pieds) au plus qui existe entre 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18G6. 157 

la paroi de la cour et les contre-forts de culées, du côté du bâtiment, n'est pas 
un obstacle à la construction d'une arche unique, même en pierre. Ce <jui est 
certain, c'est que l'on n'a rencontré aucune trace d'une pile du milieu. Nous 
avons placé ci-après, pour élucider la description de la Grande-Vis laissée par 
M. Berty, un pian en simple tracé qui comprend la partie centrale du Passage; 
il ne nous paraît pas nécessaire de tenter une restitution plus complète, qui en- 
traînerait des coupes et des élévations hypothétiques, et nous ferait sortir des 
limites tracées par les fouilles. L'existence de ces parties importantes du bâti- 
ment de Charles V est incontestable; les fouilles ont montré quelles étaient les 
bases réelles de ces parties; notre rôle se borne à placer sur ces vestiges les cons- 
tructions décrites, et à démontrer que c'est bien à la place que nous indiquons, 
et non à une autre, que pouvaient s'élever le Passage et la Vis, avec les dimensions 
données par Sauvai. D'ailleurs les personnes versées dans l'étude de l'architec- 
ture de cette époque comprendront parfaitement qu'il est dilïicile de restituer un 
édicule placé en encorbellement sur un pilier dont on n'a que la base. Il faut s'en 
rapporter à la description de Sauvai et l'ajuster sur les substructions révélées par 
les fouilles. Nous n'avons pu tenir compte de la construction postérieure placée 
à droite du Passage, et qui n'était pas liée à la maçonnerie; elle n'entrait point, 
en effet, dans l'ensemble des dispositions de Raymond du Temple. 

Nous supposons donc, d'après les repères trouvés dans les fouilles, et en les 
comparant aux descriptions disséminées dans les historiens, que la galerie de pas- 
sage, construite pour joindre le Donjon au bâtiment septentrional, était portée 
sur une seule arche; ce qui justifie l'absence de traces d'une pile dans le fossé de 
la Grosse-Tour. Il nous paraît, en outre, probable que cette galerie était portée 
sur les deux contre-forts placés près de la Grande-Vis, au centre de cette aile. Ce 
Passage ne devait donc pas butter sur la tour de la Vis, mais sur la galerie en en- 
corbellement à la ligne des contre-forts du fossé; cependant il était bien près de 
cette Vis, dont le séparait seulement une travée de la galerie en encorbellement, 
laquelle était encore diminuée, de ce côté, par la saillie de la Grande-Vis. Rien ne 
nous apprend d'une manière certaine si le Passage se trouvait au premier étage, 
c'est-à-dire, pour parler le langage moderne, au rez-de-chaussée de cette aile du 
palais, élevée sur des caves ou celliers dont les fouilles ont donné la figure; ou 
bien si le Passage se trouvait à l'étage supérieur. L'absence de vestige indiquant 
la retombée de l'arche , d'un côté comme de l'autre, avait amené M. Berty à sup- 
poser que le Passage était en bois. Cette hypothèse paraît peu satisfaisante; et, 
en effet, on peut comprendre parfaitement la possibilité d'une arche ogivale ou 
surbaissée, suivant l'élévation qu'on donne à la galerie. 

Comme il est constaté que la galerie de passage ne venait point aboutir à 
la cage de la Grande-Vis, nous penchons à croire qu'elle arrivait au niveau des 
salles situées au-dessus des celliers découverts. En relisant le texte de Sauvai, 



158 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

qui donne la distribution du vieux Louvre (voir t. I, p. 1 52 et suiv.), on s'aperçoit 
qu'il décrit surtout les ailes occidentale et méridionale, le plus souvent habitées 
par la famille royale. Mais nous savons aussi que l'aile septentrionale était prin- 
cipalement occupée par Charles V, et que c'était dans la tour du nord-ouest dite 
de la Fauconnerie , ou plutôt devers la Fauconnerie, et aussi de la Librairie, que le 
Roi avait installé sa bibliothèque et ses objets d'étude (voir t. I, p. 1 46). On pour- 
rait donc supposer que le Passage au Donjon, dans lequel étaient renfermés habi- 
tuellement les joyaux, possédait deux paliers de communication, l'un au rez-de- 
chaussée surélevé, l'autre au premier étage proprement dit. Cette communication 
se trouvait ainsi placée à égale distance des tours où le Roi avait établi sa librairie 
et sa taillerie. Quant à la richesse d'ornementation de ce passage, on peut se la 
figurer d'après le luxe de sculptures et de moulures qui couvraient la Grande-Vis 
voisine. 

L'encorbellement attaché au contre-fort de droite et le ressaut mouluré, aussi 
en naissance d'encorbellement, qui se voit à gauche du même contre-fort, indi- 
quent bien clairement qu'il y avait là une autre vis plus petite, desservant le pas- 
sage et la Galerie. Nous n'avons pas l'intention de compléter par une étude plus 
détaillée le croquis que M. Berty a ébauché de l'agencement de cette partie de 
façade avec la Grande-Vis. Cette étude longue et difficile ne nous paraît pas rentrer 
dans les limites d'un ouvrage topographique comme celui-ci; nous n'ajouterons 
donc à ce plan ni coupe ni élévation : il nous suffit de faire remarquer que cette 
petite vis # d'escalier, accolée à l'angle du passage et de la galerie de l'aile septen- 
trionale, avait peut-être un peu plus de capacité que ne l'indique M. Berty, les 
moulures de gauche pouvant faire deviner, de ce côté, un pan coupé en encor- 
bellement W. Du reste, le diamètre du culot dérasé au-dessous du larmier de cou- 
ronnement est assez grand, comme le démontre le tracé, pour recevoir une vis 



(1) On se tromperait, à notre avis, si l'on vou- 
lait, à cause de celte autre saillie de gauche, placer 
là, en face de la galerie de passage au Donjon, la 
Grande- Vis elle-même, en suivant les plans de res- 
titution inspirés par le texte de Sauvai et démentis 
par le résultat des fouilles. Il faudrait alors supposer 
que la Grande- Vis avait pris , sur la galerie de l'aile 
septentrionale elle-même, tout le diamètre qui lui 
a été attribué par les descriptions, et que le culot 
voisin lui était accolé, ou bien encore cpi'il suppor- 
tait l'une de ces saillies ornées de statues dont parle 
le texte. Nous ne pensons pas que le massif que 
M. Berty assigne au soubassement de la Grande- Vis 
ait pu être autre chose que cela, c'est-à-dire une 
sorte de tourelle saillante, dont nous ne verrions 
pas la destination à cet endroit. Et si l'on venait 
objecter que l'autre tourelle polygonale saillante, 



placée de l'autre côté du Passage, vers la tour de 
la Taillerie, était le pendant de la première, nous 
dirions que la construction de cette tourelle, élevée, 
comme l'indiquent les fouilles, postérieurement à 
la démolition de la Grosse- Tour, par François I", 
nous prouve précisément que c'est bien la Vis et 
non une tourelle qui surmontait le massif rencontré 
à gauche du Passage. C'est après la disparition de 
la tour et de la galerie de passage, construite en 
conséquence , que François I" dut faire élever la 
tourelle de droite, non reliée au mur de la contres- 
carpe, pour devenir le pendant de la Grande-Vis, 
et qu'il fit les raccords au centre, pour réparer les 
dégradations causées par la démolition. Tant que 
la galerie du Passage exista, on ne dut pas être 
choqué de l'absence de cette tourelle de droite, qui 
n'avait aucune raison d'être. 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866. 



159 



de la dimension de toutes celles qu'on rencontre, à des endroits analogues, dans 
la plupart des châteaux et palais de cette époque. 

Nous arrivons à la Grande-Vis, que les fouilles nous indiquent avoir été placée 
sur le mur de la contrescarpe du Donjon, vers l'angle du nord-ouest de la cour 
et dans l'axe de la tour de la Librairie. Les restaurations du vieux Louvre qui 
ont été tentées jusqu'ici, et qu'on a basées sur l'interprétation des données four- 
nies par une mesure erronée, ont assis la Grande-Vis au centre de la façade inté- 
rieure de l'aile septentrionale, et ont fait arriver sur elle la galerie du Donjon. 
Naturellement, les dimensions de ces constructions sont bien au delà de celles 
que comportait l'emplacement qui leur était destiné et que les fouilles ont décou- 
vert. Nous donnons ici le croquis du plan de cette partie du vieux château, resti- 
tué d'après les fouilles et les chiffres vérifiés de Sauvai; c'est le complément du 
travail de notre prédécesseur. 



La Grarnlt-\i< 




Nous ne reproduirons pas ici les calculs de M. Berty, consignés à la page 126; 
nous nous contenterons de faire observer que les irrégularités existant dans le pi- 
lier de support du soubassement disparaissaient nécessairement à la naissance des 
moulures inférieures de l'encorbellement de la Vis, lesquelles devaient, comme nous 
l'indiquons, saillir encore sur l'angle de ce soubassement et donner aux contours 
de la tourelle de cette Vis toute la régularité désirable. 11 est facile de se rendre 
compte de l'effet que devait produire cette tourelle, isolée sur la plus grande 
partie de son pourtour et solidement fondée sur la contrescarpe, tandis que les 
contre-forts de la galerie de l'aile septentrionale et la saillie du soubassement 
descendaient au fond du fossé. Elle occupait, à sa jonction avec le bâtiment, une 
partie d'une travée de la galerie, et s'élevait jusqu'à la hauteur indiquée par le 



160 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

nombre des marches de la grande révolution de la Vis. Nous n'avons pas besoin 
d'insister davantage sur la possibilité de faire entrer toutes les. parties décrites 
par Sauvai dans le pourtour de cette tourelle; on doit remarquer qu'elles y entre- 
raient même avec plus de facilité que si l'on plaçait, comme dans les restitutions 
graphiques publiées avant l'exécution des fouilles, la tourelle de la Grande-Vis 
dans l'axe de la galerie du Passage au Donjon, soit qu'on l'applique à la galerie 
de l'aile septentrionale, soit qu'on l'isole au milieu de cette galerie, ce qui était 
impossible dans l'état véritable des lieux. Il nous suffît donc de prouver, comme 
nous croyons l'avoir fait après M. Berty, que la cage de la Grande-Vis était bien 
posée dans l'angle formé par le mur de la contrescarpe de la Grosse-Tour et la 
façade de cette aile septentrionale, œuvre de Raymond du Temple, et appliquée 
par lui à la vieille courtine du château. 

La restitution de la base de cette Vis, faite dans les dimensions les plus larges 
possibles, démontre en même temps qu'il faut renoncer à placer la petite Vis 
supérieure à l'aplomb du noyau de la grande Vis inférieure, car la chose serait 
inexécutable. Mais il ne résulte pas nécessairement du texte de Sauvai que cette 
vis dût être placée dans l'axe perpendiculaire du noyau des révolutions inférieures; 
il est certain, au contraire, que, suivant en cela la pratique de tous les archi- 
tectes de l'époque, Raymond du Temple fit monter la petite Vis en l'appuyant 
très probablement sur l'un des angles formés par le bâtiment et la cage , en la 
laissant s'isoler pour dominer la terrasse qui, paraît-il, couronnait la tourelle 
de la Grande-Vis. La hauteur de cette partie vide formant le haut de la cage 
est justement donnée par le nombre des marches de la petite-Vis. Elle devait faire, 
de ce côté du bâtiment, un effet analogue à celui que produisait la petite Vis ap- 
pliquée au contre-fort oriental du Passage au Donjon, et elle avait le même objet. 

Dans la note ci-dessus, relative au massif appliqué à la façade intérieure, à 
droite de la galerie du Passage au Donjon, il a été dit que cette construction 
n'existait point au temps de Charles V, et avait été ajoutée probablement, ainsi que 
la régularisation de la cour, à l'époque de François I er , après la démolition du 
Donjon et de la galerie de passage; nous n'avons donc pas à revenir sur ce point, 
qui nous semble suffisamment démontré. 

1 ■ , " 1 " Du Cerceau dit, dans le texte de sa notice sur le Louvre, que, de son temps, 

h encorbellement 

sur ia contrescarpe. ] es vieilles parties du château de Charles V existaient encore, c'est-à-dire les 
ailes septentrionale et orientale; s'il avait donné seulement un tracé de ces ailes, 
comme il l'a fait pour les vieilles parties du château de Coucy, nous aurions les 
éléments suffisants pour apprécier la disposition de la façade construite par Ray- 
mond du Temple. A défaut de ce renseignement, les substructions découvertes 
nous autorisent à croire que le corps de bâtiment avait, du côté de la cour, un 
gros mur tangent au mur de la contrescarpe du Donjon, et qu'en avant de ce 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 18GG. 161 

mur, soit dans le fossé, soit en dehors, il y avait des piles ou contre-forts montant 
jusqu'aux retombées des arcs qui soutenaient la ligue accusant le niveau du sol 
surélevé des salles du rez-de-chaussée. On a un exemple de ce que nous indi- 
quons dans la façade occidentale du vieux Palais de la Cité, sans toutefois donner 
à entendre que les arcs étaient aussi surbaissés. L'espace entre les contre-forts 
était ici bien moins grand que dans le Palais de la Cité, et permettait d'employer 
l'arc en tiers-point, suivant la hauteur du sol au-dessus du dérasement actuel. 
Sur ce point nous n'avons pas d'opinion arrêtée; il suffit, pour atteindre notre but, 
que nous puissions voir dans ces contre-forts, en avant du mur, les soutiens d'une 
galerie indispensable à une circulation facile dans cette aile du Palais. Y avait-il 
une terrasse au-dessus de la galerie; ou bien un corridor à claire-voie donnait- 
il du dégagement aux appartements de l'étage supérieur? Nous pencherions vers 
cette dernière alternative, à cause du nombre de marches qui est compté dans la 
Grande-Vis, et qui, selon nous, a pour point de départ le niveau du sol de cette 
galerie et des salles placées au-dessus des celliers et des caveaux trouvés dans les 
substructions. 

De tout ce qui précède et de l'application du texte de Sauvai au château ra- 
mené à ses dimensions véritables, nous concluons que toute l'aile septentrionale 
allait se rattacher facilement, vers l'occident, aux constructions de l'aile qui con- 
tenait, comme aujourd'hui encore, les grandes salles royales, et, vers l'orient, à 
la courtine ainsi qu'à la tour de la Librairie. Dans la planche de restitution repré- 
sentant la façade occidentale du Louvre de la Renaissance^, nous avons placé, à 
l'angle nord-ouest, après l'avoir restituée d'après la vue de Cellier et autres gra- 
veurs, la figure de cette tour qui existait encore, et nous faisons remarquer que 
c'est la seule qui ait des mâchicoulis au-dessous du crénelagc. Toutes les vues que 
nous connaissons et qui donnent la figure des tours du Louvre, principalement le 
tableau de Saint-Germain-des-Prés et le retable du Palais, montrent que le créne- 
lagc était porté par un simple encorbellement formé de plusieurs membres de 
moulures sans trace de corbeaux. On voit aussi que la partie supérieure , au-dessus 
du crénelage, est en retraite sur les créneaux, de manière cà fournir passage au 
pourtour; toutes possèdent une tourelle de cage d'escalier et un ou plusieurs corps 
de cheminée. A notre avis, ces parties n'avaient qu'un étage, du temps de Phi- 
lippe-Auguste, et c'est Charles V qui, en appropriant ce côté et en construisant 
l'aile du nord, a fait relever la tourelle supérieure et réparer les créneaux de toutes 
ces tours d'angle. La disposition intérieure de ces tours devait être la même que 
celle des deux tours du pignon septentrional du vieux Palais de la Cité, qui se voient 
encore sur le quai. Ces tours étaient garnies, il y a une vingtaine d'années, des 
armoires qui les meublaient au xiv c siècle, et l'on peut remarquer qu'elles ont 
toute l'apparence de celles que nous montrent les anciennes vues du Louvre; leur 

(1 > Voir p. 5 7 . 



n. 



162 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

destination était, en effet, la même. La tour de la Taillerie ne paraît point avoir eu 
de mâchicoulis; on n'en voit pas trace dans les images qui nous en sont restées. 

Nous ignorons aussi comment était disposée la partie centrale correspondant à 
la tour appelée du Milieu. Gomme elle ne se trouvait pas dans l'axe du Donjon et 
du Passage qui y reliait l'aile septentrionale , il est permis de supposer que la 
toiture filait droit jusqu'aux tours d'angle. 

Quant à la partie orientale du château , nous avons assez de documents graphiques 
pour donner une idée de ce qu'elle pouvait être. Sauvai ne la décrit pas, ce qui 
porte à croire qu'elle ne renfermait que des services domestiques, sans aucun ap- 
partement royal ou princier. La vue de ce côté était d'ailleurs tout à fait triste : on 
n'avait en perspective que le mur de Philippe-Auguste, auquel s'adossaient des 
masures ou des granges et des chantiers. Cette partie a donc toujours été peu 
décrite, parce qu'elle n'offrait aucun intérêt artistique. Elle a aussi été détruite la 
dernière , puisque c'est de ce côté que fut agrandie la cour et que Perrault bâtit 
sa fameuse colonnade. 

Cette période, qui embrasse la reconstruction du Louvre, au moins dans sa 
portion septentrionale, ainsi que l'ornementation et l'agrandissement des jardins 
par Charles V, s'étend jusqu'à la fin du xv c siècle; c'est évidemment la belle époque 
du Louvre, car ce palais était alors entièrement occupé, et l'on voyait s'y étaler 
toute la splendeur de la cour de France. 

L'<siat du Louvre Pendant tout le règne de Charles VI, règne si agité et si malheureux, le 
Charles vi. Louvre demeura la résidence de la cour d'Isabeau de Bavière, qui y faisait ses 
réceptions solennelles et transportait ses autres divertissements dans les riches 
hôtels que les rois ou les grands seigneurs possédaient dans les quartiers Saint- 
Paul, Saint-Antoine, et surtout du côté du bourg Saint-Marcel, sur les bords alors 
fort riants de la Bièvre. Ainsi le Louvre dut être convenablement entretenu. C'est 
peut-être à cette époque, ou au règne suivant, qu'il faut attribuer la construction 
de cette cour carrée et crénelée qu'on voit collée à la courtine, derrière la tour 
d'angle du sud-est. Elle pouvait contenir une cage d'escalier plutôt que l'extrémité 
d'une des chapelles intérieures. Dans tous les cas, elle ne paraît avoir été cons- 
truite qu'après Charles V, et elle disparaît dans l'œuvre du xvu e siècle. 

Nous pensons, comme M. Berty, que le château du Louvre tomba, vers la fin 
du xv e siècle, dans un certain état de délabrement, puisque François I er en décida la 
reconstruction totale, et que, au moment de la visite de Charles-Quint, il dut, 
pour loger son rival, faire d'assez grosses dépenses. 

Françoisi" Pour commencer l'exécution de son projet, François I er fit raser d'abord la 

Grosse-Tour, p ™ . . . * .... 

brosse- lour, qui encombrait la cour avec son immense fossé, puis un petit pavillon 
et une fontaine en avant du pont-levis ou dormant, du côté du midi. En effet, 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866. 163 

la Grosse-Tour ne représentait plus l'idée féodale dont elle était le signe matériel 
dans les siècles précédents; le pouvoir souverain s'entourait alors d'une plus grande 
pompe; la garde était plus nombreuse, et les seigneurs, qui auparavant résidaient 
sur leurs terres, s'empressaient devenir à Paris autour du Roi. Les cortèges pom- 
peux de la Renaissance n'auraient pu se développer ni même être contenus dans 
la cour exiguë de l'ancien Louvre. 

En faisant disparaître la Tour, il fallut détruire la galerie de passage, et il ne 
resta que la Vis et le motif de la façade, qui alors parut boiteux au goût symé- 
trique de l'époque. C'est, comme nous l'avons dit plus haut, à cette époque qu'il 
faut faire remonter la construction de la tourelle élevée sur la face méridionale de 
cette aile du château. François I er avait l'intention de faire la principale entrée du 
Louvre du côté oriental, parce qu'il avait enfermé l'ancien chemin du bord de 
l'eau dans le jardin méridional; mais il paraît qu'il ne jugea point à propos de 
renverser immédiatement cette aile, et qu'il se borna à restaurer les bâtiments de 
Charles V. Ces bâtiments, étant les derniers construits, avaient conservé une cer- 
taine solidité. Nous voyons, par les fouilles exécutées de ce côté, que la poterne 
était demeurée dans l'état où l'avait mise Philippe-Auguste; et évidemment une 
porte de cette exiguïté n'était point une porte principale. 



M. Berty a eu raison de dire, dans le premier volume de cet ouvrage, que la 
reconstruction du Louvre était due au passage de Charles-Quint à Paris. Cette 
visite avait lieu en i53o,, et en i5/io Pierre Lescot recevait l'ordre de tracer le 
projet d'une reconstruction générale. On commença par les parties les plus an- 
ciennes et les plus endommagées, l'aile occidentale, et l'on voit, dans la planche 
rectifiée du Louvre, accompagnant ce volume, que cette aile s'étendait du pavillon 
du Roi, angle sud-ouest du château, jusqu'à l'escalier de Henri II, où se trouvaient 
le passage et le pont sur la rue Fromenteau , et qu'elle venait butter contre le 
bâtiment de Charles V. 



s,., pn jel 
reconstruction 

loin].-. 



Suivant les errements des architectes de cette époque, Lescot s'astreignit à 
conserver la plus grande partie possible des anciens fondements du vieux château ; 
il s'appuya donc sur la muraille épaisse de Philippe-Auguste, et il employa une 
partie des anciens matériaux, ainsi que les fouilles l'ont fait reconnaître. Les dif- 
ficultés des temps empêchèrent de pousser ces travaux avec toute la célérité 
désirée, et c'est seulement en i5/i8 que le gros œuvre paraît avoir été terminé. 
Quant aux appartements intérieurs, on les laissa longtemps dans une situation 
provisoire, et l'on se borna d'abord à clore et couvrir les bâtiments construits. 

C'est très-probablement à cette période de démolitions successives que l'on doit 
attribuer les constructions élevées sur la façade orientale, pour loger le nombreux 
personnel placé auparavant dans les ailes démolies. Nous donnons ici un dessin 



Pierre Lescol 
entreprend 

la reconstrucliuM 
du Louvre. 



164 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

tiré d'un tableau acquis récemment parla Ville de Paris, et qui montre d'une ma- 
nière assez détaillée les divers bâtiments de ce côté du château. L'aile méridionale 
des Valois et de Henri IV est construite; comme dans la vue de Sylvestre et celle 
de Pousin (page loi) de 161 5, on voit qu'on avait respecté la tour d'angle et 
surélevé un étage sur la vieille courtine, avec une sorte de pavillon sur les tours 
de la poterne de la rue d'Autriche (1) . 

A partir de ce moment, les travaux du Louvre se continuèrent sans interruption , 
quoique lentement, et l'on comprit alors que les rois voulaient dorénavant résider 
dans ce palais. Toutes les acquisitions possibles furent faites pour agrandir et isoler 
le château et ses jardins. Mais en même temps les rois accordèrent à plusieurs 
de leurs favoris l'autorisation de se construire des habitations sur des terrains 
dépendant du Louvre et destinés à y être réunis. Cet abus prit de si grandes pro- 
portions que, au xvn c siècle, lorsque les rois voulurent achever l'œuvre com- 
mencée par François I er , ils durent avoir recours à des mesures d'éviction contre 
les détenteurs de ces terrains alors bâtis et plantés. 



Comparaison 

■ 1 11 plan de Glarac 

avec 

le plan réel restitué 
d'après les fouilles. 



Notre but unique étant de compléter les observations de M. Berty sur les fouilles 
de 186G, nous avons dû nous appliquer principalement à replacer sur les ves- 
tiges découverts alors, et décrits graphiquement dans la série de gravures qui 
accompagne cette notice, les anciens bâtiments décrits par Sauvai et dont on 
était loin de connaître la vraie situation avant les renseignements trouvés dans 
ces fouilles. Nous renvoyons donc pour le reste à la partie du présent volume 
qu'a laissée M. Berty et que nous avons élucidée par quelques notes. Maintenant 



(1) Nous avons fait ce dessin afin de montrer l'ac- 
cord qui existe , sur le point de comparaison des tours 
d'angle, entre plusieurs représentations contempo- 
raines. Ces copies prouvent avec quel soin nous avons 
pu étudier ces parties peu connues du vieux Louvre. 
On aperçoit distinctement la retraite marquée à la 
hauteur du crénelage démoli, la cheminée et les 
bases étroites des fenêtres avec leurs meneaux ou 
traverses. Dans la planche de la page io3 on voit 
bien le raccord de l'ancienne maçonnerie de Philippe- 
Auguste avec celle du temps de Charles V, qui est 
plus parfaite. Ces restitutions, appuyées de témoi- 
gnages comme ceux que nous offrons, nous parais- 
sent mieux atteindre le but qu'on s'est proposé en 
publiant le présent ouvrage, que si nous avions 
donné de simples tracés des monuments. Les légères 
inexactitudes qu'une critique sévère y relèverait 
peut-être ne nuisent pas à l'effet vrai que l'ensemble 
produit; et d'ailleurs nous croyons qu'en produi- 
sant des preuves contraires aux exemples que nous 
offrons, on peut arriver au doute, mais non à une 



contradiction soutenable. On voit dans le tableau , 
et nous avons cherché à reproduire dans la gra- 
vure, la différence des couvertures en tuiles et en 
ardoises. Ainsi les poivrières des tours d'angle, les 
combles des maisons du centre et le comble du 
grand bâtiment du midi sont couverts en ardoises; 
le reste l'est en tuiles. Il est probable que le Louvre 
de Charles V était couvert en ardoises, parce que 
Raymond du Temple couvrit de cette façon la cha- 
pelle deSaint-Jean-de-Beauvaiset, quelques années 
plus tard, le collège, ainsi qu'il résulte des comptes 
du procureur de cette maison. (Archives de l'Em- 
pire, MM 355.) — Le champ de vue du tableau, 
dont nous reproduisons une partie , s'étend de la 
tour de Nesle à la tour de la Taillerie et a l'hôtel 
Bourbon; notre gravure reproduit la tour de droite. 
Dans un autre tableau de la même époque, où 
la tour du sud-est est tout à fait sur le bord du 
cadre, on voit distinctement encore cette retraite 
au crénelage qu'indique nettement le premier ta- 
bleau. 




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PLAN COMPARATIF DV LOVVRE 

ES DE 16' 






LES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866. 165 

il nous reste à présenter, sur la planche ci-contre , le tracé vrai de l'étendue du 
vieux Louvre révélée par les fouilles, et, en premier lieu, par les recherches de 
M. Berty, en le comparant aux restitutions tentées d'après Sauvai. Sauf quelques 
erreurs de copistes, nous croyons que Sauvai sera réhabilité par l'application intel- 
ligente des mesures qu'il a transcrites et qui peuvent être aujourd'hui reportées 
sur le terrain même. Les architectes savent Lien que les dimensions exprimées 
dans les comptes et mémoires sont toutes d'une exactitude relative; ainsi par 
exemple, pour mesurer la maçonnerie, il faudra retrancher d'un côté les deux 
épaisseurs des murs des extrémités, si l'on ne veut pas cuber double les angles. 
Les parements, au contraire, se développent complètement; on voit ainsi quelle 
pourra être la différence. Dans les développements des surfaces de peinture, l'écart 
peut devenir encore plus fort. Si Sauvai a pris ses mesures dans les mémoires de 
la Chambre des comptes, aujourd'hui détruits pour la plupart, il n'est pas éton- 
nant qu'il ne soit pas d'accord, suivant les cas, soit avec les mesures prises dans 
d'autres circonstances , soit avec lui-même. C'est pourquoi, avant de condamner les 
renseignements, tout étranges qu'ils semblent d'abord, rencontrés dans un auteur 
contemporain, voisin des événements, ou seulement ayant été en position soit de 
voir, soit de bien savoir, il faut réfléchir, étudier et surtout fixer, sous une forme 
graphique bien arrêtée, les résultats que la lecture a fournis. 

M. Berty, dans le plan comparatif que nous donnons ci-contre, a superposé le conclusion. 
Louvre révélé par les fouilles au Louvre restitué par M. de Clarac d'après les pré- 
tendus renseignements tirés de Sauvai. A la première inspection de ce plan, on voit 
combien est juste la remarque faite par nous, qu'en restituant isolément, sur de 
simples données chiffrées, un monument qui n'existe plus, on s'expose à des er- 
reurs véritablement ridicules. Ainsi, toute la portion de ce plan en teinte foncée 
étant le Louvre retrouvé dans les fouilles, et les teintes plus pâles représentant le 
tracé de M. de Clarac, on remarque immédiatement que toute la muraille d'en- 
ceinte de la Ville est rejetée à l'orient d'environ 3o mètres. Cette première erreur 
est d'autant plus impardonnable que, au moment où M. de Clarac donnait son plan 
de restitution, il existait un tronçon de la rue d'Autriche (lequel existe encore 
aujourd'hui sous le nom de rue de l'Oratoire), et que ce repère devait faire re- 
pousser à l'occident la muraille qu'on savait avoir bordé la rue d'Autriche. Nous 
ne parlons pas de l'église Saint-Germain, parce qu'elle était plus éloignée. 

La muraille d'enceinte de Philippe-Auguste suit la façade intérieure de l'aile 
orientale, et le Donjon est placé dans l'angle de la cour du même coté. Il suit de 
là que tout le système de construction de Raymond du Temple est rejeté au nord 
de 1 h mètres au delà de son emplacement vrai. On s'étonne qu'avec la direction 
connue des rues de Beauvais et des Poulies, M. de Clarac ait pu être entraîné à 
commettre une erreur pareille, qui supprimait la moitié du jardin. 



166 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Il s'en est suivi que les distributions intérieures ont été agrandies, changées, et 
que le nombre des tours a été augmenté. Dans le corps même du quadrangle on 
ne compte que dix tours; la tour de l'Engin ou de l'Ecluse, en dehors, et celle 
de forme carrée appliquée au pignon oriental compléteraient le chiffre de douze; 
maison ne peut en compter davantage, à moins de faire entrer dans le total toutes 
les tours qui flanquaient les murs d'enceinte, et peut-être celles qui formaient les 
chevets des diverses chapelles du palais. 

M. de Clarac a placé la tour de la Librairie sur la façade méridionale et près 
du coin du sud-ouest, parce qu'il a voulu la distinguer de la tour de la Faucon- 
nerie, que M. Berty a démontré être exactement la même, et que nous-même 
avons expliqué devoir être placée dans l'aile septentrionale, où Charles V avait 
rassemblé tout ce qui pouvait servir à ses études ou à ses distractions. 

Pour ne pas répéter ici les preuves données par M. Berty et justifiées par les 
fouilles, nous renvoyons le lecteur au premier volume de cet ouvrage, dans lequel 
est réfuté le système de restitution de M. de Clarac. Nous ajouterons seulement 
quelques considérations sur les erreurs commises dans la restitution de la partie 
septentrionale et notamment dans la traduction graphique de la Grande-Vis et du 
Passage. On sait maintenant que la Vis ne touchait point immédiatement le 
Passage, et, en relisant le texte de Sauvai, on ne voit pas qu'il faille l'interpréter 
autrement que par le rétablissement des dispositions véritables. Ces erreurs con- 
tinuelles et énormes ont été amenées, croyons-nous, par la préoccupation cons- 
tante où l'on était de trouver dans l'ancien château du Louvre une grandeur 
qui n'existait pas. Les formules admiratives des écrivains qui en ont parlé paraissent 
toutes naturelles, lorsqu'on se reporte à l'époque où ils écrivaient. Alors les di- 
mensions du Louvre étaient fort respectables, et, en les rapprochant de celles 
des autres palais établis dans les villes, on voit que ces écrivains avaient raison de 
les admirer. Mais, si l'on veut trouver dans les palais de Philippe-Auguste, de 
Charles V et même de François I er cet espace auquel les grands édifices de Louis XIV 
nous ont habitués, on tombera dans une grande erreur, et ces vieux châteaux pa- 
raîtront exigus et mesquins. N'oublions pas que le moyen âge ne bâtissait que sui- 
vant les besoins qu'il voulait satisfaire; or, quand on se rappelle le système féodal 
et son organisation militaire , on comprend facilement que le Louvre devait paraître 
un grand palais. Les projets même de Lescot exécutant les intentions de François I er , 
suivies par Henri II et ses successeurs, ne dépassaient point, ou de fort peu, les 
dimensions de l'ancien quadrangle. Les descriptions de Sauvai, et ce que l'on sait 
des embellissements et adjonctions diverses que les princes de la famille royale ou 
les rois eux-mêmes faisaient à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments du Louvre , 
comme le porche d'une chapelle, un corps de garde, une galerie pour aller à la 
grande chapelle et une vis d'escalier dans l'angle intérieur du sud-est , vis dont 
on voit le chapeau dans le tableau de Saint-Germain-des-Prés , autorisent à croire 



LES FOUILLES DU LOUVRE EN 1866. 167 

qu'on ne regardait pas comme bien nécessaire un grand espace dans celle cour. 
Le quadrangle n'élait occupé, du temps de Charles V et de Charles VI, que par 
la famille royale et ses serviteurs, les gardes et les écuries se trouvant rélégués 
dans les parties occidentales en dehors des fossés. 

Avant de terminer cette notice, nous ferons sur le Louvre une dernière obser- Niveau do i 

, '.> il] •<(■• u 1 «■ • dam ta eonr do Lob 

vation quon lia très-probablement point laite encore; elle est relative au niveau 
du sol de la cour du château, par rapport aux terrains environnants. 

Les fouilles ont démontré que le sol n'avait été ni baissé ni sensiblement 
exhaussé depuis les constructions de la Renaissance. On se rappelle, d'un autre 
côté, l'énorme dépression de terrain qui existait dans la rue Fronientcau , la rue 
du Doyenné, etc., et dont on peut juger encore par le niveau des cours intérieures 
des écuries de l'Empereur, entre la Grande-Galerie et le nouveau Louvre. De 
ces renseignements il est permis d'inférer que le profil du terrain occupé par 
le château du Louvre a toujours présenté un renflement prononcé sous le qua- 
drangle, et qu'il dominait les rues et terrains des environs. Cette circonstance évi- 
dente vient à l'appui de l'opinion que nous avons émise, contrairement à celle de 
notre prédécesseur, que ce terrain , placé en avant du retranchement normand du 
ix e siècle, avait alors ou plus tard, mais presque immédiatement après, porté une 
fortification quelconque. Nul n'oserait dire, en effet, que Philippe-Auguste fit rem- 
blayer le terrain sur lequel il établit sa forteresse. Ces grands remaniements du 
sol, familiers aux Romains et aux barbares, n'entraient point dans les habitudes du 
moyen âge; on se bornait à escarper ou à creuser le sol, qu'on avait choisi d'abord 
à cause de sa disposition naturelle, et l'on ne construisait que ce qui était absolu- 
ment indispensable aux besoins du moment. On abritait promptement les bâti- 
ments, et l'on attendait souvent bien longtemps avant d'achever l'ensemble des 
édifices. Cette règle, imposée par la nécessité, souffre peu d'exceptions; elle s'af- 
firme dans la construction des nombreux monastères, des châteaux et surtout 
des cathédrales qui s'élevèrent partout durant cette belle époque architectonique. 

Ici se termine ce que nous pouvions dire pour compléter les explications de 
M. Rerty et pour rattacher nos souvenirs historiques et topographiques aux notes 
très-succinctes qu'il avait écrites pour la justification de son travail. Le texte et les 
opinions de notre prédécesseur ont été religieusement respectés; mais, comme cet 
ouvrage n'est point une œuvre exclusivement personnelle, nous avons cru devoir, 
non pas précisément réfuter, mais seulement éclaircir les parties restées douteuses 
dans les interprétations. Nous-même nous avons exprimé nos doutes, afin que les 
lecteurs studieux et attentifs puissent compléter les détails nécessairement insuf- 
fisants de cette restitution. On comprend facilement qu'après avoir compulsé et 
vérifié tous les documents déjà vérifiés, déjà compulsés par M. Berty, après avoir 



168 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

mûri par la réflexion cet ensemble de faits et d'interprétations diverses, il soit de 
notre devoir de mettre le tout sous les yeux de nos lecteurs, juges en dernier 
ressort du mérite de ce travail. Quant à M. Berty, nous le répétons avec la plus 
entière conviction, il a bien mérité des savants et des archéologues en osant réta- 
blir, avant les fouilles, l'état véritable du château du Louvre. Les quelques er- 
reurs qui se sont glissées dans son travail prouvent le respect qu'il professait pour 
les opinions de ces devanciers et le soin qu'il prenait de ne les combattre qu'avec 
des armes sûres et éprouvées. Les fouilles ont maintenant affirmé sa restitution; le 
tracé qui vient d'être fixé sur le sol de la cour permettra désormais aux personnes 
les moins familières avec ces questions de vérifier chacune de nos assertions et 
de reconstituer elles-mêmes le Louvre du moyen âge. 



APPENDICES. 



APPENDICES. 



1. 
HÔTEL DE BACQUEVILLE. 

(Voir t. I, p. 10 et 1 1.) 

C'est vers remplacement de l'hôtel de Baequeville que devait se trouver une certaine tr place 
vague et inutile •>•> dont Henri IV, le 6 janvier 1610, fit don au sieur de Frontenac, baron de 
Palluau, son premier maître d'hôtel. Suivant la teneur du mandement royal, qui nous a été 
signalé par M. de Coëtlogon, le terrain était situé près du Louvre, derrière le jardin, entre le 
jeu de paume tenu par le nommé Poulet et l'hôtel d'Eu, propriété de la duchesse de Guise; le 
concessionnaire était autorisé à y construire tel logement qu'il lui plairait, et même à étendre 
son bâtiment au-dessus de la porte qui conduisait dans le grand jardin du Château. Il ressort 
de ce document que, dès 1610, l'hôtel d'Eu était connu sous ce nom, et qu'il s'élevait au midi 
de l'hôtel de Clèves, ou n'en était point encore distinct. 



IL 
HÔTEL DE BOURBON. 

(Voir l. I, p. 3 9 .) 

La Chapelle du manoir n'était point située au lieu que nous avons indiqué sur la feuille V. 
mais en bordure sur la rue du Petit-Bourbon, dont le décrochement était formé par la façade 
occidentale de l'édifice, comme on le distingue parfaitement sur le plan de Gomboust. (Voir la 
planche de la page 1 38 , t. I.) Egaré par les dimensions très-fausses qui sont mentionnées 
dans le manuscrit appartenant à M. Le Roux de Lincy, nous avons confondu la Chapelle avec la 
Grande-Salle, laquelle offrant des croisillons et une abside, prend, sur diverses vues, l'aspect 
d'une véritable église, dont une tour, placée tout auprès et coiffée d'un toit pyramidal, figure le 
clocher. Loin de mesurer trente-deux toises de longueur, ainsi que le rapporte le manuscrit pré- 
cité, la Chapelle n'en avait probablement pas plus d'une dizaine, de sorte que le chiffre de 
neuf toises prêté à son comble semble exact. Sur le plan de Math. Mérian, la Chapelle apparaît 
surmontée d'une flèche qu'on retrouve sur le dessin du xvi e siècle (page 1 35 , t. I), où il est 
étrange que le bâtiment si remarquable de la Grande-Salle soit entièrement supprimé. M. J. 
Cousin, en nous faisant remarquer notre méprise, a attiré notre attention sur les deux passages 



172 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

suivants du Mercure françois , où il est question de la Grande-Salle, à propos de l'ouverture des 
Etals de 1 6i A et du fameux ballet donné le 19 mars 161 5 : 

«Cette grande Sale et son lambris estoient entièrement peints de fleurs de lys, et au 
baut d'icelle, du costé de Saint-Germain-de-i'Auxerrois, estoit un grand dais ou tribune, 
en forme de théâtre ou échaffault, eslevé de trois marches, au milieu duquel estoit un 
grand marche-pied, et sur iceluy un autre sur lequel le Roy se^meit en son siège. Tout ce 
théâtre estoit couvert de tapisserie de velours violet, semé de fleurs de lys d'or.» (Année 
1616, troisième continuation, p. 67.) — «Cette Salle (celle du ballet) estoit de dix- 
huict toises de largeur sur huict de longueur, au haut bout de laquelle il y a encore un 
demy-rond de sept toizes de profond sur huit toizes et demi de large; le tout en voûte 
semée de fleurs de lys. Son pourtour est orné de colonnes avecques leurs bases, chapitaux, 
architraves, frizes et corniches d'ordre dorique, et entre icelles corniches des arcades et 
niches, w (Année 161 5, p. 9.) 

Ce doit être pour la cérémonie de 161 h que la Grande-Salle reçut une décoration dorique, 
et nous supposons que le demy-rond n'était point plus ancien, car une salle de château se ter- 
minant par une abside est bien peu dans les usages du moyen âge. La largeur de l'hémicycle, 
étant de huit toises et demie, confirme celle de dix-huit pas communs W que Sauvai donne à la 
Grande-Salle, à laquelle il prête la longueur très -vraisemblable de trente-cinq toises. Quant 
aux dimensions de dix-huit toises de largeur sur huit de longueur mentionnées dans l'un des 
textes qu'on vient de lire, elles ne s'expliquent que par la substitution du mot largeur au mot 
longueur, et ne peuvent s'entendre que de la partie de la Salle spécialement consacrée au 
ballet. 



III. 
TOMBE DE PIERRE LESCOT. 

(Voir t. I,p.ai3.) 

M. J. Gailhabaud, le collectionneur émérite si connu, nous a fait profiter, une fois de plus, 
de sa vaste expérience en matière iconographique. Il a bien voulu rechercher pour nous s'il 
n'existait point quelque dessin de la tombe de Lescot, et a fini par en découvrir un au dépar- 
tement des Estampes à la Ribliothèque impériale. Ce dessin, dont on voit ci-contre le fac-similé 
réduit' 21 , représente la dalle funéraire de Clagny, moins le quart supérieur, auquel l'artiste a 
malencontreusement substitué le titre suivant: rr Tombe de Pierre Lescot, seigneur de Clagni, 
et abbé de Clairmont, surintendant des bâtiments du Louvre de 1 553 à 1 57/1 ' 3 '. Posée à N. D. 

!1) Le pas commun était réputé de deux pieds et (1) Nous ne sachions pas qu'il y ait eu au xvi'siè- 

demi (o m ,8i); dix-huit pas équivalaient donc à sept cle un surintendant des bâtiments du Louvre, et 

toises trois pieds. Ajoutant deux fois trois pieds pour nous pensons que le dessinateur s'est trompé; mais 

l'épaisseur des murs, on obtient une largeur totale il peut être dans le vrai en donnant la date de 1 57 h 

<lo huit toises et demie. comme celle à laquelle Lescot cessa de diriger les 

<S) Le dessin original est haut de o m ,485 et large travaux du palais, 
de o n ',6y0. 




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APPENDICES. 173 

ff de Paris, dans la Chapelle des SS. Féréol et Ferrucien. — Levé sur le lieu par A. Duchesne fis , 
f 1 7 5 g . » 

Nous n'avons pas reproduit ce titre puisqu'il est sans intérêt; niais nous avons comploté par 
des lignes ponctuées la pierre telle qu'elle devait être réellement, à en juger par la disposition 
symétrique des parties dont nous avons l'image. La tombe de l'architecte du Louvre consistait 
en une dalle de marbre blanc, qui portait une inscription et qu'encadrait une bordure de 
marbre noir, où l'on avait incrusté des larmes, deux tètes de mort, des ossements croisés avec 
un ou deux écussons aux armes de Lescot' 1 ', le tout découpé dans du marbre blanc cl modelé par 
des hachures, suivant un usage commun au temps de Louis XIII. Le monument, en effet, ne 
paraît remonter qu'à cette époque, et il était dû à la piété de Léon Lescot, dont il mentionne 
la mort, soit parce qu'il était postérieur à cet événement, soit par suite d'une addition à l'épi- 
taphe. Celle-ci confirme tous les détails que nous avons précédemment donnés sur l'oncle et le 
neveu, et elle apprend, en outre, que le premier mourut âgé de soixante-trois ans; il était 
donc né en i5i5, et non en i5io, comme on le croit généralement. Voici d'ailleurs le texte 
de l'inscription, que le rédacteur a prétentieusement rehaussée d'une double citation hébraïque 
empruntée aux Psaumes et au Livre de Job' 2 ' : 

Petro Lescotio, e gente dominorum a Lissy, domino a Clagny, monasterii B. Maria? 
a Claromontc abbati commendatario; regum sub queis vixit, Francisci I, Henrici II, Ca- 
roli IX et Henrici III a consiliis, hujus insignis Ecclesiaa Parisiensis canonico. Obiit iv idus 
septembris anno Domini mdlxxviii , a?tatis suae lxiii. 

Léo ex fratre nepos, e successione Clanius, a resignatione Claromontanusabbas, regius 
in Senatu Parisiorum supremo Parlamenti curia conciliarius, in Ecclesia Parisiensi cano- 
nicus patruo suo charissimo de se optime merito, mœrens poni curavit. Obiit m idus no- 
vembris, anno mdcxxiv» 

et SIBI 

PARS EGO PRIMA MEI, MEUM EGO IMMORTALE CREATUM . 

EXPECTO IN PATRIA PEREGRE HEIC ME EX PARTE RELICTUM. 

: i"?3>n3 npaVi mm dvi:3 minb «n n^ "?3 mm maa Tnty t?p2N nmx mm nxD tntav mx 

: W> 2vx - : rvhx mnx "nc^Di nxr icp: ms? -înxi : oip" 1 idî? bv jnnxi ti iSxa iny-p ^x 
HtEC MEA QILE TERRIS MEA NON DOMUS ULTIMA COELEST M. 

Ce qui signifie : 

A Pierre Lescot, de la famille des seigneurs de Lissy, sieur de Clagny, abbé commen- 
dataire du monastère de Sainte-Marie de Clermont, conseiller des rois François [ w , 
Henri II, Charles IX et Henri III, sous lesquels il vécut, chanoine de cette illustre Eglise 
de Paris. Il mourut le 10 septembre 1678, Agé de soixante-trois ans. 

Fils du frère du précédent, Léon, son neveu, par son héritage sieur de Clagny, et par 

(1) Ce sont bien celles que nous avons indiquées, p. 21 5, t. I, d'après Blanchard. — (S) Le savant 
M. Ernest Renan nous a obligeamment expliqué le sens de la citation. 



174 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

sa résignation abbé «le Glermont, conseiller du roi à la cour du Parlement, chanoine de 
l'Église de Paris, en souvenir de son oncle et bienfaiteur affectionné, a fait placer ce mo- 
nument, qui marque aussi sa sépulture. Il mourut le 11 novembre 162/1. 

Moi, essence première de mon être (mon âme), moi, substance créée immortelle, j'at- 
tends anxieusement, dans ma patrie (au ciel), cette autre partie de moi qui gît ici. 

«J'ai demandé au seigneur une seule chose, et je la rechercherai uniquement: c'est 
«d'habiter dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, afin que je contemple les 
«délices du Seigneur et que je considère son temple.?' (Ps. XXVH m .) 

«Car je sais que mon rédempteur est vivant, et que je ressusciterai de la terre au der- 
« nier jour; que je serai encore revêtu de cette peau; que je verrai mon Dieu dans ma chair. » 
[Job, xix.) 

Ce lieu où je repose sur la terre ne sera point ma dernière demeure : celle-là est au 
ciel. 

IV. 
RETABLE DU PALAIS DE JUSTICE. 

( Voir t. I , appendice VI.) 

Nous donnons ici les extraits de diverses sentences ou délibérations du Parlement ayant rap- 
port au tableau de la Grand'Chambre, appelé ordinairement le Retable du Palais de justice. 

1 ° Fuit et est intencionis presidentium et consiliariorum curie quod cita summa x li- 
brarum paris, convertatur ad reparacionem picture tabularii seu tabule ante parquetum 
camere Parlamenti affixe seu pendentis. 

(Arch. de l'Emp. Parlement. Conseil, mercredi 19 octobre 1627, 1/120, fol. 386.) 

2° La Cour a condemné et condemne ledit Lefevre en somme de cent solz parisis qui 
seront convertiz à la reffection du tableau de la Grant Chambre d'icelle Court. 

(i45a, 5 avril. Conseil, 18. fol. 21 v°.) 

3° Il sera dit que en paiant lesdits suppliants cent solz parisis qui seront convertiz en la 
réfection dudit tableau de la Grant Chambre de Parlement. . . 

(i452, 2 juin. Conseil, 18. fol. 29 v°.) 

à La Court a ordonné et ordonne que en paiant par ledit suppliant xl s. p. pour estre 
convertiz en la réfection du tableau de la Grant Chambre de Parlement.. . 

(-1 65s , 6 juin. Conseil, 18. fol. 3o.) 

5° La Cour condemne ledit sergent en l'amende de dix livres p. lesquelles seront con- 
vertiz en la réfection du tableau de la Grant Chambre. 

(ii52, 6 juin. Conseil, 18. fol. 3o v°.) 

' Ps. XXVI de la Vulgate, verset h. Le passage suivant se compose des versets 2 5 et 26 du cha- 
pitre xix de Job. 



APPENDICES. 175 

6°. .. Et condemne led... en amende de 80 1. p. lesquelles seront converties en la 
réfection du tableau de la Grant Chambre de Parlement. 

(i'i5a, 1^1 juin. Conseil, 18. fol. 3i v". X i'i83.) 

7 . .. Et condemne la Cour ledit maistre Jaques de Veaul.v en /10 s. p. pour emploier 
à la réfection du tableau de la Grant Chambre de Parlement. 

(l&5a, aa novembre. Conseil, 18. fol. Go. X iA83>) 

8°. .. Ouye la relation des dits commissaires, la Court a condemne et condemne ledit 
Robert Dain (ou Dam) en xl solz parisis d'amende, lesquelx seront emploies à la réfaction 
du tableau de la Grant Chambre de Parlement. 

(i'i5a, 1.3 détiembre> Conseil, 18. fol. (is. X i483i) 

g ... Condemne lad. Court lesd. défendeurs en amende envers le Roy en la somme de 
cent livres parisis, laquelle somme sera convertie et emploiée à la réfection du tableau 
ordonné à faire en la Grant Chambre d'icellui Parlement. 

(i45f-, 32 janvier. Conseil, 18. fol. 65 v". X i-'i83.j 

1 o° La Court a ordonné et ordonne que sur les héritiers et exécuteurs du testament de 
feu maistre Jehan Paillarl, jadis conseiller en la Court de Parlement, commis par icelle 
pour recevoir les deniers ordonnés pour la façon du tableau pour la Grant Chambre du Par- 
lement, sera fête exécution, comme pour les deniers du Rov, pour la somme de vij"nj 
livres j sol mj deniers parisis restant de ce qu'il en avoit receu. 

(2 juillet i454, en conseil, en la Grant Chambre. Registre XVIII du Conseil, fol. i5o. X i483.) 

Il résulte clairement de ces extraits que le tableau qui nous occupe a été fait de ii52 à 
16 5 A ou 55, selon qu'on croira devoir supposer que son exécution ait eu lieu dans le même 
temps qu'on réunissait les fonds qui lui étaient destinés, ou qu'elle ne commença et ne 
s'acheva qu'après que tous ces fonds furent aux mains du conseiller chargé de les réunir. 

Ces extraits ne donnent aucun indice sur le nom de l'artiste qui fut chargé de ce travail, ni 
sur la somme qui lui fut allouée. Celle qui résulte des sommes réservées par les extraits ci-des- 
sus ne dépasse point 356 1 q s 4 d . 

Les vicissitudes subies par ce bel ouvrage ont été nombreuses. On sait qu'en i455 il était 
achevé. Cinquante ans après, Louis XII le fit servira l'ornementation de la rr Nouvelle Chambre 
Dorée, » et c'est sans doute à cette époque que fut appliqué ce cadre ogival doré et Heuionnéqui 
couvre, d'une manière fâcheuse, une partie des édifices du fond. Lenoir le recueillit à la suppression 
du Parlement, et le joignit au dépôt national de l'hôtel de Nevers. De là il fut placé au Musée 
du Louvre et catalogué par Denon,sous le nom d'Albert Durer. En 181 1, le premier président 
Séguier le réclama et le fit rétablir dans une des salles du Palais. En 1 83 1, à la suite du sac de 
l'Archevêché, il disparut. L'architecte Lassus le retrouva en 18^2 et le fit restaurer par M. delà 
Roserie. Le derrière du panneau fut brûlé en partie, quelques années après, par suite d'un petit 
incendie des boiseries de la salle d'Audience. Sa restauration définitive vient d'être terminée par 
M. Haro; elle a fait disparaître les anciens repeints et les couches de vernis, et a permis de retrouver 
au-dessous l'œuvre primitive et toute la délicatesse de ses détails. M. de Champeaux, l'un de nos 
collaborateurs à l'Hôtel de Ville, qui a pu voir de près le tableau avant sa mise en place dans 



176 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

la Grand'Chambre actuelle, dit qu'auprès du bourreau on distingue, parmi les personnages, 
un individu d'un âge mur, sur le pourpoint duquel on lit un fragment d'inscription dont voici 
les lettres encore visibles : NESBRUG. C'est ce qui, avec le caractère frappant de la peinture, 
qui est flamand, a fait compléter ainsi l'inscription : [joan]nes BRU G [ENSIS] ou Jean de Bruges. 
Mais rien jusqu'à présent n'a pu faire appliquer sûrement un nom sur cette peinture. 

M. Weale dit avoir retrouvé, dans les archives de Bruges, les noms de quatre cents peintres 
vivant dans le xv e siècle; peut-être, parmi ceux qui portent le nom de Jean, pourrait-on trouver 
celui qui fut l'auteur de cette belle œuvre. 

Comme on l'a dit, les édifices de la partie gauche du panneau se composent de l'hôtel deNesle 
et du Louvre; au milieu s'élève un édifice de forme orientale, dans lequel M. le duc de Luynes 
a reconnu le Saint-Sépulcre; à droite, on croit voir l'ancienne Grand'Chambre du Parlement 
dans un bâtiment de forme gothique. Nous aurons occasion de revenir sur ces dernières parties 
quand il s'agira de la topographie de la région du Palais et de la Cité. — H. L. 



V. 

GRANDE ÉCURIE DES TUILERIES. 

( Voir p. 1 o ci-dessus. ) 

La grande Ecurie des Tuileries était, avons-nous dit, construite en 1 568 ; elle l'était même 
dès 1 566 , car, le 18 août i566, Guillaume Vaillant, maître charpentier et bourgeois de Paris, 
soumissionna, au prix de 5,2 20 livres tournois, la charpente des combles, suivant le devis dont 
voici le texte, et qui a été découvert par M. Lebrethon dans les archives de M e Trépagne, notaire. 

« C'est le devis des ouvraiges de charpenterie qu'il convient faire pour la Royne, mère du 
Roy, ausd. escuries de son palais quel'onbastistde neuf hors de la Porte Neufve; contenant 
les dites escuries trente toises de long et quatre toises de large dans euvre (1) ; et au bout 
des dittes escuries ériger ung pavillon contenant quatre toises de large et de sept à huit 
toises de longueur ou environ ; faire le plancher de la chambre et garde-robbe dudit pavil- 
lon, garny ledit plancher de poultre droite, de lembourdes et sablières le long des murs, 
peuplé de solives et d'aiz d'entrevoulx; faire la charpenterie du comble en pavillon, ou 
bien ainsy qu'il plaira ordonner. 

«Item. Convient faire la charpenterie de quinze travées de combles à escuries, garnies 
de maistresses fermes qui seront au droit des arcz. Et pour la façon desdites maistresses 
fermes, seront faictes en tiers points avec une ance de panier par dedans euvre, ou ainsy 
qu'il plaira ordonner, faictes de plusieurs aiz scintrez. Et à chacune maistresse ferme sera 
mis trois aiz joinctifs en liaison, chacun de neuf poulces de largeur, mis en besongne, et 
ung poulce et demy d'époisseur, sans comprendre le desgauchissement pour dresser les 
aiz; et chacune maistresse ferme sera garnie d'un poinçon de six poulces de grosseur et 
de sept à huit poulces de largeur, comprises les bosses et alégement qu'il fauldra faire ou 
qu'il sera advisé pour le mieulx, garny d'un entref de quatre poulces d'espoisseur et de 

'' Os dimensions sont semblables à celles des plans. 



APPENDICES. 177 

dix poulces de hault, qui sera assemblé à tenon et mortoise dans les poinçons des mais- 
tresses fermes, qui sera par le milieu au dessous des arez qui seronl entaillez et embrevez 
sur les liernes, ou ainsj que sera ;mI \ is«' pour le mieulx. Et au dessus du tiers-poinct sera 
assemblé ung feste et soufeste de cinq à six poulces de grosseur, avec les liens en croix 
Sainct-Ândré , si s'en peult faire, suivant, la haulteur qui se trouvera entre les festes el 
soufesles, et entre les maistresses fermes sera assemblé plusieurs fermes portans entref au 
dessus de l'ance de panier, de deux aizjoinctifs en liaison, et de l'eschantillon comme cy- 
dessus, espassé trois à la latte. El toutes les fermes poseront sur une sablière servant de 
platte-forme , de sept poulces d'espoisseur et de neuf poulces de largeur; et toute lesdite 
ferme (sic) seront assemblées à tenon et mortoize dedans les sablières. Et pour l'admor- 
lissement du comble sera mis des chevrons garnis chacun d'un entref, et de la roideur cjui 
sera advisé pour le mieulx; et les dietz chevrons porteront le (este, et seront assemblez sur 
chacune ferme: et sera mis au pied des fermes, à la haulteur de l'entablement, des coiaulx, 
et faire tous les passaiges des lucarnes là où il sera montré ou ainsy qu'il sera advisé pour 
le mieulx. Et toutes les fermes seront liées et fermées au droict des joinetz avec des liernes, 
chacune d'ung poulco et demy d'espoisseur et de trois poulces et demv de largeur, pour 
mectre les coings et clefz là où il apartiendra d'en avoir. 

«Item. Fault faire la charpenterie d'un pavillon tenant à l'escurie, contenant quatre 
toises dans euvre ou environ, sur sept à huit toises de long ou environ; faire ung plan- 
cher garny de poultre de dix sept à dix huit poulces de gros et de la longueur qu'il apar- 
tiendra, retaillé en trois sens, et les refeuille (1) pour porter les lembourdes, qui auront 
quatre poulces d'espoisseur et dix poulces de hault, et sablières au long des murs, qui 
auront six poulces d'espoisseur et dix poulces de haut; et ledit plancher sera peuplé de 
solives, tant pour la chambre que pour la garde-robbe, espassé tant plain que vuide, de 
cinq à six poulces de grosseur, retaillez et rabottez en trois sens, et enfoncez de leur 
espoisseur dans les lembourdes, et de la longueur qu'il apartiendra; et au dessus desdites 
solives sera mis des aiz à l'endroict de chacun entrevoulx , qui auront ung poulce d'es- 
poisseur et neuf poulces de largeur, rabotté par dessoubs et de la longueur qu'il apar- 
tiendra. 

«Item. Fault faire ung comble au dessus dudit plancher, qui sera faict en crouppe, de la 
façon et ordonnance comme celluy des escuries, ou ainsy qu'il plaira ordonné; et faire les 
chevalletz des lucarnes et passaiges des cheminées où il sera advisé pour le mieulx. 

«Le tout faict bien et deuement au dict d'ouvriers et gens ad ce cognoissans, en fournis- 
sant tout le boys, engins et cordage et peine d'ouvrier. 

« Delorme. 11 

(Test également des archives de M e Trépagne que proviennent les deux pièces suivantes '-> , 
dont l'une a trait aussi à l'écurie, et l'autre se rapporte au jardin des Tuileries. On remarquera 
que dans la première, datée du 12 septembre 1669, il est parlé de la dame du Péron en 
ternies qui confirment ce que nous en avons dit. 

(l) Entailles pour appuyer les lambourdes. — (2) Elles ont été publiées par M. Jal clans son diction- 
naire, p. 1210. 

11. a3 



178 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

r Jehan Petit, m e painctre, demourant à Paris, rue dos Deux Boulles, confesse avoir faict 
marché par ces présentes à haulte et puissante dame, Madame Marie de Pierrevive, dame 
du Pérou (l) et d'Armentieres, dame ordinaire de la chambre de la Royne, commise par Sa 
Magesté à l'intendance et faire les marchés des bastimens du palais de Sad. Magesté lez le 
Louvre, à ce présente; et la présence de noble homme Messire Philbert de Lorme, abbé 
de S 1 Siergue et architecte du Roy, et M e Guillaume de Chaponnay, conlrerolleur desd. 
bastimens dud. palais, aussi à ce présens, de paindre, dorer et estoffer pour ladicte Ma- 
gesté, bien et deuement, au dict d'ouvriers et gens en ce cognoissans, les deux grandes targes 
et armoiries de la magesté du Roy et de la Royne, faictes de pierres de taille, aux deux 
encoigneures du pavillon du bout de l'Escurye dud. palais, du costé vers le grand jardin 
d'icelluy palais, le tout painct à huille de deux imprimeures 12 ', en sorte que la pierre soit 
bien et deuement trempée et imbibée de ces imprimeures à huille, et pardessus lesd. im- 
primeures, le tout paindre, estoffer et dorer des couleurs et ainsi qu'il apartient; blason- 
ner les escussons desdictes magestez des couleurs, doreures et ainsy qu'il est requis et 
nécessaire est; au pourtour de l'escusson où sont lesdictes armoiries de la magesté du Rov, 
un ordre 13 ' garni d'entrelacs et coquilles dorées ainsy qu'il apartient, et au pourtour de 
l'escusson où sont les armoiries de ladicte magesté de la Royne, les branches de lorier 
aussv dorées; le champ de la première grande targe sur lesquelles sont lesd. escussons 
desd. armoiries painct de couleur blanc de séruse, la seconde targe d'argent, les bordures 
et bandes au pourtour desd. grandes targes et rolleau d'en hault d'icelle grande targe et 
les palenostres au pourtour desd. targes, avec les pennaches d'iceulx et pareillement les 
cordes, houppes et festons de fruictaiges pendans aux costés desd. escussons, et les cou- 
ronnes impérialles tant en dedans qu'au dehors, le tout doré d'or de ducat, le tout bien 
et deuement assis et estoffé, ainsi qu'il apartient, et pardessus lesd. doreures, paindre et 
donner couleur auxd. feuilles de lorier et fruictaiges, ainsy qu'il apartient, seront ainsy 
qu'il a esté et sera cy-après advisé et ordonné par le s'' Abbé de Sainct-Siergue. Et pour 
ce faire, quérir, fournir et livrer par ledict Petit huilles, paincturcs, or fin de ducat, asur 
et toutes aultres estoffes à ce nécessaires, bonnes, loyales, marchandes, bien et deuement 
assises et appliquées ainsy qu'il apartient; faire les eschaffaulx et toutes autres choses à 
ce nécessaires, moyennant le prix et somme de quatre vingt cinq livres tourn. pour les 
ouvraiges de painctures, estoffemens et doreures; et sera baillé et payé aud. s r Petit par le 
commis au payement du bastimenl de lad. Magesté, au feur et ainsy qu'il fera lesd. ou- 
vraiges, lesquels il a promis, sera tenu, promet et gaige faire bien et deuement au dict 
d'ouvriers et gens en ce cognoissant, le plus tost que faire se pourra; et se aidera led. 
Petit des eschaffaulx qui y sont à présent qui ont servi aux maçons et sculpteurs, promettant 
et obligeant comme pour les propres affaires du Roy. Faict et passé en l'an Mil V e soixante 
sept, le doux"" 1 jour de septembre. «Yver.» 

\ la pièce qui précède nous joindrons la mention d'un autre marché, aussi trouvé par 
M. Lebrethon, par lequel, à la date du i3 août 1673, on s'engage, envers Guillaume de Chap- 

11 M. Jal a lu du Perche; mais il doit s'être (2) Couches, impressions. 

trompé, ce qui eût été constaté sur l'original même (1) Celui de Saint-Michel, 

si l'on avait pu le retrouver. 



APPENDICES. 179 

ponay, à livrer, dans le délai do huit jours, branches H de feuilles de lierre de L'année, au prix 

de seize livres tournois le cent de hottes, mesurant chacune trois pieds de tour, et rendues au 
jardin des Tuileries, où ce lierre était destiné à faire rr lestons et ornemens.fl 

" Pierre le Nostfe, jardinier marchand de fnii<ts (l) , bourgeois de Paris... confesse avoir 
faict marché... à noble homme escuyef messire Inthoine Nicolas, chevalier, seigneur Der- 
ville. . . président en la Chambre dos comptes, ordonnateur, en l'absence de monseigneur 

l'evesque de Paris, des hasliniens el jardins du parc de sa Magesté de la Royne mère du 
Roy. . . pour la bonne culture, fumer, amender, ensemence et enlretenenient de toutes la- 
çons, bien deuement el continuellement. . . six parterres desd. jardins, dont quatre d'hor- 
tôlaiges et les deux autres d'arbres. . . Faict et passé l'an Mil V e LXXII (îSy:?), le. . . » 

Cette pièce a élé insérée par !M. Berty dans les Appendices relatifs au Palais des Tuileries, 
à cause du nom de Le Nostre que portait ce jardinier parisien. C'était sans doute un des an- 
cêtres du fameux architecte des jardins de Louis XIV. Ce rapprochement est d'autant plus in- 
léressanl que, en iG5o, le directeur des jardins du Roi était Claude Mollet, ou Molet, jardinier 
d'Ane t, dont nous avons un Traité des plans et jardinages. (Voir pages o,3 et 96.) I|. L. 



VI. 

MÉMOIRE MANUSCRIT DE PHILIBERT DE L'ORME, 

SUR SA VIE ET SES OEUVRES. 

(Voir page ay.) 

Le précieux document que nous plaçons sous les yeux du lecteur existe à la Bibliothèque 
impériale, dans un portefeuille où nul n'aurait songé à l'aller chercher ^ , et il y a été découvert, 
en 18 54, par M. Léopold Delisle, qui, avec son désintéressement habituel, nous a autorisé à 
le publier nous-mème. La pièce consiste en un cahier de quatre feuillets, dont six pages, ap- 
paremment écrites de la main de Philibert de l'Orme, renferment un mémoire en forme d'apo- 
logie, destiné à le justifier des accusations portées contre lui, el plus encore à exalter ses nié- 
rites. Ce factum qui ne porte point de date, semble avoir été rédigé quelques mois après la 
disgrâce de l'auteur, postérieurement à l'enquête ordonnée au sujet de sa gestion, et vers la fin 
de l'année i562. Il est adressé à un personnage inconnu, que de l'Orme appelle «• Monseigneur 
fret meilleur amy,u et qui pourrait être Christophe de Thou, président au Parlement, l'un de 
ses exécuteurs testamentaires. 

Instruction de monsieur d'Yvry, dict de l'Orme, abbé de Sainct-Sierge. 
et cestui m e architecteur du roy < 3) . 
Pource que plusieurs crient que j'ay tant de biens en l'église et d'argent content, je 
désire bien que ung chacun cognoisse la vérité et les services que j'ay faict. 

;|) Pépiniériste. (3) Tel est le titre qui se voit, écrit en caractères 

(2) Portefeuille de Fontette, coté XXXV, A, fiour- du temps, sur un feuillet blanc faisant partie du 

gogne : Généalogie. La pièce forme les pages 206 cahier. 

à 206 bis. 

q3. 



180 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Pour le premier, le feu Roy (1) me donna l'abbaye de Jeneton en Bretaigne, que mon- 
sieur de Rieux ne voulust pource qu'elle ne valloyt que uj c livres nj c 1. 

\près, l'on me donna l'abbaye Sainct-Rarthelemy-lez-Noyon, que tenoit monsieur de 
Bayeuk, qui ne valloyt que xvij c livres xvij c 1. 

Au bout d'ung an après, le feu Roy me donna l'abbaye d'Yvry, qui estoyt afermé à 
treize cens livres xnj c 1. 

Et le dernier bien, estant mallade en ceste ville, il me donna l'abbaye de Sainct-Sierge 
d'Angiers, qui est afermée ij m vij c 1. et voylà tout le bien que le feu Roy m'a faict, qui est 
de six mil livres, bien loing de conte de vingt mil livres qu'ilz disent qu'il m'a donné. 

Et quant à l'argent, je n'ay jamais mangé une maille (2) , et aussi l'on ne me donna 
jamais estât et gaiges, ne pensions, ny aultre don que ce soit, et ay toujours mené dix 
ou douze chevaulx, et estoyent ordinairement sur les champs, suyvant le commandement 
que me faisait le feu Roy, et ceulx qui commandoyent, et tenoys maison partout où je me 
trouvoys, tant aux cappytaines, concierges, contrerolleurs et m" maçons, charpentiers et 
aultres; tous mangoyent à mon logis, à mes propres despens, sans qu'ilz payassent, ne 
moings me faire présent de la valleur d'une seule maille. 

Oultre plus, tous les modelles que je faisoys faire, tant pour le service du Roy que de 
ceulx qui estoyent auprès de lui, l'on ne m'en payoit pas ung denier, et si j'en ay faict tel 
qui a cousté deux ou troys cens escuz. 

Et oultre les grandes inventions, que trouvoys tous les jours, d'architecture, je me pre- 
noys garde si diligemment aux maisons du Roy, pour les ruynes et maulvaises façons que 
je y trouvoys, que, si je n'eusse faict telle diligence, souvent le Roy, les princes et aultres 
eussent été accablez et en extrêmes dangiers de leurs personnes, pour les poultres etplan- 
chiers qu'il a fallu souvent retenir et abbattre. 

D'allieurs, du commancement que j'euz la charge des bastimens, en faisant faire les 
toysés, au lieu que les ouvriers espéroyent qu'il leur fust deu tant, à Fontainebleau, à 
Villiers-Coterets, Sainct-Germain et aultres, que le maçon de Fontainebleau, !\I C Jehan 
Le Breton, debvoyent xvni'" livres pour avoir plus receu qu'ilz n'avoyent faict d'oeuvre, et 
si y avoyt plus de mi" mil livres d'œuvres qui ne valloyt rien, et plusieurs aultres maul- 
vaiz mesnaiges qui estoyent aux aultres maisons, qui seroyt long à descripre; que j'ay ren- 
constré plusieurs foys et osé les larciner (3) . 

Quel prouffict ay-je faict en Bretaigne que, du temps du feu roy François, à qui Dieu ayt 
l'âme, que le feu Roy n'estoyt que Daulphin, je visitoys tous les ans par deux foys toute la 
coste et forteresses de Bretaigne , et découvris de très-grandz larcins que le cappitaine de 
la Chastre et le contrerolleur Moysant faisoyent, de sorte que les Angloys cuydarent prendre 
Brest sans moy? car ces Messieurs armez w de navyres et barques, de l'arlillerye et pouldre 
et aultres munitions du Roy, qu'ilz prenoyent au chasteau. 

De sorte qu'ilz dépopularent tout le chasteau, qu'il n'avoit ne monitions, ne bled, ny 
artillerye; et ung jour entre aultres, leur navyre fust prinse des ennemys, et déclairarent 
comme le chasteau estoyt tout dcsgarny, et délibérarent de le venir prendre; et vindrent 

Henri II. (*) Les accuser de larcin. 

!) Maille, très-petite monnaie de cuivre, valant (,,) Armaient des. 

la moitié d'un denier. 



APPENDICES. 



181 



soixante navyres angloises jusques devant le chasteau, à la portée d'ung canon. Par bonne 
fortune je nie trouvoys à Brest, et fiz si grande dilligence à faire monter l'artillerye, et 
eneoresen faire de faulses artillcryes, pour montrer à l'ennemy, sur les rempars, faire faire 
pouldre et amasser a force personnes et femmes, apourtez terres et fassine, à faire ram- 
pars et tranchées, et donnoys tel ordre, faisant veoir le peuple et faisant plusieurs faulces 
enseignes, et planter à forces picques, et fiz si bonne mine, que l'ennemy ne nous assaillisl 
point; et avois tant crié auparavant du désordre que je y trouvoys, (pie Monsieur d'Es- 
tampes y fist nions. Dampierrc, qui estoit cappitaine, et La Geneste, qui estoit valet de 
chambre du feu roy, y vinst, qui list fort bien son debvoyr. Et veulx dire et prouver que 
tout le chasteau de Brest cust esté prins facilement sans moy, et l'ennemy pouvoyt venir 
jusques à Nantes sans que rien l'eust empesché, pour le grand désordre qu'il y avoyt, et 
c'estoyt l'année Mil V e quarante six. 

Plus, je trouvoys en ces lieux de Brest que la tovse de maçonnerye coustoit au Roy 
plus de soixante li[vres], et encores ilz faisoyent plusieurs grands larcins, qui serovent 
longs à dire, et si ne faisoyent rien, rien qui vaille. Et fiz si bon mesnaige que, oultre 
les bonnes façons de fortiffier que leur monstroys, la toyse, au lieu de soixante livres, ne 
coustoit que dix livres, et si fiz faire plus d'œuvre en quatre ans que n'en avoyent faict en 
unze. 

Semblables choses je fiz à Sainct-Mallo et à Conercveau {1) , à Mantes® et aultres, et 
oultre plusieurs mauvais mesnaiges que je trouvoys de plusieurs, tant des cappitaines, 
contrerolleurs et aultres, les trésoriers faisoyent de leur cousté, de sorte que je fiz rendre 
et payer au trézorier Charron trente six mil livres, qui estoyent esgarées et desrobées, et, 
si n'eust esté un grand seigneur qui le soustenoyt et Boys-Daulphin, j'eusse bien faict 
veoir d'aultres larrecins; et seroyt bien long à vouloir tout escripre ce que j'ay faict en 
Bretaigne. 

Aussi en Picardie je descouvris si grandes faultes; seullement ne bougeant de Paris, je 
monstroys comme ilz se debvoyent gouverner, et au calcul qu'ils avoyent faict auparavant 
aux toysées par ceulx qui avoyent accoustumé les faire, se trouva pour xvuj m (18,000) 
livres de larcin, à. faire les toysées seullement, sans tant d'aultres maulvais mesnaiges que 
l'on faisoyt, où je remédioys incontinant quant on me le commandoit. 

Plus, en Normandie, où l'on me donna une commission pour veoir des gallions que 
l'on faisoyt au Havre de Grâce, et visiter les navyres qui estoyent à la coste de Normandie, 
et arrester diligemment des vivres, comme lardz, sutres' 3 ' et biscuitz, bray et goteron, 
cordaiges et aultres équipaiges, pour pourter au camp de Boulongne, où je fiz (h; si grands 



(,) Concarnean sans doute. Plusieurs passages de 
l'original sont d'une lecture extrêmement difficile. 

(2) Nous avons vérifié sur l'original si le mot 
Mantes était netlement écrit; nous pouvons assurer 
aujourd'hui crue nous suivons exactement le ma- 
nuscrit. Nous ne pouvons pourtant nous empêcher 
de faire remanpier qu'il semblerait mieux d'écrire 
Nantes, ville importante de Bretagne, qui pouvait 
être dans la limite des tournées de surveillance que 



faisait Philibert de l'Orme, plutôt que Mantes, 
ville du Vexin français, à proximité de Paris, où 
l'on ne voit pas que, à celte époque, les fortifica- 
tions aient été d'une grande importance, ou que 
de l'Orme ait eu jamais leur inspection dans ses 
attributions. Quoi qu'il en soit, nous avons cru 
devoir maintenir le texte du manuscrit, tout en 
avertissant le lecteur de nos soupçons fondés. H. L. 
< 3 > Cidres. 



J82 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

services et prouffitz l'espace de quatre moys que j'y demeuroys; et après que j'euz dressé 
toutes choses et les procès-verbaulx et marchés que j'envoyois à monsieur le Connestable, il 
donna la charge à monsieur de Bois-Daulphin, à monsieur de Nollye, qu'ilz firent suivant 
mes méinovres, et dont je fus bien ayse de m'en aller, car je faisoys tout à mes despens, 
et me cousta huict cens escus, et les autres gaignèrent de l'argent où je n'avoys pas ung 
lyard; et quand je le remonstroys, l'on disoyt que le Roy me donneroyt de bénéfices. 

Et au départir de là l'on me donna une aultre commission pour casser les gallares qui 
estoient à Roan, avec Monsieur le président Petiemort, dont nous mismes en liberté cinq 
cens quarante forsayres; et me fallut encores tenir maison, qui m'acheva de peyndre; et 
si n'esloyt que je seroys trop long, je diroys plusieurs aultres commissions que j'ai faict à 
nies despens, et sans que tout le temps du règne du feu Roy l'on m'ayt donné une seulle 
maille. 

Et oultre tout cecy, n'ay-je pas faict tant d'aultres services, quand ce ne seroyt que d'avoir 
porté en France la façon de bien bastir, osté les façons barbares et grandes commissures (1) , 
monstre à tous comme l'on doibt observer les mesures de architecture, tant que j'ait faict 
les meilleurs ouvriers qui sont aujourd'huy, comme ilz confessent? que l'on se souvienne 
comme l'on faisoyl quand je commencoys Sainct-Mort pour Mons. le cardinal du Belloy! 

D'ailleurs, crue l'on regarde tout ce que j'ay jamais faict, s'il ne s'est trouvé fort bien et 
au grand contantement de tous. 

A Fontainebleau, la grande salle du bal, qui tomboyt, n'est-elle pas bien accoustrée, 
tant de lambris que de la cheminée et massonnerye et entrée des peinctures? Je n'en parle 
poinct : monsieur Sainct-M artin (2) sçait son estât. 

A la chapelle qui est auprès, qui tomboyt, où je fiz ce polpitre (3) et coulompne de 
marbre, le cabinet de la Royne mère, le cabinet et chambre du Roy, au pavillon sur l'es- 
tang; le grand perron qui est en la basse-court, qui est une des belles œuvres que l'on 
sçauroyt veoir, et le vestibule en la salle du Roy, comme je vouloys faire où je faisoys les 
poultrcs de trois à quatre cens pièces, qui estoyt quasi achevé de faire, et les combles 
de plusieurs pièces, mais, ne cognoissant telle façon de faire ilz ont incontinant dict que 
cela ne valloyt rien, où ils errent grandement, et ne falloyt dire ainsi, pource qu'ilz ne 
s'en sçavent ayder, et n'y cognoissent rien. 

Et combien de ruynes et périls fussent advenuz audit Fontayne-dc-bleau sans mov, et 
mesmes à la grande gallerye; semblablement à Villiers-Coteretz, où j'ay faict ung temple, 
dedans le parc, de telle estime que les hommes de bon jugement sçavent bien juger, et tant 
d'aultres choses qui seroyent fort longues à dire ! 

A Sainct-Germain-en-Laye, s'ilz eussent eu patience que j'eusse faict achever le bastiment 
neuf, que j'ay commancé auprez des loges des bestes, je suis asseuré qu'aujourd'huy l'on 
n'eust veu le semblable, ne plus admyrable, tant pour les porticques, vestibules, théâtres, 
estuves, baignières, comme le logis; mais pour ce qu'ilz ne le cognoissent, et aussi qu'ilz 
ne l'eussent sçeu achever comme je l'ay commancé, ils ont incontinant dict que tout ne 

' Commissure, joint de maçonnerie. A l'époque (2) Le Primalice, qui était abbé de Saint-Martin, 

de la Renaissance, on cessa de faire les joints aussi et qui, nous l'avons dit, remplaça de l'Orme comme 

épais <pie pendant la période goibique. C'est alors surintendant des bâtiments, 
que l'on commença aussi à poser sur cales. (3) Cbaire à prêcber. 



APPENDICES. 183 

valloyt rien, ce que les hommes de bon jugement congnoissent le contraire; ils confessent 
mie la chapelle du parc quej'ay faict de neuf est fort jolye. 

Et dans le chasteau, combien ay-je gardé de plusieurs grands dangiersqui fussent adve- 
nus! Que Ton considère partout ce quej'ay faict, soyt les ornemens et polpitre de la cha- 
pelle du chasleati. et la cloison qui y est et la fontayne, si j'ay rien faict faire qui ne sml 
bien, et le pont de la Royne, [tour la grande envye que j'avoys de luy faire très-humble 
service. 

Plus, à la Muette dudict Sainct-Germain, qui a cousté cent mil escuz, que je veulx dire 
estoyt perdue sans moy, et ne la pouvoyt-on couvrir sans l'invention que j'ay trouvé de 
charpentée} e, pour ce qu'elle estoyt large que l'on n'eust trouvé si long boys et si gros qu'il 
falloyt. Et quant ilz en eussent encores peu trouver et l'assembler de pièces, les murailles 
ne l'eussent sceu porter, cl encores moings si l'on l'eust voullu faire couvrir de pierre de 
taille, principallemcnt le millieu qui a douze toyses de long et diz de large. Quant aux 
pavillvons, j'en ay faict couvrir deux de pierre de taille, et quant l'on l'eust peu tout faire 
de charpenterye. Il demandoyt trente-six-mil livres, et je l'ay faict pour un oflice de M c des 
comptes, qui est la moictié moings (,) . 

Et quand tout fust faict, l'on y print si grand pleisir que le feu Roy et la Royne mère, 
et tous ceux qui me commandarent de faire couvrir encore deux pavillyons en telle façon, 
qui estoyent couverts de pierre de taille, et aultres choses, et qu'ilz me donneroyent ung 
oflice d'auditeur des comptes, ce quej'ay faict, et n'ay poinct eu l'office, et paye la rente 
tous les ans des denyers que j'ay empruncté pour ce faire. 

Aussi à Sainct-Legier, en la forestz de Montfort, pour ung vieulx logis, lequel n'est-il 
pas bien racoustré, et la gallerye qui est faicte de neuf, avec la petite chapelle et pavil- 
lons, l'on la trouve le plus beau qu'il est possible et se peult achever une bien fort belle 
maison. 

A Mousseau, pour la Rovnc mère, qui est cause que je trouvay l'invention de charpen- 
terye pour le jeu de paillemaille qu'elle vouloyt faire couvrir, là où j'avoys dressé de tant 
belles inventions; mais Monsieur de Nevers et aultres me détournèrent de plusieurs belles 
entreprinses, et estoyent tous marrys que mad. Dame vouloyt bastir. 

Aussy ce quej'ay faict à Anneth, où il y a tant de belles œuvres, c'a esté par le com- 
mandement du feu Roy, qui estoyt plus curieux de sçavoir ce que l'on y faisoyt que en ses 
maisons, et se courrouçoyl à moy quant je n'y allovs assez souvent. Pour ce c'estoyt tout 
pour le Roy ( ' 2 '. 

Et oultre tant de belles œuvres quej'ay faict, combien j'ay donné de grandes inventions, 
non seullement au prouffict de Sa Majesté, mais encores pour tout son peuple, comme 
pour l'invention des charpenteryes, pour les combles, que l'on peult faire de toutes sortes 
de boys et de toutes petites pièces. 

(1) C'est-à-dire qu'on donna comme payement à dant l'octroi de cette charge n'eût été que le rem- 

de l'Orme un oflice de maître de comptes, qui ne boursement des sommes dépensées par de l'Orme 

valait guère que 18,000 livres. Le paragraphe sui- en entreprenant, à ses frais, certains tra\ aux qui lui 

vant montre qu'après lui avoir promis de l'investir avaient été demandés. 

d'une charge d'auditeur à la Cour des comptes, on (2) De l'Orme s'efforce ici d'excuser, aux yeux de 

oublia toujours de le mettre en possession : cepen- Catherine de Médicis, le zèle qu'il avait mis à servir 



185 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Et aussy de poultres, de tant de pièces que l'on vouldra. 

Semblablement l'on |)cult faire toutes plattesformes d'équarre et pons de telle grandeur, 
comme de l'entreprinse que le feu Roy voulloyt que fisse faire au port au Pect, à Sainct- 
Gennain-en-Laye, ung pont en une arche aussi large qu'est la rivyère, qui seroyt la plus 
magnifique œuvre qui fust jamais veue. 

Et tant d'aultres inventions si belles qui se treuvent par les mathématiques , dont je despen- 
dois (1) ordinairement argent à faire force modelles , et n'en estoys jamais payé ; voylà (comme) 
je peulx avoir à force argent. Et oultre cinq neveux que j'ay faict estudier, qui m'ont cousté 
beaucoup, j'ay entretenu plusieurs hommes doctes, tant des bénéfices que leur ay donné 
que du mien propre, et n'on[t] jamays cessé d'estudier en l'architecture, ars libéraulx et ma- 
thématiques; et me faict lire souvant en l'escripture sainte. Voylà comme je me suys gouverné, 
et n'ay jamays rien acquis, sinon une barbe blanche, et ay prins aultant de peine, depuis 
l'âge de quinze ans que j'ay commancé avoir charge, que homme sçauroyt faire : ayant 
eu plusieurs charges, soyt à la guerre à fortiffier et estre cappitaine en chief, et fermé' 21 
plusieurs foys; et ay servy papes, rois et plusieurs cardinaux et grandz seigneurs; et feu 
Mons. de Langés, Guillaume du Belloy, Mons. le cardinal son frère, me débauchairent 
du service du pape Paulle, à Rome où j'estoys, et avoys une belle charge à Sainct-Martin 
dello Bosco, à la Callabre, et pour revenir en France; et pour toute récompense et avoyr si 
bien servi, l'on m'a fait tant de maulx et accusé de plusieurs infamyes dont j'ay esté trouvé 
innocent, et m'a on faict couster tout ce que j'avoys jamays acquis, dont j'en remereye Dieu 
du tout, et en laisse à luy seul la vengence, comme je crois qu'il m'a chastié pour m'estre 
rendu plus subject au service des hommes que non pas à celuy de Dieu. Et au lieu que 
j'ay appris à édiffier des chasteaulx et maisons, j'aprendray à édifier des hommes. Ainsi, 
Monseigneur et meilleur amy, que désiriés sçavoir le contraire de ce que l'on dict, je vous 
ay mis la vérité d'une partie de ma vie, qui a esté aultant laborieuse que homme que 
ayés jamays congneu, à suyvre toujours la vertu et les vertueulx, sans jamays avoyr esté 
reprins' 3 ', ne me trouvez devant juge que à ceste heure, et je remeetz le tout à celuy qui 
est le seul juge de tous. 

Je ne veulx encores oblyer de dire que je faisoys les charges moy seul, dont l'on avoyt 
auparavant, du temps du feu roy Françoys, quatre mil quatre cens livres tous les ans à plu- 
sieurs commissaires, tant à Fontaynebleau, Villiers-Goteretz, Sainct-Germain, la Muette et 
le chasteau de Boulongne, et n'en avoys pas un soûl, comme j'ay dict, et si avoys plus de 
charges que cella, tant de la sépulture du feu roy Françoys que j'ay faict faire, qui se 
treuve très-belle, le chasteau de Saint-Legier, l'archenac et magazin de l'artillerye à Paris, 
il y a beau commancement de pouvoyr fayre un bon mesnaige; aussi les escuyeries des Tour- 
nelles, qui sont fort belles, et la chappelle du boys de Vincennes, où j'ay faict faire toutes 
les voultes et achever; et, oultre ce, plusieurs aullres corvées, tant à Foulembray, Goussy, 
que l'Hostel-Dieu de Sainct-Jacques-du-Hault-Pas, que j'avoys commancé, et partout où 

Diane de Poitiers à Anet et ailleurs. Il semble donner nois fut évidemment une des choses qu'on mit en 

à entendre qu'il ne pouvait qu'obéir à la volonté de avant pour lui nuire dans l'esprit de la Reine mère. 
Henri II. Celle volonté, du reste, lui fit faire à Anet (1) Dépensais, 

un des cbefs-d'œuvre de la Renaissance. La faveur (2 > Assiégé, 

donl il avait joui auprès de la duchesse de Valenti- (3) Réprimanda. 



APPENDICES. 185 

l'on m'a commandé j'ay prins de grandissime pcyne, dont j'aymerois trop mieuh h's de- 
nyers et estatz que l'on eust donné à ceulx qui eussent faict choses semblables, que tous 
les bénéfices que l'on ma donné. 

Et tout ce que j'ai dict cy-dessus n'est poinct pour gloyre que j'en cherche, ne honneur 
(juc j'en veuille avoyr, remectant tout à Dieu le créateur, qui est autheur de toutes choses; 
maysje le faietz pour les grandes calompnyes et grandes havnes que l'on continue im- 
porter, allin que tous les princes, seigneurs et gens d'honneur congnoissent la vérité du 
faict. 



VII. 

TESTAMENT DE PHILIBERT DE L'ORME. 

(Daté du 21 décembre i56c).) 

On doit encore à M. Benjamin Fillon la découverte de cette pièce intéressante' 1 ', que nous 
reproduisons avec empressement parce qu'elle achève d'élucider la biographie de Philibert de 
rOrme. La vie du grand artiste, si longtemps ignorée ou travestie, est désormais connue d'une 
manière aussi satisfaisante qu'on peut raisonnahlcment le souhaiter. Nous faisons des vœux pour 
que de nouvelles études ajoutent aux renseignements que renferme cet ouvrage sur les autres 
architectes dont le nom est associé à l'histoire du Louvre et des Tuileries; mais nous savons trop 
combien sont rares les documents sur la matière pour concevoir, à ce sujet, de bien grandes 
espérances. 

«Au nom du Père, du Fils et du Sainct-Esprit, 

«Je Philibert Delorme, abbé de Sainct Eloy de Noyon et de Sainct Serge d'Angiers, cha- 
noyne de Paris, sain d'esprit et entendement, congnoissant qu'il convient à nous tous 
infalliblement mourir, et n'y a rien plus certain que la mort et moings certain que le 
jour et l'heure d'icelle, ne voullant mourir intestat, mais, comme un vray ebrestien et 
calolicque doibt, ordonner avant mon décès de ce qu'il a pieu à la divine bonté m'eslargir 
de ses biens et que tiens à présent et desquels je puvs librement disposer, faietz ce présent 
testament et ordonnance de dernière voullunté, en la forme et manière qui s'ensuict. que 
je veulx et entends valloir par tous lieux et endroietz qui sera besoing et requis, et en la 
meilleure forme et manière qu'il pourra, révocquant tous aultres par moi cy-devant faietz. 

«Et premièrement, ma pauvre ârac partant de ce monde, je la recommande à la tres- 
saincte Trinité, à la tressacrée Vierge Marie, et à. tous les saincts et sainctes de la court 
celleste, et à mon bon ange, affin d'intercéder envers Dieu pour madicte pauvre âme, et 
la mectre et colloquer avec celles de ses bien aymez et esleus. 

*Item, après mondict décès, incontinant je veulx mon corps estre assisté de deux per- 
sonnes éclésiasticques, pour prier Dieuincessenment et alternativement pour madicte pauvre 
âme, en attendant qu'il soit inhumé. Et pour ce faire, baille à chacune desd. personnes 
la somme de cent solz tournois. 

(l) Elle a été publiée par M. Anatole de Montaiglon dans les Archives de l'art français , 2° série, t. II, 
1862-1863. 

H. 2'j 



186 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

«.lient, je veulx mond. corps cstre inhumé en l'église de Paris, à laquelle je donne et 
laisse la somme de cent escuz sol. pour y estre faict et dict ung service et aultres prières 
et choses accoustumées après le décès d'un chanoyne de lad. église et à l'enterrement 
d'icelluy. 

«Item, et pour acompaigner mond. corps en lad. église où il sera inhumé, je veulx estre 
appelez telz convents, communaultez et aultres personnes éclésiasticques entre (outre?) 
ceulx de lad. église, et en tel nombre que mes exécuteurs cy-après nommez adviseront, ou 
l'un d'eulx. 

«Auxquels exécuteurs je me rapporte et remects de leurs sallaires, et, au surplus, d'or- 
donner du dueil, pompe funèbre, obsecques et funérailles, de tout comme ilz verront bon 
estre, ou l'un d'eulx. 

«Item, après mondict décès, je veulx estre dict et cellébré ung service complect en cha- 
cune de mes abbayes, et encore aux convens de quatre Mandiens; et, pour ce, à chacun 
desd. lieux et convent paier ce qui sera advisé par mesd. exécuteurs ou l'un d'eulx. 

«Item, je laisse à l'église et fabricque de Nogent sur Seyne, près Plaisance, pour faire 
dire ung service par chacun an, à tel jour que je décedderay, la somme de cinquante 
livres tournois. 

«Item, je veulx et ordonne toutes et chacunes mes debtes estre payées et acquictées, et 
mes tortz faictz réparez et amendez, et au plus tost que faire ce pourra. Dont je prie très 
affectueurement [sic) mesd. exécuteurs et les en charge. 

« Item, je laisse à l'Hostel-Dieu de Paris la somme de quatre cens livres tournois. 

«Item, je laisse à la Communaulté des pauvres de ceste dicte ville de Paris la somme de 
cent livres tournois. 

«Item, je laisse aux pauvres prisonniers cent livres tournois. 

«Item, je laisse à quatre ordres et conventz des Mandiens de ceste ville de Paris, à 
chacun la somme de vingt livres tournois. 

«Item, je laisse à chacune de mesd. abbayes la somme de cent livres tournois. 

«Item, je laisse pour prier Dieu pour ma pauvre âme à l'église cl chappitre de Paris, 
trois cens livres tournois de rente rachaptable de trois mil six cens livres tournois. Laquelle 
somme je veulx estre prinse sur les unze mil tant livres à moy deubz par le Roy, et mise 
en l'Hostel de ceste ville de Paris, pour convertir en l'acquisition de lad. rente, et encores 
donne à l'église ung calice, deux burettes et une paix, le tout d'argent, que j'ay achaptez 
des biens de feu monsieur le chantre Cômb railles, et qu'il avoit auparavant eu et rachapté 
de lad. église. 

«Item, je laisse à ma sœur Jehanne Delorme mes deux maisons que j'ay en ceste ville 
de Paris, l'une appelée l'Hostel d'Estampes, aboutissant par devant à la rue Sainct An- 
thoine, et l'autre à la rue de la Ceziraye (sic), et la prie affectueurement de recepvoir et 
prendre avec elle mes deux enfens naturelz, si elle vient de pardeçà, pour les traicter 
comme siens, aux charges et pour le temps qui sera dict cy-après. 

«Item, je laisse à mon frère Jehan Delorme tous mes livres d'architecture, desseinetz, 
stampes et pourtraicts, et, oultre, mon lieu de Plaisance, près Paris, et tous ses apparte- 
nances, et aussi ce que j'ay acquis à Fontenay d'un nommé Heurtelou, francs et quictes de 
toutes les rentes que je doibz par chacun an à M e . . . Le Mestayer, advocat au Parlement , 



APPENDICES. 187 

que j'entends et veulx estre toutes rachaptées des deniers provenans de la vente de mes 
meubles. 

«Item, je laisse à mon aultre sœur Anne Delorme, femme du contrerolleur Martin, cent 
livres tournois de rente rachaptable de douze cens livres tournois pour une foiz. 

«■Item, je laisse à Philbert Delorme, mon fdz naturel, pour ses allimentz et oultre son 
entretenement, deux cens livres tournois de rente par chacun an. Pourquoy veulx et 
ordonne estre mys en l'Hostel de lad. ville deux mil quatre cens livres tournois par mesd. 
exécuteurs ou l'un d'eulx, pour, ou nom dud. Philbert Delorme, acquisition estre faicte 
de lad. rente. Laquelle rente, luy déceddant en mynorité, je veulx et entends retourner 
et appartenir à Charlotte Delorme, sa sœur naturelle; et elle déceddant comme dessus, 
après retourner et appartenir à lad. Jehanne Delorme, ma sœur. 

r Item, je laisse à Charlotte Delorme, ma fille naturelle, pour ses allymens et ayder à la 
marver, cent quarante livres tournois de rente par chacun an, que j'ay droict de prendre 
sur lad. ville, comme ayant droict de Mons. le duc de Rouuannoys. Laquelle rente, elle 
déceddant en mynorité et auparavant que d'estre mariée, j'entends et veulx retourner et 
appartenir audict Philbert Delorme, son frère naturel. Et luy aussy déceddant comme 
dessus, après retourner et appartenir icelle dicte rente de cent quarente livres à ladicte 
Jehanne Delorme, ma sœur. 

zltem, je laisse à mon nepveu Martial Burlet tous et chacuns mes livres de théo- 
logie. 

«Item, je laisse à François et Guillaume Burletz, mes petitz et arrière-nepveulx , à chacun 
soixante livres tournois de rente par chacun an rachaptable au denier douze; et, pour en 
faire l'acquisition, je veulx et ordonne les deniers en estre prins sur lesd. unze mil tant 
livres qui me sont deubz par le Roy, et mys en l'Hostel de ceste ville de Paris pour cest 
effect, au plus tost que faire ce pourra. 

rjtrm,jc laisse à Monsieur le premier président de Paris, messire Christophe de Thou, 
mes maisons, lieux et jardins que j'ay à Sainct Maur des Fossez, dont j'ay aultreffois 
reffuzay six mil livres tournois pour une foiz, m'asseurant qu'il me fera paier par le Roy, 
comme il m'a promis, ou mes héritiers après mon décès, de ladicte somme de unze mil 
tant livres qu'il m'est deu par sa Magesté, et à la charge très expresse de ce faire et d'avoir 
l'œil que ce présent myen testament soit exécuté. 

«Item, je laisse à monsieur Tabouneau, conseiller du Roy, nostre sire, et président en sa 
Chambre des comptes, à Paris, une couppe couverte d'argent dorrée, avec une esguière. 
pour avoir quelque souvenance de moy après mon décès et ayder à l'exécution de ce 
myen présent testament. 

«Item, je laisse à M e . .. de Bréda,chanoyne de Paris, pour se souvenir de moy après mon 
décès et de plus grande affection s'emploier à l'exécution de ced. mon testament, deux 
couppes et une esguière, le tout d'argent, lui recommandant en oultre led. Philbert De- 
lorme, mon filz naturel, et de le faire nourrir et entretenir de toutes choses générallement 
quelzconques en lieu et part bon et honneste, pour et moiennant le revenu et arréraiges 
desd. deux cens livres tournois de rente que je luy laisse par chacun an comme dessus. 
Les arréraiges desquelles rentes je veulx partant estre receuz par led. sieur de Bréda ausd. 
fins, jusques ad ce que led. Philbert Delorme avt attainct l'aage de vingt ans. Et pour la 



188 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

penne et vaccation dud, sieur de Bréda, en ce que dessus, je lui donne encores la somme 
de cent escuz sol. 

«Item, je laisse à Madame Françoise Ballon, pour les bons offices et traicleinent qu'elle 
m'a faicts durant ma malladie, la somme de vingt escuz sol. et aussi veulx et ordonne que 
lad. Charlotte Delorme luy soit laissée, nourrie et entretenue en sa maison de toutes choses 
générallement quelconques jusques ad ce qu'elle soit mariée. Et pour ce faire et y fournir 
par lad. Ballon, qu'elle recoyve et joysse entièrement durant led. temps les arréraiges de 
lad. rente de cent quarente livres tournois que j'ay comme dessus laissée à lad. Charlotte; 
sinon ou casque ma seur Jehanne Delorme, venue pardeçà, voulsist prendre et recep- 
voir avec elle ladicte Charlotte, comme je la prie affectueurement de ce faire audict cas, 
et pareillement led. Philbert Delorme, attendant qu'il soit propre et fort assez pour estre 
en colleige, et avec l'advis et bon gré touttefoiz dud. sieur de Bréda, pour les traicter par 
mad. seur comme siens sur et du revenu et arréraiges des renies que je leur laisse comme 
dessus, et entretenir led. Philbert en colleige tant qu'il y sera de toutes choses généralle- 
ment quelconques. Voullant à ces fins qu'elle seullc, en ce cas, reçoipve et joysse desd. 
rentes pour le temps et aux charges susd. au lieu dud. sieur de Bréda et de lad. Ballon. 

«.Item, je laisse à Pierre Martin, mon antien serviteur, la somme de six cens livres tour- 
nois pour une foiz, que je lui doibz. En oultre, veulx et ordonne qu'il soit payé de ce qui 
luy sera deu de ses gaiges jusques à mon décès, et encores une année desd. gaigesà comp- 
ter seullement du jour de mond. décès. 

« Item, je laisse en semblable à chacun de mes aultres serviteurs et servantes une année 
de leurs gaiges à prendre du jour de mondict décès, oultre ce qui leur sera deub de leursd. 
gaiges d'auparavant, dont j'entends pareillement qu'ilz soient paiez. 

<xltem, considérant que c'est bien peu desd. deux cens livres tournois de rente pour l'en- 
tretenement dud. Philbert Delorme pour chacun an, mesmement quant il sera venu en 
aage de perfection, je lui donne et laisse en oultre cent cinquante livres tournois de rente 
par chacun an; et pour ce faire je veulx et ordonne estre prins la somme de dix huict cens 
livres tournois sur lad. somme de unze mil tant livres à moy deue par le Roy, et mise en 
l'Hostel de cesle ville de Paris, au nom dud. Philbert Delorme; et laquelle rente je veulx 
et entends estre receue, et, led. Philbert déceddant en mynorité, retourner ou appartenir 
à lad. Charlotte et Jehanne Delorme, au cas et comme l'aultre rente que luy ay laissée 
ci-dessus. 

«Et pour exécuter et accomplir ced. présent mon testament et ordonnance de ma der- 
nière vouiliinté, je veulx, esly et nomme mesd. sieurs messire Cristophe de Tou, cheva- 
lier, premier président de Paris et conseiller du Roy en son conseil pryvé, monsieur 
Tabouneau, aussy conseiller du Roy et président en sa Chambre des comptes dud. lieu, 
*'t M e . .. de Bréda, chanoync de Paris, auxquelz et chacun d'eulx je baille et laisse par ces 
présentes plaine, totalle et entière faculté et puissance de icelluy mien testament exécuter 
'■t accomplir de poinct en poinct, selon sa forme et teneur; voullant que pour cest effect 
ilz et chacun d'eulx soient saisis après mond. décès de tous et chacun mes biens tant 
meubles que immeubles, promectant, obligeant et renonçant. En tesmoing de quoy j'ay 
signé ces présentes ce jourd'huy vingt ung mc décembre, jour et feste sainct Thomas, Mil 
cinq cent soixante neuf. Signé* Delorme. » 



APPENDICES. 189 

Pardevant Vincent Maupéru et Jehan Lusson, notaires du Roy, nostre sire, en son chas- 
tellet de Paris, fut présent en sa personne Révérend père en Dieu messire Philbert De- 
lorme, abbé de Sainct Serge et Sainct Bach lez Angers, et chanoyne de l'église de Paris, 
gisant au lict malladc, toutteffois de bon et ferme propos, mémoire et entendement , comme 
il dict et qu'il est apparu ausd. notaires par ses parolles, gestes et maintien. Lequel a 
déclaré ausd. notaires que le testament cy-devant escript en trois feuilletz de papier, cestuv 
compris, est son testament et ordonnance de dernière voullunté, signé de sa main cl seing 
manuel, et veult qu'il vaille et sorte son plain et entié effect, et a révocqué tous aultres 
testamens et codicilles qu'il pourroit avoir faietz et passez auparavant huv. Faict et passé 
l'an Mil cinq cens soixante neuf, le mercredy vingt ungiesme jour de décembre. Signé Mal- 
péru, Lusson, et au dessoubz est escript : L'an Mil cinq cens soixante dix, le samecR vingt 
cinquiesme jour de février, par Vincent Maupéru et Jehan Lusson, notaires susd. et soubz- 
signez, fut faicte collation de ceste présente coppie à l'original d'icelle, en pappier sain et 
entier en son sein et escripturc. Ce requérant M'' Odet de Burlet, greffier de Sainct Sym- 
phorian de Donzon en Dauphiné, au nom et comme procureur substitué par M c Martial de 
Burlet, son frère, de damoiselle Delorme, vcufve de feu noble homme Cristophe de Bur- 
let, en son vivant cappitaine et chastcllain dudict Sainct Siphorien, fondé de substitution 
daltée du XVI e jour de ce présent mois, signée Bontemps, Cothereau,de laquelle il est ap- 
paru ausd. Maupéru et Lusson pour servir à ladicte damoiselle ce que de raison. Ainsi 
signé Maupéru, Lusson. 

L'an Mil V e soixante et unze, le mercredy vingt sixiesme jour de septembre, par lesd. 
notaires du Roy, nostre sire, en son Chastellet de Paris, soubscriptz, fut faicte collation de 
cette présente copie à une autre copie collationnée et signée comme dessus est dict. 

Lexoir. Lusson. 



VIII. 

CENSIER DE SAINT-DENIS-DE-LA-CHARTRE EN LA CITÉ DE PARIS, 

POUR L'ANNÉE 1540. 

(Voir t. I, p. 1 16, et la Notice sur les fouilles, p. 1 /I7.) 

Cette copie est tirée du registre en papier des archives historiques de la Ville de Paris, 
coté 1189. Nous donnons l'en-tète du registre; et l'article relatif à la rue d' [utruche, le seul qui 
nous intéresse, se trouve au recto du folio 8. 

Cens Rentes et aultres droictz et DEiivoinz deubz a hoïïii. (honorable) homme M° Toussainctz de Lespinev pitre 
(prebstre), Prieur et Mandataire de Sainct Denys de la Chartre en la Cité de Paris, au jour et teste Sainct Remy, pour 
ceste piîte. (présente) année Mil cinq cens quarante. 
Suit la copie au folio viij. 

La rie d'Autruche. 
Monsr. de Villerov, au lieu de feu Monsr. d'Alenson pour ses maisons et jardins assis 



190 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

en ladicte Rue, tenant d'un costé à lad e Rue d'Autruche, d'autre à la rue des Poulies 
« et mesmement les fossés St. Germain , » aboutissant d'un bout à l'hostel de Bourbon , d'autre 
à «M L Chastelain, médecin du Roy, d'aultrept. (part) à Monsr. le duc de Nyvernays à cause 
« d'une maison qui fut et aptint. (appartint) à feu M 6 Sébastien de la Grange, en son 
«vivant ad at (advocat) en parlement s r de Triannon. » Doibt pour cens et fondz de terre 
aud. jour et feste Sainct Remy dix sept solz quattre den s (deniers) par. Pour ce « payables 
«au jour de la feste de la Toussainctz» xvij s. mj d. p. 

Maistre Loys Martine au lieu de Monsr. de Sainct-Pol A pnt. (présent) M c Charles Le 
Conte, M c des œuvres de charpenterie de ceste ville de Paris, pour son hostel assiz en 
lad' Rue, ten 1 d'une pt. (part) «aux anciens meurs de la Ville de Paris, » à lad e Rue 
d'Autruche, aboutissant d'un bout à la Ruelle Porte Sainct Honnoré, d'autre «et Rue St. 
« Honoré [sic) et d'aultre bout à damoizelle Magdalaine de Fizes, et app* précédemment 
«à Monsr. le baron de Fizes son père p r l'acquisition qu'il en auroit faicte de messire 
«Nicollas de Neuville et seigneur de Villeroy, lequel auroit donné le logis de lad. Fizes à 
«deux desd. vendeurs dont l'un estoit Barbier, duquel led. Odeau a acquit partie de lad. 
«maison appartenante de présent à lad. damoizelle de Fizes. » Doibt pour cens chnn (chas- 
cun) an audict jour et feste Sainct Remy six den. par. Pour ce vjd. p. 

Le Recepveur de Paris pour le Roy nostre sire Doibt par chascun an aud. prieur à 
cause de la Grosse Tour du Louvre, au jour de feste Mons. Sainct Jehan Bpte. pour cens 
et fondz de terre, trente sols par. Pour ce xxxs. p. 

Monsr. de Bourbon , pour ses estables estans dessus lad. Rue et d'un costé ledict s r d'Alen- 
son et d'autre costé sur la Rivière ou soulloit avoir plusieurs maisons qui doibvent toutes 
ensemble de cens et fondz de terre aud. prieur led. jour x s. x d. p. 

Maistre Michel Cave, pour son chantier qui fut à Jacquet de Callays faisant le coing 
de ladicte rue d'Autruche pardevers la Rivyere joygnant à la Porte du Louvre, Doibt 
aud. prieur pour fondz de terre et cens le jour Sainct Remy douze den. par. Pour ce. xijd. p. 

Estienne Hime au lieu de feu Jehan Fleury, pour ses maisons joignans led. chantier, 
Doibt led. jour aud. prieur pour cens et fondz de terre quattre solz huict den. par. 
Pour ce mj s. xnj d. p. 

L'Hostel-Dieu de Paris au lieu de Jehanne du Fey, pour deux maisons assises en lad. 
Rue, l'une ten. aud. Hime et l'autre ten. à Jehan Clotet, Doibt aud. prieur led. jour pour 
cens et fondz de terre troys solz parisis. Pour ce nj s. p. 

Jehan Clotet, pour ses maisons à troys pignons ten. d'un costé audict Hostel-Dieu et 
d'autre costé à une maison appartenante à Asselin le [sic) Vassaulx et auparavant à Colas 
du Ru, Doibt par chascun an aud. jour pour cens et fondz de terre quattre solz huict. den. 
par. Pour ce mj s. vnj d. p. 

Asselin de Vassaulx, pour sa maison ten. d'un costé audict Jehan Trolet (sic pour Clo- 
tet) et d'autre costé à Geulfroy Bordier, Doibt led. jour aud. prieur pour cens et fondz 
de terre troys solz par. Pour ce irj s. p. 

Geulfroy Bordier, pour sa maison assize à lad. Rue ten. d'un costé aud. Asselin de 
Vassaulx et d'aut. costé à M e Florent Bataille, Doibt aud. jour pour cens et fondz de 
terre cinq solz par. Pour ce v s. p. 

Maistre Florent Bataille, pour son hostel assiz en ladicte Rue ten. d'un costé aud. Geuf- 



APPENDICES. 191 

froy Bordier, Doibt led. jour aud. Prieur [tour cens el fondz de terre sept poictevines. 
Pour ce vij poict. 

Nota. Les guillemets indiquent les additions faites d'une autre main que le corps du registre, 
et placées dans les interlignes ou en marge. 



IX. 

PROVISIONS DE MÉTEZEAU. 

(Voir p. 79.) 

Texte du registre de la Chambre des comptes. 

Vu par la Chambre les lettres patentes du Roy, données à Paris le 19 octobre i5o,/i, 
signées de sa main, et plus bas, par le Roy, de Neufville, par lesquelles et pour les causes 
y contenues ledit sieur a commis et député ledit Louis Métezeau pour avoir les charges et 
conduite de la construction de tous les bâtimens royaux mentionnés èsdites lettres, [tour 
desdites charges jouir et user aux mêmes honneurs, autorités, état et entretenement, de 
huit cens écus par an, à savoir : quatre cens écus pour les bâtimens du Louvre, et quatre 
cens pour les autres bâtimens, tout ainsi et en la même forme et manière qu'en jouit 
ledit Jacques Androuet du Cerceau ; 

Autres lettres patentes du 1 2 février 1696, signées par le Roy, Luillier, contenant 
relief d'adresse et de surannation des précédentes; un acte de ladite Chambre, du 6 avril 
audit an 1696, contenant l'opposition formée par ledit du Cerceau à l'entérinement des 
lettres de commission dudit Métezeau, les causes desdictes oppositions, réponses à icelles 
faites par icelui Métezeau, réplique dudit du Cerceau, avec copie collationnée à l'original 
de ses lettres de pareille commission que celles ci-dessus mentionnées, registrées en ladite 
Chambre le 17 mars 1 5<)5 , pour jouir du contenu en icelles par forme de [tension seule- 
ment; une autre copie collationnée à l'original d'une lettre missive de Madame, sœur 
unique de S. M., adressant au sieur d'Attichy, intendant des finances dudit sieur, trois 
certifications faites en faveur dudit Métezeau, contenant icelui être employé en l'état de 
domestique de madite Dame sœur du Roy, et de Monseigneur son frère; l'appointement 
passé entre les parties, le 20 juin 1 5t)6 , de produire par elles tout ce que bon leur sem- 
blera : trois requêtes et commandemens de produire, faits audit du Cerceau les 20, 27 
et dernier juillet audit an, signifiés à son procureur par le Clerc, huissier en ladite 
Chambre, la requête par ledit Métezeau à elle présentée à fin de vérification de cesdites 
lettres de commission, conclusions du procureur général du Roy, auquel le tout a été 
communiqué; tout considéré, la Chambre, avant que procéder à la vérification des lettres 
obtenues par ledit Métezeau, et opposition formée par ledit Jacques Androuet du Cer- 
ceau, a ordonné que les parties se pourvoiront par devers le Roy, pour avoir sur ce décla- 
ration de sa volonté, pour icelle vue et rapportée, en icelle être ordonné ce qu'il appar- 



192 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

tiendra par raison. Prononcé à M Meheneti (1) , procureur dudif Métezeau, età M c Sébastien 
Fontenu, procureur dudit du Cerceau, le 6 août 1697. 

(Arcli. de l'Emp. Reg. de la Chambre des comptes. P. 2852, fol. 659.) 

Nous n'avons pu retrouver les pièces importantes reprises dans la transcription qui précède. 
Il aurait été fort intéressant de connaître les motifs qui avaient amené le remplacement de Du 
Cerceau par Métezeau. On voit cependant qu'il y avait, dans ce changement de direction des 
travaux des Maisons Royales, l'influence de Madame, sœur du Roi, et l'on remarque que l'oppo- 
sition de Du Cerceau eut pour résultat de suspendre l'entérinement des lettres patentes conte- 
nant la nomination de Métezeau. 

Nous trouvons pourtant au folio 69 d'un registre de « Estât desgaiges des Officiers des basti- 
mens et jardins du Roy» de 1608, coté aux Archives de l'Empire trO. io,692»' 2 ), la mention 
suivante, que nous copions littéralement: 

Chasteau du Louvre et Pallais des Thuilleries. 

A Loys Methezeau Architecte du Roy Concierge du Pallais des Thuilleries et 
ayant la garde des meubles dicelluy Pour ses gages (sic) La somme de deux 
mil quatre cens Liures Asscavoir ij' n pour sad c charge darchitecte Et mj c tt 
pour la charge de Concierge et Garde desd s meubles cy ij m mj c tt 

Aux Srs. du Serceau (sic) et Fournier autres Architectes de Sa Mag u Pour leurs 

gaiges (sic) a raison de xij c tt chascun ' ij m mj c tt 

Ainsi Louis Métezeau était encore, en 1608, architecte en chefd.es bâtiments royaux et avait 
sous ses ordres Du Cerceau et Fournier. Ce dernier, qui figure en 1600 dans les somma- 
tions adressées au Trésorier des bâtiments, comme entrepreneur de la maçonnerie, est repris' 
ici comme architecte et occupe le même rang que Du Cerceau. 

Nous donnons ci-après la copie exacte de la partie du registre correspandant à 1608, parce 
qu'elle renferme des détails précieux sur les artistes dont la biographie fait l'objet d'une partie 
du dernier chapitre de M. Rerty. 



COMPTE DES RESTES 
ATTRIBUÉS À L'ACHÈVEMENT DU PALAIS DES TUILERIES. 

Lettres patentes portant 

Accord entre la Reine mère, Catherine de Médicis et les Solliciteurs généraux (16 février 

i5 7 3). 
Ordonnance de renvoi de 1 5'7'y. 

(I) On pourrait peut-être tire aussi Meheneuti. — (2) Ce registre, récemment inventorié, nous a été obli- 
geamment signalé par M. Boutaric. 



APPENDICES. 193 

Lettres patentes portant 
Ratification du roi Charles IX (ib février î^y.'i). 

Vérification et enregistrement par la Chambre des comptes (.") mars 1 3 7 3). 
Enregistrement par la Cour des aides (17 mars 1573). 

Nous devons la connaissance et la communication des lettres patentes dont la copie exacte 
va suivre à l'obligeance de M. A. de Boislislc, qui a bien voulu les faire prendre dans les Archives 
Nicoïaï, Lettres originales, sections ij et 18. Leur lecture donnera de curieux renseignements sili- 
ce qu'étaient ces reprises sur les Restes des Comptes des revenus royaux, et sur les difficultés 
qu'offrait leur recouvrement; on y verra en même temps par quels moyens Catherine de 
Me'dicis pouvait obtenir les avances indispensables pour ne pas être obligée d'interrompre le 
cours des travaux de son palais des Tuileries. Mais nous ferons observer que ces mesures finan- 
cières étaient, sans aucun doute, destinées à solder des travaux déjà exécutés, car Philibert de 
l'Orme était mort en 1670, Jean Bullant avait déjà construit les pavillons qui flanquent le 
Palais, et c'est en 1672 que Catherine de Médicis, après avoir à peu près terminé la plantation 
et l'ornementation des jardins, commençait à donner tous ses soins à son hôtel de Nesle, depuis 
de Soissons. Nous ne pouvons dire la destination qui aura été réellement donnée aux sommes 
recouvrées pendant les trois années consécutives que fixe V Accord du 1G février 1673; il est seu- 
lement certain que l'attribution qui en était faite ostensiblement avait pour objet les travaux 
du Palais appelle les Thuilleries. Il n'y a rien d'improbable à supposer que ces sommes aient été 
employées à solder les dettes de la Reine mère afférentes aux Tuileries, sans qu'elle se soit l'ail 
scrupule d'en détourner une partie pour avancer les travaux de son hôtel du Petit-Nesle. Pour 
faire cette justification il faudrait pouvoir compulser les comptes des travaux des Tuileries 
pendant les années 1573, 1676 et 1575, correspondantes à celles des versements stipulés par 
les articles de V Accord fait avec la Reine mère. Mais nous ne pouvons espérer trouver les détails 
de ces comptes comme nous avons eu ceux de 1608, 1618 et 1G2A. (Voir l'Appendice XII.) 
Tout nous amène pourtant à croire que les payements effectués sur les sommes tirées des restes 
soldèrent des travaux antérieurs à 1673, puisqu'il est certain qu'il y eut dès lors un ralentisse- 
ment marqué dans les travaux des Tuileries, et que M. Berty a pu dire, d'après des écrivains 
du temps (voir p. 53), que Catherine ne pouvait mener de front deux entreprises aussi impor- 
tantes que celles des Tuileries et de l'hôtel du Petit-Nesle^. Or l'emplacement de cet hôtel 
était acheté et les travaux commencés dès l'année de l'exécution de ÏAccord dont il est ici 
question, et Jean Rullant leur avait imprimé une grande activité, par ordre de la Reine mère, 
de 1576 à i. r )8o. Nous n'avons pas de documents qui nous fournissent la preuve de l'exécu- 
tion entière des conventions du 1G février 1579; mais on peut l'inférer assurément de celle 
activité des travaux ordonnés par Catherine, et des autres ordonnances rendues par Henri III 
sur le même objet. 

On pourrait croire peut-être que les édits relatifs aux Restes des Comptes rendus parce prince, 
et dans lesquels il est dit qu'il entend révoquer toutes les concessions ou délégations qui lui 
ont pu être arrachées à lui ou à ses prédécesseurs sur ces mêmes restes, s'appliquent même à 
celles faites à la Reine mère. Ce serait une erreur : Catherine transmettait, comme on le voit, 
sa concession à des solliciteurs qui lui avançaient immédiatement l'équivalent en espèces, et d'ail- 

(l) Nous donnons ce nom à l'hôtel qui porta de- celait là, en effet, qu'on assemblait la Chambre des 
puis celui d'hôtel de Soissons, parce que c'est ainsi comptes de celle dame, ainsi qu'on peut le voir dans 
qu'il est désigné dans les comptes de la Reine mère ; la formule terminale de plusieurs procès-verbaux 

II. 2J 



194 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

leurs il faudrait ne pas connaître l'autorité extraordinaire que cette princesse avait sur seâ 
enfants, pour penser que l'un d'eux aurait pu oser lui refuser ou lui retirer ces délégations sur 
les Restes qui étaient, on le voit par la teneur de ces mêmes édits, dans les habitudes des rois 
à celte époque. 

Nous avons compulsé inutilement tous les registres des comptes de la Reine; à partir de 
l'époque où elle commença son hôtel nouveau près de l'église Saint-Eustache, on ne voit pas 
qu'elle fasse de nouveaux frais pour les Tuileries; il y a seulement diverses sommes pour l'en- 
tretien et l'avancement du grand jardin. Les Rois prirent alors la direction exclusive des bâti- 
ments de ce Palais et poussèrent avec toute l'activité possible l'achèvement de la galerie qui 
reliait le Louvre au nouveau Palais. Il y avait, dans cet empressement de terminer cette jonc- 
tion malgré les embarras énormes causés par les troubles publics, un motif puissant de sûreté 
qui ne doit pas échapper au lecteur qui connaît les événements de cette époque. 

Articles accordez entre la Royne mère du Roy et Arnauld Dubois, bourgeois et habitant de la \ille de 
Paris, et Guillaume le Vacher, controolleur du poisson de mer fraiz et salle en icelle, pour la sollicita- 
lion et recouvrement des restes des comptes affectez a la construction et continuation du Palais de ladicte 
dame appelle les Tbuilleries, durant trois années à commencer au premier jour de mars prochain. 

Ladicte dame Royne désirant ledit bastiment estre continué et ayant entendu que lesdicts 
Dubois et le Vacher se sont libérallement offertz, comme de faict ilz ont promis et promec- 
tent à Sa Majesté, de fournir et advancer pour cest effect durant lesdictes trois années par 
chacun moys, es mains de M e Jehan de Verdun, trésorier et paicur des fraiz du bastiment 
dudict palais, la somme de quatre mil livres tournoyz qui est pour icelles trois années 
la somme de sept vingtz quatre mil livres tournoyz, dont le premier moys de paiement 
escherra au dernier jour dudict moys de mars prochain, ce qu'ilz continueront ainsi en fin 
de chacun moys jusques et comprins le dernier jour de juing ensuivant aussi prochain , 
après lequel expiré ont promis et seront tenuz paier audit de Verdun lesdictes nij ,n livres 
tournoyz par moys durant le temps qui restra desdictes trois années, au commancement de 
chacune sepmaine par quart et égalle portion à raison de mil livres tournoys par sepmaine, 
et pour seuretté de ce, de paier et mettre es mains dudict de Verdun, outre ce que dessus, 
la somme de dix mil livres tournoys pour estre convertiz et emploiez au faict de sa charge, 
et ce dedans quinze jours après que les présens articles auront esté ratifiiez par le Roy, 
vérifiiez et émologuez purement et simplement en la Chambre des Comptes et Court des 
Aydes audict Paris, 

Pourveu qu'il pleust à Ladicte Majesté leur donner bonne et sufïizante asseurance d'estre 
remboursez (lesdictes sommes de vij"inj m livres et x'" livres montans et revenans ensemble 
à la somme de sept vingtz quatorze mil livres tournoyz, sur les premiers et plus clairs de- 
niers qui proviendront cy après desdits restes tant de la Chambre des Comptes audict Paris 
que celles de Nantes, Dijon, Aix, Grenoble, Montpellier et Blois, après toutesfois que 
les gages des receveurs et solliciteurs généraulx d'iceulx restes, ensemble les droietz de sol 
pour livre desdicts solliciteurs, façons et redditions des comptes desdictes receptes et sollici- 
tation , et aussi les droietz et remplage d'espices des gens des Comptes audict Paris acous- 
tumées estre sur ce prinses, auront esté paiées et acquictées, 

Sadicte Majesté, en considération des advances qu'il conviendra ausdicts Dubois et le 
Vacher faire pour fournir par chacun moys ladicte somme de inj"' livres, en considération 



APPENDICES. 195 

de ce que les deniers d'iceulx restos sont do longue discussion et de difficile recouvrement, 
aussi qu'ilz ne pourront par adventure estro recouverlz à jour si certain connue il est 
requis pour le paiement des ouvriers qui seront emploies à ladicto construction et con- 
tinuation dudict bastiment, Veult et entend Je remboursement de la dicte somme de 
vij"\mj"° livres estre faict ausdictz Dubois et le Vacher sur les premiers et plus clairs deniers 
desdictz restes, desquelz a esté faict don par le Roy à Ladicte Majesté, laquelle en tant que 
besoing est ou seroit leur en faict cession et transport jusquos à la concurranco d'icelle 
somme, et pour icelle recouvrer les a subrogez et subroge en son lieu et droict, leur jier- 
mectant pouvoir prandre lesdictz deniers par leurs simplos quictances ou de l'un d'eulx 
seullement par les mains desdictz receveurs généraulx desdictz restes et chacun d'eulx res- 
pectivement, en l'année de son exercice, au feur et à mesure qu'ilz seront par eulx receuz, 
afin qu'ilz ayent meilleur moyen de satisfaire aux susdictes advances. 

Et outre ce, pour aucunement gratifïier et rescompenser lesdictz Dubois et le Vacher de 
telle advance, leur a Ladicte Majesté faict don irrévocable de la somme do quinze mil livres, 
qui est à raison de cinq mil livres tournoyz par an, dont elle veult et entend qu'ilz soient 
paiez et satisfaictz en fin de chacune desdictes années égallement, après toutesfois qu'ilz 
auront satisfaict à leurs dictz ollices sur les deniers susdictz, lesquels elle cedde et trans- 
porte semblablement ausdictz Dubois et le Vacher jusques à ladicte somme de xv m livres, 
outre lesdictes vrj"xmj m livres, les subrogeans aussi en leur lieu et droict pour en faire le 
recouvrement comme dessus. 

Ausquelz Dubois et le Vacher pour plus grande asseurance d'avoir leurdict rembourse- 
ment desdictes vij"xinj' n livres et paiement desdictes xv m livres de don Sadicte Majesté ne 
veult les susdictz deniers desdictz restes estre convertiz ailleurs en quelque sorte que ce 
soit, quelques mandemens, jussions et aultres lectres qui ayent esté ou puissent estre pour 
ce expédiées. 

Veult et entend semblablement que, si aucuns dons se trouvent avoir esté par elle faictz 
auparavant le jour et datte de ces présens articles sur lesdicts restes non encores acquictez, 
estre revocquez et lesquelz dès à présent elle revocque. 

Semblablement, s'il se trouvoit quelques dons faictz par le Roy sur ladicte nature de 
deniers aussi non acquictez, ou que Sa Majesté en voulsist cy après faire aucuns, Ladicte 
Majesté a promis ausdicts Dubois et le Vacher iceulx faire revocquer comme dessus. 

Et ou ledict seigneur Roy ou ladicte dame, de puissance absolue ou aultrement, voul- 
droyent cy après faire paier des susdictz deniers aucuns dons faictz ou à faire, ou acquitter 
quelques mandemens ou assignations, soit pour gages et droictz d'olliciers nouvellement 
créez ou pour quelque autre cause et occasion que ce soit ou puisse estre, Veult et entend 
Ladicte Majesté que lesdictz Dubois et le Vacher n'en puissent estre tenuz, ains qu'ilz soient 
d'aultant tenuz quictes et deschargez sur lesdictes mj" 1 livres par moys durant le temps qui 
restra à expirer d'icelluy présent party, ce que Ladicte Majesté a accordé et accorde aus- 
dictz Dubois et le Vacher, pour ce que sans ceste clause expresse ilz n'eussent voullu entrer 
à faire les offres cy dessus contenues. 

Aussi a Ladicte Majesté accordé ausdictz Dubois et le Vacher qu'ilz puissent prandre 
pour leurs gages et entretenement durant lesdictes trois années les douze cens livres tour- 
noyz que a cy devant prins et perceuz M c Anthoine Arnauld durant les deux dernières 



196 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

années qu'il a exercé la sollicitation généralle desdictz restes finies le quatorziesme jour 
de ce présent moys, el lesquelz gages soulloient auparavant estre paiez sur iceulx restes à 
M e Jacques Ligier nagueres commis à en faire la recepte, actendu que les advances que 
feront lesdictz Dubois et le Vacher seront sans comparaison plus grandes que celles qu'es- 
toil tenu l'aire ledit Ligier. 

Pareillement Sadicte Majesté a accordé et accorde ausdictz Dubois et le Vacher qu'ilz 
puissent faire et exercer la dicte sollicitation généralle desdictz restes, sinon choisir, eslire 
et Nous nommer ou ausdictz gens des Comptes audict Paris et pareillement à ceulx de 
toutes les susdictes autres Chambres des Comptes de ce royaume telles personnes capables 
que bon leur semblera pour icelle faire et exercer, ensemble faire tout ce qui sera requis 
et nécessaire pour le paiement des susdictes sommes et charges ordinaires et acoustumées 
estre paiées sur lesdicts restes. 

A la charge que lesdictz Dubois et le Vacher, ou bien celuy ou ceulx qu'ilz auront nommez 
pour ladicte sollicitation, seront teriuz mettre à fin et rapporter l'entière discution de toutes 
les parties susdictes desdictz restes de comptes qui se trouveront cloz auparavant ce jourd'huy 
esdictes Chambres des Comptes, qui leur seront baillées par estât dans ledict temps de trois 
ans si faire se peult, et sur chacune desdictes parties faire apparoir de telles dilligences 
qu'il n'en faudra plus faire estât dont ilz rendront compte d'an en an ou de six moys en six 
moys, comme est acoustumé, à commancer au jour que les estatz d'iceulx restes leur seront 
par les procureurs généraulx dudict seigneur Roy esdictes Chambres baillez et délivrez ou 
à ceulx qui à leurdicte nomination auront esté à ce commis et depputtez. 

Ausquelz solliciteurs et chacun d'iceulx Ladicte Majesté promect faire expédier toutes et 
telles lectres de commission généralles et particullieres dudict seigneur Roy qui seront 
pour ce requises et nécessaires, et de les faire joir des prérogatives prééminantes desquelles 
ceulx qui ont cy devant exercé ladicte sollicitation ont acoustumé joir, mesmes dudict droict 
de sol pour livre des deniers provenans desdictz restes, outre les susdietz remboursement 
et recompenses. 

Fera Ladicte Majesté bailler par ledict Arnauld ausdictz Dubois et le Vacher, ou à celuy 
ou ceulx qui seront à leur nomination commis à ladicte sollicitation généralle, les estatz 
au vray de luy deuement signez et certifiiez véritables de toutes et chacunes les parties res- 
tans à recouvrer desdictz restes desdictes Chambres des Comptes dont il a cy devant esté 
chargé, sans aucunes en excepter, retenir ne réserver, et ce dedans le dernier jour dudict 
présent moys. 

Par mesme moien fera icelle Majesté fournir et bailler par ledict Arnauld à iceulx Dubois 
et le Vacher, dans ledict dernier jour de ce présent moys, sinon à celuy ou ceulx qui 
comme dict est seront à leur nomination commis à ladicte sollicitation, tous et chacuns les 
exploietz, pièces et procédures qu'il a ou doit avoir concernans icelle sollicitation pour 
loulr-s les parties qui seront contenues esdietz estatz, afïin qu'ilz y puissent faire continuer 
les dilligences pour ce par luy encommancées et accélérer le recouvrement desdictz restes. 

Et d'aultant que lesdictz Dubois et le Vacher seront tenuz avoir et entretenir en cha-, 
cune desdictes Chambres des Comptes de Nantes, Dijon, Aix, Grenoble, Montpellier et Blois 
ung commis tant pour faire les dilligences nécessaires au recouvrement des parties qui leur 
seront baillées par estât que pour apporter ou faire apporter à ladicte recepte généralle 



APPENDICES. 197 

desdictz restes audict Paris les deniers qu'ilz auront faict recouvrer, Sadicte Majesté Vedlt 
et entend que, outre ledict sol pour livre ordinaire et acoustumé estre paie ausdictz solli- 
citeurs généraulx, ilz ayent pour le regard des susdictes six Chambres ung autre sol pour 
livre, qui sont deux solz pour livre, sur tous les deniers d'iceulx restes qui en proviendront, 
assavoir six deniers pour livre pour les salles et entretencinent de ceulx qui résideront sur 
les lieux où sont lesdictes Chambres establies et autres six deniers pour le port desdictz 
deniers à la recepte généralle audict Paris. 

Encore accorde Ladicte Majesté que, advenant que lesdietz Dubois et le Vacher nomment 
aultres (pie eulx à l'exercice de ladicte sollicitation généralle et que celluy ou ceulx qui à 
leurdicte nomination auront esté commis et depputtez ou aucuns d'eulx déceddent dans les- 
dictes trois années, leur soit loisible d'en nommer d'autres en leurs lieux et places. 

Promect aussi Ladicte Majesté faire ratifïier et avoir pour agréable par ledict seigneur 
Roy le contenu en ces présens articles, et de ce faire expédier lectres nécessaires, mesmes 
icelles faire vériflier et émologuer purement et simplement tant en ladicte Chambre des 
Comptes que en ladicte Court des Aydes dans ledict dernier jour dudict présent moys, et à 
faulte de ce faire et de faire deslivrer par ledict Arnauld ausdictz Dubois et le Vacher dans 
ledict jour lesdietz estatz, pièces et procédures cy dessus, ilz ne seront tenuz ne contrainetz 
au paiement des dessusdictes x m livres qu'ilz ont promis paier d'entrée, et si ne commen- 
cera a courre le temps du paiement desdictz mj m livres par moys sinon du jour de la déli- 
vrance qui leur aura esté faicte d'iceulx estatz ensemble desdictes pièces et procédures. 

Faict à Paris le XVI e jour de février l'an Mil cinq cens soixante treize. Signé Catherine. 
Et plus bas : Chantereau , Dubois et le Vacher. 

De par le Roy, 

Nostre amé et féal, Nous vous envoyons noz lettres patentes cy encloses pour les présenter 
à noz amez et feaulx les gens de noz Comptes, pour ce que nous désirons sur le contenu 
d'icelles, et après avoir veu Testât qui vous sera envové, faire si bon reiglement sur le laid 
des restes des comptes de noz officiers comptables que nous pourrons dans quelque temps 
voir la perfection de l'euvre encommancée au pallais des Thuilleries où les deniers desdictz 
restes ont esté destinés. Et d'aultant que nous voilons estre promptement satisfaict au con- 
tenu de nosdictes lettres, nous vous mandons et enjoignons très expressément d'y faire 
toute la dilligence que jugerez y estre requize et de nous en advertir le plustost. Si n'\ 
faictes faulte. Car tel est nostre plaizir. Donné à (1) le jour 1 ^77- 

MANDEMENT DU ROY. 

CHARLES, par la grâce de Dieu Roy de France, A noz amez et feaulx les gens de noz 
Comptes et Court des Aydes à Paris. Nous avons cy devant faict don à la Royne, nostre très 
chère et très honorée dame et mère, de tous les restes et debetz des comptes de noz ofliciers 
comptables et autres de la nature portée par les lectres que nous lui en avons l'aie! e\pé- 

(1) Le lieu et la date sont en blanc, et la lettre suivantes, <lùl la faire reléguer à la lin; mais nous 
n'est ni signe'e ni contre-signe'e. — On a placé ici nous sommes ainsi conformé a l'ordre suivi dans 
celte Ordonnance, quoique sa dale, postérieure aux le registre où ces pièces sont copiées. 



198 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

dier pour estre convertiz et emploiez à l'édiffice, bastiment et construction de son palais 
des ThuiHeries à quoy nous les avons affectez et destinez, l'advancement duquel nous avons 
tousjours eu et avons en grande et singulière recommandation, et d'aultant que les deniers 
desdictz restes sont de difficile recouvrement pour estre deuz par plusieurs personnes, 
mesmes la pluspart par vefves, héritiers et enfans myneurs demourans en divers lieux et 
endroictz de nostre roiaume, desquelz l'on ne peult avoir paiement sinon par grandes et 
longues discutions, et que cela pourroit estre cause de retarder la continuation dudict 
édillice, estant requis pour éviter la ruyne de ce qui y est encommancé avoir tousjours 
quelques deniers d'advance asseurez à jour certain pour le paiement des ouvriers qu'il y 
convient ordinairement emploier, et s'estans présentez noz chers et bien amez Arnauld Du- 
bois, bourgeois et habitant de nostre ville dudict Paris, et Guillaume le Vacher, controol- 
leur du poisson de mer en icelle, lesquelz pour nostre service et de nostre dame et mère 
ont offert et promis fournir et advancer comptant pour cest effect la somme de dix mil 
livres tournoyz, et outre ce par chacun moys durant trois années ensuivantes et consécutives, 
à commancer au premier jour de mars prochain, la somme de quatre mil livres tournoyz, 
es mains du trésorier et paieur des fraiz dudict bastiment, qui est pour lesdictes trois 
années, comprins lesdictes dix mil livres de deniers comptans, la somme de sept vingtz 
quatorze mil livres tournoyz, soubz ces conditions toutesfois portées par jles articles de ce 
faictz et accordez entre nostre dicte dame et mère et lesdictz Dubois et le Vacher, cy atta- 
chez soubz nostre contre scel. Considéraivs lesquelles offres et voullans de nostre part leur 
donner toutes les seuretez ad ce requises et nécessaires, Nous, après avoir amplement faicl 
veoir en nostre dict Conseil privé lesdictz articles, de l'advis d'icelluy avons le contenu en 
iceulx approuvé, agréé et ratiffié, et par ces présentes pour ce signées de nostre propre 
main approuvons, agréons et ratifiions, voullans qu'ilz sortent leur plain et entier effect, 
force et vertu, et estre entretenuz, gardez et observez de poinct en poinct selon leur forme 
et teneur, et que suivant ce lesdictz Dubois et le Vacher soient remboursez de ladicte 
somme de vij x, xiiij in livres et paiez des quinze mil livres tournoyz de don, ensemble des 
gages de douze cens livres et droicts d'ung sol et de deux solz pour livre y mentionnez, 
par leurs simples quictances, sur les premiers et plus clairs deniers desdictz restes tant de 
nostre Chambre des Comptes audict Paris que de celles de Nantes, Dijon, Aix, Grenoble, 
Montpellier et Blois, et pareillement sur tous les autres deniers de la nature dudict don 
par nous faict à nostre dicte dame et mère, et ce par les mains de noz officiers comptables 
qu'il appartiendra et qui en auront faict la recepte, au feur et à mesure que lesdictz deniers 
auront esté par eulx receuz, lesquelz, en rapportant seullement les quictances des des- 
susdictz Dubois et le Vacher ou de l'un d'eulx avec cesdictes présentes ou coppie d'icelles 
deuement collationnée, en seront et demeureront quictes et deschargez à la reddition de 
leurs comptes et partout ailleurs où il appartiendra, les charges ordinaires desclarées csdictz 
articles préalablement paiées et acquictées, sans que lesdictz deniers, partie ou portion 
d'iceulx, puissent estre divertis, assignez, convertis et emploiez ailleurs en quelque sorte et 
manière et pour quelque cause et occasion que ce soit ou puisse estre, en inhibant et 
deffendant très expressément à noz amez et feaulx conseillers et secrétaires d'Estat d'expé- 
dier aucunes lectres au contraire et à vous gens de nozdictz Comptes audict Paris d'en passer 
ne vériffier aucunes, ce que en semblable nous inhibons et deffendons à nos amez et feaulx 



APPENDICES. 199 

les gens de noz Comptes establiz esdiclz lieux de Nantes, Dijon, Aix, Grenoble, Montpel- 
lier et Blois, et aussi à noz receveurs généraulx desdictz restes audict Paris et tous aultres 
noz officiers comptables généraulx et particulliers qui ont acoustumé faire et feront cy 
après la recepte desdictz deniers de la nature susdicle, d'en paier aucune chose, quelques 
jussions ou exprès mandemens que nous ayons peu ou puissions pour ce faire, sur peyne 
de s'en prandre à- vous et chacun de vous en voz propres et privez noms et de répéter sur 
ceulx de noz dictz officiers comptables ce qu'ilz en auront paie ailleurs, et à ceste fin avons 
revocqué, cassé et adnullé, revocquons, cassons et adnullons tous dons, mandemens et 
assignations levées et à lever sur les deniers desdictz restes non acquictez auparavant le 
jour et datte desdictes présentes, ensemble toutes les lectres de commission qui ont esté 
par nous cy devant expédiées pour la sollicitation et recouvrement d'iceulx restes, voullans 
ladicte sollicitation estre faicte par lesdietz Dubois et le Vacher ou par telles autres per- 
sonnes capables qu'ilz nous vouldront nommer, ainsi qu'il est acoustumé et selon les com- 
missions que avons ordonné estre à ceste fin expédiées et à eulx délivrez, à la charge que 
iceulx Dubois et le Vacher ou ceulx qui auront esté à leur nomination commis à ladicte 
sollicitation seront tenuz compter d'icelle d'an en an ou de six moys en six moys, aussi selon 
qu'il est acoustumé, et de mectre à fin et rapporter dans lesdictes trois années, se faire se 
peult, l'entière discution de touttes les parties desdictz restes dont ilz auront esté chargez, 
et sur chacune d'icelles faire apparoir de telles dilligences qu'il n'en fauldra plus faire estât. 
Si vous mandons et à chacun de vous si comme il luy appartiendra que cesdictes présentes 
vous faictes lire, publier et enregistrer, et de tout le contenu en icelles et desdictz articles 
joir et user plainement et paisiblement lesdietz Dubois et le Vacher, sans souffrir ne per- 
mectre qu'il y soit aucunement contrevenu. Car tel est nostre plaisir. Donné à Paris le 
XVI e jour de février l'an de grâce M V e soixante treize et de nostre règne le treiziesme. Signé 
Charles, et au dessoubz : Par le Roy, de Neufville, et scellées du grand scel en cire jaulne 
sur simple queue. 

EXTRAICT DES REGISTRES DE LA GHAMRRE DES COMPTES. 

Veu par la Chambre les lectres patentes du Roy données à Paris le XVP jour de février 
dernier passé, signées par le Roy, de Neufville, contenant ratiffication et approbation faicte 
par ledict Sr. de certains articles accordez entre la Royne sa mère et Arnauld Dubois, mar- 
chand et habitant de ceste dicte ville, et Guillaume le Vacher, controolleur du poisson de 
mer fraiz et salle en icelle, pour la sollicitation et recouvrement des restes des Comptes 
affectez à la construction et continuation du palais de ladicte dame appelle les Thuilleries, 
durant trois années à commancer au premier jour du présent moys, desquelz deniers ledict 
Sr. auroit cy devant faict don à ladicte dame, selon et ainsi que lesdietz articles et lectres 
le contiennent, lesdietz articles cy dessus mentionnez signez de ladicte dame Royne et plus 
bas Chantereau et pareillement desdictz Dubois et le Vacher ledict jour XVP février. — 
Aultres lectres patentes dudict Sr. aussi données à Paris lesdietz jour et an, signées connue 
les précédentes, par lesquelles ledict Sr. a commis et depputté les dictz Dubois et le Vacher 
ses solliciteurs généraulx pour, par eulx et chacun d'eulx seul et pour le tout en l'absence 
ou empeschement de l'autre ou conjointement à leur choix et option, et à commancer au- 
dict premier jour de ce moys, faire touttes et chacune les poursuites requises et nécessaires 



•200 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

pour le recouvrement et accélération desdictz restes aux charges aussi y contenues. — La 
déclaration faicte et baillée par escript par lesdictz Dubois et le Vacher signée de leurs 
mains le troisiesme dudict présent moys, contenant qu'en faisant et accordant par eulx 
avec ladicte daine Roync les susdictz articles ilz ont entendu comme encores ilz entendoient 
eulx mesmes faire el exercer ladicte sollicitation, ainsi qu'il leur estoit permis faire tant par 
lesdictz articles que susdictes lectres. — Les requestes présentées à ladicte Chambre par 
lesdictz Dubois et le Vacher tendant à fin de vériffication desdictz articles et lectres. Con- 
clusions du procureur général dudict jour, auquel le tout a esté communiqué. Tout consi- 
déré, La Chambre a ordonné et ordonne lesdictz articles et lectres estre enregistrées es 
registres d'icellc, à la charge que ladicte sollicitation sera exercée par lesdictz Dubois et le 
Vacher alternativement de six moys en six moys, durant lesquelz celluy qui sera en charge 
recepvra tous les estatz desdictz restes et les signiffications des descharges qui en seront 
faictes et tous autres exploicts ainsi qu'il est acoustumé, et à ceste fin eslira domicilie et 
ainsi consécutivement jusques ad ce que le temps de leur party soit expiré, et seront les- 
dictz Dubois et le Vacher respectivement tenuz de compter de ladicte sollicitation et admi- 
nistration chacun d'eulx pour le temps de leur exercice, le tout aux charges et conditions 
contenues esdictz articles. Faict le cinquiesme jour de mars l'an Mil V e soixante treize. Et 
au dessoubz est escript : Extraict des Registres de la Chambre des Comptes. Signé Danès. 

EXTRAICT DES REGISTRES DE LA COURT DES AVDES. 

Veu par la Court les lectres patentes du Roy du seiziesme jour de février dernier passé 
contenant la ratification et approbation faicte par ledit Sr. des articles accordez entre la 
Royne sa mère et Arnauld Dubois, marchand, bourgeois et habitant de ceste ville de Paris, 
et Guillaume le Vacher, controolleur du poisson de mer fraiz et salle, pour le faict de la 
sollicitation et recouvrement des restes des comptes desquelz ledict Sr. auroit cy devant 
faict don à ladicte dame, affectez à la construction et continuation de son palais appelle 
les Thuilleries, pour trois années à commancer du premier jour de ce présent moys de 
mars, le tout ainsi et pour les causes contenues, mentionnées et plus à plain desclarées 
esdictes lectres. Veu aussi lesdictz articles des conventions et conditions accordez entre 
ladicte dame Royne et lesdictz Dubois et le Vacher, signez de la main de ladicte dame et 
au-dessoubz Chantereau, et lesdictz Dubois et le Vacher, en datte dudict seiziesme jour de 
février dernier passé. — Aultres lectres patentes dudict Sr. desdictz an et jour, par les- 
quelles ledict Sr. a commis et depputté lesdictz Dubois et le Vacher ses solliciteurs généraulx 
pour, par eulx et chacun d'eulx seul et pour le tout en l'absence ou empeschement l'un de 
l'autre ou conjoinctement, faire touttes et chacune les poursuites qui seront requises et 
nécessaires pour le recouvrement et accellération desdictz restes, aux charges, gages et 
proiïictz et conditions y contenues et mentionnées, à commancer au premier jour de ce pré- 
sent moys de mars; — L'arrest de la Chambre des Comptes donné sur la vériffication et 
enregistrement desdictes lectres; — La requeste présentée à ladicte Court par lesdictz 
Dubois et le Vacher; — Les conclusions du Procureur général du Roy auquel le tout a 
esté eommunicqué. Et tout considéré, La Court a ordonné et ordonne que lesdictes lectres 
et articles seront enregistrez au greffe d'icelle pour par lesdictz Dubois et le Vacher joir du 
contenu en icelles, aux charges et conditions y mentionnées et suivant les édietz, arrestz et 



APPENDICES. 201 

réglemens de ladiclc Court cy devant donnez, tant avec M c Anthoine Arnauld cy devant 
solliciteur général desdictz restes que avec ledicl le Vacher, et signament suivant l'arrest et 
règlement d'icelle Court donné avec ledicl le Vacher le dernier jour de janvier M V e LXIX. 
— Prononcé le XVII e jour de mars M V e soixante treize. Signé Lesieur. 

(Communiquû d'après une copie du temps provenant des Archives des premiers présidents de ia Chambre 
des comptes de Paris.) 

XI. 
SOMMATION AU TRÉSORIER DES BÂTIMENTS, 

À PROPOS DES TRAVAUX DE LA GRANDE GALERIE DU LOUVRE. 

Du 2^1 juillet 1600. 

A la requeste de Guillaume Marchant, Pierre Chamhiche, Françoys Petit, Pierre Guil- 
lain, Robert Marquclet et Isaye Fournier, maistres maçons, associez au marché de la 
maçonnerie et construction de la grand gallerie qui doibt aller du chasleau du Louvre au 
pallais des Thuilleries, sera sommé etfaict commandemens aux trésoriers des hastimens do 
leur payer promptement la somme de troys mil cens deux escus de quarente solz , pour le 
parfournissement de l'esgallité du payement de la somme qui leur a deub estre payée 
depuis le premier apvril jusques y compris la sepmaine fynie le sabmedy, quinziesme du 
présent mois de juillet, esgallement par chacune sepmaine, selon le contenu au contract 
de ce faict et passé le septiesme mars dernier; sy mieulx ils n'avmcnt leur paier prompte- 
ment la somme de dix huict cens trente trois escus vingt solz, faisant le reste de la somme 
de trois mil six cens soixante six escus deux tiers, escheuz le dernier juing dernier passé, 
et continuer par chacune sepmaine, le tout selon qu'il a esté convenu par autre déclaration 
faicte ledict jour septiesme mars dernier; déclarant qu'à faulte de ce faire ilz entendent 
que les promesses et obligations faictes ledict jour septiesme mars demeurent nulles, comme 
il est convenu par icculx, pour n'avoir moyen d'en satisfaire de leur part, à faulte de leur 
fournir les deniers aux termes qui auroient esté accordez; avec protestation d'en donner 
advis au Roy, à ce que la demeure et faulte ne leur soict imputée par Sa Majesté. 

Aujourd'hui, dacte de ces présentes, à la requeste des dessus nommez, les notaires du 
Roy. nostre Sire, en son Chastelet de Paris, soubzsignez, se sont, accompagnez desdictz 
Chambichc , Petit , Guillain , Marquclet et Fournier, tant pour eulx que Isaye , transportez au 
domicile de maistre Jehan Jacquelin, trésorier des bastimens du Roy, en parlant sa per- 
sonne en sondict domicile, auquel lesdicts notaires ont faict les sommations et interpel- 
lations contenues et déclarées de l'autre part, ad ce qu'il n'en prétende cause d'ignorance; 
et auquel j'ay laissé copie tant des marchez que déclaration faietz avec Sa Magesté ; dont et 
de laquelle présente sommation et déclaration lesdicts Chambiche et consorts ont requis et 
demandé lettres auxdicts notaires à eulx octroyé le présent acte pour leur servir et valloir 
en temps et lieu ce que de raison. Ce fut faict et [tassé en la maison dudict Jacquelin, sise 
à Paris, rue Sainte-Avoye, le XXIII e jour de juillet après midy, l'an Mil six cens. 

Jacquelin, P. Chambiges, Guillain, F. Petit, R. Marquelet, Fournier. 
Le Roy, De Brigiiet. 

11. a6 



202 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

SOMMATION AU SURINTENDANT DES BÂTIMENTS, 

À PROPOS DES TRAVAUX DE LA GRANDE GALERIE DU LOUVRE. 

Du 26 juillet 1600. 

A la requeste de Guillaume Marchant, Pierre Chambiche, François Petit, Pierre Guillain, 
Robert Marquelet et Isaye Fournier, maistres maçons associez au marché de la maçonnerye 
et construction de la grande gallerie qui [doibt] aller du chasteau du Louvre au pallais des 
Thuilleries, sera remonstré à messire Nicollas de Harlay, chevalier, sieur de Sancy, con- 
seiller du Roy en ses conseilz d'Estat et privé, et superintendant de ses bastimens, noble 
homme Jehan de Fourcy, sieur de Chésy, aussi conseiller du Roy, trésorier général de 
France à Paris, intendant desdicts bastimens, et noble homme Jehan de Donon , aussy 
trésorier du Roy et controlleur général de sesdictz bastimens, que ilz ont promis faire et 
parfaire, dans la fin de ceste année, les ouvrages de maçonnerye déclarés es actes faitz et 
passez le VIP du moys de mars dernier, avec lesdictes pièces, à la charge de leur faire fournir 
la somme de vingt neuf mil escus aux termes convenus; ce que le trésorier ne tient compte 
de faire, mesmement pour le terme escheu le dernier juing dernier passé, quelques inter- 
pellations et sommations qui luy ayent esté faictes; au moyen de quoy supplvent lesdictz 
sieurs donner promptement ordre à leur payement, leur desnoncer le reffus du trésorier, 
et déclarent qu'à faulte de y satisfaire promptement ilz entendent que les promesses et 
obligations demeurent nulles, selon que il est convenu par icelles; et d'en donner advis au 
Roy, à ce que la demeure et faulte ne leur soit imputée par sa Magesté. 

Aujourd'huy, dacte de ces présentes, à la requeste des dessus nomez, les notaires du 
Roy, nostre Sire, en son Chastelet de Paris, soubzsignez, se sont, accompagnez desdictz 
Chambiche, Petit, Guillain, Marquelet et Fournier, transportez à l'hostel et domicilie 
desdictz sieurs de Sancy, de Chézy et de Donon devant nomez, en parlant à la personne 
dudict sieur de Sancv, auquel lesdictz notaires ont faict entendre les remontrances, décla- 
rations et protestations de l'autre part déclarées, ad ce qu'ils n'en prétendent cause 
d'ignorance. Ledict sieur de Sancy a faict response qu'il a entendu que dans cejourd'huy le 
trésorier les doibt paier, et que, pour cela, ils ne debvoient point faire la présente somma- 
tion; dont et de laquelle lesdictz dessus nomez ont requis et demandé le présent acte, à 
eulx octroyé en la maison dudict sieur de Sancy, le XXVI e jour de juillet de l'an Mil six 
cens, avant midv. 

N. Harlay, P. Chambiges, F. Petit, Guillain, R. Marquelet, Fournier, 
Le Roy, De Briguct. 



SOMMATION AU TRESORIER DES BATIMENTS, 

À PROPOS DES TRAVAUX DU PALAIS DES TUILERIES. 

Du 2/1 juillet 1600. 

A la requeste de Pierre Guillain et Robert Marquelet, maistres maçons entrepreneurs des 
bastimens du palais des Thuilleries, sera sommé et faict commandement au trésorier des 



APPENDICES. 203 

bastimens de leur paier promptement la somme de quatorze cens trente sept escus dix Imict 
solz, pour le parfournissement de l'esgalité du payement de la somme qui aurolt deub estre 
payée depuis le premier apvril jusques et compris la sepmaine finie les sabmedy. . . . jour 
du présent mois de juillet, esgallcment par chascune sepmaine, selon le contenu au con- 
tract de ce, faict et passé le septiesme mars dernier; sy mieulx ils n'ayment leur paier promp- 
tement la somme de unze cens escus faisant le reste de la somme de deux mil deux cens 
escus escheuz le dernier juing dernier passé, selon qu'il a esté convenu par autre décla- 
ration faicte ledict jour septiesme mars dernier, et continuer au désir des clauses portées 
par lesdictz actes; déclarant qu'à faulte de ce faire présentement ilz entendent (pie les pro- 
messes et obligations faictes ledict jour septiesme mars demeurent nulles, comme il est 
convenu par iceulx actes, pour n'avoir peu satisfaire de leur part, à faulte de leur fournir 
des deniers aux termes qu'ilz auroient esté accordez; avec protestation d'en donner advis au 
Roy, à ce que la demeure et faulte ne leur soict imputée par Sa Magesté. 

Aujourd'huy, dacte des présentes, à la requeste desdessusdietz, les notaires du Roy, nostre 
Sire, en son Chastelet de Paris, soubzsignez, se sont, en la présence et compagnie desdietz 
Guillain et Marquet (sic), transportez au domicile de maistre Jehan Jacquelin, trésorier des 
bastimens du Roy, auquel, parlant à sa personne, lesdictz Guillain et Marquelet ont faict 
les déclarations et sommations cy devant escriptes, ad ce qu'il n'en prétende cause d'igno- 
rance; auquel Jaquelin (sic) a esté laissé cette desclaration , sommation, dont et desquelz 
iceulx Guillain et Marquelet ont requis et demandé lettres auxdictz notaires; à eulx octroyé 
le présent acte pour leur servir et valloir en tems et lieu ce que de raison. Ce fut faict et 
passé en la maison dudict sieur Jacquelin, sise rue Saincte Avoye, le XXIII e juillet après 
midy, l'an Mil six cens. 

Jacqueliin, Guillain, R. Marquelet, Le Roy, De Driguel. 



SOMMATION AU SURINTENDANT DES BATIMENTS, 

A PROPOS DES TRAVAUX DU PALAIS DES TUILERIES. 

Du 26 juillet 1600. 

A la requeste de Pierre Guillain et Robert Marquelet, maistres maçons, entrepreneurs 
des bastimens du palais des Thuilleries, sera remonstré à messire Nicollas de Harlay, che- 
vallier, sieur de Sancy, conseiller du Roy en ses conseils d'Estat et privé, et superintendant 
de ses bastimens, noble homme Jehan de Fourcy, sieur de Chessy, aussy conseiller du Roy, 
trésorier général de France à Paris, intendant de sesdietz bastimens, que ilz ont promis 
faire, dans la fin de ceste année, les ouvrages de maçonnerye déclarés es actes faietz et 
passez le septiesme jour du moys de mars dernier passé, à la charge de leur faire fournir 
la somme de dix huict mil escus convenues; ce que le trésorier ne tient compte de faire, 
mesmement pour ce qui reste 'deub au dernier jour de juing, quelques interpellations et 
sommations qui luy ayent esté faictes. Au moyen de quoy supplyent lesdictz sieurs donner 
promptement ordre audict payement, leur desnoncent le reffus du trésorier, et déclarent 
que, à faulte de y satisfaire promptement, ilz entendent que leurs promesses et obligations 

26. 



2(H TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

demeurent nulles, selon qu'il est dict et convenu par icelle promesse; et en donner advis 
au Roy, à ce que la demeure et faulte ne leur soict imputée par Sa Magesté. 

Aujourd'hui, dacte de ces présentes, à la requeste des dessus nommez, les notaires du 
Roy, nostre Sire, en son Chastelet de Paris, soubzsignez, se sont, accompagnés desdictz 
dessus nomez, transportez en l'hostcl dudict sieur de Sancy, auquel, parlant à sa per- 
sonne, lesdictz notaires ont faict entendre la remonstrance, déclaration et protestation dessus 
transcripte, ad ce qu'il n'en prétende cause d'ignorance. Lequel sieur de Sancy a fet res- 
ponse qu'il a entendu que dans cejourd'huy le trésorier les doibt paier, et que, pour cela, 
ils ne doibvoient point faire la présente sommation; dont et de laquelle lesdictz dessus 
nomez ont requis et demandé le présent acte, à eulx octroyé en la maison dudict sieur de 
Sancy, le XXVI e juillet, l'an Mil six cens, avant midy. 

Harlay, Guillain, R. Marquelet, Le Roy, DcBriguet. 



XII. 

EXTRAITS DES ÉTATS DES GAGES DES OFFICIERS DES BÂTIMENTS ROYAUX 

DE 1608, 1618 ET 1624. 

Ces intéressants extraits sont tirés, les deux premiers, d'un registre des Archives de l'Empire, 
coté io632, et signé à chaque état de la main du Roi, qui nous a été obligeamment signalé 
par M. Boulatïc; le dernier, d'un registre de la Sorbonne qui avait été indiqué à M. Berty par 
M. Ch. Read. 

Les renseignements fournis par ces documents sont d'autant plus précieux pour l'intelligence 
du texte de ce second volume, qu'on y trouve les noms et les qualités de tous les artistes employés 
dans la construction ou la réparation des palais ou châteaux royaux, leur traitement et même leur 
lien de parenté. Nous y ferons aussi remarquer certaines attributions d'un surveillant des bâti- 
ments qui nous paraît avoir rempli exactement des fonctions analogues à celles de M me du Péron 
au temps de Catherine de Médicis. Nous croyons utile de placer ces renseignements en appen- 
dices, parce que nous pensons en tirer plus tard des conséquences qui donneront une idée juste 
de ce qu'étaient ces fonctions et les rapports qui existaient entre les artistes et les grands officiers. 
Toutes ces choses rentrent essentiellement dans les détails qui composent l'ensemble de la Topo- 
graphie historique d'un pays, et on y trouve la justification de certaines opinions émises, soit par 
feu A. Rerty, soit par nous-mème, dans le cours de cet ouvrage. 

1. — ANNÉE 1608"'. 

Estât des Officiers que le Roy veutt et ordonne estre entretenus en ses chaux (chasleaux) de Fontainebleau , de Louvre , 
Pallais des Thuilleries et Saint Germain en Laye, pour la conservation d'iceulx durant la pïïtc (présente) année 
M.VT huict. Ainsy qu'il ensuict. 

Premièrement. FONTAINEBLEAU. 

Jacques Mollet (2) , jardinier, ayant la charge des deux parterres neufz faicts au grand 

(l) Arch. de l'Emp. io632, fol. 6i moderne. article de Jacques Mollet, pour faire voir que les 
1 Fol. 65 moi. Nous extrayons seulement cet jardiniers, comme les architectes et autres artistes 



APPENDICES. 205 

jardin du Roy, a la charge qu'il entretiendra les plantz qui y sont plantez allin qu'il n'en 

arrive faulte sur peyne d'en remettre d'aultres a ses despens ix c 1. 

Aud. Mollet pour l'entrctenement et nectoyement de l'allée ncufve faicte contre la mu- 
raille de nagucres ériger et porter (sic) plus loing par l'accroissement desd. parterres, en 
sorte quelle soict tousiours en bon estât i 1. 



CHASTEAU DU LOUVRE ET PALLAIS DES THUILLERIES ». 

A Loys Methezeau, Architecte du Roy, Concierge du Pallais des Tirailleries et ayant la 
garde des meubles d'icelluy, Pour ses gages, La somme de Deux mil quatre cens livres, 
Assçavoir, ij ra pour sad. charge d'architecte et mj c 1. pour la charge de Concierge et garde 
desd. meubles, cy ij'"i i ij c 1. 

Aux s rs du Serceau (sic) et Fournier, aûres (autres) architectes de Sa Mag*, pour leurs 
gaiges (sic) a raison de xij c 1. chascun 'j m|Il j c 1« 

A Rerthellemy Prieur, Guillaume du Pré et Rerthelemy Tremblay, sculpteurs de Sa 
Mag t<! , La somme de Douze cens livres, sçavoir aud. Prieur yj c 1. et aud. du Pré et Tremblay 
chascun nj c 1. cy xij c 1. 

A Mathieu Jacquet, dict Grenoble, aûë (autre) sculpteur, pour ses gaiges de garde des 
anticques de Sa Mag' 6 n° 1. 

(Note en marge du registre®.) «Mort, et en son lieu Germain Jacquet, dict Grenoble, son 
k filz, par brevet du dixiesme octobre 1 6 1 o , à Paris. » 

A Pierre de Franqueville (3 ', autre sculpteur, pour ses gaiges et entretenemens durant la 
pïïte (présente) année, a raison de ij c 1. par moys 'j" 1 " 1 ,] 1- 

A Francisque Bourdony (l) , autre sculpteur itallien, pour ses gaiges et entretenemens 
durant la pïïte [(présente) année vi c 1. 

A Jehan Mansart (5) , autre sculpteur, pour ses gaiges de lad. année, à luy nouvellement 
accordez par brevet du XI e janvier M. VI e six v c 1. 

A Jacob Bunel, paintre (sic) ordinaire de Sa Mag 1 ", pour estre chargé de l'entrctenement 
de toutes les paincteures (sic) des Tliuilleryes nj c 1. 

Aud. Bunel et à Henry Lerambert, peintres (sic) de Sad. Mag'", pour leurs gaiges de 
lad. année, à raison de vj c 1. chascun, La somme do Douze cens livres, cy xij c 1. 

A Loys Lerambert, garde des marbres de Sa Mag* et ayant charge de tenir neetz ceulx 
qui sont en œuvre au Louvre et aux Thuilleryes, pour ses gaiges ij c 1. 

A Loys de Beauvais, menuisier, pour ses gaiges, à cause de menuz entretenemens et 
réparations de menuiserie qui sont à faire au chasteau du Louvre et Pallais des Thuilleries, 
La somme de l1. 

des palais royaux, étaient employe's indifféremment (2) Ces notes marginales, ainsi que des traits de 

dans l'un ou dans l'autre de ces palais ou châteaux. plume qui barrent ou signalent certains article*. 

Celui-ci était sans doute de la famille du fameux sont d'une autre main que le corps d'écriture. 
Mollet, jardinier dessinateur des parterres des Tui- (3) C'est le nom de Francavilla francisé, 

leries. (4) Francesco Bordoni. 

(1) Arch. de l'Emp. même reg. fol. 69 mod. (5) Sans doute de la famille de l'architecte. 



206 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

A Jehan Segala, m re serrurier, pour entretenir de ferrures les portes et fenestres dud. 
chasteaudu Louvre, petite galleryc, basse court des cuisines d'icelluy ethostelde Bourbon, 
la somme de cl. 

A Francoys (sic) Angoullevant, autre serrurier, aussy pour entretenir de ferrures les 
portes et fenestres de tout le logis des Thuilleries cl. 

(En marge de l'article w .) «A Roland Leduc, à cause de l'entretenement des couvertures 
« d'ardoises et luille desd. chasteau et bassecourt du Louvre, grande et petite Galerie d'ice- 
«luy, hostel de Bourbon, Palais des Tuilleries (sic), chasteau de Madril (sic), chasteau 
«et bastiment neuf de S' Germain en Laye, pavillon de la Muette, et apartenances 
«desd. bastimens, et à Nicolas Hulot, François Coguelle, Cugny Bracony et Marin Mo- 
«reau, associez dud. Leduc, pour l'entretenement des couvertures desd. lieux, la somme 
«de m 1. » 

A Claude Moullet (2) , Jehan Le Nostre (3) , Marc Regnault et Yves Bouchart, jardiniers 
de Sa Mag lé , pour l'entretenement des jardins et orangers de son pallais des Thuille- 
ryes mj m L 1. 

A Loys de Donon (4) , demeurant à Paris, ordonné pour avoir l'œil ordinairement sur les 
maçons, charpentiers et serruriers et autres ouvriers travaillans aux bastimens du Roy 
tant à Paris que S' Germain en Laye, dresser tous et chascun les roolles et mémoires des 
tboisez, parties et réceptions d'ouvrages, extraicts et certiffications, Prendre garde aux ma- 
tières et estoffes qui s'employent ausd. bastimens, faire serrer aux magasins, tant du Louvre 
que autres lieux, ce qui arrive pour Sa Mag tc tant par eaue que par terre, Comme aussy les 
boys de charpenterye, menuiseries, serrureries, plombz, victres et autres desmolitions pro- 
venais desd. bastimens à cause des changemens qui se font ordinairement en iceulx, pour 
puis après les faire reservir de nouveau selon les occasions qui se présentent et que les 
commandemens du Roy arrivent, La somme de Sept cens vingt livres pour ses gaiges et 
taxations durant lad. année, A raison de lx 1. par moys, cy vij c xx 1. 

A Jehan Perron, ordonné pour la garde, ouverture et fermeture des portes et advenues de 
grande et petite gallerye du chasteau du Louvre pour la commodité des ouvriers et autres 

personnes qui ont affaire en icelle, A raison de xv s. par jour, la somme de ij c xx 1. 

Somme totale xvij m vj c xL 1. 

SAINT GERMAIN EN LAYE W. 

Au s' Francync ingenyeur et ayant charge des grottes et fontaines de Sa Mag te , etc. (0) , 
La somme de xvnj c 1. 

(1) Même observation que ci-dessus. généraux de finances. (Voir la dame du Perron et 

(2) C'est Claude Mollet. M iU de Goguier, p. 228 et 23 1.) 

f3) Le père du fameux jardinier de Louis XIV. (5) Nous plaçons ici en abrégé l'état des em- 

(4) C'est dans cet article, renfermant les attri- ployés au château de Saint-Germain-en-Laye , parce 

l)ii tions de la charge de Louis de Donon, que nous. que nous y retrouvons quelques noms des ar- 

retrouvons les diverses attributions qu'avaient les tistes ou maçons qui ont figuré dans les travaux de 

offices remplis par des dames et damoiselles de la Paris. 

maison de Catherine de Médicis, sous le contrôle des (i) Cet ingénieur était spécialement chargé de ce 



APPENDICES. 



207 



A Guillaume du Mer, peintre de Sa Mag'° (entretien des -peintures du château) nj c 1. 

A Pasquier Testelin, autre paintre. . . . entretenement des lambris et platzfondz du 
cabinet de la Royne, à Paris a) l 1. 

A Jehan Fontaine (2) , m re des œuvres de charpenterye du Roy, Pour prendre garde et 
avoir l'œil sur toutes les charpenteryes des chasteau* et maisons de Sa Mag^, La somme 
de xij c 1. 

A Loys Marchant (3) , m ro des œuvres de maçonneryes des bastimens de Sa Mag*, Pour 
l'cntretenement des terrasses et descentes du logis neuf dud. S 1 Germain en Laye, La somme 
de vij"x 1. 

A Mathurin et Jehan Bongars, maçons, Pour l'entretenement des couvertures de thuille 
de la bassecourt dud. vieil chasteau dud. S' Germain et chapelle du parcq, ansemble les 
terrasses dud. vieil chasteau et menues réparations dicelles, La somme de nj c 1. 

A eulx, pour l'entretenement durant lad. année des thuyauxet pierres de la fontaine cjui 
vient de Bethemont à S'-Germain, La somme de vj c 1. 

A Pierre Huet, concierge et garde des meubles du vieil chasteau dud. S' Germain, Pour 
ses gaiges durant lad. année ri'l. 

A luy, pour l'entretenement de l'orloge aud. lieu, La somme de cl. 

A Loys Ferrant, concierge et garde des meubles du chasteau et bastiment neuf dud. 
S' Germain, Pour ses gaiges durant lad. année nj c I. 

A Jehan de la Lande (l) , jardinier de Sa Mag t(i au jardin parterre dud. viel chasteau , verger 
d'icelluy et tout ce qui en despend, ensemble pour tenir nectes les allées du grand parcq 
durant lad. année, La somme de • xij c 1. 

A François Bellier, autre jardinier, ayant charge du jardin parterre devant les grottes et 
dessentes du chasteau neuf dud. S' Germain , Pour ses gaiges vj c 1. 

A René Bellier, son nepveu, autre jardinier, pour ses gaiges du jardin parterre que Sa 
Mag té a faict faire nouvellement devant ses offices aud. bastiment, La somme de. . . . vj c 1. 
Somme totale vlI j" ,v j c 1- 

Expédié par le Roy, à Paris, le XXIIIP febvrier M. VI e huict. Signé Fourcy. 



qui concernait le service des conduites d'eau, ainsi 
que des canaux et fontaines. H figure dans d'autres 
comptes en la même qualité, et dans divers endroits 
pour le service du Roy. 

(l) Il y avait h Paris un cabinet de la Reine au 
palais des Tuileries et un autre au palais du Louvre. 
L'e'tat n'indique pas auquel s'appliquait l'entretien 
confié à Pasquier Testelin. Au reste, envoyant la 
somme qui lui était allouée, on peut croire qu'il 
avait pour simple mission de nettoyer et reboucher 
les peintures des lambris et plafonds, ou peut-être 
même d'avoir soin seulement des peintures d'im- 
pression ordinaire et nullement des peintures d'art. 

m Ce maître des œuvres de charpenlerie, spé- 
cialement placé pour celle partie de la construction , 
indique qu'à cette époque on divisait encore les tra- 
vaux entre les divers genres de corporations. C'est 



encore la même tradition qu'aux xin" et xiv e siècles, 
où les architectes s'occupaient de la pierre ou du 
bois, les deux principales branches de la construc- 
tion das édifices, mais réunissaient rarement les 
deux spécialités. Philibert de i'Orme a été une il- 
lustre exception. 

ll) Ce Louis Marchant était sans doute le frère ou 
le parent de ce Guillaume Marchant qui, en 1600. 
était l'un des entrepreneurs de la maçonnerie de la 
grande galerie du Louvre. (Voir p. 201.) 

(1) La famille La Lande, comme celles des Mollet 
et des Le Nostre, avait une certaine réputation 
pour le dessin et l'agencement des parterres et des 
plantations. Le Roi les employait parfois dans d'au- 
tres localités que celles qu'ils occupaient en litre : 
ce La Lande alla travailler aux jardins des Tuileries 
établis par Henri IV et Louis XIII. 




•208 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Nous donnons ici an fac-similé la formule finale du compte, presque identique à celui-ci, 
de i6o5; cette formule était celle employée par le Roi signant lui-même: 







s En tesmoing de quoy Sa Ma 1 ** a voullu signer de sa main La présente ordonnance et 
ficelle faict contresigner par moy son Con cr et secrète destat. A Paris Le dernier jour de 
p Janvier Mil six cens cinq. Signé Henry ; et au bas : Fourcy. 55 

IL — ANNÉE 1618. 

Estât des Officiers que le Roy veult et ordonne estre entretenus pour son service en ses maisons et bastimens de Louvre , 
ies Thuilleries, S' Germain en Laye, Vincennes et âûres (autres) iieux. Entretenemens d'iceulx, et appoinctemens 
durant la présente année Mil six cens dix huict (1) . 

Officiers qui ont gaiges pour servir en toutes les Maisons et Bastimens de Sa Majesté. 

A Salomon de Brosse, architecte, tant pour ses Gaiges antiens que d'augmentation par 
le decedz du feu s' du Cerceau, son oncle, La somme de ij'^mj l. 

A Clément Metezeau, architecte, retenu par hrevet de Sa Mag lc du XXV e Septemhre Mil 
six cens quinze aux gaiges de Huict cens livres, cy vnj c 1. 

A Paul de Brosse, aussy architecte, retenu par brevet de Sad. Mag* du XXV e Septembre 
M.VPXV a pareilz gaiges, cy vnj c 1. 

A Jehan Androuet dict du Cerceau, architecte, au lieu et place de feu Anthoine 

Mestivier, sur la somme de vnj c 1. de gaiges ordonnez par Sa Mag té aud. Metivier (sic), La 
somme de v c 1. par brevet du dernier jo r (jour) de Septembre M.VPXVII, cy lad. somme 
de v c 1. 

ni Arch. même reg. fol. y3 mod. 



APPENDICES. 209 

A Ysabel de HangueiJ (*tc), veufve de feu Louis Metezeau architecte, La somme de Six 
cens livres, laquelle Sa dicte Mag*, par brevet du dixiesme Septembre Mil si\ cens quinze, 
a accordé à lad. veufve pour eh jouyr par forme de pension, sur les nj c 1. de gaiges dont 
jouissoit led. Metezeau, pour luy donner moyen de faire instruire ses enffans el les rendre 
capables de servir Sad. Mag lc(1) , cy vj c 1. 

A Jacques Le Mercier®, autre architecte, pour ses gaiges, La somme de xij c I. 

A Pierre Le Muet (3) , jeune garçon (sic) retenu par Sa ftfag* pour travailler en modelles 
et eslevations de maisons, selon l'ordre et direction qu'en fera lo s r De Fourcv, intendant 
des bastimens de Sad. Mag l °, Pour ses gaiges yj c 1. 

Au sieur de Sainct Moris, retenu par brevet signé de la main de Sad. M a g' 1 '' et plus bas 
Delomenye, en datte du trentiesme Juillet dernier, Pour servir aux inventions des (teintures 
et devises qu'elle vouldra faire faire dans ses maisons et galleries, La somme de Dix huict 
cens livres par an, dont luy sera paie en la présente année pour les mois d'aoust, sep- 
tembre, octobre, novembre et décembre vij r i. I. 

A Claude Amaury, m ro des œuvres de charpenterie dud. Sr. au lieu de feu Jehan Fon- 
taine®, pour avoir l'œil et prendre garde sur toutes les charpenteries des maisons de Sa 
Mag le , tant celles que l'on mect en œuvre que celles qui y sont desja, à ce qu'il n'arrive 
aulcun inconvénient à laseureté des personnes de Leurs Mag^, par brevet du XV P Septembre 
Mil six cens dix sept, signé Louis, et plus bas Delomenye, Pour ses gaiges xij° 1. 

A Anthoine Clericy de la ville de Marcelles, travaillant pour donner plaisir à Sa Mag lc 
en terre sigillée et autres terres, tant pour faire des carreaux esmaillez que potz, vazes, 
animaux et autres choses' 5 ', Pour ses gaiges vj c 1. 

A Marguerite Bahuche (0) , veufve de feu Jacob Bunel, peintre, et à Robert Picou, son 
nepveu, aussy peintre au lieu dudict feu Bunel, Pour leurs gaiges de peintres de Sa Mag 1 ", 
La somme de Six cens livres à prendre par moitié suivant le brevet de Sad.Mag td , cy. vj' I. 



(1) Conf. avec la page 79, où il est question de 
cette femme de Louis Metezeau, qui reparait dans 
plusieurs autres états de gages des officiers du 
Roi. Les motifs donnés dans cet article pour l'octroi 
de la pension de la veuve de Louis Metezeau sont 
très-remarquables, en ce qu'ils montrent clairement 
que les Rois, à cette époque, comme h celles an- 
térieures , cherchaient à se former une sorte de fa- 
mille d'artistes en tous genres, qu'ils entretenaient 
et encourageaient par tous les moyens. C'était, du 
reste, une coutume reçue et suivie de donner aux 
enfants la profession du père, de manière à per- 
pétuer clans la même famille les secrets de métier 
qu'on avait acquis. Ce système s'étendait aussi dans 
les corporations, el c'est ce qui a puissamment con- 
tribué à donner aux artistes français cet ensemble 
et cette unité de conception accompagnés d'une 
exécution vraiment supérieure. Les artistes ita- 
liens, qui avaient été appelés par les rois précé- 
dents , semblent avoir eu le rôle de professeurs de 



procédés nouveaux qu'ignoraient les ouvriers fran- 
çais et qui, en effet, ont changé la méthode de 
construction et jusqu'à l'emploi de certains maté- 
riaux. 

(2) C'est la première fois que Le Mercier parait 
dans les états. Il est remarquable qu'il ail été porté 
d'abord ù douze cents livres de gages. 

(1) C'est aussi la première fois qu'il est fait men- 
tion de Le Muet, qui, on le voit , était fort jeune el 
avait pour attributions particulières les dessins des 
projets de bâtiments. C'était le dessinateur soumis 
aux ordres de l'intendant et des architectes. 11 a pu- 
blié plusieurs ouvrages. 

(4) Voir plus haut, dans l'état de Sainl-Cermain- 
en-Laye, p. 207. 

(5) Ce potier faisait surtout des carreaux émaillés 
dans le genre des azulejos arabes, qui étaient em- 
ployés pour le pavement des salles et le lambrissage 
du bas des parois. 

(6) Sur Marguerite Rahuclie, voir ce qu'en a 



27 



•210 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Au sieur Erard, peintre que Sa Mag t0 a faict venir de Nantes pour desseigner en pein- 
ture de ses bastimens, Pour ses gaiges Mil livres, et Deux cens livres pour son logement 
attendant qu'il soit logé dans la Gallerie de Sad. Mag t<i(!) , cy xij c 1. 

A Claude Salle, autre peintre nouvellement retenu par sa Mag 1 ^ pour servir aux pein- 
tures de ses bastimens, et aussy pour ses gaiges nj c 1. 

A Simon Vouet, peintre, estant de présent en Italie (2) , cy devant retenu par sa Mag^au 
lieu de René Lefranc, aussy peintre deceddé, qui y avoit esté envoyé par le feu Roy, pour 
se rendre capable de servir Sa Mag 10 en peintures et ornemens du dedans de ses maisons, 
Pour son entrelenement, La somme de Quatre cens cinquante livres, asscavoir Trois cens 
livres que Sad. Mag^ luy avoit cy devant ordonnez et Cent livres d'augmentation à lui ac- 
cordez par Sad. Mag tc , d'aultant qu'il ne pouvoit vivre et s'entretenir pour lad. somme de 
Trois cens livres, cy iiij c l 1. 

A Louis Poisson, peintre servant à Fon au (Fontainebleau) et S' Germain en Laie, Re- 
jette en Testât des bastimens de Paris, Pour ses gaiges vj c 1. 

A Quentin Warin, peintre aussy retenu par Sad. Mag té , après avoir esté certiffié qu'il est 
excellent desseignateur, Pour son entretenement, La somme de Six cens livres au lieu de 
pareille somme que souloit recepvoir le sieur de la Pioterie (sic) depuis peu deceddé, les- 
quelz Sa Mag lc a affectez aud. Warin à commancer du premier jour de Janvier Mil six cens 
dix sept, cy vj c 1. 

A luy pour augmentation à luy accordée par Sa Mag'" par brevet du dernier jour de 
Jui ng dernier à raison de Six cens livres par an, dont luy sera paie en la présente année, 
pour les mois de juillet, aoust, septembre, octobre, novembre et décembre nj c 1. 

A Guillaume du Méé (sic), peintre ordonné pour faire les patrons des tapisseries que 
Sa Mag u; à faict faire' 3 ', La somme de mj c L 1. 

A Laurens Guyot, autre peintre ordonné pour faire lesd. patrons, La somme de mj c L 1. 

A Francisque Bourdoni (voir plus haut), sculpteur retenu par brevet de Sa Mag 1 " 5 du 
dixiesme Septembre Mil six cens quinze, au lieu et place de deffunct Pierre Francqueville, 
La somme de Deux mil quatre cens livres à luy ordonnée pour faire la charge dud. Franc- 



dit M. A. Rerly, p. 75. Elle figure clans plusieurs 
états comme travaillant encore dans les palais 
royaux. 

fl) Il résulte des termes de cet article qu'outre 
les gages exprimésd ans les états, les artistes et 
officiers jouissaient encore d'un logement dans la 
Grande Galerie, à ce destinée par Henri IV, et qu'en 
1618 ces logements n'étaient pas encore terminés. 
Du reste, dans le troisième volume de la Topogra- 
phie nous pourrons donner de nouveaux détails sur 
In distribution et disposition des locaux qui se trou- 
vaient dans la Grande Galerie. 

!) C'est la première fois que les étals font men- 
tion de Vouet. On voit avec quel soin les Rois cher- 
chaient à se décharger de l'obligation d'appeler 
les artisles italiens. Le goût était à l'imitation des 



modèles antiques qui se trouvaient en abondance 
en Italie, et les artistes français, il faut en con- 
venir, n'avaient en France aucun modèle de celte 
nature. On commençait déjà à traiter de barbare 
l'architecture française du moyen âge. C'est à celle 
époque de Henri IV, devenu possesseur tranquille 
du trône de France, qu'il faut faire remonter la 
véritable création de l'Ecole française à Rome, en 
germe au moins, sinon formée comme elle a été 
depuis. Et il est à remarquer que tous ces frais 
étaient exclusivement supportés par les revenus du 
Roi. 

(3) C'est le commencement des manufactures 
royales de tapisseries. Auparavant il y avait des fa- 
bricants à Arras et en Flandre, mais nulle fabrique 
entretenue par le Roi. 



APPENDICES. -211 

queville à achever les ouvraiges de sculpture (ju'il avoit conimancez pour le service de Sad. 
Mag lc sans autre payement que sesd. gaiges, cy ij "'iiij r I. 

A Guillaume Du Pré, sculpteur du Boy, pour ses gaiges, La somme de ix' I. 

A Berthelemy Tremblay [voir plus haut), autre sculpteur, Pour ses gaiges, La somme 
de v r I. 

A Pierre Manssart (1) , aussy sculpteur, au lieu de Jehan Manssart son père, Pour ses 
gaiges v c I. 

A Cristofle Cochet, sculpteur que Sa Mag w a retenu pour la servir en sculpture à cause 
de son excellence et sur l'asseurance qui a esté donnée à Sad. M a g* qu'il est des plus 
rares de son art, Pour son entretenement à Rome® où il est à présent estudiant. . iiij c l 1. 

A Hubert Lesueur, sculpteur ayant faict preuve de jecter excellement en bronze toutes 
sortes de figures, Pour ses gaiges accordez par brevet du III e Janvier Mil six cens neuf , A la 
charge de suppression avenant la mort de luy ou des autres sculpteurs cj devant nommez, 

C Y "f '• 

A Thomas Boudin, autre sculpteur auquel Sa Mag te a accordé la somme de Trois cens 
livres de gaiges sur le fond de Huict cens livres revenant à Sad. Mag kl par le decedz de feu 
Anthoine Metivier, architecte' 3 ', par brevet du dernier jour de Septembre Mil six cens dix 
sept, Les autres Cinq cens livres ordonnez à Jehan Androuet^, architecte cy devant nommé, 
cy lad. somme de nj c 1. 

A Pierre Biard, sculpteur qui a cy devant servy soubz le sieur Francqueville, sculpteur, 
d'où il a esté en Italie pour continuer ses estudes et se rendre capable de servir Sa Mag u ' 
en sculpture (5) v c 1. 

A Jacquet, dict Grenoble, au lieu de feu Mathieu Jacquet, son pore, garde des 

Anticques de Sa Mag^ à Paris et Fontainebleau, Pour ses gaiges ij' I. 

A Simon Lerambert au lieu de Louis Lerambert, son père, pour la garde des figures 
anticques, tenir neetz et pollir les marbres des maisons à Paris, Pour ses gaiges. . . nj r 1. 

A Hanemant (s«c)' G >, aleman que le Roy a retenu pour travailler à son service en 

marbres de toutes couleurs contrefaietz, Pour ses gaiges durant la présente année, La 
somme de nj c I. 

A Claude Mollet, jardinier, pour servir à desseigner en tous les jardins de Sa Mag l<;7) . vj c I. 

Au Sieur Francyne, ingénieur en artifices d'eaue en toutes lesd. maisons, Pour ses 
gaiges xvnj c 1. 

A Leonnard Margerit, au lieu d'André Du Molin, Pour le service qu'il rend aux bas- 
limens de Sa Mag 16 près les sieurs intendans et ordonnateurs d'iceulx et en leur absence, 
Pour ses gaiges vj r I. 

ll) Voir plus haut, dans l'e'tat de 1608, ]>. 2o5. (4) Voir ci-devant, p. 208. 

Ici le nom est e'erit avec deux s et Yn semble pou- (5) Voir la note sur Vouel, p. 2 10. 

voir former un u , ce qui ferait Maussart. Nous sui- (6) Dans un état de i6â5, du même registre 

vons cependant l'orthographe du premier état dont des Archives de l'Empire, il est nomme Jouet Ilan- 

l'écriture est plus nette. neman. 

<2) Voir plus haut la note sur Vouet, p. 210. (7) Voir la première partie de ce volume, p. 93 , 

(3) Voir Metivier, ci-devant, p. 208. La famille et ci-dessus p. 206. 
Me'tivier e'tait alliée aux de Brosse. 



212 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

A Thomas Aubcrt, ordonné en l'absence du con eur (contrôleur) gênerai des bastimens 
du Roy et pour ce qu'il ne peult estre en tous les lieux desd. bastimens, Pour avoir l'œil à 
ce qui est du faict et con" c (contrôle) gênerai, A raison de lxxv 1. par mois, La somme 

de ix c 1. 

Somme totale xxiuj m ix c L 1. 

OFFICIERS SERVANS LE ROY 

pour l'entretenement de ses maisons et cuasteaux du Louvre, pallais des Thuilleries, Vincennes 

et Sainct Germain en Laye. 

A Marguerite Bahuche, veufve de feu Jacob Bunel peintre, et à Robert Picou, son 
nepveu, aussy peintre au lieu dudict feu Bunel, Pour l'entretencment des peintures de la 
Galerie du Louvre, Passaige d'icelle, salle des Anticques et Thuilleries, Pour leurs gaiges, 
chacun par moictié vj c 1. 

A Gilles Testelin, peintre au lieu de Pasquier Testelin, son père, deceddé' 1 ', Pour l'en- 
tretenement des lambris de S 1 Germain en Laye, La somme de Cinquante livres, cy. . l I. 

A Claude Boursier, autre peintre ordonné pour avoir soing des grands et petitz tableaux 
du pourtour et platfondz des grands et petitz cabinetz delà Royne au chasteau du Louvre, 
Pour ses gaiges cl 1. 

A Louis de Beauvais, menuisier, Pour l'entretenement des menues menuiseries du 
Louvre l 1. 

A Jehan Segalla, serrurier, Pour l'entretenement des menues serrureries du Louvre, La 
somme de Trois cens livres, asscavoir, Deux cens livres qui luy ont esté cy devant ordonnez 
par Sa Mag le et Cent livres d'augmentation à cause de la grande subieclion qu'il rend au 
Louvre, jour et nuict, pour les menues serrureries dudict lieu, cy nj° 1., 

A François Angoullevant, pour l'enlrelenement des menues serrureries de la Grande 
Gallerie du Louvre, Thuilleries et aultres maisons qui en dépendent, Pour ses gaiges, La 
somme de ij c 1. 

Au sieur Moynier, concierge du chasteau du Louvre, pour l'entretenement de deux 
hommes ordonnez par Sa Mag le pour nectoier journellement dans le Louvre pendant 
le séjour de Sa Mag lli oultre ceulx qui y ont esté de tout temps entretenuz, Lesquelz 
deux hommes seront paiez par certificat de leur service pendant led. séjour, La somme 
de mj c 1. 

A luy, pour son entretenement à cause du service auquel il est de nouveau assubjecty 
pour tenir notte, ouvrir et fermer la petite Gallerie de Sa Mag", attachée à son dict chas- 
teau du Louvre, La somme de cl. 

A Nicolas Hullot et autres ses compagnons, couvreurs de maisons, Pour l'entretenement 
des couvertures de thuille et ardoise du chasteau du Louvre, hostel de Bourbon, pallais des 
Thuilleries, Madrid, Sainct Germain en Laye et autres lieux en despendans M J. 

A Nicolas Huau, m™ maçon à Paris, pour tenir neetz les fossez du chasteau du Louvre (2) 

'' Voir plus haut, p. 207. y jetait, par les cuisines et logements, des ordures 

!) On voit par cet article que les fossés du châ- qui y demeuraient el qu'il fallait faire enlever. Ces 

teau du Louvre existaient encore en 1618, et qu'on fossés étaient donc secs à ce moment; et il est cer- 



APPENDICES. 213 

et n'y laisser aillâmes ordures de celles que l'on jeele ordinairement des fenestres des loge- 
mens dud. chasteau, cuisines et autres lieux d'icelluy, suivant le marché qui en a esté 
faict avecq luy, La somme de nj c 1. 

Aud. Mollet, cy devant nommé, Pour l'entretenement du jardin neuf d'entre le fossé et 
le pallais des Thuilleries (1) , La somme de xv c 1. 

A Jehan Nostre (s*c), jardinier, Pour l'entretenement des parterres des Thuilleries 
comprins le dernier faict devant le grand pavillon du logis desd. Thuilleries, La somme 
de mxx li 

A Jehan Desgotz, jardinier, Pour l'entretenement des allées et palissades du parcq des- 
dictes Thuilleries, la somme de i\ c l 1. 

ASimon Bouchard, aussy jardinier. Pour l'entretenement de l'Orangerie du grand jardin 
des Thuilleries mj c 1. 

A Roch de Limoges, jardinier retenu pour servir au jardin neuf de Vincenncs, Pour ses 
gaiges et entretenement dud. jardin , vuj c 1. 

A Nicolas Guerin, jardinier, Pour l'entretenement du jardin neuf que Sa Mag'° a com- 
mandé estre faict devant le chasteau du Louvre et Petite Gallerie du costé de la rivière®, 
Pour ses gaiges mj c 1. 

A Françoise Tronillat, pour l'entretenement du grand parterre des Thuilleries entre le 
grand berceau de charpenterie et la haulte allée des meuriers, faire labourer les palis- 
sades tant de bois sauvaiges que de jassemin, coigners [sic) grenadiers, arbres de Judée, 
arbriceaux, fleurs et autres qui sont au pourtour dudict parterre, nectoier lad. haulte allée 
de grenadiers et celle de dessoubz led. berceau, entretenir de labour les pépinières de meu- 
riers et fruictiers, les replanter et regarnir quand besoing sera, en fournissant par Sad. 
Mag^les planlz, Nectoier le grand parterre des cyprez, celluy de la Cloche, et l'entretenir 
du plan nécessaire, à commancer du premier Janvier dernier, par brevet du XXII" dud. mois, 
signé Louis, et plus bas Delomenye, La somme de MIII j c 1- 

Aux jardiniers servans le Roy en sond. grand jardin des Thuilleries, tant pour l'entre- 
tenement du plant dud. grand berceau, pallissades de buis sauvaige, ouvraiges d'architec- 
tures, ornemens et enrichissemens faietz en plusieurs endroietz dud. lieu, parterre du petit 



tain que les cuisines et communs du château se trou- 
vaient du côte oriental , c'est-à-dire du côté du mur 
de la Ville et de la rue d'Autriche. Ils existaient aussi 
du côté occidental et passaient sous le passage con- 
duisant du Paullon du Roi à la Petite Galerie. Rien 
jusqu'ici ne nous a fait savoir si le canal de décharge 
suivait droit au fleuve en avant de la Petite Galerie, 
en passant sous les murs, vers la rivière, ou bien 
s'il était interrompu \ers le jardin, les eaux acci- 
dentelles pouvant s'échapper, soit par la rue d'Au- 
triche, soit par les autres ruisseaux d'égout qui 
servaient aux rues situées vers le nord et l'occident. 
Il résulte toujours de cet article et de l'inspection 
du reste des étals que ces fossés étaient nettoyés par 
un maçon et non entretenus par un jardinier. 



(1) Il s'agit ici du jardin qui occupa la p)a< a 

avant des Tuileries jusqu'au fosse des murs d'en- 
ceinte de Charles V, à la hauteur des guichets sous 
la Grande Galerie, à l'endroit précis où l'on remar- 
quait des niches entre les pilastres, dans le grand 
ordre corinthien de la Galerie, partie aujourd'hui 
démolie. Ce jardin fut créé aussitôt après l'achève- 
ment de la Grande Galerie sous Henri IV. On voit 
qu'en 1618 il était appelé le jardin neuf. 

(3) A ce moment il n'y avait entre la Petite Ga- 
lerie des Antiques, aujourd'hui Galerie d' Ipollon, et 
la façade méridionale du Lou\ re qu'un terrain fermé 
le long du chemin du bord de l'eau et probablement 
un verger sans parterre, comme on voit qu'il est 
commande 1 de le faire ici. 



■21', TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

jardin des fleurs clans l'Orangerie, peines des ouvriers qui travaillent aud. grand jardin, 
qu'achapt de plant et autres matières nécessaires pour l'entretenement d'icelluy, lesquelz 
jardiniers seront paiez en vertu de certifications du s r de Maisoncelles, et ordonnances des 
intendans et ordonnateurs d'iceulx, La somme de xix c 1. 

A Jehan Delalandc (sic), jardinier du vieil parterre de Sainct Germain en Laye (1) , Pour 
l'entretenement d'icelly et des nouvelles palissades dans le parcq et à costé du jeu de 
paulme, cntretenemcnt des allées et du berceau du vieil jardin sur la contrescarpe du 
fossé xinj c 1. 

A François Bélier, autre jardinier, Pour l'entretenement du jardin devant les grottes dud. 
Sainct-Germain, Pour ses gaiges vj c 1. 

A Michel Laueschef (sic), autre jardinier, Pour l'entretenement des jardins devant la 
galleric et offices d'icelluy chasteau, pour ses gaiges vj c 1. 

Au s r Francine (sic), cy devant nommé, ingénieur et artificier d'eaue, Pour l'entrete- 
nement des grottes de Sainct Germain en Laye xij c 1. 

A Alexandre Francyne, ingénieur en fontaine, et Denis Roux, fontainier, Pour l'entre- 
lenement du grand cours de fontaines de S 1 Germain en Laie et de la source qui vient de 
dessoubz le chasteau d'Aigremont suivant le bail faict avecq eulx à raison de vj c 1. par an, 
cy vj c 1. 

A lad. Ysabel de Hangueil (sic), veufve du feu s r Metezeau qui estoit concierge des 
Thuilleries, La somme de Quatre cens livres, à elle ordonnez par le Roy par forme de 
pention (sic), pour en jouir sa vie durant et de ses enffans, au lieu de pareille somme 
ordonnée aud. Metezeau pour ses gaiges de concierge du pallais des Thuilleries suppri- 
mez au moien de ce que lad. charge a esté réunie à celle de Cappitaine desd. Thuilleries, 
c\ mj c 1. 

A Pierre Huet, concierge du vieil chasteau de S' Germain, Pour ses gaiges ij c 1. 

A Louis Ferrand, concierge du chasteau neuf dudict Sainct Germain, pour ses gaiges, 
c\ nj c 1. 

Aud. Huet pour l'enlrelenement de l'orloge du vieil chasteau de Sainct Germain . . cl. 

A Jehan Bongars pour l'entretenement des dales et terrasses de la couverture du vieil 
chasteau et autres menuz entretenemens portez par le bail qui en a esté faict mj c 1. 

A Nicolas Bacara pour l'entrelement des terrasses du chasteau neuf dudict Sainct Ger- 
main cl 1. 

A Anthoine Gibel, ramonneur de cheminées, pour avoir soing de tenir nectes toutes les 
cheminées des logemens de Sa Mag tc à Paris et S' Germain en Laye, en sorte qu'il n'arrive 
aucun inconvénient de feu, La somme de cl. 

A Girard Laurens et Maurice Dubout,m cs tapp crs ( tapissiers), conducteurs des deux bou- 
ticques esquelles Sa Mag lc faict travailler en haulte lisse, Pour leurs gaiges, à raison de cl. 
chascun ij c 1. 

A Pierre Dupont, tappissier travaillant pour le Roy en ouvraiges de Turquie, conduc- 
teur d'une bouticque estant au-dessoubz de la Grande Gallerie (2) , pour ses gaiges. ..cl. 

(1) Voir plus haut, p. 207. — (2) Il est présumable que Girard Laurens et Maurice Dubout avaient leurs 
Iwuticques dans les locaux de la Grande Galerie , comme Pierre Dupont avait la sienne. 



APPENDICES. 215 

Au s r Descluzeaux, Pour la despencc, charge et entretenementde la volière des Thuille- 

ries xvnj 1. 

Somme totale \i\'"vij .\x 1. 

ESTATZ ET APPOINTEMENTS {sic). 

A Monsieur le duc de Sully, surintendant des bastimens de Paris et Sainct Germain en 
Laye, pour ses Estatz et appoinctemens, La somme de vj" 1 1. 

Au sieur Defourcy (s/c), intendant des bastimens de Paris, S 1 Germain en Laye et autres 
lieux des environs de Paris et de tapp™ et manufacture, ou à Henry Defourcy en l'ab- 
sence à la survivance dud. s r Defourcy, son pore, Pour ses Estatz vj ,n 1. 

Au s r Henry Defourcy La somme de Deux mil livres, laquelle luy a esté accordée par 
Sa Mag lc , par brevet en datte du XXVII" jour de Septembre Mil six cens quinze, signé Louis, 
et [dus bas Delomenye, par forme de pention, pour luy donner moien de s'entretenir 
à la suite de Sa Mag' é et servir en lad. charge, en l'absence du s r Defourcy, son père, 

cy ••• rj m L 

Au s r Deshaies, inlendant des bastimens du chasteau de Montargis,Pour ses Estatz. rj° 1. 

Au s r De Donon, con cur (contrôleur) gênerai des bastimens de Sa Mag té , La somme de 
Quinze cens livres à luy ordonnée par le Roy Pour appoinctemens extraordinaires attendu 
les services extraordinaires qu'il faict en sa charge, oultre les nj m vj c livres qui luy sont paiez 
sur le fonds de la recepte generalle des finances de Paris, cy xv c I. 

Au s r de Maisoncelles, con eur (contrôleur) gênerai des jardins du Roy, Pour ses gaiges 

de sa charge, La somme de ij m c 1. 

Somme totale xix m vj c 1. 

Somme totalle des parties contenues au présent estât : Lxinj' n ij c Lxx 1. 

Faict à Paris 11 ', le III e j r d'aoust 1G18, signé Louis, et plus bas : De Loméme. 

Nous avons donné cet état de 1618 intégralement et presque en fac-similé , quant à l'ortho- 
graphe et à la ponctuation, à cause des renseignements fort importants qu'il donne sur l'état du 
service des bâtiments à cette époque et, par suite, à une époque plus ancienne. On y trouve des 
éclaircissements curieux sur les familles d'architectes et de peintres qui contribuèrent à l'achè- 
vement des palais du Louvre et des Tuileries. Une foule de renseignements topographiques s'y 
trouvent sur les divers jardins et leurs emplacements, comme aussi sur la date de leur création 
et sur leur importance. De ces données certaines et inattaquables nous pourrons tirer plusieurs 
déductions, tant pour un supplément de notes que pour élucider les points obscurs de la 
topographie historique de cette région de îGio à 1800. 

Nous donnons cy après la copie du compte manuscrit de la Sorbonne, qui manque à la série 
incomplète des registres de la série des Archives de l'Empire. 

(1) La date paraît avoir été écrite de la main môme du roi Louis XIII. Cette particularité se remarque 
dans d'autres comptes. 



216 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

COMPTE DE DÉPENSES FAITES AU LOUVRE ET AUX TUILERIES EN 1624 <•>. 

Extraict des parties emploiées en Testât général des bastimentz du Roy, dont la despence est à faire, et commandée 
par Sa Majesté, en la présente année Mil six cens vingt quatre. 

LOUVRE ET BOURBON. 

Pour la continuation du bastiment neuf du Louvre, la somme de cxx m 1. 

Pour faire le petit escallier de la terrasse de l'orangerie du petit jardin neuf 

du Louvre iiij c lxxx 

Pour emploier à ung bassin de fontaine pour led. jardin inj'" 

Pour ce qui peult estre deub aux ouvriers qui ont travaillé aux réparations 

du Louvre en l'année dernière, M. VI e vingt trois vj m 

Pour celles qui seront faictes ausd. lieux durant la présente année vj m 

Pour trois poutres gastées en l'antichambre de la Royne et salle des Am- 
bassadeurs ij m 

Les restablissemenz des corniches et entablemenz du pourtour du basti- 
ment neuf du Louvre vj m 

Les gardemangers demandez par les officiers du commung du Roy et de 

Monseigneur ij' n 

La souche des cheminées des cuisines qui sert aux commung du Roy ... v c l 

Les trois souches de cheminées du logement de Madame sœur du Roy . . vj c 
Les logemenz de Monsieur de Beaumont et de Madame de S' Georges. . . . m.viJ c lxviij 

Pour l'entretenement de deux hommes pour le nettoiement du Louvre. . . nj c 

Pour les despences extraordinaires du jardin devant le logis de Sa Majesté . nj c L 

Pour quelques restablissemenz dans le corps de garde devant le Louvre. . nj c 

Pour quelques estaiemenz au lieu où sont les chevaux isabelles du Roy. . ij c 

Pour reparer le comble du gai tas des meubles, cy m 

Le restablissement d'une des lucarnes du grand comble du galtas des meu- 
bles de Bourbon cl 

Pour ung mur qu'il convient faire pour séparer les meubles d'avecq le 

foing des escuries crainte du feu ij c L 

Pour le restablissement de la montée qui conduict au logement du sieur 

Moynnier inj c 

Pour le lambris de menuiserie de la chapelle de Bourbon ni j CLV J 

Pour le restablissement des marches qui conduisent au jubé c 

Pour le logement du s r Boullongne commandé par le Roy 

Pour le plomb des frontons de la Petite Gallerie, cy ij m 

Pour quatre paneaux de verre à chacune croisée de la Grande Gallerie, cy. m.v c lxviij 

La coulleur de bois pour lesd. croisées vj c Lxxxvj 

Les vitres et verges de la lanterne' 2 ' cl 

Dcspence cLviij ra vj c vnj 1. 

'' Bibl. de la Sorbonne, mss. coté ^4. — (2) Ce doit être celle du pavillon de Lesdiguières. 



APPENDICES. 217 



THUILLERIES. 



La voulte du fossé de la porte S' Honoré, cy vj' u 1. 

Le reste de la despence du restablissement de la salle bruslée (1) ensemble 

le restablissement de la cheminée et pour huict grandes croisées, cy nj'V 1. 

Le fer à la livre emploie tant aux poultres que manteaux de cheminée, cxxxxlviij 1. vnj s. 

La coulleur en bois de sept travées et huict croisées cv 1. 

Les deux portes pour les deux bouts de lad. salle ij c 1. 

La pluspart des vitres de l'estaige bas dudict pallais v c 1. 

Pour une grande porte de la salle haulte dud. pallais clx 1. 

Pour huict grandes croisées ferrées et vitrées, cy m.xxxx 1. 

Pour deux portes de lambris pour entrer dans l'antisalle cl 1. 

Pour le restablissement de parties de croisées de lad. antisalle nj c 1. 

Pour restablir les vitres cassées en chambres et autres lieux dud. pallais . cl 1. 

Pour le restablissement des deux petites terrasses, cy v c x\ 1. 

Pour restablir toutes les croisées du dosme et pour la peinture de toutes 

les menuiseries d'icelluy nj c 1. 

Pour refaire de neuf les vitres de la lanterne du dosme nj c 1. 

L'enfestement du plomb depuis le Gros Pavillon jusques au logis des Thuil- 

leries xv c 1. 

Pour restablir la couronne du dosme xv c 1. 

Pour le restablissement de la corniche et frize de l'avant-portail dud. pal- 
lais, et repparations de la terrasse, la somme de quatre mil livres, cy inj"' 1. 

Sur la despence à faire au Gros Pavillon du bout de la Grande Gallerie' 2 '. vj m 1. 

Pour les restablissemenz qu'il convient faire dans le logement de la grande 

escurie des Thuilleries, cy m 1. 

Pour ce qui reste à paier de la despence faicte par le s r de la Barauderie 
dans le grand jardin des Thuilleries, en M.VPXXIII ij c Lxvnj 1. v s. 

Pour replanter le jardin des cyprez, aplanissement de terre et transport 

des arbres iv m v c 1. 

Pour séparer la court commune des Lions et habitans de l'orangerie. . . . nj c 1. 

Pour restablissement d'un pan de mur proche le logis desd. animaulx. . . ij c 1. 

Pour les réparations durant l'année, pour ce qui peult arriver inopiné- 
ment Néant. 

Pour la réparation d'ung grand parterre qu'il convient faire de neuf, dans 

led. grand jardin, semblable à celuy qui a esté faict v'" 1. 

(1) On lit dans le Mercure de Tannée 1626 «M. le connestabie de Luynes w , mais tout y avoil 

(p. 756) : ff L'assemblée des notables qui rresté réparé, et ladite salle fut richement tapis- 

fffut tenue dans la salle haute des Tuileries, h rrsée. » 

"laquelle on monte par ce bel escalier suspendu. (2) C'était le Pavillon de Flore, en face du Pont- 

<rCe lieu avoit esté gasté par le feu, du vivant de Royal. 

I*' Avant le i4 décembre 1621. 

II. 28 



218 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



Pour réparer d'ypriotz ceulx qui sont mortz en la grande allée nouvelle- 
ment plantée et autres endroietz, cy clx 1. 

Pour restablir les bi esches de la grande allée dud. jardin nj c }. 

mj c xxxx 1. 



M.IJ C 



Pour planter l'une des pièces où ont esté mis les pavillons du berceau . . 

Pour le deffrichement de lad. pièce et allée des sicomores 

Pour les rigolles, aplanissement de terre et autres ouvraiges nécessaires 
pour planter les ypriotz et charmes 

Pour reste de la despense du transport de sept pavillons 

Sur la despence à faire pour la construction d'un bassin pour mectre au 
milieu d'un parterre faict de neuf 

Pour reste de la despence à faire pour le piédestail du vivier des Thuil- 
leries 

Le lambris nécessaire dans la volliere desd. Thuilleries 

Pour donner cours aux eaues qui demeurent dans la court du portier des 
Thuilleries 

Le S r Villey demande une cloison dans son escurie, cy 

Pour le hanguart [sic) demandé par le S r de Thoras, et pour la despence 
extraordinaire des jardins 

Pour trente deux quaisses pour replanter les orangers de l'orangerie des 
Thuilleries 

La balustre nécessaire dans le jardin de lad. orangerie 

Pour le remboursement de la maison de l'adverti cur du bois sera faict fondz 
particulier 

La despence du logement pour le doreur des armes m.xxxv 1. x s 

Despense L m iiij°xxj 1. xvmj s. tz. 



mI. 

VIlj c L 1. 

rj'x 1. 
cl!. 

'fi- 

v c xxxv I. 

m1. 



Estât des officiel que le Roy veult et ordonne estre entretcnuz'pour son service et ses maisons, chasteaux et baslimens 
du Louvre, les Thuilleries, S' Germain en Laye, Vincennes et autres lieux, entretenement d'iceux, et apoinctemens 
durant la présente année Mil VI e vingt quatre. 



OFFICIERS QUI ONT GAIGES POUR SERVIR GENERALEMENT EN TOUTES LES MAISONS ET BASTIMENS DE SA MAJESTÉ. 

A Salomon de Brosse, architecte, tant pour ses gaiges antiens que d'augmentation par 
le decedz du feu S r du Cerceau son oncle, et sans aucun retranchement attendu son mérite 
et le service actuel et ordinaire qu'il rend à Sad. Majesté, La somme de y'" 11 ^ 1- 

A Clément Metezeau, autre architecte, aussy pour ses gaiges de lad. année, tant antiens 
que d'augmentation à luy accordez par Sad. Majesté, sans aulcun retranchement pour les 
mesmes considérations cy dessus, La somme de , j m,II j c 1- 

A Claude Rouhier, lequel Sa Majesté entretient près led. Metezeau pour estre instruict 
t'ii l'architecture, duquel elle se veult cy-apres servir, Pour son entretenement et norriture 
durant lad. année attendu sa condition d'apprentif, La somme de nj c 1. 

A Paul de Brosse, aussy architecte, sur vuj c 1. à luy accordez par Sad. Majesté , La somme 
de Quatre cens livres pour demie année seulement attendu la nécessité des affaires du Roy, 

c y H 1 



APPENDICES. 219 

A Jean Androuct, dict Du Cerceau, aussy architecte, sur vnj c 1. à luy accordez pour ses 
gaiges, La somme de Quatre cens livres pour demie année seulement pour ladicte raison. 

c y n, j c '• 

A Jacques Le Mercier, autre architecte, sur xij c 1. de gaiges, La somme de Six cens livres 
pour demie année seulement par ladicte raison, cy vj c 1. 

A Pierre Le Muet, retenu par Sa Majesté pour travailler en modelles et eslevation de 
maisons sur vj c 1. La somme de Trois cons livres seulement pour demye année dont il 
sera payé en lad. présente année pour les causes cy-dessus, cy nj c 1. 

Au s r de Saint-Mauriet (1) , retenu par Sa Majesté pour servir aux inventions de peinture 
et devises qu'il vouldra faire dans ses maisons et galleries, sur la somme de xvnj c 1. à luy 
accordée par Sa Majesté, La somme de Neuf cens livres pour demie année seulement 
attendu ce que dessus, cy vmj c 1. 

A Gilles Le Redde, m rc des œuvres de charpenterie du Roy, pour avoir l'œil et prendre 
garde sur toutes les charpenteries des maisons de Sa Majesté, à ce qu'il n'arrive aulnui 
inconvénient à la seureté des personnes de leurs Majestez, La somme de Six cens livres pour 
demye année seulement, sur xij c 1. de gaiges à luy acordez, attendu la nécessité d'affaires, 
cy vj c 1. 

A Remy Collin , m re des œuvres de maçonnerie du Roy, sur vi c 1. à luy accordez de gaiges 
antiens et augmentation pour prendre garde aux œuvres de maçonnerie et mesmes à la seu- 
reté des maisons de Sad. Majesté, La somme de Trois cens livres de laquelle il sera payé 
seulement en lad. présente année, attendu ce que dessus, cy nj c 1. 

A Simon Lerambert, pour la garde des figures, tenir netz et polliz marbres des maisons 
de Sa Majesté, et pour le service actuel et ordinaire qu'il rend au Louvre, pour conserver 
les desmolitions quand il s'y faict quelque changement, La somme de Quatre cens livres, 
dont il sera payé entièrement, cy mj c 1. 

A Claude Mollet, jardinier, pour servir à desscigner en tous les jardins de Sa Majesté, 
sur vj c 1. La somme de Trois cens livres, dont il sera seulement payé en lad. année, attendu 
la nécessité des affaires de Sad. Majesté, cy nj c 1. 

A Jean Nostre ( ' 2 \ autre jardinier, nj c 1. que Sa Majesté luy a accordez pour travailler 
quand il sera besoin aux desscings des parterres et jardins de Sad. Majesté, La somme de 
Cent cinquante livres dont il sera seulement payé en lad. présente année pour lesdictes 
raisons, cy cl 1. 

Au S r Francyne, ingénieur et intendant de la conduittc des eaues et fontaines de Sad. 
Majesté, La somme de Dix huict cens livres dont il sera pavé en lad. présente année 
attendu son service actuel, cy; xvnj c 1. 

A Pierre Clouet, commis soubz le conlrolleur des jardins de Sa Majesté pour servir en 

(1) Sans doute erreur de copiste, ce doit être reste, qu'il y a souvent divergence dans l'orlho- 

comme ci-dessus, p. 209, Saint-Mauris , ainsi qu'il graphe des noms propres. 

est clairement écrit dans le manuscrit des Archives l) C'était le père d'André Le Nôtre. (Voir plus 

de l'Empire, io632. Il est à remarquer, du haut, p. 21 3.) 

a8. 



-2-20 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

son absence et avoir l'œil sur tous les jardins du Louvre, lesThuilleries, Villiers-Cotterestz, 
Fontainebleau et autres lieux, La somme de Cinq cens livres pour ses gaiges de lad. pré- 
sente année, dont il sera payé entièrement, pour ce cy v c 1. 

AUTRES GAIGES ET APPOINCTEMENS ACCORDEZ PAR LE ROÏ POUR RÉCOMPENSES DE SERVICES, AUX VEUFVES D'AULCUNS OFFICIERS 

DES BASTIMENS, DECEDDEZ. 

A Damoiselle Isabel de Hanqueil (1) , v vc de feu Louis Metezeau, architecte, et à ses 
enfans sur vj c 1. à eux ordonnez par le brevet du XII e Sep bre M. VI e quinze, et lettres 
patentes veriffiées en la Chambre des comptes, pour les causes y contenues, La somme 
de Quatre cens cinquante livres, dont elle sera payée en la présente année pour trois 
quartiers, cy mj c 1. 

A lad. Dam "" Isabel de Hanqueuil (sic), v ve dudit Metezeau, qui estoit concierge des 
Thuillcries, et à sesd. enfans, sur la somme de mj c 1. à eulx aussy accordez au lieu desd. 
gaiges leur vie durant par autre brevet du X Sep brc M. VI e quinze, et lettres pattentes 
veriffiées en lad. Chambre, La somme de Trois cens livres, dont ils seront paiez pour trois 
quartiers de lad. présente année, cy nj c J. 

A Marguerite Bahuche, v ve feu Jacob Bunel, peintre, et à Robert Picou , son nepveu aussy 
peintre, au lieu dud. feu Bunel, pour gaiges et recompenses à eulx accordez par iSa Ma- 
jesté, par la mort dud. feu Bunel, La somme de vj c 1. à prendre chacun an par moitié, 
suivant le brevet de Sa Majesté, sur laquelle leur sera seullement paie en la présente année 
la somme de Trois cens livres, attendu la nécessité des affaires de Sad. Majesté, cy.. nj c 1. 

OFFICIERS SERVANT SA MAJESTÉ POUR L'ENTRETENEMENT DE SES MAISONS BT CHASTEAUX CY APRES DECLAREZ. 

LE LOUVRE. 

Au S r Moynnier, pour son entretenement, à cause du service auquel il est de nouveau 
assubjecty pour tenir nettes, ouvrir et fermer les Grande et Petite Galleryes attachées au 
chasteau du Louvre, La somme de Cent livres, dont il sera payé entièrement. Pour ce cy 
lad. somme de cl. 

A Nicolas Huau, m e maçon, pour tenir netz les fossez du chasteau du Louvre (21 des 
ordures qu'on y jette ordinairement des fenestres des logemens dud. chasteau, cuisines et 
aultres lieux d'iceluy, suivant le marché faict avec ledit Huau , La somme de Trois cens 
livres, dont il sera payé entièrement, cy nj c 1. 

A ladicte Marguerite Bahuche, v ,c dud. feu Jacob Bunel, peintre, et aud. Robert Picou, 
son nepveu, aussy peintre, au lieu dud. feu Bunel, pour l'entre tenement des peintures de 
la petite gallerye du Louvre, passaige d'icelle, salle des Anticques et pallais des Thuille- 
ryes, pour leurs gaiges et service chacun par moitié, La somme de Six cens livres, dont ilz 
seront payés entièrement, cy vj c 1. 

A Nicolas Pontheron (3) et. . . Bouvier, au lieu de feu Bouvier, son père, pour 

l'entretencment de toutes les peintures et lambriz du logement des logis bas du Louvre, 

(1) Voir plus haut, p. 208, et dans la première (2) Voir ci-dessus, au même nom, p. 212. 

partie, p. 3o, pour ce qui regarde la veuve de (3) C'est sans doute Pont - héron qu'il faudrait 

Metezeau. lire. 



APPENDICES. 221 

pour lequel ilz estoient employez dans Testât de Sa Majesté pour vj° 1. La somme de Trois 
cens livres à laquelle Sa Majesté a reduict pour l'advenir led. entrctenement, et dont ilz 
seront payez entièrement, cy nj c 1. 

A Louis de Beauvais, menuisier, pour ses gaiges de l'entretenement des menues menui- 
series du Louvre, La somme de Cinquante livres dont il sera payé entièrement, cy . . l 1. 

A Pierre Segalla, au lieu de Jean Segalla, son père, pour l'entretenement des menues 
serrureries du Louvre et des Thuilleries, pour ses gaiges, La somme de Deux cens livres 
dont il sera payé entièrement, cy ij c I. 

A Nicolas Guerin, pour l'entretenement du jardin neuf que Sa Majesté a commandé 
estre faict devant son chasteau du Louvre, et entrctenement des orangers qui estoient dans 
le vieil jardin dud. lieu et qui sont à présent dans l'orangerie faicte aud. jardin neuf, La 
somme de Huict cens livres, dont il sera entièrement paie, cy vnj c 1. 

PALLAIS DES THUILLERIES. 

A Anthoine Le Jeune, garde du pallais des Thuilleries, estably pour tenir netz tous les 
appartemens dud. lieu, ouvrir et fermer les portes et fenestres, lorsque le cas y eschet, 
pour ses gaiges et sur la somme de nj c 1. à luy accordée par Sa Majesté, La somme de Cent 
cinquante livres pour demie année seulement, attendu la nécessité des affaires de Sa Ma- 
jesté cl 1. 

A Michel Lange Le Chuel, portier du grand jardin et parc des Thuilleries, pour la garde 
des portes desd. jardin et parc, et pour lui donner moyen de vivre sans prendre aulcun 
sallaire ny gratiffication de ceulx qui entrent et sortent desd. lieux cl I. 

A Claude Mollet, jardinier, cy devant nommé, pour l'entretenement du jardin neuf 
entre le fossé et le pallais des Thuilleries, pour ses gaiges, La somme de Quinze cens livres, 
dont il sera paie entièrement, cy xv c 1. 

A Jean Nostre, jardinier pour l'entretenement des parterres faietz de neuf dans 

le jardin et parc des Thuilleries, devant le pavillon du palais, La somme de Mil vingt livres, 
dont il sera payé entièrement, cy mxx 1. 

A Pierre Desgotz, autre jardinier, au lieu de Jean Desgotz, son frère, pour l'entretene- 
ment des pallissades et allées dud. parc, La somme de Neuf cens cinquante livres, dont il 
sera payé entièrement, cy Yinj c L ^i 

A Simon Bouchart, autre jardinier, pour l'entretenement de l'orangerie dud. palais des 
Thuilleries, jardin joinct et attenant icelle orangerie, parterre de fleurs qui est dans icellu\, 
et autre jardin derrière près la Garenne, La somme de Six cens livres, dont il sera paie 
entièrement, cy vj c 1. 

A Françoise Trouillet'", pour l'entretenement du grand parterre dud. jardin des Thuil- 
leries, entre l'allée faicte de neuf et la haulte allée des Meuriers, faire labourer les palis- 
sades tant de boys sauvage que de jassemins, coigniers, grenadiers, arbres de Judée, ar- 
bresseaux. fleurs et autres qui sont au pourtour dudict parterre, nettoyer lad. haulte allée 
des Meuriers, celle des grenadiers, et autres entretenemens dans led. jardin, La somme de 
Quatorze cens livres dont elle sera payée entièrement, cy xiuj c 1. 

(I) Dans le registre des Archives de l'Empire ioG3a, on lit Irès-nettemenl Trouillet. 



222 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Aux jardiniers servans Sa Majesté en sond. jardin desd. Thuilleries, pour l'entretene- 
mcnt des palissades de bois sauvaige, ouvraiges d'architecture, ornemens et enrichissemens 
faictz en plusieurs endroictz dud. jardin, peynes d'ouvriers, et achapt de plant que autre 
mathiere nécessaire pour l'eiitretenement desd. lieux, par certification, ordonnances et 
quictances, La somme de Dix neuf cens livres, qui seront payez entièrement, cy. xvmj c 1. 

Au sieur Toiras, pour la despence, charge et entretenement de la volliere qui est dans 
le grand jardin des Thuilleries, La somme de Dix huict cens livres tournois. Pour ce cy 

lad. somme xvnj c 1. 

Dcspence vmj m iij c Lxx 1. 



XIII. 
CONSTRUCTION DES TUILERIES. 

(Voir p. î et 2.) 

Catherine de Médicis fit publier, en i56i, par son fils Charles IX, une Déclaration pour vente 
et aliénation des hôtels royaux des Tournelles et d'Angoulème. 

Dans cette déclaration il était dit que les deniers provenant de cette aliénation seraient t? pour 
trediffier et construire nostre chasteau du Louvre, et autres bastimens que nous voulons estre 
t construits en nostre ville de Paris, esquelz avons délibéré loger, et non plus auxdites Tour- 
rmelles.» (Collection Delamarre, mss. de la Bibliothèque impériale, t. CXXXI, fol. 37 v°.) 

On lit dans l'histoire de De Thou, après quelques détails sur la vente et la démolition des 
Tournelles : rrAfin de restablir en quelque sorte ce dommage, elle fist faire aux Tuilleries, qui 
rsont au-dessous du Louvre, sur les bords de la Seine, un jardin de plaisance, et commença à 
fbastir une maison magnifique, qui devoit estre joincte au Louvre par une galérien (Histoire 
de M. de Thou, des choses arrivées de son temps, mises enfrançois par Pierre du Ryer, 1659, in-fol. 
t. II, p. 682.) 

(Voir p. 9.) 

La reine Catherine, comme tous les princes ayant le goût des bâtiments, aimait à créer, et 
peut-être à tracer elle-même les plans généraux des palais quelle faisait construire. 

Philibert de l'Orme dit dans sa Dédicace à la Reine de son Traité d'architecture : 
« Madame, je voy de plus en plus l'accroissement du grandissime plaisir que Vostre Majesté 
ff prend à l'architecture, et comme de plus en plus vostre bon esprit s'y manifeste et reluit, 
f quand vous prenez la peine de pourtraire et esquicher les bastimens qu'ils vous plaist commander estre 
xfaicls , sans y obmettre les mesures de longueurs et largeurs , avec le département des logis , qui verita- 
"blementne sont vulgaires et petits, ainsfort excellens et admirables, comme entre plusieurs est celuy du 
rpalays que vous faictes bastir de neuf en Paris près la Porte Neufvc et le Louvre, maison du Roy, le- 
tf quel palays je conduis de vostre grâce , suivant les dispositions , mesures et commandemens quil vous 
n plaist m'en faire. r> 

(Voir p. 10.) 
Après trois ans de travaux, le palais et ses jardins étaient assez avancés pour qu'on pût les 



APPENDICES. 223 

admirer et en féliciter la Reine : «Voslre maison des Tuilleries, disait par exemple Ramus O 
«en i 5G7, qu'est-ce quelle monstre à ceux de France qu'iiz ayent auparavant veu et ouy!» 

Il est aussi à croire que l'Ecurie était en construction dans cette même année 1 5G7, et 
quelle se termina en 1678 : les devis et marchés de Petit le prouvent. 

(Voir p. lit.) 

Philibert de l'Orme put mener la construction des Tuileries assez avant pour que Lippo- 
mano, qui le vit en 1677 (2) , l'année même de la mort de l'architecte, ne s'aperçut pas qu'elle 
était inachevée. Dans sa Relation, il admire sans réserve aucune «cet admirable escalier en coli- 
et maçon, dont les marches ne sont pas plus hautes que quatre doigts, et sont portées merveil- 
« leusement sur une légère aiguille de marbre. » 

Il ajoute, à propos des jardins : Il y a un beau jardin où les arbres et les plantes sont 

«distribués dans un ordre admirable, et l'on trouve des bosquets, labyrinthes, des ruis- 

« seaux, des fontaines, » (Comm. de M. Ed. Fournier. ) 

(Voir p. 18.) 

Philibert de l'Orme était si bien l'architecte préféré de Henri II et de Diane, (pie nous le 
voyons, le 1 1 janvier i5ig, figurer, en qualité de « conseiller, aulmosnier du Roy et son archi- 
tecte, r> et comme ordonnateur des travaux de l'admirable tombeau de François I er , à Saint- 
Denis, dans la quittance d'un payement fait aU\ sculpteurs Franroys Marchand et Pierre Bon- 
temps ®. La même année il fait exécuter par Guillaume Rondel et Raptiste Pellerin, peintres 
à Paris, les ornements de la salle construite dans le parc des Tournelles, pour l'entrée du Roi' 4 ', 
et se prédestine ainsi quinze ans d'avance aux travaux du palais qui sera le successeur de 
celui-ci. (Comm. de M. Ed. Fournier.) 

(Voir p. 29.) 

Jean de l'Orme, le 1 i avril 1 5GG , résigna la charge de maistre gênerai des œuvres de maronne- 
rue du Roy à Estienne Grant Remy < 5) , qui la garda jusqu'à sa mort, en 1573 (0) . 

(Voir p. 37.) 

Les jardins étaient terminés en grande partie vers 1677; Boutrais, dans son poème latin 
sur Paris, Rodolphi Boterai Luletia, 1611, in-8°, p. 56, parle du singulier blason figuré avec 
ses couleurs par du buis, du thym, de l'acanthe et autres plantes de nuances diverses : 

Omnia quœ variis simulare coloribus audet 
Pictor, in attonso virgulto et vimine fingit, 
In buxo, impie thvino, foliisque comantis achanti , 
Sedulus hortorum cultor permixta Navarrae 
Lilia stemmatibus videas. . . 

(1) Procme de mathématiques , 1 5 6 3 , préface. (4) Catalogue analytique des archives de M. le ba- 

(2) Collection des documents inédits sur l'histoire ron de Joursanvault , 1 838, in-8", t. I, p. 193. 
de France. Relations des ambassadeurs vénitiens n° 1101. 

sur les affaires étrangères, recueillies et traduites (5) Arch. de l'Emp. KK 9/1. 

par Nie. Tommaseo. Impr. roy. i838, in-4°, t. II, (6) Ordonnances , statuts cl règlements concernant 

p. 593. les mesliers des maislres maçons. . . 1 629, petit in-8° . 

(3) Archives de l'art françois, t. V, p. 367, 35o. p. 12-1 3. 



224 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

La mode s'était établie (voir p. 38) de donner des concerts à l'écho des Tuileries; elle com- 
mença dès le temps de la Régence de Marie de Médicis (voir la Lettre de Malherbe à Peiresc, 
du i" juillet 161 h). Tallemant des Réaux raconte plusieurs anecdotes sur des galants qui 
rmenoient les vingt-quattrc violons au bout de la grande alle'e des Tuilleriesn pour régaler de 
musique leurs belles et, comme on disait alors, 'rieur donner cadeau. » (Historiettes, e'dit. P. 
Paris, t. VI, 53 1; VII, 16/t.) 

(Voir p. 4y.) 

Les murs de clôture du grand jardin des Tuileries durent être termine's vers octobre 1697, 
du moins du côte' de la Seine; car il est dit, dans le récit de la visite du Prévôt des Marchands 
et des Échevins à Henri IV, après la prise d'Amiens, qu'à leur sortie du palais ils se rangèrent 
rrpres des murailles de l'enclos du parc des Tuilleries, du costé de la rivière, en attendant 
Sa Majesté." (Félibien, Hist. de Paris, Preuves, t. IH T p. 48o.) 

On sait que cette muraille, quand elle fut achevée, entourait complètement le parc, même 
du côté du palais, entre lequel et cette clôture se trouvait la large rue des Tuileiics, ce qui a 
fait dire, vers 1 6 55 , à Claude Le Petit, dans son Paris ridicule, édit. du biblioph. Jacob, 1859, 
in-i'J , p. i3 : 



Allons faire un tour au jardin, 
Despeschons sans cérémonie : 
Qu'il est beau , qu'il est bien muré ! 
Mais d'où vient qu'il est séparé 
Par tant de pas du domicile ? 
Est-ce la mode en ces séjours 
D'avoir la maison à la ville 
Et le jardin dans les faubourgs? 



XIV. 
LES COMPTES DE CATHERINE DE MÉDICIS. 

( Voir p. 3 et suiv. ) 

Nous donnons ici le fac-similé et la copie exacte de l'en-tête d'un registre des comptes de la 
Reine mère, Catherine de Médicis, qui renferme les lettres de provision de Nicolas Mole, alors 
nommé général des finances de la Reine mère. Cette pièce montre, dans sa forme initiale, la 
liberté et la puissance dont jouissait Catherine à l'égard des rois, ses enfants. 

TRESORERIE DE LA ROYNE MERE DU ROY. 
(Arch. imp. KK n5. (1579.) 

Transcription des lettres de provision et institution de M" Nicolas Moté en Testât et office de Conseiller et General 
des finances de la Royne mère du Roy, desquelles la teneur ensuit : 

Catherine, par la grâce de Dieu Royne de France, mère du Roy, A tous ceulx qui ces 
présentes lettres verront Salut. 





TOPOGRAPHIE H I S T R I Q V E D V V I E V X PARIS. 



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<5— ^ ^^fc Jp'U+vcvp tLCCcr dMfnjoaa — 



H Leg; ..-. 



Heliogr A 






PREMIÈRE PAGE D V REGISTRE DES C C 1 P T E S DE CATHERINE D E* M £ D I Z I S (1579; 

Fac-similé héliogiapkique. 



APPENDICES. 225 

Scavoir faisoivs qu'aians puis quelque temps par aucunes bonnes raisons ot grandes con- 
sidérations deschargé nostre amé et féal conseiller Messire Regnault de Beaune (1) , évesque 
deMende, conseiller du Roy nostre très cher Sr. et lilz en son Conseil privé, et chancelier 
de nostre très cher et très amé filz le Duc d'Anjou, de la surintendance, generallité et charge 
principalle que nous luy avons donnée de noz terres, domaines ol finances, mosmos pour 
estre ledict sieur de Mende occupé en [dus grande et importans (sic) affaires de nostre 
cher filz le Duc d'Anjou et qu'il luy estoit mal aisé voire quasi impossible de satisfaire à 
l'une et à l'autre choze ensemblement comme il est requis, et désirons pourveoir à ce «pie 
riens ne soit retiré de (sic) ny diminué de nozdictes terres, domaines et finances, et que 
toutes choses y soient dirigées et conduictes avec le soing et bon ordre qui y est requis, au 
moien de quoy il est besoing commectre ladicte charge à personnaige bien entendu et versé 
au faict des finances et à nous bien affectionnée, feable et venant chacun an sur les lieulx 
où est nostre revenu, et aiant plaine intelligence et parfaite congnoissance de noz affaires, 
Nous en puissions tirer le service et en nozdictes affaires le bon mesnage que nous dési- 
rons, Pour ces causes et pour la bonne et parfaicte congnoissance et entière confiance que 
nous avons de la personne de nostre amé et féal conseiller en nostre Conseil M e Nicolas 
Mole, aussi cons cr du Roy nostredit Sr. et filz, et trésorier gênerai de France en la province 
de Champaigne, et de ses sens, suffisances, loiaulté, preudhommyc, fîdeleté, grande expé- 
rience tant au maniement des finances que aultres affaires, vigilence et diligence, avant cy 
devant manié de plus grandes et importantes charges des finances de cedict rovaume dont 
il s'est acquicté avec une telle fîdeleté et en a rendu si bon et loial compte que le Roy 
nostre cher Sr. et filz et Nous en sommes demeurez très satisfaietz et contens, Aiant aussi 
esgard aux grands et agréables services qu'il nous a par cy devant des long temps particu- 
lièrement faietz en plusieurs charges et commissions esquelles il a esté par nous emploie, 
tant à faire les baux à ferme et veriffier les estatz de nozd. terres, domaines et finances, (pie 
en plusieurs autres occasions et affaires tant en nostred. Conseil que ailleurs pour nostre 
service, dont il s'est toujours si soigneusement et vertueusement acquicté que nous espé- 
rons qu'il sera pour y continuer de bien en mieulx, Pour ces causes et aultres considérations 
à ce nous mouvans, à icelluy Mole, lequel nous avons Nous mesines choisy, nommé et esleu , 
Avons donné et octroie, donnons et octroyons par ces présentes led. estât et office de General 
de noz finances tant ordinaires que extraordinaires que nagueres soulloit tenir el exercer 
led. de Beaune, vacquant à présent parla simple démission qu'il en a cy devant faicte en 
noz mains, dont nous l'avons deschargé, pour led. estât, pouvoirs, puissances, auctoritez, 
prérogatives, preeminances, exemptions, franchises, libertez et facultez qui \ appartiennent, 
C'est assavoir d'avoir l'entière et generalle congnoissance et surintendance de noz domaines, 
terres et revenuz, tant de nostre propre et acquisitions que de celles qui nous ont esté ou 
seront cy après délaissées pour nostre dot et douaire par nostre ch. Sr. et lilz, et de tous les 
deniers et droiclz qui en proceddent et depandent, ensemble de tous autres deniers qui 
doibvent tomber ou tomberont en noz Trésoreries et Receptes tant generailes que parlicullieres 

(1) Mossire Regnault de Beaune, ici mentionné itMessire Regnault de Beaulne (stc), archevesque 

comme évéque de Mende, ligure au registre dans rde Bourges... vnj esc. j tiers. i 
l'étal des Gens du Conseil sous cette qualification Celte somme représentait, on le voit, seulement 

et le second de la liste : une indemnité. 

ii. 29 



226 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

de quelque nature qu'ilz puissent estre sans en rien excepter, Et pour ce faire ira led. Mole 
par chacun an ou le plus souvent que faire se pourra sur tous les lieulx ou sont nozd. biens 
et revenuz pour regarder comme toutes choses y sont mesnagées, faire les baulx, bailler 
les fermes de nozd. terres, domaines revenuz, et y mectre le bon ordre pour nostre ser- 
vice qu'il est requis et que nous en avons en luy parfaite fiance, Veoir aussy à faire par 
chacun an, tant à nostre Trésorier et Receveur gênerai que autres noz comptables particu- 
liers, les estats au vray de leurs charges et maniemens tant en recepte que despence pour 
faire tomber, fournir es mains de nostred. Trésorier et Receveur gênerai ce qui sera deu 
de nect aux termes que par led. Mole seront prefix et ordonnez, Veoir semblablement à 
entendre les receptes et despens tant ordinaires qu'extraordinaires de nostre maison, et 
pour cest effect mander et faire venir devers luy noz officiers comptables et aultres per- 
sonnes aians maniement desd. charges et les contraindre à luy en représenter les estatz au 
vray, Veriffiera tous dons qui seront par Nous faictz et aultres noz mandemens, promissions 
et acquitz concernans le faict de nozd. finances, voulans que les expéditions luy en soient 
cy après addressées sans toutesfois expédier ne bailler ses attaches sur icelles que première- 
ment il n'en ait faict rapport à noz amez et feaulx les gens de nostred. Conseil et que nous 
l'aions aussy entendu et luy aions verballement commandé ce faire, comme au semblable 
il leur fera selon les occasions entendre tout ce qui se passera au fait de sad. charge affin 
qu'ilz en soient suffisamment advertiz, Assistera si bon luy semble à nostre Chambre des 
Comptes à l'audition et closture des comptes de nos officiers comptables, et aura sceance, 
voix et oppinion au jugement desd. comptes avec nos amez et feaulx les commissaires dep- 
puttez par Nous, à l'audition d'iceulx, et feront tous actes, ordonnances, estatz, veriffica- 
tions, attaches, baulx à fermes et autres expéditions qui seront faictes et ordonnées par 
led. Molet pour raison de lad. charge, ses circonstances et deppendances de mesme force, 
valleur et rigueur que si elles estoient ordonnées par nous mesmes et les gens de nostred. 
Conseil, Et lesquelles nous avons des à présent aprouvées, vallidées et authorisées, aucto- 
jizons, vallidons et approuvons, Et mandons auxd. commissaires de nos comptes passer et 
alouer tout ce qui sera par led. Mole ainsi que dessus ordonné sans y fere aucune diffi- 
culté, Et generallement de fere exécuter et exploicter par icelluy Mole au faict dud. estât et 
offices, circonstances et deppendances tout ainsi en la propre forme et manière et avec les 
mesmes pouvoir, puissance, dignité et auctorité qu'avoit en ce regard led. de Beaune et 
que l'ont les Trésoriers generaulx de France du Roy nostre Sr. et filz en leurs charges, sans 
en ce faire aucune différence, Et atendu que la plus part des terres et domaines dont nous 
jouissons sont du patrimoine de la Couronne de France, et que ce qui est de nostre propre 
a tousiours esté administré selon et en suivant l'ordre des finances du Roy notred. Sr. et 
filz, Et ce aux gaiges, pentiohs et taxations qui seront par Nous ordonnées aud. Mole, Si 
donnons e\ mandement à nostre très cher et féal chancellier Messire Martin de Beaune (,) , 

'' M" Martin de Beaune, abbé de Saint-Nicolas- "Messire Martin de Beaulne, abbé" de Royaul- 

lez-Angers, comme il est ici qualifié, figure le pre- frmont (a) , chancelier xxxnj esc. j tiers. » 

mier de la liste clans l'état des Getis de Conseil, Indemnité comme ci-dessus, 
ainsi qu'il suit : 

' Abbaye royale située près de la rivière d'Oise, dans la forêt du Lys, en face du village de Boran et près de Beaumont- 
sur-Oise. 



APPENDICES. 227 

abbé de Sainct Nicolas lez Angiers, conseiller d'estat du Roy nostred. Sr. et filz, Que prins 
et receu dud. Mole le serment pour ce <lcu et accoustumé, il le mecte et institue d<> par 
Nous en possession et saisine dud. estât et d'icelluy, ensemble des bonneurs, auctoritez, pré- 
rogatives, preeminances, franchises, libertez, pouvoir, puissance, facilitez, gaiges, pen- 
tions et taxations dessusd. Le face, souffre et laisse jouir et user plainement et paisiblement 
et à luy obéir et entendre de tous ceulx et ainsy qu'il appartiendra es choses touchans et 
concernans lesd. estât et office. Mandons en oultre ausd. commissaires de nos comptes que les 
dessusd. gaiges, pentions et taxations soient paiées aud. Mole sur ses quittances en rappor- 
tant quant ausd. gaiges et pentions les esfatz esquelz ilz seront emploiez avec le Vidimus 
de ces présentes pour une fois, Et pour les taxations, noz ordonnances particulières et 
quictances dudict Mole sur ce suffisantes seullcment. Car tel est nostiie plaisir. En tesmoing 
de qoy [sic) Nous avons signé ces présentes de nostre main et à icelles faict mectre nostre 
sccl. Donné à Thoulouze le treiz™ jour d'Avril, l'an de grâce Mil V e soixante et dix neuf, 
signé Catherine. — Et sur le reply : Par la Royne mère du Roy par le commandement 
exprès de Sa M u porté par ses lettres missives données de Thoulouze le treiz" 10 jour d'Avril 
Mil V e soixante dix neuf, Chantereau. — Plus aud. reply est encores escript : Le vingt 
neuf™ jour d'Avril l'an Mil V e soixante dix neuf led. S r Mole a faict et preste le serment 
de General des finances tant ordinaires qu'extraordinaires des terres et domaine de la Rovne 
mère du Roy entre les mains de Monseigneur Du Puy, chancellier de lad. Dame, abbé de 
Sainct Nicolas lez Anger, et moy secrettaire ordinaire d'icelle Dame présent, et signé Cham- 
pion. Scellées du grand sceau de ladicte Dame de cire rouge sur double queue. 

Aujourd'huy vingt huict mo Juillet Mil cinq cens soixante dix neuf, la Royne mère du Rov 
estant en la ville de Grenoble, aiant esgard aux grandz fraiz et despences que M e Nicolas 
Mole, General de ses finances, est contrainct de supporter au maniement de lad. charge, 
pour lui donner moien de s'entretenir en icelle au service de Sa Majesté, a ordonné aud. 
Mole oultre les gaiges ordinaires de Six cens livres tournois que Sad. Majesté a affectez à 
sondict estât et qui seront emploiez soubz son nom en Testât qu'elle fera dresser des Offi- 
ciers domesticques de sa maison pour la présente année, La somme de Deux mil francs, 
pour luy estre paiée par forme de pension par chacun an de quartier en quartier des deniers 
tant ordinaires que extraordinaires de ses finances par led. Trésorier et Receveur gênerai 
d'icelles à commancer du premier jour de Janvier dernier passé, Voullant que ladicte 
pension soit emploie en Testât de sad. maison soubz le nom dud. Mole pour luy estre paiée 
avec lesd. gaiges ordinaires en vertu du présent brevet tant seullcment attendant que sond. 
estât soit dressé, En tesmoing de quoy Sa Majesté a signé son présent brevet et iccllm faict 
contresigner par moy soubzsigné, Conseiller du Roy, secrettaire d'Eslat et des Finances de 
Sa Majesté, Et veult qu'audict Mole en soient expédiées toutes lettres et provisions néces- 
saires par M e Ysaac Chantereau, Conseiller secrettaire des finances de ladicte Dame. Signé 
Catherine, et plus bas Pinart. 

L'an Mil V e soixante dix neuf, Le dix" 10 jour de Novembre, Collation de la présente coppie 
a esté faicte aux originaux d'icelle, estans chactms parchemins sains et entiers, par nous 
Nottaires du Roy nostre Sire ou Chastellet de Paris soubzsignez. Signé Maheult et Rergeon. 

a 9- 



■228 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Nous avons transcrit ici en entier ce document, et nous donnons ci-joint \e fac-similé de la pre- 
mière page de cette transcription tirée du Registre en parchemin des Archives de l'Empire 
coté KK 1 1 5. Il nous a paru important de mettre sous les yeux du lecteur les formules et les 
termes de ces sortes de documents. Il est plus que probahle que les autres officiers de la maison 
de la Reine mère avaient des provisions rédigées dans les mêmes termes. MM. de Chapponay, de 
Verdun (1) , Marcel et autres avaient les mêmes attributions, suivant le département auquel ils 
appartenaient. 



(1) Jehan de Verdun , mentionné page 6 , était 
comptable de la Reine. Il existe à la Bibliothèque 
impériale un manuscrit analysé par M. Champol- 
lion-Figeac, en 18/12 (Cabinet de l'amateur et de 
l'antiquaire, t. I, p. 276-278), et dont voici le 
litre : Comptes des despences faictes par maistre 
Jehan de Verdun, clerc des œuvres du Roy, durant 
l'année commencée le premier jour de janvier mil cinq 
cens soixante et dix , et fade le dernier jour de dé~ 
cembre ensuivant. (Note communiquée par M. Ed. 
Fournier.) 

Au folio inj"irj du Registre KK 1 1 5 (1579), 
nous trouvons aux recettes du trésorier de la Reine 
mère cette mention : 

rr Autre Receple faicle par ledict Marcel (a) , pre- 
ssent tresorieret receveur gênerai , à cause des bons 
rrd'estalz comme il s'ensuicl : — De M c Guillaume 
rrThomery, receveur ordinaire de Vire, etc. etc. 
« — De Jacques Verdun, nagueres recev' de la 
rr terre et seigneurie de Creil , par les mains de Ni- 
f colas de Gornouailles, procureur a Senhs, la somme 
rrde dix escus en nj esc. sol. ij esc. pislollelz ij tes- 
rr tons ung franc de xx s. et xx ds. monnoyc , par quic- 
cr tance dudict Marcel signée de sn main, en dacte 
-mIu \ingt neufviesme jour d'Avril Mil cinq cens 
" soixante dix neuf, Et ce sur et tant moings de ce 
-que ledict receveur pourrait debvoir à ladicle dame 
-par Testai final (lJ) , expédié audict de Verdun et 
"aux héritiers de Noël de Fayolle, le deuxiesme du 



« présent moys d'Aoust, à cause de l'ordinaire de la- 
crdicle Recepte de Creil pour l'année finie au jour de 
ff la Sainct Jehan M.V C LXXVII. Pour ce cy la somme 
ffde x esc. s. v d. r> 

El plus loin, dans le même compte : 

rr Dudict Jacques de Verdun receveur de la chas- 
rrlellenye de Creil et héritiers de feu Nicolas de 
rrFayolles (sic), comme audict de Verdun, Par 
rrquiclance dudict Marcel signée de sa main et 
rrdaclée du vingt sepliesme jour d'octobre Mil cinq 
rrcens soixante dix neuf, Par les mains de Charles 
rrHu, m d chevaulx (sic), en descurie dudict sieur, 
rrLa somme de Trente deux escus deux solz tourn. 
«•en mesmes espèces d'escus deux solz monnoye 
rrsur tant el moings de ce en quoy ledict Verdun 
«■et héritiers sont demeurez redevables par Testât 
rr final de Testât au vray de la Receple du revenu 
rrde ladicle chaslcllenye donl ladicle dame jouissoit 
rrpour Tannée commancée au jour Sainct Jehan 
rrM.V'LXXVI et finie à semblable jour M. V e soixante 
rr dix sept. Pour ce cy la somme de xxxij esc. ij s. tz. n 

Dans l'état des rrGens de Conseil" du même re- 
gistre, on trouve rr maistre Nicollas de Verdun, 
rr cons cl en lad. Court (de Parlement), lxvj esc. ij tiers. » 

Dans le compte de 1670, sous les ordres de 
TEvêque de Paris surintendant, on trouve celte 
mention (Bibl. imp. FR. 10,396) : 

rrG.UGES et sALLMREs de ce présent comptable. 

rr Audict M e Jehan de Verdun, clerc des œuvres 



'*' M" Claude Marcel , probablement un' descendant des Marcel du xiv r siècle. 

Au fol. 90 du Registre de la Trésorerie (Arch. de l'Emp. KK 1 1 5 ) de 1679, on trouve cette mention : 

«Auras recepte faict pour ledict Marcel , présent trésorier et receveur gênerai , à cause des deniers provenant des Greffes des 
«Présentations 1 *', comme ii s'eiisuict : 

«De M c Mathieu Marcel . conseiller et receveur gênerai des finances de Monseigneur frerc du Roy, parquictance du sepliesme 
«jour de Décembre Mil cinq cens soixante, Quatre vingts cens escus sol. sur et tant moings du don faict à lad. dame par Mon- 
rtseigneur des deniers provenant des greffes des présentations nouvellement créez, cy «■ nij c . esc. 

•■De lu y, par autre quictance dnd. Marcel en date du douzesme (sic) jour de janvier M V e quatre vingts, La somme de Neuf 
«cens trente trois escus ung tiers, sur et tant moings du don faict par Monseigneur à la royne sa mère sur les deniers prove- 
"iians des greffes de présentations nouvellement créez, cy ix c xxxnj esc. j ts.n 

On voit que plusieurs membres de la famille étaient employés en même temps au service de la famille royale. 

bl On voit ici un exemple de ce qu'étaient les restes dont les Rois, fds de Catherine, lui firent don pour l'achèvement des 
Tuileries. 



1 était une sorte de pot-de-vin que l'on donnait pour se faire présenter à certains emplois. 



APPENDICES. 229 

XV. 

MARIE DE PIERREVIVE, DAME DU PÉRON ET LES DAMES COMPTABLES. 

(Voir p. 7 el suiv.) 

Catherine de Médicis avait pour intendantes et femmes de confiance des dames de sa Maison. 
M" le du Pe'ron ou du Perron a été la plus connue, parce qu'elle a figuré dans les travaux du 
palais et du jardin des Tuileries. D'autres dames étaient préposées à la Chambre aux deniers de 
la Reine mère. Nous avons trouvé et nous donnons dans cet Appendice quelques pièces qui 
prouvent ce que nous avançons : ce n'était point une exception, c'était une règle dans la Maison 
de Catherine, qui employait des femmes sous la haute direction de ses conseillers et comptables, 
et sous la sienne propre qu'elle exerçait souvent '■'. 

Nous trouvons dans le Registre des Archives de l'Empire coté KK. 1 îcj le compte et la men- 
tion suivante : 

Chambre aux deniers de la Royne mère du Roy pour une année fînye le dernier jour 
de décembre V e LX1I. 

M c Pierre de Picquet, receveur, etc. 

Et à la fin du compte, après la somme totale, on lit fol. xlv : 

Deniers payez par ced. Trésorier par vertu et en suyvant les ordonnances particulières 
de la Royne tant pour droietz de Livrées que pour augmentation de despence de lad. 
Chambre aux deniers et comme il s'ensuyt. 

A Dame Marie de Pierrevive, dame du Peron et Ermentiers (s/e), La somme de ij'lxx livres 
à elle ordonnée par lad. Dame en son ordonn re donnée à Fontainebleau le x" ,c j. de mars 
M.V'LXI signée de sa main et Fizes secrétaire de ses finances, pour son droict de Livrée 
durant les mois de mars, apvril, may et juing, juillet, aoust et sepbre., octobre, novembre 
et deebre. de l'année de ced. compte, Qui est à raison de xxx 1. par mois, durant lesquclz 

«du Roy, présent comptable, La somme de Huict «• Marie de Pierrerive, dame du Perron, l'une des 

ffeens livres Iz. A luy ordonnée pour ses gaiges rr dames ordinaires de la Chambre delà lioyncmere 

rr à cause de sad. Commission durant l'année corn- crdu Roy, ordonnoildes bastiments du chasteau des 

«mencée le premier jour de janvier Mfl cinq cens rrTuillelïes, suivant l'advis de M e Philibert de 

rrsoixante dix el finie le dernier jour de décembre rrLorme, qu'elle avoit commis pour visiter lesdits 

r- ensuivant aud. an, temps de cedicl compte, La- rrbaslimens.n 

^quelle somme de Huict c livres trz. led. présent Le Journal de l'Estoille (Edit. Michaud et Pou- 

rrrecev'a prinse et retenue par ses mains des de- joulat, t. I, p. 37) parle d'une façon assez cavalière 

-niers de sad. recepte, cy vuj c 1. Iz. 1 de cette favorite de Catherine. Llle avait épousé 

M. Berty a eu connaissance de ce registre. Gondi, seigneur du Perron; venue d'Italie avec 

;1) Ce fait est expressément confirmé par une lui, après quelques années passées à Lyon dans 

curieuse nomenclature conservée aux manuscrits des affaires de banque, elle s'établit définitivement 

de la Bibliothèque impériale. (Collect. Dclamarre, à la Cour, où la fortune l'attendait et la combla. Par 

t. CXXXI, fol. 10 y") : Noms de Messieurs les surin- l'un de ses trois (ils , le maréchal de Retz, elle lui 

tendons des bastimens du Roy, tirez des comptes de la bisaïeule du fameux abbé de Gondi, cardinal de 

Trésorerie des bastimens. Il y est dit : rri56G.Daine Retz. (Communication de M. Éd. Fournier.) 



230 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

lad. dame n'auroit pour aulcunes causes voulu estre employé aux escroues (1) qui se font 
par chacun jour pour la despence de la Chambre aux deniers comme il est faict pour les 
aultres dames et damoiselles de sa maison, parce que le plus souvent lad. dame du Peron 
n'est de sa suitte mais en divers lieux ou il plaist à sa Ma 1 ' l'envoyer pour son service, et 
dont neantmoins elle veult lesd. droietz luy estre payez et continuez à commancer du pre- 
mier jour dudict mois de mars selon que plus à plain est contenu par ladicte ordonnance, 
Par vertu de laquelle ladicte somme de iJ'lxx 1. luy a esté payée comme par deux ses quic- 
tances, la première du XIIII me jour d'aoust V C LXIII et la ij me du XXVIII e février Mil V e soixante 
quatre cy rendues , appert. Pour ce cy ij c lxx 1. 

(Renvoi en marge avec la note qui suit, rectifiant cette somme qui est barrée :). . . ix"l 1. 

Par ordonnance de la Royne par elle signée en papier et par quietz. de la partie pre- 
nante montant ix" 1. tz. le tout veu est lad. somme de ix" 1. tz. passée et le surplus mon- 
tant mj"x 1. tz. reiyé et supersedé jusques à six moys pendant lesquels apportant quic- 
tance vallable sera faict droict. 

Et au-dessous, d'une autre main, ajouté cette note : 

Desquels il a aporté quictance de lad. dame du Peron signée de sa main, mise en l'ann. 
du compte LX C III. 

Et en fin des comptes de chaque année se trouve un arrêté ainsi conçu : 

Le présent compte a esté ouy, examiné et cloz au Bureau de la Chambre des Comptes 
de la Royne mère du Roy, séant au lieu du Petit-Nesle, par nous gens des comptes de 
lad. dame soubzsignés, le trois me février Mil V e soixante troys. [Signé en original) Dutillet,, 
Hesselin, Doursat, De Beauvais. 

Dans le même registre, au compte du même M e Pierre de Picquet, pour l'année comm. le 
i er janvier i56a et finie le dernier jour de décembre î 563 (sic), on trouve aux recettes: 

Receptes des deniers tirez du fonds de la recepte generalle pour convertir et employer 
tant à la despense de Chambre aux deniers de mad. dame que de madame sœur du Roy. 

Faict compte de la somme de lxxviiiJ'" ij c nj" j 1. xij s. vuj d\ obolle picte tournois 

prinse et tirée des fonds de la Recepte generalle de lad. Dame suivant Testât de ce à luy 
faict pour convertir et employer en la despence de la Chambre aux deniers tant de sa 
maison que de mad c Marguerite , seur du Roy, durant l'année de ce compte commençant 
et finissant comme dessus, qui est Assavoir lxxvj'" livres tournois pour la despence de lad. 
Chambre aux deniers , rj m vmj c xxj livres xnj s. mj den. tournois pour la passe d'icelle Chambre 
aux deniers et nj c lx livres pour les livrées de madame Duperon, l'une des dames de la 
Royne qui ne sont comprinses es escroues faictes et signées pour la despence de ladicte 
Chambre aux deniers, le tout revenant à lad. prem e som c de Soixante dix neuf mil neuf 

(1) Les escroues étaient des fiches de parchemin soie, et chaque mois elles étaient relevées et con- 

sur lesquelles on inscrivait chaque jour les dépenses, trôlées sur le compte au vray de la maison de la 

et qui devaient être signées par les personnes ins- Reine. C'est là sans doute l'origine du mot écrou 

crites; on les attachait a\ec un lacet de fil ou de encore employé dans les greffes des prisons. 



APPENDICES. 231 

cens quatre vingtz ung livres douze solz et huict deniers obolle picte tournois. Pour ce 
cy en recepte lxxix'" ij c iiij"j 1. xij s. vnj d. ob. p. tz. etc. 

Et en dépense, même registre, fol. lvij* v°, se lit : 

Deniers payez par ced. Trésorier pour lesdroietz et Livrées d'aucunes personnes lesquelz 
n'ont esté comprins es escroues de lad. Chambre aux deniers, et ce suyvant la Recepte 
faicte par ced. Trésorier pour cest effect et portée par Testât gênerai de lad. dame. 

A dame Marie de Pierrevive, dame du Peron et d'Ermentieres (m'c), La somme de 
Trois cens soixante livres tournois à elle ordonnée par lad. dame, Rendue sur le compte 
prochain précèdent que recepte cy devant faicte pour cest effect, Laquelle somme lui a esté 
payée comme par sa quictance cy rendue appert. Pour ce cy la somme de . . . . iij c lx I. tz. 

Dans le registre KK 1 18, au fol. xxx v°, on trouve au compte de l'argenterie de Tannée 1 556 : 

A Mathurin Lussanet, orfèvre, Trois mil douze livres dix solz dix deniers tournoiz (pour 

deux mirouers faitz en table de Moyse^), etc en vertu de Tordonn. de madame du 

Peron, gouvernante de Monseigneur d'Orléans. 

Plus bas : 

A Jean Baptiste Gondy Quatre vingts seize liv. tourn. 

Madame du Perron mourut en 1 57^, âgée de soixante et <|uinze ans environ, puisque, d'après 
le P. Anselme elle s'était mariée en 1 5 1 6. Cette même année 1576 et jusqu'en 1587, nous 
trouvons TEvêque de Paris surintendant des bâtiments du Louvre (Mss. de De Lamarre, t. CXXXI, 
fol. 10, Bibl. imp.). Madame du Perron avait cédé l'ordonnancement des payements des travaux 
du Palais à Pierre de Condi, le second de ses trois fds, alors évêque de Paris (1570); mais elle 
avait gardé la direction des travaux d'art et le soin d'acheter les terres ou maisons pour l'achè- 
vement du Palais. Cet ensemble d'attributions était trop lourd pour son âge. 

Dans le même registre nous rencontrons les noms des dames préposées aux menues dépenses 
de l'argenterie et autres de l'intérieur de la Maison de la Reine. 

Il est question, au folio xlvj, de M lle du Goguier, dans un article curieux par les détails qu'il 
donne sur la manière de calculer à cette époque. 

A Lambert Hauteman orfèvre Quatre cens neuf livres sept solz trois den*. tz. 

Assavoir mj" xvij 1. ij s. vrj d. tz. pour ung marc deux onces d'argent à xvnj 1. x s. tz. le marc 
pour employer à faire nj c gectons aux armes et devises de lad. dame, qui ont servi durant la 
présente année à Messire de Nevers (2) et contrerolT de lad. argenterye et à Mademoiselle du 

(l) C'est-à-dire montés sur charnières et pouvant Dans le registre coté KK 1 1 3 des Archives de 

se plier en se fermant comme un dyptique. l'Empire, années i55a à i555, on trouve cette 

m rr Messire Jacques Spifane, évesque de Nevers, mention : 

ci-conseiller et superintendant des maisons, domaine irM" Raoul Spifane, Iresaurier et paieur de la 

tel finances de la Roy ne, » inscrit pour une somme rrcompagnie des Cent geiitilzhommes de riiostel 

de et Trois cens quatre vingts dix neuf livres dix «du Roy, sous la charge et administration de Mes- 

ff huict solz huict deniers tournoys,» au compte de rsire Claude Gonfiier, chevalier de l'Ordre, grand 

dépense de M" e du Goguier, durant les mois d'avril , rr escuier de France , seigneur de Boisy, leur cappi- 

mai et juin i558. (Bibl. imp. mss. FR 10.396.) -tayne.i 



232 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Goguicr à calculler les despenses d'icelle. — lxvij s. vj d. tz. pour ung cachet d'argent à manche 
d'yvoire pour servir à M e de Nevers à cacheter lettres de lad. dame. — vij 1. x s. tz. pour ung 
aultre grand cachet baillé aud. s r de Nevers pour sceller lettres. — lxv s. tz. pour la façon. — 
vjl.xvnj. s. tz. pour la peine du graveur qui les a gravez. — vijl. x s.tz. pour ung aultre grand 
cachet d'argent aux armes et devises de lad. dame, poisant troys marcs six groz. — lxv s. tz. 
pour la façon. — vj 1. xvnj s. tz. pour la peine du graveur qui l'a gravé, etc. 

Plus bas, même folio : 

A Madamoiselle du Gauguer [sic), l'une des damoiselles de chambre d'icelle dame, La 
somme de Quatre cens livres pour l'argenterye. 

Au-dessous : 

A Madamoiselle du Goguyer [sic), au controlle de l'argenterye, Quatre cens livres. 
Au clerc de lad. dam" e du Goguyer Cent livres tourn s . 

Et ce compte de l'Argenterie de la Reine se termine ainsi, au folio 58 : 

Somme des partyes contenues en ce présent roolle de la demie année finie le dernier 
jour de décembre dernier passé, Dix neuf mil Trois cens soixante douze livres dix neuf solz 
cinq deniers tournoiz. 

Somme totalle des partyes contenues es deux roolles cy dessus du faict de despence de 
l'Argenterye de la Roy ne et pour l'année entière finie le dernier jour de décembre der- 
nier passé, Vingt huict mil cent soixante sept livres trois solz sept deniers tournoiz. Faict et 
arresté au bureau de ladicte Argenterye tenu par nous Françoise de Bresse, dame d'hon- 
neur d'icelle dame, présent M e Helye de Odeau contrerolleur d'icelle Argenterye. A Villiers 
Costerestz, le dix huicf jour de may, L'an Mil cinq cens cinquante sept. (Signé en original) 
Francoyse de Bresse , de Odeau. 

Sur cette demoiselle du Goguier, voici ce que nous trouvons dans les registres originaux de 
la trésorerie de la reine Catherine (Bibl. imp. mss. FR 10896): 

Estât de la recepte faite par Claude de Beaune, dam' e du Goguier, l'une des dames de 
la Chambre de la Boyne, commise à la recepte gen' e et distribution des deniers mis es 
coffres de lad. Dame, Provenans tant du revenu ordinaire que extraordinaire des terres 
d'icelle dame que autrement, durant l'année commancant le premier jour de janvier 
Mil V e cinquante sept et finissant en décembre ensuivant Mil V e cinquante huict : 

En février 1 557, M° Helyas de Odeau, contrerolF de lad. dame (Catherine de Médicis). 

Nous donnons, comme exemple de la formule de validation employée par la Reine, celle 
apposée, avec sa signature originale, au bas du compte, avec le contre-seing de Fizes, conseiller. 

Somme toute xxxvij'" vj c lxj 1. vnj s. tz. 

Nous Caterine, par la Grâce de Dieu roine de France, Certifions à noz amez et feaulx 
les gens de noz comptes et tous autres qu'il appartiendra Que des deniers provenuz de 
nostre domaine tant ordinaire que extraordinaire de noz terres et seigneuries que autrement, 
en quelque manière que ce soit, il en a esté mis en noz coffres durant les mois de Janvier, 



APPENDICES. 233 

février et mars, Avril , may et juinjj derniers [tassez, que la somme de Trente sept mil six cens 
cinquante six livres huict solz tournoiz, Contenue en trois fueillelz de ce présent caier que 
nous avons faict arrcstcr et veriffier par les gens de nostre Conseil, Do laquelle somme de 
Trente sept mil six cens cinquante six livres huict solz tourn\ Nous voulons nostre chère et 
bien amée Claude de Bcaune dam lc du Goguier, l'une des dames de nostre chambre, Ayant 
la charge, garde et administration de nozd. coffres, estre tenue quitte et deschargée par 
les gens de nozd. comptes et partout ailleurs où il appartiendra sans aucune difficulté rap- 
portant la mise par le menu de lad. recepte et ces prosentes signées de nostre main. Car 
tel est nostre PLAism, nonobstant quelconques ordonnances et lettres à ce contraires. Faict 
à Nantheulh, le rpj'" c jour de juillet, l'an Mil cinq cens cinquante huict. (Signé en original) 
Caterine, (et plus bas) Fizes. 

Les mots en italique marquent ceux qui ont été ajoutés au moment de la signature. 
Les autres certificats de validation, au nombre de quatre, sont rédigés à peu près dans les 
mêmes termes, et nous jugeons inutile de les transcrire ici. 



XVI. 
JARDIN DES TUILERIES.— COMPTES DE LA FONTAINE (1571). 

(Voir p. 5o.) 

Ce compte est tiré du registre original de la Bibliothèque impériale coté FR 10899. Après 
une lacune dans le registre, au loi. 2 3 nouv. on trouve : 

Autre despence laicte par led. présent comptable (de Verdun) a cause des robinets de 
fonte de cuivre pour les descharges des thuiaulx de lad. fontaine. 

Paiement faict a cause desd. robinetz en vertu des ordonnances particullieres de Madame 
du Peron cy après rendues; 

A Roger Langlois, m e fondeur en sable, la somme de Cens livres tournoys a luy or- 
donnée par lad. dame Duperon (sic) en son ordonnance signée de sa main, le dernier 
jour de Décembre Mil V e soixante et dix, Sur et tant moings des ouvraiges des groz robinetz 
de cuivre qu'il a encommencez a faire et fera cy après pour mectre et aplicquer dedans les 
regards de maconnerye faietz pour les descharges et vuydanges des eaues de la fontaine 
que la Royne veult et entend faire conduire depuis le villaige de Sainct Cloud jusques aux 
bastimens et jardin du Pallais de Sa Majesté les le Louvre a Paris, suivant le marché de ce 
faict avecq luy ainsi qu'il est plus au long contenu et declairé en ladicte ordonnance, Par 
vertu de laquelle paiement a esté faict comptant audict Langlois, ainsi qu'il api. (appert) 
par sa quictance passée pardevant lesdicts Vassart et Yvert, notaires royaulx aud. Chastellet 
de Paris, led. dernier jour de Décembre Mil V e soixante et dix, escripte au bas de ladicte 
ord ce cy rendue. Pour ce cy en despence ladicte somme de cl. 

Aud. Langlois pareille somme de Cens livres tournoys a luy ordonnée par lad. Dame 
Duperon en son ordon" signée de sa main le huictiesme jour de janvier Mil V e soixante et 

h. 3o 



234 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

dix (sic) sur cl tant moings des ouvraiges des groz robinelz de cuivre qu'il a encommencez a 
faire, etc. (1) ... Par vertu de laquelle paiement a esté faict comptant aud. Langlois, ainsy 
qu'il appert par sa quictance passée pardevant lesd. Vassart et Yvert, notaires royaulx aud. 
Chastellet de Paris, led. huicliesme jour dud. mois de janvier oudict an Mil V e soixante 
et dix, escripte au bas de lad. ordonnance cy rendue. Pour ce cy en despence lad. somme 
de cl. 

Aud. Roger Langlois, cy devant nommé, pareille somme de Cens livres tournoys a luy 
ordonnée par lad. dame du Peron [sic) en son ord cc signée de sa main le quinziesme jour 
de janvier Mil V e soixante et dix (sic); et en oultre et par dessus les aultres sommes de de- 
niers par luy par cy devant receues sur et tant moings des ouvraiges des groz robinetz de 

cuivre qu'il a encommencez à faire et fera pour etc Par vertu de laquelle paiement 

a esté faict comptant aud. Langlois par led. présent comptable, ainsy qu'il appert par sa 
quictance passée pardevant lesd. Vassart et Yvert, notaires royaulx aud. Chastellet, ledict 
quinziesme jour du mois de janvier oudil an Mil V e soixante et dix cl. 

A icelluy Langlois, cy devant nommé, pareille somme de Cens livres tournoys a luy aussy 
ordonnée par lad. dame Duperon en son ordonnance signée de sa main du vingt deuxiesme 
jour de janvier Mil V e soixante et dix, sur et tant moings des ouvraiges des gros robinelz 

de cuivre qu'il a encommencez a faire et fera, etc Par vertu de laquelle paiement a 

esté faict comptant aud. Langlois par led. présent comptable, ainsy qu'il appert par sa 
quictance [tassée pardevant lesdicts Vassart et Yvert, notaires royaulx aud. Chastellet de 
Paris, ledict vingt deuxiesme jour de janvier oudict an Mil cinq cens soixante et dix, 
escripte au bas de ladicte ord cc cy rendue. Pour ce cy lad. somme de cl. 

Audict Roger Langlois, cy devant nommé, pareille somme de Cens livres tourn. a luy 
aussy ordonnée par lad. dame Duperon en son ordonnance signée de sa main le vingt 
sixiesme jour de .février Mil V e soixante et dix, sur et tant moings des ouvraiges des groz 

robinetz de cuivre qu'il a encommencez à faire et fera, etc Par vertu de laquelle 

ordonnance paiement a esté faict comptant aud. Langlois, ainsy qu'il appert par sa quic- 
tance signée de sa main, passée pardevant lesd. Vassart et Yvert, notaires royaulx aud. 
Chastellet, led. vingt sixiesme jour de février oud. an Mil V e soixante et dix, escripte au 
bas de lad. ordonnance cy rendue. Pour ce cy cl. 

Autre paiement faict pour lesd. robinetz, en vertu des certiffications dud. de Chaponay 
controlleur (sic) susd. et quictance passée pardevant lesd. notaires, attachées ausd. 1res, 
(lettres) de validation de lad. dame Royne mère du Roy. 

Audict Roger Langlois, cy devant nommé, la somme de Cens livres a luy ordonnée estre 
paiee suivant l'advis et cerliflication dud. Chaponay, contrerolleur des bastimens, en oultre 
et par dessus les aultres sommes de deniers par luy par cy devant receues sur et tant 
moings des ouvraiges des robinetz de cuivre qu'il a encommencez a faire et fera pour 
mectre et aplicquer dedans les regards de maconnerye faitz pour les descharges et vuy- 
danges des eaues de la fontaine que la Royne veult estre conduictes depuis Sainct Cloud 

(1) Nous croyons inutile de répéter chaque fois manier les manuscrits des comptes savent que les 

la même formule explicative des motifs de paye- copistes ont une orthographe parfois indécise; 

ment qui se trouve écrite tout au long dans le dans les corrections marginales elle esl plus régu- 

inanuscrit original. Ceux qui ont l'habitude de lière. 



APPENDICES. 235 

jusques aux bastimens et jardin du Pallais que sa Ma" ; faicl bastir les Le Louvre a Paris, 
suivant le marché de ce faict avecques luv ainsy qu'il es1 plus a plain desclairé* en la cer- 
tiffication dud. de Chaponay signée de sa main le cinquiesme jour de mars Mil V e soixante 

et dix (sic) et en l'ordonnance de iadicte dame du Peron non signée, Par vertu desquelles 
choses susd. et des lettres de validation de Lad. dame Royne mère du Hov attachées a lad. 
ordmr paiement a esté faict comptant aud. Langlois, ainsi qu'il appert par sa quictance 
passée pardevant lesd. Vassarl et Yvert, not c ' aud. Chastellet, ledicl cinquiesme jour de 
mars Mil V e soixante et dix, escripte au bas desd. ordonnance et certification c\ rendues. 
Pour ce cy en despence lad. somme de cl. 

Aud. Roger Langlois la somme de Deux cens livres tournoyz a luv aussy ordonnée eslre 
paiee suivant l'advis et certiiïication dud. Chaponav, contrerolleur susd. et ce oultre et par 
dessus les aultres sommes de deniers qu'il a par cv devant reccues sur et tant moings des 
ouvraiges des robinetz de cuivre qu'il a encomrnencez a faire et fera, etc. . . ainsy qu'il est 
plus a plain desclairé en la certilfication dud. de Chaponay signée de sa main le vingtiesme 
jour de mars Mil V e soixante et dix, et en l'ordonnance non signée par lad. dame du Peron, 
Par vertu desquelles eboses susdictes et des lettres de validation de lad. dame Royne merc 
du Roy attachées a lad. ord rc paiement a esté faict comptant aud. Langlois, ainsi qui] 
appert de sa quictance passée pardevant Yvert ledict vingtiesme jour de mars oudict an Mil 
V e soixante et dix. Pour ce cy lad. somme de ij' 1. 

A icelluy Langlois, cv devant nommé, la somme de Deux cens trente cinq liv. tz. a luy 
aussy ordonnée eslre paiee suivant l'advis et certification de Chaponav, contrerolleur susd. 
des bastimens, pour son parfaict et entier paiement de la somme de Douze cens trente 
cinq livres (ournovz, pour la quantité de Vingt cinq grandz robinetz de cuivre par luy 
faietz de neuf et livrez a la Royne pour faire dedans les regards et desebargeoirs de 
maçon 10 faietz pour les descharges des eaues et vuidanges des tuyaulx de la fontaine du 
Pallais de Sa Ma* 5 et pesans ensemble Trois mil quatre vingt sept livres et demye, qui 
est a raison de huict solz tournoys par chacune livre, selon et ainsi qu'il est plus au long 
contenu et desclairé en lad. ordonnance et certiflication dudict de Chaponay signée de sa 
main le vingt deuxiesme jour d'avril Mil V e soixante et dix et en l'ordonnance de lad. dame 
du Peron non signée, Par vertu desquelles choses susdictes et des lettres de validation de 
Iadicte Royne mère du Roy attachées a Iadicte ordonnance paiement a esté faict comptant 
audict Langlois, ainsy qu'il appert par sa quictance passée pardevant lesdicts Vassart et 
Yvert nof susdietz, led. vingtiesme jour dud. mois d'avril oud. an Mil V e soixante et dix, 
escripte au bas desd. certiffication et ordonnance cy rendues. Pour ce cy en despense lad. 
somme de n/xxxv I. 

Total des despences desd. robinetz de cuyvre m. xxxv I. t. (1) [sic). 

Au folio 29 (voir, p. 5o, la courte analyse donnée par M. Berty) : 

Autre despence faicte a Iadicte fontaine venant de Sainct Clou au jardin desdictes Thuil- 
leries, et ce en ensuvvant l'ordonnance dudict sieur Evesque de Paris. 

(1) La différence entre ce total au vrai de sous forme de rabais, que d'une erreur, qui n'est 
i,o35 livres et celui ei-dessus de 1,2 35 livres pro- guère possible après la vérification de la Chambre 
vient plutôt d'une réduction opérée en soldant , des Comptes. 

3o. 



236 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

A plusieurs (ouvriers) et mouvriers (sic) w qui ont besongné et travaillé de l'ordonnance 
dud. sieur Evesque de Paris a la réparation de la fonteine [sic) que ladicte dame Royne 
faict venir de sa maison de Sainct Clou en son Pallais et Jardin desdicles Thuilleries, tant 
a faire les tranchées des terres au dedans du parc du bois de Boulongne que aux jardins 
des Bonshommes et aultres lieux pour descouvrir les tuyaulx d'icelle fontaine pour con- 
gnoislre les faultes qui estoient csdicts tuyaulx a l'endroict des emboestemens d'iceulx par 
où l'eaue se perdoit, et pour iceulx remasticquer et restablir, et ce depuy le lundy dix- 
ncuf mc jour de juing Mil cinq cens soixante et dix jusques au sabmedy vingt et ung me jour 
d'octobre après ensuyvant oudict an, Pour faire lesquelles réparations lesdietz ouvriers et 
manouvriers ont besongné et travaillé durant ledict temps et fourny les drogues et ma- 
tieres a ce nécessaires pour les pris et ainsy qu'il est a plain contenu et desclairé par le 
menu en ung eslat desdietz fraiz contenant par le menu les noms et surnoms desdietz 
ouvriers et les pris et journées par eulx vacquees durant ledict temps, montans et revenans 
ensemble a la somme de Dix neuf cens vingt huict livres six deniers tournoiz, signé et cer- 
liffié en fin par Maistre Guillaume de Chaponay, controlleur [sic) gênerai des bastimens 
desdictes Thuilleries, Le vingt huictiesme jour d'octobre Mil cinq cens soixante et dix, en 
fin de laquelle certiffication est l'ordonnance dudict sieur Evesque de Paris signée de sa 
main ledict vingt huictiesme jour d'octobre oudict an cy rendu, et icelle dicte somme de 
Dix neuf cens vingt huict livres six deniers tournoiz payée et deslivree par le menu a chacun 
desdietz ouvriers, particulièrement par ledict de Verdun en la présence dudict de Chapo- 
nay, controlleur susdict, comme il est dict et desclairé par le menu en chacun article dudict 
cahier, Ainsi qu'il apert par sa certiffication signée de sa main en trentiesme jour dudict 
mois d'octobre oudict an Cinq cens soixante et dix, estant en fin de l'ordonnance dud. sieur 
Evesque de Paris. Pour ce cy par vertu des choses susdiclcs en despence ladicte somme. 

de xlx c xxvilj 1. vj d. tz. 

Somme de ce chappitre par soy xix'xxvij 1. vj d. tz. (Vérification.) 

XVII. 
COMPTES DE LA GROTTE ÉMAILLÉE DU JARDIN DES TUILERIES. 

(Voir p. 5o et 5i.) 

Nous donnons ici le compte des derniers payements faits aux frères Palissy pour la Grotte 
e'maillée du Jardin des Tuileries, tire' des folios 3i et suivants du Registre de la Bibliothèque 
impériale, coté FR 10899. Quoique M. Rerty en ait donné un extrait, nous y ajoutons la note 
marginale du vérificateur, qui nous paraît se référer au total qui devait se trouver à la fin du 
compte, et qui a disparu, à cause d'une lacune dans le registre. 

Autre despence faicte par cedict présent comptable a cause de la Grotte de terre esmaillee. 
Paiement faict a cause de lad. Grotte en vertu des Ordonnances particullieres de la dame 
du Peron. 

' Mouvriers pour manouvriers. 



APPENDICES. 237 

A Bernard, Nicolas et Mathurin Palissis, sculteurs en terre, La somme de Quatre cens 
livres tournoys a euh ordonnée par lad. dame du Peron en son ordonnance signée de sa 
main le vingt deuxiesme jour de janvier Mil cinq cens soixante et dix, sur et tant moings 
de la somme de Deux mil six cens livres tournoys pour tous les ouvraiges de terre cuicte 
esmaillee qui restoient a faire pour parfaire et parachever les quatre pons au pourtour de 
dedans de la grotte encommencee par la Royne en son Pallais a Paris, suivant le marché 
faict avecqeulx selon et ainsi qu'il est plus au long contenu et declairé en lad. ordonnance, 
Par vertu de laquelle paiement a esté faict comptant aus dessusd. àinsy qu'il apperl par 
leur quictance passée pardevant lesd. Vassart et Yvert, not" susd. le vingt deuxiesme jour 
de febvrier oud. an Mil cinq cens soixante et dix, escripte au bas de lad. ordonn™ cy 
rendue. Pour ce cy en despense lad. somme de mj r 1. tz. 

En marge de cet article est écrit par le vérificateur : 

Par ordonnance de lad. dame du Peron et quictances cy rendu (sic) et est le marché 
desd. Palissis rendu sur la qtee. pour la somme de vij" c xx 1. tourn. (,) vers la partye desd. 
paiem s et sonf paiees pardev 1 qui en fin du paiement les sommes par eulx receues leurs 
seront descomplees et rabattues. 

Ausd. Palissis cy dessus nommez pareille somme de Quatre cens livres tournz. a eulx 
aussi ordonnée par lad. dame du Peron, en son ordonnance signée de sa main le vingt 
sixiesme jour de febvrier Mil cinq cens soixante et dix, et ce oultre et par dessus les aultres 
sommes de deniers qu'ilz ont par cy devant receues sur et tant moings de la somme de Deux 
mil six cens livres tournz. pour tous les ouvraiges de terre cuicte esmaillee qui restent a 
faire pour parfaire et parachever les quatre pons au pourtour du dedans de la Grotte en- 
commencee pour la Royne en son pallais lez le Louvre a Paris, suivant le marché de ce faict 
avecq eulx ainsi qu'il est plus au long contenu et declairé en lad" ordonnance. Par vertu 
de laquelle paiement a esté faict comptant ainsi qu'il ap' (appert) par leur quictance passée 
pardevant lesditz Vassart et Yvert, notaires aud. Chastellet de Paris, led. vingt sixiesme 
jour de febvrier oud. an Mil cinq cens soixante et dix, escripte au bas desdictes ordon- 
nances cy rendues. Pour ce cy en despence lad. somme de mj c 1. Iz. 

Somme vuj" 1. (z. 

Autre paiement faict a cause de lad. Grotte en vertu de certiffication dud. de Chapponay 
[sic) ordon" non signée et quictance cy après rendues comme il s'ensuict : 

Ausdictz Bernard, Nicolas et Mathurin Palissis, cy devant nommez, la somme de Deux 
cens livres tournoiz a eulx ordonnée estre paiee, et en oultre et pardessus les aultres 
sommes de deniers qu'ils ont par cy devant receues sur et tant moings de la somme de Deux 
mil six cens livres tournoiz pour tous les ouvraiges de terre cuicte esmaillee qui restent 
a faire pour parfaire et parachever les quatre pons au pourtour du dedans de la Grotte 
encommencee par la Royne en son Pallais lez le Louvre a Paris, Et ce en ensuivant le 

(l) Il est à supposer que cette somme de de supplément. Nous avons cherché à compléter 
1^,020 livres tournois représente le prix total de cette lacune, mais il nous a été impossible de trou- 
la grotte, des ponts, etc. y compris les 2,600 livres ver plus que ce que nous donnons ici. 



238 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

marché de ce faict et passé avecq eulx selon et ainsi qu'il est plus au long contenu et 
declairé en l'ordonnance de lad. dame du 

(Ici une lacune, et au bas de la page se lit comme report : six.) 

Nous ferons remarquer que, toutes les fois que les ordonnances de M me du Perron ou de 
l'Evêque de Paris étaient signées, on les attachait aux comptes, sans qu'il fût nécessaire d'y 
joindre un certificat du contrôleur; mais que, si cette formalité n était pas remplie, il était fait 
un article à part de ces parties de payement, et, outre le certificat du contrôleur, on y devait 
ajouter une ordonnance de validation de la Reiue mère elle-même. C'était une marche suivie dans 
tous les comptes des diverses parties de la Trésorerie de la Reine. 



XVIII. 

JARDINS DES TUILERIES. — FÊTES DONNÉES DANS LES JARDINS. 

(Voir p. 53.) 

Nous trouvons dans le Registre original de la Rihliothèque impériale coté FR 10399, de 
l'année 1571, un compte de travaux de jardiniers faits pour préparer un théâtre où devait 
avoir lieu une fête. On lit au fol. kg : 

Autre despence faicte par led. présent Comptable (de Verdun) a cause des deniers par 
luy paiez aux jardiniers et manouvriers qui ont arraché les arbres et hayes qui estoient 
dedans le jardin delà Cocquille, en vertu des ordonnances de Mons r l'Evesque de Paris, 
intendant desd. bastimens, cy après rendues, Par vertu desquelles sera cy après faicte 
despense selon et ainsi qu'il s'ensuict : 

A plusieurs ouvriers et m;inouvriers jardiniers La somme de Cens dix neuf solz (ourn 5 a 
eulx ordonnée par led. sieur Evesque de Paris en son ordonnance signée de sa main le 
huictiesme jour d'octobre Mil cinq cens soixante et dix , pour avoir par eulx besongné et 
travaillé pour ladicte dame Royne, durant la sepmaine comm' le lundy second jour d'oc- 
tobre et finissant le samedy (su;) septiesme jour dud. mois d'octobre ensuivant, a arracher 
les arbres et hayes du jardin de la Cocquille, a costé du grand jardin du Pallais de Sa Ma- 
jesté, pour y faire ung Teatre au bout de la carrière, et dont les noms et surnoms sont a 
plain contenus et declairez en ung roolle en papier signé et cert. par led. de Chapponay, 
controlleur gênerai des bastimens dud. Pallais, le septiesme jour d'octobre Mil cinq cens 
soixante et dix, ainsy qu'il appert de lad. quictance passée pardevant lesd. Vassart et Yvert, 
notaires royaulx au Chastellet de Paris, le huictiesme jour d'octobre oud. an Mil cinq cens 
soixante et dix. Pour ce cy en despence lad. somme de cxix s. tz. 

A plusieurs manouvriers et jardiniers La somme de Cent seize solz tourn 5 a eulx aussy 
pareillement ordonnée par led. sieur Evesque de Paris en son ordonnance signée de sa 
main le quinziesme jour d'octobre Mil cinq cens soixante et dix, pour avoir par eulx be- 
songné et travaillé pour lad. dame Royne, durant la sepmaine comm 1 le lundy neufviesme 
jour d'octobre et finissant le samedy quatorziesme jour dud. mois ensuivant, a arracher 
les arbres et hayes du jardin de la Cocquille au bout de la carrière, a picquer chevaulx a 



APPENDICES. 239 

costé du grand jardin du Pallais de Sa Majesté, pour y faire ung Teatre, et dont les noms 
et surnoms sont a plain contenus et declairez (m ung roolle en papier signé cl certifié par 
led. de Chapponay, controlleur gênerai des bastimens dudict Pallais, le quatorziesme jour 
d'octobre Mil cinq cens soixante et dix, ainsy qu'il appert de lad. quictance passée par de- 
vant lesdietz Vassart et Yvert, notaires royaulx aud. Ghasteilet de Paris, le quinziesme jour 
dud. mois d'octobre oud. an Mil cinq cens soixante et dix. Pour ce cy en despense lad. 
somme de cxvj. s. tz. 

A plusieurs manouvriers et jardiniers La somme de Iluict livres tourn" à eulx pareille- 
ment ordonnée par led. sieur Evesque de Paris en son ordonnance signée de sa main le 
vingtiesme jour d'octobre Mil cinq cens soixante et dix, pour la sepmaine finie le samedj 
vingt et uniesme jour d'octobre Mil cinq cens soixante et dix, tant a arracher les arbres, 
bayes et aultres choses du jardin de la Cocquille appartenant à Sad. Ma 1 " assis au bout de 
la carrière, a picquer les chevaulx de son Pallais lez le Louvre a Paris, que a replanter lesd. 
arbres et faire une haye pour la closture dud. grand jardin dud. Pallais du costé du Rem- 
part, et dont les noms et surnoms sont a plain contenuz et declairez en ung roolle en papier 
signé et cerlifïié par ledict de Chapponay, cont' e " r gênerai des bastimens dud. Pallais, le 
vingtiesme jour d'octobre Mil cinq cens soixante et dix, ainsy qu'il appert de la quictance 
passée pardevant lesd. Vassart et Yvert, notaires royaulx audict Cbaslellet de Paris, le vingt 
deuxiesme jour dud. mois d'octobre oud. an Mil cinq cens soixante et dix. Pour ce cy en 
despence ladicte somme de vnj 1. Iz. 

Somme des deniers payez aux ouvriers qui ont besongné au jardin de la Cocquille .... 
xix 1. xvj s. tz. 

Dans un autre compte du même Comptable on trouve l'emploi fait des arbres arrachés dans 
le jardin de la Coquille et la désignation précise de l'endroit où ils se trouvaient, et où par 
conséquent fut établi le théâtre. 

A plusieurs ouvriers jardiniers qui ont besongné et travaillé audict grand jardin des- 
nommez en ung roolle en papier signé et certiffié par led. de Chaponay (sic), contrer 1 susd. 
le vingtiesme jour d'octobre Mil cinq cens soixante et dix, La somme de Sept livres quinze 
solz tournoiz a eulx ordonnée par led. sieur Evesque de Paris en son ordonn re signée de sa 
main le vingt buictiesme jour d'octobre Mil cinq cens soixante et dix, pour avoir faict la 
closture du grand jardin dud. Pallais de Sa Ma lé lez h Louvre a Paris, du bois yssu des 
arbres qui ont esté arrachez du jardin de la Cocquille joingnant le grand jardin, Ainsy 
qu'il est contenu et declairé plus au long en lad. certification dud. de Chaponay signée de 
sa main, Par vertu desquelles ordon rc et certiffîcation cy rendues paiement a esté faict 
comptant par led. comptable, ainsy qu'il appert de leur quictance passée pardevant lesd. 
Vassart et Yvert, notaires royaulx du Chastellet de Paris, le vingt huictiesme jour d'oc- 
tobre Mil cinq cens soixante et dix, escripte au bas desd. ordonn rc et cerlilT. Pour ce c\ en 
despence lad. somme de vij 1. xv s. tz 

A plusieurs ouvriers jardiniers qui ont besongné et travaillé aud. grand jardin dé- 
nommez en ung roolle en papier signé et certiflié par led. de Chaponay le unziesme jour 
de novembre Mil cinq cens soixante et dix, La somme de Six livres dix sept solz six deniers 
tournoiz a eulx ordonnée par led. sieur Evesque de Paris le unziesme jour de novembre 



240 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Mil cinq cens soixante et dix par son ordonn cc signée de sa main, Pour avoir besongné et 
travaillé aud. grand jardin dud. Pallais de Sa Ma 1 ' lez le Louvre a Paris, pour le parachè- 
vement de la haye ([u'ilz ont encommencée a faire depuis le logis des Cloches jusques à la 
porte pour entrer dud. jardin en la Carrière du costé du faulxbourg de Sainct Honnoré, 
durant la sepmainc finye le dixiesme jour de novembre Mil cinq cens soixante et dix, Ainsy 
qu'il est plus au long contenu et declairé en lad. certiffication dud. de Chaponay, Par vertu 
desquelles ordonn™ et certiffication paiement a esté faict comptant par led. comptable, 
ainsy qu'il appert de leur quictance passée par devant lesd. Vassart et Yvert, notaires 
royaulx dud. ChasteUet de Paris, le douziesme jour dud. mois de novembre oudict an Mil 
cinq cens soixante et dix, escripte au bas de lad. ordonnance cy rendue. Pour ce cv en 

despence lad. somme de vj 1. xvij s. x d. tz. 

Somme mj" 1. xvij s. vj d. tz. 

Somme desd. payes aux ouvriers et manouvriers qui ont travaillé au jardin des Thuil- 
leiïes ix c lxxviiJ 1. xv s. vj d. tz. 

Il résulte de ces comptes que remplacement choisi pour ces sortes de fêtes se trouvait dans 
le jardin de la Coquille, tenant au jardin des Cloches et à la Carrière ou au Manège, du côté 
de la rue Saint-Honoré, hors du grand jardin, dont on le sépara par une haie dans le courant 
de novembre 1670. C'est donc la première fête que Catherine de Médicis donna dans son nou- 
veau Palais des Tuileries. Nous n'avons pas de détails sur ce théâtre et cette fête. 

Au reste, Catherine avait l'habitude de ces représentations théâtrales, dans lesquelles figu- 
raient des grands seigneurs et dames de sa maison, et dans les Comptes de l'argenterie de la 
Reine de 1 556 on trouve le détail très-curieu\ des vêtements qu'elle fit faire dans les pre- 
miers mois de cette année pour la tragédye représentée au château de Rlois. 

Lorsque, un an environ après la Saint-Barthélémy, les ambassadeurs de la diète de 
Pologne vinrent, au commencement d'août 1 5^ 3 (voir t. I, p. 92 : l'hôtel d'Anjou, rue 
des Poulies), offrir la couronne au duc d'Anjou depuis Henri III (1) , la Reine mère donna 
un magnifique ballet dans ce théâtre richement orné. Brantôme, dans ses Dames Illustres, 
dit de cette fête : «Comme aussi elle en fit une fort belle (dépense) à l'arrivée des Polonois 
«à Paris, qu'elle feslina fort superbement aux Tuileries' 21 ; et après, dans une grande salle 
«faicte à poste (exprès), et toute entourée d'une infinité de flambeaux (3) , elle leur représenta 



(l) Mémoires de V Estât de France sous Charles IX , 
1578, in-8°, t. III, p. 2. 

11 rr Ils furent, lit-on dans les Mémoires de l'Estat 
rde France (t. III, p. 2-3), magnifiquement reçus 
rret traités. La Reine mère, entr'autres, leur fit 
"im banquet aux Tuileries, avec des appareils de 
trgrands Irais de rochers, théâtres, salles et toutes 
^sortes de passe-temps, descrits en vers latins par 
nJean Dorât, poëtedu Roy et imprimez a Paris." 

M. Éd. Fournier a pu retrouver ce livret très 
curieux de Jean Dorât : Magnijicentissimi Spectaculi 
a Regina regum matre in hortis suburbanis editi , in 
Ilenriciregis Poloniw invictissimi nuper rcnunciati gra- 
tulationem, Descrij/lio. Io. Auralo, Poêla Regio, Auc- 



tore. Parisiis , ex ofiîcina Frederici Morelli Typogra- 
phi Regii, m.d.lxxui, cum privilegio régis, in-6°. 

fS) La figure de cette salle, au moment du ballet 
et avec 'es seize danseuses , se trouve dans le livret 
latin de Dorât. Il avait parlé ainsi de celte construc- 
tion de verdure dans l'élégie préliminaire : 

Ecquis ajjris arces, palatia miscuit hortis? 

Regia quis sylvis atria pomiferis? 
Unde recens tectum virides subiere columnœ? 

Unde rudis sculptum sylva lacunar agit? 
Non mortalis opus struit haec monumenta iaboris : 

Numen inest aiiquot, quod struict ista, locis... 

Le banquel s'étail sans doute donné dans une 



ai» pi; M) ici: s. 



241 



«le plus beau ballet quy fust jamais faict au monde (si je |)iiis parler ainsi), lequel lut 
«composé des seize Dames et Damoiselles des mieux apprinses des siennes, qui comparurent 
«dans un grand roch tout argenté^ 1 ', où elles estoient assises dans des niches en forme 
«de nuées de tous costez. (les seize haines représentèrent les seize provinces de la France, 
«avecque une musique la plus mélodieuse qu'on eut scu voir; et après avoir laid dans ce 
«roch le tour de la salle par parade comme dans un camp, el après s'estre faicl voir ainsv, 
«elles vindrent toutes à descendre de ce roch, et s'eslant mises en forme d'un petit batail- 
«lon bizarrement inventé, les violons montant jusqu'à une trentaine, sonnans quasj un 
«air de guerre fort plaisant, elles vindrenl marcher sur l'air de ces violons, et par une 
«belle cadence, sans en sortir jamais, s'approcher et s'arrester au pardevant Leurs 
«Majestés, et puis après danser leur halle! si bizarrenienl inventé, el par tant de tours, 
«de retours et détours, d'entrelaceures et meslanges, affrontement e1 arrest, qu'aucune 
«danse jamais ne faillit se trouver à son tour ni à son rang : si bien que toul le monde 
«s'esbahil que,parmy une telle confusion, un lel désordre, jamais ne faillirent leursordres, 
«tant ces Dames avoient le jugement solide et la retentive bonne, et s'estoienl si bien 
«apprinses. Et dura ce ballet bizarre pour le moins une heure, lequel estant achevé, toutes 
«les Dames représentant lesdictés seize provinces que j'ay dictes , vindrent à présenter au 
«Roy, à la Reyne, au Roy de Polongne, à Monsieur son frère, et au Roy et Reyne de \a- 
« varre, et autres grands et de France et dePolongne, chascunc à chascun une plaque toute 
«d'or, grande comme la paulme de la main, bien esmaillée et gentiement en ouvre, où 
«estoient gravés les l'ruietz et singularités de chaque province, en quoy elle estoit plus fer- 
«tile (2) , comme en la Provence des citrons et oranges, en la Champagne des bleds' 1 , en 
«la Bourgongne des vins, en la Guyenne des gens de guerre, grand honneur certes celuy- 
«là pour la Guyenne; et ainsy consécutivement de foutes les autres provinces. m (Com- 
munication de M. Ed. Fournier.) 

C'est à peu près à cette époque (voir p. 5a) que la Reine mère commença à abandonner le 
projet d'achever les Tuileries; niais les jardins étaient bien avancés, le mur de clôture terminé; 
il n'y avait que le rempart qui permettait de voir dans le jardin; mais à cette époque on ne 
pouvait dominer de ce rempart, qui coupait le terrain entre le Louvre et les Tuileries, que les 
jardins du côté oriental, tandis que le grand jardin se trouvait sur la face occidentale vers les 
champs de la Culture-l'Evèque et Chaillot. C'est dans cette partie, et non dans le petit jardin. 



autre salle aussi faite exprès. Sauvai, après avoir 
parlé des fêles du duc de Joyeuse en i58i, ajoute 
(t. II, p. 68i() : «-Aux Tuileries ces pavillons de bois 
it couverts d'ardoises, qu'on voit encore ça el là. 
'•sont (les restes d'une galerie qui fui faite exprès.» 
Sauvai peut se tromper. Pour les noces de Joyeuse 
rien ne se fil aux Tuileries : le tournoi se donna. 
suivant l'Esloille, ren la belle et grande lice drcs- 
crsee et baslic au Jardin du Louvre:- el le ballet 
comique de la Heine se dansa dans la salle du Petit- 
Bourbon. Si les pavillons dont il parle sont le reste 
d'une galerie de fête, celle galerie doit être, à notre 



avis, celle qui lut dressée pour les réjouissances en 
l'honneur des ambassadeurs de Pologne, les plus 
magnifiques sans contredit que l<' parc 'les Tuile- 
ries ait vues du temps de Catherine. (Communi- 
cation de M. Éd. Fournier.) 

1J La figure de ce rocher se trouve dans le Livret 
de Dorai. 

h Chaque plaque, surmontée d'un distique la- 
lin, est figurée dans le Livret. 

Brantôme , exact pour le reste, se trompe ici : 
c'est la province du Nord. Be^«ca,quia une gerbe de 
blé pour attribut; la Champagne n'a qu'un lévrier. 

3i 



2/r2 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

que se trouvait lo Dedalus, dessiné sur le plan de Du Cerceau, et qui e'tait formé de palissades 
de toutes espèces d'arbustes propres à former une sorte de muraille impénétrable aux regards. 
C'est de ce Dedalus que le poêle Guillaume du Peyrat, dans un des sonnets de ses Essais poétiques, 
disait en i5o,3 : 

Verdoyant labyrinthe, honneur de Ce pourpris, 
De ce pourpris royal, le jardin de Cybèle, 
Où ses enfans, nos rois, sur la saison nouvelle ( 
A mille passe-temps esbattoient leurs esprits. 

On dit que ce fut aux Tuileries, dans les jardins, que le complot de la Saint-Barthélémy 
(23-ai août 1572) se trama d'abord entre Catherine et le duc d'Anjou, loin duroi Charles IX, 
qu'on laissait dans le Louvre, et puis enfin avec le Roi lui-même' 1 '. Quand, après le coup d'ar- 
quebuse tiré sur Coligny , les chefs huguenots vinrent au matin demander justice à la Reine mère, 
elle était déjà dans le jardin des Tuileries. Sur V après-dîner, quand il fallut tout résoudre, elle 
revint aux Tuileries encore, et cette fois, non-seulement avec le duc d'Anjou, mais avec le 
Roi'- 1 , Gonzague, Tavannes et le comte de Retz. (Communication de M. Ed. Fournier.) 

On attribua à diverses causes la détermination de Calberine d'abandonner les Tuileries : ce ne 
pouvait être le manque d'argent, puisqu'elle entreprit ensuite l'hôtel de Nesle ou d'Orléans vers 
Saiut-Eustache et diverses autres maisons et châteaux (voy. p. 62, note). Loys Guyon, plus 
indulgent que Mézeray , dit que Catherine se départit de ses grands projets pour la construction 
dos Tuileries par humilité et repentance : tt Lorsqu'elle esloit régente, écrit-il, combien que fust 
- pourveue d'un bon jugement et dame d'honneur, si est-ce qu'elle se laissa persuader à certains 
•■flatteurs de Cour que pour rendre sa mémoire à la postérité éternelle, devoit édiffier quelque 
-beau palays, à quoy elle acquiesça avec beaucoup de longues persuasions : mais elle n'eut 
•jamais veue la seconde partie de son bastiment hors de terre, qu'elle se repentit, disant qu'elle 
«■ recongnoissoit bien que c'estoit une vraie et pure vanité de s'immortaliser par des monumens 

-caducs et subjects à ruine dans peu d'années, et laissa cette entreprise b (Diverses 

leçons, iGoi, in-12, p. 708-707.) 

Il est certain que Catherine de Médicis avait une confiance aveugle dans les astrologues el 
devins de toute espèce; cependant nous pensons qu'elle n'avait point la superstition des jours ou 
des dates néfastes, comme les i3 du mois et les vendredis. Nous avons eu en main les noies 
journalières de ses changements de résidence et de ses voyages pendant plusieurs années, el 
l'on peut y faire la remarque que bien souvent elle se mettait en mouvement ces jours-là. Quant 
à ce que dit Loys Guyon, il suffit de lire les comptes des bâtiments de la Reine mère après 
l'abandon des Tuileries pour se convaincre de la gratuité de cette supposition. 

Henri III n'était point un bâtisseur, mais il entretint les Tuileries et ne laissa point de conti- 
nuer lentement la Galerie du bord de l'eau. 

ffLeRoy, dit Lippomano' 3 ', n'aime pas à bastir; d'abord les guerres luyont trop couslé, puis 
-il aime mieux prodiguer l'argent à ses serviteurs, afin qu'ils bastissent eux-mesmes.B 

C'est lui qui fit revivre les lettres patentes de Charles IX, relatives aux Restes des Comptes, 
qu'il appliqua (i5 mai 1678) exclusivement aux travaux des Tuileries; mais alors Catherine 
les avait abandonnés, et employait ses ressources à d'autres édifices. Henri III embellit et aug- 
menta médiocrement le parc et le palais des Tuileries, mais il ne les abandonna point. Hobéis- 

\hmoires de Tavannes, collection Pelilol, i' c sé- t. I, feuillet io3. Les mémoires du temps ne sont 
rie, t. XXV, |). 296. pas tous d'accord sur ces détails. 

;) Mémoires de l'Estat de France sous Charles IX , {3) Relat. des Ambassadeurs Vénitiens , t. II , p. 58 1 . 



APPENDICES. 243 

sait, malgré ses embarras, à la préoccupation évidente que les derniers Valois, et Henri IV lui- 
même, eurent de communiquer sûrement (lu Louvre aux Tuileries, en cas d'émeute sérieuse. Le 
roi se trouva bien de celle précaution, lorsqu'au mois de mai 1 588, assiégé par l'émeute, serré 
de près dans le Louvre, où on voulait le pendre et hier ses conseillers sous ses \eux" ', il n'eut 
de refuge (pie dans les Tuileries, pour tenir conseil pendant quelques jours encore' 2 ', et s'éloi- 
gner enfin sans être inquiété de trop près' 3 '. Ce fut dans l'Ecurie des Tuileries qu'il pul monter 
à cheval, cl que sa suite s'empara, comme elle put, des chevaux qui s'y trouvaient. 

L'époque de la Ligue, surtout au moment du siège de Paris par Henri IV, fut désastreuse 
pour le palais et pour le jardin des Tuileries, qui, placés hors des murs se trouvaient exposés 
sans défense à toutes les attaques. Aucun historien, pas même Lestoile, n'a parlé des ravages 
dont ils eurent à souffrir, mais on les connaît par une intéressante Elégie de Guillaume du Peyrat, 
qui, pour cette lacune de l'histoire, se trouve être un excellent chroniqueur, en ne voulant être 
qu'un poêle (l) . Il dit : 

U (Uiamps-Elysiens, terrestre paradis, 

Tluiilerics , séjour do ma Muse jadis! ... 

Lieux de moy tant aymez, berceau de mon enfance, 

Où, partant de Lyon, le lieu de ma naissance, 

J'arrivay tendrelet, las! que je fus transy 

De vous voir l'autre jour Thuilerics ainsy, 

Comme un pauvre cercueil, tristes, passées, défaites, 

De vous voir en Testât où maintenant vous estes; 

La plus part de l'armée esloit dans les fauxbourgs, 

Et dedans vostre encloz tout estoit à rebours; 

On n'y voyoit partout que mainte barricade, 

On n'y oyoit siffler que mainte canonnade; 

Mille et mille soldards d'un desbord furieux 

Ravageoient à l'envy ce lieu délicieux; 

L'un y rompoit un buis, l'autre coupoit un arbre, 

Et l'autre en desroboit tout le jaspe et le marbre. 

Je m'escriay soubdain : «Compaignons, mes amis, 

«Arrestez-vous tout beau, il ne vous est permis 

«Dans ce jardin royal de faire aucun ravage: 

«Dessus nos ennemis desployez vostre orage..." 

Mais quoy, je les allois, las! en vain conseillai)! , 

Le snldard de nature est toujours insolent. 

(Communicalion de M. Ed. Fournicr.) 

Procez-verbal d'un nommé Nicolas Poulain, mai 1 853; Revue rétrospective, janvier 1 835, p. §7. 

Lieutenant de la Prévosté de l'hle de France, dans ()) Archives curieuses, i rc série, t. XI, p. 35q, 

les Archives curieuses, 1" série, t. XI, p. 3 1 G. (4) Guillaume du Peyrat, gentilhomme lyonnois, 

l) Mémoires sur l'histoire de France, collection Essais poétiques, Tours, Jamel- Met tayer. i5q3. 

Petitot, 1" série. I. XX. p. 210. — Les Barricades , petit in-12. Elégie XF. 



■U. 



2àà TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

XIX. 
FINANCES DE CATHERINE DE MÉDICIS. 

(Voir p. 53.) 

Nous avons donne (Appendice XI) le Compte des Restes cédés parle Roi à la Reine, sa mère, 
et spécialement destinés à l'achèvement du Palais des Tuileries. Nous avons vu que, par l'arran- 
gement intervenu, la Reine mère put réaliser immédiatement des sommes importantes, sans 
attendre le recouvrement des créances douteuses et en tout cas difficiles. Charles IX étant mort peu 
après la Saint-Barthélémy (167/1), Henri III monta sur le trône et n'osa pas plus que ses frères 
résister aux volontés de sa mère : ce fut toujours elle qui gouverna à son gré, et l'on en voit la 
preuve dans le voyage qu'elle fit, à la fin de 1678 et durant les premiers mois de 1579, dans 
les provinces du Midi, pour apaiser et comprimer les soulèvements excités par les huguenots. 
Elle y voyagea à grands frais, et nous avons les comptes des dépenses de sa Chambre aux deniers. 
Nous savons aussi comment, en l'absence de fonds d'Etat, elle emprunta elle-même une somme 
considérable. Nous croyons bon de mettre ici la copie littérale du registre de 1579 (Archives 
de l'Empire, Trésorerie de la Royne mère du Roy, KK 1 1 5 , au folio 87) : 

Aitre recepte faicte par led. Marcel (Claude), présent Trésorier et receveur gênerai, par 
vertu d'un mandement portant quictance du Trésorier de l'Espargne (du Roi), pour les causes 
et ainsy qu'il sera cy après déclaré. 

Est a noter que la Royne mère du Roy estant a Chenonceau au moys de may Mil cinq 
cens soixante dix sept feist et passa certain contract avec André Rhuis filz et procureur 
d'André Rhuis son père , pour raison de la continuation de la ferme de la Prevosté de Nantes , 
Par lequel entre autres choses elle accorda prendre en payement dudict Rhuis sur le con- 
tenu aud. contract La somme de Cinquante ung mil cinq cens livres qui esloit deue audict 
Rhuis père pour advance par luy faicte a rentrctencnient des galleres de Sa Maiesté, a 
cesd. lins debvoit ledict Rhuis mectre es mains de ladicte dame toutes les seuretez qui luy 
avoient esté faictes et baillées par ledict seigneur Roy pour le payement d'icclle somme 
avec sa quictance, afin que icelle dame s'en peust faire paier ou assigner par icelluy sei- 
gneur. Pour ce quov satisfaire par ledict Rhuis auroit faict veriffier ladicte vente et les 
pièces justifficatives d'icclle pour garder l'ordre des finances dudict seigneur Roy mises 
es mains du Trésorier de la Marine M — Seure, Lequel moyennant icelles auroit fourny 
audict Rhuis son blanc ou quictance servant a l'acquit du Trésorier de l'espargnc, montant 
Dix sept mil huict cens trente troys escus vingt solz tournoys, y compris Six cens soixante 
six escus deux tiers pour les taxations dudict Seure, par ung mandement du Trésorier de 
l'espargnc M Clavel Gavrault d'où XlIII e juing Mil cinq cens soixante dix huict, el adressé 
a M" Phlep (Philippe) de Castille sur la nouvelle deyme (dîme) et demie qui debvoit estre 
levé en ladicte année, niais d'aultant que les deniers n'en estoient si tost espérez et esloit 
d'ailleurs ladicte Dame pressée de trouver argent pour subvenir aux despences du Voiage 
qu'elle comnienç;i faire en ladicte anne 1 Mil cinq cens soixante dix huit pour l'establisse- 
ment de la paix es pais de Guyenne, Languedoc, Provence et Dauphiné. Elle empruncta 



APPENDICES. -2^5 

pareille somme de Cinquante ungmil cinq cens livres du feu Jehan Bap lc de Gondv, el pour 
seureté d'icelle luy fut baillé el mis en ses mains lediel mandement de w ij'"viij r \\\nj esc. 
xxj s. ts. A la charge que ou il recevroit d'icelle somme entière il fourniroit audict Trésorier 
Seure lesd. vj c lxvj esc. ij ts. pour ses taxations. Mais ou lediel Gondy ne recevroit lesd. 
LJ™ 1. (s. En vertu dudict mandement la dicte Dame promist el lui accorda les luy paier 
ainsy qu'il est contenu au Contract de ce faict et passé pardevanl Camus etDevelz, notaires 
au Chastellet de Paris, au vingt sixiesme jour de Juing Mil cinq cens soixante dix huict. 
Or, estant depuis advenu que ledict Sr. Roy pour certaines considérations auroyt revocqué 
la levée de ladicle deyme et demye, Par le moyen de quoy l'assignation dudict mandement 
demeureroit inutile aud. Gondy, Elle auroit esté chargée et commuée sur les deniers de 
l'allienation du vingtiesme partye (sic) de la Taille en la generallité de Champagne, dont 
furent expédiées Lettres d'attache en acquilz patens de sa Maiesté en vertu desquels a esté 
faict la Recepte qui ensuict. 

De M e Pierre Molan, con er du Roy et Trésorier de son Espargne, La somme de Dix sept mil 
huict cens trente trois escus vingt solz tournons sur ung mandement signé de sa main en 
dacte du neufviesme jour de Janvier Mil cinq cens soixante dix neuf, adressant à M' Loys 
Rochereau, aussy conseiller dudict Sr. et receveur gênerai de ses finances eslahli a Chaa- 
lons, par lequel, en accomplissant le contenu es lettres patentes dudict Sr. données a Paris 
lehuictiesme jour de décembre M. V e soixante dix huict, Luy est mandé que des deniers de 
sa charge provenans de la vente allienation de la vingtiesme partie de la Taille de ce qui 
esfoit paiable tant en ladicle année Mil cinq cens soixante dix huict que cinq cens soixante 
dix neuf II ayt a paier et délivrer comptant à M 1 ' Thomas Seure, aussy conseiller dudict 
Sr. et Trésorier gênerai de la Marine, et levant ladicle somme de Dix sept mil huict cens 
trente trois escuz vingt solz tournovs, Pour et au lieu de pareille somme dont il avoil en 
ladicte année Mil cinq cens soixante dix huict esté assigné sur la nouvelle deyme et demye 
que Sa Maiesté avoit faict demander aux Prelatz et Gens d'église de son royaume, de 
laquelle assignation ledict de Seure n'a peu recouvrer aucune chose, au moyen de quoj 
sadicte Maiesté a voullu et ordonné qu'il en soyl satifaict des deniers susd. pour en .rem- 
bourser ledict S r André Rhuis de semblable somme qu'il auroit cy devant fournye des 
deniers de la Prcvosté de Nante appartenant à ladicte Dame Royne qui en auroit voullu 
faire prest au Roy pour aider a faire vivre et entretenir ses galleres en Bretaigne, En vertu 
duquel mandement et des lettres patentes sur icelles esmanees données a Paris le quin- 
ziesme jour de Janvier Mil cinq cens soixante et dix neuf Led. Rochereau auroit seullement 
paie et acquicté sur icelluy mandement que la somme de Dix mil escus sol. Asscavoir, le 
vingt deuxiesme jour de Janvier Mil cinq cens soixante dix neuf. Cinq mil escus. et le 
treiziesme jour de febvrier ensuivant oud. an, pareille somme de v" 1 esc. Pour ce <\ la 
recepte \ " esc. 

Et au regard de la somme de Sept mil huict cens trente trois escus vingt solz tournoys 
faisant le reste de parfaict paiement de la dicte somme de x\ij'"viij'' xxxuj esc. \\ s. Is. con- 
tenue audict mandement, led. Marcel présent trésorier et receveur gênerai n'en a receu 
aucune chose pour les causes contenues en la reprinse qui en sera faicte cy après. Pour 
ce cy ladicte somme de vij'"viij r x\xnj esc. x\ s. Is. 



246 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

«Somme des deniers receuz en partie dud. mandement du Trésorier de l'Espargne, 
\vij'"viij'\xxiij esc. j trs. 

«Somme totale de la Recepte de ce compte xx ung m iiij c iinj"xiiij esc. vnj s. inj d. ts. 

« Ron par correction. 15 

On trouve dans le registre de la même anne'e 1579, au Compte des domaines de la Reine 
mère et sous le titre: Domaine baillé a ladictc dame Royne pour son dot: 

PncvosTK de Nantes. — Ports, havres, brieufz, traictes de bestes vives. — Affermé à 
André Rhuis Quatre cens huict mil deux cens livres tournoys — assigné en remboursement 
d'un prest pour le voiage du Guyenne et Languedoc. 



XX. 

MAISON DE LA RIE DES POULIES APPARTENANT À CATHERINE DE MÉDICIS. 

(Voir t. I.) 

Extrait des Comptes de M" e Claude de Reaune , dam le du Goguier, de Janvier 1557a décembre 
1 558 (sic). (Ribl. imp. mss. Fr. 10876.) 

A M rc Jehan de Neufville S r de Chantelou, la somme de Neuf mille livres tz. en quinze 
cens escuz sol. sept cens escuz pistoletz, deux cens trente trois ducatz testons et douzains, 
A luy ordonnez par la roine pour son payement d'une Maison assise à Paris rue des Pouhjes, 
près et joignant celle de lad. Dame et du S r de Villeroy, qu'il a vendue à icelle dame 
comme par le Contract de Vendition passé pardevant Du Nesmes et Le Jarry, notaires ou 
Chlet. (Cltastekt) de Paris, le tiers jourdemay, suivant ordonnance de lad. Damecy rendue, 
appert ix m 1. tz. 

Cette mention se trouve au fol. 38 v° nouv. et au fol. Zio nouv. on lit : 

A Jacques Passavant, Martin des Fossez et Denys Gibert, maçon, charpentier et cou- 
\rcur, demeurans à Paris, La somme de Sept livres quatre solz tz. A eulx ordonnée par 
la Royne dont elle leur a fait don afïin qu'ilz eussent meilleur couraige de besongner 
jour et nuict chacun en son endroict en la maison de lad. Dame, rue des Poullies, A cause 
qu'elle y vouloit faire loger messieurs d'Orléans, d'Angou (sic), le sire d'Anjou de Madame 
Marguerite. Cy par des quiet" vij 1. mj s. tz. 

Cette somme leur était donnée en pur don, car nous trouvons au fol. \h du registre de Jan- 
vier i557 : 

Ledict jour (a5 janvier) à Martin Des Fossez, m e charpentier a Paris, La somme de 
Soixante six livres tz. A luy ordonnée pour son payement des parties de son estât de répa- 
rations par luy faictes pour le service de la Royne en sa maison assise à Paris, rue des Pou- 
lies, près Villeroy, Comme par cesd. partyes et par la quictance dud. Des Fossez, du XV e jan- 
vier, cy appert lxvj 1. tz. 

A Jacques Passavant, m e maçon à Paris, La somme de Cinquante livres douze solz six 



APPENDICES. 247 

deniers tourn. A luy ordonnée |iour son payement des réparations par lu\ l'aides en la 
maison de lad. Dame, Comme par ses partyes et quictance dud. vingt cinquiesme jour de 

janvier appert, cy i. I. \ij s. \j d. Iz. 

A Jehan Arnoul, menuisier, La somme de Trente et une livres sept (sic) solz tourn. 
A luy semblablement ordonnée pour son payement des partyes de son estai par lu\ l'aides 
et fournyes en la maison de lad. Dame, comme par sond. estât et quiet, du quinziesme 
jour de janvier appert, cy xwj 1. \vj s. Iz. (sic). 

Au loi. 18 v° et 19 : 

A Jacques Rousseau, m" victrier, demeurant a Paris, La somme de Quinze liv. tourn. 
A luy ordonnée pour son payement de certains ouvraiges de son mestier qu'il a faietz pour 
le service d'icelle Dame dans sa maison assise à Paris rue des Poulies, Comme plus an long 
est contenu et specillié par ses partyes, et qu'il appert par sa quictance du huictiesme joui' 
de mars M V e cinquante sept, cy \v 1. Iz. 

A Pierre Revillox, m e serrurier, demeurant a Paris, La somme de Quatorze livres huid 
solz huid deniers tourn. A luy ordonnée pour son payement des ouvraiges de son estât 
qu'il a faietz pour ladicte Dame en sa maison à Paris, Comme par ses partyes et sa quic- 
tance du neufvicsmc jour de mars oud. an appert, cy xmj 1. vnj s. vnj d. tz. 

A Jehan Rexout, m e menuisier à Paris, La somme de Qualrevingts douze livres tourn. 
A luy ordonnée pour pavement des partyes de son estât qu'il a faictes pour le service 
de lad. Dame en sa maison à Paris, Comme par sond. estât et sa quictance du neufviesme 
jour de mars appert, cy ini xx xij 1. tz. 

A Estienne Cuig.nebeuf, natier, demeurant à Paris' 11 , La somme de Trente livres huid 
solz tourn. A luy ordonnée pour le payement des ouvraiges de son mestier qu'il a fournys 
pour lad. Dame en sa maison a Paris , Comme plus au long par sond. estât et sa quic- 
tance du neufviesme jour de mars oudit an appert, cy \\\ 1. vnj s. Iz. 

A Gilles Chartier, demeurant à Paris, La somme de Cinquante livres tourn. A luv 
ordonnée pour pavement des ouvraiges de son mestier de couvreur qu'il a faietz pour lad. 
Dame en sa maison assise a Paris, Comme par son estât et sa quictance du huictiesme jour 
de mars Mil X e cinquante sept appert, cy L I. Iz. 

Nous ferons remarquer que les sommes payées à ces ouvriers et pour Tachât de la maison de 
la rue des Poulies, qui est souvent appelée la Petite maison de Paris, l'ayant de par le compte 
particulier de la dame comptable des deniers prins es coffres de sa chambre, tant pour lefaict de son 
argenterie, etc. il est évident que cette propriété n'était pas régie par les règles ordinaires de la 
comptabilité' de la maison de la Reine mère. 

Pour donner une idée de la manière dont Catherine en usait pour les comptes de deniers de 
cette caisse particulière, nous donnons la copie littérale d'une partie, placée au fol. i3 v°, des 
espères comptées es mains de la Reine par la d" e du Goguier. 



Janvier Mil cinq cens cinquante sept. 
Deniers mis es mains de la Roine durant le mois de janvier. 
Ce Guignebeuf fournissait aussi pour le Louvre. 



248 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

Baillé et délivré comptantes mains de la Roine, durant le mois de janvier, la somme de 
Deux cens quarante neuf livres et douze solz tz. pour employer selon et ainsi qu'il a plu a 
lad. dame et don! elle n'a voulu autre déclaration ni spécification estre cy faicte, Comme 
appert par l'acquit signé de sa main le XII e février Mil V e cinquante sept, cy ap- 
pert lj c XLIxtt xij S. tz. 

Pour le mois de février (ut supra), cy ij c Lij++ vij s. yj d. tz. 

Pour le mois de mars (ut supra), cy xxxvnj tt ij s. tz. 

Somme totale v c XL tt j s. yj d. tz. 

Même registre, pour les mois d'avril, mai et juin 1 858 , au fol. 3a v°. 

A Jehan Arnoit, m c menuisier demeurant à Paris, La somme de Huict livres dix huict solz 
tournois, A luy ordonnée pour son payement dans unes tables garnies de leurs tréteaux 
qu'il a fournies et livrées pour servir a mectre et tendre les meubles de lad. dame en sa 
maison a Paris rue des Poulies, Comme par ses partyes et quictances rendues Appert, 
cy • viij tt xvnj s. tz. 

Dans le registre des Comptes de Féron, trésorier et receveur général de la Reine mère pour 
l'année 1 585 (Arch. de TEmp. KK 11G), au fol. 928 : 

Autres deniers payez par ledict Feron, présent Trésorier et receveur gênerai, aux ouvriers 
cy après nommez qui ont travaillé Pour la Royne mère du Roy, tant en son chasteau de 
Sainct Maur que en ses maisons de Paris et Hostel d'Orléans , pour leur entier et parfaict 
payement desouvraiges par eulx faicts es dietz lieux, selon la veriflicalion qui en a esté faicte 
par le commandement de sa Maiesté et estatz qui en ont esté arrestez a chacun desdietz 
ouvriers des l'année Mil cinq cens soixante dix huict, par le sieur Mole, gênerai des finances 
de lad. Dame, dont les parties ont esté tirées a néant a faulte de fonds ou compte que 
Maistre Claude Marcel conseiller, cy devant Trésorier et receveur gênerai desdictes finances, 
a rendu du faict des Bastimens d'icelle dame depuis l'année Mil cinq cens soixante seize 
jusques en fin de l'année Mil cinq cens soixante dix sept, Et ce en vertu d'un estât que ledict 
sieur Mole en a espedié audict Feron, en fin duquel est son ordonnance signée de sa main 
le dernier jour de décembre Mil cinq cens quatre vingtz cinq, contenant mandement audict 
Feron Pour paver lesd. ouvriers des sommes mentionnées audict estât y rendu ainsv qu'il 
s'ensuict : 



.M 



ACONNERIE. 



Aux héritiers de feu Laurens Joxgdet, Luy vivant m° maçon, La somme de Quarante 
deux escuz trente trois solz deux deniers tournoiz a eulx ordonnée par ledict estât cy-devanl 
rendu, pour reste et parfaict payement de la Somme de Soixante deux escuz trente trois 
solz deux deniers tourn. a eulx deue Pour ouvraiges de maconnerye par luy faietz en la 
maison de ladicte Dame durant les mois de juing et juillet Mil cinq cens soixante unze, 
selon la veriffication qui en a esté faicte par led. sieur Mole, transcripte audict compte, 
auquel la dicte partie est tirée a néant a faulte de fondz, folio ij c ij. En vertu duquel paie- 
ment a esté faict comptant par ce dict présent Trésorier et receveur gênerai a Jehannc de 
Berly, vefve dudict deffunct Jauquct (sic), Comme dud. pavement appert par la quictance 



APPENDICES. 249 

passée par devant Bergeon cl Lybault, notaires au Chastelet de Paris, en dacte du vingt 
sixiesmc jour de janvier Mil cinq cens quatre vingl six, n rendue. Pour ce cj lad. somme 
de xlij esc. xxxnj s. inj d. 1/ 

Charpente rie. 

A Charles Marchant et Guillaume Régnier, maistres charpentiers, La somme de Sept cens 

soixante treize escus vingt cinq solz tourn. A eulx ordonnée par led. estai cy devant rendu, 
pour reste et parfaict payement de la somme de L'nze cens soixante treize escus vingt cinq solz 
tourn. a eulx deue Pour reste des ouvraiges de charpenterie par eulx l'aiclz pour lad. Dame 
es lieux de Sainct Maur et Maison de Paris, depuis l'année Mil cinq cens soixante dixjusques 
en fin de l'année Mil cinq cens soixante seize, selon la vérification qui en a esté faicte 
par ledict sieur Mole, transcripte aud. compte, folio mj' xix, Auquel ladicte partie est tirée 
a néant a faillie de fondz, En vertu duquel ladicte première somme de vij c Lxxiij esc. x\\ s.tz. 
a esté payée comptant par led. présent Trésorier et receveur gênerai ausdietz Marchant et 
Regnyer, Comme duel, payement appert par quictance signée de leurs mains et passée par 
devant notaires du Chastelet de Paris en dacte du huictiesme jour de février Mil cinq cens 
quatre vingtz six, cy rendue. Pour ce cy lad. somme de. . . . vij c Lxxnj esc. xxv s. mj d. tz. 

Audit Charles Marchant La somme de Neuf vingtz trois escuz trente solz tournoiz A lin 
ordonnée par led. estât cy devant rendu, Pour reste et parfaict payement de la somme 
de Deux cens soixante treize escus trente solz tourn. qui luy estoit deue pour reste des 
ouvraiges de charpenterye par luy séparément faietz pour lad. Dame en sa maison de Paris 
durant l'année Mil cinq cens soixante dix sept, selon la veriffication qui en a esté faite par 
led. sieur Mole, transcripte aud. compte, auquel folio mj c xnj ladicte partie est tirée ;i 
néant a faulte de fondz, En vertu duquel payement a esté faict comptant par cedict présent 
trésorier et receveur gênerai de lad. première somme de ix" nj esc. xxx s. tz. audict Mar- 
chant, Comme dud. payement appert par quictance signée de sa main et passée par devant 
notaires du Chastelet de Paris, en dacte du huictiesme jour de febvrier Mil cinq cens quatre 
vingt six cy rendue. Pour ce cy lad. som e de ix" nj esc. xxx s. tz. 

Aux héritiers de feu Jehan Gaultier, Luy vivant maistre charpentier, la somme de 
Quarante escuz quarante cinq solz tourn. A eulx ordonnée par led. estât cy devant rendu. 
Pour reste et parfaict payement de la somme de soixante escuz quarante cinq solz tourn. 
qui leur estoit deue pour ouvraiges de charpentene, abbattaiges et démolitions par led. 
deffunct faictes en la Maison de lad. Dame a Paris, durant le mois de janvier mil cinq cens 
soixante dix sept, selon la veriffication qui en a esté faicte par ledict sieur Mole, trans- 
cripte aud. compte, auquel folio mj c lxj Lad. partie est tirée a néant a faulte de fondz, 
En vertu duquel lad. première somme de xl esc. xlv s. tz. a esté paice comptant par led. 
présent trésorier comptable a Pierre de Mars marchant, ou nom et comme avant le droicl 
par transport de Charlotte Cauchon, vefve dud. feu Jehan Gaultier, tant en son nom que 
comme tutrice et curatrice des enffans mineurs d'ans dud. deffunct et d'elle, Comme dudici 
payement appert par quictance signée de sa main et passée par devant notaires du Chastelet 
de Paris en dacte du dix neuf" 10 jour de janvier Mil cinq cens quatre vingtz six cy rendue. 
Pour ce cy ladicte somme de xl esc. xl\ s. tz. 



■6-2 



250 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



Men 



iUISERlE. 



\ux vefve et héritiers de feu Léon Sagonne et David Fournier, eulx vivans maistres 
menuisiers à Paris, La somme de Quatorze cens sept escuz trente huict solz six deniers 
tournoiz A eulx ordonnée par led. estât cy devant rendu pour reste et parfaict payement de 
Deux mil cent cinquante deux escuz trente huict solz sept deniers tourn. qui leur estoit 
deue pour ouvraiges par eulx faietz de leurs estatz es lieux de Sainct Maur et Maison de 
Paris depuis le unzieme jour de décembre Mil cinq cens soixante dix jusques au dernier 
dud. mois Mil cinq cens soixante dix sept, selon la veriiïication qui en a esté faicte par 
ledit sieur Mole, transcripte aud. compte, auquel folio mj c lxvij lad. partie est tirée a néant 
a faulte de fondz, En vertu duquel lad. première som c de xinj c vij esc. xxxvnj s. vij d. tz. a 
esté paiee comptant par ced. présent trésorier et receveur gênerai a Alexandre Guillemot, 
marchant bourgeois de Paris, tant en son nom que com e ayant les droietz ceddez de Nicolas 
Leseq son beau frère, Et encores coin e procureur de Jehan et Nicolas Guillemot ses frères, 
aussi marchans demeurans a Paris, tous enffans et héritiers de feue Jehanne de Vaulx leur 
mère vefve dud. feu Léon Sagoyne [sic), lad. de Vaulx donataire universelle d'icelluy 
Sagoyne, Et de Nicolas Moreau aussi, m" menuisier a Paris, et Ysabeau Gasteau sa femme, 
auparavant vefve dud. feu David Fournier, tant en leurs noms que comme tuteurs et cura- 
teurs des enffans mineurs d'ans d'iceluy Fournier et de lad. Gasteau, Comme dudict pave- 
ment appert par quictance signée de leurs mains et passée pardevant notaires du Chastelet 
de Paris en dacte du dix septiesme jour de janvier Mil cinq cens qualre vingtz six, cy 
rendue. Pour ce cy lad. som c de xmj c vij esc. xxxvnj s. vij d. tz. 

Serrurerie. 

A Mathurin Bon, m c serrurier a Paris, La somme de Mil quatre escuz deux solz huict de- 
niers tourn. A luy ordonnée par led. estât cy devant rendu, Pour reste et parfaict payement 
de la somme de Seize cens qualre escuz deux solz huict deniers tourn. A luy deue pour 
ouvraiges par luy faietz audict Saint Maur, Maison de Paris et Chappelle des Cappu- 
chins, depuis l'année Mil cinq cens soixante dix jusques en fin de l'année Mil cinq cens 
soixante dix sept, selon la veriffication qui en a esté faite par ledict sieur Mole, transcripte 
aud. compte, auquel folio v c lxix lad. partie est tirée a néant a faulte de fondz, En vertu 
duquel lad. première somme de m. mj esc. ij s. vnj d. tz. luy a esté paiee comptant par ced. 
présent trésorier et receveur gênerai , Comme dud. payement appert par quictance signée 
de sa main et passée pardevant Bergeon et Moreau, notaires au Chastelet de Paris, en dacte 
du vingtiesme jour d'octobre Mil cinq cens quatre vingtz cinq cy rendue. Pour ce cy lad. 
som c de m. mj esc. ij s. vnj d. tz. 

Couvreur. 



V Nicolas Thom\s, ni couvreur, La somme de Trois cens quatre vingtz cinq escuz 
quarente trois sols trois deniers, a luy ordonnée par led. estât cy devant rendu, Pour reste 
et parfaict payement de la somme de Cinq cens soixante escus quarante trois solz trois de- 
niers tourn. a luy deue Pour reste des ouvraiges de couverture par luy faietz pour lad. 



APPENDICES. 251 

Dame, tant a Sainct Maur que maisons de Paris, depuis le vingz buictiesme jour de maj 
Mil cinq cens soixante treize jusques au dernier jour de décembre Mil cinq cens soixante 
dix sept, selon la vérification qui en a esté faute par led. sieur Mole, transcripte and. 
compte, auquel folio vij c uij v° ladicte partie est tirée a néant a fauite de fond/,, En vertu 
duquel lad. première somme de nj c mj" v esc. xurj s. tnj d. tz. luy a esté payée comp- 
tant par eod. présent comptable, Comme dudict payement appert par quittance signée 
de sa main et passée pardevant notaires du Chastelet de Paris en dacte du dix septiesme 
jour de janvier Mil cinq cens quatre vingtz six, cy rendue. Pour ce cy ladicte somme 

de nj c mj" v esc xliiJ s. mj d. Iz. 

Suivent les notes des restes pour les painctres Pierre Pontheron et Th. Aubcrl, el pour le 
plombier, Jehan de la Hue, non applicables aux maisons de Paris. 

Paveur. 

A la verve et enffans de feu Pierre Voysin, luy vivant maistre paveur, La somme de Cent 
trois escuz vingt huict solz six deniers tournoiz, A luy ordonnée par led. estât cy devant 
rendu et a luy deue pour ouvraiges de gros pavé de grain par luv faietz devant la Maison 
de Paris, durant l'année Mil cinq cens soixante seize, selon la vérification qui en a esté 
faicte par led. sieur Mole, transcripte aud. compte, auquel folio vnj c lxv ladicte partie est 
tirée a néant a fauite de fondz, En vertu duquel ladicte somme payée comptant par ced. 
trésorier et receveur gênerai a Aubin Gaultier, marchant fournissant le pavé de la Ville de 
Paris, et Catherine Simon a présent sa femme, de luv auctorisee et auparavant vefve dudict 
Voisin, tant en leurs noms que comme tuteurs et curateurs des enffans mineurs d'ans 
d'icelluy deffunct Voisin et de lad. Simon, Comme dud. payement appert par leur quit- 
tance signée dud. Gaulthier et passée pardevant notaires du Chastelet de Paris en dacte 
du dix buictiesme jour de janvier Mil cinq cens quatre vingtz six, cy rendue. Pour ce 
cy lad. somme de enj esc. xxvnj s. vj d. tz. 

VlCTRIERS. 

Aux héritiers de feu Jehan de La Ramée, luy vivant maistre Victrier à Paris, La somme 
de Quatre vingtz dix huict escuz cinquante solz tournoiz, A luy ordonnée par led. estai c\ 
devant rendu et a luy deue pour reste des ouvraiges par luy faiclz de son estât de victrier 
esdietz lieux de Sainct Maur et Maison de Paris, deouis l'année Mil cinq cens soixante 
douze jusques au dernier jour de décembre Mil cinq cens soixante dix sept, selon la 
vérification qui en a esté faicte par led. sieur Mole, transcripte aud. compte, auquel folio 
vnj c lxxJ lad. partie est tirée a néant a fauite de fondz, En vertu duquel ladicte somme a 
esté payée comptant par ced. présent trésorier et receveur gênerai a Jehan de La Marque 
marchant, ou nom et conf tuteur des enffans mineurs d'ans dudict de La Hamée et de 
Catherine Soutine sa femme, Comme dud. payement appert par quictance signée de 
sa main et passée pardevant notaires du Chastelet de Paris en chute du sixiesme jour 
de febvrier Mil cinq cens quatre vingtz six, cy rendue. Pour ce c\ ladicte somme 
de mj" vnj esc. L s. nj d. Iz. (-s»'). 

Nous n'avons pas hésité à donner toutes les notes que nous avons trouvées sur celle maison ou 
ces maisons de la rue des Poulies, parce que les détails qu'on y rencontre sur la nature et la durée 

3a. 



252 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

dos travaux qu'on y fit par les ordres de la reine Catherine donnent moyen de se renseigner 
sur sa situation et sa destination. 

M. A. Bertj (t. I, p. <)i cl 92) parle de l'hôtel d'Alençon, d'Anjou, appartenant à Nicolas de 
Neuville, s r de Villeroy, et donne les limites successives de cet hôtel forme' de plusieurs anciens 
immeubles avant appartenu à des princes du sang royal de France. Mais il ne paraît pas avoir 
eu connaissance de l'achat de la maison de la rue des Poulies, que Catherine de Médicis acquit de 
Jehan de Neuville , s' de Chanteloup, par acte du 3 mai 1 558, et qui est dite tenir à la maison 
déjà possédée par Catherine et à celle du s' de Villeroy. C'est en 1 568, le 3o mai, que Nicolas 
cl Jehan de Neuville cédèrent leur hôtel entier au duc d'Anjou, depuis Henri III; de sorte que 
l'on comprend pourquoi dans les années suivantes on voit des abbataiges et démolitions dans la 
maison ou les maisons de la reine, rue des Poulies. Nous devons donc supposer, M. Rerty n'ayant 
lien dit sur ce point, qu'il y avait, enclavées ou faisant hache dans l'hôtel occupé par les deux 
frères de Neuville, plusieurs maisons ayant pignon sur la rue des Poulies, comme presque tous 
les hôtels un peu vastes avaient coutume d'en avoir pour le produit, en se reservant le centre de 
l'îlot pour l'habitation du maître. Les de'tails donne's par M. Rerty sur les propriétés voisines 
longeant la rue du Petit-Rourhon, qui faisait la communication de la rue des Poulies à celle 
d'Autriche, nous conduisent à penser que les maisons de la Reine mère ne donnaient pas de ce 
côté, mais de l'autre, formant enclave sur le côté oriental de l'hôtel. Nous donnerons un croquis 
de ces propriétés dans les plans d'époques. 

Une remarque qu'il importe de faire aussi, après avoir lu les notes des restes à payer pour 
travaux divers des bâtiments de la Reine, c'est qu'elle était souvent dans l'impossibilité de 
solder ses ouvriers et ne leur donnait parfois que de faibles à-compte. On paye en 1 586 des 
travaux exécutés de 1570 à 1576, réglés et vérifiés en 1577, et arrêtés à des sommes assez 
importantes. Une autre remarque qui frappe l'esprit quand on lit les numéros des folios de ce 
compte général des restes réservés à faute de fonds, c'est que les notes de maçons, charpentiers 
et autres ouvriers des bâtiments se trouvent, dans ce compte que nous n'avons pas, mêlées à 
une foule d'autres dettes de diverses natures; en effet, on accuse le folio 871 du compte arrêté 
par Mole, et, quels que soient les détails des notes, il en faudrait beaucoup pour remplir tant 
de pages. D'ailleurs, en compulsant les registres des comptes de la Reine, nous avons partout 
trouvé trace de ces délais de payements pour les ouvrages de bâtiments; mais elle, aussi bien 
ipie son fils Henri III, payaient tout de suite les frais occasionés par leurs fêtes. C'est pour faire 
comprendre cette situation que nous avons donné ces comptes intégralement. Nous regrettons 
de ne point avoir trouvé les comptes de l'argenterie de la reine mère pour 1 5y3 et 157&, dans 
lesquels devraient se rencontrer les mêmes détails sur la fête des Tuileries en l'honneur des Polo- 
nais, comme nous avons eu à peu près complets les comptes de la tragédie représentée à Rlois 
à la fin de l'année 1 556 : cette publication aurait donné de grandes lumières sur les prix des 
étoffes et joyaux de cette époque, sur le prix des journées des divers artisans, et tout cela rentre 
dans les données topographiques et historiques qui peuvent élucider bien des obscurités. 

XXI. 
TERRASSES DU PALAIS DES TUILERIES. 

(Voir la planche p. 11.) 

Nous donnons ici une petite coupe de la disposition des terrasses du palais des Tuileries, du 
côté des jardins. Aujourd'hui ces terrasses ont disparu, mais il en restait encore une à peu près 



APPENDICES. 



253 



intacte il y a une vingtaine d'années: c'était la terrasse située au midi du pavillon central. La 
terrasse de gauche, vers le nord, avail < ; l< ; bouchée il y a environ trente-six ans. Au temps de 
Louis XIII, le pavillon central était en retraite sur le motif du rez-de-chaussée, et se trouvai! 
ainsi précédé d'une terrasse qui faisait communiquer facilement celles des galeries latérales. 
C'est sous Louis XIV qu'on élargil le pavillon jusqu'à mettre ses étages supérieurs à l'aplomb 
du portique du centre; mais les terrasses latérales continuèrent à subsister. Ou remarquera dans 
le croquis ci-joint, qui a été relevé exactement avant la destruction de ces parties de l'édifice 
ancien, qu'un certain nombre de marches donnaient accès à celte terrasse des deux extrémités. 




Amis avons tenu à donner ce détail parce que les diverses vues et plans de cette partie des 
Tuileries ne sont pas d'accord pour le couronnement de l'appui de ces terrasses. Dans plusieurs 
anciennes gravures on voit nettement des balustrades à balustres avec des personnages derrière, 
de façon que l'on doit supposer nécessairement que le so! praticable de la terrasse est au niveau 
du dessus delà corniche des portiques. Cette disposition paraît rationnelle à première vue, et c'est 
en effet le parti quia été' adopté dans la plupart des édifices de la Renaissance et notamment dans 
ceux qui ont été construits par Philibert de l'Orme. Mais une circonstance nous empêchait de 
suivre sans contrôle cette voie : il v aurait eu, en effet, un grand vide entre les voûtes du portique 
et le dallage de la terrasse ; et des gargouilles, placées au niveau du dessous de l'architrave, nous 
indiquaient que le niveau du sol de ces terrasses avait dû se trouver toujours en contre-bas du 
dessus de la corniche. Du Cerceau, dans son élévation de cette face du palais, n'a pas nus de 
balustrade. 

_\ous pouvons assurer maintenant que cette disposition, peut-être un peu étrange, d'un garde- 
corps formé par la partie la plus large d'une corniche assez saillante, était, il y a peu d années, 
et a toujours été celle que Philibert de l'Orme avait d'abord adoptée. On la comprend du reste, 
et nos hésitations en présence de certaines restitutions de cette partie avec balustrades étaient 



254 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

précisément causées par cette considération : qu'avec la largeur des galeries et conséquemment de 
leurs terrasses, si l'architecte avait ajoute la hauteur normale d'une balustrade à la hauteur obligée 
de ['entablement de son ordre inférieur, il aurait désagréablement et disproportionellement 
coupé le motif de son premier étage, inconvénient qu'il évitait en supprimant cet appendice et en 
laissant régner sa corniche nue. Cette intention d'effet perspectif se lit dans l'élévation géométrale 
de cette façade (lu palais, comme nous l'avons restituée; le soubassement des baies du premier 
étage, en retraite sur les galeries, est sans autres ornements que des tables saillantes, tandis 
que les couronnements de toutes ces baies, enrichis de frontons d'une grande richesse d'orne- 
mentation, commencent à se dégager suffisamment d'en bas à la distance convenable pour 
l'angle visuel passant sur le dessus de la corniche des portiques. 

On sait que, du temps de Philibert de l'Orme et jusqu'à Louis XIV, une rue, celle qui était 
nommée des Tuileries, longeait la façade occidentale du palais, et se trouvait limitée de l'autre 
côte' par le mur de clôture du grand jardin. On pourrait supposer que Catherine de Médicis avait 
l'intention de supprimer cette voie gênante de communication, et la disposition des arcades des 
galeries ouvertes semble indiquer ce projet. Les panneaux d'appui qui ferment le bas des arcades 
paraissent, en effet, pouvoir être supprimes sans inconve'nient; et dans les vues de Sylvestre et 
de Mat. Mérian, dont nous parlions tout à l'heure, les baies sont figurées ouvertes jusqu'en bas. 
Mais nous avons conservé ces panneaux dans notre restitution, comme M. Berty l'avait fait lui- 
même, parce que l'existence de la rue des Tuileries nous paraît impliquer l'impossibilité d'une 
pareille suppression dans les premiers temps de la construction du palais. 



XXII. 
NOTE SUR LA PETITE GALERIE ET LE PASSAGE DU LOUVRE. 

(Voir page 63, la noie.) 

Le Passage ou Galerie qui conduisait du Pavillon du Roi à la Petite Galerie, en passant par- 
dessus le fosse du château, est aujourd'hui détruit, et le corps de bâtiment élevé à sa place, tout 
en conservant les trois travées de l'ancienne galerie, n'a point gardé son ordonnance architectu- 
rale, surtout pour ce qui regarde les lucarnes du couronnement. Les œils-de-bœuf, indiqués sur 
les gravures de Sylvestre, et que nous avons reproduits, en les étudiant, sur la planche qui donne 
la Ilestitution de la façade méridionale du Louvre (page io3), paraissent n'avoir servi que de motifs 
d'ornementation; ils étaient répétés sur les deux faces. Il est facile de se convaincre que les arca- 
tures étaient destinées à recevoir quelques bas-reliefs ou médaillons. (Voir les planches p. 57, 
62 et io3.) On sait que cette galerie du Passage fut soudée au Pavillon après la construction 
de la Petite Galerie, dite des Antiques, et que les raccords, pour les communications, en furent 
pratiqués sans trop de recherche, ainsi qu'on le voit dans les plans du premier volume (p. 228 
et 229). 

Nous avons pu retrouver, grâce à l'obligeance de M. Lefuel, architecte du Palais, dans les 
substructions du Passage dans les anciens fossés, les arches de pierre qui le portaient. Ces fouilles 
ne sont point encore terminées au moment où nous écrivons, mais déjà l'extrados des trois voûtes 
est dégagé dans la partie postérieure, du côté de la cour du nouveau Louvre, et l'on peut 
constater que le mur de l'ancien passage a été dérasé jusque sur la moulure de soubassement, 
et que le nouveau mur, qui donne sur le jardin de l'Infante, a été construit sur la même maçon- 
nerie, aujourd'hui enterrée, en laissant une retraite extérieure d'environ quarante centimètres. 



APPENDICES. 



.).) 



Los trois arches existent dans les remblais du fossé. Nous donnerons dans le troisième volume 
les relevés de la portion de bâtiment qui a remplacé l'ancienne galerie de communication. 

Nous donnons ici le dessin exact d'une portion de corniche de l'ancien Pavillon du Roi, dent 
une partie existe encore derrière le placage construit sur le quai, en avant de l'ancien Louvre, 
et qui forme la galerie qui longe les jardins vers le midi. 




tlette corniche est celle du bâtiment construit sous les ordres de Pierre Lescot, et elle a, du 
reste, été copiée ou imitée dans les parties postérieurement construites de ce côté du Louvre. 

C'est aussi clans les substructions de ce côté du vieux Palais que se trouvent les témoins de 
l'ancien château de Philippe-Auguste. Quand on a dégagé les fondations de l'aile occidentale 
pour achever l'ensemble du Louvre nouveau, vers les Tuileries, on a trouvé les anciens talus de 
Pierre Lescot, et, dans le béton qui remplit tout le terrain longeant cette façade, se trouve 
encore engagée la partie basse de la tour qui portait le nom de Tour enfer à cheval, et qui plon- 
geait dans le fossé. Cette partie du vieux Louvre, à sa jonction avec la Galerie du bord de l'eau, 
est demeurée assez longtemps bordée par les fossés. Nous a\ions d'abord pensé (el on en voit la 
trace dans notre Notice sur les fouilles du Louvre) que la partie de galerie ajoutée postérieu- 
rement à celle du Passage au Pavillon du Roi avait été bâtie sur une arche unique, plus que 
suffisante pour permettre l'écoulement des eaux du fossé; c'était mémo l'assurance qui nous avait 
été donnée, d'après le résultat des fouilles partielles; mais les travaux d'ensemble exécutés 
actuellement sous le Passage lui-même nous démontrent que les trois arches anciennes ont été 
continuées jusqu'au parement septentrional. Les voûtes sont construites en pierres de roche 
d'un échantillon passablement fort; les queues en sont demeurées tout à fait brutes sous les rem- 
plissages et les aires des dallages. On remarque, du côté de la Petite Galerie, dos amorces do 
voûtes et des arcs de décharge en plein mur, appuyés vers le mur septentrional; la courbe de 
ces amorces permet de croix-e que le point culminant aurait dépassé le niveau du sol actuel de 
ces locaux. Ces substructions seront l'objet d'un travail spécial dans le troisième volume de cet 
ouvrage, le dernier de la Région du Louvre et des Tuileries. 



Comme on le voit aussi par le plan rectifié du vieux Louvre (t. I, p. 129), c'esl à peu [nos 



256 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

dans le perron actuel de la Petite Galerie que se trouvent les restes d'une tour que nous sup- 
posons, comme M. Berty, avoir été la tour dite de l'Engin. Ces vestiges ont été' découverts quand 
M. Duban, alors architecte du Palais, voulut dégager et reprendre en sous-œuvre cette façade 
de la Petite Galerie. On constata alors que le terrain intérieur du dessous de la Galerie était 
vierge, et que cet édifice avait été fondé en rigoles et non en niasse. Il en résulte que le sol de 
cette galerie n'avait jamais été fouillé. Ce fut aussi sur le parement extérieur du talus du sou- 
bassement placé en retour d'équerre des arches du Passage au quai du fleuve que Ton remarqua 
des traces évidentes du passage ou du séjour des eaux. On ne saurait donc douter un instant que 
la direction du fossé du château à la Seine ne fût exactement celle qui suit le talus de la Petite 
Galerie, et il n'y a pas lieu d'expliquer des coudes dans le parcours des fossés, coudes qui n'ont 
pu exister, comme nous l'avons déjà dit dans une note des Fouilles du Louvre. 

Au moment où allait paraître le premier volume de la Topographie historique du vieux Paris 
(Région du Louvre et des Tuileries), M. Rerty formula dans les termes suivants un vœu qu'il 
avait conçu depuis plusieurs années : 



XXIII. 
DOCUMENTS OFFICIELS RELATIFS AUX FOUILLES DU LOUVRE. 

k Malgré les longs et persévérants efforts qui ont permis d'établir ce volume, on n'a pu 
jusqu'ici aboutir qu'à une restitution du périmètre du vieux Louvre, et non à un plan rigou- 
reux et incontestable; or, comme les dimensions prêtées par les historiens au château de 
Charles V sont extrêmement différentes de celles auxquelles la recherche et l'étude patiente 
des documents nous ont fait arriver, il nous serait infiniment précieux de pouvoir citer 
des témoignages matériels à l'appui de nos assertions. 11 importe surtout à la Ville, qui 
n'a rien épargné pour publier une œuvre digne d'elle, de pouvoir dire le dernier mot 
sur une question si longtemps indécise : les formes et les dimensions véritables du vieux 
Louvre. 

«Les difficultés de cette entreprise sont moindres qu'on ne le croit généralement. Les 
deux ailes dont il s'agit de fixer l'emplacement existent encore à l'état de substruction, 
sous le pavé même de la cour du palais actuel; et, comme on connaît avec une assez grande 
précision le lieu qu'occupent les fondations de l'ancien édifice, il suffira de creuser quel- 
ques tranchées pour les voir apparaître. Les résultats historiques et archéologiques que 
donneront ces fouilles seront certainement des plus considérables. Quand on pense que 
quelques travaux de ce genre, entrepris sur la place du Carrousel, le quai des Tuileries et 
aux abords du Théâtre-Français, ont mis à découvert l'enceinte de Charles V, la Porte- 
Neuve, le pont de la Grande Galerie, les fours de Bernard Palissy, la porte Saint-Honoré 
et la contrescarpe du fossé, il est impossible de ne pas souhaiter ardemment que la cour 
du Louvre livre enfin le secret des substructions qu'elle recèle.» 

Une communication de ce genre ne pouvait qu'être favorablement accueillie par le Chef de 
I Edilité parisienne. Toutefois, avant de faire une démarche, il importait de savoir si quelque 
circonstance de détail ne s'opposerait pas à la réalisation d'un désir exprimé par les maîtres de la 
science. Dans cette pensée, M. Lefuel, membre de l'Institut, architecte du palais du Louvre, et 



APPENDICES. 257 

M. le comte de Nieuwerkerkc, surintendant général des beaux-arts, lurent consultés officieu- 
sement; leur réponse lut une entière adhésion au projet. Il ne restait plus alors qu'à s'adresser 
officiellement à S. Exe. le Maréchal Ministre de la maison de l'Empereur et des beaux-arts 
pour obtenir l'autorisation régulière; c'est ce que fit M. le Préfet de la Seine. 

I. 

LETTRE DE M. LE SÉNATEUR, PRÉFET DE LA SEINE, À SON EXCELLENCE M. LE MINISTRE 
DE LA MAISON DE L'EMPEREUR ET DES REAUX-ARTS. 

Paris, le 5 mai 1866. 

Monsieur le Ministre, 

La ville de Paris a entrepris, sur ma proposition, la publication d'un ouvrage intitulé 
Topographie historique du vieux Pans, dont le premier volume, consacré aux quartiers du 
Louvre et des Tuileries, est sur le point de paraître. 

Avant l'achèvement de ce volume, qui contiendra une monographie du Louvre et la res- 
titution du périmètre du vieux château de Charles V, il importerait beaucoup que l'on pût 
dire le dernier mot sur un sujet si controversé et si obscur. Je viens donc vous prier, 
Monsieur le Ministre, de vouloir bien autoriser, dans l'intérêt de l'histoire, l'ouverture de 
trois petites tranchées dans la cour du Louvre, pour constater la vérité de la restitution 
donnée par la Topographie historique du vieux Paris. 

Ce travail présenterait moins de difficultés pratiques qu'on pourrait l'imaginer. Les deux 
ailes du Louvre dont il s'agit de déterminer l'emplacement existent encore, â l'état de 
substructions, sous le pavé de la cour actuelle, et l'on sait à peu près le lieu qu'occupent 
les fondations de l'ancien édifice. Les quelques tranchées à ouvrir seraient fort étroites, 
peu profondes, et n'occuperaient pas plus d'espace que celles qui servent à poser les petites 
conduites de gaz. On se hâterait de les remblayer au fur et à mesure de l'apparition des 
murs, de manière à ne pas entraver sensiblement la circulation. Le service chargé de 
ce soin s'entendrait, au reste, avec l'administration des Musées impériaux, pour que ces 
recherches pussent se faire sans être pour elle une occasion de gêne. 

Veuillez agréer, etc. 

Le Sénateur, Préfet de la Seine, 
G. E. HAUSSMANN. 

II. 

RÉPONSE DU MINISTRE DE LA MAISON DE L'EMPEREUR ET DES REAUX-ARTS 
À M. LE PRÉFET DE LA SEINE. 

Palais dos Tuileries, le 18 niai i8G(j. 

Monsieur le Préfet et cher collègue, 

J'ai l'honneur de vous annoncer que, conformément au désir exprimé dans votre dépê< :he 
en date du 5 mai courant, j'autorise l'ouverture, dans la cour du Louvre, des trois tranchées 
que vous jugez nécessaires pour retrouver les vestiges de l'ancien château de Charles V. 

ii. 33 



258 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

La personne qui sera chargée de diriger ce travail devra se concerter avec M. l'Archi- 
tecte de l'Empereur, pour les dispositions à prendre dans l'intérêt de la circulation. 

Il est entendu que la dépense à faire, tant pour ces fouilles que pour la remise du sol 
dans son état actuel, sera à la charge de la Ville. 

agréez, etc. 

Le Maréchal de France, 
Ministre de la Maison de l'Empereur et des Beaux- Arts, 

VAILLANT. 



III. 

PROJET DE CONSERVATION DES SURSTRUCTIONS DU VIEUX LOUVRE. 

Conformément à l'autorisation qui précède, les fouilles furent entreprises sous la direction de 
la Sous-Commission des Travaux historiques, avec le concours de MM. Rerty, Vacquer et Laf- 
forgue. Dès les premiers coups de pioche, les suhstructions apparurent, au point précis où on 
les cherchait, et guidèrent d'elles-mêmes les explorateurs. C'est ainsi que les trois modestes 
tranchées qu'on avait eues en vue se transformèrent forcément en un vaste chantier qui occupa 
pendant plusieurs mois la presque totalité de la cour du Louvre. Les magnifiques résultats que 
l'on connaît excitèrent au plus haut point l'attention du monde savant, et tous les amis des 
sciences historiques s'empressèrent de visiter ces restes d'un passé déjà si loin de nous. 

Lorsque les travaux de fouilles furent à peu près terminés, et que l'ancienne forteresse de 
Philippe-Auguste apparut tout entière, l'opinion publique, vivement intéressée par ces impor- 
tantes découvertes, se préoccupa du parti auquel l'Administration s'arrêterait lorsqu'elle aurait 
à replacer les choses dans leur état primitif. Enfouirait-on de nouveau, et pour de longues an- 
nées peut-être, les curieux vestiges qui venaient de revoir le jour? En conserverait-on le souvenir, 
en dessinant, sur le sol de la cour réparée, le périmètre de l'antique forteresse? Ou plutôt ne 
ménagerait-on pas aux générations à venir l'imposant spectacle que la ville de Paris avait donné 
aux érudits de ce siècle, en exhumant ce célèbre château du Louvre disparu depuis la Renaissance? 

Ce dernier mode de conservation eût été véritablement digne de l'importance des suhstructions 
mises à découvert. Dégagés plus complètement encore, entourés d'un chemin de ronde qui eût 
permis d'en faire le tour, les deux côtés du Quadrangle, le Donjon, la porte de l'Est, ainsi que 
les tours du Milieu et de la Taillerie, se seraient montrés aux yeux des visiteurs avec leur 
solide structure et tels que le xn e siècle les a édifiés. Pour cela, il aurait suffi de construire une 
galerie souterraine analogue à celle que le Service municipal fait établir pour les égouts de 
Paris. Une descente commode, ménagée sur un point désigné par le Service d'architecture du 
Louvre, eût facilité la visite de l'ancienne forteresse, devenue ainsi le complément de toute 
excursion dans le Palais et les Musées. A côté des splendeurs du Louvre de Pierre Lescot et de 
Jean Goujon, des Tuileries de Catherine de Médicis et du Louvre de Napoléon III, l'antique 
manoir de Philippe-Auguste, avec son aspect sévère et les grands souvenirs qu'il rappelle, eût 
formé, au double point de vue de l'ait et de l'histoire, un de ces contrastes que la ville de 
Londres a su ménager, et que le vieux Paris, grâce aux découvertes du Service historique, peut 
encore offrir aujourd'bui. 

Les documents officiels qui vont suivre se rattachent à cette importante question. 



APPENDICES. 259 



IV. 



LETTRE DE M. LE SENATEUR, PREFET DE LA SEINE, 
À S. EXC. M. LE MARÉCHAL, MINISTRE DE LA MAISON DE L'EMPEREUR ET DES BEAUX-ARTS. 

Paris, le 8 novembre 1866. 

Monsieur le Ministre, 

Les fouilles que Votre Excellence a bien voulu autoriser dans la cour du Louvre ont 
donné, sur tous les points, des résultats tellement satisfaisants pour la science historique, 
qu'il a été jugé indispensable de développer le travail au delà des limites qu'on avait 
prévues tout d'abord. Aujourd'hui les recherches approchent de leur terme, et le moment 
semble venu de résoudre une question soulevée par les plus savants archéologues. Faut-il 
se résigner à enfouir de nouveau et pour toujours les intéressantes subslructions qui 
viennent d'être mises à jour? Ne serait-il pas préférable, au lieu d'en conserver seulement 
le souvenir écrit, de ménager au public soit la vue même, soit la représentation ligurée de 
ces grands vestiges? Dans le premier cas, on pourrait établir sous le pavé de la cour une 
galerie souterraine qui permettrait de faire le tour de l'ancienne forteresse. Dans la 
seconde hypothèse, on se bornerait à en tracer superficiellement le périmètre au moyen 
d'un pavage spécial. 

Si Votre Excellence partageait mon sentiment à cet égard, peut-être jugerait-elle à 
propos, pour faire examiner mûrement la question, qu'une conférence eût lieu immédia- 
tement entre les services dans les attributions desquels est placé le palais du Louvre et la 
Commission historique qui a jusqu'ici dirigé les travaux. 

Veuillez agréer, etc. 

Le Sénateur, Préfet de la Seine, 

G. E. HAUSSMANN. 

V. 

RÉPONSE DU MINISTRE DE LA MAISON DE L'EMPEREUR ET DES BEAUX-ARTS 

AU PRÉFET DE LA SEINE. 

Paris, le i3 novembre 1866. 

Monsieur le Pre'fet et cher collègue, 

Par une dépêche en date du 8 novembre courant, vous appelez mon attention sur les 
résultats qu'ont donnés, au point de vue historique, les fouilles entreprises dans la cour du 
Louvre, et vous me proposez de charger une Commission d'examiner si, au lieu de rétablir 
simplement le sol de la cour, tel qu'il était il y a six mois, il n'y aurait pas convenance, 
soit de construire une galerie souterraine qui permettrait de faire le tour des substructions 
qui viennent d'être mises à jour, soit, après l'exécution des remblais, de tracer sur le sol, 
au moyen de pavages de couleur, les contours de l'ancien château. 

J'ai l'honneur de vous annoncer, Monsieur le Préfet et cher collègue, que je donne mon 

33. 



260 TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 

assentiment à la réunion de cette Commission, et que j'ai désigné, pour y représenter mon 
département, M. Lefuel, architecte de l'Empereur. 
Agréez, etc. 

Le Maréchal de France, 
Ministre de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts, 

VAILLANT. 

La réunion de la Commission, retardée par diverses circonstances, ne put avoir lieu que 
dans le courant de l'année 1867. Les deux systèmes proposés furent l'objet d'un examen appro- 
fondi; celui de la figuration superficielle prévalut. M. le Préfet de la Seine porta immédiate- 
ment ce fait à la connaissance de S. Exe. le Maréchal Ministre de la maison de l'Empereur et 
des beaux-arts. 

VI. 

LETTRE RELATIVE AU PAVAGE DE LA COUR DU LOUVRE. 

Paris, le 2a août 18C7. 

Monsieur le Mimstre, 

Par une dépêche en date du 19 juillet, Votre Excellence m'a demandé de faire établir 
dans la cour du Louvre un pavage définitif destiné soit à remettre le sol en l'état où il se 
trouvait avant les fouilles pratiquées par la Ville, soit à reproduire la périmétrie du vieux 
château. 

Ce dernier mode ayant été approuvé par une Commission spéciale, autorisée par 
Votre Excellence, et dans laquelle M. Lefuel représentait votre département, j'estime qu'il 
y a lieu de l'adopter. 

Je vais donc donner les ordres nécessaires pour que ce travail soit immédiatement 
exécuté, après entente préalable avec M. l'Architecte du palais du Louvre. 

Veuillez agréer, etc. 

Le Sénateur, Préfet de la Seine, 

G. E. HAUSSMANN. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 

DES MATIÈRES 



CONTENUES DANS LES DEUX VOLUMES 1 " 



Abreuvoir des fossés Saint-Germain, situé flans 
Taxe de la rue des Poulies , I, 3<?. — Du Louvre, 
près de la rue d'Autriche, 32. — De l'Evoque, 
près du Cours-la-Reine, 817. 

Académie de Musique, ou Magasin des décors de 
l'Opéra, rue Saint-Nicaise , I, 77. 

Académie-Royale (Maison dite 1"), rue Saint-Honoré, 
voir Maison des Trois-Croissants ou du Crois- 
sant, I, 2CJ&. 

Akakia (Hôtel de la famille), rue Fromenteau et rue 

Saint-Thomas-du-Louvre , I, 4a. 
Alger (Rued"), I, 298. 
Alençon (Hôtel de Charles de Valois, duc d'), rue 

d'Autriche et rue des Poulies, voir Grand-Alen- 

çon, I, 88 et suiv. 
Alençon (Hôtel de Pierre de France, comte deBlois 

et d'), rue d'Autriche et rue des Poulies, voir 

Grand-Alençon, I, 88 et suiv. 
Allainville (Maison appartenant h Charles Jaloux, 

seigneur d'), rue Fromenteau, voir Image-Saint- 

Réal,I, hZ. 
Alleaume, professeur de mathématiques, un des 

Illustres, II, toi. 
Allemagne (Hôtel d'), voir Hôtel d'Allemagne. 
Alluve (Hôtel de la dame d'), rue des Poulies, voir 

Hôtel d' Alluve, I, q4. 
Amat , fermier général des gabelles ; sa demeure , rue 

du Carrousel, voir Hôtel de laVallière, I, 282. 
Amaury (Claude), maître des œuvres de charpen- 

terie du Roi, II, Appendices, 209. 



Ami-du-Coeur (Maison de 1'), rue Fromenteau, voir 
Figure-du-feu-roi-Henri , I, 43. 

Ami-du-Coeur (Maison de 1'), rue Fromenteau, dé- 
pendant du Lion-d'Or, rue Saint-Honoré, voir 
Lion-d'Or,I, 58. 

Ancre (Maréchal d'), voir Concim. 

Androuet du Cerceau, voir Du Cerceau. 

Angennes (Charles d'), voir Rambouillet. 

Anderquiez (Le seigneur d'), familier de Guillaume 
de Bavière, qui lui cède l'hôtel d'Ostrevant, I. 1 6. 

Axgivilliers (Hôtel du marquis d'), ordonnateur 
des bâtiments royaux, rue d'Autriche et rue des 
Poulies, voir Hôtel d'Alluye, I, o4. 

Angivilliers (Rue d'), I, i5, 94. 

Angoullevant (François), serrurier des Tuileries. 
II, Appendices, 206, 212. 

Anguier (François), sculpteur, auteur du tombeau 
du cardinal de Bérulle, I, 55. 

Anguier (Michel), sculpteur, passe un traité pour 
la décoration de l'appartement de la reine Anne 
d'Autriche dans la Petite Galerie, I, 262. 

Anguin (Hôtel d'), rue Champ-Fleuri, voir Hôtel 
d'Anguin. 

Animaux de boucherie (Triage des), au débouché 
de la rue de l'Arbre-Sec dans celle de la Croix- 
du-Tiroir, I, 4 9. 

Anjou (Henri de France, (Iucd'), roi plus tard sous 
le nom de Henri III , fait établir un arsenal d'armes 
dans l'hôtel de Y illeroy, 1 , 9 1 . — Il reçoit dans cet 
hôtel , devenu l'hôtel d'Anjou , les députés chargés 



La préparation de celte table est due aux soins de M. Auguste Petit, auxiliaire du Service des Travaux historiques. 



262 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



fie lui annoncer son élection au trône de Pologne, 
() .j. — H donne ce même hôtel à sa sœur Mar- 
guerite , à l'exception d'un pavillon dont il gratifie 
la dame de Dampierre, 92. — Il trame avec sa 
mère , dans les jardins des Tuileries, les massacres 
de la Saint-Barthélémy, II, Appendices, 2I12. — 
Voir Henri III. 
Anne d'Autriche fait disposer un appartement d'été 
dans la Petite Galerie du Louvre, I, 261, 262. 
— Elle termine l'Orangerie du Louvre, II, 
loi. 
Annonciation-Notre-Dame (Maison de 1'), puis de 
la Hotte et des Deux-Docteurs, rue Saint-Ho- 
noré, paroisse Sainl-Germain-l'Auxerrois, haute 
justice et censive de l'Evêché, I, 56. 
Antin (Hôtel du marquis d'), surintendant des bâ- 
timents, rue d'Autriche et rue des Poulies, voir 
Grand- Alençon, I, 88 et suiv. 
Antiques (Salle des), au Louvre, I, 267, 269. 
Arbalète (Maison de 1'), rue Saint-Honoré , voir 

Image-Saint-Jean , I, 56. 
Arbalète (Maison de 1'), puis des Trois-Flelrs-de- 
Lis, rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Germain- 
l'Auxerrois, haute justice et censive de l'Évêché, 
1. 56. 
Arche d'Autriche, ou Abreuvoir du Louvre, ou 

Descente du Port au Foin, I, 32. 
Arche de Bourbon, ou Abreuvoir des Fossés-Saint- 
Germain, I. 32. 
Arche Saint-Nicolas, rue Fromenteau, voir Huis, 

I, 4o. 
Archers et arquebusiers (Les) s'exercent au tir des 

armes à feu sur le quai des Buttes, I, 3i . 
Architectes, voir Blondel, Bullant (Charles et 
Jean), Bullet, Caqué, Cellerier, Chalgrin, 
Chamriges (Pierre I et Pierre II), Charpentier, Coin 
(Jean), Contant, Cotte (Robert de), Crespin 
(Jean), De Brosse (Paul et Salomon), De l'Orme 
(Philibert) , D'Orbay, Duban, Du Cerceau (Bap- 
tiste Androuet, Jacques Anchouet père, Jacques 
Androuet fils et Jean), Du Pérac, Errard 
(Charles), Fournier (Florent, Isaïe et Louis), 
Germain (Thomas), Grand-Bemy (Etienne), 
Guillain (Pierre), Heurtaut, Labbe, Lassurance 
(De), Lebreton (Jean), Lemercier (Jacques), 
Le Muet (Pierre), Le Nôtre (André), Lescot 
(Pierre), Mansart (François), Marchand (Guil- 
laume et Jean), Marot père, Marqïïelet (Ro- 
bert), Martin, Mestivier (Antoine), Métezeau 
Clément, Louis et Thibaut), Montreuil (Eudes 
de ), Perraut (Claude), Petit (François), Pidoux 



(Pierre), Poyet, Baymond du Temple, Serlio (Sé- 
bastien), Vaast (Les), Verniquet. 

Archives domaniales, I, Préface, xm. 

Arcole (Rue d'), ou de Beaujolais, I, 70. 

Armagnac (Hôtel du comte d'), rue d'Autriche, voir 
Hôtel d'Ostrevant, I, i5, 16. 

Armagnac (Hôtel de Louis de Lorraine, comte de 
Brionne et d'), rue du Carrousel, I, 282. 

Armenonville (Hôtel de Vincent Berlin, seigneur d'), 
rue Saint-Honoré, voir Maison de la Liberté, 
I, 298. 

Armoirie (Tour de 1'), au Louvre, I, i/i8. 

Armoiries delà maison de Bourbon, dans l'oratoire 
de l'hôtel de ce nom , 1 , 37,39. — De Charles VI , 
à l'hôtel de Bourbon, 3g. — là. sur les vitraux 
de la chapelle Saint-Nicolas-du-Louvre, 111. 
— Du Dauphin, roi plus tard sous le nom de 
Charles VII, à l'hôtel de Bourbon, 3g. — De 
Jeanne d'Arc, à l'hôtel de Cipières, 9/1. — DTsa- 
beau de Bavière, sur les vitraux de la chapelle 
Sainl-Nicolas-du-Louvre, 111. — De Louis XII , 
dans la chapelle du Louvre , 128. — De la famille 
Chambiges, 265. — De la Ville, sur la baie de 
la troisième porte Saint-Honoré, 326. — De 
Philibert de l'Orme, II, 19. — De Bobert Mar- 
quelet, 90. 

Arquebusiers, voir Archers et Arquebusiers. 

Arsenal du Louvre, I, 125, 126, 160. — Des Cé- 
lestins, 126, a56. 

Artillerie (Jardin et étuves du maître de 1'), au 
Louvre, I, 161. 

Artillerie du Louvre, I, 125, 160, a56. 

Artillerie (Tour « devers») 1'), au Louvre, voir 
Fer à cheval (Tour en). 

Artisans divers, voir Angoullevant (François), 
BAiLLEUL(Begnault de), Beaurain (Nicolas), Beau- 
vais (Louis de), Boileau (Jean), Bon (Mathu- 
rin), Brisetout (Guillaume), Clericy (Antoine), 
Colletet (Armand), Courtois (Jean), Cyard 
(Guillaume), Dampmartin (Drouet de), De la 
Chapelle (Hennequin) , De la Garde (Abraham), 
Dreufavier, Du Bout (Maurice), Duguet (Pierre), 
Du Han (François), Du Parvis (Jacques), Du 
Pont (Pierre), Erard (Guillaume), Ferrier (An- 
toine), Fontenay (Julien de), Grosbois (Jean), 
Guignebeuf (Etienne), La Baste (Colin de), La 
Hamée (Jean de), Langlois (Roger), Laurens 
(Girard et Guillaume), Le Charron (Colin), Le 
Clerc (Antoine), Le Constançois (Nicolas), Le 
Grand (Jean), Le Roulier (Thibaut), Le Voirier 
(Berlaut), Petit (Jean), Raulin (Etienne), 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 



263 



Roussel ( Nicolas ),SASso(Pielro), Segvi.lv (Jean 
ci Pierre), Simomeux (Roger de), Sirasse (Marie 
et Philippe), Suron (Michel), Tbbto (Laurent), 
Toutain (Richard ), Vakinier (Pierre), Vekdelay 
(Jean de), Verger (André'). 

Artistes , Artisans et Savants logés dans la Grande 
Galerie du Louvre, \oir Illustres. 

Artois (Hôtel de Catherine d'), comtesse d'Aumale, 
rue des Poulies, I, ()5. 

Artus (Flamant), peintre, travaille à la décoration 
de la voûte dans la Galerie des Rois, II, C8. 

Assomption (Couvent des Dames de I'), rue Sainl- 
Honoré, I, 3io. — Son église, 3 12. 

Ateliers pour la fabrication des flèches, au Louvre, 
I, 161. 

Atticiii (Hôtel du seigneur d'), quai de l'Ecole, I, 
35. 

Aubert (Jean), maître maçon, travaille au Louvre, 
I, 9 54. 

Aubert (Jean), charpentier, travaille au Louvre, 
I, 182. 

Aubert (Thomas), suppléant du conlrôleur général 
des bàliments royaux, II, Appendices, 211. 

Aubriot (Hugues), Prévôt de Paris, élève la cour- 
tine des Céleslins, I, 169. 

Aumale (Comtesse d'), voir Artois. 



Aumale (Hôtel du duc d'), rue d'Autriche, 1, 10, 1 1. 

Aimô\ier-du-Roi (Maison do I'), aussi dile de la 
Rose, ou de la Rose-Rougk, à laquelle aboutis- 
sait la maison de la rue des Thois-Morts de la 
rue Sainl-Honoré, rue Sainl-Thomas-du-Louvre, 
paroisse Sainl-Ceriiiain-I' \u\errois, haute justice 
et censive de l'Evcrhé, I, 108. 

Aumont (Hôtel de César d'), marquis de la Guer- 
che, rue des Poulies, voir Hôtel de Garan- 

CIF.RES, I, (),'). 

Autriche (Arche d"), voir Arche d'Autriche. 

Autriche (Rue d'), ou de I'Autruche, ou du Lou- 
vre, I, 7 à 17; H, Appendices, 189, 190, 191. 

Autruche (Maison de 1'), nie Sainl-Honoré, voir 
Chariot ou Chariot-Rouge, I, 5a. 

Autruche (Maison dcl), puis du Lion-d'Or, des 
TROis-MAUREset des Trois-Sunts-Jean, rue Saint- 
Honoré, paroisse de Sainl-Cermain-rAuxerrois, 
puis de Sainl-Roch , haute justice et censive de 
l'Evêché, I, 297. 

Autruche (Rue de 1'), voir Autriche (Rue d'). 

Aux Boeufs (Jean), couvreur ordinaire du Roi, est 
chargé de démolir la Grosse- 1 Tour, 1, 2o3. — 
Sa tuilerie au faubourg Sainl-Honoré, 33o, 33 1. 

Aveugles (Porte des), ou deuxième porte Saint- 
Honoré, I, 1 81, 



B 



Rac devant l'hôtel de Rourbon, I, 32. — Proposé 
par Gilles des Froissiz , afin d'établir une com- 
munication du Louvre à la tour de Nesle, 32. 
— Devant les Tuileries, II, 7, 58. 

Racqueville (Hôtel de Guillaume Martel, seigneur 
de), rue d'Autriche, voir Hôtel de la Roche- 
guyon, I, 10, et Hôtel d'Etampes ou d'Aumale, 
10, 11. 

Rahuciie (Marguerite), peintre, femme de Jacob 
Runel, travaille à la décoration du Louvre et des 
Tuileries, H, 75, 76, et Appendices , 209, 212, 
220. 

Railleul (Regnault de), plombier du Roi, travaille 
au Louvre, I, 190. 

Railly, menuisier-sculpteur, exécute un autel pour 
l'église de l'Assomption, I, 3 12. 

Rairot (Jean), maître maçon, travaille au Louvre. 
I, 188. 

Ral (Grande salle de), au Louvre, I, 229. 

Ralances (Maison aux), puis de I'Ecu-de-France. 
paraissant avoir été divisée, pendant quelque 



temps, en deux parties, dont l'une conservait 
l'enseigne de I'Ecu-de-France ou portait celle du 
Petit-Ecu, rue du Coq, paroisse Sainl-Germain- 
l'Auxerrois, hautejiislice et censive de TEvêché. 
I, 28. 

Ralzac (Charles de), voir Entragues. 

Banniere-de-France (Maison de la), rue Sainl- 
Honoré, voir Pomme-Rouge , I, 55. 

Rarbe-d'Or (Maison de la), quai de l'Ecole, acquise 
pour l'agrandissement de l'hôtel de Rourbon. 
I, 3/i. 

Rarbier, entrepreneur de forlificalions, I, 323. 

Rvrm'.e (Maison du marquis de), rue Sainl-Honoré, 
voir Image-Notre-Dame, I, 3i3. 

Rarre (Hôtel de M. de la), rue Sainl-Thomas-du- 
Louvre, voir Hôtel de i.'Affinoir, I. 107. 

Rarreaux-Rouges (Maison des), rue Jean-Sainl- 
Denis, voir Souche, 1, 72, et Petit-Godet, 
9 4. 

Rarrière (Jean de la), fondateur de la congréga- 
tion des Feuillants, 1, 299, 3oo, 3oi. 



264 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



Barrière-des-Sergents, corps de garde, rue Sain t- 
Honoré, I, 5 G. 

Bas-relief, à l'entrée du cloître des Feuillants, 
représentant la réception de Jean de la Barrière 
par Henri III , 1 , 3o4. — A la porte de la grande 
écurie, représentant une tête de cheval, II, il. 

Basses-cours du Louvre, I, i56, i5g et suiv. 
166, 270. 

Bastions de l'enceinte de Charles IX, I, 320, 32 1. 

Bataille (Maison appartenant à la famille), rue du 
Coq, voir Hôtel de la Bataille, I, 3o. 

Battoir (Maison du), rue Fromenleau, paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice de l'E- 
vêché, censive du fief de Fromenteau, I, lu. 

Baudouyn (Gilles), contrôleur de la maison du Roi; 
sa maison, rue Fromenteau, voir Portrait de 
Louis XIII, I, 46. 

Baudouyn (Maison d'Etienne), détachée probable- 
ment de la maison de son frère Gilles Baudouyn , 
rue Fromenteau, voir Portrait de Louis XIII, 
1,46. 

Baudoyn (Georges), écuyer de la bouche, conces- 
sionnaire d'un terrain dans le rempart de l'en- 
ceinte de Charles V, I, qh. 

Bauffremont (Hôtel de Marie-Claire DE),rueSaint- 
Nicaise et rue Sainl-Thomas-du-Louvre, voir 
Hôtel d'O, I, io3. 

Bal llery (Jérôme), peintre, travaille à la décora- 
tion du Louvre, II, 75. 

Bavière (Hôtel de Guillaume de), comte palatin du 
Rhin, du Hainaut et d'OsIrevant, rue d'Autriche, 
voir Hôtel d'Ostrevant, I, i5, 10. 

Bavière (Isabelle de), voir Isabeau de Bavière. 

Beauharnais (Hôtel d'Anne de), voir Hôtel de 
Pontchartrain. 

Beaujolais (Bue de), ou d'ARCOLE, I, 70. 

Beaurain (Nicolas), verrier, travaille au Louvre, 
I, 239, a4i, 246, 254. 

Beautreillis (Maison du), puis du Cheval-Blanc, 
probablement divisée plus tard en deux por- 
tions, I'Image-Sainte-Anne et la Fleur-de-Lis, 
rue du Cliantre, paroisse Saint-Germain-l'Auxer- 
rois, haute justice et censive de l'E\êché, I, 
2/1. 

Beauvais (Louis de), menuisier, entretient les 
menuiseries du Louvre et des Tuileries , II , Ap- 
pendices , 2o5, 211, 220. 

Beauvais (Rue de), 1,17 a 20. 

Beauvoir (Rue de), voir Beauvais (Bue de). 

Bedford (Le duc de), régent du royaume, reçoit 
en don l'hôtel de Bourbon, sous condition d'en 



acquitter les redevances arriérées, I, 36. — Il 

achète la bibliothèque du Louvre, 127. 
Belle (Gachon), maçon et entrepreneur, travaille 

au palais des Tuileries, II, Z19. 
Belle-Image (Maison de la), dite auparavant de 

I'Image-Notre-Dame, rue des Poulies, voir Hôtel 

d'Alluye, I, 9/1. 
Belle-Ovale ( Maison de la ) , rue Saint-Louis , voir 

I'Image-Saint-Martin , rueSaint-Honoré, I, 285. 
Bergerie (Maison de la), rue Jean-Saint-Dcnis , 

voir Corne-de-Cerf, I, 71. 
Bergeron (Antoine), entrepreneur, construit le mur 

de soutènement du quai des Tuileries, I, 317. 
Béringhen (Hôtel de Henri de), premier écuyer, rue 

Saint-Nicaise , I, 76. 
Bernard (Jean), charpentier, travaille au Louvre, 

I, i54, 182. 
Berruyer, secrétaire du Boi , concessionnaire d'un 

terrain dans le rempart de l'enceinte de Charles V, 

L7/1. 
Berthin, contrôleur des bâtiments, I, 2 38. 
Bérulle (Pierre de), cardinal, instituteur de la 

congrégation de l'Oratoire en France, I, 29 , 53. 

— Son tombeau dans l'église de l'Oratoire, 55. 
Biart (Noël), dit le grand-père, sculpteur, tra- 
vaille à la décoration du Louvre, I, 2 3o, 232 , 
253, 254, 255. 

Biart (Pierre), dit le père, sculpteur, auteur du 
groupe des Captifs placé dans la Petite Galerie 
du Louvre, I, 262; II, 73, 77. — Sonépilaphe 
dans l'église Saint-Paul, 73. 

Biart (Pierre), sculpteur, fils du précédent, II, 73. 

— Il est waisemblablement le même que le 
Pierre Biard figurant sur l'état des officiers en- 
tretenus par le Roi en 1618, Appendices ,211. 

Bibliothèque du Roi, au Louvre, I, 126, 127, 
i45, 195; II, 106. — Des Feuillants, I, 3o4. 

Ribliothèque (Bue de la), ou rue Champ-Fleuri, 
I, 20. 

Bische-Mouche (Tour de), au Louvre, I, i48. 

Blé (Port au), ou partie orientale du port du 

GUICHET-DU-LOUVRE, I, I7O. 

Blondel, architecte, restaure l'hôtel d'Aumont, 
I, 9 3. 

Boeuf (Maison du), puis du Boeuf-Couronné et du 
Louis-d'Or, rue Saint-Honoré, paroisse Saint- 
Germain-l'Auxerrois, haute justice et censive de 
l'Évêché, I, 55. 

Boeuf (Maison du), rue Jean-Saint-Denis, paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice et cen- 
sive de l'Evêché, I, 71. 



TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES. 



•_>G:> 



Boeuf-Couronné (Maison du), rue Saint-Honoré, 

voir Boeuf, I, 55. 
Boeuf-Couronné (Maison du), rue Saint-Honoré, 

voir Volet-Blanc, I, 55. 
Boeuf-Couronné (Maison du), rue Sainl-IIonoré, 

voir Maison des Trois-Morts-et-des-Trois-Vifs, 

I, 60. 

Boeuf-Couronné (Maison du), puis de la Ville-de- 
Lyon, rue Jean-Sainl-Denis, paroisse Saint-Ger- 
main-rAuxerrois, haute justice et censive de 
l'Evêche ,1,71. 

Boileau, sculpteur, travaille a la décoration de la 
Grande Galerie du Louvre, II, 72. 

Boileau (Jean), maître chaudronnier, travaille au 
Louvre, I, 255. 

Bois (Château de), au Louvre, I, 17A. 

Bois (Le), au jardin des Tuileries, II, 9/1. 

Bois (Tour de), au Louvre, I, 1 69, 169 etsuiv.; 

II, i5a, i53. 

Bois-de-Boulogne (Maison du), rue Jean-Saint- 
Denis, paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois , 
haute justice et censive de l'Evêche, 1,71. 

Boisseau (Maison du), rue des Poulies, paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice de 
l'Evêche', censive du chapitre Saint-Germain- 
l'Auxerrois, 1,95. 

Bon (Mathurin), maître serrurier, travaille au 
Louvre, I, 254. 

Bon-Pasteur (Maison du), rue Jean-Saint-Denis, 
voir Souche, I, 72. 

Bon-Bepos (Maison du), rue du Chantre, voir 
Corne-de-Cerf, I, 2 5. 

Bons-Hommes (Maison des), rue de Beauvais, pa- 
roisse Saint-Germain-l'Auxerrois , haute justice 
et censive de l'Evêche, I, 18. 

Bordeaux (Hôtel de M. de), rue des Poulies, I, 
9 3. 

Bordoni (Francesco), sculpteur italien, figure sur 
l'Etat des officiers entretenus par le Boi en 1 G08 
et 1618, II, Appendices, 2o5, 210. 

Botte-Rouge (Maison de la), rue Saint-Honoré. 
voir Cheval-Blanc, I, 58. 

Bouchage (Du), voir Joyeuse (Henri de), et Hôtel 
du Bouchage. 

Bouchart (Simon), jardinier des Tuileries, II, 
Appendices , 2 1 3 , 221. 

Bouchart ( Yves ) , jardinier des Tuileries , II . Appen- 
dices , 206. 

Boucicaut (Jean le Meingre, dit), maréchal; son 
hôtel, rue des Poulies, 95. 

Boudin (Thomas), sculpteur, figure sur l'État des 
11. 



ofliciers entretenus par le Boi en 1O18. 11. 
Appendices , 211. 
Boulanger (Nicolas), garde des marbres du Louvre. 

1,9. 

Boulart (Jeanne), femme de Jean d'Yvoreau; sou 
épitaphe dans l'église des Quinze -Vingts, I. 
69. 

Boule (Maison de la), rue Fromenteau, voir Che- 
val-Blanc, I, kà. 

Boule-d'Or (Maison de la), rue Champ-Fleuri, 
paroisse Saint-Gerinain-l'Auxerrois, justice et 
censive du Boi, I, 22. 

Boules (Maison des), rue de Beauvais, paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice et cen- 
sive de l'Evêche, I, 19. 

Boulogne (Bon), peintre, auteur d'une Présenta- 
tion au temple placée dans l'église de l'Assomp- 
tion, I, 3i3. 

Bourron (Arche de), voir Arche de Bourbon. 

Bourbon (Armes de), à l'hôtel de Bourbon, I, 37. 
3 9 . 

Bourbon (Chapelle de), à l'hôtel de Bourbon, I. 
38, 39, i35, II, Appendices, 171, 172. 

Bourbon (Henri de), voir Montpensier. 

Bourbon (Hôtel de Louis de), fils aîné du comte de 
Clermont, quai de l'École, voir Hôtel de 
Bourbon, 1 , 33 et suiv. 

Bourbon (Hôtel du connétable de), quai de l'École, 
voir Hôtel de Bourbon. I, 33 et suiv. 

Bourbon (Hôtel de Jacques II de), voir Hôtel de 
Vendôme, I, 4a. 

Bourbon (Marie de), voir Loxgueville. 

Bourbon (Marie-Anne de), fille de Louis XIV: son 
hôtel, rue d'Autriche, voir Hôtel d'Htampes. 
puis de Clermont et de Créquy, I, i5, 16. 

Bourbon (Port de), I, 32. 

Bourbon (Quai), I, 3i. 

Bourbon (Bue de), ou des Poulies, 1, 8'i. 

Bourbon-Soissons, voir Neufchàtel. 

Bourdillon, amateur cité par De Clarac comme 
possédant un tableau qui représentait une vue 
du Vieux Louvre, I, 1^9. 

Bourdin (Michel), sculpteur sur bois, travaille a la 
décoration du Louvre, I, 261, 2 53. û5à. 

Bourgogne (Bue de), ou Saint-Florentin. I. 3i5. 

Boursier (Claude), peintre, figure sur l'Etal des 
officiers entretenus par le Boi en 1618. II. \/t- 
pendices, 212. 

Bouteille (Maison de la), rue de Beauvais. pa- 
roisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice 
et censive de l'Evêche, I, 19. 

3A 



266 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



Bouteville (Maison de Jean de), rue des Poulies, 
\oir Clamecy. 

Boltravs (Rodolphe), auteur d'un poëme latin inti- 
tulé Lutetia; citation d'un passage de son ouvrage 
relatif au jardin des Tuileries, II, Appendices, 

223. 

Bouvier, peintre, fils de Nicolas Bouvier, travaille 
à la décoration du Louvre, II, 7G, et Appen- 
dices, 220. 

Bouvier (Nicolas), peintre, travaille à la décoration 
du Louvre, notamment à l'ornementation delà 
Petite Galerie, II, 76, 76. 

Bouvot (Epitaphe de Germaine) dans l'église des 
Quinze-Vingts, I, 68. 

Braun (Georges), auteur d'un plan de Paris, I, 
Préface, iv. 

Bréant (Pierre), barbier du duc de Bretagne; son 
epitaphe dans l'église Saint-Thomas-du-Louvre, 
I, toi . 

Bretagne (Jean VI, duc de), abandonne la pro- 
priété de la Petite-Bretagne au chapitre de Saint- 
Thomas, I, 79. 

Bretex, dessinateur-géographe, auteur d'un plan 
de Paris, I, Préjace, xx. 

Briconxet (Pierre de), seigneur de Praville; ses 
terres dans la région des Tuileries , 1 , 3 3 1 . 

Brie (Jean de), peintre, travaille à la décoration 
du Louvre, II, 75. 

Brionne (Hôtel de), rue du Carrousel, voir Hôtel 
d'Armvgnac ou de Brionne, I, 282. 

Brisetout (Guillaume), verrier, travaille au Louvre, 
1, i83, i84. 

Brosse (De), voir De Brosse. 

Bruges (Maison appartenant au prévôt de), rue 
d'Autriche, voir Hôtel Saint-Pol, I, 12. 

Brunetti, peintre, travaille à la décoration de la 
chapelle de l'hôtel de Noailles, I, 298. 



Budé (Antoinette), première femme de Germain de 
Valenciennes; son epitaphe dans l'église Saint- 
Thomas-du-Louvre , 1 , 101. 

Buet (Gilles), maître es arts, notaire du roi au 
Châtelet; son epitaphe dans l'église des Quinze- 
Vingts, I, 69. 

Bullant (Charles), architecte, neveu de Jean Bul- 
lant, I, 266; H, 34. 

Bullant (Jean), architecte, I, 233, 266, 275. — 
On lui attribue à tort les premiers travaux de 
construction de la Grande et delà Petite Galerie, 
263. — Benseignemenls sur sa vie, II, 29, 3o. 
— Ses traités d' ' Horlogiographie (gnomonique) 
et d'Architecture, 3o, 3i, 32. — Devenu archi- 
tecte de Catherine de Médicis et surintendant 
des bâtiments, il dirige les travaux des Tuileries, 
32, 33, 107. — Sa famille, 34. — Son testa- 
ment, 34, 35. — Question soulevée au sujet de 
ses travaux, 35, 36, 37. 

Bulunt (Pavillon de) aux Tuileries, II, 93. 

Bullet, architecte, essaye d'achever le grand esca- 
lier du palais des Tuileries, II, i5. 

Bunel (Jacob), peintre, décore la salle des Antiques 
au Louvre, I, 267. — Il travaille à un tableau 
destiné à l'église des Feuillants, 3o2. — Il con- 
tribue à enrichir de peintures les galeries du 
Louvre, H, 67, 68, 70, 74. — Il n'accepte pas 
la proposition qui lui est faite d'exécuter, au 
lieu de Toussaint du Breul, les peintures dont 
celui-ci tracerait les dessins, 7/1, 75. — Il tra- 
vaille à la décoration du palais des Tuileries, 
g3, et Appendices , 2o5. — Il est compris au 
nombre des Illustres ,101. 

Buste-du-Roi (Maison du), rue Champ-Fleuri, 
paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute jus- 
lice et censive de l'Evêché, I, 21. 

Buttes (Quai des), ou de I'École, I, 3o à 39. 



c 



Cadran (Cour du), ou Grand Cloître du chapitre 
Saint-Nicolas-du-Louvre, I, 111. 

Cage (Maison de la), rue du Chantre, voir Fon- 
taine (Maison de la), I, 2 5. 

Cage (Maison de la), rue Saint-Honoré, voir Ecu- 
de-France. I, 61. 

Cage (Maison de la), rue Jean-Saint-Denis, voir 
Saint-Esprit , 1 , 71. 

Caillou (Jean), jardinier, travaille au Louvre, I, 
i 9 5. 



Capitaine ou Châtelain du Louvre, I, 16, 127, 
128. 

Capitainerie (La), ou le Gouvernement, rue d'Au- 
triche, I, 16. 

Captifs (Le groupe des), par Pierre Biarl, au 
Louvre, I, 262; II, 73. 

Capucins (Couvent des), rue Saint-Honoré, I, 307, 
3o8, 309. — Son église, 3o8, 309. 

Caque, architecte, entreprend la construction du 
portail de l'église de l'Oratoire, 1,54. 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 



267 



Carneaux (Hôtel des), rue Sainl-Honoré, voir Hôtel 

DES CuiNEAUX, I, 299. 

Oarneujx (Maison des), puis de I'Echiqiier, rue 
Sainl-Honoré, paroisse de Sainl-Germain-l'Auxer- 
rois, puis de Sainl-lîoch, liante justice et cen- 
sive de l'Évêché, [, 297. 

Carrières d'où ont élé lires les matériaux de la 
construction des Tuileries, II, 7. 

Carrousel (Place du), I, 76. 

Carrousel (Rue du), continuation de la rue de 
{'Echelle, I, 282. 

Carrousel (Rue du), ou rue Impériale, I, 96. 

Carrousel (Terrain de la place du), I, 280. 

Caruessequi (Bernard de), intendant des planta- 
tions du jardin des Tuileries, H, 5o. 

Caryatides (Salle des), au Louvre, I, 222, 223, 
228, 230, 237. 

Castellan (Hôtel d'Honorat de), conseiller et mé- 
decin de Charles IX, rue des Poulies, voir Petit- 
Alençon, I, 88. 

Castiglione (Rue de), I, 309. 

Catherine de Médicis enrichit le Cabinet des livres , 
au Louvre, I, 127. — Son chiffre au Louvre et 
à la colonne de la Halle au blé, 228. — Ses ap- 
partements au Louvre, 25o, a5i, 252. — Elle 
acquiert plusieurs maisons dépendantes du grand 
bâtiment de la Poterie, situé dans la rue de 
l'Echelle, 279, 293. — Elle achète la maison de 
la Coquille, située dans la rue Sainl-Honoré, pour 
la donner aux Capucins, 807, 3o8. — Elle l'ait 
poser par son fils Charles IX la première pierre 
des fortifications destinées à protéger le château 
des Tuileries, 3 18. — Inscriptions en son hon- 
neur gravées sur des médailles que fait frapper 
le Corps municipal, 319. — Elle publie des 
lettres patentes ordonnant la démolilion du palais 
de la Tournelle , II , 1 . — Elle acquiert divers 
terrains nécessaires pour la construction de son 
palais projeté et la création de son parc, 2 et 
suiv. — Elle se fait allouer par Charles IX des 
sommes considérables pour la construction de 
son nouveau palais des Tuileries, 7, 8. — 
Elle conlracte dans le même but un emprunt 
avec un banquier Florentin, 8. — Ses plans 
primitifs pour la construction des Tuileries, 9. 
— Réalisation d'une partie de ses projets, 
9 et suiv. — Sa devise aux Tuileries, 36. — 
Comptes des dépenses des travaux commandés 
par elle aux Tuileries en 1570 et 1571, A 9 cl 
suiv. — Elle renonce à continuer les Tuileries , 
5q, 53. — Étal des Tuileries à sa mort, 55. 



— Accord l'ail entre elle cl deux bourgeois de 
Paris pour le recouvrement des restes des 
comptes affectes à la construction des Tuileries 
lettres patentes et arrêts serapportanl au même 

objet, Appendices, 10/1 à 201. — Elle est féli- 
citée par Philibert de l'Orme et par Ramus, 
Appendices, 222. — Elle nomme Nicolas Mole 
général de ses finances en remplacement de 
Rcgnaull de Reaune, Appendices, 324 à 337. 

— Ses intendantes, Appendices, 229 à 233. — 

Elle donne des fêles dans le jardin de la Coquille 
el dans celui des Tuileries, Appendices , ->38 à 
a4l. — Elle trame aux Tuileries les massacres 
de la Saint-Barthélémy, Appendices , 2 '12. — 
Appréciations des causes qui la déterminèrent à 
abandonner les Tuileries, Appendices , 2A2, 243. 

— Ses finances , Appendices , 2 h h , 2 \ 5 , 2 h 0. — 
Comptes des réparations et de l'ameublement 
de sa maison de la rue des Poulies, Appendices , 
2'iG à 2Ô2. — Remarque à faire à propos de 
ces comptes, Appendices, s5i. 

Gauche (Samuel) reçoit en don, de Louis XIII, 
des terrains situés rue Sainl-Nicaise, I, 79. 

Caumont (Jacques NomparDE), voir La Force. 

Cellerier, architecte, construit les écuries de l'hôtel 
Fitz-Jamos, I, 3 1 5. 

Cellier (Jacques); fac-similé d'un de ses dessins 
représentant la vue du Louvre dans la seconde 
moitié du xvi" siècle, i3A. 

Central (Pavillon), voir Pavillon centrvl. 

Cei'-de-Vigne (Maison du), rue des Orties, voir 
Treille, I, 8 h. 

Cerf (Maison du), rue Saint-Honoré, voir [mage- 
Saint-Jacques, I, 50. 

Cerf (Maison du), puis de la Corne-de-Cerk el de 
la Reine-d' Angleterre, rue Sainl-Honoré, pa- 
roisse Saint-Gerniain-l'Auxerrois, haute justice 
et censive de PÉvêché, I, 50. 

Cerf (Maison du), puis de la Corne-de-Cerk, du 
Petit-Cerf et de la Couronne, paraissant avoir 
eu aussi pour enseigne I'Fcu-Vert, rue Sainl- 
Honoré, paroisse Sainl-Germain-l'Auxerrois , 
haute justice et censive de l'Évêché, I. 07. 

Cerf-Volant ( Maison du ) , rue du Dauphin . paroisse 
de Sainl-Germain-l'Auxerrois, puis de Saint- 
Roch, haute justice et censive deTEvêché, 1. 296. 

Ghabannes (François de), comte de Saignes, sa 
maison rue Sainl-Honoré. voir Imu.e-Notrl- 
Dame, I, 3i3. 

Chalgrin, architecte, conslruil l'hôtel du duc delà 
Vrillère, 3i5. 

34, 



268 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



Chambiges ( Perretle), femme de Guillaume Guillain , 
1 , 964. — Son épitaphe dans l'église Saint-Ger- 
vais, 265. 

Ch U4BIGES (Pierre I), maître des œuvres et du pavé 
de la ville, visite les fortifications avec les Ma- 
gistrats municipaux, I, 26/i. — Son épitaphe 
dans l'église Saint-Gcrvais, 265. 

Chambiges (Pierre II), architecte du Louvre, sa 
signature, I, 208. — Il est l'édificateur de la 
Pelile Galerie, 2 63, 267. — Sa famille, I, 2 63, 
26/1, 265, 266, 267; II, 107. — Armes de sa 
famille, I, 265. — Aperçu de sa vie, 265,266. 

— Il figure parmi les entrepreneurs choisis pour 
construire la Grande Galerie, I, 267; II, Ap- 
pendices, 201, 202. 

Chambre de parade de Charles V, au Louvre, I, i55, 
1 56. — Du Dauphin , ibid. 1 56. — De Henri II , 
ibid. 23o, a3l, 232. 

Champagne (Philippe de), peintre, décore le re- 
table de la chapelle de l'hôtel de Noailles ,1,298. 

Champ-Fleuri (Maison du), paraissant avoir eu 
plus tard pour enseigne la Corne-de-Cerf, rue 
Champ-Fleuri , paroisse Saint-Germain-l'Auxer- 
rois, haute justice et censive de l'Evêché. I, 22. 

Champ-Fleuri (Rue du), I, 20 à 2 3. 

Champion (Jacques), entrepreneur de maçonnerie 
pour la construclion du palais des Tuileries, 

Champ-Pourri (Le), I, 62. 

Chanoines (Rue des), ou Saint-Thomas-du-Louvre, 
I, 9 5. 

Chanteule (Hôtel de M. de), ayant d'abord appar- 
tenu à M. de Rolinde, rue Sainl-Nicaise, I, 76. 

Chantre (Rue du), I, 23 à 26. 

Chapeau-Rouge (Maison du), divisée plus tard en 
deux portions, la maison du Croissant, peut- 
être dite ensuite de l'Ecu , et celle de I'Etoile- 
d'Or, rue du Coq, paroisse Saint-Germain- 
l'Auxerrois, haute justice et censive de l'Evêché, 
I, 27. 

Chapeau-Rouge (Maison du), rue Jean-Saint-Denis, 
voir Cheval-Blanc ,1,71. 

Chapelet (Maison du), rue du Chantre, voir Croix- 
Blanche, I, 25. 

Chapelle de l'hôtel de Bourbon, I, 38, 39, 1 35; 
H , Appendices , 171, 172. — Saint-l\icaise, I, 
78. — Saint-Nicolas-du-Louvre ,110,111,112. 

— De l'hôtel de Noailles, 298. 

Chapelles du Louvre, I. i35, i52, i53, i54, 

i55, 1 56 ; II, 117. 
Chapponay (Guillaume de), contrôleur général des 



bâtiments des Tuileries, II, /19, et Appendices, 
178, 228, 235. 

Chariot (Maison du), ou du Chariot-Rouge, plus 
lard du Chariot-Royal , dont une dépendance a 
eu pour enseigne l'Autruche , rue Saint-Honoré, 
paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute jus- 
tice de l'Evêché, censive du chapitre de Saint- 
Germain-l'Auxerrois , I, 52. 

Chariot-d'Or (Maison du), rue Saint-Honoré, pa- 
roisse Saint-Germain-l'Auxerrois , haute justice de 
l'Evêché, censive du fief de Fromenleau , 1 , 58. 

Chariot-Royal (Maison du), rue Saint-Honoré, 
voir Chariot, I, 52. 

Charles IV, empereur d'Allemagne, visite le Lou- 
vre, I, 125. 

Charles V accorde une indemnité à la communauté 
de Saint-Nicolas-du-Louvre , lésée dans ses inté- 
rêts, I, 110. — Il fait exécuter au Louvre des 
travaux considérables , 126, 1 a5 ; II , 106, i53 
et suiv. — Il enferme ses joyaux dans une des 
chambres du Louvre, I, 126. — Il fonde la 
Bibliothèque royale, 126, 127, i45; II, 106. 
— Ses statues au Louvre, I, i3o, 1/17, i5o. — 
Il fait construire le grand escalier ou Grande-Vis 
du Louvre, 1 4g ; II, 106, i5i. — Ses libérali- 
tés envers le fils de Raymond du Temple, dont 
il est le parrain, I, i5i. — Il donne l'hôtel des 
Lions à deux officiers de sa maison, 159. — 
Son enceinte , voir Enceinte. 

Charles VI cède au seigneur de Bacqueville un 
jardin situé rue d'Autriche, I, 10. — H permet 
de conduire à l'hôtel de Bourbon une partie de 
l'eau amenée au château du Louvre, 36. — Ses 
armoiries à l'hôtel de Bourbon, 3g. — Id. dans 
l'église Saint-Nicolas-du-Louvre , 111. — Il per- 
met aux merciers de tenir leurs assemblées dans 
une des salles du palais, 78. — Le manoir de 
la Petite-Bretagne lui appartient, 80. — Sous 
son règne les Maillotins veulent détruire le 
Louvre, 12 5. — Il ordonne aux Parisiens de 
porter leurs armes au Louvre, 12 5. — Sa statue 
au Louvre, 1/17. — Il fait construire la tour de 
Bois, 17/1. — Ses lettres relatives au clos des 
Quinze-Vingts, 287, 288. — État du Louvre 
sous son règne, II, 162. 

Charles VII fait exécuter sa statue et celle de 
Charles VI par Philippe de Foncières et Guil- 
laume Jasse, I, 1/17. 

Charles VIII fait plusieurs acquisitions pour la 
Bibliothèque royale, I, 127. 

Charles IX; sa participation à l'exécution des mas- 



TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES. 



2C9 



sacres de la Saint-Barthélémy, I, 37, 260, 262 , 
268. — Il acquiert deux maisons dans la rue 
Fromenteau, /17. — Il transfère à l'arsenal des 
Gëlestins le siège du bailli de l'artillerie établi 
au Louvre, 126, 2 56. — Il poursuit la cons- 
truction de l'aile méridionale du Louvre, 269 
et suiv. — Son chiffre au Louvre, 2 5o, 25 1. 

— Compte des travaux du Louvre sous son 
règne, 253 et suiv. — Il entreprend la cons- 
truction de la Grande et de la Petite Galerie, 
256 et suiv. — Il permet aux Frères mineurs 
Capucins de s'établir en France, et les prend 
sous sa protection particulière, 3o8. — Il pose 
la première pierre des fortifications destinées à 
proléger le château des Tuileries, 3 18. — Ins- 
criptions en son honneur gravées sur des mé- 
dailles que fait frapper le Corps municipal, 3 19. 

— Il alloue à sa mère des sommes considérables 
pour la construction du palais des Tuileries, 
II, 8. — Il recommande au Prévôt des Mar- 
chands des travaux ayant pour but l'assainisse- 
ment du faubourg Saint-Honoré, 52. — Il ratifie 
l'accord fait entre sa mère et deux bourgeois de 
Paris pour le recouvrement des restes des comptes 
affectés à la construction des Tuileries, Appen- 
dices, 197, 198, 199. — Il trame aux Tuileries 
les massacres de la Saint-Barthélémy, Appen- 
dices, 2^2. 

Charles-Quint (Travaux d'appropriation au Louvre 
pour la réception de), I, 2o5, et Appendices , xi. 

Charlet (Catherine), alias Harlet, femme de Jean 
Noplet; sonépilaphe dans l'église Saint-Thomas- 
du-Louvre, I, 102. 

Charpentier dessine le nouveau jardin de l'hôtel 
de Noailles, et dirige les grisailles exécutées dans 
la chapelle de ce même édifice, I, 298. 

Charpentiers et Couvreurs, voir Amaury (Claude), 
Albert (Jean), Aux Boeufs (Jean), Bernard 
(Jean), Chartres (Jean de), Fontaine (Léonard), 
Girard (Claude), Hullot (Nicolas), Leduc (Rol- 
land), Le Gay (Jean), Le Peuple (Jean), Mar- 
chant (Charles), Penelle (Claude), Vaillant 
(Guillaume). 

Chartres (Jacques de), sculpteur, auteur d'une 
des statues destinées à orner le grand escalier 
du Louvre, I, i5o. — Il fait venir des matériaux 
pour la construction du Louvre, 190. 

Chartres (Jean de), maître de la charpenterie, prend 
part à la construction du collège de Béarnais, 
II, i55. 

Chartres (Rue de), ou de Malte, I, 70. 



Chartreuse (Maison de la), rue Saint-Honoré, voir 
Citerne, 1 , 3i h. 

Chasse-Royale (Maison de la), rue Saint-Honoré, 
voir Image-Saint-Jacques, 1, 56. 

Chasse-Royale (Maison de la), rue Saint-Honoré , 
voir Nef-d'Argent, I, 56. 

Château du Louvre, I, 1 13 et suiv. — Des Tuile- 
ries, 325 et suiv.; II, 1 et suiv. 

Chàteau-d'Eau (Le), place du Palais-Royal, I, 60. 

ChÂteau-FÉTU (Rue du), ancienne section de la 
nie Saint-Honoré, I, 69, 5o. 

Château-Royal (Maison du), rue Fromenteau, voir 
Ecu-de-France, I, 45. 

ChÀteauvieux (Henri de), voir Savoie. 

CiiÂtel (Jean); endroit où il commit son attentat 
contre la vie de Henri IV, I, /17. 

Châtelains ou Capitaines du Louvre, voir Dan- 
ville (Jean de), Genlis (Le sieur de), Luvnes 
(Charles d'Albert de), Marigny (Enguerrand de), 
Renaud, Séguin. 

Chat-Lie" (Maison du), rue Fromenteau, paroisse 
Saint- Germain -l'Auxerrois, haute justice de 
l'Evêché, censive du fief de Fromenteau, I, Ai. 

Chaulnes (Maison d'Antoine de), trésorier des 
guerres, rue des Poulies, voir Clamecy. 

Chaumont (Guy de), seigneur de Quitry; son hôtel, 
rue des Orties, bâti sur l'emplacement de l'hôtel 
Matignon, I, 8/1. 

Chaumont (Jean de), maître maçon, travaille au 
Louvre, I, 182, 186, 187. 

Chausse (Maison de la), rue du Coq, voir Pomme- 
de-Pin, I, 27. 

Chef-Saint-Denis (Maison du), réunie plus tard à 
Y hôtel de Yignolles de la rue Saint-Honoré, rue 
Fromenteau , paroisse Sainl-GermainTAuxerrois, 
haute justice de l'Evêché, censive du fief de Fro- 
menteau, I, hli. 

Ciii'sy (Jean de Fourcy, sieur de), voir Fourcy. 

Cheval-Blanc (Maison du), rue de Béarnais, voir 
Gobelet-d'Argent, I, 18. 

Cheval-Rlvnc (Maison du), rue de Béarnais, pa- 
roisse Sainl-Cermain-l'Auxerrois, hautejustice de 
l'Evêché, censive du fief de Fromenteau, I, 19. 

Cheval-Blanc (Maison du), rue Champ-Fleuri, 
paroisse Saiiit-Gerinain-l'Auxerrois, hautejus- 
tice et censive de l'Evêché, 1,2 2. 

Cheval-Blanc (Maison du), rue Champ-Fleuri, 
voir Cheval-Rouge, 1,2 3. 

Cheval-Blanc (Maison du), rue du Chantre, voir 
Reautreillis, I, -i'\. 

Cheyal-Bunc (Maison du), rue du Coq. paroisse 



270 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



Saint-Germain-rAuxerrois, haute justice et cen- 
sive de l'Evêché, I, 3o. 

Cheval-Blanc (Maison du), dite ensuite I'Hôtel 
Bourgeois, la Boule et I'Image-Saint-Louis, rue 
Fromenteau, paroisse Saint-Gerniain-l'AuxeiTois, 
haute justice de l'Évêché, ccnsive du fief de 
Fromentean, I, 44. 

Cheval-Blanc (Maison du), puis du Sabot et de 
I'Image-Saint-Louis, rue Fromenteau, paroisse 
Saint-Germain-rAuxerrois, haute justice de 
l'Evêché, censive du fief de Fromenteau, I, 46. 

Cheval-Blanc (Maison du), puis de I'Image-Sainte- 
Geneviève et de la Botte-Bouge, rue Sakxt-Ho- 
noré, paroisse SainUGermainJ'Auxerrois, haute 
justice et censive de l'Evêché, I, 58. 

Cheval-Blanc (Maison du), rue Saint-Honoré, voir 
Tète-Noire, I, 57. 

Cheval-Blanc (Maison du), rue Saint-Honoré, pa- 
roisse de Saint-Germain-rAuxerrois, puis de 
SaintTBoch, haute justice et censive de l'Evêché, 
I, 292. 

Cheval-Blanc (Maison du), puis du Coq et du 
Chapeau-Bouge, rue Jean-Saint-Denis, paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice et cen- 
sive de l'Évêehé, I, 71. 

Cheval-Blanc (Maison du), rue Jean-Saint-Denis, 
voir Ecu-de-Berrv, I, 72, 73. 

Cheval-d'Or (Maison du), rue du Chantre, voir 
Image-Sainte-Barbe, I, 26. 

Cheval-Noir (Maison du), rue du Chantre, voir 
Petit-Cerf, I, 2 5. 

Cheval-ÏVoir (Maison du), rue Jean-Saint-Denis, 
\oir Saint-Esprit, I, 71. 

Cheval-Noir (Maison du), rue Fromenteau, voir 
Corne-de-Cerf, I, 45. 

Cheval-Bouge (Maison du), rue Champ-Fleuri, 
voir Patin, I, 22. 

Cheval-Piouge (Maison du), puis du Cheval-Blanc, 
de l'Ëcu- de -Bretagne et du Croissant, rue 
Champ-Fleuri , paroisse Saint-Germain-l'Auxer- 
rois, haute justice et censive de l'Evêché, 1,2 3. 

Cheval-Bouge (Maison du), appelée plus lard 
Petit-Soleil tout en conservant son enseipne 
primitive, et ayant formé deux maisons, dont 
l'une avait pour enseigne les Images-Saint-Siméon- 
et-Saint-Jude, rue Fromenteau, paroisse Saint- 
Germain-l'Auxerrois, haute justice de l'Évêché, 
censive du fief de Fromenteau, et rue Saint- 
Thomas-du-Louvre, même paroisse et même 
justice que ci-dessus, mais censive de l'Évêché, 
I, 43, 109. 



Ciieval-Rouge (Maison du), puis de I'Écu-de-France. 
ayant aussi eu pour enseigne I'Écu-de-Navarre . 
rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Germain- 
rAuxerrois, haute justice de l'Évêché, censive 
du chapitre de Saint-Germain-l'Auxerrois, 1,5». 
— Partie de celte maison, rue des Poulies, 95. 

Cheval-Boval (Maison du), rue Jean-Saint-Denis , 
voir Ecu-de-Berry, I, 72, 73. 

Cheverny (Le comte de) est autorisé à clore de 
murs la partie des fossés comprise entre la troi- 
sième porte Saint-Honoré et le jardin des Tui- 
leries, I, 3i5. 

Chevreuse (Hôtels de Claude de Lorraine, duc de): 
i° rue d'Autriche, voir Hôtel d'Etampes ou 
d'Aumale, I, 10, 11; 2° rue Saint-Thomas-du- 
Louvre, voir Hôtel d'O, io3. 

Chevreuse (Hôtel de Pierre, seigneur de), rue 
Fromenteau et rue Saint-Thomas-du-Louvre , 
voir Hôtel de Vendôme, 1,42. 

Childebert est mentionné à tort par un historien 
comme le fondateur du Louvre, I, 11 3. 

Chiffre de Henri II et Diane de Poitiers, au Lou- 
vre, I, 227, 228. — De Henri II et Catherinede 
Médicis, àla colonne de la Halleau blé, 228. — 
De Henri II, au Couvre, 2 5o. — De Charles IX, 
auLouvre, s5o,a5i. — De Henri IV et Gahrielle 
d'Estrées, au Louvre, 260; II, 61, 73. — De 
Henri IV, au Louvre, I, 269. — De Henri IV et 
Marie de Médicis, au Louvre, II, 6>3. — H. aux 
Tuileries, 93. — De Henri IV, au jardin des 
Tuileries, 98. 

Choisy (Hôtel du duc de), rue d'Autriche et rue 
des Poulies, \oir Petit-Alençon, I, 88, 

Christine de Pisan parle du Louvre, 134;. 

Cipikres (Hôtel de la famille de), rue d'Autriche et 
rue des Poulies, voir Hôtel d'Alluye, I, g4. 

Citerne (Maison de la), puis de la Chartreuse, 
rue Saint-Honoré, paroisse de Saint-Germain- 
l'Auxerrois, puis de Saint-Boch, haute justice et 
censive de l'Évêché, I, 3i4. 

Civeton, dessinateur, seconde De Clarac dans la 
composition d'un plan de l'ancien Louvre, I, 
i5a. 

Clamecy (M" Gilles de), prévôt de Paris; sa maison , 
rue des Poulies, paroisse Saint-Germain-l'Auxer- 
rois, haute justice de l'Évêché, censive du cha- 
pitre Saint-Germain-rAuxerrois, I, 93. 

Clarac (De) , auteur d'une Description du Louvre; 
appréciation de cet ouvrage, I, i52. 

Clef (Maison de la), puis du Pot-d'Etain, du 
Petit-Panier, du Panier-Vert et de la Ville- 



TABLE ALPHABÉTIQ 

de-Lude, rue Saint-Hoin»n : , paroisse Saint-Ger- 
main-l'AuseiTois, haute justice cl censive «le 
l'Évéehé, I, 5 7. 

Clericy (Antoine), potier émajlleur, II, Appendices, 
209. 

Clermont (Hôtel du comte de), rue d'Autriche, 
voir Hôtel d'Etampes, I, i4, i5. 

Clèves (Catherine de), -duchesse de Guise; son 
hôtel, rue d'Autriche, voir Hôtel d'Etampes ou 
u'Aumale , 1 , 10, 11. 

Clichy (Chemin de), I, 5o, 5i. 

Cloche-d'Argent (Maison de la), puis du Grand- 
Alexandre, rue Champ-Fleuri, paroisse Sainl- 
Germain-l'Auxcrrois, haute justice et censive de 
L'Évéehé, I, a3. 

Cloches (Jardin et logis des), clans la région des 
Tuileries , 1 , 33 1 ; II , 2,3,5, C. 

Cloître Saint-Louis, ou ensemble des bâtiments 
claustraux dépendant de la chapelle Sainl-Nicolas- 
du-Louvre , 1 , 1 1 1 . 

Clos des Aveugles, ou des Quinze-Vingts, I, 285 
et suiv. 326 et suiv. 34 1 et suiv. — Des Essarls , 
286, 288, 291. — De la Poterie, 292. — Pi- 
geon, 3 10. — Maudolc, 326 et suiv. — De 
Guillaume de Moucy, 3a 6, 327, 32 8. — Le 
Viste, 33o, 33 1. — Le Gendre, II, 5. 

Clouet (Pierre), sous-contrôleur des jardins du 
Pioi, II, Appendices, 219. 

Coches (Maison des), rue des Poulies, acquise pour 
l'agrandissement de l'hôtel de Bourbon, 1, 34. 

Cochet (Christophe), sculpteur, figure sur l'Etat 
des officiers entretenus par le Roi en 1618, 
II, Appendices, 211. 

Coeur-Navré (Maison du), rue de l'Echelle, voir 
Piei)-de-Biciie, I, 279. 

Coétanfao (Hôtel de François-Toussaint, marquis 
de), rue Saint-Nicaise, voir Hôtel de Créquy 
et d'Elbeuf, I, 78. 

Coin (Jean), ou Plain, architecte, élève la Petite 
Galerie du Louvre, II, 8, 76, 108. — Il est 
employé comme expert avec les jurés du Roi 
et entreprend divers travaux, 78. 

Con (Tour du), ou Jeiian-de-Lestang , I, 1 65 , 
166, 167, 169, 174, 175, 176; H, 1 33. 

Collégiale de Saint-Honoré, I, 2 3. — De Sainl- 
Thomas-du-Louvre, 96 et suiv. 

Colletet ( Armand ), tourneur de pierre et de bois, 
travaille au Louvre, I, 21 4, 247. 

Collin (Rémi), maître des œuvres de maçonnerie 
du Roi, s'engage à exécuter les travaux de cons- 
truction de l'église des Feuillants, I, 3o2. — Il 



UE DES MATIÈRES. 



271 



ligure sur l'Etat des officiers entretenus par le 
Roi en 1624 , II, 2 18. 

Colomre (Maison de la), puis Petit Hôtel de 
Villeouier et Hôtel de Provence, rue des Pou- 
lies, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute 
justice de l'Évéehé, censive du chapitre de Saint- 
Germain-l'Auxerrois, I, 92, 93. 

Colombel (Jean), maçon, travaille au Louvre, I, 
i5i, 196. 

Colombier (Jean), peintre, travaille à la décoration 
du Louvre, II, 75. 

Combault (Hôtel de Robert de), seigneur d'Arcis- 
sur-Aube, premier maître d'hôtel du Roi, 1,87. 

Communautés, voir \ssomi>tion, Capucins, Feuil- 
lants, Oratoire, Saint-Nicolas-du-Loivre. 

Communs du Louvre , I, 161. 

Compas (Maison du), rue Saint-Nicaise, voir Epée- 
de-Bois, I, 79. 

Compas (Maison du), rue du Dauphin, paroisse de 
Sainl-Germain-rAuxerrois, puis de Saint-Rocb, 
haute justice et censive de l'Evêché, I, 296. 

Compas (Rue du), I, 83. 

Comptables, trésoriers, contrôleurs et intendants 
des bâtiments royaux men lionnes dans les comptes 
du Louvre et des Tuileries ou dans l'État des offi- 
ciers entretenus par le Roi pour le service du 
Louvre et des Tuileries, voir Aubert (Thomas), 
Berîhtn, Ca&uessequi, Chaponay (Guillaume 
de), Clouet (Pierre), Culdoë (Pierre), Des 
Hôtels (Pierre), Donon (Jean et Louis de), Du 
Perron (Marie île Pierrevive, dame). Dorant 
(Jean), Foi.rcy (Henri et Jean de). Gelée (Jean), 
Gondi (Pierre de), Grand- Remy (Etienne), 
Haruy (Nicolas de), La Barre (Jean de ). Maison 
celles (De), Margerit (Léonard), Michel (Jac- 
ques), Neufmlle (Nicolas de), Régnait (Pierre). 
Sully (Le duc de), Veau (Alain ), Verdun (Jean 
de). 

Comptes des dépenses faites au Louvre sous 
Charles V, I, 181 à 199. — Jd. sous Henri II, y 
compris les comptes se rattachant à cinq mois 
et demi du règne de François II. 238 à 247. 
— Id. sous Charles 1\, a53 à 25(3. — Des dé- 
penses laites pour la construction des Tuileries 
en 1570 et 1 ."> 7 1 , II. kg, 5o, 5i. — De divers 
droits et cens au profil du Prieur de Saint-Denis- 
de-la-Chartre, Appendices, 189. 190, 191. — 
Des dépenses faites au Louvre et aux Tuileries en 
l6a&, Appendices , 21 G, 217, 218. — De di- 
verses dépenses et recettes de Catherine de \Ié- 
dicis, Appendices, 229 à 233. — De la fontaine 



272 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



des Tuileries, Appendices, 2 33 à 2 36. — De la 
grotte émaillée des Tuileries , Appendices, 2 36 
à 2 38. — Des travaux pour les préparatifs des 
fêtes données dans le jardin de la Coquille, 
Appendices, 2 38, s3c), 2 4o. — De diverses re- 
cettes de Catherine de Médicis , Appendices , 2 4 4 , 
2/i5, 246. — Des réparations et de l'ameuble- 
ment d'une maison située dans la rue des Poulies 
et appartenant a Catherine de Médicis, Appen- 
dices, 2 46 à 2 52. 

Concim, maréchal d'Ancre; sa maison, rue d'Au- 
triche, 1,8, 9. — Endroit où il fut assassiné, 
9, 1/17. 

Conférence (Porte de la), I, 3ai, 322 , 323, 324. 

Conseil (Chambre du), au Louvre, I, i48. 

Conseil (Salle du), au Louvre, I, 1 56 , i56. 

Contant, architecte du Roi, élève un bâtiment dans 
le jardin de l'hôtel de Longueville acheté par les 
fermiers généraux, I, io4. 

Contre-sceau du chapitre de Saint-Thomas-du- 
Louvre, I, 100. — Id. gravure qui le repré- 
sente , 111. — Du collège Saint-Nicolas ,112. 
— Id. gravure qui le représente ,111. 

Contrôle (Maison du), bâtie sur remplacement de 
l'hôtel Matignon, rue des Orties, I, 84. 

Conty (Hôtel de Louise de Lorraine, princesse 
de), rue d'Autriche, voir Hôtel de Retz et de 
Conty, I, 16, 17. 

Conty (Hôtel de la princesse de), rue d'Autriche 
et rue des Poulies, voir Hôtel d'Alluye, I, 96. 

Convention (Rue de la) , ou du Dauphin, I, 295. 

Coq (Maison du), rue d'Autriche, emplacement 
non déterminé , 1 , 12. 

Coq (Maison du), ou du Grand-Coq, qui contribua 
à former I'Hôtel du Rouchage, rue du Coq, pa- 
roisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice 
et censive de l'Ëvêché, I, 26, 29. 

Coq (Maison du), rue du Coq, voir Magdeleine. 
I, 88. 

Coq (Maison du), rue Jean-Saint-Denis, voir Che- 
val-Blanc . I, 71. 

Coq (Maison du), rue Saint-Honoré, voir Ecu-de- 
France, I, 292. 

Coq (Rue du), I, 26 à 29. 

Coquille (Maison ou hôtel de la), rue Saint-Ho- 
noré, paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, 
puis de Saint-Roch, haute justice et censive de 
rÉvêché, I, 307, 3o8. — Son jardin, II, /19, 
et Appendices, 2 38 à 2 Ai. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), rue Champ-Fleuri, 
voir Image-Saint-Nicolas , 1 , 21. 



Corne-de-Cerf (Maison de la), rue Champ-Fleuri , 
voir Maison du Champ-Fleuri, I, 22. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), rue Champ-Fleuri, 
voir Corne-de-Daim, I, 22. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), puis du Lion-d'Ar- 
gent, rue Champ-Fleuri, paroisse Saint-Ger- 
main-l'Auxerrois, haute justice et censive de 
rÉvêché, I, 2 3. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), pouvant être une 
des parties de la maison du Croissant, rue du 
Chantre, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, 
haute justice et censive de rÉvêché, 1, 26. 

Corne-de-Cerf (Maison delà), puis du Ron-Repos, 
dont un des corps d'hôtel portait peut-être l'en- 
seigne du Louis-d'Or , rue du Chantre , paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice et cen- 
sive de l'Ëvêché, 1,2 5. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), rue du Coq, voir 
Maison de la Corne-de-Cerf et du Sabot, I, 
27. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), rue Fromenteau, 
paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute jus- 
lice de l'Ëvêché, censive du fief de Fromenteau, 
I, ii. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), puis du Cheval- 
Noir, rue Fromenteau, paroisse Saint-Germain- 
l'Auxerrois, haute justice de l'Ëvêché, censive du 
fief de Fromenteau, I, 45. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), puis des Lions, 
réunie plus tard à d'autres maisons pour former 
I'Hôtel de Souvré, rue Fromenteau , paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice de 
l'Ëvêché, censive du fief de Fromenteau, I, 46. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), rue Saint-Honoré, 
voir Cerf, I, 56. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), rue Saint-Honoré, 
voir Cerf, I, 57. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), rue Saint-Honoré, 
voir Maison des Trois-Morts-et-des-Trois-Vifs , 
I, 60. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), dite plus tard 
I'Hôtel DEPLUviNEL,rue Saint-Honoré, paroisse 
de Saint-Germain-l'Auxerrois, puis de Sainl- 
Roch, haute justice et censive de l'Ëvêché, I, 
289, 294. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), et aussi du Lion- 
d'Or, rue Saint-Honoré, paroisse de Saint-Ger- 
main-l'Auxerrois, puis de Saint-Roch, haute 
justice et censive de l'Évêché, I, 290, 297. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), puis de la Ber- 
gerie , rue Jean-Saint-Denis , paroisse de Saint- 



TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES. 



■273 



Germain-l'Auxcrrois, haute justice cl censive de 
l'Evéché, L71. 

Corne-de-Cerf (Maison do la), rue Jcan-Sainl- 
Donis, voir Ecu-de-I5krry, I, 72, 7.3. 

Corne-de-Cerf (Maison «le la), rue des Poulies. 
voir Écu-de-Navarre, I, g5. 

Corne-de-Cerf (Maison de la), rue du Dauphin. 
paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, puis de 
Saint-Roch, haute justice et censive de l'Evêi-hé, 
I, 296. 

Corne-de-Cerf-et-Sabot, voir Maison de la Corne- 
de-Cerf et nu Sabot. 

Corne-de-Daim (Maison de la), puis de la Croix- 
d'Or el de la Montagne, rue du Champ-Fleuri, 
paroisse Sainl-Gerniain-l'Auxerrois, haute jus- 
tice et censive de l'Evéché, 1,2 2. 

Corne-de-1)um ( Maison de la), puis de la Corne- 
de-Cerf, rue Champ-Fleuri, paroisse Saint- 
Germain-l'Auxerrois, haute justice et censive de 
PEvêché, I, 22. 

Cornet-d'Or (Maison du), rue Champ-Fleuri, voir 
Gros-Tournois, I, 22. 

Cornet-d'Or (Maison du), puis du Grand-Cornet 
et de Notre-Dame-de-Paix, paraissant avoir été 
divisée en deux parties, le Grand cl le Petit- 
Cornet, rue Sainl-IIonoré, paroisse de Saint- 
Germain-l'Auxerrois, puis de Saint-Roch, haute 
justice et censive de l'Évéché, I, 292. 

Corps municipal (Le) demande au maréchal de 
Montmorency, pour les archers et arquebusiers , 
l'autorisation de continuer les exercices de tir 
sur le quai des Rultes, I, 3i. — Il ordonne au 
maître des œuvres de \isiler le terrain sur le- 
quel doit s'ouvrir la rue Sainl-Nicaise, et fait 
dresser le plan de cette rue, 7/1. — Il délibère 
à propos d'une lettre du gouverneur de Paris 
recommandant de commencer promptement le 
quai du Louvre, 178. — Il se rend auprès de 
François I" et en reçoit l'invitation de presser 
les travaux du quai du Louvre, 176. — 11 re- 
çoit de Henri IV l'ordre de démolir le ravelin 
placé devant la deuxième porte Saint-Honoré. 
180. — Il visite les fortifications de Paris, 264. 
— 11 adresse des plaintes à Louis XIII au sujet 
de la démolition de l'enceinte de Charles V, 281. 
— Il rend une ordonnance ayant pour but le 
pavage du faubourg Saint-Honoré, 283. — Il 
assiste à la pose de la première pierre des for- 
tifications des Tuileries, après avoir fait frapper 
des médailles commémoratives de cet événe- 
ment, 319. — 11 procède au pavage des quais 



du Louvre au moyen de pierres prises dans les 
ateliers des fortifications des Tuileries. 3lQ. — 
Il reçoit de Charles l\ une lettre qui prescrit 

certains travaux ayant pour but l'assainissement 

du faubourg Saint-Honoré, II, 52. — Il reçoit 
de Henri III l'ordre de prendre des mesures 
propres à soustraire les jardins des Tuileries à la 
vue du public, 53. — Il fait une visite à Henri IV 
après la prise d'Amiens, Appendices, aa4. 

Coste (Jean), peintre el sergent d'armes du roi, 
orne de ileurs de lis les bannières des tours du 
Louvre, I, i43, 190. 

Cotte (Robert de), architecte, entrepreneur des 
travaux du Louvre; sa demeure dans une cons- 
truction élevée sur les terrains de l'hôtel Sou- 
vré, I, 46. — Il bâtit le château d'eau de la place 
du Palais-Royal, 60. 

Coupeau (Hôtel de Germain II de Valenciennes, 
seigneur d'Ormoy et de), rue des Orties, voir 
Petite-Bretagne, I, 79 el suiv. 

Coupe-d'Or (Maison de la), rue Saint-Honoré, pa- 
roisse Saint-Germain-rAuxerrois , haute justice 
et censive de l'Evéché, I, 56. 

Coupeuray (Maison appartenant h Jean Teste, 
seigneur de), rue Saint-Honoré, I, 291, 007. 

Courcelles (Jean de), peintre, travaille à la déco- 
ration du Louvre, II, 75. 

Cour du Louvre, I. i3a et suiv. II, 120. 121, 
i34. 

Couronne (Maison de la), ou delà Couronne-d'Or 
el peut-être de IT.mage^otre-Dame, rueFromen- 
teau, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, liante 
justice de l'Evéché, censive du fief de Fromen- 
leau, I, 44. 

Couronne (Maison de la), rue Saint-Honoré. voir 
Cerf, I, 57. 

Couronne-d'Épines (Maison de la), rue du Coq. 
paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois. haute jus- 
lice et censive de l'Évéché. I. 3o. 

Couronne-d'Or (Maison de la), rue Fromenteau, 
voir Couronne, I, 44. 

Courtanvaux (Marquis de ). voir Souvré. 

Courtine du bord de l - eau ou Courtine de 
Charles V, près du Louvre, I, 167 et 1G9 el 
suiv. et Appendices, vm, ix. 

Courtois (Pierre), orfèvre . l'un des Illustres , II . 1 1 . 

Coustou (Les), sculpteurs; demeure de l'un d'eux 
dans une construction élevée sur les terrains de 
l'hôtel Souvré, I, 46. — Le plus jeune orne de 
statues le château d'eau de la place du Palais- 
Royal, 60. 

35 



27/i 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



Coutumes, voir Moeurs et Coutumes. 

Coypel (Antoine), peintre, auteur d'un tableau 
représentant la Conception et placé dans l'église 
de 1" Assomption, I, 3 1 3. 

Coypel (Noël), peintre, auteur d'un Christ placé 
dans l'église de l'Assomption, I, 3i3. 

Crvmoy (Etienne), sculpteur, travaille à la décora- 
lion du Louvre, I, 232, 236, 2/l0, 243, 2Ô0, 
252, 254, 255. 

Crécy (Hôtel de Marie de Caumont, dame de), 

rue Saint-Nicaise, voir Hôtel d'Uzès et de 

Crussol, I, 78. 
Créquy (Charles de), comte de Saulx, maréchal; 

son hôtel, rue d'Autriche, voir Hôtel d'Étampes, 

I, iA, i5. 
Créquy (Hôtel du maréchal François de), rue 

Saint-Nicaise, voir Hôtel de Créquy et d'El- 

BEUF, I, 78. 

Crespin (Jean), architecte, dirige les travaux de 
construction d'une partie de l'église des Feuil- 
lants, I, 302. 

Croissant (Maison du), rue d'Autriche, paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice de l'É- 
vêché, censivedeSaint-Denis-de-la-Chartre, I, 9. 

Croissant (Maison du), rue Champ-Fleuri, voir 
Cheval-Rouge, I, 23. 

Croissant (Maison du), divisée plus tard en deux 
portions, rue du Chantre, paroisse Saint-Ger- 
main l'Auxerrois, haute justice et censive de 
l'Evèché, I, 2 4. 

Croissant (Maison du), rue du Coq, voir Chapeau- 
Rouge, I, 27. 

Croissant (Maison du), plus tard dite Maison de 
la Longue-Allée et Hôtel de Picardie, rue Sainl- 
Honoré, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, 
haute justice et censive de l'Evèché, I, 58. 

Croissant (Maison du), puis du Rois-de-Roulogne, 
rue Jean-Saint-Denis, paroisse Saint-Germain- 
l'Auxerrois, haute justice et censive de l'Evèché, 
1,71. 

Croix-Blanche (Maison de la), rue de Beauvais, 
voir Pied-de-Griffon, I, 19. 

Croix-Rlanche (Maison de la), rue Champ-Fleuri, 
paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute jus- 
tice et censive de l'Evèché, I, 21. 

Croix-Rlanche (Maison de la), rue Champ-Fleuri, 
voir Patin, I, 22. 

Croix-Rlanche (Maison de la), rue du Chantre, 
voir Petit-Godet, I, 24, 25. 

Croix-Rlanche (Maison de la), puis du Chapelet 
et du Pied-de-Riche, dépendant d'une maison 



sise dans la rue Champ-Fleuri et portant cette 
dernière enseigne, rue du Chantre, paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice et cen- 
sive de l'Evèché, 1,2 5. 

Croix-Rlanche (Maison de la), rue du Chantre, 
voir Image-Sainte-Rarbe, I, 26. 

Croix-Rlanche (Maison de la), ou de la Croix- 
Verte, rue du Coq, I, 28. 

Croix-Rlanche ( Maison de la ) , ou du Nom-de-Jésus , 
rue du Coq , paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois , 
haute justice et censive de l'Evèché, I, 29. 

Croix-Rl anche (Maison de la), puis de la Croix 
Rouge ,'rue Fromenteau , paroisse Saint-Germain- 
l'Auxerrois, haute justice de l'Evèché, censive 
du fief de Fromenteau, I, lia. 

Croix-Rlanche (Maison de la), rue Saint-Honoré, 
voir Lion-d'Or, I, 58. 

Croix-Blanche (Maison de la), rue des Orties, voir 
Croix-de-Fer, I, 84. 

Croix-Rlanche (Maison de la), appelée ensuite le 
Petit-Moisset , rue Saint-Thomas-du-Louvre, 
paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois , haute jus- 
tice et censive de l'Evèché, 108. 

Croix-d' Argent (Maison de la), rue du Chantre, 
voir Image-Sainte-Rarbe, I, 26. 

Croix-de-Fer (Maison de la), puis de I'Epée-de- 
Rois, rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Ger- 
main-l'Auxerrois, haute justice et censive de 
l'Evèché, I, 60. 

Croix-de-Fer (Maison de la), puis de la Croix- 
Rlanche, rue des Orties, paroisse Saint-Germain- 
l'Auxerrois, haute justice et censive de l'Evèché, 
I, 84. 

Croix-de-Fer (Maison de la), rue des Orties, pa- 
roisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice 
et censive de l'Evèché, I, 84. 

Croix-de-Lorraine (Maison de la), ou de la Seraine, 
rue Fromenteau, I, 4o. 

Croix-de-Lorraine (Maison de la), rue Saint-Ho- 
noré, paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois , puis 
de Saint-Roch, haute justice et censive de l'Evè- 
ché, I, 299. 

Croix-d'Or (Maison de la), rue Champ-Fleuri, 
voir Corne-de-Daim , I, 22. 

Croix-d'Or (Maison de la), ou de I'Image-Saint- 
Claude, rue du Chantre, 1,2 4. 

Croix-d'Or (Maison de la), rue Saint-Honoré, pa- 
roisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice 
et censive de l'Evèché, I, 57. 

Croix-d'Or (Maison de la), rue Fromenteau, voir 
Dauphin, I, 4o. 



TABLE ALIMIABETIQ 

Croix-d'Or (Maison de la), rue Sainl-Honoré, voir 

Trois-Rois, I, 56. 
Croix-d'Or (Maison de la), rue Sainl-Honoré, voir 

Godet, 1,6t. 
Croix-d'Or (Maison de la), rue Jcan-Sainl-Denis, 

voir Imàge-Saimt-Cwudb, 1, 72. 
Croix-du-Tiroir (Une de la), I, h 9. 
Croix-Rouge (Maison do la), rue Fromenteau, 

voir Croix-Blanche, I, 44. 
Croix-Rouge (Maison de la), rue Saint-Nicaisc. 

paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute jus- 
tice et censive de l'Evêché, 1, 77. 
Croix-Verte ( Maison de la ) , partie de la maison qui 

contenait IImagk-Notre-Damb, rue du Coq, I, 28. 
Croix-Verte (Maison de la), rue Jean-Sainl-Dcnis, 

voir Ijiage-Saint-Louis, I, 72. 
Croix- Verte (Maison de la), rue Jean-Sain l-Denis, 

\oir Ecu-de-Rerrv, I, 72. 
Croix-Verte (Maison de la), rue Sainl-Honoré. 

voir Hôtel de Gallye, I, 2o3. 
Croix-Verte (Maison de la), rue Saint-Honorë, 

voir Trois-Rois, I, 56. 
Crosse (Maison de la), puis du Singe-Vert, dont 

une dépendance a également eu pour enseigne 

la Crosse, rue Saint-Honoré, paroisse Sainl- 

Germain-rAuxerrois , haute justice et censive de 

l'Evêché, I, 60. 
Crussol (Charles-Emmanuel de), voir Uzès. 
Culdoë (Pierre), lieutenant du châtelain du Louvre, 

payeur des travaux du Louvre; ses comptes des 

dépenses faites au Louvre sous Charles V, I, 181 

à 199- 



UE DES MATIERES. 



275 



Cuiller (Maison de la), rue Fromenteau, paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice de l'E- 
vêché, censive «lu fief de Fromenleau, I, 4 4. 

Cuiller (Maison de la), rue Fromenleau, voir 
Souche, I, 45. 

Cuiller-de-Rois ( Maison de la), rue I'Yomenteau . 
voir Cuillière, I, 44. 

Cuii.lière (Maison de la), puis de la CuiLLBR-DB-BoiS 
et du Dauphin, paraissant aussi avoir eu pour 
enseigne I'Image-Notre-Dvme, rue Fromenteau, 
paroisse Sainl-Germain-I '\u\errois, haute jus- 
lice de l'Evêché, censive du fief de Fromenleau 

I, 44. 

Cuisine du Louvre (Maison dite la), I, i5o. 

Cuisines (Cour des), au Louvre, I, 20 4. 

Culture-l'Evêque, voir clos des Quinze-Vingts, 
I, 2 85 et suiv. 

Cvard (Guillaume), maître serrurier, travaille au 
Louvre, I, 288. 

Cïgne (Maison du), divisée ensuite en deux por- 
tions, i° la Longue-Allée, plus lard I'Image- 
Saint-Jacques, 2° TEtrille-Fauveau, rue du 
Coq, paroisse Saint-Germain-rAuxerrois, haute 
justice et censive de l'Evêché, I, 28. 

Cygne (Maison du), rue Saint-Honoré, paroisse 
de Saint-Germain-rAuxerrois, puis de Saint- 
Roch, haute justice et censive de l'Evêché, I, 
29/4. 

Cygne-de-la-Croix (Maison du), rue Champ-Fleuri , 
paroisse Saint-Germain-rAuxerrois, haute jus- 
tice et censive de l'Evêché, 1,2 2. 



D 



Dagobert; mention d'une charte qui lui est fausse- 
ment attribuée , I, n3, 11 4. 

D'Albert (Charles), voir Luynes. 

Dampierre (Pavillon de Jeanne de Vinon de), dame 
d'honneur de Catherine de Médicis, rue d'Au- 
triche , voir Hôtel de Retz et de Conti , 1 , 1 6 , et 
Petit-Alençon, 88. 

Dampmartin (Drouet de), tailleur de pierre, tra- 
vaille au Louvre, I, 187. 

Dampmartin (Guy de), sculpteur, exécute une des 
statues du grand escalier du Louvre, I, i5o. 

Danville (Jean de), châtelain du Louvre, I, 181. 

Dauphin (Maison du), rue du Coq, paroisse Saint- 
Germain-l'Auxerrois, haute justice et censive de 
l'Evêché, I, 3o. 



Dauphin (Maison du), puis de la Croix-d'Or, rue 
Fromonteau, paroisse Saint-Germain-l'Auxer- 
rois, haute justice et censive de l'Evêché, I, 4o. 

Dauphin (Maison du), rue Fromenteau, voir Cuil- 
lière, I, 44. 

Dauphin (Maison du), puis du Dauphin-Vert, rue 
Saint-Honoré, paroisse Saint-Germain-rAuxer- 
rois, haute justice et censive de l'Evêché, I, 67. 

Dauphin (Maison du), puis des Serpettes, et plus 
tard, encore du Dauphin, dont une portion s'ap- 
pelait la maison des Deux-Suisses, rue Sainl- 
Honoré, paroisse de Saint-Germain-rAuxerrois. 
puis de Saint-Roch, haute justice cl censive de 
l'Evêché, 1 , 293. 

Dauphin (Rue du), I, 294, 295, 296. 

35. 



276 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



Dauphin-Vert (Maison du), rue Saint-Honoré, voir 

Dauphin, I, 57. 
De BnossE (Paul), architecte, figure sur l'Etat des 

officiers entretenus parle Roi en 1618 et 1626, 

II, Appendices, 208, 218. 
De Brosse (Salomon), architecte du Luxemhourg, 

II , 79. — Il figure sur l'Etal des officiers entrete- 
nus par le Roi en 1618 et 1626, Appendices, 

208, 218. 
De Fer (Nicolas), géographe, éditeur d'un plan de 

Paris, I, Préface, v. 
De la Chapelle (Hennecpiin), huchier, fournit divers 

ohjets pour l'ameublement du Louvre, I, 192, 

193. 
De la Croix (Claude), bourgeois de Paris; son épi- 

taphe dans l'église Saint-Thomas-du-Louvre , 

I, 102. 

De la Garde ( Abraham ) , horloger du Roi , un des 

Illustres, II, 101. 
De Lagrive, géographe de la Ville, 1, Préface, ix, 

XII, XIII. 

De la Groye (Etienne), jardinier, travaille au 
Louvre, I, 198. 

De Lamare, auteur du Traité de la police , I, Pré- 
face, v, vi ; II, i52. 

Delorme (Passage), rue Sainl-Honoré, voir Maison 
de ITmage-Notre-Dame, I, 293. 

De l'Orme (Jean), frère du suivant, maître géné- 
ral des œuvres de maçonnerie du Roi, II, 28, et 
Appendices , 2 23. 

De l'Orme (Philibert), inspecteur des bâtiments 
royaux, architecte des Tuileries, I, 208, 209, 
2^0, 263; II, 7, 1/1 et suiv. 35, 36, 37, 107, 
et Appendices, 177, 178, 222, 223. — Sa 
signature, I, 208. — Ses armoiries, II, 19. — 
Son caractère, 20, si. — Appréciation de son 
talent, 24, 25. — Ses ouvrages sur l'architec- 
ture, 25 à 28. — Sa famille, 28, 29. — Mé- 
moire manuscrit sur sa vie et ses œuvres, 
appendices, 179 à 1 85. — Son testament, Ap- 
pendices, 1 85 à 189. 

Dépenses faites au Louvre et aux Tuileries, voir 
Comptes. 

Descente-du-Passeux, située "entre l'abreuvoir du 
Louvre et celui des Fossés Saint-Germain, I, 

32. 

Descente du Port au Foin, ou Arche d'Autriche, 

ou Abreuvoir du Louvre, I, 32. 
Descluseaux, gardien de la volière des Tuileries, 

II, Appendices , 21 5. 
D'Escoubleau (Charles), voir Sourdis. 



Des Essarts (Antoine), garde de la bibliothèque 
royale, au Louvre, I, 127. — Sa maison, rue 
de l'Echelle, voir Image-Notre-Dame, 279. 

Des Essarts (Pierre), bourgeois de Paris et con- 
seiller du Roi; sa maison, rue de l'Échelle, 
voir Image-Notre-Dame, I, 279, et terrain de la 
place du Carrousel, 280. — Ses terres ou son 
clos, dans la Culture-l'Evêque, 286, 288, 291, 

Desgodets, auteur d'un plan manuscrit du Louvre, 
I,i33. 

Desgotz (Jean), jardinier des Tuileries, II, Appen- 
dices, 21 3. 

Desgotz (Pierre), jardinier des Tuileries, II, Ap- 
pendices, 221. 

Des Hayes (Etienne), valet de chambre de Henri III; 
sa maison, rue d'Autriche, I, 16. 

Des Hôtels (Pierre), contrôleur des bâtiments 
royaux, I, 237. 

Des Martins (Pierre), peintre, l'un des Illustres, 
II, 101. 

Des Noyers (Nicolas), sieur de la Brosse; sa mai- 
son, rue Fromenteau, voir Trois-Fleurs-de-Lis- 

C0UR0NNÉES, I , h 1 . 

Destailleur (M.) possède le dessin d'une grotte 
pour les Tuileries par Bernard Palissy, II, ho. 

Deulx (Bertrand), maçon et entrepreneur, tra- 
vaille aux bâtiments des écuries et à la clôture du 
grand jardin des Tuileries, II, /19. 

Deux-Boules (Maison des), rue du Coq, paroisse 
Saint-Cermain-l'Auxerrois, haute justice et cen- 
sive de l'Évêché, I, 3o. 

Deux-Coignées (Maison des), puis de la Mouffle et 
de la Pomme-de-pin, rue Champ-Fleuri, paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice et cen- 
sive de l'Evêché, I, 23. 

Deux-Docteurs (Maison des), rue Saint-Honoré, 
voir Annonciation-Notre-Dame , I, 56. 

Deux-Suisses (Maison des), rue Saint-Honoré, voir 
Dauphin, 2g3. 

Deux-Visages (Maison des), rue Jean-Saint-Denis, 
paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute jus- 
tice et censive de l'Evêché , 1 , 71. 

Devise de l'ordre du Chardon, à l'hôtel de Bour- 
bon, I, 37, 38, 39. — De François I er , dans le 
Grand-Alençon, 92. — De Henri II, 227. — 
De Diane de Poitiers, 228. — De Catherine de 
Médicis, aux Tuileries, II, 36. — Composée pour 
Henri IV et destinée h être inscrite sur le sou- 
bassement d'un portique projeté dans la Galerie 
des Rois, 66. 

Devise-Royale (Maison de la), rue Saint-Honoré, 



TABLE ALPIIABETIQ 

voir Maison des Trois-Morts-et-des-Trois-Vifs, 
I, 60. 

Diable (Fontaine du), à l'angle dos rues Sainl- 
Louis et de l'Echelle, I, 2 85. 

Dieu-d'Amour (Maison du), rue Saint-Honoré, pa- 
roisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice 
et censive de l'Évêrhc, I, 58. 

Divisions de Paris, I, Préface, xvi, xvn. 

Donon (Jean de), trésorier du Roi et contrôleur des 
bâtiments royaux, II, Appendices, 202. 

Donon (Louis de), contrôleur général des bâtiments 
royaux, II, Appendices, 206, 2i5. 

Dorât (Jean), poêle, auteur d'un opuscule sur les 
fêles données dans le jardin des Tuileries; cita- 
tion de vers latins tirées de son livre, II, Appen- 
dices, 260. 

D'Orray, architecte du Louvre; son logement dans 
l'hôtel de Longueville, I, 92. 

Dormans (Jean de), évèque.de Beauvais, chancelier 
de France, II, i5/(, 1 55. 

Dormch (Helmich de), écuyer et familier de Guil- 
laume de Bavière, qui lui cède l'hôtel d'Ostre- 
vant, I, i5. 

D'Orval, premier écuyer de la reine Anne d'Au- 
triche; sa demeure, rue d'Autriche et rue des 
Poulies, voir Hôtel d'Alluve, I, 9^. 

Doyenné de Sainl-Thomas-du-Louvre, I, 100. 

Doyenné (Cul-de-sac du), ou Saint-Thomas, I, 83. 

Doyenné (Rue du), ou Neuve-Saint-Thomas, I, 83. 

Dreufavier, tailleur de pierre, travaille au Louvre, 
1,198. 

Dreux (Robert I er , comte de), fait une donation de 
plusieurs maisons et constitue des rentes en fa- 
veur des pauvres clercs du Louvre, I, 96. 

Dreux (Robert IV, comte de), voir Montfort. 

Duran(M.), architecte, restaure les galeries du 
Louvre , 1 , 1 h 1 ; II , 6 1 . 

Du Rois (Ambroise), peintre, travaille à la décora- 
lion du Louvre, II, 75. 

Du Rois (Arnauld), bourgeois de Paris, fait un 
accord avec Catherine de Médicis pour le rem- 
boursement des restes des comptes affectés à la 
construction des Tuileries, II, Appendices, 19/i 
et suiv. 

Du Rois (Marie), femme de Claude de la Croix; son 
épitaphe dans l'église des Quinze- Vingts, 1, 102. 

Du Rout (Maurice), tapissier de haute lisse, un 
des Illustres, II, et Appendices, 21/1. 

Du Roys (Pierre), concessionnaire d'un terrain 
dans le rempart de l'enceinte de Charles V, 1 , 7/1. 

Du Rreuil (Jean), alias Le Rreuil, peintre, ira- 



UE DES MATIERES. 



'277 



vaille ii la décoration du Louvre, I, 232, 260, 
a4i, a/i5. 
Du Rreul (Toussaint), peintre duRoi, Il.(i3. — Il 
travaille à la décoration des galeries du Louvre, 

66, 68, 7 A. — Le lioi veut lui associer Jacob 
Bunel, 7A, 75. 

Du Ruisson (Thomas), peintre, exécute divers Ira- 
vaux au Louvre, I, i5o, 190. 

Duc-de-Rourgogne (Maison (lu), rue Saint-Honoré; 
voir Huchette, I, 56. 

Duc-de- Valois (Maison du), rue Sainl-Honoré, 
voir Longue- Allée. I, 52. 

Du Cerceau (Baptiste Androuet), surintendant des 
bâtiments royaux, est nommé architecte du 
Louvre après la mort de Pierre Lescot, I, 271, 
272, 273; H, 108. — Son entrée au service de 
Henri III, I, 27/1. — Ses Litres et fondions, 
27/i, 275. — Il subit une disgrâce momentanée, 
275. — Il dirige la construction des bâtiments 
du couvent des Feuillants, 3oo. — Sa famille, 
II, 89. 

Du Cerceau (Jacques Androuet), le père, architecte 
et graveur, I, 258, 273, 27/i, 275. — Cita- 
tion d'un passage de son ouvrage sur le Louvre, 
258. — Notice sur sa vie et ses travaux, II, 8'i 
cl suiv. — Ses descendants, 87, 88, 89. 

Du Cerceau (Jacques Androuet), le fils, architecte, 
I, 273, 275. — Fondions exercées par lui, II, 
87. — Il dresse les plans et dirige la construc- 
tion de la seconde moitié de la Grande Calerie 
du Louvre, 89, 107. — Il s'oppose à l'entéri- 
nement des lettres de commission de Louis Mé- 
tezeau, Appendices, 191. — Il est vraisembla- 
blement le Du Cerceau mentionné dans 1 Etat 
des officiers entretenus par le Roi en 1O08, 
Appendices, 2o5. 

Du Cerceau (Jean Androuet), /ils de Baptiste An- 
drouet, 1, 273; II, 81. — Il est nommé archi- 
tecte de Louis XIII, en remplacement d' \nloine 
Mestivier, 88. — Ses travaux à Paris, 88, 89. 
— Il figure sur l'État des officiers entretenus 
par le Roi en 1618 et 162'!, Appendices, 208. 
219. 

Dudoy (Jean ) , jardinier, travaille au Louvre, 1 , 1 98. 

Du Faur (Guy), voir Pibrac. 

Du Gast, colonel général des Gascons, I, 91. 

Dugu et (Pierre), ou Dacuet, menuisier, travaille 
au Louvre, I, 2 'iG. 

Du Han (François), tailleur de marbre, travaille 
au Louvre, 1, 252, 255. 

Dlulre, historien de Paris, I, Préface, vu. 



278 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



Du Lis (Les), de la famille de Jeanne d'Arc; l'un 
d'eux a pu habiter l'hôtel de Cipières, qui par 
suite aurait porte le nom àliôtel de Vaucouleurs , 

1,94- 

Douée (Guillaume), peintre, travaille à la décora- 
tion du Louvre, II, 75. — Il figure sur l'Etat 
des Officiers entretenus par le Roi en 1608 et 
1618, Appendices, 206, 210. 

Dd Parent, voir Villemenon. 

Du Parvis (Jacques), huchier, exe'cute divers tra- 
vaux dans la bibliothèque du Louvre, I, 1 65 , 
19/1. 

Du Pérac (Etienne), architecte et peintre, est 
chargé de l'exécution du pavillon de Flore , II , 8 1 . 
— Appréciation de son talent, 82. — Part qui 
peut lui revenir dans l'édification de la Grande 
Galerie du Louvre, 83, 108. 

Du Perron (Marie de Pierrevive, dame), inten- 
dante de Catherine de Médicis; sa maison dans 
le clos des Quinze-Vingts, I, 291, 3o5. — Elle 
surveille les travaux des Tuileries , II , 7, à 1 , 5 1 , 
et Appendices, 178. — Articles de dépense et 
autres détails qui la concernent, Appendices, 
229, 23o, a3i. 



Du Peyrat (Guillaume), poëte; ses vers sur le 
cadran solaire et lunaire du jardin des Tuileries, 
II, 38. — Idem sur le Dedalus du jardin des 
Tuileries, Appendices, 262. — Idem sur l'état 
désastreux des Tuileries pendant le siège de Pa- 
ris, Appendices, 2^3. 

Du Pont (Pierre), tapissier en ouvrages du Levant, 
auteur d'un traité de Slromatourgie et l'un des 
Illustres, II, 70, 101. 

Du Pré (Guillaume), sculpteur, contrôleur général 
des poinçons des monnaies, un des Illustres, 
II, 101, et Appendices, 2o5, 211. 

Durant (Jean), comptable du vieux et du nouveau 
Louvre, I, 237, 239, 261, 2/12, 253. 

Durant (Périn), jardinier, travaille au Louvre. 
I, 181. 

Dure (Jean), maître maçon, travaille au Louvre. 
I, 182. 

Du Ry (Charles), entrepreneur de fortifications, 
adjudicataire des travaux de construction d'une 
porte Saint-Honoré, I, 322, 323. 

Dyonise (Pierre), sculpteur sur bois, exécute la 
menuiserie de l'infirmerie des Feuillants, I, 3o5. 



E 



Echaudé (Rue de 1'), ou Saint-Louis, ou des Tui- 
leries, I, 28/1. 

Ëchaudoir ( Maison avec ) , rue Fromenteau , paroisse 
Saint- Germain -l'Auxerrois, haute justice de 
l'Évêché, censive du fief de Fromenteau, I, 45. 

Echelle (Rue de 1'), I, 277 à 280. 

Echiquier (Maison de 1'), rue Saint-Honoré, dite 
d'abord des Carneaux, I, 297, 329. 

Echo du jardin des Tuileries, II, 37, 38, et Ap- 
pendices, %sk. 

Ecluse (Tour de 1'), au Louvre, 168, 1/19. 

École (Quai de 1'), ou des Ruttes, I, 3o à 39. 

Ecole de Saint-Germain-l'Auxerrois, I, 3i. 

Ecritoire (Maison de 1'), rue Saint-Honoré, pa- 
roisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, puis de 
Saint-Roch, haute justice et censive de l'Évêché, 
I, 296. 

Écu (Maison de 1'), rue du Coq, voir Chapeau- 
Rouge, I, 27. 

Ecu (Maison de 1'), rue du Coq, voir Image-Saint- 
Martin, I, 27. 

Ecu (Maison de 1'), ou Petit-Écu de France, rue 
Fromenteau. paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, 



haute justice de l'Évêché, censive du fief de Fro- 
menteau , I , h 1 . 

Écu-de-Berry (Maison de 1'), puis de la Montjoye, 
divisée en trois corps d'hôtel: i° I'Écu-de-Berry. 
puis la Montjoye, subdivisé en deux portions, 
dont l'une, après avoir eu pour enseigne la Gri- 
mace , fut subdivisée à son tour en deux , la Gri- 
mace et la Croix- Verte, appelée plus tard le 
Grand-Monarque ; 2 le Fer-À-Cheval , dit ensuite 
le Cheval-Royal; 3° la Montjoye-Saint-Denis, 
appelée aussi la Corne-de-Cerf, puis le Cheval 
Rlanc, rue Jean-Saint-Denis, paroisse Saint- 
Germain-l'Auxerrois, haute justice et censive de 
l'Évêché, I, 72, 73. 

Écu-de-Bourbon (Maison de!'), puis de I'Image-Saint- 
Claude, rue Saint-Honoré, paroisse S'-Germain- 
l'Auxerrois, haute justice de l'Évêché, censive du 
chapitre de Saint-Germain-l'Auxerrois, I, 52. 

Écu-de-Rretagne ( Maison de 1') , rue Champ-Fleuri , 
voir Cheval-Bouge, I, 23. 

Écu-de-Bretagne (Maison de!'), quai de l'École, 
acquise pour l'agrandissement de l'hôtel de 
Bourbon, I, 35. 



TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES. 



279 



Écu-de-Bretagne (Maison de I'), puis de I'Ecu-de- 
France, rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Ger- 
main-l'Auxorrois , hante justice et censive de 
l'Evêché, I, 67. 

Écu-de-Flandres (Maison de I'), puis du Lion-Noir , 
dont une partie s'est appelée I'Ecu-de-France 
et l'antre I'Hôtel des Américains, rue Saint- 
Honore', paroisse Saint- Germain-l' \nxerrois, 
hante justice de l'Evêché, consi\e du chapitre 
de Saint-Gerniain-l'Auxcrrois, I, 5a. 

Écu-de-France (Maison de I'), et aussi de I'Image- 
Saint-Claude, rue Jean -Saint- Denis , paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, hante justice et cen- 
sive de rÉvêche', I, 72. — Partie postérieure de 
cette maison dans la me du Chantre, a4. 

Écu-de-France (Maison de 1'), rue du Coq, voir 
Maison aux Balances, I, 98. 

Écu-de-France (Maison de 1'), qnai de l'Ecole, 
acquise pour l'agrandissement de l'Hôtel de 
Bourbon, 1, 35. 

Ecu-de-France (Maison de 1'), puis du Château- 
Royal, appelée ensuite I'Hôtel de Nevers, rue 
Fromentcan, paroisse Sainl-Germain-rAnxerrois, 
hante justice de l'Evôché, censive du fief de Fro- 
menleau, I, 45. 

Ecu-de-France (Maison de 1'), pnis du Port-de- 
Salut, rue Fromenteau, paroisse Saint-Germain- 
l'Auxerrois, hante justice de l'Evêché, censive 
du fief de Fromenteau, I, /17. 

Ecu-de-France (Maison de 1'), rue Saint-Honoré, 
voir Cheval-Rouge, I, 5i. 

Ecu-de-France (Maison de 1'), rue Saint-Honoré, 
paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois , haute jus- 
tice de l'Evêché, censive du chapitre de Sainl- 
Gcrmain-rAuxerrois, I, 5a. 

Ecu-de-France (Maison de 1'), rue Saint-Honoré, 
voir Ecu-de-Bretagne, I, 57. 

Ecu-de-France (Maison de 1'), rue Saint-Honoré, 
paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute jus- 
tice de l'Evêché, censive du fief de Fromenteau, 

- 1, 58,5g. 

Écu-de-France (Maison de I'), puis de I'Image- 
Saint-Ciiristophe, et aussi delà Cage, rue Saint- 
Honoré, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, 
haute justice et censive de l'Evêché, l, 5i. 

Écu-de-France ( Maison de 1'), puis du Coq, ayant 
formé antérieurement, avec quelques maisons 
voisines, le clos de la Poterie, rue Saint-Ho- 
noré, paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, 
puis de Sainl-Roch, haute justice et censive de 
l'Evêché, I, 29a. . 



Ecu-de-France (Maison de 1'), puis de I'Epée- 
Rovale, rue Sainl-llonoré, paroisse de Saint- 
Germain-l'Auxerrois, puis de Sainl-liocli, haute 
justice et censi\e de l'Evêché, 1 . 396. 

Écu-de-France (Maison de I'), rue du Dauphin, 
paroisse de Sainl-Gennain-l'AuxeiTois, puis de 
Sainl-Roch, haute justice et censive de l'Evêché. 
L296. 

Écu-de-Navarre (Maison de 1'), rue Saint-Honoré, 
voir Gheval-Rouge, I, 5i. 

Écu-de-Navarre (Maison de I'), ayant d'abord fait 
partie de la grande maison de ce nom , vue Saint- 
Honoré, I, 52. 

Ecu-de-Navarre (Maison de 1'), divisée en deux 
maisons dont l'une s'est appelée la Cor\e-de- 
Cerf, rue des Poulies, paroisse Saint-Germain- 
l'Auxerrois, haute justice de l'Evêché, censive 
du chapitre Sainfr-Germain-1' Auxerrois , I, 95. 

Ecu-de-Pologne (Maison del'), rue Saint-Honoré, 
voir Maison des Rats, I, 55. 

Ecu-d'Orléans (Maison de 1'), rue Fromenteau, 
paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute jus- 
lice de l'Evêché, censive du fief de Fromenteau, 
1,45. 

Écurie (La grande), aux Tuileries, II, 10, il. — 
Devis de la charpente de ses combles, Appen- 
dices, 176, 177. 

Ecuries de Madame de la Vallière, rue Saint-Ni- 
caise, I, 76. — De la Reine mère, dans l'hôtel 
d'Uzès, rue Saint-Nieaise, 71). — Du Roi, ibid. 
79. — Du premier Consul, dans l'hôtel de 
Longueville, rue Sainl-Thomas-du-Lnu\re, io4. 
— Du duc d'Orléans (Philippe-Egalité) , à l'hôtel 
de Rambouillet, rue Saint-Thomas-du-Louvre, 
107. — De Louis-Philippe, ibid. 107. 

Écu-Vert (Maison de 1'), rue Saint-Honoré, voir 
Cerf, I, 57. 

Église de l'Oratoire, I, 53,54, 55. — Des Quinze- 
Vingts, O7 et suiv. — De Saint-Thoinas-du- 
Louvre, 9G et suiv. — Des Feuillants, 3o2, 
3o3, 3o4. — Des Capucins, 3o8, 3og. — De 
l'Assomption, 3i2, 3i3. 

Éléonore d'Autriche (l'êtes données au Louvre en 
l'honneur d'), I, ao4. 

Élie, peintre, fait des carions pour les vitraux du 
cloître des Feuillants, I, 3o4. 

Enceinte de Philippe-Auguste, I, î.'i'i, 157, 1 63 
et suiv. 17/1: II, 1 38, i4i, làû, 1C6. — De 
Charles V, I, 78, 168 et suiv. 176, 177 et 
suiv. et Appendices, \u. fin, îx. — Baslionnée, 
3 1 8 et suiv. 



280 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



Enfant-Jésus (Maison de 1'), me Saint-Honoré, 
voir Trois-Serpettes, I, 55. 

Engin (Maison de Y), sur le chemin du bord de 
l'eau , contiguë à la tour de l'Engin , 1 , 162, 
i03; II, i3i. 

Engin (Tour de F), au Louvre, I, 162, 1 03 ; II, 
i32, i5o, i5i, 1O6, el Appendices , 2 56. 

Enguerrand (Pierre), maçon, fournil ou met en 
œuvre des matériaux pour le Louvre , 1 , 1 5 1 , 1 85. 

Entonnoir (Maison de 1'), puis de la Ville-de- 
Mantes ou de Munster, el de la Ville-de- 
Bruxelles, rue Champ-Fleuri, paroisse Saint- 
Germam-l'Auxerrois , haute justice et censive de 
l'Évêche, I, 22. 

Entragues (Hôtel de Charles de Balzac, seigneur 
de Clermont d'), rue d'Autriche, voir Hôtel- 
d'JÉtampes ou d'Aumale, I, 10, 11. 

Entrées du Louvre, I, 1^7, 168, 162, i65, 175 ; 
II, 129, 1&2 , 1^9, i5i. 

Entrepreneurs de travaux de construction, voir 
Barbier, Belle (Gachon), Bergeron (Antoine), 
Champion (Jacques), Collin (Rémi), Deulx 
(Bertrand), du By (Charles), Froger (Charles), 
Guillain (Guillaume), Houdan (Nicolas), La 
Vallée (Marin de), Marchant (Charles), Mazière 
(André), Bégnier (Georges), Saint-Quentin. 

Épée-de-Bois (Maison de 1'), rue Fromcnleau, pa- 
roisse Saint-Germain-rAuxerrois, haute justice 
de l'Evêche, censive du fief de Fromenteau, I, h 1 . 

Épée-de-Bois (Maison de 1'), rue Saint-Honoré, 
voir Croix-de-Fer , I, Oo. 

Épée-de-Bois (Maison de 1'), réunie à la maison 
du coin de la rue Matignon et nommée alors le 
Compas, rue Saint-Nicaisc, paroisse Saint-Ger- 
main-rAuxerrois, haute justice et censive de 
l'Evêche, I, 79. 

Epée-Bompue (Maison de 1'), rue Fromenteau, 
voir Image-Saint-Louis, I, 45. 

Epée-Boyale (Maison de 1'), rue Saint-Nicaise, pa- 
roisse Saint-Germain-l'AuxeiTois , haute justice 
et censive de l'Evêche, I, 77. 

Epernon (Hôtel de Bernard de Nogaret, duc d 1 ), 
ou Hôtel d'O, rue Saint-Nicaise et rue Saint- 
Thomas-du-Lou vrc ,1, io3, 10/1, io5. 

Eperon-d'Gt (Maison de 1'), rue Saint-Honoré, 
voir Trois-Serpettes, I, 55. 

Épitaphes, voir Biart (Pierre), Boulart (Jeanne), 
Bouvot (Germaine), Bréant (Pierre), Budé 
(Antoinette), Bu et (Gilles), Chanbiges (Perrelto), 
Chambiges (Pierre I), De la Croix (Claude), 
Du Bois (Marie), Foucault (Marie), Fournier 



(Jeanne), Guillain (Guillaume), Guillot (Guil- 
laume), Joyeuse (Henri de), Labbé (Raoul), 
Laurens ( Jacqueline ) , Lavergnot (Nicolas), 
Lescot (Pierre), Marchant (Méry), Mellin de 
Saint-Gelais, Moyen (François), Noi'LET(Jean), 
Robin (Vincent), Bomey (Jacques de), Rostiel 
(Guillaume), Rousseau (Robert), Rouvez (Jac- 
ques de). 

Erard , peintre , figure sur l'État des officiers entre- 
tenus par le Roi en 1618, II, Appendices, 210. 

Erard (Guillaume), serrurier, travaille au Louvre, 
I, 239, 260, <zkk. 

Errard (Charles), architecte, directeur de l'Aca- 
démie française |à Borne, dessine les plans et 
conduit les travaux de construction de l'église de 
l'Assomption, I, 3 12. 

Escalier (Le Grand), ou Grande-Vis, au Louvre, I, 
1/19, i5o, i5i , 1 53 , 237; II, 118, 119, 120, 
127, 137, 1/40, i54, 1 56 et suiv. i63, 16G. 

— Dans la lourde l'hôtel de Bourgogne, I, i5o. 

— Aux Tuileries, II, i4, i5. 

Espagne (Hôtel de Blanche d'), formant une partie 
du Grand-Alençon, rue d'Autriche et rue des 
Poulies, I, 90. 

Essarts (Antoine el Pierre des), voir Des Essarts. 

EsTRÉEs(Gabrielle d') prend en location l'hôtel Du 
Bouchage , qui , en conséquence , porte temporai- 
rement le nom d'hôtel d'Estrées, I, 29. — Elle 
reçoit en don, de Henri IV, l'hôtel de Schom-' 
berg, 67. — Son chiffre au Louvre, 260; II, 61 . 

Etampes (Hôtels d'), rue d'Autriche, voir Hôtel 
d'Étampes ou d'Aumale, I, 10, 11, et Hôtel 
d'Etampes, puis de Clermont et de Créquy, i4. 
i5. 

Etang (Bassin dit F), aux Tuileries, H, 95. 

États généraux (Tenue des) à l'hôtel de Bourbon, 
I, 36; II, Appendices, 172. — Dans une des 
salles du Louvre, II, 57. 

Etoile (Maison de 1'), morcellement de I'Hôtel de 
Vendôme, rue Fromenteau, paroisse Saint-Ger- 
main-rAuxerrois, haule justice de l'Évêche, cen- 
sive du fief de Fromenteau, I, ha. 

Étoile (Maison de 1'), puis de la Fleur-de-Lis et 
delà Ville-de-Lunel, rue Saint-Honoré, paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois , haute justice et cen- 
sive de l'Evêche, 1, 58. 

Étoile (Maison de 1'), morcellement d'une maison 
du même nom, rue Saint-Honoré, 1,58. 

Étoile (Maison de 1'), rue de l'Échelle, paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice et cen- 
sive de l'Evêche, puis du Boi, I, 280. 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 

rue Champ-Fleuri, 



281 



Etoile-d'Oi- (Maison de 
voir Étrille, I, 2 3. 

Etoile-d'Or (Maison de I'), rue du Coq, voir Cha- 
peau-Rouge, I, 27. 

Etrille (Maison de 1"), puis de I'Image-Saint Julien, 
de I'Etoile-d'Or et de I'Imagb-Saint-Piehre , rue 
Champ-Fleuri, paroisse Sainl-Oi-main-l'A 11 ver- 
rais, haute justice et censive de l'Evêché, I, a3. 

Etrille (Maison de 1'), rue Sainl-Honoré, voir 
Tète-Noire, I, 57. 



EtRILLE-FauVEAE (Maison de I), rue du Coq, voir 

Cygne, I, 28. 

Eu, voir Aumale. 

Evreux (Louis, (ils de Philippe le Hardi, chef de 
la maison 1/), comte de Cien et d'Etampes; son 
hôtel, rue d'Autriche, voir Hôtel d'Etampes ou 
d'Aumale, 1, 10, 11, et Hôtel d'Etampes, puis 
de Clermont et deCréQUY, 16, l5. 

Evrout (Hue Jehan-), voir Jehan-Evrout. 



Faits relatifs à la topographie parisienne : Séques- 
tration des titres des propriétés féodales à Paris, 

1, Préface, x. — Destruction complète des 
titres de la censive du Roi par l'incendie de la 
Chambre des Comptes, Préface, x, et 125. — 
Acquisition du fief de l'Evêché par Louis XIV, 

2 . — Rétrocession faite au Roi de la portion de 
l'enceinte de Charles V s'étendant de la Porte- 
Neuve à la porte Sainl-Honoré, 3. — Nouvelle 
division de la région du Louvre, 4, 5. — Per- 
cement des rues Jean-Saint-Denis, du Chantre, 
Champ-Fleuri et de Béarnais, 5. — Fondation 
de l'enceinte de Charles V, 5. — Suppression 
d'une partie de la rue d'Autriche et élargis- 
sement de l'autre partie , appelée la rue de l'O- 
ratoire, 7. — Suppression des justices seigneu- 
riales, 8. — Cession faite par Charles VI au 
seigneur de Bacqueville d'un jardin attenant à 
l'hôtel de ce dernier, 8. — Assassinat du maré- 
chal d'Ancre sous le portail oriental du Louvre, 
9, 1&7, 1/18. — Confiscation de l'hôtel de 
Bacqueville ,10. — Cession faite à Louis XIV, 
par le maréchal Antoine III de Grammont, de 
son hôtel situé rue d'Autriche, 11. — Requête 
adressée a François I" par Nicolas de Neufville 
au sujet de certaines maisons mal famées si- 
tuées rue d'Autriche, dans le voisinage de son 
hôtel, 12. — Fondation de l'hôtel d'Etampes 
par Louis, troisième fils de Philippe le Hardi. 
ii. — Percement de la rue d'Angivilliers , i5. 
-y- Acquisition faite par Louis XIV de l'hôtel de 
la Force, en vue de l'agrandissement du Louvre, 
16. — Démolition de la Capitainerie du Louvre 
pour le percement de la place de l'Oratoire, 16. 
— Donation de l'hôtel d'Alençon faite par le duc 
d'Anjou à sa sœur Marguerite, 16, 92. — Ac- 
quisition par Louis XIV de l'hôtel du Pelit- 



Conty, 17. — Démolition de la plupart des 
maisons du côté méridional de la rue de Reau- 
\ais, pour le prolongement de l'aile occidentale 
du Louvre, 17. — Création d'une place devant 
le Louvre, 17. — Affectation de la rue Champ- 
Fleuri aux tilles de joie, 20. — Suppression de 
la rue du Chantre, ai. — Elargissement et re- 
nouvellement de la rue du Coq, 27. — Modifi- 
cations apportées au quoi de l'Ecole. 3i. — 
Demande adressée par le Corps municipal au 
maréchal de Montmorency au sujet du tir à l'ar- 
quebuse sur le quai des Bulles. 3i. — Etablis? 
sèment d'un bac devant l'hôtel de Bourbon, 32. 
— Confiscation de l'hôtel du connétable de Bour- 
hon, 36. — Démolition de la plus grande partie 
de l'hôtel de Bourbon en vue de la construction 
de l'aile orientale du Louvre moderne. 3G. — 
Participation de Charles IX à l'exécution des 
massacres de la Saint-Barthélémy, 37. 2G0. 
262, 263. — Suppression de la rue Fromen- 
teau, ào. — Donation faite par Louis XV de 
l'hôtel de Pontchartrain à la comtesse de Mailly, 
puis au marquis de Marigm . frère de la du- 
chesse de Pompadour, 42. — Attentat commis 
par Jean Châtel contre la vie de Henri IV. à 
l'hôtel du Bouchage, h-j. — Fondation de la 
communauté des prêtres de l'Oratoire. 53. — 
Ouverture de la place du Palais-Royal. 5g. — 
Fondation de l'hospice des Quinze-Vingts, Ci. 
62, 63. — Ouverture des rues des Quinze- 
Vingts, de Rohan. de Chartres, de Montpensier 
et de Reaujolais sur l'emplacement des Quinze- 
Vingts, 70. — Suppression de la rue l'ierre- 
Lescot, 70. — Percement de la rue Saint-Ni- 
caise, 76, 75. — Etablissement du bureau des 
voilures de la cour sur la place du Magasin des 
Marbres, 77. — Acquisition de l'hôtel de Mali- 

36 



oso 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



gnon par Henri IV, et démolition d'une partie 
de cet édifice pour la construction de la Grande 
Galerie du Louvre, 80. — Création et suppres- 
sion de la rue Matignon, 83. — Démolition 
des bâtiments situés devant la colonnade du 
Louvre, 86. — Condamnation d'Enguerrand de 
Marigny et confiscation de son hôtel situé rue 
des Poulies, 91. — Donation de ce même hôtel 
faite par Louis X à son frère Philippe, plus tard 
roi sous le nom de Philippe le Long, et par ce 
dernier à son frère Charles, chef de la maison 
d'Alençon, 91. — Etablissement d'un arsenal 
d'armes dans le même hôtel , devenu l'hôtel d'An- 
jou, 91. — Réception, à l'hôtel d'Anjou, des 
ambassadeurs chargés d'annoncer au duc d'An- 
jou son élection au trône de Pologne, 92. — 
Abandon fait à Louis XV de l'hôtel d'Anjou en 
échange de l'hôtel de Chevreusc, 92. — Établis- 
sement de l'administration des postes dans l'hôtel 
d'Anjou, 92. — Confiscation de l'hôtel de Ca- 
therine d'Artois, comtesse d'Aumale, g5. — 
Suppression de la rue Saint-Thomas-du-Louvre 
et de la rue du Carrousel, 96. — Fondation de 
l'église collégiale de Saint-Thomas-du-Louvre, 
9G, 97. — Confirmation, par Philippe-Auguste, 
des libéralités de Robert I er , comte de Dreux, 
à l'égard des religieux de Saint-Thomas-du- 
Louvre, 97. — Ecroulement du vieux clocher 
de l'église de Saint-Thomas-du-Louvre, 99. — 
Suppression de la nouvelle église Saint-Tho- 
mas-du-Louvre, consacrée sous l'invocation de 
Saint-Louis, 99. — Ordre donné par Marie de 
Médicis aux architectes du Luxembourg de vi- 
siter l'hôtel de Rambouillet, 106. — Etablis- 
sement du chapitre de Saint-Nicolas-du-Louvre , 
no. — Fondation du Louvre, 1 1 3 et suiv. — 
Incarcération du comte Ferrand dans la tour 
Neuve, nti, 126. — Acquisition d'une maison 
pour l'établissement d'une ménagerie au Louvre, 
12^. — Ordre donné par Charles VI aux Pari- 
siens de déposer leurs armes au Louvre, 126. 
— Translation du siège de la Prévôté de Paris 
du Châtelet au Louvre, 125. — Réception de 
l'empereur Charles IV au Louvre, 125. — 
Démolition des bâtiments de l'arsenal du Lou- 
vre ordonnée par François I e ', 12 G. — Trans- 
lation du siège du bailli de l'artillerie du Louvre 
à l'arsenal des Célestins , 126. — Incarcération 
de Jean II, duc d'Alençon, dans la tour Neuve 
ou Grosse-Tour du Louvre, 126. — Fondation 
de la bibliothèque royale du Louvre, 126. — 



Translation de la bibliothèque royale du Louvre à 
Blois , 1 27. — Incarcération de Hugues de Saluées 
dans la tour de l'Ecluse, au Louvre, 1 A9. — 
Fondation d'une chapellenie au Louvre, 1 55. — 
Erection de la première porte Saint-Honoré , 
16 4. — Pose des fondements de la courtine du 
bord de l'eau, 169. — Construction d'une 
maison près de la Porte -Neuve pour loger le 
grand Prév ôt , 171. — Construction du quai du 
Louvre, 175, 176, 201 , 202. — Érection de la 
Porte-Neuve, 179. — Destruction d'une partie 
de l'enceinte de Charles V, 180, 181, 281. — 
Démolition de la Grosse-Tour par l'ordre de 
François I er , 2o3. — Joules et autres réjouis- 
sances préparées au Louvre en plusieurs occa- 
sions, notamment lors de l'arrivée de la reine 
Eléonore d'Autriche et à propos du mariage du 
duc de Longueville, 20/1. — Préparatifs pour la 
réception de l'empereur Charles-Quint au Lou- 
vre, 2o5. — Nomination de Pierre Lescot aux 
fondions d'architecte du Louvre , 211, 212, 
21 3. — Confirmation de Pierre Lescot dans les 
fonctions d'architecte du Louvre, 221. — Exé- 
cution de Louschart et de ses complices dans la 
salle des Caryatides, au Louvre, 229. — Nou- 
velle confirmation de Pierre Lescot dans ses fonc- 
tions d'architecte du Louvre, 269. — Continua- 
tion de la reconstruction de l'aile méridionale 
du Louvre, 2/19 et suiv. — Construction de la 
Petite Galerie du Louvre , de la salle des Antiques 
et de la Grande Galerie, 2 56 et suiv. — Visite 
des fortifications de Paris par les Magistrats mu- 
nicipaux, 26/i. — Nomination de Baptiste An- 
drouet du Cerceau aux fonctions d'architecte du 
Louvre, 271, 272, 273. — Ouverture de la rue 
Saint-Louis, 284. — Etablissement du marché 
des Quinze- Vingts, 285. — Combat livré, dans 
la rue du Dauphin , entre les troupes de la Con- 
vention et les sections insurgées, 295. — Récep- 
tion par Henri III de Jean de la Barrière , et éta- 
blissement de la communauté des Feuillants à 
Paris, 3oo et suiv. — Contestation entre la com- 
munauté des Feuillants et celle des Capucins au 
sujet des limites de leur terrain, 3o6. — Instal- 
lation de la communauté des Capucins à Paris, 
307, 3o8. — Suppression de la communauté 
des Capucins par l'Assemblée nationale, 3og. — 
Ouverture des rues du Mont-Thabor et de Mon- 
dovi , et prolongement de la rue du Luxembourg 
sur l'emplacement des couvents des Feuillants et 
des Capucins, 309. — Établissement delacom- 



TABLE ALPHABETIQUE DES MATIÈRES. 



28:^ 



munaulé des dames de l'Assomption à Paris, 
3io, 3n, 3i2. — Ouverture de la rue de l'O- 
rangerie, 3i4. — Démolition de la courtine 
attenante à la rue de l'Orangerie, et disparition 
de cette rue, qui se trouve remplacée parcelle 
de Saint-Florentin, 3i5. — l'ose de la première 
pierre des fortifications destinées à protéger le 
château des Tuileries , 3 1 8 , 3 1 9. — Pavage des 
ports du Louvre au moyen des matériaux pris, 
d'après l'ordre du Prévôt des Marchands, dans 
les ateliers des fortifications dos Tuileries, 319. 

— Continuation par Henri 111 et reprise par 
Louis XIII des travaux des fortifications des Tui- 
leries, 319. — Reconstruction de la troisième 
porte Saint-Honoré, 319, 3aa, 323, 3a 4. — 
Edification de la porte de la Conférence, 3a 1. 

— Mise en adjudication, par le Prévôt des Mar- 
chands, des travaux de construction d'une porte 
Saint-Honoré , 32 2. — Donation faite par 
Louis XIII à un nommé Regnard du terrain 
dit la Garenne , près du mur de clôture du parc 
des Tuileries, 3 26. — Acquisition par Fran- 
çois I er des propriétés de Nicolas de Neufville, 
comprenant la maison des Tuileries, pour en faire 
la résidence de la duchesse d'Angoulême, sa 
mère, 332, 333, 334. — Donation en viager, 
faite par la duchesse d'Angoulême, de la maison 
des Tuileries à Jean Tiercelin et à sa femme, 
334, 335. — Publication des lettres patentes 
ordonnant la démolition du palais des Tour- 
nelles , II , 1 . — Projet conçu par Catherine de 
Médicis de construire un nouveau palais pour 
remplacer celui des Tournelles, 2. — Acqui- 
sition de plusieurs terrains par Catherine de 
Médicis pour l'édification de son nouveau palais , 
2 et suiv. — Etablissement d'un bac pour le 
transport des matériaux destinés à la construc- 
tion du palais des Tuileries, 7. — Lettres de 
Charles IX accordant à sa mère la somme de 
100,000 livres tournois pour subvenir aux dé- 
penses de la construction du palais des Tuileries , 
8. — Emprunt contracté pour continuer les 
travaux de construction du palais des Tuileries , 
8. — Réalisation d'une partie du plan conçu 
par Catherine de Médicis relativement à son pa- 
lais et à ses jardins des Tuileries, 9 et suiv. 
— Construction de l'escalier du pavillon central 
des Tuileries, 1 4 , 1 5. — Lettres patentes dépos- 
sédant Philibert de l'Orme de la charge d'inspec- 
teur des bâtiments royaux, 22. — Nomination 
de Jean Bullant aux fonctions de contrôleur des 



bâtiments de la Couronne, puis disgrâce de cel 
architecte, 39, 3o. — Projet d'un canal destiné à 
faire communiquer le grand jardin des Tuileries 
avec la Seine, 38, 3g. — Lettre adressée par 

Henri III au Prévôt des Marchands pour lui 
recommander les travaux ayant pour bul l'as- 
sainissement du faubourg Saint-Honoré, 5a. 

— Diseontinuation des travaux des Tuileries par 
suite des craintes superstitieuses de Catherine 
de Médicis, 52, 53. — Lettre adressée par 
Henri III au bureau de la Ville et prescrivant 
les mesures propres à soustraire les jardins des 
Tuileries à la vue du public, 53. — Lettres 
patentes de Henri III ordonnant d'employer 
les deniers des restes des comptes à la cons- 
truction du palais des Tuileries, 53, 54. — 
Etablissement du petit jardin des Tuileries et 
édification de la contrescarpe à éperons du fossé, 
54, 55. — Tenue des États généraux dans la 
nouvelle «salle haute» du Louvre, 57. — Reprise 
des travaux du Louvre et des Tuileries sous lo 
règne de Henri IV, 57, 58. — Lettres royales de 
Henri IV affectant certaine partie de ses revenus 
au payement des travaux du Louvre et des Tui- 
leries, 58, 5g. — Construction, par l'ordre de 
Henri IV, de la Grande et de la Petite Galerie 
du Louvre, 59 et suiv. — Nomination de Louis 
Métezeau aux fonctions d'architecte du Roi et de 
concierge et garde des meubles du palais des Tui- 
leries, 79. — Nomination de Charles d'Albert de 
Luynes aux fonctions de capitaine et concierge des 
Tuileries, en rem placement de Louis Métezeau, 80. 

— Nominal ion de Jean Du Cerceau aux fonc- 
tions d'architecte du Roi, 88. — Erection du 
pavillon de Flore aux Tuileries, 91. — Création 
d'un nouveau jardin aux Tuileries et modifica- 
tions apportées par Henri IV au grand jardin 
établi par Catherine de Médicis, 93, 94. — Fon- 
dation d'une magnanerie par Henri IV. g&. — 
Lettres patentes de Henri IV ordonnant de loger 
dans la Grande Galerie du Louvre les artistes et 
les artisans les plus habiles, 100, 101, 102. — 
Mise en adjudication, par ordre du Prévôt des 
Marchands, des travaux d'une tranchée destinée 
h amener l'eau au Louvre, 102, io3. — Cons- 
truction de l'Orangerie du Louvre par l'ordre de 
Louis XIII, io4. — Développement des bâti- 
ments du quadrangle du Louvre d'après les plans 
de Lemcrcier, 1 o5. — Donation faite par Henri IV 
au sieur de Frontenac d'un terrain situé sur l'em- 
placement de l'hôtel de Bacqueville, Appendices, 

36. 



28 '» 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



i 7 1 . — Tenue dos Élals généraux à l'hôtel de 
Bourbon, Appendices, 172. — Décision de la 
Chambre des Comptes relativement aux lettres 
de commission de Mélezeau, Appendices, 191, 
192. — Accord fait entre Catherine de Médicis et 
deux bourgeois de Paris pour le remboursement 
des restes des comptes affectés à la construction 
des Tuileries ; ratification de cet accord et arrêts 
qui s'y rapportent, Appendices, 19/1 à 201. — 
Publication d'une déclaration royale pour l'alié- 
nation des hôtels royaux des Tournellcs etd'An- 
goulême, Appendices, 222. — Nomination de 
Nicolas Mole comme général des finances de Ca- 
therine de Médicis, Appendices, 226 à 228. — 
Fêtes données aux députés polonais , Appendices , 
2 4o, 24 1. — Préparation des massacres de la 
Saint-Barthélémy, Appendices, 2/12. — Fuite 
de Henri III aux Tuileries, Appendices, 2 43. 
— La Sous-Commission des Travaux histo- 
riques demande et obtient l'autorisation de faire 
pratiquer des fouilles dans la cour du Louvre, 
Appendices, 266 à 260. 

Falconnet, sculpteur, exécute les statues destinées 
•à orner le jardin de l'hôtel de Noailles, I, 298. 

Faubourg-Saint-Honoré (Rue du), I, 2 83. 

Faucon (Maison du), paraissant être la même que 
celle de la Salamandre, rue de l'Echelle, paroisse 
Saint-Germain-l'Auxerrois , haute justice eteen- 
sive de l'Evêché, puis du Roi, I, 280. 

Fauconnerie (Tour de la), ou et devers » la Faucon- 
nerie, ou de la Librairie, ou du Nord-Ouest, au 
Louvre, I, i43, i44, i45, 166; II, 118, 127, 
128, 161, 166. 

Famer , avocat ; sa maison , rue Saint-Thomas-du- 
Louvre, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, 
haute justice et censive de l'Evêché, I, io3. 

Feillens (Maison du comte de), ayant appartenu 
à M. de Rolinde et à M. de Chanteule, rue 
Saint-Nicaise, I, 76. 

Felifeu (Place de), ou de Fellifeux, I, 3 18. 

Fenêtres du Louvre, I, 229; II, 118. 

Fer-À-Cheval (Maison du), subdivison de I'Image- 
Saint-Claude, rue du Chantre, I, 26. 

Fer-À-Cheval (Maison du), puis peut-être du Louis- 
d'Or, rue du Chantre, paroisse Saint-Germain- 
l'Auxerrois, haute justice el censive de l'Evêché. 
I, a5. 

Fer-À-Cheval (Maison du), rue Fromenleau, voir 
Image-Saint-Nicolas, I, 46. 

Fer-À-Cheval (Maison du), rue Jean-Saint-Denis, 
voir Écu-de-Berrv, I, 72, 73. 



Fer à Cheval (Tour en), ou ff devers n I'Artillerie, 
au Louvre, I, i46;II, 128, et Appendices, 255. 

Fer-À-Moulin (Maison du), quai de l'École, 
acquise pour l'agrandissement de l'hôtel de 
Bourbon, I, 35. 

Ferrand, comte de Flandre, est enfermé dans la 
Grosse-Tour du Louvre , I , 1 1 4 . 

Ferrand (Tour), au Louvre, voir Grosse-Tour. 

Ferrier (Antoine), horloger et ouvrier en instru- 
ments de mathématiques, un des Illustres, II. 
loi. 

Feuillants (Couvent des), rue Saint-Honoré, I, 
290,etsuiv. — Son église, 3o2,3o3, 3o4. — 
Sa bibliothèque, 3o/i. — Son passage, 3o6. 

Fidélité (Maison delà), rue du Chantre, voir Image- 
Sainte-Marguerite, I, 2 5. 

Fief de Fromenlel, 1,2. — De Saint-Denis de la 
Chartre, 2. — De Saint-Germain-l'Auxerrois, 2. 
— Formé par l'enceinte de Charles V, 3. — Du 
chapitre de Saint-Nicolas, k. — Du chapitre de 
Saint-Thomas, 4. 

Figure-du-feu-Roi-Henri (Maison de la), dite plus 
tard I'Ami-du-Coeur, et paraissant avoir formé 
primitivement, avec la maison précédente, II- 
mage-Saint-Pierre , rue Fromenleau, haute jus- 
tice de l'Evêché, censive du fief de Fromenteau, 
I, 43. 

Fils-du-Roi-de-France (Maison du), rue des Or- 
ties, voir Image-Salnt-Louis, I, 84. 

Fitz- James (Hôtel de), voir Hôtel Fitz-James. 

Fizes (Simon de), seigneur du Saulne; sa maison, 
ayant appartenu auparavant à Madeleine de 
Fizes, rue d'Autriche, paroisse Saint-Germain- 
l'Auxerrois, haute justice de l'Evêché, censive 
de Sainl-Denis-de-la-Chartre , I, 12 : II, Appen- 
dices, igo. 

Flacon-dEtain (Maison du), comprise ancienne- 
ment dans la grande maison de I'Écu-de-Navarre . 
rue Saint-Honoré, I, 52. 

Fleix (Gaston de Foix, comte de), I, io3. 

Fleur-de-Lis (Maison de la), rue de Reauvais, pa- 
roisse Saint-Germain-l'Auxerrois, haute justice 
et censive de l'Evêché, I, 19. 

Fleur-de-Lis (Maison de la), puis du Plat-d'Étain , 
renfermant un jeu de paume qui paraît avoir eu 
pour enseigne I'Image-Saint-Nicol as, rue Champ- 
Fleuri, paroisse Sainl-Gerinain-l'Auxerrois, haute 
justice et censive de l'Archevêché, 1,2 2. 

Fleur-de-Lis (Maison de la), rue du Chantre, voir 
Reautreillis, 1,2 4. 

Fleur-de-Lis (Maison de la), rue Fromenteau et 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 



•285 



rue Saint-Thomas-du-Louvre, voir [mage-Notre- 
Dame, I, A3. 

Fleur-de-Lis (Maison de la), puis de la Reine-de- 
France, rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Ger- 
main-i'Auxerrois, haute justice et censive de 
l'Evêché, I, 70. 

Fleury (Mausolée du cardinal ) dans l'église Sainl- 
Thomas-du-Louvre, I, 100. 

Flore (Pavillon de), voir Pavillon de Flore. 

Foin (Port au) ou du Guiciiet-du-Louvre, I, 170. 

Foix (Gaston de) , voir Fleix. 

Foix (Hôtel de la comtesse de), rue Sainl-Honoré, 
voir Maison de la Liberté, I, 298. 

Foncières (Philippe de), sculpteur, exécute une des 
statues destinées à orner la grande porte du 
Louvre, I, 1 A 7. 

Fonderie (Pavillon de la), au Louvre, I, 161. 

Fontaine (Léonard), charpentier, travaille à la 
construction du logis du Roi, près de la Porte- 
Neuve, I, 17a. — Il exécute des travaux au 
Louvre, 2 Ai. 

Fontaine de l'hôtel de Longuevillc, rue des Poulies, 
I, 92. — De la cour du Louvre, dans la direc- 
tion de l'axe de la rue d'Autriche, 1 33. — Dite 
du Diable, à l'angle des rues Saint-Louis et de 
l'Echelle, 285. — Du jardin des Tuileries , rece- 
vant les eaux de Saint-Cloud, II, 38, 39, 5o, 
et Appendices , 2 33 à 2 36. 

Fontaine (Maison de la), ayant eu primitivement 
un crucifix à l'entrée, appelée plus tard la maison 
de la Gage, et enfin de la Magdeleine, rue du 
Chantre, paroisse Saint-Germain-l'Auxerrois, 
haute justice et censive de l'Evêché, I, 28. 

Fontenay (Julien de), graveur en pierres fines, un 
des Illustres , II, 101. 

Fossé-Mademoiselle (Rue du), ou Saint-Nicaise , 

L 7 5. 

Fossés du Louvre, I, i3A, 1A0, 173; II, 107, 118, 
119,120, 122,123, 1 3 1 , 1 32 , 1 A8 et suiv. 
et Appendices, 212, 254 à 256. 

Fossés (Rue des), voir Échelle (Rue de 1'). 

Fossés-Saint-Germain (Rue des), I, 86. 

Foucault (Marie), femme de Marc de Brion, sieur 
de Guytrancourl; son épitaphe dans l'église des 
Feuillants, I, 3o3. 

Fouilles du Louvre en 1866; ohservations préli- 
minaires ,11, 111, 112, n3. — Notice , 1 1 5 à 
i3A. — Notice complémentaire, 1 35 à 168. — 
Documents officiels, Appendices, 2 56 à 260. 

Foulerie (Maison de la), rue Fromenleau, voir 
Pomme-de-Pin , I, Ai. 



Fouquvut (Guillaume), garde des coffres du Roi; 

son hôlcl, rue des Poulies, I, ty>. 

Fouquet (François), surintendant des finances; 
sa maison, rue Saint-Honoré, voir la Petite- 
Maison, I, 3 10. 

Fourcy (Jean de), sieur deChésy, trésorier général 
de France, surintendant des bâtiments et manu- 
factures du Roi, II, 70, et Appendices, 202 , 2o3, 

2l5. 

Folrcy (Henri de), fils du précédent, suppléant de 
son père, II, Appendices, 21 5. 

Fournier (Florent), architecte, I, 266. 

Fournier (Gabriel), conseiller au Parlement; son 
hôtel, rues Sainl-Honoré, Fromenlcau et Saint- 
Thomas-du-Louvre, voir Hôtel de La\ il, 1 . 5g. 

Fournier (Isaïe), peintre et architecte, élève l'é- 
tage supérieur de la Petite Galerie du Louvre, 
II, 76, 108. — Renseignements sur sa personne 
et ses travaux, 76, 77. — 11 figure parmi les 
entrepreneurs choisis pour construire la Grande 
Galerie du Louvre, 89, 201, 202. — Il est men- 
tionné dans l'État des olficiers entretenus par le 
Roi en 1608, Appendices, 2o5. 

Fournier (Jeanne), femme deRaolin; son épitaphe 
dans l'église des Quinze-Vingts, I, 69. 

Fournier (Louis), architecte, peut-être le même 
que huïe Fournier, II, 77. 

Fourrière du Louvre, I, 161. 

Fours de Bernard Palissy, II, A6, A7, A8. 

France (Henri de), voir Anjou. 

France (Pierre de), voir Alenç.on. 

Francin, statuaire du roi, exécute les sculptures du 
portail de l'église de l'Oratoire, I, 55. 

Francine, ingénieur et intendant des eaux, est 
chargé d'organiser les préparatifs île l'entrée de 
la reine Marie de Médicis, II, 79. — Il figure sur 
l'Etat des officiers entretenus parle Roi en 1608. 
1618 et 162 h , Appendices , 206, 211, 2 1 A, 2 19. 

François I"; ses lettres relatives à une requête pré- 
sentée par Nicolas de Neufville, I, 13. — Il l'ait 
établir un bac devant l'hôtel de Bourhon, 32. 
— Il ratifie une donation faite parla duchesse 
d'AngOulême, sa mère, à Jean Leverrier. dit de 
Nismes, 87. — Il détruit les bâtiments de l'ar- 
senal du Louvre, 126. — Il rétablit letrésor 
dans une des tours du Louvre, 126. — Il démo- 
lit le corps de logis contenant la salle Saint- 
Louis, i3i. — 11 fait construire le (puai du 
Louvre, 162, 175, 176, 201, 202. — 11 lait 
ahattre la fausse porte Saint-Honoré, 16A. — 
Il est le fondateur du Louvre moderne. 201. — 



286 



TOPOGRAPHIE HISTORIQUE DU VIEUX PARIS. 



Il fait raser la Grosso-Tour, 2 o3 ; II , 106, 1 63. — 
Il démolit les basses-cours occidentales du Louvre 
el entreprend divers travaux d'appropriation dans 
cet édifice, I, 20^1; II, 106, 1 63. — Ses pré- 
paratifs pour la réception de Charles-Quint au 
Louvre, 1 , 2o5 , el Appendices , xi. — Il accueille 
l'architecte Serlio , 2 07. — Il nomme Pierre Lescot 
arcliitecle du Louvre, 2 1 1 et suiv. — Détermi- 
nation de l'époque à laquelle il commença a 
reconstruire le Louvre, 2 i5 et suiv. — Travaux 
exécutés sous son règne pour fortifier le faubourg 
Saint-Honoré, 3i8. — Il acquiert la maison des 
Tuileries pour en faire la résidence de sa mère, 
332,333,33/1. 
François II confirme Pierre Lescot dans sa charge 
d'architecte du Louvre, I, 269. — Impossibilité 
de reconnaître les parties du Louvre construites 
sous son règne, 2/19. — Ses lettres patentes dé- 
possédant Philibert de l'Orme de la charge d'ins- 
pecteur des bâtiments royaux, II, 22. 



Franqueville, sculpteur, un des Illustres, II, 101, 

et Appendices , 2 5 . 
Frémont (Sire Beaudoin de), familier de Guillaume 

de Bavière , qui lui cède l'hôtel d'Ostrevant , 1 , 1 6 . 
Fremyn, sculpteur du roi d'Espagne, auteur d'un 

maître-autel placé dans l'église Saint-Thomas- 

du Louvre, I, 100. 
Fresnoy (Hôtel de Gervais et de Gilles de), rue des 

Poulies, voir Petit-Alençon , I, 88. 
Fresque du château de Fontainebleau représentant 

un projet de réunion des Tuileries au Louvre, II, 

97' 9 8 ' 99- 

Froid-Manteau (Bue), voir Fromenteau. 

Froger (Charles), entrepreneur de la construction 
de l'enceinte hastionnée, I, 75, 281, 319. 

Froissiz (Gilles de); son projet pour l'établissement 
d'un bac devant le Louvre, I, 32. 

Fromenteau (Bue), ou Froid-Manteau, I, 39 à à8. 

Fromantel (Bue), ou Froid-Mantel , voir Fromen- 
teau. 



G 



Gaguin (Robert), garde de la Bibliothèque royale, 
I, 127. 

Gaillard-Bois (Maison du), rue Saint-Louis, pa- 
roisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, puis de 
Saint-Boch, justice et censive du Boi, I, 286. 

Gaillon ( Maison du ) , rue Fromenteau , voir Galère- 
Royale, I, li à. 

Gaillonel (Hôtel de Guillaume de), chevalier et 
maître d'hôtel du Boi, rue Saint-Thomas-du- 
Louvre, voir Hôtel d'0, I, io3. 

Galande (Hôtel de Pierre de), secrétaire du Boi, 
rues Saint-Honoré , Fromenteau et Saint-Thomas 
du Louvre, voir Hôtel de Laval, I, 59. 

Galère-Royale (Maison de la), rue Fromenteau, 
paroisse Saint-Germaind'Auxerrois, haute jus- 
tice de l'Evêché, censive du fief de Fromenteau, 
I, hh. 

Galerie des Bois, voir Galeries du Louvre. 

Galerie Dorée (La), à l'hôtel de Bourbon, I, 37. 

Galeries (Rue des), ou des Orties, I, 177. 

Galeries du Louvre. — Fondation de la Grande et 
delà Petite Galerie, I, 267 et suiv. II, 107, 108. 
— Construction de l'étage supérieur de la Petite 
Galerie et continuation de la Grande Galerie, 60, 
76 et suiv. 108. — Bestauration de la Grande 
Galerie par M. Duban, 61. — Projet de déco- 
ration du nouvel étage de la Petite Galerie , ap- 



pelée plus tard la Galerie des Bois , 63 et suiv. — 
Description de la Galerie des Bois , 66 et suiv. — 
Continuation de la seconde partie de la Grande 
Galerie, 71, 72, 108. — Henri IV loge des 
artistes dans la Grande Galerie, 99